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Impulsion des liens commerciaux entre la Tunisie et l’Ouzbékistan

L’Ouzbékistan et la Tunisie ont discuté des perspectives de développement de leur coopération commerciale, économique et d’investissement, rapporte le journal ouzbèke Trend, lors d’une rencontre, le 12 février 2026, entre le ministre ouzbek de l’Investissement, de l’Industrie et du Commerce, Laziz Kudratov, et une délégation tunisienne conduite par Jamel Ksibi, président du Groupe Luxor, président de la Fédération nationale des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica).

La délégation s’est rendue à Tachkent afin d’explorer les possibilités de renforcement des partenariats entre les deux pays islamiques.

Au cours des discussions, la partie ouzbèke a présenté des informations détaillées sur les réformes économiques en cours dans le pays et les mesures visant à améliorer le climat des investissements, ainsi qu’un portefeuille de projets ouverts à la participation étrangère. Une attention particulière a été portée à la coopération potentielle dans les domaines du développement des infrastructures, de la construction, de l’industrie et de l’agro-industrie.

La délégation tunisienne a manifesté un vif intérêt pour participer aux initiatives de modernisation des infrastructures de l’Ouzbékistan et pour localiser la production dans le pays.

À l’issue de la réunion, les deux parties ont confirmé leur volonté de poursuivre l’élaboration d’initiatives concrètes et de développer un partenariat à long terme fondé sur des intérêts mutuels.

I. B.

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‘‘In a Whisper’’ de Leyla Bouzid | Drame poignant contre la discrimination

Parmi les tout premiers films présentés en compétition à la Berlinale (12 – 22 février 2026), un prétendant sérieux au palmarès final se distingue déjà : ‘‘In a Whisper’’ (‘‘A voix basse’’), le troisième long métrage de la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid, après ‘‘Dès que j’ouvre les yeux’’ en 2015 et ‘‘Une histoire d’amour et de désir’’, qui avait clôturé la Semaine de la Critique à Cannes en 2021. Avec Eya Bouteraa, Hiam Abbass et Marion Barbeau.

Latif Belhedi

Coproduction franco-tunisienne (la réalisatrice s’était installée à Paris après des études de lettres françaises), ‘‘Dans un murmure’’ raconte le retour au pays de Lilia, une Tunisienne de 30 ans installée en France depuis quelque temps. Elle rentre pour les funérailles de son oncle, dont la mort est entourée de mystères et de secrets que la famille préfère taire.

Lilia se retrouve ainsi confrontée à des personnes qui ignorent tout de sa vie et, en particulier, de la jeune fille qu’elle aime et avec qui elle vit.

Le thème principal de ce film est la discrimination, dénonçant une société et une loi qui n’acceptent pas les relations homosexuelles. Cependant, Lilia n’est pas la seule victime de cette vision absurde : son oncle décédé l’est aussi, son homosexualité ayant toujours été passée sous silence par une famille qui ne l’a jamais accepté tel qu’il était.

La liberté a toujours été un thème central dans les films de Leyla Bouzid et, dans ce cas précis, sa critique de la société tunisienne est encore plus manifeste et incisive.

Les acheteurs au rendez-vous

Ce film, drame familial et thriller qui explore l’homosexualité cachée et les non-dits familiaux et culturels, fait sensation auprès des acheteurs suite à sa première mondiale en compétition à Berlin.

Playtime a déjà vendu le film à l’Allemagne et à l’Autriche (Neue Visionen), à l’Italie (Fandango), à l’Espagne (Lazona), à la Suisse (Cineworx), au Portugal (Leopardo Filmes), au Canada (Axia Films) et à l’ex-Yougoslavie (MCF).

Produit par la société française Unité et coproduit par la tunisienne Cinetelefilms, le film sera distribué en France par Memento Distribution.

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Tunisie | Impacts de la réforme du droit du travail sur les entreprises

La loi n°9/2025 réforme en profondeur le droit du travail en Tunisie, en redéfinissant les relations contractuelles et la sous-traitance. À travers une enquête intitulée «Réforme du droit du travail en Tunisie : Entre défis et opportunités», l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) analyse ses impacts sur les pratiques RH et la gestion des effectifs.

L’enquête, menée auprès d’une centaine de DRH et couvrant différents secteurs, tailles d’entreprise et régions, avait pour objectif d’évaluer comment la loi affecte le travail des DRH : la gestion des effectifs, la relation avec les prestataires et la stratégie RH globale, tout en identifiant les défis et les opportunités. Elle révèle à la fois des incertitudes, des ajustements nécessaires et de nouvelles opportunités en matière de gouvernance, de digitalisation et de conformité, accompagnées de recommandations concrètes.

Les constats principaux de cette enquête montrent que la loi introduit une ambigüité juridique, en particulier concernant le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) et la sous-traitance dans les activités principales. Cette incertitude génère un besoin accru de conseil juridique et de mise à jour des procédures internes.

Sur le plan opérationnel et financier, certaines entreprises ont dû ajuster leurs effectifs tandis que d’autres, soulignent l’importance de former les salariés pour améliorer la productivité et mieux gérer les nouvelles obligations.

Parallèlement, certaines entreprises ont saisi l’opportunité pour structurer et digitaliser leurs processus RH.

Les résultats de l’enquête ont permis d’identifier les risques principaux : litiges juridiques, désorganisation des effectifs, coûts accrus et perte de flexibilité. Elle met aussi en lumière des opportunités stratégiques : renforcement de la gouvernance RH, digitalisation, culture de conformité proactive et adaptation sectorielle.

Les recommandations finales proposent des mesures concrètes pour transformer ces contraintes en leviers stratégiques.

La loi n°9/2025 constitue un choc réglementaire pour les DRH tunisiens, générant à la fois incertitude juridique et nécessité d’adaptation opérationnelle. Les secteurs dépendant des CDD et de la sous-traitance (nettoyage, gardiennage et fonctions externalisées) sont les plus exposés, mais aussi ceux qui peuvent tirer le plus grand bénéfice d’une gouvernance RH renforcée. L’enquête montre que les entreprises qui anticipent la réforme et combinent trois leviers stratégiques obtiennent des résultats significatifs : sécurisation et clarification juridique, structuration et digitalisation des processus RH, et formation/sensibilisation des équipes pour une application homogène des règles. Ces démarches permettent de réduire les risques, d’optimiser la performance et de sécuriser les effectifs.

Ainsi, la loi dépasse le simple cadre de conformité : elle devient un catalyseur de transformation pour la fonction RH, incitant à formaliser les pratiques, renforcer la traçabilité et instaurer une culture de responsabilité et de performance. Les DRH qui sauront anticiper, structurer et accompagner ces changements pourront transformer cette contrainte réglementaire en un levier durable de compétitivité et d’efficacité opérationnelle.

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La Tunisie déterminée à renforcer ses relations fraternelles avec l’Iran

Le site du gouvernement iranien a rapporté ce dimanche 15 février 2026 que le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a adressé un message au ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, pour le féliciter à l’occasion du 47e anniversaire de la victoire de la Révolution islamique et de la fête nationale de la République islamique d’Iran.

«Dans son message, le ministre tunisien des Affaires étrangères s’est félicité de l’excellent niveau des relations entre la Tunisie et l’Iran et a réaffirmé la ferme volonté de son pays de renforcer les liens fraternels et la coopération entre les deux nations, dans l’intérêt des peuples iranien et tunisien. Il a également souhaité au ministre iranien des Affaires étrangères une bonne santé et un bien-être durable, ainsi que progrès et prospérité au peuple iranien», rapporte la même source.

I. B.

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Facture électronique | Encore un faux départ !

L’année 2026 sera marquée par «le démarrage effectif de la digitalisation complète» de l’administration, a annoncé la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani, lors d’un conseil ministériel consacrée au suivi de l’état d’avancement des projets de digitalisation de l’administration, qu’elle a présidé vendredi 13 février 2026, au palais de la Kasbah. Malheureusement, l’année semble avoir mal commencé pour cet ambitieux programme gouvernemental avec l’abandon de de la facturation électronique, dès sa mise en place, le 1er janvier dernier.

Latif Belhedi

La facturation électronique, dont la mise en place avait été décidée et annoncée par l’ancien ministre des Finances, feu Slim Chaker, depuis 2017, a pris huit ans avant d’être enfin sortie des cartons et remise sur la table. Mais aussitôt imposée par la Loi de finances 2026 et sa plateforme mise en place par le ministère des Finances, elle a été abandonnée, momentanément dit-on. Et pour cause : le système numérique mis en place s’est révélé inopérant et a causé beaucoup de désagrément et de perte de temps aux entreprises qui ont tenté de l’utiliser.

Effets pervers

Pourtant, beaucoup d’entreprises, y compris des PME, étaient prêtes à adhérer à ce système dématérialisé, y voyant un levier majeur de modernisation et de crédibilité économique, car il permet une transmission sécurisée des factures à l’administration fiscale via une plateforme agréée, une validation numérique et un archivage sécurisé garantissant traçabilité et intégrité, ce qui réduit les erreurs et les délais, tout en renforçant la transparence et la lutte contre la fraude fiscale.

