Lese-Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.

Tunisie | 8 ans de prison pour une femme accusée de trafic d’organes

La chambre pénale du tribunal de première instance de Tunis a condamné à huit ans de prison une femme accusée de trafic d’organes.

L’accusée servait d’intermédiaire pour recruter des personnes souhaitant vendre leurs organes, notamment leurs reins, à une clinique en Turquie en échange d’une somme d’argent.

C’est ce qu’a annoncé Diwan FM, ce lundi 23 février 2026, en citant une source judiciaire, ajoutant que le tribunal a également condamné l’accusée à une amende de 30 000 dinars.

La Turquie demeure un centre névralgique du trafic d’organes, marqué par d’importants démantèlements de réseaux internationaux exploitant des populations vulnérables, notamment des migrants syriens.

En ce mois de février 2026, les autorités turques ont arrêté dix personnes, dont quatre meneurs de nationalités jordanienne et palestinienne, impliquées dans un vaste réseau de transplantation illégale.

En janvier dernier, un citoyen israélien, suspecté par Interpol de diriger un réseau ciblant les réfugiés syriens en Turquie pour leurs organes, a été arrêté à l’aéroport d’Istanbul et fait l’objet d’une procédure d’extradition.

I. B.

L’article Tunisie | 8 ans de prison pour une femme accusée de trafic d’organes est apparu en premier sur Kapitalis.

La Tunisie face à la guerre américaine contre l’Iran

L’attaque militaire américano-israélienne contre l’Iran semble imminente. Une fois déclenchée, cette guerre risque d’être dévastatrice, et pas seulement pour l’Iran. C’est toute la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui risque d’en être négativement impactée à un niveau ou un autre, y compris, bien entendu la Tunisie, et pour causes…  

Latif Belhedi

En effet, cette guerre opposera deux pays amis de la Tunisie : les Etats-Unis, qui sont des partenaires historiques et de premier de premier ordre, notamment sur les plans militaire et sécuritaire ; et l’Iran, qui est certes un partenaire de second ordre, mais auquel notre pays est lié par des affinités idéologiques et doctrinales assez fortes : appartenance au bloc islamique et soutien de principe à la Palestine.

Aussi, la guerre qui se prépare doit-elle nous interpeller et nous devons, nous aussi, nous y préparer, notamment sur le plan diplomatique. Des éléments de langage doivent être préparés pour bien marquer notre position et notre positionnement dans le nouvel ordre régional qui risque de naître de la conflagration attendue.

Cela dit, on voit la Tunisie dénoncer avec fermeté l’éventuelle attaque américaine contre l’Iran, car elle aurait du mal à assumer les conséquences politiques d’une telle position, quand bien même celle-ci serait dictée par les principes sacro-saints du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats et de l’interdiction du recours à la force pour régler les différends entre Etats (Charte de l’Onu, Art. 2§4).

Nous devons aussi nous préparer à faire face aux bouleversements économiques que cette guerre menace, et risque sérieusement aussi, de provoquer.

Pour un pays comme le nôtre, qui a du mal à gérer son déficit énergétique croissant et qui importe plus que la moitié de ses besoins en pétrole et gaz, la hausse attendue des prix du pétrole – et pas seulement – risque d’être dévastatrice pour nos finances publiques déjà en piteux état avec un très fort endettement, intérieur et extérieur, un déficit budgétaire croissant et des difficultés grandissantes à accéder au marché financier international, en raison d’une très mauvaise notation souveraine.        

L’ancien ambassadeur Elyes Kasri avait sans doute à l’esprit toutes ces problématiques en rédigeant le poste reproduit ci-dessous et qu’il a publié sur sa page Facebook. Il y appelle les responsables tunisiens à bien se préparer à «face à la tempête qui se profile à l’horizon avec une identification des menaces et des moyens susceptibles de les transformer en opportunités.»

 * * *

«L’offensive américano-israélienne contre l’Iran semble de plus en plus inévitable avec des retombées susceptibles de déborder sur d’autres zones géographiques et de ​nombreux autres secteurs à partir de sa dimension énergétique.

D’une manière ou d’une autre, les intérêts de la Tunisie pourraient être impactés et probablement menacés par ce conflit tant par ses dimensions militaires, qu’économiques et diplomatiques, directement ou à travers son voisinage déjà suffisamment volatile et prédisposé à un regain de tension et probablement d’intensification des dynamiques centripètes et sécessionnistes déjà enclenchées à différents degrés.

Devant cette accélération de l’histoire vers un dénouement incertain, l’attentisme ou la passivité ne semblent pas être une option viable.

Comme le dit le célèbre proverbe «gouverner c’est prévoir» tandis qu’une autre version dirait «ne rien prévoir, ce n’est pas gouverner, c’est courir à sa perte».

Quelle que soit la version appropriée, une analyse prospective sereine s’impose pour accentuer les facteurs de résilience face à la tempête qui se profile à l’horizon avec une identification des menaces et des moyens susceptibles de les transformer en opportunités.

En dépit de toute apparence menaçante et même cruelle, le temps n’est pas près de suspendre son vol.»

L’article La Tunisie face à la guerre américaine contre l’Iran est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunis | Bientôt, le «changal» au quartier Ennasr

Face à l’anarchie du stationnement automobile qui pourrit leur vie, les habitants d’Ennasr, quartier jadis huppé et aujourd’hui en quasi-abandon, en viennent à souhaiter l’installation de parcmètres, et ce qui va avec : les fameux sabots ou «changal», grues qui enlèvent les voitures mal stationnées et les transportent vers les fourrières municipales, en infligeant de lourdes amendes aux automobilistes fautifs. (Photo : Stationnement chaotique à l’avenue Hedi Nouira à Ennasr).

Cette solution, en cours de mise en place par les autorités communales, est soutenue par l’Association des résidents de l’avenue Hédi Nouira-Ennasr-Ariana (Arahn) dans le post suivant qu’elle a publié, ce lundi 23 février 2026, sur Facebook. Ladite association demande seulement que la mise en place des parcmètres ne soit pas effectuée sans communication ni consultation préalable avec les acteurs locaux, les premiers concernés et de l’engagement desquels dépendra le succès de l’opération.   

«L’installation de parcmètres sur le périmètre communal de l’Ariana pourrait faire partie de la solution des problèmes d’embouteillage et de stationnement anarchique qui étouffent toute la zone et la cité Ennasr.

Toutefois, pour assurer l’efficacité, l’adhésion et la durabilité de cette mesure qui a déjà occasionné l’engagement des deniers publics pour l’achat des parcmètres, une communication moins opaque aurait été utile sur l’état des lieux, les alternatives offertes aux usagers et les modalités de mise en œuvre de cette mesure dans le cadre d’un plan de circulation et d’une démarche concertée avec les composantes de la société civile et des corps de métiers concernés par cette nouvelle mesure.

Faute d’une véritable politique de la mobilité et d’un plan scientifique et crédible de la circulation et de la mobilité, les mesures unilatérales et dépourvues des éléments de communication et de consultation préalables ont souvent démontré leur approximation et inefficacité ainsi que leur caractère éphémère.»

L’article Tunis | Bientôt, le «changal» au quartier Ennasr est apparu en premier sur Kapitalis.

‘‘Hamnet’’ de Chloé Zhao aurait conquis Shakespeare lui-même

Sorti en France en janvier dernier, ‘‘Hamnet’’, film de la réalisatrice américano-britannique Chloé Zhao est d’une grande poésie et d’une rare beauté. On vous le recommande vivement.

Mohamed Sadok Lejri

Adaptée du roman éponyme de Maggie O’Farrell (2020), cette œuvre retrace la genèse intime d’un chef-d’œuvre. Bien avant de devenir l’illustre dramaturge que l’on connaît, le jeune William Shakespeare s’éprend d’Agnès, une fille des forêts à la réputation sulfureuse à cause d’une mère prétendue sorcière. De ce coup de foudre naissent trois enfants, dont les jumeaux Judith et Hamnet.

De la douleur à la création

Le film explore avec une justesse bouleversante la tragédie qui a frappé cette famille. En fait, la mort prématurée de l’un des trois enfants de William Shakespeare est le drame qui donnera naissance à l’une des pièces les plus célèbres de l’histoire : ‘‘Hamlet’’. Véritable pièce de deuil, le récit oscille entre évocation historique et souffle romanesque.

