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Spiro accélère sa conquête africaine avec 7 millions de dollars

Spiro, la startup africaine spécialisée dans la mobilité électrique, annonce un financement de 7 millions de dollars sous forme de prêt auprès de Nithio, un financeur fintech américain spécialisé dans les investissements climatiques. Ce financement permettra d’accélérer le déploiement de motos électriques et d’infrastructures de batteries, notamment les stations d’échange rapides.

Fondée en 2019, Spiro porte son financement total à près de 290 millions de dollars, après une levée de 100 millions en octobre 2025 menée par le FEDA (branche de l’Afreximbank). L’entreprise opère déjà dans plusieurs marchés africains où les motos constituent un pilier du transport urbain et logistique, et vise à étendre son modèle “battery-as-a-service” pour répondre à la demande croissante de solutions durables abordables.

 

 
 
 
 

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Quand WhatsApp devient l’outil n°1 pour sonder des populations

Dans un monde où les questionnaires classiques par e-mail ou formulaire peinent à toucher leurs publics, une startup sud-africaine mise sur la messagerie la plus utilisée du continent pour révolutionner les enquêtes. Selon We are Tech, Tim Treagus, jeune entrepreneur basé à Cape Town, a lancé en 2023 Yazi, une plateforme qui permet aux organisations de concevoir et diffuser des enquêtes directement sur WhatsApp, transformant une simple conversation en source de données précieuses.

Plutôt que d’envoyer des liens externes, Yazi intègre les questions au sein d’une interface WhatsApp familière pour le répondant. D’après la même source, les participants reçoivent les questions comme un message normal, y répondent à leur rythme, et l’outil collecte des données quantitatives et qualitatives dans une interface web d’analyse simplifiée.

Selon ses promoteurs, ce mode d’enquête, plus proche des habitudes digitales des utilisateurs, améliore l’engagement et la représentativité, notamment dans les marchés où la messagerie est omniprésente. En facilitant l’accès à des populations souvent exclues des méthodes traditionnelles, Yazi illustre comment les technologies de communication “du quotidien” peuvent rapprocher la collecte d’opinions de la réalité des communautés.

 

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Aymen Zghibi: l’ingénieur tunisien qui électrise la mobilité entre Allemagne, Tunisie et l’Afrique

Originaire du Kef, Aymen Zghibi est un ingénieur tunisien qui a fait de l’Allemagne son terrain d’innovation. Après son baccalauréat, il s’installe et se spécialise dans l’ingénierie informatique appliquée à l’automobile. Sa carrière le mène au sein de grands noms de l’industrie automobile tels que Bosch, Mercedes, Volkswagen ou Marquardt, où il accumule plus de 14 ans d’expérience dans des environnements exigeants et multiculturels.

“Depuis le début, je voulais lancer ma propre startup. J’ai commencé comme développeur, puis j’ai gravi les étapes pour devenir team leader… Cette expérience m’a permis de comprendre le processus complet de développement d’un produit, de l’analyse des besoins jusqu’à la création d’un produit fiable et fonctionnel sur le marché, sans oublier la gestion de l’organisation et des équipes techniques”, raconte-t-il.

Du savoir-faire à l’entrepreneuriat

Fort de ce parcours, Aymen Zghibi se lance dans l’entrepreneuriat et acquiert Akkurad GmbH, une entreprise spécialisée dans la fabrication et la distribution de véhicules légers, notamment les vélomobiles, et de systèmes de propulsion électrique. “ Au départ, nous avons commencé par offrir notre expertise à l’entreprise, puis nous avons développé nos propres produits”, explique-t-il. Akkurad propose également de convertir presque n’importe quel vélo en vélo électrique, en conseillant ses clients sur le choix du moteur, de la batterie et de l’équipement le mieux adapté à leurs trajets.

En 2019, il étend son projet à la Tunisie avec Akkurad Tunisie, dont le siège est à Tunis, en constituant une équipe d’ingénieurs tunisiens et allemands. “ Alliant le savoir-faire allemand à l’ingéniosité tunisienne, nous avons pu concevoir des véhicules électriques innovants, avec plusieurs batteries et moteurs interchangeables selon les besoins”, précise-t-il.

Une maîtrise complète du produit

L’entreprise contrôle l’ensemble du processus technique: design mécanique, software, hardware et intelligence artificielle. De façon plus simple, “Nous réalisons tout en interne, du prototypes, logiciels, systèmes électroniques… Les partenaires et industriels achètent ensuite le produit pour le fabriquer. “Par exemple, en Tunisie, certaines pièces sont importantes à importer, mais l’assemblage, le châssis et, dans notre cas, l’électronique intégrée sont entièrement réalisés par notre équipe. Cette plateforme nous offre une flexibilité totale pour concevoir exactement ce que nous souhaitons, comme notre scooter équipé de deux moteurs, à l’avant et à l’arrière”, explique-t-il.

Toujours en quête d’innovation, il lance en 2025, SURUS, un projet tourné vers l’Afrique, (comme cible: Tunisie, en Ouganda, au Sénégal et en Égypte). L’entreprise propose une gamme diversifiée de véhicules à deux, trois et quatre roues, intégrant logiciels et intelligence artificielle.