Encore un mauvais départ, qui nous rappelle un autre, celui de la nouvelle loi sur les chèques, dont l’entrée en application, l’année dernière à la même époque, a provoqué blocages et disfonctionnements dus à l’impréparation des parties concernées : PME, banques, consommateurs… Un an après, le marché a encore du mal à se remettre des désagréments que cette loi a provoqués et à gérer ses effets pervers, notamment le retour au règne du cash, au grand bonheur des tenants de l’économie informelle et de l’évasion fiscale.

L’ancien ambassadeur Elyes Kasri a commenté ce qu’il a qualifié de «reculade sur la facturation électronique» dans un poste Facebook, que nous reproduisons ci-dessous…

De faux départ en reculade

«La reculade sur la facturation électronique peut être interprétée comme un indice supplémentaire de l’incapacité du mode de gouvernance en Tunisie d’assurer l’adéquation requise entre le discours et la mise en œuvre et la traduction en action concertée et pleinement assumée des décisions publiques»,

«Plus que l’incapacité de l’autorité publique à mettre en place ses décisions et réformes, ce blocage est un révélateur inquiétant du déficit de confiance entre les acteurs institutionnels et économiques, ancrant davantage l’opacité de l’informel et du non-Etat avec toutes les incidences possibles sur une perception d’ingouvernabilité du pays et de son degré d’attractivité pour les investissements étrangers.

«L’échec ou tout du moins le blocage d’une telle réforme et de son exigence de transparence en vue de parvenir à une justice fiscale et distributive plus équitable incite à une réflexion sereine sur l’adéquation en Tunisie du mode de gouvernance et du style du discours avec l’exigence de plus en plus pressante de réformes nécessaires non seulement à la relance économique mais surtout à la préservation de la souveraineté nationale face au piège de la dette ou pire au chantage humiliant et asservissant de l’aide économique étrangère.»

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Le poème du dimanche | ‘‘Explose ô cœur !’’ de Mohamed Laribi

Mohamed Laribi, dit Ibn Toumert, est poète, nouvelliste, journaliste, animateur de radio tunisien.

Né en 1915 à Tunis, il commence des études à l’université de la Zitouna sans les finir, se fait bohème et vit pleinement la marginalité. Publie ses articles et textes dans les revues et journaux. Rejoint le Groupe d’auteurs de l’entre-deux-guerres, Tahta Essour (Sous les Remparts). Part à l’étranger où il travaille à Radio Paris, Radio Brazaville et Radio Alger, en période coloniale. 

La poésie de Laribi est restée disparate, sans recueil. Sa vie semble tragique, pessimiste, il se considère comme un poète maudit. Il se suicide et décède, jeune, à l’âge de 31 ans, à Paris, en 1946.

Tahar Bekri

Explose ô cœur                        Démarre ô gémissement

Libérez yeux                            Toute larme prisonnière

Grondez  tonnerres                  Pleurez vents

Soyez lamentations                  Mon cœur triste est mort et se repose

Chantez oiseaux                      Le chant de la peine

Le matin a disparu                   Le soir s’élève la brume terrible couvre

Toutes les places                     Brisez ces verres

Répandez ce vin                              Permettez aux sourcils de froncer  

Voilez le sourire                               Aux sentiments des belles

Mon cœur mélancolique est mort Epuisé par les blessures

Il s’en est allé comme un étranger

Le matin a disparu                  Annonçant le coucher du soleil

Et le soufflement des vents         De trop de malheur       

Il n’a mouillé son écho             Des lèvres de l’aimée

Ni de l’ivresse                          Ni dit au revoir à un proche

Obscure obscurité                        Où est la lumière de l’espoir

Où est le port du salut             Pour le bateau du malheur

J’ai entendu la réponse           De l’écho du fracas

Et la casse des bois                 Il est mort et se repose

Traduit de l’arabe par Tahar Bekri

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Marche à Tunis pour la libération des prisonniers politiques

Le Comité de coordination des familles de prisonniers politiques a appelé à une marche de protestation ce samedi 14 février 2026 à partir de 15 heures au centre-ville de Tunis, sous le slogan «Trois ans de complot de l’Etat contre l’opposition» et ce à l’occasion du troisième anniversaire du lancement des enquêtes et du début des arrestations politiques dans l’«affaire de complot».

Dans son appel, ledit Comité écrit que cette date ne passera pas sans que ses membres descendent dans les rues pour «protester contre l’injustice, la tyrannie et la criminalisation de l’action politique, et pour exiger la libération des prisonniers politiques.»

«L’affaire de complot n’est qu’un prétexte pour fabriquer des accusations fallacieuses, instrumentalisant le complot comme bouc émissaire et outil de pouvoir. Elle sert à utiliser le système judiciaire pour éliminer les opposants politiques et terroriser la société, transformant ainsi le pays en une immense prison. Elle témoigne du complot du régime contre les libertés et la démocratie, de sa trahison des acquis de la révolution et du retour du peuple à la peur», lit-on dans l’appel.

En conséquence, le Comité de coordination des familles de prisonniers politiques appelle tous les Tunisiens, hommes et femmes, à participer à la marche de protestation qui débutera cet après-midi avec un départ à 15h00 de la place du Passage.

I. B.

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Energie, eau et IA au cœur de la coopération Tunisie – UE

La quatrième réunion du Comité mixte Union européenne-Tunisie pour la recherche et l’innovation s’est tenue à Tunis dans le cadre d’Horizon Europe. Elle a permis d’examiner les résultats de la participation de la Tunisie jusqu’en 2025 et d’élaborer le programme de travail 2026-2027.

Selon la délégation de l’UE en Tunisie, des représentants de plusieurs ministères tunisiens, dont ceux de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Agriculture, de la Santé, et de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, ont participé à la réunion et rencontré leurs homologues européens.

Les discussions ont porté sur les priorités thématiques liées aux énergies renouvelables, à la sécurité de l’eau et à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour une meilleure résilience agro-climatique.

Un intérêt spécifique a été consacré aux opportunités offertes aux PME et aux startups, notamment par le biais du Conseil européen de l’innovation et de l’accès aux écosystèmes d’innovation, y compris les mécanismes de financement de l’accélérateur EIC et les collaborations en technologies de pointe.

La Tunisie est associée à Horizon Europe en vertu d’un accord entré en vigueur le 9 juin 2022, avec effet rétroactif au 1er janvier 2021, et peut participer au programme dans les mêmes conditions que les États membres.

D’après les données de la Commission européenne (CE), le programme dispose d’un budget total de 95,5 milliards d’euros pour la période 2021-2027.

La CE indique également que, suite aux succès obtenus dans le cadre d’Horizon 2020, la Tunisie poursuit sa progression au sein d’Horizon Europe : 97 projets et 13,2 millions d’euros ont été obtenus dans le cadre d’Horizon 2020, et la Tunisie a participé à 52 subventions pour un montant d’environ 13 millions d’euros à ce jour. D’autres subventions sont en cours d’attribution.

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Démolition de vieux bâtiments au centre-ville de Tunis

Des agents de la municipalité de Tunis sont intervenus ce matin, samedi 14 février 2026, pour démolir les parties vétustes de plusieurs bâtiments menaçant de s’écouler sur les passants au centre-ville de la capitale.

Ces bâtiments sont situés rue Fadhel Sassi au quartier Tunis-Marine, rue 4159 à cité Saada (Ezzouhour), rue Cheikh Jebali et rue Cheikh Ismail Temimi à Bab Souika.

Le 29 juillet 2025, la municipalité de Tunis annonçait l’existence de plus de 1500 bâtiments menaçant ruine dont 500 risquant de tomber sur la tête de leurs habitants.

Les récentes intempéries et inondations ont aggravé l’état de vétusté d’un grand nombre de bâtiments et le risque a grandi de voir d’autres personnes écrasées sous des murs rendus fragiles par les écoulements. Ce qui a dicté l’urgence de l’action menée actuellement par la municipalité de Tunis consistant à démolir les bâtiments les plus menaçants.

I. B.  

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Médias tunisiens et argent européen | Quel gâchis !

Plus de 60 médias tunisiens ont bénéficié d’un accompagnement (financier, technique ou autre) de la part de l’Union européenne (UE) qui aurait dépensé dans cette opération entre 2021 et 2026 la somme de 5,3 millions d’euros (soit plus de 18 millions de dinars). Mais où est allé tout cet argent dont peu de gens ont vu la couleur ?

Ridha Kefi

Précisons d’abord que depuis sa création en 2010, Kapitalis a toujours refusé toute aide, qu’elle soit interne ou externe, afin de préserver son indépendance éditoriale et ne rien devoir à personne. Notre journal survit donc, du reste très difficilement, grâce aux faibles recettes publicitaires qu’il parvient encore à mobiliser auprès des annonceurs, majoritairement locaux.   

Kapitalis n’a donc, en aucune façon, pris le moindre sou de l’argent dépensé par le contribuable européen pour aider à la réforme et à la professionnalisation des médias tunisiens au lendemain de la soi-disant «révolution» de 2011, et qui doit s’élever à au moins le triple de la somme indiquée ci-haut.