Somptueuse et d’une maîtrise technique remarquable, cette réalisation parvient à élever la déchirure du deuil au rang de poésie sonore et visuelle. L’écriture, sincère et d’une rare sensibilité, offre une tragédie capable de fendre les cœurs les plus impénétrables. Zhao réussit le tour de force d’effacer la stature historique de ses protagonistes pour ne laisser place qu’à leur humanité, rendant inoubliable le passage de la douleur brute à la création artistique.

La beauté fragile du réel

Le casting est, à cet égard, une révélation. Si la présence de Paul Mescal — dont la performance dans le second opus de ‘‘Gladiator’’ m’avait laissé sceptique — m’inquiétait, il s’avère ici magistral dans le rôle de Shakespeare qui lui est taillé sur mesure. Aux côtés d’une Jessie Buckley époustouflante dans le rôle d’Agnès, ils forment un duo d’une force inouïe. Cette direction d’acteurs exemplaire s’étend jusqu’aux jeunes interprètes, dont la justesse est constante.

Enfin, la scénographie, empreinte de grâce, alterne entre l’intimité des visages et la majesté des paysages. Chaque décor semble habité, révélant la beauté fragile du réel.

En somme, ‘‘Hamnet’’ est une œuvre d’une intensité telle qu’elle aurait sans nul doute conquis Bergman et Shakespeare lui-même.

L’article ‘‘Hamnet’’ de Chloé Zhao aurait conquis Shakespeare lui-même est apparu en premier sur Kapitalis.

Pollution du littoral | Urgence environnementale à Hammamet

Plusieurs associations de Hammamet expriment leur indignation face au blocage injustifié du projet de restructuration du réseau d’assainissement de la plage Yasmina. Malgré la finalisation des études techniques et la disponibilité des financements depuis plus d’un an, aucune avancée concrète n’a été constatée sur le terrain.

Dr. Salem Sahli *

La situation actuelle du littoral est critique. Elle annonce une catastrophe écologique imminente. Le maintien des conduites sur la plage entraîne une aggravation continue de la pollution maritime, avec des conséquences désastreuses sur le plan sanitaire, environnemental et économique pour la ville de Hammamet.

Face à l’érosion inquiétante du littoral et devant la disparition quasi-complète de la plage en certains endroits, le transfert des canalisations de drainage des eaux usées n’est plus une option, mais une nécessité impérieuse pour résoudre définitivement ce fléau.

Les points de rupture soulignés par les associations sont :

engagement non respecté : les associations ont pourtant validé, dès le 28 janvier 2025, le transfert du réseau vers l’avenue Habib Bourguiba (via la rue Farhat Hached) sous réserve du respect des conditions techniques convenues ;

condition préalable au PPLT4 : l’enlèvement des conduites et regards sur la plage est un prérequis absolu avant le lancement du projet de protection du littoral (PPLT4) ;

inertie administrative : le collectif déplore que le projet «fasse du surplace» alors que tous les voyants (techniques et financiers) sont au vert.

    Appel à l’action et conférence de presse

    Face à l’urgence, le collectif associatif interpelle directement le directeur régional de l’Onas et les autorités de tutelle (gouvernorat de Nabeul, municipalité de Hammamet, Apal) pour qu’ils assument leurs responsabilités et ordonnent le démarrage immédiat des travaux.

    Afin d’alerter l’opinion publique sur ce qui est devenu une cause régionale majeure, une conférence de presse sera organisée prochainement, dont la date et le lieu seront communiqués sous peu.

    «Le transfert des eaux usées est désormais une nécessité vitale et inévitable pour Hammamet. Nous ne resterons pas spectateurs de la dégradation de notre littoral.»

    * Président de l’Association d’Education Relative à l’Environnement de Hammamet (Aere).

    L’article Pollution du littoral | Urgence environnementale à Hammamet est apparu en premier sur Kapitalis.

    Ramadan | Le pain subventionné se fait rare

    Certaines boulangeries ont délibérément réduit leur production de pain subventionné depuis le début du ramadan et ont cessé d’approvisionner les épiceries.

    C’est ce qu’a déclaré le président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (Otic), Lotfi Riahi, dimanche 22 février 2026, à l’agence Tunis Afrique Presse (Tap), ajoutant que ces boulangeries incitent les consommateurs à acheter du pain fin ou non subventionné, plus cher. Ces pratiques constituent une violation grave de l’esprit du système de subvention et portent directement atteinte au pouvoir d’achat des citoyens.

    Lotfi Riahi a rappelé à cet égard que le pain subventionné en Tunisie est soumis à un système de soutien financé par l’État via le Fonds général de compensation, et supervisé par le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, en coordination avec l’Office des céréales, qui a le monopole de l’importation du blé.

    Les finances publiques prennent en charge la différence importante entre le coût du blé importé et le prix de vente fixé par les pouvoirs publics, le soutien de l’Etat visant exclusivement à protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et non à maximiser les profits de certains professionnels du secteur, a-t-il encore expliqué.

    Le président de l’Otic a estimé que toute réduction artificielle de la production de pain subventionné, tout en maintenant la production de pain non subventionné, dont la marge bénéficiaire est plus élevée, constitue un transfert illégal de l’aide publique vers des profits privés, un manquement aux obligations d’exploitation liées à l’autorisation et une pratique commerciale déloyale qui porte atteinte au droit d’accès à un produit de base subventionné.

    «On a constaté un épuisement systématique et rapide des stocks, un refus d’approvisionner les points de vente extérieurs et une orientation directe des consommateurs vers des produits plus chers, ce qui équivaut à exploiter une situation de consommation délicate pour réaliser des gains supplémentaires au détriment des deniers publics et de la stabilité sociale», a indiqué M. Riahi, qui a demandé aux instances de contrôle de mettre en place immédiatement une surveillance intensive, de vérifier que les quantités de farine subventionnée reçues par les boulangers correspondent à celles qu’ils ont effectivement produites, de publier des données transparentes sur les quotas distribués et les cas d’infraction, et d’appliquer sans hésitation les sanctions administratives et légales à l’encontre de tout professionnel du secteur dont la manipulation délibérée est prouvée.

    Il a également appelé à l’ouverture d’une enquête urgente sur tout soupçon d’entente ou de pression qui entraverait les réformes du secteur ou maintiendrait des privilèges injustifiés.

    Au chapitre des solutions pratiques et réalisables pour réformer le système du pain et rationaliser les subventions, le président de l’Otic a proposé d’utiliser exclusivement de la farine enrichie en fibres pour la production de pain subventionné, afin de garantir que les subventions soient effectivement accordées à ceux qui y ont droit et de limiter leur utilisation à des fins autres que celles prévues.

    I. B.

    L’article Ramadan | Le pain subventionné se fait rare est apparu en premier sur Kapitalis.

    Lobby sioniste | Le Pal Pac, nouvel adversaire de l’Aipac

    Après des décennies de pressions et d’intimidations sur les membres du Congrès pour obtenir leur soutien à Israël, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac) fait désormais face à un nouveau concurrent : le Political Action Committee for Peace, Accountability, and Leadership (Pal Pac). Ce Comité d’action politique pour la paix, la responsabilité et le leadership tente d’influencer la politique américaine concernant la question palestinienne au sein même du Congrès. La mission est certes ardue étant donné la puissance du lobby sioniste aux États-Unis mais l’initiative est louable. Alors, qu’est-ce que cette nouvelle organisation ? Et quels sont ses objectifs ? (Photo : Les représentantes Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Summer Lee, Delia Ramirez et Ayanna Pressley au Congrès américain).

    Imed Bahri  

    Zeteo, qui s’y est intéressé, indique que le Pal Pac est affilié à l’Institute for Middle East Understanding, une initiative qui œuvre pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Il s’efforce de s’attaquer aux causes profondes du conflit en mettant fin à l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza et en affirmant le droit des réfugiés palestiniens au retour sur leurs terres et dans leurs foyers. 

    Le Pal Pac aspire à un monde où les droits humains et la dignité sont respectés conformément au droit international et estime qu’une politique étrangère fondée sur ces principes est essentielle pour un avenir meilleur pour tous.

    Selon sa déclaration fondatrice, le Pal Pac vise également à «soutenir les élus dans la promotion des droits des Palestiniens et de leur libération de l’occupation israélienne».

    Quelles sont les priorités du Pal Pac ?

    Le Pal Pac définit ses priorités en trois points : mettre fin aux violations continues des droits humains commises par Israël contre les Palestiniens ; à la complicité et au soutien des États-Unis au régime d’apartheid israélien et à la spoliation des terres palestiniennes et au génocide perpétré contre les Palestiniens.

