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Tunisie | Bond 39,3% des investissements déclarés en 2025

Le volume total des investissements déclarés a atteint 8 356 millions de dinars tunisiens (MDT) en 2025, soit une hausse de 39,3 % par rapport à 2024, selon le bulletin annuel 2025 de la Tunisian Investment Authority (TIA), publié lundi 9 février 2026. Cette progression témoigne d’une reprise de l’investissement et reflète la confiance croissante dans les perspectives économiques de la Tunisie.

Ces investissements devraient créer 101 681 nouveaux emplois, témoignant de l’attractivité et de la résilience croissantes de l’écosystème économique tunisien.

Le secteur des services s’est imposé comme le principal moteur de la création d’emplois, représentant près de 60 000 nouveaux postes, soit 59 % du total des emplois créés. Cette performance est soutenue par une hausse de 75 % des investissements, qui ont atteint 1 755 MDT, confirmant le rôle croissant du secteur dans la croissance et l’emploi.

Malgré un ajustement conjoncturel marqué par un recul de 14,3 % du volume des investissements, le secteur industriel demeure un pilier structurel de l’économie. Il représente 35 % des investissements déclarés, soit 2 924 MDT, et devrait générer 39 % des nouveaux emplois, confirmant ainsi son importance stratégique pour le tissu productif tunisien.

Dans le même temps, les énergies renouvelables renforcent leur position stratégique, attirant 1 685 MDT, soit 20 % du total des investissements déclarés, conformément à la feuille de route nationale tunisienne pour la transition énergétique à l’horizon 2035.

Le secteur agricole a fait preuve d’une résilience remarquable, enregistrant une hausse de 11,6 % à 1 347 MD, tandis que le tourisme a connu une croissance exceptionnelle de 238 %, portée notamment par un important projet de 300 MDT à Jendouba.

Ce dynamisme renouvelé en matière d’investissement repose sur trois piliers clés :

1- confiance des investisseurs : les nouveaux projets représentent 74 % du total des investissements, ce qui témoigne du regain d’attractivité de la Tunisie en tant que destination d’investissement ;

2- développement territorial inclusif : 54 % des investissements sont orientés vers des zones de développement régional, favorisant une croissance équilibrée et inclusive ;

3- confiance nationale : les investissements nationaux représentent 65 % du total, soit 5 434 MD, ce qui témoigne de la grande confiance des investisseurs tunisiens dans les perspectives économiques du pays.

Grâce à ces résultats, la TIA réaffirme son rôle de facilitateur stratégique, déterminé à positionner la Tunisie comme un pôle d’investissement compétitif en Méditerranée.

La TIA continue d’accompagner les investisseurs nationaux et internationaux dans la mise en œuvre de projets créateurs de valeur durable, d’emplois qualifiés et d’un impact économique à long terme.

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Tunisie-Italie | Coopération en matière de valorisation énergétique des déchets

Une délégation tunisienne de haut niveau a rencontré, mardi 10 février 2026, des représentants du Ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique (Mase) et du Centre du Pnud à Rome afin d’échanger des expertises sur la gestion des déchets, les solutions de valorisation énergétique des déchets (VAD) et les perspectives de collaboration future.

Ces discussions ont marqué le début d’une mission technique en Italie, facilitée par le Pnud, visant à soutenir les efforts de la Tunisie pour renforcer son secteur de la valorisation énergétique des déchets et faire progresser son programme national de transition énergétique.

La journée a débuté par une réunion d’information au Centre du Pnud à Rome, au cours de laquelle les participants ont passé en revue l’ordre du jour de la mission, discuté des engagements prévus et exploré les domaines de coopération possibles.

La délégation tunisienne a présenté les priorités actuelles liées au projet pilote de valorisation énergétique des déchets sur l’île de Djerba et son déploiement prévu sur d’autres sites. Le Mase a présenté les domaines de collaboration en cours avec la Tunisie, tandis que le Centre du Pnud à Rome a exposé les projets d’extension du soutien du mécanisme Pista (Prévention, Incinération/Valorisation énergétique, Stockage/Tri, Transport, Assainissement/Valorisation matière) en Tunisie afin de faciliter le passage à l’échelle et la bancabilité du projet.

Cette réunion a été suivie d’une réunion technique de haut niveau rassemblant la délégation tunisienne, les services du Mase, notamment Alessandro Guerri, directeur général des affaires européennes et internationales et du financement durable, ainsi que des experts du Pnud.

La session a porté sur les aspects stratégiques et réglementaires de la gestion des déchets et de leur valorisation énergétique.

Les représentants tunisiens ont présenté les objectifs de la mission, les besoins du pays en matière de gestion des déchets et les possibilités d’implication du secteur privé dans les projets d’expansion. Leurs homologues italiens ont présenté la stratégie italienne en matière d’économie circulaire et les cadres réglementaires régissant la valorisation énergétique des déchets, le biométhane et les objectifs de développement durable pertinents (ODD 7 et ODD 12).

L’après-midi, le Centre du Pnud à Rome a accueilli une table ronde sur l’engagement du secteur privé, réunissant des représentants gouvernementaux et ouverte par une allocution de l’administrateur du Pnud, Alexander De Croo, à l’occasion de sa visite à Rome. Des représentants d’associations italiennes, d’entreprises privées actives dans les secteurs des déchets et de la VAD, d’institutions impliquées dans la coopération internationale et de la Cassa Depositi e Prestiti (Caisse de dépôt et de consignation italienne) y ont également participé.

