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Tunisie | Peut-on encore critiquer Kaïs Saïed ?

En Tunisie, ceux qui raillent Kaïs Saïed ou le critiquent de manière particulièrement appuyée savent ce qui les attend : des poursuites judiciaires et un séjour plus ou moins long en prison. Beaucoup d’activistes politiques, d’acteurs de la société civile et de journalistes en ont fait l’expérience à leur corps défendant et le dernier en date est un député qui était jusqu’à récemment l’un des plus fervents partisans du président de la république.  

Latif Belhedi

Le député en question, Ahmed Saidani, a en effet été condamné par un tribunal de première instance, jeudi 19 février 2026, à 8 mois de prison ferme, pour avoir publié sur les réseaux sociaux des messages où il tournait en dérision le chef de l’Etat et critiquait, avec de lourds sous-entendus, son maigre bilan économique et social.

Les opposants à Kaïs Saïed peuvent continuer à dénoncer ce qu’ils qualifient de «répression accrue à l’encontre des détracteurs du régime», ils sont désormais avertis : ils doivent tourner sept fois leur langue dans leur bouche et peser très soigneusement leurs mots à chaque fois qu’il leur vient l’irrépressible envie de le critiquer. Mieux vaudrait, peut-être, la laisser passer, cette satanée envie, pour ne pas courir le risque de subir le même sort que le malheureux député, le dernier d’une liste qui en compte déjà un certain nombre.

Autrefois partisan des politiques de Saïed, y compris sa fermeté envers ses opposants politiques, Saidani est devenu ces derniers mois l’un de ses plus virulents critiques, en l’accusant, notamment, de chercher à monopoliser tous les pouvoirs dans le pays, tout en laissant les autres assumer la responsabilité des problèmes dont se plaignent les Tunisens.

Prenant la défense de son collègue, le député Bilel Mechri, a déclaré à l’agence Reuters : «Il s’agit d’une violation de la loi et d’une attaque contre les institutions. Comment le Parlement peut-il demander des comptes au pouvoir exécutif si celui-ci procède à des arrestations illégales pour des opinions critiques ?».

Les organisations de défense des droits humains ont beau affirmer que Saïed exerce un pouvoir personnel ou qu’il a transformé la Tunisie en une «prison à ciel ouvert» dans le but de réprimer ses opposants, le locataire du Palais de Carthage, au pouvoir depuis 2019, affirme qu’il n’interfère pas dans les affaires de la justice, laquelle, selon lui, ne fait qu’appliquer la loi.

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