    Comment fonctionne Pal Pac ?

    L’organisation s’efforcera de faire élire des membres du Congrès soucieux des droits humains et faisant preuve d’un leadership clair et courageux, ainsi que d’un soutien indéfectible à l’une des questions politiques et de droits humains les plus importantes : la Palestine.

    Le Pal Pac se constitue une base au Congrès en soutenant des candidats lors des primaires du Parti démocrate à travers les États-Unis, face à des élus sortants qui refusent de modifier ou de faire évoluer leur position sur la question palestinienne.

    Quels critères pour le soutien aux futurs élus ?

    Les candidats reconnaîtront-ils qu’Israël commet le crime d’apartheid ? Signeront-ils des lois telles que l’interdiction de fournir des armes à Israël ? Soutiendront-ils la résolution de Rashida Tlaib reconnaissant le génocide commis par Israël contre les Palestiniens ?

    Le Pal Pac a été lancé avec le soutien de quatre membres du Congrès, et promet d’en annoncer d’autres.

    Les quatre premiers soutiens sont des représentantes démocrates : Rashida Tlaib (Michigan), Delia Ramirez (Illinois), Summer Lee (Pennsylvanie) et Ilhan Omar (Minnesota). 

    Rashida Tlaib a déclaré : «En tant que seule Américaine d’origine palestinienne au Congrès, j’ai été aux premières loges pour constater la complicité de notre gouvernement dans ce génocide».

    Dans une déclaration publiée sur le site web de l’organisation, Mme Tlaib a ajouté qu’elle est attachée aux droits humains pour tous, ce qui implique l’interdiction des ventes d’armes et la fin de la complicité des États-Unis dans le soutien au régime d’apartheid israélien. Elle a affirmé que le Pal Pac a son soutien total.

    Que symbolise le lancement du Pal Pac?

    Le lancement du Palpac a coïncidé avec la sixième visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu depuis le retour du président américain Donald Trump à la Maison-Blanche c’est-à-dire il y a un an seulement.

    Ce timing est révélateur. Tandis que les relations étroites entre Washington et Tel-Aviv se poursuivent au plus haut niveau, un mouvement croissant au sein du système politique américain cherche à modifier cet équilibre. Il compte un nombre presque équivalent à celui d’Américano-palestiniens tués par Israël au cours des deux années précédentes, selon le média américain cité ci-haut.

    Comment contester la domination de l’Aipac ?

    La nouvelle organisation cherche à modifier la dynamique du conflit israélo-palestinien à Washington et à mettre fin à l’influence prépondérante des groupes de pression israéliens sur la politique américaine.

    Le Pal Pac s’opposera directement à l’Aipac, qui, depuis des décennies, est la force de lobbying la plus influente auprès du Congrès en faveur d’Israël.

    Toutefois, la question cruciale demeure : les efforts du Pal Pac aboutiraient-ils à un véritable changement au sein du Congrès et des institutions américaines concernant la question palestinienne ? L’avenir nous dira si la jeune organisation est réellement capable de briser l’emprise de l’Ai Pac sur le Congrès et la Maison blanche, qui dure depuis les années 1960 du siècle dernier.

    L’article Lobby sioniste | Le Pal Pac, nouvel adversaire de l’Aipac est apparu en premier sur Kapitalis.

    Tunisie | Croissance négative des prêts immobiliers en 2025    

    Les prêts immobiliers en Tunisie ont enregistré une croissance négative en 2025, avec un recul estimé à 197,6 millions de dinars (MDT).  Mais malgré ce recul, ils restent l’un des principaux types de prêts non professionnels accordés aux particuliers, avec un montant total de 13,3 milliards de dinars, selon les données publiées par la Banque centrale tunisienne (BCT).

    En deuxième position viennent les prêts pour l’amélioration ou la rénovation du logement, dont la valeur s’est élevée à 11,2 milliards de dinars l’année dernière, soit une augmentation de 315,1 MDT.

    Le volume des prêts bancaires destinés à la consommation s’est élevé à 5,4 milliards de dinars, soit une augmentation de 297,6 MDT.

    Quant aux prêts bancaires destinés à l’acquisition de voitures, ils ont atteint, l’année dernière, un niveau de 443,3 MDT, soit une augmentation de 29,6 MDT.

    Fermant la marche, le volume des prêts universitaires n’a pas dépassé 14,9 MDT.

    Il convient de noter que le montant des prêts bancaires non professionnels destinés aux particuliers s’est élevé à 30,4 milliards de dinars à la fin 2025, soit une augmentation de 442 MDT.

    L’article Tunisie | Croissance négative des prêts immobiliers en 2025     est apparu en premier sur Kapitalis.

    Tunisie | Ayachi Zammel et Siwar Bargaoui, les grands oubliés

    On l’a presque oublié celui-là. Poursuivi dans plusieurs affaires liées à des soupçons de falsification ou de manipulation des parrainages lors de l’élection présidentielle de 2024 à laquelle il s’était porté candidat, l’homme d’affaires Ayachi Zammel, a été condamné en première instance à 22 ans de prison, peine qui a été réduite en appel, le 10 janvier 2025, à 4 ans et demi de prison ferme.

    Poursuivie pour les mêmes accusations, la membre de sa campagne électorale, la journaliste Siwar Bargaoui a été condamnée, elle aussi, aux mêmes peines, jugées trop lourdes voire disproportionnées par rapport aux faits qui leur sont reprochés.

    Les demandes de libération présentées par les avocats des deux prévenus ayant été systématiquement rejetées jusque-là, Ayachi Zammel et Siwar Bargaoui devront comparaître de nouveau en état d’arrestation devant les juges. Leurs recours contre les huit peines de prison prononcées à leur encontre par plusieurs tribunaux à Tunis, Jendouba, Kairouan et Siliana, seront examinés par la Cour de Cassation, le 27 février 2026.

    Leurs avocats, qui ont formé les pourvois en cassation, espèrent obtenir la révision ou l’annulation des peines prononcées contre eux. Ce sera une occasion pour que les médias et les organisations de défense des droits de l’homme se souviennent d’eux.

    I. B.  

    L’article Tunisie | Ayachi Zammel et Siwar Bargaoui, les grands oubliés est apparu en premier sur Kapitalis.

    Les Tunisiens face aux aléas du climat | Des plans et des stratégies

    Comme ils n’ont pas beaucoup d’installations à inaugurer dans l’immédiat ni de grands projets réalisables à court terme, faute de moyens financiers, nos chers ministres ont attrapé la douce manie d’élaborer des stratégies à l’horizon 2050. Ces sortes de plans sur la comète ne les engagent en rien, puisque, de toute façon, ils ne seront pas là pour rendre compte de leur non-réalisation. En attendant, ces annonces donnent aux citoyens l’impression que les choses sont en train de bouger et que les membres du gouvernement ne ménagent pas leurs efforts.

    Latif Belhedi

    Après les dernières inondations qui ont provoqué d’énormes dégâts dans les infrastructures du pays, le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouaoui, est sorti pour annoncer une nouvelle stratégie à l’horizon 2050 (sic !), visant à protéger les villes contre les inondations après les taux de précipitations élevés enregistrés récemment.  Pour les années qui nous séparent de l’année 2050, devrions-nous continuer à subir les aléas du climat, de plus en plus dévastateurs, en nous berçant de la promesse que les choses iront mieux dans vingt-quatre ans ?

    Au regard de la crise économique qui sévit en Tunisie depuis 2011 et de l’état difficile des finances publiques, le ministre n’a pas vraiment de marge de manœuvre, ni de baguette magique, d’autant que les urgences du financement du budget de fonctionnement de l’Etat (une machine qui brasse de l’air) inversent constamment l’échelle des priorités : la lutte contre le changement climatique, entre autres, peut donc attendre.

    Protéger les villes contre les inondations

    Pour revenir à la nouvelle stratégie à l’horizon 2050 annoncée par le ministre de l’Equipement, il s’agit, en réalité, selon les dires de M. Zouaoui, de l’actualisation d’une étude stratégique déjà existante. Cette actualisation tiendra compte des changements enregistrés entretemps et comprend cinq éléments : l’évaluation du phénomène des inondations ; le contrôle des eaux de ruissellement ; la définition des priorités en matière de protection ; la mise en place de systèmes et l’élaboration d’un plan de protection à l’horizon 2050, conforme à la stratégie du ministère de l’Agriculture.

