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Core Banking Systems, IA et souveraineté numérique : le vrai point de bascule des banques publiques tunisiennes

Alors que la Tunisie se prépare à lancer l’exécution de son Plan de développement 2026‑2030, la transformation digitale des banques publiques change de nature. L’enjeu ne se limite plus à la digitalisation des services ou à l’expérience client, mais concerne désormais le cœur technologique, informationnel et souverain du système bancaire. À l’intersection des Core Banking Systems (CBS), de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité se joue une question décisive : la capacité des banques publiques à soutenir la transformation économique nationale tout en préservant la souveraineté numérique et financière du pays.

 

Le CBS : colonne vertébrale invisible et stratégique

Le Plan 2026‑2030 place la digitalisation, l’inclusion financière et la modernisation du secteur bancaire au rang de priorités nationales. Dans ce contexte, les banques publiques deviennent des infrastructures critiques de la transformation digitale de l’État. Les Core Banking Systems structurent le traitement des dépôts et crédits, la gestion des paiements, la production réglementaire et, surtout, la donnée bancaire.

Même si des programmes de modernisation sont déjà engagés, la robustesse et l’intégration complète de ces systèmes restent un levier décisif pour que l’intelligence artificielle et la cybersécurité produisent leur plein effet. Les efforts existants sont notables, mais la trajectoire de transformation reste conditionnelle à l’alignement stratégique et technologique.

 

Digitalisation visible, dépendances invisibles

Les banques publiques ont fait des progrès tangibles avec des applications mobiles, des services à distance et une interconnexion accrue. Mais cette modernisation rapide révèle un paradoxe : la dépendance accrue aux architectures sous-jacentes, souvent partiellement externalisées ou propriétaires. Cette réalité soulève des questions de souveraineté numérique et financière. Qui contrôle les données bancaires ? Où sont-elles stockées ? Quelle autonomie pour la cybersécurité et l’intelligence artificielle ? Même les observateurs qui défendent l’usage de prestataires internationaux reconnaissent aujourd’hui que le contrôle des données et des systèmes critiques est un impératif stratégique.

 

IA bancaire : opportunité conditionnelle

L’intelligence artificielle promet scoring, détection de fraude et pilotage des risques. Mais sa fiabilité dépend directement du CBS et de la qualité des données. Une intégration trop rapide ou non supervisée pourrait créer des biais algorithmiques, des risques opérationnels ou des non-conformités réglementaires. Les banques publiques adoptent donc une approche progressive et prudente. Ce n’est pas un retard, mais une stratégie consciente pour allier innovation et stabilité, tout en restant compatibles avec les exigences nationales et internationales.

 

Cybersécurité et souveraineté numérique : un enjeu stratégique

La cybersécurité ne peut plus être traitée comme une fonction IT parmi d’autres. Dans un système bancaire digitalisé, interconnecté et piloté par la donnée, elle devient un pilier de souveraineté nationale. La souveraineté se décline sur trois axes : la maîtrise des données bancaires et leur localisation, la souveraineté technologique pour limiter la dépendance aux solutions propriétaires et garantir la résilience face aux crises, et la confiance financière, car une cyberattaque majeure pourrait freiner l’adoption digitale, fragiliser la crédibilité de l’État actionnaire et compromettre les objectifs du Plan 2026‑2030.

 

Régulation bancaire comme levier stratégique

La Banque centrale de Tunisie joue un rôle clé en orientant la modernisation des CBS, la localisation des données et les standards de cybersécurité. Plutôt que de freiner l’innovation, cette régulation structure le secteur et sécurise l’ensemble de l’écosystème, tout en assurant l’alignement avec les priorités nationales.

 

Moderniser les CBS n’est ni un luxe ni un projet isolé. C’est un choix stratégique et politique qui conditionne le financement durable de l’économie réelle, l’inclusion financière et territoriale, la transparence institutionnelle et la souveraineté nationale. Les banques publiques doivent donc aligner leurs systèmes centraux, l’intelligence artificielle et la cybersécurité avec les objectifs nationaux, tout en conservant une supervision humaine solide. C’est la condition pour transformer le cœur bancaire en levier crédible de la transformation économique tunisienne.

 

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Les analyses et opinions exprimées dans cette tribune n’engagent aucune autorité publique, institution financière ou organisation. Elles reflètent exclusivement le point de vue de l’auteur.

 

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Banques publiques et dettes agricoles : une proposition de loi pour soulager les agriculteurs en difficulté

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP), organisera, lundi 12 janvier 2026, une journée d’étude sur la proposition de loi n°060/2025 relative à la régularisation des  dettes agricoles impayées.

Cette proposition de loi, présentée par des députés, prévoit que les banques publiques prennent en charge la régularisation des dettes bancaires des agriculteurs et des établissements opérant  dans le secteur agricole, classées auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans la catégorie 4 et plus.

Les banques publiques devront également définir les modalités et les procédures de régularisation des dettes agricoles, dans un délai maximum de six mois, à compter de la date de promulgation de cette loi.

Selon cette proposition de loi, il aura le rééchelonnement du principal de la dette, sur une durée maximale de 7 ans avec une période de grâce d’un an non renouvelable, et la déduction des pénalités de retard, en se limitant à un taux de  20% de la valeur des intérêts contractuels imposés.

Le 2ème article de la proposition de loi porte sur la méthode, dont les banques publiques définissent et approuvent la politique de règlement des dettes agricoles mentionnées au premier article de cette proposition de loi, et déterminent la compétence des structures bancaires habilitées à statuer sur les accords de conciliation et les procédures à suivre.

Elles fixent également les politiques et conditions d’arbitrage, conformément à la législation et aux réglementations en vigueur, et adoptent les accords de conciliation relatifs aux dettes impayées avec les clients, concernant l’abandon total des dettes non principales, des intérêts contractuels et des intérêts de retard, y compris les intérêts rééchelonnés.

Les banques publiques se chargent de la mise en œuvre de la politique de recouvrement des dettes approuvées.

En cas de conclusion d’un accord de conciliation, concernant des dettes faisant l’objet de poursuites judiciaires pour des soupçons de corruption, l’accord compte sans effet en cas de jugement définitif.

Le 3ème article permet aux banques publiques de renoncer partiellement, dans une limite maximale de 5% et à titre exceptionnel, à leur créance principale relative aux crédits  agricoles classés en catégorie 4 et plus, au 30 juin 2025, et accordés  avant le 31 décembre 2022, à condition que le reste de la dette soit réglé dans un délai maximum de six mois, à partir de la date de conclusion de l’accord de conciliation, avec possibilité de renouvellement une seule fois.

Les dispositions de cet article  seront applicables jusqu’au 31 juillet 2026, renouvelable  une seule fois, pour une durée d’un an, par décision du ministre de Finances.

Le document des motifs publié sur le site de l’ARP indique que les années de sécheresse consécutives, ainsi que la pandémie Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne, ont négativement impacté le secteur agricole et les agriculteurs, notamment les petits agriculteurs, ainsi que les entreprises opérant dans les secteurs de l’huile d’olive, des dattes et des semences.

Une telle situation a entraîné une dégradation de leur situation financière et les a empêchés de rembourser leurs crédits bancaires dans les délais.

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