Cette table ronde a permis aux institutions tunisiennes de présenter leurs priorités politiques, les réformes tarifaires et les détails du projet pilote de Djerba, ainsi que d’évoquer les possibilités de collaboration avec les acteurs industriels italiens.

Les entreprises et associations participantes ont partagé leurs bonnes pratiques, leur expertise technique et les pistes de coopération envisagées pour de futures initiatives en matière de VAD et de biogaz.

Les échanges de la journée ont réaffirmé l’engagement commun des institutions tunisiennes, du Mase et du Pnud à renforcer la coopération dans les processus de gestion des déchets et de valorisation énergétique, afin de soutenir la transition de la Tunisie vers des systèmes énergétiques plus durables et résilients.

D’après Pnud.

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IDH 2025 | La Tunisie au 4e rang en Afrique

La Tunisie a renforcé son statut de pays parmi les plus développés d’Afrique, se hissant à la quatrième place du continent dans l’Indice de développement humain (IDH) 2025, selon une nouvelle analyse de la plateforme spécialisée The African Exponent.

Avec un IDH de 0,746, le classement de la Tunisie témoigne de progrès constants, fruits de plusieurs décennies de réformes éducatives, d’une gouvernance inclusive et de politiques socio-économiques tournées vers l’avenir.

L’IDH, calculé à partir des données du Rapport sur la population mondiale, mesure l’efficacité avec laquelle les pays transforment la croissance économique en amélioration du niveau de vie, en évaluant l’espérance de vie, le niveau d’instruction et le revenu par habitant.

Ce sont les nations insulaires, réputées pour leur stabilité politique et leurs investissements soutenus dans le capital humain, qui occupent les premières places du classement.

Les Seychelles arrivent en tête du continent avec un score de 0,848, témoignant d’une gouvernance solide, d’une planification du développement humain à long terme et d’une gestion économique saine. L’île Maurice suit en deuxième position avec un score de 0,806.

L’Algérie se classe troisième avec un score de 0,763, grâce à ses richesses en hydrocarbures et ses investissements continus dans l’éducation et le développement social, tandis que l’Égypte complète le top cinq avec un score de 0,754, grâce à des améliorations importantes dans les systèmes d’éducation publique et de santé.

Le reste du top dix comprend un groupe diversifié de pays d’Afrique australe et centrale : l’Afrique du Sud (0,741), le Gabon (0,733) et le Botswana (0,731). La Libye se classe neuvième avec un score de 0,721, témoignant d’une reprise prudente après des années de conflit, soutenue par une attention renouvelée portée au capital humain et à la stabilisation institutionnelle. Le Maroc complète le top dix avec un IDH de 0,710.

Lanalyse d’African Exponent combine des données quantitatives sur l’IDH avec des évaluations qualitatives de la qualité de la gouvernance, de la continuité des politiques et du développement des infrastructures sociales sur le continent.

I. B.

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Tunisie | Ahmed Souab sera-t-il mis en liberté ?  

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme de la Cour d’appel de Tunis a examiné ce jeudi 12 février 2026 l’affaire portée contre l’avocat Ahmed Souab, sur la base de déclarations qu’il avait faites sur le déroulement de l’affaire dite de «complot contre la sûreté de l’État», et ce en sa qualité d’avocat de certains accusés.

Selon Diwan FM, citant une source judiciaire, le tribunal a décidé d’ajourner l’affaire après l’audience en vue d’examiner la demande de mise en liberté de Me Souab et de fixer la date de la prochaine audience.

Il convient de rappeler que la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis avait condamné Me Souab à 5 ans de prison, assortis de 3 ans de surveillance administrative.

Commentant l’audience d’aujourd’hui dans un post Facebook, Me Bassem Trifi, président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), a écrit ceci : «Dans l’affaire d’Ahmed Souab, après les plaidoiries des avocats concernant la demande de mise en liberté, le ministère public a demandé l’application de la loi et non le rejet de la demande de mise en liberté, ce qui est inhabituel et constitue un signe positif.»

Est-ce à dire que les avocats de Me Souab s’attendent à une réponse positive à leur requête ? C’est ce que nous souhaitons le plus à Me Souab, réputé être un grand défenseur des droits, dont on a du mal à admettre qu’il puisse être jugé pour… un crime terroriste !

I. B.

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Ines Zeghidi | «Qu’a fait mon père pour être condamné à 4 ans de prison ?»

Me Ghazi Mrabet, avocat de Mourad Zeghidi, a nié les accusations de blanchiment d’argent portées contre le journaliste, emprisonné depuis 21 mois, en précisant que l’affaire ne concernait que des infractions fiscales et qu’un accord avait été trouvé avec l’administration fiscale, malgré les atermoiements mis par les autorités pénitentiaires pour permettre à l’intéressé de signer une procuration à cet effet.

Lors d’une conférence de presse tenue au siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), le mercredi 11 février 2026, le collectif de défense de Zeghidi a affirmé que la Commission tunisienne d’analyse financière (Ctaf) avait démenti tout flux d’argent de l’étranger au profit du journaliste, en déplorant la persistance du harcèlement judiciaire dont il ferait l’objet, tout comme son collègue Borhen Bssaies, incarcéré et poursuivi pour des raisons similaires.