Cependant, et tout en remerciant l’UE pour sa générosité et l’intérêt qu’elle semble accorder à la réussite du processus démocratique en Tunisie, où les médias sont censés jouer un rôle central, on est en droit de nous demander où tout les 5,3 millions d’euros ont-ils pu atterrir et s’ils ont servi à quoi que ce soit d’utile pour les Tunisiens, lesquels sont censés en voir bénéficié.  

Au vu de l’état lamentable de nos médias et de la très faible confiance que leur vouent les Tunisiens *, sachant que, 15 ans après la «révolution de la liberté et de la dignité», ces derniers continuent d’aller chercher la bonne information sur leur pays… dans les médias étrangers, et surtout occidentaux – les médias arabes étant logés à la même enseigne de la désinformation systématique et du mensonge officiel –, on est bien forcé de nous demander si l’argent dépensé par les Européens pour la réforme des médias tunisiens… n’a pas été jeté par le fenêtre.

Si j’étais un contribuable européen, j’aurais moyennement apprécié que mon argent si durement gagné soit ainsi dilapidé pour financer des programmes au profit des médias étrangers dont l’utilité – même pour ceux qui en bénéficient – est quasiment nulle.

Publication de la délégation de l’Union européenne à Tunis.

Quant à nous autres Tunisiens, notre transition démocratique, nous ne semblons pas encore pressés de la voir aboutir. On fait avec ce qu’on a. Traduire : on ne fait rien. On attend Godot…

* Selon un sondage réalisé en 2025, seuls 66% des Tunisiens font confiance à leurs médias, un taux atteignant 77,8 % chez les jeunes. Par ailleurs, 82 % des Tunisiens critiquent vivement les chroniqueurs de la télévision, qui reste le média le plus suivi.

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Tunisie | Légère reprise des exportations en janvier 2026

Le déficit commercial s’est allégé, à fin janvier 2026, pour s’établir à un niveau de (-1287,6MD), contre (-1764,6 MD) durant la même période de l’année 2025, d’après la note sur le Commerce extérieur aux prix courants pour janvier 2026 publié, jeudi 12 février 2026, par l’Institut National de la Statistique (INS).

Ce déficit provient du groupe des produits énergétiques de (-927,4 MD), des matières premières et demi-produits de (-433,1 MD), des biens d’équipement de (-324,7 MD) et des biens de consommations (-27,4 MD).

En revanche, le groupe alimentation a enregistré un excédent de (+424,9 MD).

D’autre part, il est à noter que le déficit de la balance commerciale hors énergie s’est réduit à (-360,3 MD), tandis que le déficit de la balance énergétique s’est établi à (-927,4 MD) contre (-1078,4 MD), durant le mois de janvier 2025.

Le taux de couverture a atteint un niveau de (80,4%) contre (74%) en janvier 2025.

Hausse des exportations de 5,4%

Les résultats des échanges commerciaux de la Tunisie avec l’extérieur aux prix courants, durant le mois de janvier 2026, montrent que les exportations ont atteint le niveau de 5298,7 MD contre 5025,7 MD, durant le mois de janvier 2025, enregistrant, ainsi, une hausse de 5,4%.

Selon les secteurs, les exportations ont enregistré une hausse remarquable dans le secteur de l’énergie de (+140%) sous l’effet de l’augmentation des ventes des produits raffinés (100,3 MD contre 28,5 MD). De même, le secteur des industries mécaniques et électriques a enregistré une hausse de (+6,4%) et le secteur des industries agro-alimentaires de (+1%) à la suite de l’augmentation des ventes en huiles d’olives (610,5 MD contre 518,4 MD).

Par ailleurs, les exportations ont enregistré une baisse dans le secteur mines, phosphates et dérivés de (-23,6%) et le secteur textile, habillement et cuirs de (-2,1%).

Pour les exportations tunisiennes vers l’Union Européenne, durant le mois de janvier 2026, (71,6% du total des exportations), elles ont atteint la valeur de 3791,4 MD contre 3413,8 MD, durant le mois de janvier 2025. Les exportations sont en hausse avec la France (+16,5%) et l’Italie (+3,3%). En revanche, elles ont baissé avec certains partenaires européens, dont l’Allemagne (-0,3%) et les Pays Bas (-21%). Vers les pays arabes, les exportations ont augmenté avec l’Égypte (+41,8%) et les Emirats Arabes Unis (+24,8). En revanche, elles ont baissé avec le Maroc (-67,3%), avec l’Algérie (-10,8%) et avec la Libye (-24,8%).

Diminution des importations de 3%

Quant aux importations, elles ont atteint le niveau de 6586,4 MD contre 6790,3 MD en janvier 2025, enregistrant, ainsi, une diminution de 3%.

Selon le groupement des produits, les importations ont enregistrée une augmentation au niveau des importations des biens d’équipement de (+6,9%) et les produits énergétiques de (+3,9%).

De même, les importations des biens de consommation sont en hausse de (+1,1%).

En revanche les importations des produits des matières premières et demi-produits sont en baisse de (-5,5%) et les produits alimentaires de (-32,5%).

En ce qui concerne les importations avec l’Union européenne (45,8% du total des importations), elles ont atteint 3017,9 MD contre 2830,3 MD durant le mois de janvier 2025.

Les importations ont augmenté avec la France (+50,6%) et avec l’Allemagne (+10,3%).

En revanche elles ont baissé avec l’Espagne (-6,7%) et avec les Pays Bas (-25,7%). Hors union européenne, les importations ont augmenté avec la Turquie (+4,7%) et l’Inde (+21,2%). En revanche elles ont enregistré une diminution avec la Russie (-70,2%) et la Chine (-7,5%).

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Synergies industrielles tuniso-italiennes à Monastir et Mahdia

L’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, a conduit une mission à Monastir et Mahdia, organisée en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie italo-tunisienne (Ctici). Plus de 100 entreprises italiennes, employant environ 8 000 personnes dans divers secteurs, ont participé à cette mission. Ainsi que Mourad Fradi, président de la Ctici, Isabella Lucaferri, directrice de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS Tunis), et Bernard Prevete, directeur de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ITA).

Latif Belhedi

L’ambassadeur Prunas a annoncé la mission sur ses réseaux sociaux, précisant qu’elle comprenait des visites auprès de nombreuses entreprises impliquées dans le partenariat économique italo-tunisien, la présentation de la dixième ligne de crédit de 55 millions d’euros du programme de coopération italienne destinée aux PME tunisiennes, ainsi qu’une visite du Centre de compétitivité Monastir-El Fejja.

«Plus de 100 entreprises italiennes, employant environ 8 000 personnes, sont implantées entre Monastir et Mahdia dans un large éventail de secteurs : de notre présence historique dans le textile à d’autres secteurs à forte valeur ajoutée», a souligné l’ambassadeur, concluant que «tous les acteurs du système italien en Tunisie travaillent à soutenir ce réseau entrepreneurial dynamique, expression de la confiance de l’Italie dans le potentiel de la Tunisie et dans la solidité de nos liens économiques».

Parmi les entreprises visitées, Sartex, qui, grâce à l’utilisation de technologies italiennes, a mis en place un système de purification et de réutilisation des eaux de lavage et de teinture, réduisant ainsi considérablement sa consommation d’eau.

Un exemple concret d’innovation et de coopération industrielle italienne à forte valeur ajoutée, au service de l’économie circulaire.

La réutilisation des eaux non conventionnelles est une priorité stratégique partagée par l’Italie et la Tunisie. Dans le secteur agricole, elle est au cœur du programme Tanit du plan Mattei pour lutter contre les effets du changement climatique et garantir la sécurité alimentaire.

Sartex.
MYC Beauty Innovation.

L’expérience de Sartex montre comment cette même priorité peut également trouver une application concrète dans les partenariats industriels italiens : institutions, coopération au développement et secteur manufacturier collaborent pour relever les grands défis environnementaux de notre époque.

Inaugurée le 28 janvier dernier au Centre de compétitivité Monastir-El Fejja, MYC Beauty Innovation Tunisia, une entreprise née de la collaboration italo-chinoise et qui place la Tunisie au cœur des intérêts économiques entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, confirmant son rôle stratégique dans les chaînes de valeur internationales.

Implantée sur 10 000 m², avec trois unités de production, MYC Beauty Innovation, qui ambitionne de créer 350 emplois d’ici 2026, est une entreprise phare dans le domaine de l’injection plastique pour les cosmétiques, où design, beauté et haute technologie se conjuguent pour offrir des produits innovants et respectueux de l’environnement.

Son inauguration s’était déroulée en présence de ses propriétaires, Andrea Perego et Wilson Chen, et du directeur général, Sami Ladjimi.