    Dans l’immédiat, le ministre, qui intervenait lors d’une audition au Conseil des régions et des communes, vendredi 20 février 2026, a parlé de 30 projets de protection des villes contre les inondations et d’un plan d’intégration urbaine et territoriale pour un montant global de 490 millions de dinars, qui serait à sa deuxième phase, la troisième devant être achevée dans le courant de 2026 et les quatrième et cinquième en 2027/2028.

    Le ministre a ajouté que l’année en cours verra aussi le lancement d’autres projets d’une valeur de 176 millions de dinars, avec un programme d’entretien d’un coût de 37 millions de dinars, sachant que le coût de la réparation des dégâts enregistrés lors des inondations du 18 et 19 janvier dernier est estimé, à lui seul, à 80 millions de dinars, mais cette estimation, on le sait par expérience, risque d’évoluer à la hausse au cours des prochaines semaines.

    Conférence des amis de la Tunisie

    L’argent est le nerf de la guerre, et la Tunisie en manque aujourd’hui cruellement et M. Zouari est bien placé pour le savoir. Aussi, a-t-il annoncé, également, l’organisation d’une «Conférence des amis de la Tunisie» afin de mobiliser des financements internationaux pour les projets du plan de développement 2026-2030. Ces projets seront élaborés en tenant compte des besoins sur les plans local et régional et des priorités nationales. Ils seront ensuite adoptés en Conseil ministériel puis transmis à l’Assemblée pour adoption et mise en œuvre, avec des financements prévus pour la période 2027-2030.

    Concernant l’aménagement du territoire, une nouvelle loi sur l’urbanisme est en préparation et sera prochainement soumise au Parlement. Elle prévoit notamment la création d’une agence nationale chargée de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme.

    Enfin, 60 nouveaux plans d’aménagement urbain couvrant 17 gouvernorats devraient être publiés en 2026, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, dans le cadre du soutien aux municipalités.

    L’article Les Tunisiens face aux aléas du climat | Des plans et des stratégies est apparu en premier sur Kapitalis.

    La Tunisie présente un haut risque pour les entreprises

    Dans le  Country Risk Atlas 2026, publié par Allianz Trade, la Tunisie est classée D4, soit le niveau de risque maximal. Notre pays figure parmi les pays les plus risqués d’Afrique pour les entreprises. Ce rapport évalue la probabilité d’une augmentation du risque de défaut de paiement et de tensions financières liées au contexte macroéconomique, politique et réglementaire.

    Latif Belhedi

    Dans l’édition 2026, qui analyse 83 pays et environ 94 % du PIB mondial, la Tunisie obtient la note «D4», soit la combinaison de risques la plus élevée du système, qui croise une évaluation à moyen terme (de AA à D) et un indicateur à court terme (de 1 à 4).

    Selon un résumé publié par le portail économique tunisien Ilboursa, la Tunisie est le pays «le plus risqué» du continent africain dans cette édition du rapport.

    Parmi les facteurs cités dans le dossier de l’atlas figurent la vulnérabilité du financement public, la dépendance croissante à l’égard du crédit interne et de la Banque centrale, et une pression sur le système bancaire liée à l’exposition envers l’État et les entreprises publiques.

    Une économie «fortement réglementée et protégée»

    Le rapport mentionne, entre autres, l’échéance d’un eurobond de 750 millions d’euros en juillet 2026 et indique que les créances douteuses ont atteint 14,7 % au premier trimestre 2025.

    En ce qui concerne le contexte opérationnel, l’atlas décrit une économie «fortement réglementée et protégée», avec des barrières commerciales et un rôle important des subventions publiques, ainsi qu’un vaste secteur informel.

    Ces éléments, associés au risque de tensions sociales et à la sensibilité du pays aux chocs extérieurs, contribuent à rendre la gestion des risques plus coûteuse pour les opérateurs privés, tant locaux qu’étrangers.

    Ce tableau est également cohérent avec les évaluations d’autres opérateurs internationaux du risque pays. Coface signale, parmi les points critiques, la pression sur les comptes publics et extérieurs en l’absence d’un programme avec le Fonds monétaire international et un besoin élevé de remboursements de la dette au cours de la période 2025-2026.

    En attente des réformes du climat des affaires

    À terme, la classification «D4» tend à se traduire, pour les entreprises qui exportent ou investissent, par une plus grande prudence en matière de paiements, de garanties et de couvertures d’assurance-crédit commercial. Dans le cas de la Tunisie, comme le souligne le Country Risk Atlas 2026, le défi reste de combiner la stabilisation financière et les réformes du climat des affaires avec la gestion des pressions sociales et de l’emploi.

    Avec Ansamed.

    L’article La Tunisie présente un haut risque pour les entreprises est apparu en premier sur Kapitalis.

    La «Dame» Oum Kalthoum

    ‘‘El-Sett’’ ou «La Dame» est le titre d’un film biographique de Marwan Hamed sorti en 2025 et consacré à la diva égyptienne Oum Kalthoum, également surnommée «Kawkab al-charq» (Star du monde arabe).

    Jamila Ben Mustapha *

    Oum Kalthoum est issue de la campagne égyptienne et n’a pas bénéficié d’un enseignement moderne, ayant connu seulement l’école coranique.

    Elle n’aurait peut-être pas eu un destin aussi grand si elle n’avait pas été encouragée par son père à l’art du chant, même si son répertoire appartenait, tout d’abord, au domaine religieux.

    Elle est l’exemple d’une femme dont le destin originel était d’être connue seulement dans son propre pays et les autres pays arabes. Voilà pourtant que, lors de sa venue à Paris en 1967, même le général de Gaulle lui exprime son admiration.

    Une modernité assumée mais sobre

    Elle a aussi contribué à dissocier le métier de chanteuse de celui de femme légère, à le rendre respectable, une des preuves de cela étant qu’elle était toujours correctement vêtue et évitait les robes décolletées. Mais d’un autre côté, elle a appartenu à une époque où les femmes, même traditionnelles, ne se sentaient pas obligées d’être voilées.

    Un trait frappant de sa modernité et d’expression de sa forte personnalité est qu’elle a longtemps refusé de se marier à un moment où la société égyptienne était encore plus traditionnelle que maintenant. Pourtant, comme le montre le film, elle ne manquait pas de prétendants. Elle ne l’a fait qu’à un âge tardif, vers la cinquantaine, en épousant son médecin. Plus encore, à un moment où le destin de la femme était d’être avant tout, épouse mais aussi mère, elle n’a pas du tout cherché à avoir des enfants.

    Le parcours de Oum Kalthoum révèle finalement celui d’une personnalité féminine complexe qui renferme autant de traits traditionnels que modernes.

    * Auteure.

    L’article La «Dame» Oum Kalthoum est apparu en premier sur Kapitalis.

    Tunisie | Remettre l’investissement privé au cœur de la croissance

    La réussite du Plan de développement 2026‑2030 repose sur un levier stratégique souvent sous-estimé : le rôle central de l’investissement privé. L’auteur propose une analyse factuelle des freins actuels, des opportunités régionales et sectorielles, et des mesures concrètes pour transformer l’investissement en moteur d’une croissance inclusive et durable. Il s’appuie sur des données 2025‑2026, inclut les positions récentes de l’Utica sur le climat des affaires, et anticipe les critiques sur la gouvernance, l’équité régionale et la complémentarité public-privé. Son objectif : nourrir le débat économique et stimuler la réflexion des décideurs et acteurs économiques.

    Abdelwahab Ben Moussa *

    Relancer l’investissement privé est essentiel pour transformer le Plan 2026‑2030 en une croissance tunisienne durable et inclusive. Cette tribune propose une analyse des freins actuels et des pistes concrètes pour mobiliser le secteur privé sur tout le territoire.

    La réussite du Plan de développement 2026‑2030 dépend largement d’un facteur central : la capacité à relancer l’investissement privé. Sans mesures ciblées, le plan risque de consolider le statu quo plutôt que d’impulser une croissance durable et inclusive. Cette relance doit se faire en complément des investissements publics, via des partenariats stratégiques qui optimisent les ressources et maximisent l’impact économique et régional.

    L’investissement privé, un moteur sous-exploité

    Le secteur privé est essentiel pour créer des emplois qualifiés et durables ; accroître la valeur ajoutée nationale ; et stimuler le développement régional.