La vision de l’entrepreneur

Pour Aymen Zghibi, réussir en Allemagne ne se limite pas à maîtriser la langue. Il insiste sur l’importance du travail acharné, de la persévérance et de la démonstration concrète de ses compétences. Si vous prouvez votre expertise dès le départ, le reste suit naturellement”, souligne-t-il. Il insiste également sur l’importance de l’étude de marché, de l’incubation et du financement. “Une startup doit combiner compétences techniques et soft skills pour patienter, se lancer correctement et réussir”, ajoute-t-il.

Depuis 2023, il se consacre à 100 % à ses projets. “Nous réalisons les études, les tests, l’homologation, puis les partenaires peuvent produire et développer leur propre fabrication”, explique-t-il. À travers Akkurad et SURUS, Aymen Zghibi incarne le potentiel de la diaspora tunisienne à conjuguer innovation, expertise et rayonnement international, tout en créant des ponts technologiques entre l’Europe et l’Afrique.

 

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Réglementation de change : 12 % des startups perdent des clients et des opportunités

Une étude présentée par le professeur Kamel Ghazouani révèle un décalage entre le cadre réglementaire actuel et les besoins réels des startups. Les procédures administratives et les exigences documentaires constituent les principaux obstacles pour 74 % des entreprises interrogées.

Le professeur universitaire et expert Kamel Ghazouani a présenté ce mercredi 12 février 2026, lors de la clôture du programme régional « From Innovation to Creation »  au siège de l’IACE, les résultats d’une enquête intitulée « Perception des startuppeurs vis-à-vis de la réglementation de change et du Startup Act 2.0 ». L’étude, menée entre fin 2025 et début 2026, couvre un échantillon de 298 startups sur les 1 150 recensées en Tunisie.

Selon les données présentées, l’écosystème tunisien compte 1 150 startups ayant une valeur cumulée de 750 millions de dinars et générant environ 10 000 emplois. La répartition sectorielle montre que : 20 % de ces entreprises évoluent dans les activités de logiciels et services professionnels; 9,4 % dans la technologie de la santé; et 6 % dans les FinTech.

Par technologie, 37 % se concentrent sur le développement de plateformes et 8 % dans l’intelligence artificielle. Le secteur tech contribue à hauteur de 11 % au PIB tunisien, avec 52 % des startups orientées vers l’export. Si 46 % du chiffre d’affaires de ces entreprises est réalisé en Tunisie, 82 % est généré à l’étranger.

Un cadre réglementaire perçu comme peu pertinent

L’enquête révèle que 56 % des startuppeurs jugent que le code de change en vigueur n’a pas d’impact significatif sur leur activité ou déclarent ne pas être concernés par ses dispositions. Seuls 31 % considèrent les mesures actuelles comme un atout. Cette perception s’explique notamment par l’orientation des activités, les startups tournées vers le marché local exprimant moins d’intérêt pour les dispositions relatives à la convertibilité courante, aux transferts de revenus ou au rapatriement des dividendes.

Concernant la convertibilité courante, 43 % des startuppeurs déclarent ne pas être concernés par la possibilité d’effectuer certaines opérations courantes en devise; contre 33 % qui estiment cette mesure pertinente. Cette proportion varie selon les secteurs, avec 57 % des acteurs du commerce qui se disent non concernés. Pour la garantie des transferts de revenus, 56 % ne se sentent pas concernés. Tandis que 23 % y voient un atout. La notion de résidence des personnes physiques et morales laisse indifférents 60 % des répondants. Seuls 17 % la considérant comme un atout. Le rapatriement des dividendes n’intéresse pas 44 % des startups, bien que 38 % le perçoivent positivement.

Le dispositif de sanctions se démarque en revanche par une perception plus favorable. Avec 46 % des startuppeurs qui le jugent comme un atout à renforcer, contre 33 % qui estiment ne pas être concernés.

Les problèmes rencontrés dans l’application de la réglementation touchent principalement les procédures administratives et les exigences documentaires. L’étude identifie 74 % des startups confrontées à des démarches jugées longues et complexes ou à des documents requis inadaptés aux réalités de leurs modèles économiques. Plus précisément, 44 % des entreprises interrogées signalent des difficultés dans l’ouverture d’un compte en devise ou la réalisation d’opérations internationales. Et 207 startups sur 198 répondantes pointent du doigt la lourdeur des documents exigés.

Les délais d’attente pour les autorisations F1 et F2 constituent un problème pour 39 % des startups. Tandis que 32 % font état de difficultés dans le paiement des fournisseurs étrangers. Les procédures concernant la sortie de devises touchent 28 % des répondants. Alors que 19,3 % rencontrent des blocages dans leurs relations avec les banques. L’inadéquation de l’allocation de devises pour les voyages affecte 5 % des entreprises et 17 % évoquent des blocages bancaires jugés injustifiés.

L’analyse sectorielle distingue trois catégories. Les secteurs fortement exposés aux problèmes regroupent la technologie, les FinTech et le commerce international, activités fortement internationalisées. Les secteurs moyennement exposés incluent la santé et les services, qui nécessitent un recours occasionnel à l’international. Enfin, les activités orientées vers le marché local, telles que l’agriculture, l’artisanat et l’architecture se déclarent moins affectées.

