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Bénéfice en hausse et dividende relevé : ATL soumet ses résultats 2025 à l’AGO

Arab Tunisian Lease (ATL) soumettra, lors de son assemblée générale ordinaire du 21 avril 2026, une proposition de dividende de 0,400 dinar par action au titre de l’exercice 2025, contre 0,350 dinar un an plus tôt. Cette distribution reste subordonnée à l’autorisation préalable de la BCT.

Cette recommandation du conseil d’administration, arrêtée lors de sa réunion du 16 février 2026, s’appuie sur des résultats en progression. Les comptes individuels de l’exercice 2025 font état d’un bénéfice net de 25,5 millions de dinars, en hausse par rapport aux 21,6 millions de dinars dégagés en 2024. Le périmètre consolidé confirme cette tendance : le résultat net s’établit à 26,5 millions de dinars pour 2025, contre 22,1 millions de dinars lors de l’exercice précédent.

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Tunisie : Les avoirs nets en devises se consolident à 106 jours

Les avoirs nets en devises de la Tunisie ont franchi le cap des 25 milliards de dinars à la mi-février 2026, marquant une progression de 7,5 % sur un an. Cette hausse de la couverture extérieure s’accompagne d’une augmentation notable de la masse monétaire en circulation, selon les dernières données de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

Au 17 février 2026, les réserves de change se sont établies à 25,06 milliards de dinars, garantissant 106 jours d’importation. Douze mois plus tôt, ces actifs se limitaient à 23,3 milliards de dinars (102 jours). Cette consolidation est portée par la dynamique positive des flux de devises :

  • Revenus du travail : 1 045 millions de dinars au 10 février (+6,7 % par rapport aux 979,4 MDT de 2025).

  • Recettes touristiques : 696,5 millions de dinars à la même date (+4,4 % par rapport aux 667 MDT de 2025).

Évolution monétaire et circulation fiduciaire

Le rapport de l’Institut d’Émission souligne une hausse de la monnaie fiduciaire. Le volume des billets et monnaies en circulation a atteint 27,4 milliards de dinars au 16 février 2026, contre 22,8 milliards de dinars à la même période de l’année précédente.

En revanche, les besoins des banques auprès de la BCT ont diminué. Le volume global du refinancement a reculé pour s’établir à 11,2 milliards de dinars au 17 février 2026, soit une baisse par rapport aux 12,5 milliards de dinars de l’année écoulée.

Parallèlement, le marché interbancaire a gagné en intensité. Les transactions entre établissements financiers ont progressé de 8,8 %, passant de 3,4 milliards de dinars en février 2025 à 3,7 milliards de dinars actuellement.

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Kaouther Ben Hania à Berlin : rendre justice aux victimes par un refus spectaculaire

Par un geste de rupture spectaculaire, la réalisatrice tunisienne a refusé de récupérer son trophée lors de la soirée « Cinema for Peace » à Berlin. En laissant son prix sur scène, elle dénonce une mise en équivalence entre le calvaire de Gaza et le récit militaire israélien.

Lundi soir, le tapis rouge de Berlin a viré au gris politique. Sous les dorures du gala « Cinema for Peace », la cérémonie a basculé au moment où Kaouther Ben Hania, sacrée pour son documentaire La Voix de Hind Rajab, s’est présentée au pupitre. Face à une assistance où l’on croisait Hillary Clinton et Kevin Spacey, la cinéaste a brisé le protocole : après un discours au vitriol, elle a délibérément abandonné son trophée de « Film le plus précieux » sur l’estrade.

Ce n’était pas un oubli, mais un acte de désobéissance civile. La cinéaste a refusé d’être l’instrument d’un « équilibre » qu’elle juge indécent. Le même soir, l’organisation honorait en effet Noam Tibon, ex-général israélien, pour son rôle lors des événements du 7 octobre. Pour Ben Hania, cette cohabitation forcée des hommages visait à lisser les antagonismes, transformant la tragédie humaine en un produit marketing de « paix » superficielle.

Un réquisitoire contre « l’art du blanchiment »

Visiblement peu encline à la gratitude diplomatique, la réalisatrice a rappelé l’urgence éthique de son œuvre.

« Ce prix est plus grand que moi… Ce soir, je ressens davantage de responsabilité que de reconnaissance », a-t-elle lancé, avant de qualifier sans détour le sort des civils à Gaza de « génocide ».

Elle a fustigé une assemblée prompte à requalifier les massacres en « circonstances complexes » ou en « légitime défense ». Pour elle, le cinéma ne saurait être un « parfum » destiné à rendre le pouvoir plus fréquentable ou une « opération de blanchiment » pour consciences tranquilles.

L’écho d’une agonie

La Voix de Hind Rajab n’est pas une fiction ordinaire. Le film, qui a déjà marqué les esprits à Venise, retrace les ultimes instants de Hind, six ans, piégée par les tirs israéliens le 29 janvier 2024. En utilisant les enregistrements sonores réels de ses appels au Croissant-Rouge, Ben Hania confronte le spectateur à la réalité brute d’une enfant agonisante.

En tournant le dos à sa récompense, Kaouther Ben Hania a rappelé une vérité inconfortable : dans un monde où la diplomatie s’accommode du silence, le silence du trophée laissé sur scène est parfois le cri le plus puissant.

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IA : le sommet de New Delhi, entre vertige technologique et impuissance régulatrice

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la rédaction de L’Économiste Maghrébin ne dispose d’aucune information officielle confirmant ou non la participation de la Tunisie à ce sommet international.