    Pourtant, plusieurs freins limitent son expansion, notamment :

    – des procédures administratives lourdes et une instabilité réglementaire, qui compliquent la création et le développement d’entreprises ;

    – la fragilité macroéconomique et le coût élevé du financement, qui réduisent la prise de risque ;

    – la concentration géographique des investissements, qui laissent certaines régions marginalisées ;

    – la coordination insuffisante entre acteurs publics et privés ;

    – des incitations peu liées aux résultats, ce qui limite l’efficacité des dispositifs existants.

    Comme l’a souligné récemment l’Utica, dénonçant la «diabolisation» des chefs d’entreprise, le climat d’incertitude et la lourdeur administrative freinent considérablement l’investissement privé.

    Selon l’organisation patronale, la simplification des procédures, des incitations fiscales ciblées et un meilleur accès au financement pour les PME et les jeunes entrepreneurs sont indispensables pour capter les opportunités économiques et relancer une croissance durable sur l’ensemble du territoire.

    Cette analyse rejoint l’objectif du Plan 2026‑2030 : remettre le secteur privé au cœur de la stratégie de développement national.

    Priorités stratégiques pour relancer l’investissement privé

    Pour être efficace, la relance doit viser la qualité et l’impact des investissements, notamment :

    – la prévisibilité juridique et la stabilité réglementaire, pour restaurer la confiance des investisseurs ;

    – des incitations ciblées favorisant l’emploi et le développement régional, afin que les investissements ne restent pas concentrés dans les grandes villes ;

    – des partenariats public-privé stratégiques, mobilisant efficacement les ressources disponibles et complétant l’action de l’État ;

    – l’orientation vers les secteurs à forte valeur ajoutée : industrie, numérique, services exportables, tout en incluant les secteurs traditionnels comme l’agriculture, l’artisanat et le tourisme là où le potentiel régional est fort.

    Simplicité et transparence pour rétablir la confiance

    Simplifier les procédures, clarifier les règles et suivre systématiquement l’impact économique et régional des projets sont des conditions indispensables pour rétablir la confiance et orienter les investissements vers les priorités nationales. Cette approche répond aux critiques légitimes sur le rôle de l’État, la stabilité macroéconomique et la répartition régionale des investissements.

    Repères économiques (2026) :

    • Investissement global : près de 16 % du PIB, soit +12 % par rapport à 2025.
    • Investissements déclarés 2025 : ~8 356 millions de dinars, +39 % vs 2024, générant plus de 100 000 emplois.
    • Objectif IDE 2026 : ~4 milliards de dinars par an pour renforcer l’attractivité du pays.

    La mobilisation du secteur privé sur l’ensemble du territoire est cruciale pour transformer la croissance en un processus inclusif et régionalisé. Le Plan 2026‑2030 offre une opportunité unique d’aligner politiques publiques et initiatives privées afin de créer une dynamique économique durable pour la Tunisie, tout en répondant aux critiques sur la gouvernance, l’équité régionale et la complémentarité entre acteurs publics et privés.

    * Ingénieur en informatique.

    L’article Tunisie | Remettre l’investissement privé au cœur de la croissance est apparu en premier sur Kapitalis.

    Le poème du dimanche | ‘‘Le prophète inconnu’’ de Aboulkacem Chebbi

    Aboulkacem Chebbi est un poète tunisien marqué par le romantisme européen et moyen-Oriental. Chantre moderniste de la révolte poétique, c’est une voix vibrante et fougueuse de la liberté, l’amour et la nature.

    Né en 1909 à Chebbia (Tozeur), Chebbi poursuit ses études à l’Université religieuse de la Zitouna. Les thèmes de sa poésie n’ont pas manqué de provoquer les milieux conservateurs et rétrogrades jusqu’à considérer certains poèmes blasphématoires.

    Atteint de maladie cardiaque et pulmonaire, il décède, jeune, à l’âge de 25 ans, en 1934. Son recueil, Aghani al-Hayat (Les chants de la vie), rassemblé de son vivant, ne sera publié qu’en 1955, grâce aux soins de son frère, Lamine Chebbi. Il laisse un essai-conférence L’imagination poétique chez les Arabes et un Journal. Il peut être considéré, incontestablement, comme le poète national de la Tunisie.

    Tahar Bekri

    O peuple ! Que n’étais-je bûcheron

    Pour abattre les arbres avec ma hache

    Que n’étais-je comme les torrents

    Quand ils dévalent détruisent les tombes une à une

    Que n’étais-je comme les vents pour emporter

    Tout ce qui étouffe les fleurs de noirceur

    Que n’étais-je comme l’hiver pour couvrir

    De mon froid tout ce que l’automne a fané

    Que n’avais la force des tempêtes ô mon peuple

    Pour te jeter la révolte de mon âme

    Que n’avais-je la force des ouragans

    Quand ils se soulèvent et t’inviter à la vie

    Que n’avais-je la force des ouragans!…Mais

    Tu es un vivant qui passe la vie dans une tombe

    Tu es une âme stupide qui déteste la lumière

    Qui passe les siècles dans la nuit lisse

    Tu ne saisis les vérités qui t’entourent

    Que si tu les touches ou tu les palpes

    Au matin de la vie j’ai rempli mes coupes

    Les fis enivrer de mon âme

    Puis je te les ai présentées tu sacrifias

    Mon nectar tu foulas ô peuple mon verre

    J’ai souffert puis j’ai tu mes souffrances

    Retenu mes sentiments et ma sensibilité

    Je t’ai choisi des fleurs de mon cœur

    Un bouquet que personne n’a touché

    Et te l’ai présenté tu déchiras

    Mes roses et tu les piétinas durement

    Puis de la tristesse tu me fis porter un habit

    Et des ronces des montagnes une couronne

    ***

    Je m’en vais dans la forêt ô mon peuple

    Pour mourir seul et désespéré

    Je m’en vais au cœur la forêt

    Peut-être y enterrerais-je ma misère

    Et t’oublier comme je pourrais

    Tu n’es digne ni de mon verre ni de mon vin

    Je psalmodierais aux oiseaux mes chants

    Leur confierais les désirs de mon âme

    Eux comprennent le sens de la vie

    Savent que la fierté des âmes est sens éveillé

    Je mourrais là-bas dans l’obscurité de la nuit

    Je jetterais à l’existence ma désespérance

    Puis à l’ombre des pins frais et doux

    Les flots traceront ma fosse

    Les oiseaux chanteront sur ma tombe

    La brise douce murmurera par-dessus moi

    Les saisons se succèderont près de moi

    Fraîches comme elles étaient par le passé

    ***

    O peuple ! Tu es un petit enfant

    Tu joues avec la terre quand la nuit tombe

    Tu es une force dans l’univers si tu la maîtrises

    Une idée de génie invincible

    Tu es une force dans l’univers enchaînée

    Par les époques sombres depuis les temps reculés

    Bien malheureux est celui comme moi

    A l’âme sensible et fragile

    ***

    C’est ainsi que parla un poète qui a offert

    Au peuple le nectar de sa vie dans la meilleure coupe

    Ils s’en détournèrent et passèrent furieux

    S’en moquèrent et dirent désespérés :

    « Il a perdu la raison dans l’arène des démons

    Le malheureux ! Il est atteint»

    Longtemps il s’adressa aux sentiments la nuit

    Se fia aux morts de toutes sortes

    Longtemps il accompagna l’obscurité dans la forêt

    Appela les âmes de tous genres

    Longtemps il parla aux djinns dans la vallée

    Chanta avec les vents leurs airs

    C’est un sorcier auquel les démons enseignent

    La magie à chaque lever du soleil

    Eloignez donc le mécréant malveillant du temple

    Le malveillant est source de malheur

    Chassez-le ne l’écoutez point

    C’est une âme endiablée qui porte malheur

    ***

    Ainsi parla un poète philosophe

    Qui vécut parmi son peuple stupide malheureux

    Les hommes ignorèrent son âme et ses chants

    N’accordèrent à ses sentiments que vil prix

    Dans la vie c’est un prophète

    Parmi son peuple c’est un dément

    Ainsi il parla puis s’en alla dans la forêt

    Mener une vie dans le sacre de la poésie

    Et loin là-bas dans le temple de la forêt

    Où nul malheur ne fait ombrage

    A l’ombre des pins doux et des oliviers

    Il passa la vie d’éveil en éveil

    Par le beau matin il chante avec les oiseaux

    Et marche en extase comme ivre

    Soufflant dans sa flûte autour de lui s’élèvent

    Les roses printanières de toutes sortes

    Ses cheveux caressés par le vent

    Tombant sur ses épaules comme la soie damascène

    Les oiseaux heureux chantent autour de lui

    Haut dans les arbres

    Tu le vois au coucher du soleil près du ruisseau

    Poursuivre l’oiseau ivre

    Ou chanter parmi les pins ou tendre

    Vers l’obscurité qui se couche

    Et quand l’obscurité s’installe

    Et les ténèbres de l’existence s’abattent sur la terre

    Il reste dans sa belle cabane

    Interroger l’univers pieusement à voix basse

    Sur le cours de la vie et sa durée

    Sur l’essence de l’existence et son arrêt

    Sur la fragrance des roses dans chaque vallée

    Sur les chants des oiseaux aux soirs

    Sur la rage des vents dans les gorges

    Sur les images de la vie depuis la nuit des temps

    Sur les chansons des bergers où les cache

    L’espace silencieux où vont-elles

    ***

    Ainsi il passe la vie et chante

    Dans les cycles des années

    Quelle vie au sein de la forêt !