Des impacts concrets sur l’activité

Les obstacles réglementaires se traduisent par des conséquences directes sur les opérations des startups. L’enquête révèle que 19,1 % des entreprises rencontrent des difficultés de trésorerie liées aux problèmes identifiés. La perte de clients et d’opportunités commerciales touche 12,2 % des répondants; tandis que 7,7 % ont dû annuler des opérations. Par ailleurs, 6 % des startups déclarent avoir renoncé à des activités à l’international en raison des contraintes administratives.

Ces impacts varient selon les secteurs d’activité. Le secteur de la technologie apparaît particulièrement affecté par les difficultés de trésorerie; alors que 13,3 % des startups actives dans la santé signalent des retards ou des annulations d’opérations. Aucun impact significatif n’est en revanche constaté dans le secteur de la santé pour 14,3 % des entreprises interrogées.

L’enquête identifie cinq formes d’attente pour un futur Startup Act 2.0. La simplification des démarches administratives arrive en tête des priorités, avec une demande forte pour la digitalisation et l’accélération des procédures. La facilitation des financements constitue le deuxième axe majeur, les startuppeurs réclamant un meilleur accès aux fonds et investisseurs.

Le besoin d’un accompagnement spécialisé figure également parmi les attentes structurantes, les entrepreneurs souhaitant un écosystème plus pédagogique avec davantage de formation spécialisée et de mentorat. Les attentes spécifiques à l’international portent sur l’assouplissement des autorisations, procédures, licences et obligations. Enfin, la réduction des délais constitue un enjeu central, la notion de rapidité revenant fréquemment dans les réponses recueillies.

Des pistes inspirées des expériences internationales

L’étude propose des orientations basées sur les modèles de Singapour, de la France, de l’Allemagne et de la Corée du Sud. Ces expériences reposent sur quatre piliers principaux : la résolution des problèmes liés au capital et au financement; l’adaptation des règles et de la juridiction; la simplification de la réglementation et des démarches administratives; et la définition d’une stratégie sectorielle claire.

Concernant le financement, l’étude suggère la création d’un fonds public co-investisseur en devises. Sur le plan réglementaire, la possibilité de créer des zones startups à contrôle de change allégé est évoquée. En matière d’innovation, trois priorités sectorielles sont avancées : les FinTech, les GreenTech et l’intelligence artificielle.

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Cette startup suisse installe des panneaux solaires sur des voies ferrées avec la SNCF

La SNCF passe à la vitesse supérieure dans sa transition énergétique! Le groupe français vient de s’associer à la pépite suisse Sun-Ways pour lancer une expérimentation inédite: installer des panneaux solaires amovibles directement entre les rails.

C’est une petite révolution technique qui permet de transformer les voies ferrées en centrales électriques sans dénaturer le paysage. L’idée est simple mais brillante: tester la résistance de ces dispositifs face au passage des trains pour voir si, demain, les milliers de kilomètres de rails pourraient alimenter le réseau français en énergie propre.

Une ambition solaire sur tout le réseau

Premier consommateur industriel d’électricité en France; la SNCF multiplie les initiatives pour diversifier ses sources d’énergie. Le solaire est en tête de liste. Le groupe prévoit d’installer 1.000 hectares de panneaux photovoltaïques d’ici à 2030. Cela pourrait couvrir 15 à 20% de ses besoins actuels. Les toits de gares, de bureaux et les parkings sont ciblés en priorité. Mais les terrains ferroviaires ne sont pas oubliés. Avec plus de 100.000 hectares, la SNCF est le deuxième propriétaire foncier derrière l’État.

Le potentiel des voies ferrées

La technologie de Sun-Ways se distingue par son caractère amovible. Les panneaux s’installent entre les rails d’une voie en exploitation. Le projet pilote fonctionne depuis avril 2025 à Buttes, en Suisse. La SNCF pourra analyser la production électrique; l’entretien des panneaux et l’impact sur la maintenance des voies. La collaboration durera jusqu’en avril 2028.

Cette initiative n’est pas totalement inédite. Début 2025, la SNCF avait testé des panneaux solaires longitudinaux et verticaux le long de voies non circulées. La solution de Sun-Ways se distingue par son installation sur une ligne ouverte au trafic. Selon la startup, si des panneaux étaient installés sur les 5.320 km du réseau ferroviaire suisse, la production pourrait atteindre un milliard de kWh par an, soit 2% de l’électricité consommée dans le pays.

Pour la SNCF, ce projet ouvre la voie à une exploitation innovante de ses infrastructures. Si le pilote réussit, les voies ferrées pourraient devenir un levier stratégique pour la transition énergétique du transport ferroviaire en France.

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Agriculture: 6 gouvernorats sont concernés par ce fonds d’investissement

Bonne nouvelle pour les moins de 40 ans ! L’APIA, en partenariat avec la FAO et l’OIT, lance le projet RAIA. L’objectif ? Booster l’investissement responsable; créer des emplois durables et transformer nos systèmes alimentaires. Que vous ayez une idée en tête; ou une entreprise à la recherche d’un second souffle; ce programme est fait pour vous.

Le dépôt des candidatures est ouvert du 2 février au 18 mars 2026. Le programme cible 480 projets (80 par région) répartis sur six gouvernorats: Bizerte, Zaghouan, Nabeul, Siliana, Sfax et Médenine.