Dans une Inde qui s’affirme comme le nouveau centre de gravité numérique, le Premier ministre Narendra Modi a assuré l’ouverture, lundi 16 février 2026, d’une rencontre au sommet. L’objectif affiché : dompter l’intelligence artificielle (IA) par une gouvernance mondiale.

Pourtant, derrière le faste diplomatique de New Delhi, l’ombre d’un échec plane déjà sur les ambitions de régulation.

Ce quatrième rendez-vous planétaire, succédant aux étapes de Bletchley Park, Séoul et Paris, rassemble une vingtaine de chefs d’État, dont le Français Emmanuel Macron, attendu dès le 17 février pour une visite d’État.

Mais le véritable pouvoir semble se concentrer entre les mains des capitaines d’industrie présents : de Sam Altman (OpenAI) à Sundar Pichai (Google), sans oublier Jensen Huang, l’homme fort de Nvidia.

L’enjeu pour le pays hôte est de taille. Fort de son milliard d’internautes, l’Inde a délogé la Corée du Sud et le Japon du podium de la compétitivité IA (classement Stanford). Ashwini Vaishnaw, ministre des Technologies, ne s’en cache pas : il s’agit de bâtir une vision « inclusive » où le progrès ne serait plus l’apanage d’une minorité.

Malgré les thématiques consensuelles :  « Les personnes, le progrès et la planète », la perspective de mesures contraignantes s’éloigne. Amba Kak, codirectrice de l’institut AI Now, dénonce un simulacre :

« L’industrie de l’IA pilote non seulement la technologie, mais aussi la manière dont nous la régulons… ou pas. »

Cette « quasi autorégulation » est activement défendue par le bloc anglo-saxon. À l’opposé de la charte éthique signée à Paris l’an dernier, le vice-président américain J.D. Vance a fermement mis en garde contre une régulation « excessive » qui étoufferait une croissance portée par une euphorie boursière sans précédent.

Le décalage est flagrant entre les promesses d’investissements massifs — des dizaines de milliards de dollars injectés en Inde en 2025 — et les périls immédiats. La protection de l’enfance cristallise les tensions, notamment après le scandale Grok (X) et ses dérives pornographiques générées par IA. Pour Kelly Forbes, de l’AI Asia Pacific Institute, la passivité n’est plus une option face à l’explosion des risques numériques.

Une géopolitique à géographie variable

Si l’Inde rêve de concurrencer Washington et Pékin, elle doit composer avec des absences de poids : ni Donald Trump, ni Xi Jinping ne feront le déplacement. Ce vide diplomatique au plus haut niveau souligne la difficulté de forger une « feuille de route » commune. Et ce, alors que l’IA devient l’arme principale d’une nouvelle guerre froide économique.

Entre l’abondante main-d’œuvre bon marché indienne et les infrastructures titanesques nécessaires à la révolution tech, New Delhi joue sa place dans la « décennie de l’IA », mais le chemin vers une souveraineté réelle reste semé d’embûches.

Avec AFP

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Amen Bank : fin du contrat de liquidité et lancement d’un nouveau dispositif

Le contrat de liquidité portant sur l’action Amen Bank est arrivé à échéance le 19 janvier 2026, ont annoncé ses initiateurs et l’intermédiaire en bourse Amen Invest.

Mis en place le 20 janvier 2025, ce dispositif visait à soutenir la liquidité du titre Amen Bank en Bourse. À son lancement, il comprenait 40 000 actions et une enveloppe de 1 million de dinars. À la clôture du contrat, le portefeuille affichait 70 458 actions et un solde de liquidité de 21 887,360 dinars.

Les principaux actionnaires de la banque ont indiqué qu’un nouveau contrat de liquidité entre en vigueur à partir du 18 février 2026. Ce mécanisme sera doté de 40 000 actions anciennes et d’un montant de 1 million de dinars, avec pour objectif d’assurer la fluidité des échanges et la régularité de la cotation du titre sur le marché.

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Anne-Claire Legendre prend la tête de l’Institut du monde arabe

La diplomate Anne-Claire Legendre, conseillère d’Emmanuel Macron, a été élue mardi à la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA). Elle succède à Jack Lang, qui a quitté ses fonctions en raison de ses liens avec Jeffrey Epstein.

Le conseil d’administration de l’IMA a approuvé ce choix à l’unanimité. Il réunit sept ambassadeurs de pays arabes et sept personnalités désignées par le ministère des Affaires étrangères. À 46 ans, Anne-Claire Legendre devient ainsi la première femme à diriger cette institution fondée à Paris en 1987.

L’IMA joue à la fois un rôle culturel et diplomatique. Jack Lang en assurait la direction depuis treize ans. Originaire de Bretagne, elle est diplomate de carrière et parle arabe. Elle a appris la langue à l’Inalco. Elle est diplômée de Sciences Po Paris et de la Sorbonne.

Anne-Claire Legendre a conseillé Laurent Fabius au Quai d’Orsay. Elle a ensuite occupé le poste de consule générale à New York entre 2016 et 2020. Elle est devenue ambassadrice au Koweït, puis porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Depuis décembre 2023, elle conseillait l’Élysée pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

À l’Élysée, elle a joué un rôle clé dans la reconnaissance d’un État palestinien par la France en septembre 2025. Elle s’est rendue à Alger en mars 2025 pour apaiser les relations franco-algériennes. Elle a aussi contribué à l’accord de cessez-le-feu au Liban en novembre 2024. Sa nomination intervient après la démission de Jack Lang, annoncée le 7 février. La justice a ouvert une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » après la révélation de ses échanges avec Jeffrey Epstein. Anne-Claire Legendre veut désormais « ramener de la sérénité » à l’IMA et « redonner la confiance au public ».

