La Tunisie présente un haut risque pour les entreprises
Dans le Country Risk Atlas 2026, publié par Allianz Trade, la Tunisie est classée D4, soit le niveau de risque maximal. Notre pays figure parmi les pays les plus risqués d’Afrique pour les entreprises. Ce rapport évalue la probabilité d’une augmentation du risque de défaut de paiement et de tensions financières liées au contexte macroéconomique, politique et réglementaire.
Latif Belhedi
Dans l’édition 2026, qui analyse 83 pays et environ 94 % du PIB mondial, la Tunisie obtient la note «D4», soit la combinaison de risques la plus élevée du système, qui croise une évaluation à moyen terme (de AA à D) et un indicateur à court terme (de 1 à 4).
Selon un résumé publié par le portail économique tunisien Ilboursa, la Tunisie est le pays «le plus risqué» du continent africain dans cette édition du rapport.
Parmi les facteurs cités dans le dossier de l’atlas figurent la vulnérabilité du financement public, la dépendance croissante à l’égard du crédit interne et de la Banque centrale, et une pression sur le système bancaire liée à l’exposition envers l’État et les entreprises publiques.
Une économie «fortement réglementée et protégée»
Le rapport mentionne, entre autres, l’échéance d’un eurobond de 750 millions d’euros en juillet 2026 et indique que les créances douteuses ont atteint 14,7 % au premier trimestre 2025.
En ce qui concerne le contexte opérationnel, l’atlas décrit une économie «fortement réglementée et protégée», avec des barrières commerciales et un rôle important des subventions publiques, ainsi qu’un vaste secteur informel.
Ces éléments, associés au risque de tensions sociales et à la sensibilité du pays aux chocs extérieurs, contribuent à rendre la gestion des risques plus coûteuse pour les opérateurs privés, tant locaux qu’étrangers.
Ce tableau est également cohérent avec les évaluations d’autres opérateurs internationaux du risque pays. Coface signale, parmi les points critiques, la pression sur les comptes publics et extérieurs en l’absence d’un programme avec le Fonds monétaire international et un besoin élevé de remboursements de la dette au cours de la période 2025-2026.
En attente des réformes du climat des affaires
À terme, la classification «D4» tend à se traduire, pour les entreprises qui exportent ou investissent, par une plus grande prudence en matière de paiements, de garanties et de couvertures d’assurance-crédit commercial. Dans le cas de la Tunisie, comme le souligne le Country Risk Atlas 2026, le défi reste de combiner la stabilisation financière et les réformes du climat des affaires avec la gestion des pressions sociales et de l’emploi.
Avec Ansamed.
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