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Sultan bin Sulayem, le meilleur ami arabe de Jeffrey Epstein

La photo a fait le tour du globe et scandalisé le monde musulman. On y voit deux hommes, les mains dans les poches, qui se tiennent au pied d’un escalier et contemplent la kiswa, le tissu noir sur lequel des versets du Coran sont brodés en or et qui recouvre la Kaaba (cœur du lieu le plus sacré de l’islam). La kiswa est posée à même le sol. Les deux hommes sont le prédateur sexuel et agent du Mossad Jeffrey Epstein et un petit homme moustachu et très chétif, il s’agit de Sultan Ahmad bin Sulayem, membre de la classe dirigeante émiratie et inamovible PDG de DP World qui gère des ports de par le monde.

Imed Bahri

Le cliché a valu au responsable émirati un torrent d’insultes sur les réseaux sociaux. Cette photo est issue des trois millions de documents publiés par le Département américain de la Justice. On découvre une relation intime mêlant argent, politique, renseignement et sexe entre les deux hommes. Une vraie complicité. 

Une enquête accablante de Bloomberg révèle de nouveaux détails sur la relation longue et suspecte entre le PDG de DP World, et le pédophile mort en prison dans des conditions très suspectes en 2019 et dont la vie a été au confluent de la finance, de la politique, de l’espionnage et de la traite des blanches. Cette relation dépassait le cadre d’une simple connaissance ou d’une correspondance policée, elle s’est étendue sur plusieurs années et comprenait des messages intimes, des sous-entendus sexuels et des images pornographiques, ainsi que des tentatives de médiation pour conclure des accords, trouver des emplois, organiser des réunions et même obtenir des soins médicaux en Israël.

Un niveau élevé de complicité

Selon Bloomberg, Bin Sulayem figurait parmi les personnalités les plus influentes ayant entretenu une correspondance avec Epstein pendant une longue période, non seulement avant la première incarcération de ce dernier en 2008 mais pendant plus d’une décennie après.

Le journal rapporte que des mails rendus public par le Département de la Justice américain ainsi que des messages et des pièces jointes obtenus par l’agence l’été dernier, révèlent que la relation entre les deux hommes dépassait la simple courtoisie et atteignant un niveau élevé d’intimité, de vulgarité et de controverse.

Dans l’un des mails les plus accablants cités, Sultan bin Sulayem écrivait à Epstein en septembre 2015, évoquant une étudiante étrangère en échange universitaire à Dubaï : «Elle était fiancée, mais elle est de nouveau avec moi. J’ai eu des relations sexuelles exceptionnelles avec elle, son corps est incroyable».

Bloomberg considère ce langage explicite comme révélateur du caractère inhabituel de la relation entre un homme d’affaires international, à la tête d’un réseau portuaire mondial, et un homme formellement condamné pour crimes sexuels. Selon le journal, les messages montrent que les deux hommes ont échangé des contacts dans les milieux politiques, financiers et des affaires, ont tenté de faciliter des transactions entre eux et ont évoqué des personnalités influentes et des figures internationales.

Bloomberg rapporte qu’Epstein a œuvré pendant des années pour mettre Bin Sulayem en relation avec son réseau de personnalités fortunées et politiques. Parmi les noms figurant dans les documents, on trouve l’investisseur immobilier américain Andrew Farkas, qui, selon des documents du Département de la Justice américain, pourrait avoir été le premier point de contact entre Epstein et Bin Sulayem ; l’homme d’affaires Tom Pritzker, président de Hyatt Hotels Corporation, avec qui Epstein a tenté d’organiser une rencontre avec Bin Sulayem ; le milliardaire américain Leslie Wexner (anciennement propriétaire de la marque de lingerie de luxe Victoria’s Secret), dont Epstein a été le directeur financier durant 20 ans ; et le banquier Jes Staley, ancien cadre de JPMorgan puis PDG de Barclays, ayant par la suite été impliqué dans un scandale pour avoir dissimulé l’ampleur de sa relation avec Epstein.

Epstein, on le sait, n’était pas seulement un délinquant sexuel, mais un véritable intermédiaire qui mettait en relation financiers et politiciens, tissant ainsi des réseaux d’influence grâce à ses relations. Et Sultan bin Sulayem n’était pas président d’une seule entreprise, mais il a occupé à un moment donné deux postes importants : la direction de Dubaï Port World (communément appelé DP World) ; et la direction de sa société mère, Dubai World, le conglomérat public.

Echange de messages à caractère sexuel

De fait, il était responsable d’un vaste empire économique englobant l’immobilier et les services financiers avant de quitter son poste chez Dubai World en 2010, suite à la crise financière de Dubaï. Il a conservé la direction de DP World.

L’une des révélations les plus controversées de l’enquête de Bloomberg concerne l’échange d’images et de messages à caractère sexuel explicite. Bin Sulayem a envoyé à Epstein des photos de femmes nues, des blagues à connotation sexuelle et des messages aux sous-entendus explicites. Parmi ces messages figurait un message intitulé «merrychristmas.jpg», envoyé la veille de Noël 2007, qui contenait une photo de dix femmes seins nus sur une plage, accompagnée d’une légende sarcastique.

Bin Sulayem a également envoyé une autre image le soir du Nouvel An, montrant une femme nue de dos avec le nombre «2008» inscrit de manière suggestive sur son corps.

Ces messages font partie d’une archive de mails vérifiée et l’un des extraits les plus graves rapportés par le journal est une série de messages datant de novembre 2007 dans lesquels Bin Sulayem décrit sa rencontre avec un mannequin à New York. Il explique qu’après de nombreuses tentatives, il a finalement réussi à la rencontrer, mais qu’il a été surpris qu’elle cherche un emploi alors que lui souhaitait autre chose. Il écrit : «Il y a un malentendu… Elle veut un travail, alors que moi, je veux juste le plaisir !» D’après les documents, Epstein a répondu : «Dieu merci, il existe encore des gens comme toi»

Bloomberg estime que ce type de propos ne laisse aucun doute sur la nature de leur relation et sur la mentalité qui la sous-tendait. 

L’enquête confirme que les mails révèlent les tentatives répétées de Bin Sulayem de se rendre sur l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes, Little St. James, la même île qu’Epstein a par la suite été accusé d’utiliser comme plaque tournante du trafic sexuel et surnommée l’«île du vice»

De nombreux mails montrent que Bin Sulayem s’est renseigné sur la possibilité de visiter l’île, a demandé une coordination et a même tenté d’organiser son voyage en fonction de cela.

Des documents du département de la Justice américain ont également révélé des photos des deux hommes ensemble sur l’île, ainsi qu’un CD saisi par les autorités intitulé «Noël à Little St. James 2005 – Sultan» et qui contient des dizaines de photos de Bin Sulayem.

Bloomberg a remis sur le devant de la scène une affaire très sensible : l’acquisition en 2016 de l’île de Great St. James par le biais d’une société immatriculée aux Îles Vierges britanniques, où le nom de Bin Sulayem figurait comme «bénéficiaire effectif».

Le journal explique que la propriété de l’île par Epstein n’a été révélée que plus tard, lorsque son nom est apparu sur les permis d’utilisation du sol en tant qu’unique membre de la société.

Bien qu’un collaborateur de Bin Sulayem ait précédemment déclaré qu’Epstein avait demandé à utiliser son nom dans une transaction commerciale et que cette demande avait été refusée, Bloomberg affirme que des correspondances indiquent que Bin Sulayem était au courant de la propriété des deux îles par Epstein dès la fin de l’année 2016.

Selon Bloomberg, Bin Sulayem a écrit à l’ingénieur du projet Palm Jumeirah à Dubaï, décrivant Epstein comme suit : «Un ami proche et partenaire d’affaires, propriétaire de deux îles magnifiques dans les îles Vierges et qui souhaite y construire un complexe hôtelier privé pour lui, ses clients et ses amis uniquement»

Le journal souligne que cette simple phrase soulève des questions troublantes : comment un homme à la tête de l’une des plus importantes entités de Dubaï a-t-il pu qualifier Epstein –un délinquant sexuel condamné– d’ami proche et partenaire d’affaires ?

Ehud Barak entre en ligne

L’une des révélations les plus graves de l’enquête de Bloomberg est que les mails mettent en lumière un lien entre Ben Sulayem et l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, via Epstein. D’ailleurs, un mail datant de juin 2015 contenait un bref échange : «Ehud -Sultan. Sultan-Ehud»

Un porte-parole du bureau de Barak a déclaré que ce lien était né de la tentative de Barak d’apporter une aide médicale à un membre de la famille de Bin Sulayem en Israël en l’occurrence sa fille.

Il y a aussi un échange entre Bin Sulayem et Amir Elichai, ancien officier de l’unité 8200 de l’armée israélienne (chargée du cyber-espionnage) et aujourd’hui cadre de la société Carbyne pour un investissement émirati dans cette entreprise, ce qui fut fait par la suite. 

Ceci soulève une question politique extrêmement sensible : l’enquête de Bloomberg ne se contente pas d’évoquer des relations personnelles mais les relie à des réseaux d’argent, d’influence, de sécurité et de coordination médicale en Israël. Epstein n’était pas seulement un intermédiaire mais il intervenait également pour placer des personnes au sein des sociétés de Bin Sulayem dont certaines étaient des hôtels.