Au début de la conférence de presse, à laquelle assistaient la famille et les amis du journaliste emprisonné, le président du SNJT Zied Dabbar a déclaré que Mourad Zeghidi était jugé pour son travail journalistique, que le syndicat continuerait à le défendre en prison et qu’il serait sans aucun doute libéré. «Bien que Mourad soit en prison, nous puisons de la force dans les messages positifs qu’il nous envoie. Nous n’abandonnerons ni Mourad, ni Borhen, ni aucun journaliste persécuté pour son travail», a-t-il ajouté, en saluant, au passage, Sonia Dahmani et Mohamed Boughalleb, présents à la conférence de presse et qui sont poursuivis, eux aussi, en justice pour leur travail journalistique.

Inès Zeghidi, la fille du journaliste emprisonné, a déclaré que ce dernier, avant d’être un homme des médias, est d’abord un père, un frère, un ami et un homme intègre à la réputation irréprochable. La famille n’a retiré de cette épreuve que l’amour et la solidarité du public, qui atténuent quelque peu la douleur de l’absence, a-t-elle déclaré. «Qu’a fait mon père contre la loi ? Quel danger représente-t-il pour la société pour être condamné à plus de 4 ans de prison ?», s’est demandé Ines Zeghidi.

«La Tunisie, que mon père aime au point de quitter la France pour revenir s’y installer, et où il nous a élevés, cette Tunisie-là ne nous aime pas et nous fait du mal. Nos vies se sont arrêtées le 11 mai 2024 [date de l’arrestation de Mourad]. La douleur vous fait vieillir avant l’âge. La douleur, c’est le silence à la maison au lieu des rires… Mon père nous a appris à croire en la liberté de la presse et en la justice, et aujourd’hui nous disons Basta. Mourad Zeghidi doit rentrer chez lui et ses filles doivent être libres», a conclu Ines, , non sans une grosse amertume, dans ses propos rapportés par ‘‘14-17’’.

I. B.

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Cherif Ferjani | Place au débat plutôt qu’à l’anathème !

L’auteur, universitaire et écrivain, nous a fait parvenir le texte ci-dessous, où il réagit à la participation de Sana Ben Achour, Hamadi Redissi et Mouldi Gassoumi au débat organisé par le Front de salut national (FSN), une coalition regroupant des islamistes et des personnalités issues d’autres obédiences, et modéré par Samir Dilou, ancien dirigeant du parti islamiste Ennahdha. Il réagit aussi à la polémique que cette participation a suscité dans certains milieux, notamment de gauche.  

La situation est suffisamment difficile pour ne pas la compliquer davantage avec des condamnations qui relèvent de l’anathème. Même si on n’est pas d’accord avec la participation à un débat organisé par les islamistes et leurs alliés, on n’a pas le droit de traiter Sana Ben Achour, Hamadi Redissi et Mouldi Gassoumi, ou toute autre personne qui fait le même choix, comme des traîtres et de leur donner des leçons parce qu’ils ont jugé utile de participer à un tel débat.

Il en est de même pour celles et ceux qui ont opté pour intégrer des coalitions, ou toute autre forme d’action commune, avec les islamistes et leurs alliés. Comme du temps de Ben Ali et du Collectif du 18 octobre 2005, je suis personnellement contre ce genre de normalisation avec les islamistes et les forces hostiles à la démocratie et aux droits humains quelle qu’en soit l’idéologie ; mais cela ne me donne pas le droit, aujourd’hui pas plus qu’hier, de jeter l’anathème sur celles et ceux qui font un autre choix.

Les démocrates et les progressistes n’ont rien à gagner de ce genre d’acharnement les uns contre les autres. Place au débat plutôt qu’à l’anathème.

Cherif Ferjani

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Epstein et le Mossad | Chut, il ne faut surtout pas en parler !

Parlez de Jack Lang, du Premier ministre britannique Keir Starmer, du Prince Andrew de Grande-Bretagne ou de qui vous voulez parmi les personnalités impliquées dans l’«affaire Epstein» mais pas des relations de Jeffrey Epstein avec le Mossad israélien. C’est un tabou. Une relation complètement occultée dans les médias occidentaux qui sont, bien entendu et par définition, très objectifs, très professionnels et très équilibrés, au point de nous donner tout le temps, à nous autres journalistes du Sud Global, des leçons de bonnes pratiques de presse. Mais passons !

Imed Bahri

Il faut toutefois évoquer ici la seule exception faite à cette lourde omerta, en tout cas à ce jour : une enquête du sérieux journal britannique Times qui a osé parler de la crainte exprimée par Epstein peu de temps avant son opportun «suicide» ayant fait l’affaire de beaucoup de monde, d’avoir une fin comparable à celle de Robert Maxwell, le père de sa compagne Ghislaine, qui fut longtemps un agent des services secrets israéliens avant d’être liquidé par le Mossad en 1991 dans des circonstances troubles et rocambolesques.

Le Times a publié une enquête de Gabrielle Weiniger, correspondante du journal britannique à Tel Aviv, intitulée «Jeffrey Epstein était-il un agent du Mossad? De nouveaux documents amplifient le mystère autour de ses liens avec Israël».  

Epstein agent de renseignement multicartes

L’enquête s’ouvre en abordant le cas de Deepak Chopra, un expert en médecine alternative indo-américain, qui s’était rendu à Tel Aviv deux ans avant l’arrestation d’Epstein en 2019 et avait fait l’éloge d’Israël, tout en soulignant son empressement à convaincre Epstein de l’y rejoindre.

Selon un message publié parmi les millions de fichiers d’Epstein, Chopra écrivait : «Viens en Israël avec nous, détends-toi et profite de la compagnie de personnes exceptionnelles. Si tu veux, utilise un pseudonyme. Amène tes filles, nous serons ravis de t’accueillir. Amicalement».