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Huile d’olive : la Tunisie domine le concours international Cléopâtre

La Tunisie a décroché la première place au Concours international Al-Ahram de l’huile d’olive vierge extra « Cléopâtre », lors de sa deuxième édition tenue au Caire du 12 au 15 février courant.

L’ambassade de la République tunisienne au Caire a annoncé sur sa page officielle Facebook que les échantillons tunisiens en compétition ont obtenu 46 médailles d’or et cinq médailles d’argent.

Cette édition a réuni des délégations de plusieurs pays arabes et étrangers; ainsi que des juges et experts internationaux venus de Tunisie, d’Italie, d’Espagne, d’Algérie et de Turquie.

Cette deuxième édition s’inscrit dans la continuité du succès rencontré lors de la première, consacrée à l’inauguration de cet événement. Le concours se veut un hommage au riche patrimoine de l’Égypte antique, où l’olivier incarnait un symbole de prospérité et constituait un pilier fondamental de l’histoire agricole du pays depuis des millénaires.

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De la lettre recommandée au crédit bancaire : La Poste Tunisienne fait sa mue

Transformer les guichets de La Poste Tunisienne  en points d’accès bancaires à part entière. L’idée, longtemps restée au stade de la réflexion, prend corps sur le plan législatif. Le 16 février 2026, la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a consacré sa séance hebdomadaire à l’examen d’un texte en ce sens. Et ce, en recevant pour la première fois les auteurs de la proposition dans le cadre d’une audition formelle.

Derrière l’initiative législative se lit un diagnostic sévère sur les limites du système bancaire tunisien. Pans entiers du territoire sous-couverts, catégories professionnelles entières — agriculteurs, artisans — sans accès réel au crédit, flux monétaires qui échappent massivement au circuit officiel. Ce sont autant de symptômes qu’un projet antérieur, centré sur la répression de l’exclusion financière, n’avait pas su traiter à la racine.  La Poste Tunisienne se présente précisément comme ce que le dispositif précédent n’avait pas su proposer. A savoir : un opérateur public ancré dans les territoires, en mesure d’offrir épargne, financement et accompagnement là où les enseignes bancaires privées font défaut.

Le réseau postal comme levier 

Devant les élus réunis sous la présidence de Maher Kettari, aux côtés du vice-président Zafer Sghiri, de la rapporteure Zina Jaballah et des membres, ainsi que de plusieurs parlementaires siégeant hors Commission, les initiateurs  du texte ont fait valoir un argument de fond. Celui que La Poste Tunisienne dispose déjà de ce que les banques ont mis des décennies à construire sans jamais y parvenir dans les régions intérieures. Soit un maillage serré et une crédibilité populaire profondément enracinée. Adossé à ce socle, un établissement orienté vers la microfinance pourrait, estiment-ils, constituer un outil de rééquilibrage territorial et de réduction de l’économie souterraine. À l’horizon, l’ambition va plus loin encore : celle d’un modèle entièrement dématérialisé, inscrit dans la dynamique de la transition numérique.

Un accueil parlementaire nuancé 

Si les membres de la Commission n’ont pas contesté la pertinence du diagnostic; ils ont néanmoins soumis le projet à un questionnement serré sur sa faisabilité.

Trois lignes de préoccupation ont structuré les échanges. La première touche aux fondations financières de l’établissement : comment doter la future banque postale d’un capital suffisant sans faire appel au budget de l’État ? Les élus ont réclamé que le texte précise les modalités de constitution des fonds propres et les mécanismes de valorisation des avoirs déposés sur les comptes postaux existants.

Ensuite, la deuxième interrogation porte sur l’état réel du réseau. Plusieurs voix se sont élevées pour mettre en doute la capacité opérationnelle actuelle des bureaux de poste à traiter des opérations bancaires dans les normes requises. Tout en appelant à un audit préalable avant tout déploiement.

Enfin, la troisième ligne de tension est d’ordre conceptuel : distinguer, dans les publics visés, ceux qui sont simplement non bancarisés de ceux dont la situation financière ne leur permettrait pas de rembourser un prêt. Car confondre exclusion bancaire et insolvabilité structurelle exposerait l’institution à un risque de portefeuille dégradé dès son lancement.

Par ailleurs, les conditions tarifaires des crédits envisagés, taux, maturités, garanties ont également fait l’objet d’interrogations précises.

Deux lacunes transversales ont en outre retenu l’attention : l’absence dans le texte de tout cadrage relatif à la numérisation des services; et le risque de chevauchement fonctionnel avec la Banque nationale de solidarité, dont certaines attributions recoupent le périmètre envisagé.

Architecture législative en discussion

La question de la forme que doit prendre ce chantier législatif n’est pas tranchée. Faut-il créer un établissement nouveau ou procéder par extension progressive des services existants ? Convient-il de fusionner cette proposition avec le texte sur l’exclusion financière, ou mener les deux en parallèle ? Les porteurs de l’initiative ont dit préférer la fusion, tout en affirmant leur volonté de maintenir le cap si cette voie s’avérait impraticable.

Sur la concurrence, leur position est sans ambiguïté : la banque postale viendrait étoffer le marché sans fausser les règles du jeu. Et ce, avec une latitude commerciale encadrée par la réglementation applicable à l’ensemble du secteur.