Le soutien s’adresse à deux profils: d’un côté, les créateurs en phase d’idée avec 20 projets par région accompagnés de A à Z; et de l’autre; les développeurs de projets existants avec 60 entreprises, par région pouvant bénéficier d’une extension ou d’une modernisation.

Les filières ciblées par gouvernorat
Bizerte : Élevage ovin, plantes aromatiques et médicinales, aviculture fermière et culture de légumes.

Zaghouan : Oléiculture, plantes aromatiques, apiculture et vergers.

Nabeul : Arboriculture (agrumes, grenades, fruits exotiques), pêche, aquaculture et produits de la ruche.

Siliana : Huile d’olive, élevage bovin (fromagerie), produits forestiers et culture du figuier.

Sfax : Valorisation de l’huile d’olive, élevage caprin/ovin, aquaculture et produits de la mer.

Médenine : Oléiculture, pêche, élevage de dromadaires et valorisation de la figue.

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Sarah Ben Achour, une Tunisienne dans le top 100 des femmes leaders africaines

C’est une nouvelle qui fait vibrer l’écosystème entrepreneurial tunisien: Sarah Ben Achour, cofondatrice et COO de The Landlord, vient d’intégrer le prestigieux cercle des “Top 100 Women Leaders in Africa”.

C’est sur son compte LinkedIn, avec une émotion toute particulière, que Sarah a choisi de partager cette étape marquante. Entre joie et gratitude, elle y célèbre une reconnaissance qui dépasse les frontières. Ce titre lui a été officiellement décerné lors de l’Africa Women Leaders Summit & Awards 2026, qui a réuni l’élite féminine du continent les 28 et 29 janvier derniers à Casablanca.

Un parcours bâti sur l’exigence et l’innovation

Derrière cette réussite se cache un itinéraire marqué par la persévérance. Depuis 2022, Sarah Ben Achour pilote les opérations de The Landlord, une startup tunisienne qui redéfinit les codes de la location de courte durée. Mais son expertise ne s’est pas faite en un jour: de la création de Cottoncake Tunis à ses expériences pointues en conciergerie et marketing, elle a su transformer chaque défi en une leçon de gestion opérationnelle.

Le sommet de Casablanca

L’événement de Verve Management UAE n’est pas qu’une cérémonie de remise de prix. C’est un véritable laboratoire d’idées où se rencontrent celles qui façonnent l’Afrique de demain. Le classement des 100 femmes leaders repose sur des critères stricts: impact économique, innovation sociale et capacité à inspirer les générations futures.

Si la liste complète des lauréates reste encore confidentielle, la présence de Sarah Ben Achour confirme une tendance forte: les dirigeantes tunisiennes ne se limitent plus à leurs frontières nationales. Elles s’imposent désormais comme des actrices incontournables de la gouvernance économique africaine.

Pourquoi cette distinction est un signal fort pour la Tunisie?

Bien que d’autres Tunisiennes aient brillé par le passé dans des classements comme le Choiseul Africa, la nomination de Sarah Ben Achour en 2026 marque un tournant pour la “PropTech” et l’entrepreneuriat digital tunisien.

Cette reconnaissance prouve que le modèle de leadership tunisien — alliant agilité technologique et excellence opérationnelle — résonne partout sur le continent. Sarah Ben Achour n’est pas seulement une lauréate, elle devient une ambassadrice de cette Tunisie qui entreprend, innove et rayonne à l’échelle panafricaine.

 

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La Tunisie mise sur le crowdfunding pour accélérer sa transition énergétique

Souvent cité dans les débats économiques et environnementaux, le crowdfunding ou financement participatif  demeure encore peu compris dans ses applications concrètes. Considéré comme  un moyen alternatif crucial de financement pour de nombreuses entreprises, en particulier pour les startups et les PME. 

Un forum national organisé hier a précisément visé à lever ce flou, en mettant l’accent sur la nécessité de sensibiliser aussi bien le grand public que les acteurs économiques à ce mode de financement innovant.

Initiée par l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII), en partenariat avec l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) et le projet Greenov’i, mis en œuvre par Expertise France avec le soutien de l’Union européenne, la rencontre a réuni un large éventail de parties prenantes autour du thème: “Le financement participatif au service de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables”.

Inaugurant les travaux du forum, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, a souligné le rôle du financement participatif comme levier complémentaire au système financier traditionnel. “Il ouvre de nouvelles perspectives pour mobiliser l’épargne et l’orienter vers l’économie réelle”, a-t-il déclaré, estimant que ce mécanisme contribue à la diversification des sources de financement tout en favorisant une culture de participation. Dans un contexte marqué par les contraintes économiques et l’urgence climatique, il a également insisté sur la capacité du crowdfunding à soutenir le développement de projets énergétiques durables. Il a toutefois rappelé que l’efficacité du financement participatif repose sur plusieurs conditions clés: la qualité et la viabilité des projets proposés, l’existence d’une gouvernance solide ainsi que l’adoption de modèles économiques innovants. Autant de prérequis indispensables, selon lui, pour garantir une utilisation efficiente des fonds collectés et assurer aux citoyens une visibilité concrète de l’impact de leur engagement.