Epstein a répondu : «Ailleurs. Je n’aime pas du tout Israël». Une manière d’esquiver ses relations très intimes avec l’État hébreu et de brouiller les pistes. 

Le journal indique que le refus d’Epstein de cette invitation en mars 2017 demeure l’un des mystères des documents déclassifiés par le Département de la Justice américain. Ces documents dressent un tableau contradictoire et souvent confus des relations du prédateur sexuel avec Israël, notamment avec l’ancien Premier ministre Ehud Barak.

Aux États-Unis, les allégations selon lesquelles Epstein aurait pu travailler pour un service de renseignement étranger se multiplient, en grande partie grâce au présentateur de télévision d’extrême droite Tucker Carlson et à d’autres médias qui relaient ces affirmations.

Les documents contiennent notamment les allégations d’un informateur confidentiel du FBI selon lesquelles Epstein, contrairement à l’opinion générale véhiculée, n’éprouvait aucune animosité envers Israël mais travaillait en réalité pour le Mossad (le service de renseignement extérieur israélien).

Un rapport de la branche du FBI à Los Angeles datée d’octobre 2020 indiquait que la source du Bureau était convaincue qu’Epstein était un agent du Mossad et avait reçu une formation d’espion. La source affirmait que le financier avait aussi des liens avec les services de renseignement américains par l’intermédiaire de son avocat personnel de longue date Alan Dershowitz qui était aussi professeur de droit à Harvard. Le Times indique que Darshowitz a enseigné beaucoup de personnes issues de l’establishment dont Jared Kushner, gendre du président Trump, ainsi que son frère le financier Josh Kushner, tous juifs comme Jeffrey. Détail sans importance, bien sûr…

Dershowitz a balayé ces affirmations d’un revers de main, déclarant : «Aucun service de renseignement au monde ne lui ferait confiance ! C’est quelque chose qu’il ne cacherait pas à ses avocats».

Relations anciennes et documentées avec Ehud Barak   

Ce passé d’espion a été aussi balayé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui avait suggéré, au cours du week-end dernier, que l’amitié d’Epstein avec l’ancien Premier ministre Ehud Barak prouvait qu’il n’était pas un espion. Netanyahu a écrit sur Twitter : «La relation exceptionnellement étroite entre Jeffrey Epstein et Ehud Barak n’indique pas qu’Epstein travaillait pour Israël mais prouve le contraire».

Barak est le rival historique de Netanyahu et ce dernier veut faire croire qu’être ami avec lui c’est travailler contre les intérêts d’Israël. En réalité, Netanyahu prend les gens pour des idiots, trait de caractère bien connu chez lui, car Barak a été au cœur du monde militaire, du renseignement et la politique d’Israël pendant des décennies. 

Des documents récemment déclassifiés révèlent que Barak et son épouse, Nili, séjournaient régulièrement dans l’appartement new-yorkais d’Epstein et avaient prévu une visite peu avant son arrestation en 2019.

Leur relation étroite s’est poursuivie bien après la première arrestation d’Epstein en 2008 pour trafic sexuel et incitation de mineure. Barak a par la suite exprimé des regrets quant à sa relation avec Epstein. En 2018, Epstein a envoyé un courriel à Barak lui demandant de confirmer qu’il n’a aucun lien avec le Mossad. La même année et dans un mail contradictoire, Epstein a demandé à Barak si quelqu’un lui avait demandé de recruter d’anciens agents du Mossad pour mener des enquêtes douteuses.

Selon les documents, Epstein a organisé et contribué à un investissement de 1,5 million de dollars dans une start-up israélienne appelée Carpine, anciennement connue sous le nom de Reporty Homeland Security. Barak a averti que «la tactique israélienne consistant à utiliser Chypre pour l’évasion fiscale est ridicule, obsolète et dangereuse» au sujet de leur investissement. Une autre femme d’affaires participant à l’échange, Nicole Junkerman, a partagé l’avis d’Epstein et de Barak: «Chypre est suspect, je suggère donc le Luxembourg»

Epstein avait également plusieurs mails contenant des informations sur des start-ups et des inventions israéliennes, notamment un prototype de bracelet transformable en écran tactile(1).

Le Times a cité Lynette Nussbacher, ancienne officier du renseignement militaire britannique : «Le mystère qui entoure la provenance de ses fonds fait l’objet de nombreuses discussions. Se pourrait-il qu’une partie de son argent provienne de sources gouvernementales pour lui permettre d’agir comme agent de renseignement ?», s’est-t-elle demandé. 

En 2003, Epstein a demandé un second passeport pour sa compagne Ghislaine Maxwell, «afin d’éviter tout problème de visa» lors de ses voyages. Il a écrit : «Les fonctions de Mme Maxwell l’obligent à voyager fréquemment à travers le monde. Elle doit se rendre le 16 mars 2003 en Israël, en Jordanie et en Arabie saoudite»

Nussbacher, haute responsable de la sécurité nationale britannique et chargée de cours en études de guerre à l’Académie royale militaire de Sandhurst, a expliqué l’implication potentielle d’Epstein et la structure de recrutement des services de renseignement israéliens : «Chaque service de renseignement emploie des agents qui sont salariés et dont la retraite est prise en charge par le service. On les appelle des officiers. Il y a ensuite des personnes influencées par les officiers pour travailler pour le service, parfois contre rémunération, parfois par manipulation, parfois par chantage. On les appelle des agents».