Au final, la Commission ne statuera pas avant d’avoir entendu la Banque centrale de Tunisie et les départements ministériels concernés. Un groupe de travail sera mis en place pour affiner la rédaction juridique du texte. Des déplacements sur le terrain, en particulier auprès de la Banque centrale, sont programmés dans le cadre du suivi que la Commission entend exercer sur l’ensemble de l’écosystème financier national.

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Énergie verte et financement : la Tunisie ouvre un nouveau front pour ses PME

870 mille entreprises. C’est le nombre de petites et moyennes structures tunisiennes que le coût prohibitif du crédit à long terme et la lourdeur des exigences en matière de garanties maintiennent à l’écart des investissements énergétiques. Pour lever cet obstacle, l’État tunisien mise désormais sur un dispositif inédit : le projet CHEMS.

Conçu autour du photovoltaïque comme levier d’autoproduction électrique, ce programme entend transformer l’accès des PME à l’énergie solaire en rendant viables — financièrement et techniquement — des investissements jusqu’ici hors de portée. Au cœur du mécanisme : une plateforme numérique permettant de modéliser et d’évaluer les scénarios d’investissement avant tout engagement.

C’est l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME) qui pilote l’opération. Son directeur général, Nafâa Baccari, a présenté le dispositif lors d’un atelier réunissant lundi l’ensemble des acteurs concernés. Il a rappelé que CHEMS s’inscrit pleinement dans la feuille de route nationale de transition énergétique et bénéficie du soutien financier de la Banque africaine de développement.

La rencontre a offert un espace de dialogue structuré entre des partenaires aux profils complémentaires : représentants de la BAD, équipes du ministère de l’Économie et de la Planification, cadres de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, opérateurs bancaires et responsables des chambres professionnelles. Ensemble, ils ont examiné l’architecture du projet, confronté leurs analyses et dégagé des pistes concrètes pour en garantir l’efficacité opérationnelle.

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Un marché, une filiale : OfficePlast déploie sa stratégie de conquête du bassin méditerranéen

Lors d’une communication financière tenue le 16 février 2026 à Tunis, Yassine Abid, PDG d’OfficePlast, a présenté « Horizon 2030 », plan de développement stratégique 2026-2030 élaboré par un cabinet international mandaté entre janvier et juin 2025. L’événement s’est tenu en présence de Anis Ben Hadj Ali, DGA de Yatoo. Depuis sa création, le groupe affiche une croissance à deux chiffres, a toujours dégagé des bénéfices et distribué des dividendes — dont +20 % de chiffre d’affaires en 2024, avec 35 millions de dinars pour la maison mère. L’objectif est de porter le consolidé à 55-57 millions en 2026, 72 millions en 2028 et 88 millions en 2030, pour un résultat d’exploitation de 13 millions et un résultat net de 9 millions, avec distribution de 50 % des bénéfices en dividendes.

Pour financer cette trajectoire, OfficePlast mobilise 26 millions de dinars en deux tranches. La première, de 6 millions en numéraire avec distribution des primes d’émission en actions gratuites, doit être bouclée au premier trimestre 2026 ; elle servira à réduire l’endettement, reconstruire les infrastructures endommagées par l’incendie de juin 2025 et soutenir la croissance courante. La seconde, de 20 millions, sera apportée par un partenaire stratégique qui détiendra 35 % du capital ; aucun accord n’est encore signé, mais des professionnels du secteur accompagnent le groupe, avec une clôture espérée dans le courant de l’année. Ces fonds financeront l’expansion internationale, le développement des filiales étrangères et les investissements industriels.

Le plan repose sur quatre axes : un modèle intégré industrie-distribution pour maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur ; une stratégie internationale ciblant le bassin méditerranéen sud-européen et nord-africain ; l’excellence industrielle via l’automatisation et la maîtrise énergétique ; et la valorisation des marques Purple et Yatoo avec diversification de l’offre selon les spécificités de chaque marché.

Investissements industriels et diversification vers l’emballage

Historiquement spécialisé dans les protège-cahiers avec deux lignes de production initiales, OfficePlast couvre aujourd’hui l’ensemble des fournitures scolaires et de bureau : trieurs, protège-documents, jeux d’intercalaires, fiches Bristol, boîtes de classement, classeurs, pochettes perforées, articles de traçage, produits de rangement et ensembles de bureau. Face à la contraction structurelle de ce marché sous l’effet de la digitalisation, le groupe a décidé de valoriser son savoir-faire en extrusion de films et plaques en polypropylène en se diversifiant vers l’emballage. Une ligne de production déjà acquise triplera la capacité de fabrication dès 2026 et ouvrira une gamme de films rétractables, étirables, agricoles et de plaques en polypropylène, commercialisée sur les marchés tunisien, français et italien.

Des investissements tactiques accompagneront cette montée en puissance : automatisation des chaînes, réduction du taux de déchet et amélioration de la qualité. La maîtrise énergétique est érigée en levier de rentabilité prioritaire, notamment pour répondre aux exigences réglementaires environnementales des marchés européens. Un programme de sécurisation de l’outil de production, des stocks et du personnel — tirant les enseignements du sinistre de juin 2025 — est en phase finale de mise en œuvre, complété par un plan de prévention contre les cyberattaques, après que des enseignes françaises et italiennes partenaires ont été contraintes d’interrompre leur activité trois à quatre semaines à la suite de telles attaques.