En janvier 2017, Epstein a demandé à Bin Sulayem de trouver un emploi chez DP World. Ce dernier a répondu que la personne pouvait être formée à la logistique.

En août 2017, Epstein a envoyé le CV d’une jeune Russe sans expérience, demandant si elle pouvait être embauchée dans un hôtel à Dubaï. Bin Sulayem a transmis le message au directeur d’un hôtel de luxe, en écrivant : «Pour plus d’informations, contactez Jeffrey»

Bin Sulayem a également tenté de trouver un emploi à une autre Russe dans un complexe hôtelier de luxe en Turquie, la présentant comme la «masseuse personnelle» d’Epstein.

Bloomberg a également révélé une correspondance complexe et inhabituelle concernant la demande de Bin Sulayem d’expédier 30 kits de test de paternité ADN à Dubaï via la résidence new-yorkaise d’Epstein, afin de contourner les restrictions. Cette demande a posé problème à 23andMe, qui a refusé la commande en raison du nombre important de kits et des difficultés de paiement rencontrées à Dubaï.

Dans un message publié par le Département de la Justice américain, Epstein suggérait d’utiliser un pseudonyme pour la commande : «Envoyez le kit 23andMe à Rashid Epstein»

Ces détails ont soulevé d’importantes questions quant à la finalité de ces tests, à leurs destinataires et aux raisons de cette démarche.

Dans une importante mesure de précaution, Bloomberg a confirmé avoir mené une série de tests sur l’authenticité des mails déjà obtenus l’été dernier. Il a notamment fait vérifier des métadonnées et des adresses électroniques, confronté des informations avec des preuves indépendantes, et s’est assuré de l’absence d’incohérences pouvant suggérer une falsification. Conclusion : les mails sont «hautement authentiques» et aucun signe évident de manipulation n’a été décelé.

Selon Bloomberg, la liaison entre Bin Sulayem et Epstein ne se limite pas à une simple correspondance privée, mais révèle un vaste réseau d’influence englobant : argent, sexe, relations politiques, influence dans les affaires, emploi de femmes, îles privées, projets de complexes hôteliers et liens avec Israël et les États-Unis. Et ce qui a été révélé jusqu’à présent ne représente qu’une infime partie d’archives considérables.

Les détails mis au jour ont relancé une question cruciale: comment un homme à la tête de l’empire Dubai Ports World a-t-il pu continuer à correspondre avec Epstein de cette manière, sollicitant ses services, échangeant des photos et des remarques suggestives et planifiant des visites sur son île… après le premier séjour de ce dernier en prison en 2008 ?

Hier, vendredi 13 février 2026, l’inamovible Sultan bin Sulayem a enfin été démis de ses fonctions à la tête DP World. Cette décision semble avoir été prise par les autorités émiraties après que deux grands investisseurs dans l’entreprise ont suspendu leurs investissements respectifs, il s’agit de la Caisse de dépôt et placement du Québec (Canada) et British International Investment (Royaume-Uni).

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Drogue à l’école | Faisons des victimes potentielles des acteurs de la prévention

L’appel du président de la République, le mardi 11 février 2026, à une mobilisation nationale contre la drogue en milieu éducatif a relancé un débat que beaucoup de familles vivent déjà au quotidien. Derrière les chiffres et les discours officiels, il y a des familles fragilisées, des parents inquiets, du personnel éducatif de terrain souvent démuni et surtout des ados et des jeunes confrontés, parfois très tôt, à des réalités qui les dépassent.

Tarek Kaouache *

La présence de substances psychoactives à l’intérieur et aux abords des établissements éducatifs constitue une menace réelle pour nos enfants, nos ados et nos jeunes, pour leurs familles et pour la cohésion sociale dans son ensemble. Personne ne peut nier l’aggravation de la situation ces dernières années. Il faut d’ailleurs reconnaître que ce phénomène ne concerne plus uniquement les garçons : il touche également, et de plus en plus, les filles. Longtemps moins visibles, les conduites à risque féminines ont été sous-estimées ; leur progression révèle des mutations sociales profondes, où les modèles de consommation, les pressions et les vulnérabilités évoluent aussi pour les adolescentes.

Face à ce défi, une question s’impose : la réponse peut-elle se limiter à davantage de contrôle et à quelques séquences ou affiches de sensibilisation ajoutées aux programmes ?

Aller au-delà du tout sécuritaire

Renforcer la sécurité autour des établissements est nécessaire. Démanteler les réseaux de trafic est indispensable. Mais l’expérience montre qu’aucune stratégie exclusivement sécuritaire ne suffit, surtout lorsqu’il s’agit d’ados et de jeunes.

À cet âge, on cherche à s’affirmer, à tester les limites, à appartenir à un groupe. L’influence des pairs est déterminante. Un message venu «d’en haut», même pertinent, peut être accueilli avec distance, non par rejet systématique, mais parce que la jeunesse se construit aussi dans l’autonomie et la confrontation.

Il devient donc essentiel de changer de regard : ne plus considérer les ados et les jeunes uniquement comme des publics à protéger, mais comme des partenaires capables d’agir.

Responsabiliser plutôt que surveiller

Confier à des élèves et étudiants un rôle actif dans la prévention — médiateurs pairs, ambassadeurs de santé, animateurs de clubs — n’est pas un simple affichage. C’est un choix éducatif fort.

Il est important de le dire clairement : cette mission n’a rien à voir avec la délation. Il ne s’agit pas de transformer les ados et les jeunes en surveillants de leurs camarades, mais en relais de prévention, en soutiens attentifs capables d’écouter, d’alerter avec discernement et d’encourager un camarade en difficulté à se tourner vers un adulte de confiance.

La confiance responsabilise. Lorsqu’un ado ou un jeune se voit confier une telle mission, il se sent reconnu. Il n’est plus seulement destinataire d’un message ; il en devient acteur. Cette reconnaissance renforce l’estime de soi et le sens des responsabilités.

On banalise plus difficilement un comportement que l’on combat publiquement. En portant un message de prévention, l’ado ou le jeune l’intègre à son identité et devient plus attentif à ses propres choix. Cette cohérence intérieure constitue une protection bien plus durable que la seule crainte de la sanction.

Ces engagements développent en outre des compétences essentielles : écouter, argumenter, résister à la pression du groupe, prendre la parole. La prévention devient alors un apprentissage concret de la citoyenneté.

La force de la parole entre pairs

Il ne faut pas sous-estimer l’impact d’une parole échangée entre ados et jeunes. Dans une cour d’établissement, dans un club ou sur un groupe de discussion, un témoignage sincère peut peser davantage qu’un discours institutionnel.

Un conseil donné par un camarade est souvent perçu comme plus authentique qu’une injonction officielle. Il peut ouvrir un dialogue, dissiper une fausse idée, éviter une première expérimentation. Cette proximité crée une crédibilité que les campagnes classiques peinent parfois à atteindre.

Partout où la prévention par les pairs a été structurée, les résultats ont montré que lorsque les ados et les jeunes participent à la conception et à l’animation des actions, ils ne se contentent pas de répéter un message : ils se l’approprient.

Construire une stratégie participative

Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et participation. La protection des établissements et la lutte contre les réseaux doivent être conduites avec fermeté. Mais elles gagneraient en efficacité si elles s’accompagnaient d’une politique structurée de participation des ados et des jeunes :

– former des médiateurs pairs au sein des établissements ;

– encourager la création de clubs de prévention animés par des ados et des jeunes ;

– associer les organisations de jeunesse à la conception des campagnes ;

– ouvrir des espaces de parole réguliers, sans crainte de jugement.

Impliquer les ados et les jeunes ne les expose pas ; cela les renforce et consolide le tissu éducatif.

Accompagner et protéger sans infantiliser

La lutte contre la drogue dans les établissements de l’enseignement est un enjeu majeur pour notre société. Mais protéger ne signifie pas infantiliser. La jeunesse tunisienne n’est ni naïve ni indifférente. Elle a besoin d’écoute, de repères clairs et de responsabilités assumées.

Faire des ados et des jeunes des acteurs de la prévention, c’est parier sur leur intelligence et leur sens moral. C’est reconnaître qu’ils peuvent être une partie essentielle de la solution.

Une réponse durable suppose de conjuguer fermeté, pédagogie et confiance. C’est en associant pleinement les ados et les jeunes à l’effort collectif que nous construirons une prévention crédible, vivante et réellement efficace.

Texte rédigé avec le recours à l’IA.

* Parent inquiet et engagé.

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A la découverte des synergies tuniso-françaises à Bizerte

Le 13 février 2026, une délégation conduite par la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF) a effectué une visite dans le gouvernorat de Bizerte pour prendre connaissance et mettre en exergue les synergies industrielles franco-tunisiennes dans cette région.

Lotfi Sahli

Première étape à Utique, au sein des sociétés Elec’Recyclage et DID Recyclage. Implanté en Tunisie depuis 2008, le groupe Elec’Recyclage s’est imposé comme un acteur majeur de l’économie circulaire. Sa filiale DID Recyclage, dédiée aux déchets industriels dangereux, illustre la montée en gamme des solutions environnementales proposées aux industries exportatrices. Une démonstration concrète d’un savoir-faire structuré autour des normes internationales et du développement durable.