Des liens anciens et constants avec Israël

Né de parents juifs immigrés et ayant grandi à Seagate, une communauté fermée à prédominance juive située sur Queens Island, Epstein s’est rendu en Israël avec sa famille en 1985. Lors de ce voyage, il a séjourné à l’hôtel Plaza de Tel Aviv et à l’hôtel King David de Jérusalem, où il aurait loué une limousine pour transporter ses parents.

D’autres voyages en Israël n’ont pas été officiellement documentés. Le 20 mai 2020, Epstein a demandé à sa secrétaire, Lesley Grove, de trouver des vols Paris-Tel Aviv et Tel Aviv-New York ou Tel Aviv-Yalta en Crimée. Le 21 mai, il a ajouté : «Réservez un vol pour Tel Aviv via Book24, puis un vol en première classe pour New York le 27 mai».

Epstein était abonné à un site d’enchères immobilières de luxe, auquel il envoyait par courriel des offres pour certaines des propriétés les plus luxueuses d’Israël. Bien qu’il ne souhaitât pas se rendre en Israël avant 2017, il n’était pas indifférent aux femmes israéliennes. Il a demandé à Chopra de lui trouver «une jeune Israélienne blonde et séduisante… l’apparence primant sur l’intelligence». Chopra a répondu par une mise en garde, affirmant que les Israéliennes sont «fortes avec un caractère affirmé mais aussi séductrices»

En réponse à une question sur cette correspondance, Chopra a déclaré la semaine dernière : «Je tiens à être clair… Je n’ai jamais été impliqué ni participé à aucune activité criminelle ou d’exploitation et mes contacts ont toujours été limités et sans lien avec des abus. Je condamne fermement les abus et l’exploitation sous toutes leurs formes».

Le journal britannique indique dans son enquête que la relation profonde et durable d’Epstein avec Ghislaine Maxwell, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour son implication dans le réseau de trafic sexuel d’enfants de son ex-compagnon, alimente les spéculations concernant ses liens avec Israël.

D’après le Times, son père, le magnat des médias Robert Maxwell, était soupçonné pour ses liens avec les renseignements israéliens or ce ne sont pas des soupçons, Maxwell était pendant des décennies un agent du Mossad et fut recruté par Yitzhak Shamir.

Le corps de Maxwell a été retrouvé flottant au large des îles Canaries (territoire espagnol) en 1991. Un commando du Mossad avait attaqué dans la nuit son yacht, le Lady Glynn, l’a tué puis l’a jeté en mer. Des pressions ont été exercé les services israéliens sur sa fille Ghislaine pour qu’il n’y ait pas d’autopsie et le Mossad a obtenu gain de cause. Sa dépouille a d’ailleurs été rapatriée en Israël bien qu’il ne soit pas Israélien, des funérailles officielles eurent lieu, l’oraison funèbre fut prononcée par… Yitzhak Shamir alors Premier ministre durant laquelle il déclara : «Robert Maxwell a rendu de grands services à l’État d’Israël mais le temps pour les dévoiler n’est pas encore venu».

Maxwell fut inhumé par la suite sur le mont des Oliviers à Jérusalem. Tout ce traitement que les Israéliens lui offrirent à titre posthume avait pour but d’éloigner les accusations de son assassinat par le Mossad. 

Les mails d’Epstein laissent d’ailleurs entendre que lui-même pensait que le Mossad était derrière l’assassinat de Maxwell. Le 15 mars 2018, un mail d’Epstein à un destinataire anonyme (plusieurs adresses mail et noms ont été caviardés par le Département américain de la Justice) avait pour objet «Il est mort».

Dans ce mail, Epstein faisait part de sa crainte de subir un sort similaire à celui de Robert Maxwell, affirmant que ce dernier avait menacé les services de renseignement israéliens de révéler qu’il avait travaillé pour eux comme agent officieux, espionnant la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Union soviétique.

Ce message confirme les révélations de Gordon Thomas et Martin Dillon, auteurs de ‘‘L’assassinat de Robert Maxwell: le super espion israélien’’, qui affirmaient que le Mossad était derrière le meurtre de Maxwell. Ils affirment que Maxwell travaillait pour l’agence mais avait menacé de dénoncer le Mossad dans ses propres journaux si les autorités israéliennes ne payaient pas 600 millions de dollars d’intérêts sur ses dettes qui dépassaient les 3 milliards de dollars.

Autre élément de grande importance qui n’a pas été abordé par le Times c’est que c’est Robert Maxwell lui-même qui a recruté sa fille Ghislaine et Epstein pour le compte du Mossad au début des années 1980. C’est ce qu’affirme le livre ‘‘Epstein: Dead Men Tell No Tales’’ (Epstein: Les morts ne racontent pas d’histoires) de Dylan Howard et ce qui a été confirmé par Ari Ben-Menashe, ancien officier du renseignement israélien, qui a affirmé qu’Epstein et sa compagne Ghislaine Maxwell travaillaient pour les services de renseignement israéliens depuis les années 1980.

Ben-Menashe affirme aussi que le duo Epstein-Maxwell a exécuté une mission de honey trapping pour le compte du Mossad. Le honey trapping (piège à miel) est une technique répandue des renseignements consistant à tendre un piège sexuel à une cible puis à la contrôler en exerçant sur elle un chantage.

Autre élément de taille qui prouve la place d’Epstein dans le monde de l’espionnage israélien, Ari Ben-Menashe, qui a été mêlé lui-même à l’affaire Iran-Contra, affirme que Jeffrey Epstein était aussi impliqué dans cette affaire.