La France et l’Italie au cœur de l’ambition européenne

Appliquant le principe « pour chaque marché, une filiale », OfficePlast a créé sa filiale française en 2024, opérationnelle depuis 2025 avec 1 million d’euros de chiffre d’affaires. L’objectif est de 8 millions de dinars en 2026 et 18 millions en 2030, hors ventes directes de la maison mère, notamment auprès du groupe Auchan. La stratégie privilégie désormais la vente directe aux magasins spécialisés. Un contrat de rétrocession conclu avec Alcor Group — coopérative de 300 adhérents disposant de deux plateformes, dont celle de Saint-Quentin (30 000 m², 40 000 références) — représente 4 millions de dinars par an et ouvre l’accès aux produits non référencés dans le catalogue central.

Présent en Italie depuis plus de huit ans via importateurs et grandes surfaces, le groupe a finalisé en janvier 2026 la création de sa filiale italienne, désormais opérationnelle avec stock local. Elle ciblera les petits grossistes passant des commandes régulières de 3 000 à 4 000 euros, pour consolider le chiffre d’affaires et réduire la vulnérabilité face à la concurrence locale et chinoise. Objectif : 12 millions de dinars en 2030.

Le Maroc, hub industriel pour l’Afrique subsaharienne

Le Maroc présente un double intérêt : ses 8 millions d’élèves (quatre fois plus qu’en Tunisie) et son rôle de porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne, accessible en quatre jours depuis Agadir par voie maritime (deux départs hebdomadaires), contre deux à trois mois depuis la Tunisie et trois semaines à un mois depuis la Chine. Le groupe s’est associé au troisième distributeur marocain, basé à Agadir et partenaire depuis cinq ans, pour créer une entité mixte industrie-distribution sur un site de 4 000 m² dans la zone industrielle de Drarga. Opérationnelle depuis janvier 2026 avec deux lignes de production de protège-cahiers, elle vise 12 millions de dinars dans le consolidé dès la levée de fonds finalisée.

Tunisie : consolidation du leadership et gestion de l’après-incendie

Sur le marché domestique, OfficePlast, opérant via Office Distribution et Office Store, s’affirme comme leader et fixe la politique de prix que ses concurrents suivent. Le marché parallèle et les importations perturbent encore la distribution, mais le groupe note une nette amélioration grâce au renforcement des contrôles douaniers, notamment sur la qualité et les certificats de conformité des produits destinés aux enfants.

L’incendie du 25 juin 2025 n’a touché que les stocks de produits finis, laissant intact l’outil de production. Les stocks ont été reconstitués pour la rentrée scolaire tunisienne ; les clients européens ont été livrés avec une à deux semaines de retard, seuls quelques clients lointains n’ayant pu être servis. L’assurance a procédé à deux remboursements successifs, le dossier restant ouvert ; les résultats définitifs de 2025 seront arrêtés en fonction du montant final de la prime.

Modèle économique et ressources humaines

Le groupe réalise 80 % de ses achats à l’importation — matières plastiques des pays du Golfe et d’Europe, cartons et emballages — facturés en dollars et en euros, avec un équilibre pertes/gains de change maîtrisé sur la durée. Coté en bourse depuis 2015, OfficePlast a mis en place plusieurs contrats de liquidité pour maintenir et faire évoluer le cours de l’action.

Le groupe emploie entre 320 et 340 personnes au sein de la maison mère, une trentaine chez Office Distribution et une vingtaine chez Office Store. Orienté vers l’export depuis ses origines — son premier client en 2006 était français —, OfficePlast a bâti une équipe au savoir-faire éprouvé à travers les foires internationales et les relations clients, qui gagne progressivement en autonomie.

 

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Khouloud Toumi : « Une croissance de 2,5 % reste anémique face au chômage de masse »

Avec une croissance de 2,5 % en 2025, l’économie tunisienne affiche une reprise portée par l’agriculture et les services, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique publiées le 15 février 2026. Toutefois, cette progression reste insuffisante pour répondre aux défis majeurs que sont le chômage élevé, particulièrement chez les jeunes, et les déséquilibres structurels qui fragilisent la trajectoire de développement du pays.

Dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com, Khouloud Toumi, analyste en politique économique, estime que cette croissance, bien que positive après plusieurs années de stagnation, demeure « anémique » et « très dépendante de quelques secteurs clés ». Selon l’experte, cette progression ne génère pas suffisamment d’emplois pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail et ne stimule pas durablement le pouvoir d’achat des ménages. « Pour une reprise pleinement inclusive, la diversification et le renforcement du secteur industriel sont essentiels », souligne-t-elle.

Le marché de l’emploi illustre cette problématique structurelle. Le taux de chômage national s’est stabilisé à 15,2 % au quatrième trimestre 2025, en légère baisse par rapport au trimestre précédent. Mais derrière ce chiffre se cachent des disparités alarmantes. Le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteint 38,4 %, un des taux les plus élevés de la région. Tandis que celui des diplômés de l’enseignement supérieur dépasse 22,22 %. Cette inadéquation entre croissance économique et création d’emplois entraîne des conséquences graves : perte de capital humain, émigration des talents, ralentissement de la consommation et tensions sociales accrues.

Sur le plan de l’inflation, les données récentes montrent une modération bienvenue. L’inflation annuelle est retombée à environ 4,8 % début 2026, offrant un répit aux ménages après la hausse récente des coûts alimentaires. Toutefois, Khouloud Toumi met en garde : « Le pouvoir d’achat reste fragile, surtout pour les ménages à revenu modeste et dans les zones rurales. »

En outre, le déficit commercial demeure préoccupant. Bien qu’il ait été réduit à 1287,6 en janvier 2026, il reste structurellement élevé. Les importations énergétiques et de biens intermédiaires continuent de peser sur la balance extérieure. L’analyste insiste sur la nécessité d’une « diversification accrue des exportations et d’une montée en gamme des produits manufacturés pour renforcer la résilience de l’économie ».