S’exprimant à son tour, le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaa Bekkari, a replacé cette initiative dans le cadre des objectifs nationaux visant à porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 35 % d’ici 2030, puis à 50 % à l’horizon 2035. “La réalisation de ces objectifs suppose une mobilisation collective impliquant l’ensemble des parties prenantes: pouvoirs publics, financeurs, société civile, citoyens et partenaires internationaux”, a-t-il affirmé.

Selon lui, le financement participatif constitue un outil innovant permettant d’ancrer la transition énergétique dans les territoires et de faire du citoyen un acteur à part entière du changement. À titre d’exemple, il a indiqué que le développement, dans chaque région, de projets d’une capacité d’1 MW pourrait représenter une contribution significative à l’objectif national de 4 800 MW fixé à l’horizon 2030.

L’ANME a déjà mis en œuvre cette approche à travers plusieurs projets réalisés en partenariat avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), notamment via l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures. À ce jour, ces initiatives ont permis de déployer une capacité globale dépassant les 400 MW, grâce à des contributions citoyennes représentant entre 5 et 10 % du financement total. Celles-ci prennent la forme de prélèvements sur les factures d’électricité ou de subventions accordées par l’agence, sans recours à l’endettement. “Une démarche qui permet aux citoyens de s’impliquer concrètement dans la transition énergétique et d’en mesurer directement les retombées”, a conclu Nafaa Bekkari.

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Chitelix: quand les déchets de crabe deviennent un trésor industriel

À Bizerte, une startup tunisienne transforme ce que d’autres considèrent comme des déchets en ressources précieuses pour l’industrie. Chitelix, fondée par Anis Ben Ghalia et son cofondateur, est née d’un constat simple: l’exportation du crabe bleu génère chaque jour des tonnes de déchets, un problème majeur pour les industriels.

Source: Chitelix

Plutôt que de les jeter, Chitelix a trouvé un moyen de donner une seconde vie à ces restes. Grâce à un réseau de scientifiques, la startup a mis au point une méthode pour extraire le chitosan, un biopolymère naturel capable de remplacer les plastiques pétrochimiques et d’entrer dans des secteurs très variés, comme l’ agriculture, la cosmétique, la pharmacie ou les bioplastiques.

Une usine pilote pour transformer l’innovation en production

Source: Chitelix

Installée sur 1 300 m² au pôle agroalimentaire de Bizerte, l’usine pilote de Chitelix produit du chitosan et du citrate de calcium à partir des déchets de crabe. Chaque tonne de matière première permet de récupérer environ 150 kg de chitosan, transformé ensuite en produits agricoles ou cosmétiques.

Deux axes dominent l’activité de la startup:

  • Chitelix Agri, une gamme pour l’agriculture, riche en calcium et autres nutriments, bientôt homologuée pour l’export.

  • Cosmétique, où le chitosan sert à développer des actifs pour la réduction des rides, la cicatrisation et le soin dermocapillaire.

En effet, Chitelix travaille avec des industriels, des centres de recherche comme l’Institut Pasteur ou l’INAT, ainsi qu’avec des agriculteurs et des partenaires internationaux (Malaisie, Thaïlande, Australie, Canada, Corée du Sud). Parmi les projets en cours, on peut citer comme exemple: bioplastiques et polymères superabsorbants, capables de remplacer des produits chimiques dans les couches pour bébé ou le traitement des eaux.

L’équipe compte 20 personnes, principalement des ingénieurs et des doctorants, avec une majorité de femmes, reflétant une vision inclusive de l’innovation.

Une ambition européenne

Soutenue par STB Invest, STB Manager et BH Equity, Chitelix prépare cette année une levée de fonds pour accroître sa production en Europe, diversifier sa gamme de produits et obtenir plus de nouvelles certifications internationales.

Impact local et sensibilisation

Chaque jour, la startup peut traiter jusqu’à 5 tonnes de déchets, transformés en quelques jours en chitosan ou autres ingrédients à haute valeur ajoutée.

La startup collecte directement les déchets auprès des industries locales. Des actions de sensibilisation auprès des agriculteurs ont été réalisées, principalement dans les régions de Bizerte, du Cap Bon et de Ben Arous, en parallèle des campagnes sur les réseaux sociaux qui permettent de toucher le reste du pays.

À suivre…

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Enakl lève 2,3 millions de dollars pour la mobilité au Maroc

La startup marocaine Enakl a annoncé la clôture d’un tour de financement Seed de 2,3 millions de dollars, finalisé fin décembre 2025. Ce financement intervient après une première levée de fonds de 1,4 million de dollars réalisée en 2024, portant à environ 3,7 millions de dollars les capitaux mobilisés par l’entreprise depuis sa création en 2022, selon EcoActu.

D’après la même source, ce nouveau tour de table devrait permettre à Enakl d’accélérer le déploiement de ses solutions de mobilité collective intelligente auprès des entreprises, des acteurs publics et des usagers finaux, tout en préparant le lancement de son offre SaaS. Le financement réunit plusieurs investisseurs marocains, dont Azur Innovation Fund, Witamax et MFounders, ainsi que le réinvestissement de deux partenaires historiques: Catalyst Fund et Digital Africa.