Pour rappel, le scandale Iran-Contra était une opération secrète des années 1980 où les États-Unis vendaient secrètement des armes à la République islamique d’Iran (malgré un embargo) via Israël pour obtenir en contrepartie la libération d’otages américains détenus par le Hezbollah au Liban et l’argent de cette vente servait à financer les milices Contras anti-communistes au Nicaragua, qui combattaient le gouvernement sandiniste marxiste. C’était une opération ultraconfidentielle à laquelle n’étaient mêlés que des gens au cœur du monde du renseignement et qui prouve qu’Epstein était incontestablement un agent du Mossad. De plus, ses craintes prémonitoires d’avoir une fin comparable à celle de Robert Maxwell s’avérèrent justes et il est mort dans des conditions troubles vraisemblablement assassiné dans sa prison, par des agents israéliens, à l’instar de Maxwell.

1) L’homme d’affaires américain avait versé plus de deux millions de dollars à Ehud Barak en 2004 pour un prétendu rapport sur la jeunesse juive jamais publié, et a financé le lancement d’une de ses start-up en 2015. En 2019, le Daily Mail a publié des photos prises en 2016 par un paparazzi montrant l’ex-premier ministre israélien le visage masqué par une écharpe au moment d’entrer dans la demeure new-yorkaise d’Epstein. La publication insinue qu’il allait y retrouver «quatre femmes». Barak a parlé de diffamation et menacé le tabloïd britannique de poursuite judiciaire.

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La quatrième guerre du Golfe, c’est déjà demain

Les Etats-Unis bombarderont-ils l’Iran? A écouter sur Google le Colonel Douglas Mc Gregor, retraité de l’armée US, ce serait inévitable. Selon lui le Président Trump serait cornaqué dans le brouillard de son ignorance, par une coalition du renseignement regroupant la CIA, le MI-6 et le Mossad, appuyant bien entendu les dires du faiseur de guerre en chef, le premier ministre israélien Netanyahu, et la coalition terroriste assurant sa survie politique, les quasi nazis Smotrich et Ben Gvir.

Dr Mounir Hanablia

Ces affirmations pessimistes sont en grande partie appuyées par d’anciens agents du renseignement américain, toujours sur Google. Mais on avait déjà eu tous ceux qui nous avaient parlé de reculade américaine, de protection chinoise ou russe concédée à l’Iran grâce à un matériel hyper sophistiqué, de gesticulation déplacée, comme Scott Ritter, l’ancien inspecteur de l’armement en Irak, qui avait affirmé que l’armada américaine était aussi inutilisable dans le Golfe qu’une Ferrari pour faire une course dans un parking souterrain.

Tout ceci semble donc faire partie d’une préparation psychologique et l’implication de la Chine et de la Russie, tout à fait hypothétique, n’aurait d’autre but que de donner de la consistance à la menace.

La première possède déjà au Pakistan une fenêtre sur la mer d’Oman et c’est à Taiwan qu’elle choisirait de toute évidence pour affronter l’ogre américain.

La seconde a d’autres chats à fouetter et on peut se demander si un nouveau Yalta n’a pas eu lieu Ukraine contre Golfe. Et si on considère que d’anciens militaires ou du renseignement américain ne peuvent en aucun cas nuire aux intérêts de leur gouvernement, étant astreints à des clauses le leur interdisent, force est de constater qu’on est en face d’un plan préétabli et en général, on prépare plus l’opinion mondiale à la guerre, et la meilleure manière est de la convaincre que toutes les voies vers la paix ont été épuisées.

Naturellement l’avènement des technologies de l’information et de la communication a ajouté un facteur inédit aux conflits armés au point de faire considérer le cyber espace comme un front au même titre que mer, terre, et air.

Néanmoins, la mobilisation de l’opinion publique occidentale contre l’Irak en 1990 avant même l’invasion du Koweït semble constituer à peu de choses près le modèle propagandiste suivi actuellement lors de la crise iranienne.

L’Iran aujourd’hui comme hier l’Irak

L’Irak sortait d’une guerre de neuf ans, endetté avec une armée suréquipée et escomptant sur sa production d’hydrocarbures pour se renflouer. Il trainait surtout la réputation d’avoir utilisé des armes chimiques contre sa propre population. Qui plus est l’Irak avait vu sa centrale nucléaire en chantier Osirak détruite en 1981 par l’aviation israélienne avant même sa mise en service. Naturellement son aventure au Koweït, fruit d’une provocation lui en concédant le feu vert, l’avait amené là où les néo-conservateurs et les sionistes américains avaient voulu qu’il se situât, sans aucune possibilité de recul puisque les Etats arabes s’étaient soumis au diktat de Washington.

Durant 4 mois, les Américains avaient concentré en Arabie Saoudite les troupes et la logistique nécessaires un objectif proclamé, la libération du Koweït, et un autre non avoué, l’affaiblissement définitif et la mise sous tutelle de l’Irak.

Mais face aux réticences de l’opinion publique américaine, pour qui ce conflit qui s’annonçait avait un fort relent de pétrole et servait Israël, le président Bush père étant lui-même un pétrolier, avait accepté d’engager «les discussions de la dernière chance» pour sauver la paix et avait envoyé négocier son secrétaire aux Affaires étrangères James Baker négocier avec son homologue irakien Tarek Aziz.

Ayant déjà décidé de la guerre, le président Bush voulait apparaître comme un homme de paix en sachant pertinemment que Saddam Hussein, le véritable responsable de la guerre, nul le contestera, en refuserait les conditions convenues par Washington et Tel Aviv.