Par ailleurs, le secteur agricole, moteur principal de la croissance en 2025, soulève des interrogations quant à la durabilité du modèle économique tunisien. Les données de l’Institut national de la statistique indiquent que ce secteur a enregistré une croissance exceptionnelle d’environ 12 %, portée par une récolte de céréales favorable après plusieurs années de faibles productions, ainsi que par une augmentation de la production d’olives et de fruits. Le secteur représente environ 10 % du PIB et 20 % de l’emploi total, principalement dans les zones rurales.

Néanmoins, Khouloud Toumi met en lumière les limites de cette dépendance. L’analyste souligne que malgré une production forte, la faible transformation industrielle des produits agricoles limite les revenus agricoles et la contribution réelle à la balance commerciale. De plus, ce secteur reste particulièrement vulnérable aux aléas climatiques. Ce qui représente un risque majeur pour la stabilité économique.

Face à ces constats, l’experte plaide pour une réorientation stratégique. Plutôt que de compter sur l’agriculture ou le tourisme, secteurs exposés aux changements climatiques et aux fluctuations sociopolitiques, elle préconise de miser sur le secteur industriel et le transport aérien pour assurer une croissance pérenne.

Pour transformer cette reprise en développement durable, Khouloud Toumi appelle à des réformes structurelles : l’intégration des jeunes diplômés dans le marché de l’emploi; la diversification et l’industrialisation des exportations agricoles; et le renforcement de la résilience climatique par la modernisation agricole. L’analyste rappelle qu’avant la crise, la croissance économique tunisienne atteignait environ 4,3 %, soulignant que le niveau actuel demeure nettement insuffisant pour répondre aux besoins du pays.

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Aram Belhadj : « La Tunisie lanterne rouge régionale avec 2,5 % de croissance »

La Tunisie a enregistré un taux de croissance de 2,5 % en 2025, relève l’Institut national de la statistique (INS). Il est conforme aux prévisions du FMI. Mais ce résultat demeure très en deçà des exigences du pays et des performances de ses voisins régionaux, déclare à leconomistemaghrebin.com l’économiste Aram Belhadj. Les perspectives pour 2026 s’annoncent encore plus moroses, avec un taux anticipé de seulement 2,1 %, selon les prévisions du FMI. 

La Tunisie a réalisé en 2025 un taux de croissance de 2,5 %, confirmant les estimations du Fonds monétaire international (FMI) publiées en octobre dernier. Si ce chiffre marque une progression par rapport aux 1,4 % enregistrés en 2024, il reste insuffisant pour répondre aux défis économiques du pays, estime Aram Belhadj, économiste et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage.

Selon l’expert, un tel taux ne permet pas d’envisager une réduction significative du chômage, ni de la pauvreté. La comparaison avec les pays voisins révèle un écart préoccupant. Le Maroc affiche une croissance de 4,4 % en 2025 et devrait atteindre 4,2 % en 2026. Soit le double des performances tunisiennes. La Mauritanie enregistre 4 % en 2025, avec une prévision de 4,3 % l’année suivante. Tandis que la Jordanie atteint 2,7 % et vise 2,9 % en 2026. Ce benchmarking régional place donc le pays en bas de l’échelle.

Pour Aram Belhadj, ces résultats traduisent des « choix économiques erronés, l’absence de réformes structurelles et un climat d’investissement qui demeure défavorable, malgré certaines améliorations ». L’économiste insiste sur le caractère non soutenable de la trajectoire actuelle; alors que le pays a besoin de paliers beaucoup plus élevés.

L’expert identifie plusieurs axes prioritaires pour inverser la tendance. Il préconise d’abord d’assurer la stabilité gouvernementale et l’amélioration de la gouvernance. Tout en estimant que les remaniements ministériels trop fréquents constituent un frein majeur. La simplification administrative et la lutte contre la bureaucratie et la corruption représentent le deuxième chantier crucial. Le troisième axe concerne l’activation du secteur privé, notamment à travers la mise en œuvre effective des pactes sectoriels existants et la négociation de nouveaux accords avec des secteurs stratégiques.

Aram Belhadj souligne également l’urgence de réformes systémiques au niveau fiscal, du système de compensation et des entreprises publiques qui nécessitent une restructuration en profondeur. Enfin, l’économiste insiste sur la nécessité d’assurer la cohérence entre la politique budgétaire et la politique monétaire.

Sans action déterminée sur ces différents leviers, la Tunisie ne parviendra pas à réaliser le sursaut quantitatif et qualitatif dont elle a besoin, avertit-il. Les perspectives pour 2026 confirment cette inquiétude, avec un taux anticipé par le FMI de 2,1 %, inférieur au résultat de 2025.

Malgré ce tableau sombre, Aram Belhadj considère que l’espoir reste permis. Et ce, à condition que les autorités s’engagent résolument dans la mise en œuvre de ces transformations structurelles.