En effet, les fondateurs d’Enakl ont conçu leur solution pour répondre à des défis majeurs des villes modernes, notamment la congestion urbaine, l’accès au transport et la décarbonation des trajets domicile‑travail. La startup s’appuie sur “une technologie propriétaire permettant de concevoir, déployer et piloter des réseaux de transport collectif flexibles et optimisés en temps réel”, après environ 18 mois de recherche et développement. En 2025, l’entreprise a notamment remporté “un premier marché public pilote avec la Région de Casablanca‑Settat”.

 

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Protéines d’insectes : nextProtein renforce sa présence en Tunisie après une levée de fonds de 18 millions d’euros

La startup “nextProtein“, opérant dans la transformation des déchets organiques en protéines d’insectes durables, envisage de porter, au début de 2026, sa capacité de production à 12 000 tonnes par an d’ingrédients à base d’insectes et d’ouvrir le deuxième site de production  en Tunisie,  a déclaré le directeur exécutif et cofondateur de la société Mohamed Gastli.

Intervenant lors d’une rencontre tenue, mardi, avec le Directeur général de l’agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA), Gastli a souligné que cette dynamique intervient suite à la finalisation d’une importante levée de fonds de l’ordre de 18 millions d’euros.

La Startup prévoit également d’accélérer sa mission qui consiste à proposer des alternatives durables, fiables et compétitives aux sources traditionnelles d’alimentation animale, indique un communiqué de la FIPA publié, mercredi.

De son côté, le directeur général de la FIPA, Jalel Tebib a réaffirmé l’engagement de l’agence à accompagner les investisseurs étrangers et ceux de la diaspora tunisienne à l’étranger dans chaque étape de leurs projets et a souligné que l’année 2026 s’annonce particulièrement attractive pour l’investissement et le développement économique.

Cette rencontre a permis d’échanger sur les opportunités d’investissement en Tunisie, l’attractivité du climat des affaires, ainsi que les incitations mises en place par l’État tunisien pour soutenir les projets innovants et à forte valeur ajoutée, en particulier dans les secteurs durables et porteurs.

Fondée en 2015, nextProtein s’est donnée pour mission de bâtir un modèle circulaire, transformant les déchets organiques en protéines d’insectes durables, a-t-on rappelé.

Elle figure parmi les principales scale-ups européennes de la protéine d’insectes, renforçant ses partenariats en aquaculture et agriculture, tout en démontrant que la protéine d’insectes peut être compétitive à l’échelle industrielle, a-t-on ajouté.

Le site tunisien compte plus de 30 ingénieurs et les perspectives de développement de ses capacités sont assurées pour les prochaines périodes à venir, d’après la même source.

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TRIBUNE : L’intelligence artificielle, l’allié stratégique de l’entrepreneur

Longtemps considérée comme une technologie totalement réservée aux grandes organisations, l’intelligence artificielle (IA) se présente aujourd’hui comme un véritable levier d’innovation pour les entrepreneurs. Cet outil, quoique soulevant de nouveaux défis à la fois éthiques et humains, semble transformer en profondeur l’aventure entrepreneuriale.

L’IA a échappé de la sphère des géants de la technologie et s’est imposée depuis quelques années comme un outil stratégique au service des entrepreneurs. En peu de temps, elle a fortement modifié la manière de concevoir, de gérer et de développer une entreprise. De la génération d’idées à la mise en marché du produit et/ou service, l’IA s’immisce dans toutes les étapes du processus entrepreneurial, permettant un gain de temps, une minimisation du risque et beaucoup plus de perspicacité.

De visu, l’impact de l’IA se situe au niveau de la phase de création. Les entrepreneurs font désormais recours à des outils tels que ChatGPT, Gemini ou encore Notion AI pour tester la viabilité de leurs idées, comprendre les aspects de leurs projets, simuler et concevoir des business plans, etc.

L’IA intervient de la génération d’idées à la mise sur le marché, modifiant les pratiques entrepreneuriales.

 

Dans sa quête d’innovation, l’entrepreneur trouve dans l’IA le véritable sparring partner intellectuel ; elle aide à structurer une réflexion, à explorer des scénarios de marché ou à repérer les besoins non ou mal satisfaits.

Au-delà de la créativité, l’IA constitue un puissant accélérateur de prise de décisions. Elle permet d’assurer l’efficacité des analyses stratégiques en offrant une lecture instantanée des tendances et des comportements à la fois des consommateurs et des concurrents. Ce que le flair des entrepreneurs devinait autrefois, les algorithmes le détectent et le traitent en quelques secondes.

Les outils d’IA permettent d’analyser des idées, de simuler des scénarios et d’évaluer la viabilité des projets.

 

En Tunisie, l’intelligence artificielle commence à prendre de la place dans les pratiques entrepreneuriales. Elle est devenue pour bon nombres de startups locales, œuvrant dans les domaines de la santé, de la fintech ou de l’éducation, le meilleur outil de différenciation sur un marché palpablement compétitif.

Les incubateurs et espaces d’innovation invitent les entrepreneurs à intégrer des solutions d’automatisation et de data intelligence dès la conception de leur entreprise. Toutefois, le niveau d’adoption de l’IA dans les activités entrepreneuriales reste relativement faible, et ce, à cause des coûts parfois élevés des outils, du manque de formation technique et, surtout, des réticences culturelles face à la technologie.