Adapter les dispositifs aux besoins des unités industrielles

Cap ensuite sur la zone industrielle d’El Azib pour la visite du site tunisien de BIC. Créée en 2013 grâce à un investissement de 12 millions d’euros, l’unité produit des instruments d’écriture destinés aux marchés internationaux. Forte de plus de 500 collaborateurs, dont 60 % de femmes, l’entreprise poursuit aujourd’hui un ambitieux programme d’extension. En parallèle, le Pôle de compétitivité de Bizerte a présenté son projet de certification ISO 14001, renforçant l’attractivité environnementale du parc industriel.

La délégation s’est ensuite rendue à Zarzouna pour découvrir Interstrap, spécialisée dans la maroquinerie industrielle, et Lift & Lash, fabricant de textiles techniques pour le levage, filiale du groupe français PMS Industrie. Deux entreprises illustrant la diversité et l’ancrage international du tissu industriel bizertin.

Cette visite avait pour objectif d’identifier précisément les besoins des unités industrielles afin d’adapter des dispositifs d’accompagnement efficaces. Investissement, modernisation technologique, transition environnementale et soutien à l’export figuraient parmi les priorités évaluées. La démarche, résolument pragmatique, reposait sur l’écoute, le diagnostic et l’action, au plus près des réalités du terrain.

Partenariat institutionnel et coopération bilatérale

La délégation de la CCITF était conduite par le président Khelil Chaibi, entouré d’une équipe renforcée de hauts cadres de l’ambassade de France en Tunisie, mobilisés sous la houlette de l’ambassadrice Anne Guéguen.

Cette forte présence institutionnelle a conféré à la visite une portée stratégique, illustrant la solidité du partenariat franco-tunisien et l’engagement en faveur du développement industriel régional. Au-delà du symbole, elle a réaffirmé que la coopération bilatérale demeure essentielle pour stimuler l’investissement, l’innovation et la compétitivité des entreprises à Bizerte.

La journée s’est conclue dans un hôtel de la place par une rencontre institutionnelle réunissant les principaux acteurs publics et privés du gouvernorat.

Arnaud Guigné, chef du service économique régional, a brossé un panorama dense des relations historiques, économiques et culturelles qui unissent la France et la Tunisie. Axant son intervention sur les échanges commerciaux bilatéraux, il a étayé son propos par des chiffres révélateurs de l’ampleur du partenariat.

Le volume des échanges entre les deux pays atteint ainsi 12 milliards d’euros, soit près de 20 % du produit intérieur brut tunisien. Un niveau qui illustre l’intensité et la structuration des flux commerciaux entre les deux rives. Il a également souligné que la balance commerciale affiche un déficit d’environ 1,8 milliard d’euros pour la France.

Dans ce paysage économique, la France demeure le premier client de la Tunisie et son troisième fournisseur, confirmant son rôle central dans les équilibres commerciaux du pays. Par ailleurs, quelque 1 600 entreprises à participation française, recensées par la Foreign Investment Promotion Agency (Fipa), opèrent en Tunisie, représentant près de 77 000 emplois en 2022. Autant d’indicateurs qui témoignent de la profondeur et de la solidité d’un partenariat stratégique appelé à se renforcer.

Facturation électronique et modernisation économique

Le marathon de cette dense journée a été couronné par l’intervention de Mustapha Mezghani, directeur général de la Technopole de Sfax et ancien PDG de Tunisia TradeNet, venu éclairer l’assistance sur les enjeux de la facturation électronique.

Il a présenté le processus de la facturation électronique : émission via une plateforme agréée, transmission sécurisée à l’administration fiscale, validation numérique et archivage garantissant traçabilité et intégrité. Ce système dématérialisé réduit erreurs et délais, tout en renforçant transparence et lutte contre la fraude. L’adhésion des entreprises est essentielle. Si les grandes structures sont prêtes, les PME devront moderniser leurs outils et former leurs équipes. Coûts, résistance au changement et besoin d’accompagnement constituent des défis, mais la réforme demeure un levier majeur de modernisation et de crédibilité économique.

Une discussion enrichissante a suivi la présentation, marquée par une participation active de l’assistance. Plusieurs intervenants ont exprimé leurs préoccupations quant aux implications concrètes de cette loi, soulevant des questions relatives aux délais d’application, aux coûts d’adaptation et à l’accompagnement prévu pour les entreprises.

À une question posée à M. Mezghani en marge de la réunion sur sa conviction envers la facturation électronique, il a répondu que, bien qu’il ait été l’un des promoteurs de cette initiative sous le ministre des Finances feu Slim Chaker, il garde son enthousiasme, mais il faut lui laisser assez de temps pour bien préparer le terrain à son application.

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Star Assurances | Cinq produits plébiscités «Produit de l’Année 2026»

Pour Star Assurances, leader du marché des assurances en Tunisie, l’excellence ne se mesure pas seulement en chiffres, mais aussi en confiance renouvelée. À l’issue de l’enquête indépendante de l’Institut El Amouri, cinq produits phares de la compagnie ont été labellisés «Produits de l’Année 2026».

Ces distinctions, directement attribuées par les consommateurs, récompensent une stratégie où solutions sur mesure et technologie se mettent au service du quotidien et de la satisfaction des clients.

Une reconnaissance ancrée dans le quotidien

Au-delà de la performance technique, ce label reflète une relation de proximité. Dans un secteur en pleine mutation, Star Assurances se positionne comme un véritable partenaire de vie, présent aux côtés de ses clients à chaque étape.

Cette année, les Tunisiens ont mis en lumière une offre complète qui protège ce qu’ils ont de plus précieux :

  • Épargne 7ayya – Assurance vie : Bien plus qu’un produit financier de défiscalisation, un levier de sérénité pour bâtir les projets de demain.
  • MyStar – Application mobile : L’innovation utile qui simplifie la vie et garde l’assureur à portée de main, à tout instant.
  • Trik Esslama – Assurance auto : Pour que la route reste un espace de sécurité et de tranquillité d’esprit.
  • Dar Esslama – Assurance multirisque habitation (MRH) : Une protection complète du foyer, sanctuaire de la vie familiale.
  • StarCare – Assurance individuelle nationale : Une réponse concrète et humaine aux besoins de santé, adaptée aux réalités locales.

Une performance qui s’inscrit dans la durée

La gamme de produits de la Star célèbre sa cinquième année consécutive au sommet des préférences et de la confiance. Dans un marché toujours plus exigeant, cette fidélité historique prouve que la Star ne se contente pas de répondre aux attentes : elle anticipe pour mieux protéger.

Véritable référence du secteur, Star Assurances consolide en 2026 son leadership et sa mission de partenaire de vie, agissant avec détermination pour la protection et l’avenir de tous ses assurés.

Communiqué.

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Que dit l’affaire Epstein sur l’évolution des réseaux criminels ?

On ne pourrait peut-être jamais dire un jour que tout a été dit à propos de l’affaire Epstein. Et telle que l’affaire est traitée par les autorités judiciaires et les médias dominants, on ne saurait sans doute jamais tout sur cette affaire dont des pans entiers semblent destinés à rester dans l’ombre. Mais que dit cette affaire sur l’évolution des réseaux criminels dans le monde d’aujourd’hui ? 

Med-Dahmani Fathallah *

L’organisation Epstein est structurée en holding avec des ramifications qu’on découvre jour après jour. C’est un conglomérat d’affaires imbriquées où les formes les plus abjectes du crime sont associées à la politique, au business, à la finance, à l’espionnage, à la culture et même à la philanthropie. Cette affaire nous offre un instantané de l’état du monde moderne à l’aube de ce millénaire. Ce monde complexe porté par la science et la technologie mais qui nous offre beaucoup plus de déceptions que de satisfactions. Comment appréhender ce stade de l’évolution de l’humanité sachant qu’Epstein n’est que la partie visible de l’iceberg et que ce qui a été révélé à ce jour est loin de refléter l’ampleur de cette affaire criminelle et ses répercussions sur l’ordre mondial.

Il est impératif de cesser de la considérer comme une simple affaire criminelle que l’on va rapidement dépasser et oublier, même si le président Trump, qui y est lui-même impliqué, insiste pour qu’on passe à autre chose.

Il est impératif aussi d’analyser cette affaire tant qu’elle est encore à la Une de l’actualité et avant que les puissantes parties concernées ne parviennent à la noyer dans le brouhaha de la vulgarité et de l’insignifiance.

Un miroir déformant de notre société

L’affaire Epstein, dans sa complexité, est le miroir de notre évolution sociétale. Elle participe d’une démarche et d’un plan qui visent à capitaliser sur toutes le formes de perversité et de déviance, interdites ou tolérées.

Commençons par examiner la genèse et l’évolution des organisations criminelles, aujourd’hui mondialisées.