Il semble que le cheminement actuel du conflit avec l’Iran obéisse à la même logique. Une véritable diabolisation du régime iranien accusé d’être responsable du massacre des féministes, puis de sa propre population, a eu lieu. On avait parlé de chute imminente du régime ainsi qu’on l’avait fait après la guerre des 12 jours, mais, outre les destructions sévères en Israël causées par les missiles hypersoniques, les bombardiers américains avaient échoué à mettre un terme au programme nucléaire iranien malgré la destruction de quelques installations.

Trump otage du lobby sioniste

Actuellement depuis quelques semaines , et sous réserve d’images ou d’informations virtuelles, la flotte américaine se concentre à l’entrée du golfe Persique avec la menace explicite brandie par le Président Trump, de destructions sans précédent en Iran dans le cas où  le pays ne se soumettrait pas au diktat américano-sioniste: désarmement, fin du programme nucléaire et balistique, mise sous tutelle de la production d’hydrocarbures, et en prime pour Tel Aviv, chute du régime et rétablissement du Shah Pahlavi ou à tout le moins une structure confédérale lâche de type syrien, libanais, ou irakien, rendant dans les faits  plusieurs régions clés du pays quasiment indépendantes.

Tout ceci arrive à un moment où le Président Trump, qui n’est ni Bush père ni Reagan ni Eisenhower ni Nixon pour avoir imposé leurs volontés à Tel Aviv, se trouve affaibli par le scandale Epstein éclaboussant le gotha américain et international, et vu les circonstances, il est douteux qu’il puisse, pour peu qu’il le veuille, s’opposer aux volontés d’un lobby sioniste dont il est déjà l’otage médiatique et judiciaire.

Face à cela, le renchérissement du prix du pétrole consécutif à une hypothétique fermeture du détroit d’Ormuz, à laquelle le retour sur le marché du pétrole vénézuélien pallie déjà préventivement, n’aura que peu d’effets.

Le monde arabe déjà mort

L’enjeu n’est en effet pas le nucléaire iranien, c’est l’érection d’Israël en tant que Singapour du Moyen-Orient, une plate-forme économique et financière par où transiterait tout le commerce de la région. Cette perspective aboutissant à la mise hors circuit du détroit d’Ormuz avait donné des sueurs froides aux stratèges iraniens et les avait engagés sur la voie de la guerre par le biais de leurs substituts de la région. Pendant ce temps, le monde arabe, enjeu du conflit, est déjà mort. 

* Médecin de libre pratique.

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Budget 2026, impôt sur la fortune et facturation électronique

Organisée conjointement par les antennes de Bizerte de la Conect et l’Ordre des ingénieurs, la journée consacrée aux «Apports de la loi de finances 2026 : impôt sur la fortune, comptes en devises, amnistie fiscale et facturation électronique», organisée le 11 février 2026, avait pour objectif d’informer les entreprises, bureaux d’études, ingénieurs conseils, avocats, médecins et l’ensemble des acteurs économiques concernés sur les principales nouveautés fiscales.

Lotfi Sahli

Après le mot d’introduction de Fatma Ouali, membre du bureau exécutif de la Conect et présidente par intérim du bureau de Bizerte, Wassim Turki, expert-comptable, a livré une analyse détaillée des grandes lignes du budget de l’État pour l’exercice 2026, un budget qui fait déjà l’objet de nombreuses discussions et critiques au sein des milieux économiques. Il a précisé que le volume global du budget atteint 78,03 milliards de dinars, tandis que le déficit prévisionnel avoisine les 11 milliards de dinars, un niveau jugé préoccupant par plusieurs observateurs.

Impôt sur la fortune

M. Turki a également mis en lumière l’une des principales nouveautés de cette loi de finances : l’instauration d’un impôt sur la fortune, dont le taux variera entre 0,5 % et 1 % en fonction du patrimoine estimé des contribuables concernés, et qui entrera en application à compter du 1er janvier 2026.

Selon lui, ces orientations budgétaires ravivent le débat sur l’alourdissement de la charge fiscale, la justice sociale et la capacité de l’État à rétablir ses équilibres financiers dans un contexte économique national marqué par des tensions persistantes et des marges de manœuvre limitées.

Le régime des changes

Le deuxième panel, consacré aux dispositions relatives au régime des changes, aux comptes en devises, à la justification du rapatriement des fonds, ainsi qu’aux conditions d’importation des véhicules, a été animé par Faïza Feki, ancienne directrice générale à la Banque centrale de Tunisie.

Elle a replacé ces mesures dans leur contexte conjoncturel, marqué par des tensions persistantes sur les équilibres extérieurs et la disponibilité des devises, expliquant que la politique adoptée par la Banque centrale vise prioritairement à préserver les réserves en devises du pays, afin de garantir la capacité de l’État à financer ses importations stratégiques et à honorer le service de la dette extérieure.

Mme Feki a également souligné que le renforcement des règles encadrant les comptes en devises et le rapatriement des fonds s’inscrit dans une logique de sécurisation des flux financiers et de meilleure traçabilité des opérations. Ces orientations, a-t-elle précisé, répondent à un impératif de stabilité macroéconomique dans un environnement international incertain et fortement dépendant des marchés extérieurs.

La facturation électronique

Dans le même panel, Kaïs Fekih s’est longuement attardé sur la question de la signature et de la facturation électroniques. Il a rappelé que ce chantier a été engagé en France dès 2016, tout en soulignant qu’il continue, jusqu’à aujourd’hui, à susciter des résistances chez certains contribuables et à rencontrer des difficultés d’application. Selon lui, la transition numérique en matière fiscale demeure une opération complexe et délicate.