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Zones franches frontalières : l’arme de la Tunisie contre l’économie parallèle

Dans le contexte d’une guerre commerciale mondiale persistante et de ses répercussions désastreuses sur l’économie internationale, particulièrement pour les pays en développement ou émergents dont la Tunisie, ainsi que face à la prolifération de l’économie parallèle, la création de zones franches frontalières devient fondamentale, voire vitale. Ces infrastructures permettraient de contenir l’économie parallèle, d’éradiquer la contrebande, de créer des opportunités d’emploi et de développer les régions frontalières.

Il faut rappeler que, depuis 2008, il était prévu de créer plusieurs zones franches commerciales sur les frontières tuniso-algériennes et tuniso-libyennes, à savoir la zone franche de Ben Guerdane entre la Tunisie et la Libye, la zone franche de Kasserine, la zone franche de Hazoua dans le gouvernorat de Tozeur, ainsi que les zones franches du Kef et de Jendouba sur les frontières tuniso-algériennes.
Dans ses récentes interventions, Mohamed Al Aïch, rapporteur de la Commission de l’investissement au Conseil national des régions et des districts, a exposé la vision stratégique de la Tunisie concernant les quatre grandes zones franches prévues le long de la frontière avec l’Algérie. Situés précisément dans les gouvernorats de Jendouba, Kasserine, Tozeur et du Kef, ces projets d’envergure sont perçus comme des leviers essentiels pour résoudre les problématiques structurelles des régions intérieures. Et ce, tout en dynamisant l’activité économique locale.
L’un des objectifs fondamentaux de la mise en place de ces espaces est de mobiliser une énergie nouvelle capable de contrer efficacement l’expansion du marché parallèle et de l’économie informelle. Bien que les fondements de ces infrastructures reposent sur des conventions bilatérales signées dès 2015 et renouvelées à plusieurs reprises jusqu’en 2024, leur exécution a longtemps été entravée par des litiges fonciers complexes qui ont ralenti les études techniques.
Néanmoins, à la suite de concertations avec le ministère du Commerce, un calendrier de mise en œuvre commence à se préciser. Il prévoit notamment le lancement effectif des travaux pour la zone franche de Bouchabka, dans le gouvernorat de Kasserine, à l’horizon 2027.
Ainsi, Mohamed Al Aïch a souligné que ces chantiers bénéficient désormais d’une priorité absolue de la part de l’État tunisien, bien qu’ils ne soient pas formellement intégrés dans le plan de développement 2026-2030, puisqu’ils disposent de leurs propres lignes de financement antérieures.
Cette volonté de finaliser ces zones franches témoigne d’un engagement fort pour transformer les régions frontalières en véritables pôles d’attractivité et de croissance.

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 Ramadan et productivité : une réalité plurielle selon les secteurs d’activité

Contrairement aux idées reçues, le mois de Ramadan n’entraîne pas systématiquement une baisse de productivité dans les entreprises. Kamel Beji, professeur à la Southern Mediterranean University et spécialiste de l’économie du travail, récuse, dans une déclaration accordée à l’Economiste maghrébin,  le stéréotype associant cette période à un ralentissement généralisé de l’activité économique. Selon lui, l’impact du Ramadan sur le rendement dépend essentiellement du secteur d’activité concerné et de la capacité des organisations à réorganiser leurs processus de travail.

La réduction du temps de travail pendant le Ramadan, qui varie généralement d’une à trois heures selon les entreprises , impose effectivement un défi de réorganisation pour maintenir le même niveau de rendement et de production. Kamel Beji souligne toutefois que de nombreux secteurs connaissent au contraire une hausse de leur activité durant cette période. Le secteur artistique, la restauration, l’agroalimentaire et l’hôtellerie bénéficient d’une demande accrue liée aux spécificités culturelles du Ramadan, qui déplace une part importante de l’activité économique vers les soirées. Ces secteurs enregistrent ainsi une productivité supérieure malgré des horaires diurnes réduits, grâce à l’intensification du travail en soirée.

L’expert observe que les magasins et les marchés qui ouvrent le soir, ainsi que les établissements hôteliers, maintiennent voire augmentent leur rythme d’activité pour répondre à la demande spécifique de cette saison. Il cite notamment l’exemple du secteur hôtelier, qui profite de la concomitance du Ramadan avec les vacances scolaires de certains pays européens, créant ainsi une dynamique touristique particulière qu’il qualifie de « tourisme ramadanais ».

Pour d’autres secteurs en revanche, comme l’administration publique, l’automobile ou les pièces de rechange, le Ramadan ne modifie pas fondamentalement l’activité. Dans ces domaines non soumis à des variations saisonnières liées au Ramadan, la question de la productivité se pose différemment. Kamel Beji explique que le maintien du rendement dépend alors du choix organisationnel de l’employeur : intensifier le travail sur des plages horaires réduites ou accommoder les salariés en tenant compte de leurs contraintes familiales et culturelles. Cette décision s’inscrit dans la politique de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle propre à chaque entreprise.

Le chercheur insiste sur la dimension psychologique du phénomène. Il conteste l’idée largement répandue selon laquelle le jeûne engendrerait automatiquement des tensions relationnelles et une diminution des capacités physiques et mentales au travail. Selon lui, cette perception relève davantage d’un conditionnement psychologique que d’une réalité objective. Il rapporte avoir observé dans plusieurs pays arabes et musulmans des cultures d’entreprise où le travail effectué pendant le Ramadan est au contraire valorisé et considéré comme particulièrement méritoire, conduisant à un engagement professionnel accru.