Au début du XXe siècle, des groupes comme Cosa Nostra ou les Triades naissent d’une carence de l’Etat. Dans des zones où la loi est absente ou injuste, ces groupes proposent une «protection» et une justice parallèle. La structure est basée sur les liens du sang ou du serment. L’appartenance à une «famille» ou une «fraternité» constitue le levier psychologique qui comble le vide identitaire et/ou social et donne une légitimité au groupe ainsi constitué autour du crime.

​Avec l’industrialisation des États-Unis (1920-1980), la prohibition, c’est-à-dire l’interdiction légale de fabriquer, vendre ou transporter de l’alcool, a été le catalyseur de la «professionnalisation». Le crime a appris la logistique, la gestion des stocks et la corruption systémique des forces de l’ordre. On passe de la violence de rue à sa gouvernance corporatiste («Syndicat du crime»).

​Avec les ruptures technologiques et financières amorcées dans les 1990, le crime a commencé à s’intégrer dans les structures sociétales. De nos jours, il est devenu totalement «liquide». Il s’est adapté à la mondialisation plus vite que les institutions légales. Les cartels et les mafias fonctionnent désormais en réseaux. Ils confient la gestion logistique à des gangs locaux, le blanchiment d’argent à des experts financiers, et la cybercriminalité à des hackers interntionaux. C’est le principe même de l’externalisation. La frontière entre économie légale et économie illégale est devenue poreuse. Le crime investit dans l’immobilier, la gestion des déchets ou les énergies renouvelables. Il adopte avec succès le concept d’«infiltration»

​Pour jouer son rôle et lutter contre le crime, l’Etat a d’abord développé une réponse répressive qui a rapidement montré ses limites (c’est le «paradoxe de l’hydre» : couper une tête en fait repousser d’autres). Il a fallu développer une stratégie multidimensionnelle basée sur la mise en place d’un nombre de garde-fous pour prétendre à un certain niveau d’efficacité.

Le principal garde-fou est économique. C’est la traque de l’argent sale. Le talon d’Achille du crime organisé est en effet son besoin d’injecter l’argent sale dans le circuit légal. Il a fallu donc généraliser la transparence pour pouvoir pourchasser les bénéficiaires des flux financiers douteux cachés derrière des sociétés écrans. On a aussi imposé la taxation inversée en renforçant les lois sur les «biens mal acquis», obligeant les individus à prouver l’origine licite de leurs actifs.

Le second garde-fou est social. Il s’agit de réoccuper les terrains perdus ou abandonnés par l’Etat, sachant que le crime prospère là où l’Etat recule. On a donc tenté de briser le prestige social du criminel en offrant des alternatives économiques dans les zones de non-droit par l’instauration de programmes d’éducation et d’insertion. On a aussi travaillé à restaurer la confiance envers les institutions, en instaurant une justice de proximité, afin que le citoyen n’ait plus besoin de la «protection» criminelle.

Le dernier garde-fou est psychologique, par la démystification des certaines pratiques criminelles qui instrumentalisent l’art, le cinéma, la musique ou les réseaux sociaux pour recruter. Dans ce contexte, des campagnes sont menées pour montrer la réalité sordide du monde du crime (trahisons, violences, règlements de comptes…).

Il y a aussi les protocoles de protection des repentis mis en place pour créer des «portes de sortie» psychologiques et juridiques robustes pour les anciens criminels et pour venir à bout de l’omerta (ou loi du silence) dont se drapent les barons.

Cependant, l’efficacité de ces garde-fous reste à évaluer face à l’internationalisation des organisations criminelles. Tant qu’il n’y aura pas une harmonisation des législations anti-mafia (sur le modèle de l’article 416-bis du code pénal italien), les organisations continueront d’utiliser les failles juridiques dans certains pays.

Les criminels à la table des décideurs

L’organisation Epstein appartient à ce modèle criminel moderne, qui bénéficie du recul de l’Etat de droit face aux intérêts privés. Elle agit comme un réseau global présent dans toutes les plus sphères politiques, économiques et sociales. Ses membres, qu’ils en soient conscients ou pas, vont du haut responsable piégé aux plus pervers des complices. Les présomptions de liens de cette organisation avec de puissantes agences internationales de renseignement restent certes à prouver, mais ses liens avec des personnalités politiques de haut rang sont avérés. Ces derniers étaient parfois plus que des complices : ils jouaient aussi un rôle de facilitateurs et de protecteurs. 

La dimension globale de l’organisation facilitait les opérations. Les victimes étaient déplacées entre des îles privées, Dubaï, Paris, New York et la Floride, utilisant les failles juridiques et la mobilité internationale pour échapper à la surveillance, illustrant parfaitement le défi de la coopération supranationale.

La personnalité d’Epstein a aussi joué un rôle prépondérant dans le succès de son organisation criminelle. Il disposait d’une très grande fortune dont il va falloir déterminer les origines exactes et jouissait d’un grand charisme et d’une solide culture cosmopolite.

A la lumière de ce qui précède, l’affaire Epstein montre que le crime organisé ne cherche plus seulement à s’opposer à l’Etat et à le remplacer là où il est absent. Le criminel ne se cache plus ; il dîne à la table des décideurs, il est lui-même décideur.

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La famille comme dernier filet social

Dans un monde traversé par des crises économiques récurrentes, des mutations profondes du travail et un affaiblissement progressif des systèmes publics de protection sociale, la famille s’impose de plus en plus comme le dernier filet social. Là où l’État peine à garantir la sécurité matérielle, l’accès à l’emploi et la protection contre la précarité, ce sont les solidarités familiales qui absorbent les chocs. Cette fonction, souvent idéalisée, repose pourtant sur des équilibres fragiles, des sacrifices invisibles et une redistribution informelle des charges sociales, dont les retraités constituent aujourd’hui l’un des piliers majeurs.

Zouhaïr Ben Amor *

Avant l’avènement de l’État-providence, la famille représentait la principale institution de protection contre les aléas de l’existence : maladie, vieillesse, chômage, orphelinat. Les travaux historiques de Laslett et Wall (1972) montrent que les sociétés préindustrielles reposaient largement sur des mécanismes d’entraide intergénérationnelle, structurés par la parenté et la proximité résidentielle.

Même après l’émergence des systèmes publics de sécurité sociale au XXᵉ siècle, la famille n’a jamais disparu de ce paysage. Elle est restée un acteur complémentaire, intervenant là où les dispositifs institutionnels ne pouvaient répondre à la singularité des situations individuelles.

Dans de nombreuses sociétés du Sud, cette complémentarité s’est transformée en substitution : la famille ne complète plus l’État, elle le remplace souvent (Antoine, 2000).

Le retrait progressif de l’État social

Depuis les années 1980, les politiques d’ajustement structurel, la libéralisation des économies et la réduction des dépenses publiques ont fragilisé les systèmes de protection sociale, y compris dans les pays qui en disposaient historiquement (Harvey, 2005). Le chômage de masse, l’extension du travail précaire et l’informalité ont réduit la capacité des individus à se projeter dans un avenir sécurisé.

Dans ce contexte, la famille devient une zone tampon : elle absorbe le choc du chômage, soutient les parcours éducatifs prolongés, compense l’insuffisance des salaires et pallie l’accès inégal aux soins. Comme le souligne Robert Castel (1995), la désaffiliation sociale ne conduit pas immédiatement à l’exclusion tant que les liens familiaux tiennent.

Les formes contemporaines de solidarité familiale

Soutien matériel et financier : la solidarité financière intrafamiliale est aujourd’hui massive. Transferts d’argent, cohabitation prolongée, mutualisation des dépenses sont devenus des stratégies de survie. Bettio et Villa (1998) montrent que dans les contextes de chômage structurel, les familles redistribuent les ressources internes pour maintenir un minimum de stabilité sociale.

Travail du soin non rémunéré : la prise en charge des enfants, des personnes âgées, des malades ou des personnes en situation de handicap repose largement sur la famille. Ce travail, majoritairement assuré par les femmes, constitue un pilier invisible de l’économie (Benería, 2003). Hochschild et Machung (1989) parlent à ce propos de «seconde journée de travail», souvent épuisante et socialement dévalorisée.

Soutien moral et identitaire : au-delà de l’aspect matériel, la famille demeure un espace de reconnaissance, d’appartenance et de continuité symbolique. Dans des sociétés marquées par l’incertitude, elle offre un cadre de sens et une protection psychologique essentielle.

Les retraités : nouveaux amortisseurs sociaux

La pension comme revenu stable du foyer : dans de nombreux pays, et particulièrement en Tunisie, la pension de retraite représente l’un des rares revenus réguliers et prévisibles. Alors que les jeunes générations sont confrontées au chômage, à la précarité ou à l’informalité, ce revenu destiné à assurer la dignité de la vieillesse devient une ressource collective.

Il n’est plus exceptionnel qu’un retraité assure, partiellement ou totalement, la subsistance de deux, voire trois membres de sa famille : enfants adultes sans emploi, jeunes diplômés en attente, petits-enfants scolarisés. La pension sert alors à couvrir les dépenses fondamentales : alimentation, loyers, soins médicaux, frais scolaires et transport.