    Parmi les oiseaux elle se réveille et se couche

    Quelle vie que les âmes de l’ombre

    N’ont souillée ni salie

    Quelle vie dans l’univers

    Que cette vie étrange et sacrée

    Aghani-Al Hayat, 1934

    Traduit de l’arabe par Tahar Bekri

    L’article Le poème du dimanche | ‘‘Le prophète inconnu’’ de Aboulkacem Chebbi est apparu en premier sur Kapitalis.

    Tunisie | La LTDH dénonce la «criminalisation de la protestation pacifique»

    La LTDH considère que les condamnations par contumace prononcées à l’encontre de militants écologistes, dont Khayreddine Debaya, animateur de la campagne Stop Pollution, à Gabès, «constituent un précédent dangereux dans la manière d’aborder les mouvements sociaux et écologistes, et reflètent une escalade inquiétante dans la politique de restriction de l’espace civil et de criminalisation de la protestation pacifique.» Nous publions ci-dessous une traduction de son communiqué publié à cet effet le 20 février 20265.

    Le fait de juger et d’emprisonner des militants pour avoir participé à un sit-in pacifique en 2020 devant l’administration régionale du Complexe chimique tunisien, et la condamnation de 12 d’entre eux à un an de prison et d’un autre à huit mois, sans les informer ni leur permettre d’exercer leur droit à la défense, révèlent une tendance claire à la criminalisation de l’action civile et du mouvement social.

    La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH) affirme que ce qui se passe n’est pas simplement une poursuite judiciaire, mais plutôt l’utilisation de l’appareil judiciaire pour intimider les défenseurs des droits humains et envoyer un message de menace direct à toutes les voix qui critiquent les politiques environnementales et les choix de développement qui ont causé des dommages considérables aux habitants de Gabès pendant des décennies.

    De plus, la délivrance de mandats de perquisition plusieurs années après les faits confère au dossier un caractère vengeur et renforce le sentiment d’inégalité des chances et d’absence de garanties d’un procès équitable. Elle s’inscrit également dans un contexte plus large caractérisé par une restriction croissante de l’espace civique et un étouffement du mouvement social par le biais de poursuites judiciaires, au lieu de s’attaquer aux racines de la crise environnementale et développementale à Gabès.

    La Ligue rappelle que la défense du droit à la vie, à la santé et à un environnement sain est au cœur du travail des défenseurs des droits humains et ne peut en aucun cas être transformée en crime.

    De même, la protection de la liberté de manifestation pacifique n’est pas un choix politique circonstanciel, mais une obligation constitutionnelle et internationale qui incombe à l’État.

    En conséquence, la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme :

    – exprime sa solidarité absolue avec toutes les personnes condamnées, les militants du mouvement environnemental et les habitants de Gabès ;

    – demande l’arrêt immédiat de l’exécution des peines et l’abandon des poursuites abusives ;

    – appelle au respect du droit de manifester pacifiquement et à la protection de l’espace civil ;

    – renouvelle son engagement à défendre le droit à la vie, à un environnement sain et à la dignité.

    Pour le bureau directeur,

    Le président Bassem Trifi

     

    L’article Tunisie | La LTDH dénonce la «criminalisation de la protestation pacifique» est apparu en premier sur Kapitalis.

    La Tunisie, pays du «million» de médecins !

    Le taux de réussite des filles dans la promotion 2026 de la Faculté de médecine de Sfax a atteint 75 %. Une belle image que l’avocat partage et commenté, non sans quelque fierté, dans son post Facebook que nous traduisons ici de l’arabe.

    Sami Jallouli *

    Cette photo montre les femmes diplômées de la Faculté de médecine de Sfax, où les femmes représentaient environ 75 % de la promotion 2026…

    Cette image reflète une réalité tangible dans les universités tunisiennes et dans le secteur de la santé en général. La domination des femmes dans les facultés de médecine de Tunis, Sousse, Monastir et Sfax n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’années d’excellence scolaire exceptionnelle…

    Au niveau local, comme on le sait, les études dans les facultés de médecine en Tunisie durent de 7 à 11 ans, voire plus, ce qui exige une patience et une persévérance sans pareilles. La médecin tunisienne a fait preuve d’une grande capacité à persévérer et à s’accrocher dans cette voie difficile, car elle est le fruit d’une formation académique rigoureuse et d’une école de médecine prestigieuse… Comme on dit : «Qui dit médecine… dit d’abord Tunisie, puis vient, loin derrière, le reste ».

    «Si nos médecins émigrés en Allemagne et en France sont particulièrement reconnus et obtiennent les meilleurs résultats aux examens de compétence, ceux qui ont choisi de rester en Tunisie ont fait de ce pays un pôle régional pour les traitements et le tourisme médical.

    La Tunisie est en effet en tête du classement continental et rivalise avec les pays développés dans des spécialités pointues telles que la chirurgie cardiaque et vasculaire, le traitement de l’infertilité, la dentisterie, la chirurgie et l’orthopédie, la chirurgie esthétique, les maladies digestives et l’ophtalmologie, sans oublier son leadership dans les centres de traitement de la toxicomanie…

    Pourquoi la Tunisie d’abord, puis les autres ?

    Il ne s’agit pas de chauvinisme tunisien, mais d’un fait historique. En 1936, la Tunisie a offert à l’humanité la première femme médecin arabe et africaine, le Dr Tawhida Ben Cheikh. Elle est aujourd’hui le seul pays au monde à avoir honoré une femme médecin en apposant son portrait sur sa monnaie nationale…

    Ce succès fait la fierté de la Tunisie et du système éducatif public. Il s’inscrit dans la continuité de l’héritage culturel de l’école de médecine de Kairouan, fondée par Ibn Omrane et Ibn Al-Jazar il y a plus de mille ans…

    * Juriste, Genève.

    L’article La Tunisie, pays du «million» de médecins ! est apparu en premier sur Kapitalis.

    Mme Ounissi raconte la journée d’une épouse de prisonnier politique

    Rahma Laâbidi est l’épouse du Dr Mondher Ounissi, président par intérim du parti Ennahdha, poursuivi en justice et détenu depuis septembre 2023 dans le cadre de l’affaire de feu Dr Jilani Daboussi, ancien député, mort en prison en mai 2014. Dans un poste Facebook, publié vendredi 20 février 2026, et que nous traduisons ci-dessous, Mme Ounissi raconte une journée de sa vie d’épouse de prisonnier politique… Et attire l’attention des autorités pénitentiaires sur la détérioration de l’état de santé de son époux.

    «La journée a été longue, entre le tribunal et la prison d’Oudhna.

    «Je l’ai d’abord vu au tribunal, le visage marqué par la fatigue. Après l’audience, je me suis précipitée à la prison, le cœur battant à tout rompre. Je suis même arrivée avant lui…

    «Nous avons seulement parlé de son état de santé. Le professeur Mondher Ounissi souffre toujours d’un taux élevé de créatinine et craint d’atteindre le stade de la dialyse, et il sait de quoi il parle. Il connaît mieux que quiconque son état de santé…

    «Vous lui avez volé sa liberté… Ne lui volez pas aussi sa santé. Donnez-lui les soins dont il a besoin avant qu’il ne soit trop tard.

    «Les soins de santé sont un droit, pas un privilège.