Grâce à l’analyse rapide des données, l’IA améliore l’efficacité des décisions entrepreneuriales.

 

Les apports considérables de l’IA ne doivent pas occulter ses limites. L’entrepreneur, considéré comme l’acteur de changement favorable pour l’économie et la société, risque de se trouver dans l’obligation de déléguer à la machine des décisions qui relèvent de la vision et de l’intuition.

En effet, l’ère de l’entrepreneur augmenté renvoie à un repositionnement de l’humain dans l’entreprise. L’IA offre à l’entrepreneur les moyens et les outils nécessaires afin de mieux comprendre son environnement pour pouvoir innover plus intelligemment, agir plus vite, et, dans une autre approche, devenir proactif.

Un nouvel équilibre doit s’installer ; une alliance subtile homme/machine mérite d’être stratégiquement annoncée. L’avenir de l’entrepreneuriat sera aussi bien humain qu’artificiel.

Sarhan ABDENNADHER
Maître-assistant HDR en Sciences de Gestion,
FDS, Université de Sfax, Tunisie.

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LA TUNISIE QUI GAGNE | Amine Hafsi Jeddi : Leadership et changement organisationnel, retours d’expérience

Formé entre Carthage, Montréal et Harvard, Amine Hafsi Jeddi a construit un parcours académique riche et international. Son orientation professionnelle s’est progressivement affirmée autour des enjeux de transformation organisationnelle et technologique. Pour lui, la dimension humaine dans la conduite du changement est plus qu’importante.

Entretien avec une jeune compétence pleine de promesses :

Comment sécuriser le processus des formalités administratives par le digital ? Est-ce suffisant ?

Le problème n’est pas uniquement technique. Un simple citoyen ne peut pas investir dans des antivirus sophistiqués. Ce qui compte, c’est le comportement. Si on sensibilise les citoyens, il y a un minimum à faire. Par exemple, la double authentification : pour une transaction, il faut un code reçu sur le téléphone et un autre par e-mail. Si ce n’est pas toi qui fais l’opération, tu reçois une alerte. Cela réduit les attaques. Mais ce n’est pas au citoyen de s’auto-sensibiliser. C’est à nous de transmettre cet apprentissage, à travers des canaux de communication efficaces et une stratégie claire.

Vous avez structuré la pratique de gestion du changement chez Idexia. Quelle leçon majeure retenez-vous de cette expérience ?

Quand j’ai commencé, il n’y avait pas de pratiques de gestion du changement. Idexia vendait des produits Microsoft, mais sans accompagnement. J’ai identifié un besoin clair : il ne suffit pas d’installer la technologie, il faut accompagner les utilisateurs, transformer leurs comportements et leurs façons de travailler.

« La technologie seule ne suffit pas. Sans adoption et sans comportement adapté, le changement reste incomplet. »

Quel projet illustre le mieux la complexité d’un changement réussi ?

Je citerai un projet mené avec une municipalité canadienne. Il s’agissait de moderniser une plateforme gouvernementale pour les citoyens, mais elle concernait aussi plusieurs niveaux d’administration. La complexité venait de la multiplicité des parties prenantes. Nous avons travaillé en mode agile, expérimenté des solutions sur mesure, corrigé nos erreurs.

Résultat : une plateforme sécurisée où les citoyens obtiennent des documents en quelques secondes. La confiance et la transparence sont essentielles : les citoyens veulent des retombées positives, pas des complications.

Quelles différences majeures observez vous entre le Canada, la Tunisie et le Moyen-Orient dans leur approche de la transformation digitale ?

Dans les pays développés, les projets s’inscrivent dans des visions stratégiques claires, comme “Vision 2025” ou “Plan 2030”. En Tunisie, je constate un manque de stratégie globale, même si des initiatives existent. J’ai été impressionné récemment par la prise de rendez-vous en ligne pour la visite technique des véhicules : un projet simple, mais efficace.

Ce type de “quick wins” est essentiel. Ils instaurent la confiance et préparent les citoyens à des changements plus ambitieux. Mais il faut une vision stratégique, un plan d’action et une orientation claire pour les dix prochaines années.

« Installer un outil sans accompagner les utilisateurs réduit fortement les bénéfices attendus. »

Est-ce que la difficulté, dans l’industrie, vient de la pression que les employés croient subir ? Est-ce lié à la dimension comportementale que vous mettez en avant ?

Oui, la difficulté est de faire en sorte que les employés adhèrent à l’idée, s’intègrent dans une dynamique de croissance et comprennent que cela peut être bénéfique pour eux.

Il existe un paradoxe : des organisations très modernes mais un niveau social décalé, et c’est là que naît le chaos. Beaucoup de personnes ne sont pas habituées à certaines valeurs de travail.

Avec Silver Polymer, nous avons instauré une nouvelle culture organisationnelle, et cela a eu un impact positif. Les gens adhèrent lorsqu’on les accompagne, qu’on communique et qu’on leur montre le sens de ce qu’ils font.

Silver Polymer est une entreprise tunisienne. En quoi cette expérience est-elle particulière pour vous ?