Guillemard (2010) souligne que cette situation marque une inversion du contrat intergénérationnel : ce ne sont plus les actifs qui soutiennent les retraités, mais les retraités qui soutiennent les actifs — ou les exclus du marché du travail.

Une solidarité contrainte qui n’est ni contractualisée ni reconnue. Elle repose sur une obligation morale profonde : ne pas abandonner les siens. Pourtant, elle a un coût élevé : l’appauvrissement progressif des retraités, dont la pension est diluée ; les renoncements aux soins, par manque de moyens ; et la disparition du temps de repos, la retraite devenant une période de gestion permanente de la précarité familiale.

Selon Castel (1995), cette situation illustre la transformation silencieuse de la protection sociale : l’État délègue implicitement aux familles — et en particulier aux personnes âgées — la responsabilité de la cohésion sociale.

Les coûts invisibles de la solidarité familiale

La solidarité familiale, si essentielle soit-elle, repose sur des charges humaines souvent invisibles : Inégalités de genre, les femmes assumant la majorité du travail domestique et de soin ; pressions normatives, qui limitent les choix individuels ; et épuisement psychologique, notamment chez les aidants familiaux âgés (Schulz & Sherwood, 2008).

Cette solidarité, lorsqu’elle n’est pas soutenue par des politiques publiques, peut devenir un facteur de vulnérabilité supplémentaire.

Urbanisation, mobilité géographique, recomposition des ménages, individualisation des trajectoires modifient profondément les formes de solidarité (Beck & Beck-Gernsheim, 1995). Si la famille reste un refuge, ses capacités d’absorption ne sont pas infinies. Plus la précarité se prolonge, plus les tensions internes augmentent.

Famille et politiques sociales : une complémentarité nécessaire

Comme le montre Esping-Andersen (1990), les sociétés qui reposent excessivement sur la famille tendent à reproduire les inégalités sociales et générationnelles. À l’inverse, les modèles où l’État investit dans les services publics (santé, éducation, garde, aide aux aidants) permettent de libérer la solidarité familiale de sa fonction de survie pour lui redonner une fonction de lien.

Reconnaître le rôle des familles implique donc la valorisation du travail de soin, le soutien aux aidants familiaux, notamment retraités, et le renforcement des services publics de proximité.

En guise de conclusion

La famille demeure aujourd’hui le dernier filet social, celui qui empêche la chute brutale dans la misère lorsque les institutions publiques faiblissent. Mais cette fonction de protection ne s’est pas construite par hasard. Elle est l’héritage direct des sociétés agraires, où la terre constituait un capital transmissible, partagé et travaillé collectivement par plusieurs générations. Dans ce modèle, la solidarité familiale n’était pas seulement une valeur morale : elle était une nécessité économique. La survie dépendait de la coopération entre parents, enfants et aînés, et la continuité du patrimoine assurait une forme de sécurité intergénérationnelle.

Or, à mesure que les sociétés s’éloignent de la terre et s’urbanisent, ce socle matériel de la solidarité s’effrite. La terre, support de transmission et d’ancrage, est remplacée par des revenus monétaires instables, des emplois précaires et des parcours professionnels discontinus. La famille continue alors d’assumer un rôle de protection, mais sans capital productif à redistribuer, uniquement à partir de revenus fixes et souvent modestes, comme les pensions de retraite.

C’est dans ce contexte que les retraités deviennent les garants silencieux de la survie économique de plusieurs générations. Leur pension, conçue pour assurer une vieillesse digne, se transforme en revenu collectif, compensant le chômage, la précarité et l’insuffisance des politiques publiques. Cette solidarité, profondément ancrée dans la culture, est pourtant mise à rude épreuve : elle repose sur des épaules vieillissantes, sans renouvellement assuré.

À long terme, une question fondamentale se pose : une solidarité familiale héritée de l’économie agraire peut-elle survivre durablement dans une société urbaine, individualisée et monétarisée ? Rien n’est moins sûr. Plus les liens à la terre se rompent, plus la mobilité fragmente les familles, plus les ressources se raréfient, plus cette solidarité risque de s’affaiblir, voire de se rompre.

Penser une société juste aujourd’hui implique donc de ne pas sacraliser la famille comme substitut éternel à l’État, mais de reconnaître que ce modèle de solidarité a des racines historiques précises et des limites structurelles. Soutenir la famille, c’est aussi construire des politiques sociales capables de prendre le relais là où l’héritage agraire ne peut plus jouer son rôle. Une société digne est celle qui n’abandonne ni ses jeunes à l’attente sans fin, ni ses anciens à la charge de porter seuls le poids d’un monde qui a changé.

* Universitaire.

Références bibliographiques :

Antoine P. (2000). Famille et solidarités en Méditerranée. Presses Universitaires.

Beck U., Beck-Gernsheim E. (1995). The Normal Chaos of Love. Polity Press.

Benería L. (2003). Gender, Development and Globalization. Routledge.

Bettio F., Villa P. (1998). Foundations of Care. Social Policy Review.

Castel R. (1995). Les métamorphoses de la question sociale. Fayard.

Esping-Andersen G. (1990). The Three Worlds of Welfare Capitalism. Princeton.

Guillemard A.-M. (2010). Vieillissement et protection sociale. PUF.

Harvey D. (2005). A Brief History of Neoliberalism. Oxford.

Hochschild A., Machung A. (1989). The Second Shift. Viking.

Laslett P., Wall R. (1972). Household and Family in Past Time. Cambridge.

Schulz R., Sherwood P. (2008). Family Caregiving. American Journal of Nursing.

Sen A. (1999). Development as Freedom. Oxford University Press.

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La crise de la gestion des déchets en Tunisie

Sans réformes décisives et investissements soutenus, le problème de la gestion des déchets en Tunisie ne fera que s’aggraver. Ces réformes concernent les incitations financières et les approches inclusives qui transforment les déchets, d’un fardeau environnemental, en une ressource économique.

Latif Belhedi

La Tunisie est confrontée à une urgence environnementale croissante qui compromet sa voie vers un développement durable. Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé «Gestion des déchets au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», publié le 26 janvier 2026, notre pays devra accroître considérablement ses investissements dans la gestion des déchets pour atteindre l’objectif de développement durable 11.6.1, qui vise à réduire l’impact environnemental des villes.

Les dépenses annuelles du secteur s’élevaient à 141 millions de dollars américains en 2022, soit environ 65 dollars américains par tonne de déchets. D’ici 2050, ce chiffre devra atteindre 498 millions de dollars américains, soit environ 1,55 milliard de dinars tunisiens, afin de faire face à l’augmentation des volumes de déchets et d’améliorer la qualité du service.

Ce défi est aggravé par la croissance rapide de la production de déchets solides municipaux, qui devrait doubler, passant de 3 millions de tonnes en 2022 à 6 millions de tonnes d’ici 2050.

Dégradation de l’environnement

Le rapport de la Banque mondiale, préparé par ses experts pour la période 2025-2026 avec le soutien de Problue et du Mécanisme d’appui au climat, révèle l’ampleur de la pression exercée sur le système de gestion des déchets tunisien : chaque Tunisien produit en moyenne 0,80 kilogramme de déchets par jour.

Malgré un taux de collecte relativement élevé de 72 %, les inefficacités et les lacunes dans le traitement et l’élimination des déchets engendrent déjà des coûts importants. La dégradation de l’environnement liée à une gestion inadéquate des déchets est estimée à 155 millions de dollars par an, soulignant les conséquences économiques et écologiques de l’inaction.

Efficacité, recyclage et valorisation

Sur le plan institutionnel, la Tunisie est actuellement classée en DB3 «Extension des services», ce qui signifie que son système de gestion des déchets est encore axé sur le développement des services de base. L’objectif à long terme est d’atteindre le niveau DB8, un stade plus avancé où la gestion des déchets est pilotée par des mécanismes fiscaux et réglementaires incitatifs qui favorisent l’efficacité, le recyclage et la valorisation des ressources.

Dans un registre plus positif, la Tunisie se distingue au niveau régional par son taux de compostage des déchets organiques, qui dépasse les 5 % – une performance atteinte par seulement une poignée de pays de la région, dont le Qatar et le Liban. Cela révèle un potentiel encore inexploité pour le développement à grande échelle des pratiques d’économie circulaire.

Le rapport met également en lumière le secteur informel de la gestion des déchets en Tunisie, qui emploie environ 8 000 travailleurs, appelés localement «barbechas», soit environ 66 travailleurs pour 100 000 habitants. Ces acteurs informels jouent un rôle essentiel dans la valorisation des matériaux, et la Banque mondiale recommande une meilleure intégration de ces travailleurs dans les systèmes formels de gestion des déchets afin d’améliorer le recyclage, leurs conditions de vie et la valorisation globale des ressources.

Ces constats dressent un tableau alarmant : sans réformes décisives et investissements soutenus, le problème des déchets en Tunisie ne fera que s’aggraver. Ils mettent toutefois en lumière des perspectives de transformation prometteuses, grâce à des réformes politiques, des incitations financières et des approches inclusives qui transforment les déchets, d’un fardeau environnemental, en une ressource économique.

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