    «Liberté pour le professeur Mondher Ounissi.

    «Liberté pour les détenus.»

    Rappelons que Dr Ounissi est un spécialiste en médecine interne. Il a exercé à l’Hôpital Charles-Nicolle de Tunis et a été impliqué dans la recherche sur la transplantation rénale.

    C’est en cette qualité qu’il avait la charge et la responsabilité du Dr Daboussi, avec d’autres personnes, dont l’ancien ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, poursuivi lui aussi dans la même affaire.

    Ironie de l’histoire, durant la période de son incarcération (2011-2014), feu Dr Daboussi souffrait d’une insuffisance rénale et était soumis à des séances de dialyse en prison. Sa famille accuse les autorités de l’époque de ne pas l’avoir fait bénéficier des soins que nécessitait sa maladie chroniques.   

    L’examen du dossier a été à nouveau reporté au 27 février 2026.

    I. B.

    L’article Mme Ounissi raconte la journée d’une épouse de prisonnier politique est apparu en premier sur Kapitalis.

    Etats-Unis – Iran | Les négociations sont-elles un écran de fumée ?

    Lorsque des porte-avions et des sous-marins nucléaires se déploient pendant que les diplomates se rencontrent, lorsque les bombardiers changent de base au rythme des communiqués officiels, il ne s’agit plus d’un simple dialogue, il s’agit d’une préparation minutieuse à une confrontation majeure. Les négociations entre Washington et Téhéran s’inscrivent dans cette logique.

    Yahya Ould Amar *

    Dans les crises contemporaines, la négociation n’est plus l’alternative à la guerre, elle en est souvent l’antichambre. Elle permet d’organiser la responsabilité de l’échec et de transformer une action militaire en réaction légitime. La diplomatie devient ainsi la dernière étape avant l’usage de la force, non la première vers la paix.

    Les discussions en cours entre Américains et Iraniens remplissent une fonction classique consistant à gagner du temps, à tester l’adversaire, à façonner la perception internationale et, surtout, à construire la légitimité d’une action future.

    La diplomatie comme instrument tactique

    Washington discute tout en renforçant simultanément son dispositif militaire régional avec des déploiements navals, un repositionnement aérien, une coordination stratégique avec ses alliés, notamment Israël. Or l’histoire des crises internationales montre qu’on ne prépare pas un accord durable en augmentant parallèlement la capacité de frappe. La diplomatie devient alors un levier tactique, destiné à accroître la pression et à contraindre l’adversaire à céder et à se plier à un dictat par nature déséquilibré.

    Surtout que les exigences des deux parties demeurent incompatibles. Les États-Unis réclament des limitations élargies du programme nucléaire, des restrictions balistiques à une portée maximale de 300 km et un encadrement des réseaux d’influence régionaux iraniens. Téhéran, de son côté, exige une levée substantielle des sanctions et refuse toute négociation sur son programme d’armement balistique. Ces lignes rouges rendent improbable un accord de fond à court terme.

    Une guerre pensée en Israël

    Si les chances d’un compromis sont faibles, pourquoi maintenir le théâtre diplomatique ? Pour Washington, afficher des discussions en cours permet de démontrer que «toutes les voies ont été explorées» avant toute escalade. Cette séquence construit une légitimité internationale précieuse, ainsi en cas d’échec, l’administration américaine pourra soutenir qu’elle n’a fait que réagir à l’intransigeance iranienne. La diplomatie devient ainsi une assurance politique, une étape nécessaire pour préparer l’opinion publique, les alliés européens et les partenaires régionaux à une confrontation.

    Se joindre sans réserve aux guerres du gouvernement de Netanyahu ne renforcerait pas nécessairement les intérêts américains ; cela pourrait au contraire les fragiliser. Une guerre pensée à Jérusalem ne correspond pas toujours aux priorités stratégiques de Washington.

    Du côté iranien, le maintien des négociations répond à une logique différente mais tout aussi stratégique. Il s’agit d’espérer desserrer partiellement l’étau des sanctions, de gagner du temps pour consolider les capacités internes, et d’éviter l’image d’un régime fermé à toute solution diplomatique. Les discussions servent également de canal de renseignement, chacune des parties teste l’autre, évalue ses marges de manœuvre et mesure sa tolérance au risque. En réalité, la négociation est devenue un instrument d’observation et de préparation mutuelle — non un chemin vers la paix.

    Le facteur nucléaire : un prétexte ?

    Officiellement, le cœur du différend reste le nucléaire. Empêcher l’Iran d’accéder à l’arme atomique constitue l’argument central avancé par Washington pour justifier sa fermeté. Pourtant, la question dépasse largement la seule prolifération. Ce qui est en jeu, c’est l’équilibre stratégique régional. Un Iran doté d’une capacité nucléaire militaire — même latente — modifierait profondément la hiérarchie des puissances au Moyen-Orient, affaiblissant la liberté d’action américaine et celle de ses alliés. Le dossier nucléaire sert ainsi de justification visible à une préoccupation plus large de préservation d’une architecture de sécurité régionale favorable aux intérêts occidentaux.

    Si le nucléaire constitue l’argument public central, il n’épuise pas les motivations réelles. La nature des cibles frappées lors de la guerre de douze jours de 2025 — bien au-delà des seules installations atomiques — suggère que l’objectif dépasse la simple non-prolifération. Il s’agit moins d’empêcher la construction d’une bombe nucléaire que de remodeler un rapport de force régional.

    Mais le paradoxe est cruel. Plus la pression militaire et économique s’intensifie, plus l’incitation iranienne à rechercher une dissuasion crédible augmente. Une frappe préventive pourrait retarder le programme nucléaire sans l’éliminer ; elle pourrait surtout transformer une capacité latente en décision politique assumée d’accéder à l’arme nucléaire.

    Dans cette perspective, la négociation actuelle ressemble à une tentative de gestion du calendrier stratégique afin de retarder le seuil critique, sans résoudre le dilemme fondamental. Le nucléaire n’est pas seulement le déclencheur potentiel d’une confrontation ; il est devenu l’outil rhétorique central d’un affrontement plus vaste sur la domination régionale.

    Il y a encore quelques mois, les services de renseignement américains estimaient que Téhéran n’avait pas pris la décision politique de construire une arme nucléaire. Ce décalage entre évaluation stratégique et rhétorique publique mérite d’être interrogé.

    En juin 2025, le président Trump déclarait solennellement à la nation : «Il y a peu de temps, l’armée américaine a mené des frappes massives et de haute précision contre les trois principales installations nucléaires du régime iranien : Fordo, Natanz et Ispahan… Notre objectif était la destruction de la capacité d’enrichissement nucléaire de l’Iran… Ce soir, je peux annoncer au monde que les frappes ont été un succès militaire spectaculaire. Les principales installations d’enrichissement nucléaire de l’Iran ont été complètement et totalement anéanties.»

    Si ces installations ont réellement été «complètement et totalement anéanties», au point d’éliminer la menace, alors invoquer aujourd’hui le nucléaire comme motif central d’une nouvelle intervention révèle une contradiction majeure. Soit la menace a été neutralisée, soit elle sert désormais d’argument commode pour justifier une escalade dont les motivations dépassent la seule non-prolifération. Ce glissement du discours suggère que le nucléaire n’est pas la cause profonde de l’escalade, mais son habillage politique.

    On se souvient des accusations martelées sur les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein, brandies comme justification morale et stratégique de l’invasion de l’Irak — des armes qui, au terme de la guerre, ne furent jamais trouvées, parce qu’elles n’avaient jamais existé.

    Même les bombardements les plus massifs — y compris l’usage de munitions de très forte puissance contre des sites enterrés — ne détruisent pas une compétence nucléaire. Ils en retardent le calendrier. Les centrifugeuses peuvent être reconstruites ; le savoir-faire, lui, ne s’anéantit pas sous les décombres.

    Derrière le discours officiel sur la non-prolifération se dessine une logique plus profonde, la préservation d’une asymétrie stratégique permanente fondée sur le maintien d’un monopole nucléaire israélien dans la région.

    Pourquoi le moment est stratégique

    Si les négociations paraissent fragiles, c’est aussi parce que le calendrier stratégique pèse lourdement sur les décisions. Du côté américain, la fenêtre d’action militaire pourrait se refermer à mesure que l’Iran consolide et disperse ses capacités nucléaires et balistiques. Plus le temps passe, plus une intervention deviendrait complexe, coûteuse et incertaine. Cette dimension temporelle crée une pression silencieuse, agir tant que la supériorité technologique et opérationnelle est perçue comme décisive.