Kamel Beji met néanmoins en garde contre ce qu’il appelle « l’aléa moral » ou « risque moral » lié au Ramadan. Certains salariés peuvent adopter un comportement de retrait, utilisant cette période comme prétexte pour réduire leur effort, ce qui renforce le stéréotype négatif. Il reconnaît par ailleurs que certaines activités physiques exercées en plein soleil sans possibilité de s’hydrater présentent des contraintes humaines réelles susceptibles d’affecter le rendement.

En définitive, Kamel Beji récuse toute fatalité concernant la baisse de productivité pendant le Ramadan. Il conclut que cette période constitue avant tout un enjeu d’organisation du travail, indépendamment des considérations religieuses. Les entreprises qui souhaitent maintenir leurs objectifs doivent procéder à une réorganisation adaptée de leurs équipes et de leurs processus, en tenant compte des spécificités sectorielles et culturelles qui caractérisent cette saison économique particulière.

 

 

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Décès de Ferid Ben Tanfous, ancien DG de l’ATB Bank

Mohamed Ferid Ben Tanfous, ancien directeur général de l’ATB Bank, est décédé ce samedi 14 février à Tunis. L’inhumation se déroulera aujourd’hui même après la prière d’El Asr au cimetière El Jallez.

Toute l’équipe de L’Economiste maghrébin présente ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Puisse Dieu l’accueillir en Son infinie Miséricorde.

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L’emprunt obligataire Taysir 2026-1 entièrement souscrit en une journée

L’emprunt obligataire « Taysir 2026-1 » a été intégralement souscrit le 11 février 2026, jour de son ouverture au public. L’opération, menée par appel public à l’épargne, a atteint le montant maximum autorisé de 60 millions de dinars.

Tunisie Valeurs, intermédiaire en Bourse chargé de l’opération, a annoncé la clôture des souscriptions dès le premier jour. L’émission était initialement prévue pour un montant de 50 millions de dinars, avec une possibilité d’extension jusqu’à 60 millions de dinars. Les souscriptions ont été ouvertes et clôturées le même jour, portant sur l’intégralité du montant maximum.

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La BCT autorise Ooredoo Tunisie à se lancer dans le paiement mobile

La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient d’ouvrir la voie à un nouveau concurrent sur le marché naissant du paiement mobile. L’institution monétaire a délivré vendredi son feu vert à Ooredoo Tunisie pour déployer une gamme complète de transactions financières dématérialisées.

Le portefeuille de services autorisés couvre l’ensemble de la chaîne : transferts monétaires, encaissements, approvisionnement et retrait de liquidités via téléphone portable. Une enseigne spécifique, dont le nom reste sous embargo jusqu’à la semaine prochaine, portera cette offre commerciale.

La manœuvre ne relève pas de l’improvisation. Dès 2025, l’opérateur télécom avait constitué une structure dédiée – Ooredoo Fintech – expressément calibrée pour bâtir des infrastructures de monnaie électronique et d’acheminement de fonds à distance.

Cadre strict depuis 2019

L’agrément obtenu s’inscrit dans le dispositif normatif établi par la Banque centrale voici sept ans. Ce corpus règlemente minutieusement les acteurs du secteur : critères d’habilitation, architecture de gouvernance, dispositifs de surveillance, mécanismes de sauvegarde des avoirs clientèle et blindage des opérations contre la fraude.

Bataille annoncée

Tunisie Telecom s’apprête à dégainer sa propre plateforme mobile de règlement dans les sept jours à venir. Le face-à-face entre géants des télécommunications sur le terrain des services financiers numériques s’intensifie.

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Offensive électrique du Groupe Zouari : Geely mise sur l’hybride rechargeable

Le Groupe Zouari mise sur l’électrification. Mahmoud Mohsen, son directeur général commercial pour le pôle Automobile, a dévoilé vendredi la stratégie de Geely : trois véhicules – deux électriques et un hybride rechargeable – pour conquérir un marché tunisien en pleine mutation.

 

Premier prix de la gamme, la X2 incarne le pari de l’électrique abordable. Cette citadine 100% électrique embarque une batterie de 39,4 kWh pour 325 km d’autonomie (cycle WLTP). Présentée il y a deux mois, elle suscite déjà l’intérêt : « Le carnet de commandes est bien fourni, heureusement pour nous », se félicite Mahmoud Mohsen.

Le X5 électrique : premiers clients déjà livrés

À 92 000 dinars, le X5 vise les familles avec ses 60,2 kWh de batterie et 430 km d’autonomie. Ce SUV franchit une étape décisive : « Le premier lot a été livré aux clients », confirme le responsable commercial. Un signal fort pour un marché encore frileux face à l’électrique pur.

X5 EMI : l’hybride rechargeable, vraie nouveauté

Le clou de la présentation reste le X5 EMI. Ce SUV hybride rechargeable combine moteur thermique et électrique pour délivrer 260 chevaux et 262 Nm de couple. Son argument massue ? Plus de 1 000 km d’autonomie combinée, batterie chargée et réservoir plein. Tarif : 86 800 dinars. Commandes ouvertes dès ce vendredi, livraisons fin mars-début avril.

Pari sur la fiscalité favorable

Mahmoud Mohsen ne cache pas ses ambitions : « Devant l’engouement pour les voitures hybrides rechargeables avec la nouvelle taxation, on s’attend à un bon retour des clients. » La marque chinoise joue la carte du rapport qualité-prix-équipement face à une concurrence installée. « La voiture est très bien positionnée, aussi bien en caractéristiques qu’en prix et surtout en gabarit et technologie embarquée », assure-t-il, avant de lancer une invitation : « Venez visiter nos showrooms, vous serez vraiment surpris. »

 

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