C’est une fierté tunisienne pour moi et ma famille. Cela n’a rien à voir avec mon domaine d’expertise initial, mais c’est un atout : cela m’a permis de voir comment la théorie et les idées s’appliquent dans une réalité industrielle tunisienne.

Chaque organisation et chaque pays ont leurs croyances et leurs valeurs. Ici, il s’agit de changer le paradigme, et la transformation numérique est justement un changement de paradigme.

Sur le plan pratique, comment conduisez vous le changement ?

La conduite du changement ne se limite pas à la digitalisation. Elle existe dans plusieurs secteurs et industries. Je suis outillé avec mes Framework et mes certifications, notamment Harvard.

J’applique la méthodologie ADKAR : sensibilisation, désir, connaissances, aptitude et renforcement. On ne termine pas un projet en livrant simplement une technologie : on construit une maturité organisationnelle et on laisse les employés autonomes et confiants.

« Les projets simples et efficaces instaurent la confiance et préparent des réformes plus ambitieuses. »

Vous insistez sur la psychologie positive s’agissant des audits et de l’évaluation de la qualité et de la justesse du management dans une entreprise. Pourquoi ?

Je n’aime pas le mot “audit”, trop négatif. Je préfère parler de diagnostic organisationnel avec une approche positive. L’être humain vit avec l’espoir.

En Tunisie, nous avons des compétences et des jeunes, mais il leur manque parfois cet espoir. Ce sont eux qui seront les ambassadeurs et les leaders du changement demain.

Quels avantages la transformation numérique peut-elle apporter à l’économie tunisienne ?

Elle peut séduire les investisseurs et faciliter la vie des employés comme des citoyens. Il ne s’agit pas de devenir un pays “digital 3.0” du jour au lendemain, mais de commencer par des initiatives prioritaires et des projets simples. Ces quick wins donnent confiance et préparent le terrain pour des changements plus ambitieux.

Est-ce que la numérisation en Tunisie repose sur une conviction profonde de changement, ou plutôt sur un argument de compétitivité internationale ?

Honnêtement, je pense que nous sommes encore très loin au niveau technologique. J’aime le mot “conviction” que vous avez utilisée : le changement doit être porté par des convictions. Sans elles, les politiques numériques risquent de rester des outils pour attirer des investisseurs, sans réelle transformation des pratiques et des habitudes.

« La résistance au changement provient davantage des structures que des employés eux-mêmes. »

Faut-il s’inspirer des autres pays pour avancer dans la transformation numérique ?

Non. Il ne faut pas simplement essayer de faire comme un autre pays. Il faut commencer par identifier nos besoins et comprendre pourquoi nous avons besoin de la technologie.

La conviction, c’est aller chercher la raison d’être. En Tunisie, il faut donner du sens et de la cohérence à la technologie.

Vous avez pris la parole à Las Vegas, Montréal, New York et Tunis. Quelles différences avez-vous observées dans les perceptions du leadership dans un contexte d’incertitudes à l’international ?

À Las Vegas, j’ai parlé de la posture du leader dans le changement. On ne peut pas mener un mouvement sans leadership positif. Les leaders donnent l’influence, l’image et l’exemple.

J’ai été impressionné par le niveau de leadership des étudiants en Tunisie : curieux, attentifs, capables de poser des questions pertinentes. Ils sont les ambassadeurs naturels du changement.

Vous avez reçu un Leadership Award à Las Vegas. Que représente cette reconnaissance pour vous ?

C’était une très belle reconnaissance de Marketing 2.0, un organisme mondial. J’avais mené de nombreux projets de changement, souvent confrontés à la résistance humaine.

Ce prix était ma première reconnaissance professionnelle, et un honneur car je représentais la Tunisie. Cela montre que les jeunes tunisiens peuvent réussir et être reconnus à l’international.

« En période d’incertitude, le leadership positif donne le cap et l’exemple. »

Comment adaptez vous les modèles internationaux de gestion du changement, comme ADKAR ou Prosci, aux réalités locales ?

Chaque organisation a sa propre culture et ses besoins. La gestion du changement consiste à réduire le décalage entre l’état actuel et l’état souhaité. J’identifie le problème, je fais un diagnostic organisationnel et j’évalue la capacité d’absorption du changement.

En Tunisie, il y a beaucoup de résistance, mais ce n’est pas la faute des employés : c’est un problème organisationnel.

Comment surmonter cette résistance au changement ?

Le changement fait peur car il implique de quitter une situation contrôlée pour une autre incertaine. L’approche doit être sécurisante, pas menaçante. Il faut montrer aux employés qu’ils garderont le contrôle et qu’ils gagneront en performance.

Le changement organisationnel est collectif, mais il ne peut réussir sans changement individuel. C’est l’art de transformer l’être humain le poussant à aller de sa zone de confort à sa zone de performance. Les résultats sont tangibles et intangibles : comportements, attitudes et ouverture au changement.

Entretien conduit par Amel Belhadj Ali

EN BREF

  • Parcours académique international centré sur la transformation organisationnelle
  • Sécurisation numérique axée sur les comportements et la sensibilisation
  • Importance de l’accompagnement dans les projets digitaux
  • Rôle clé des « quick wins » pour instaurer la confiance
  • Leadership positif et reconnaissance internationale.

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