    Du côté iranien, le temps joue différemment. Chaque mois qui passe, permet d’améliorer les capacités d’enrichissement et de tester la résilience économique face aux sanctions. Les protestations internes, quant à elles, introduisent une variable politique instable – un régime fragilisé peut chercher l’apaisement ou au contraire se durcir. Les négociations actuelles s’inscrivent donc dans une course contre la montre où chacun tente de maximiser son avantage avant un possible point de bascule.

    Le moment n’est pas choisi au hasard ; il est dicté par la perception d’une opportunité stratégique — ou d’un risque imminent.

    Trois scénarios plausibles

    Trois trajectoires se dessinent à l’horizon. La première peu probable, serait celle d’un compromis technique minimal tel qu’un gel de l’enrichissement iranien contre un allègement limité des sanctions. Un accord partiel, sans résolution des différends structurels, permettant à chacun de sauver la face. Ce scénario stabiliserait provisoirement la situation, mais il ne ferait que repousser l’affrontement stratégique sous-jacent.

    La seconde hypothèse serait celle d’un échec contrôlé menant à des frappes ciblées américaines et israéliennes contre des installations nucléaires et balistiques iraniennes.

    Une fois les hostilités engagées, le président américain ne serait plus seul maître du tempo. Les pressions viendraient de toutes parts, notamment de ses alliés européens, désireux de voir la guerre s’achever au plus vite tant ils en subissent les répercussions — renchérissement des importations énergétiques, perte de points de croissance économique, tensions migratoires accrues — comme d’acteurs politiques intérieurs, sceptiques quant à la possibilité d’un
    résultat véritablement décisif.

    L’escalade, souvent, devient moins stratégique que politique. Aussi, l’histoire des crises régionales montre qu’une action dite «limitée» peut déclencher une riposte asymétrique imprévisible tels que des attaques contre des bases américaines, des activations de proxies, des perturbations énergétiques.

    Enfin, le scénario le plus préoccupant demeure celui de l’erreur de calcul. Dans un environnement saturé de méfiance, de démonstrations de force et de pression politique, un incident mal interprété pourrait faire basculer la région dans une escalade rapide. Ce n’est pas toujours l’intention qui déclenche la guerre ; c’est parfois l’accumulation de signaux mal lus.

    L’histoire récente du Moyen-Orient devrait inciter à la prudence face aux promesses implicites de changement de régime. L’Irak a produit un enlisement stratégique. La Libye a engendré un chaos durable. Et l’Iran lui-même porte la mémoire d’un coup d’État soutenu de l’extérieur dont les conséquences ont façonné la révolution de 1979. Les renversements imposés créent rarement les démocraties espérées.

    Une offensive extérieure provoquerait vraisemblablement un réflexe de ralliement national. Dans les moments de crise, les oppositions internes suspendent leurs divisions. L’hostilité étrangère consolide souvent ce qu’elle prétend affaiblir.

    L’issue la plus probable d’une confrontation ne serait pas l’émergence d’un Iran modéré, mais le renforcement des éléments les plus durs du régime — voire une consolidation du pouvoir des structures militaires favorables à une dissuasion nucléaire assumée.

    Le risque majeur : l’erreur de calcul

    Le danger principal ne réside peut-être ni dans une décision assumée de faire la guerre, ni dans un plan prémédité d’escalade, mais dans une erreur de calcul. Lorsque deux puissances s’observent à travers le prisme de la méfiance, chaque geste défensif peut être interprété comme une provocation, chaque démonstration de force comme un prélude à l’attaque. Dans un contexte où les forces sont déjà déployées, où les alliés régionaux sont en alerte et où les opinions publiques sont polarisées, la marge d’interprétation se réduit dangereusement.

    Une frappe présentée comme “préventive” pourrait être perçue à Téhéran comme une tentative de changement de régime. Une riposte calibrée pourrait être jugée insuffisante à Washington et entraîner une seconde vague d’attaques. L’escalade ne serait alors plus le fruit d’une stratégie réfléchie, mais celui d’un engrenage. Les négociations actuelles ne neutralisent pas ce risque, elles l’accompagnent. Car lorsque la diplomatie sert davantage à préparer l’échec qu’à prévenir la crise, elle devient le décor fragile d’un affrontement en attente de déclencheur.

    Toute confrontation directe aurait un coût immédiat, pertes humaines, attaques contre des installations abritant des dizaines de milliers de militaires américains dans la région, opérations clandestines en représailles. Mais le coût stratégique serait plus durable encore, affaiblissement du droit international et renforcement des puissances révisionnistes promptes à invoquer les précédents occidentaux pour justifier leurs propres offensives.

    Au fond, les négociations actuelles constituent un théâtre diplomatique nécessaire dans toute confrontation moderne, un espace où l’on parle pour mieux se positionner, où l’on négocie pour tester, où l’on dialogue pour légitimer. Mais elles ne traduisent pas une volonté politique claire de compromis durable. Elles accompagnent un rapport de force.

    L’histoire des relations internationales enseigne que lorsque la diplomatie se déroule sous la protection des bombardiers, ce sont rarement les mots qui tranchent en dernier ressort. Si les discussions en cours servent avant tout à structurer la confrontation plutôt qu’à l’éviter, alors le véritable enjeu n’est pas la signature d’un accord, mais la capacité des deux puissances à maîtriser l’escalade. Car derrière l’écran de fumée diplomatique se joue une question plus vaste, celle du monopole de puissance au Moyen-Orient — et de la manière dont les grandes nations choisissent d’imposer ou de négocier leur ordre stratégique. Une nouvelle guerre offensive fournirait aux puissances révisionnistes un argument supplémentaire pour relativiser les normes de non-agression. Chaque précédent affaiblit la règle. Et dans un monde déjà fragmenté, l’érosion des principes peut produire des conséquences plus durables qu’une victoire militaire.

    * Economiste, banquier et financier.

    L’article Etats-Unis – Iran | Les négociations sont-elles un écran de fumée ? est apparu en premier sur Kapitalis.

    France – Algérie | «Pas de réconciliation sans vérité»

    Il n’a pas mâché ses mots. Benjamin Stora a publiquement critiqué France Info après la diffusion d’un reportage qui, selon lui, a dénaturé le sens de son intervention sur la mémoire coloniale, réduisant son propos à quelques secondes au profit d’un certain influenceur, Amir Dz. (Photo : Crânes de résistants algériens tués au XIXe siècle par l’armée française et conservés au Musée de l’Homme à Paris).

    Invité pour parler d’histoire — la guerre d’indépendance, les essais nucléaires dans le Sahara, les crânes de résistants algériens conservés dans les musées français — l’historien s’est retrouvé noyé dans un sujet centré sur Amir Dz. Une «faute éthique grave», dénonce-t-il, estimant que l’on ne peut pas traiter un contentieux historique majeur comme un simple élément de décor médiatique.

    L’entretien avait pourtant été tourné au Musée de l’Homme, lieu hautement symbolique où reposent encore des restes de combattants algériens exécutés durant la conquête coloniale. Le contraste entre la solennité du lieu et la légèreté du montage final n’a pas échappé à Stora, qui y voit le symptôme d’un malaise plus profond dans le traitement médiatique des relations franco-algériennes.

    Sur France Info, il a appelé à «élever le niveau» et à sortir des polémiques faciles. Pour lui, la réconciliation entre la France et Algérie ne pourra se construire que sur des actes : reconnaissance des crimes coloniaux, restitution d’objets symboliques, poursuite du travail d’identification des crânes, mise en œuvre des recommandations remises en 2021 au président Emmanuel Macron.

    Cinq ans plus tard, le constat est amer : peu de mesures ont été concrètement appliquées, tandis que les relations bilatérales s’enlisent dans une crise que Stora juge parmi les plus graves depuis l’indépendance.

    Au-delà de l’incident médiatique, l’affaire révèle une question plus large : la France est-elle prête à regarder en face son histoire coloniale avec l’Algérie ? Pour l’historien, la réponse ne peut venir ni des plateaux en quête de buzz ni des raccourcis sensationnalistes, mais d’un travail politique courageux, constant et assumé.

    Djamal Guettala 

    Voir vidéo.

    L’article France – Algérie | «Pas de réconciliation sans vérité» est apparu en premier sur Kapitalis.

    ❌