L’intervenant a détaillé les dispositifs mis en place par l’État pour assurer la réussite de cette réforme, insistant sur la nécessité d’une coordination étroite entre l’administration, les professionnels et les éditeurs de solutions informatiques. Une telle transformation, a-t-il précisé, exige la conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes.

En conclusion, il a encouragé certaines professions libérales à adhérer au système, tout en exprimant l’espoir qu’une refonte progressive du dispositif facilite l’introduction effective de la facture électronique.

À l’issue de chaque panel, les participants ont sollicité des éclaircissements sur les thématiques abordées et ont exprimé certaines préoccupations quant aux répercussions des nouvelles mesures. Plusieurs ont fait part de leur inquiétude face à des décisions jugées complexes, estimant ne pas être suffisamment préparés à leurs implications pratiques et organisationnelles.

L’échange constructif entre panélistes et participants a été facilité par Aymen Mchirgui, membre du bureau de la Conect Bizerte, qui a veillé sur la clarté des discussions.

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Mehdi Jomaa | «Le Nigéria et la Tunisie ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre»

L’ancien Premier ministre, Mehdi Jomaa, a souligné que le Nigéria et la Tunisie ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre en matière de développement de leur potentiel maritime.

S’exprimant en marge d’un sommet sur le développement de l’économie bleue dans le delta du Niger, au Nigéria, qui s’est tenu mardi 10 février 2026, dans la zone de gouvernement local d’Ikot Ekpene, M. Jomaa a déclaré que les défis considérables auxquels les deux pays sont confrontés dans ce secteur recèlent également d’immenses opportunités.

En matière d’économie bleue, et en s’appuyant sur l’expérience tunisienne en Méditerranée, M . Jomaa a souligné l’importance de la planification stratégique, de la gestion responsable de l’environnement et de la coopération régionale pour exploiter les ressources marines en vue d’une croissance durable.

Il a également souligné l’opportunité d’un dialogue de haut niveau sur la gouvernance de l’économie bleue et la coopération africaine, tout en renforçant les partenariats afin de libérer le potentiel économique des ressources côtières et marines.

La croissance économique future de l’Afrique dépendra de plus en plus de la gestion durable de ses ressources marines et côtières, a-t-il estimé.

Ce sommet, placé sous le thème «Exploiter le potentiel de l’économie bleue pour un développement durable du delta du Niger», a été organisé par le Dr Uche Igwe, expert en communication et co-organisateur du Sommet sur l’investissement dans le delta du Niger.

«Je crois fermement en la capacité des Africains à bâtir un avenir prometteur. Nous sommes à un tournant décisif, dans un monde en pleine mutation. Il est temps de se réveiller, de se mobiliser et d’avancer vers l’avenir, de le préparer. Le secteur maritime est l’un des domaines où nous pouvons espérer la plus forte croissance sur le continent. C’est évident», a déclaré Jomaa, estimant que cela est à la fois facile et difficile.

En examinant les stratégies des pays qui ont réussi dans ce domaine, Jomaa a relevé plusieurs points comme suit : «Premièrement, il faut définir une vision claire de ce que nous voulons accomplir, de la direction à suivre, et ne pas se focaliser uniquement sur les problèmes quotidiens, certes importants pour la vie de chacun. Mais sans cap, quoi que vous fassiez, même avec le meilleur bateau du monde, vous risquez de vous perdre.

«Il est donc important d’avoir une vision, mais ce n’est pas suffisant. Sans vision, nous ne pouvons rien faire. Cela ne suffit pas. Il faut aussi une équipe, un leadership, confier cela à une organisation compétente et développer les capacités de mise en œuvre. C’est là que réside la principale lacune qui nous fait échouer, même avec une vision.

«On peut manquer notre cible si l’on n’a pas de vision. Mais lorsqu’on a une vision, il faut consacrer la bonne équipe à sa mise en œuvre. Si nous avons cela, nous avons tous les ingrédients réunis.

«Nous avons des jeunes. Nous avons un marché important, une élite compétente, et nous sommes conscients de la situation et savons ce qu’il faut faire. Voilà la recette du succès».

I. B. (avec This Day et Arise News).

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Blocus naval | L’Italie va refouler les migrants vers les «Etats partenaires»

Le gouvernement italien de droite a préparé un vaste projet de loi sur l’immigration qui, pour la première fois depuis les années 1990, autorise officiellement la Marine et la Garde côtière à interdire l’accès des bateaux de migrants aux eaux territoriales et à débarquer les personnes secourues dans des pays tiers jugés «sûrs», dont la Tunisie, qui coopère bien dans ce domaine.

Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a déclaré aux journalistes après le conseil des ministres de jeudi dernier que cette mesure – rapidement qualifiée de «blocus naval» – vise à s’aligner sur le nouveau Pacte européen sur l’asile et la migration, qui entrera en vigueur en juin 2026.

Selon le projet de loi, les demandeurs d’asile interceptés à moins de 24 milles nautiques des côtes italiennes pourraient être transférés vers des États partenaires comme l’Albanie ou la Tunisie pour le traitement de leurs demandes de protection, rapportent des médias.

Le gouvernement Giorgia Meloni soutient que ce traitement en mer dissuadera les réseaux de passeurs tout en allégeant la pression sur les centres d’accueil saturés en Sicile et en Calabre.

Les ONG de défense des droits humains ont déjà annoncé des recours juridiques, invoquant de possibles violations du principe de non-refoulement inscrit dans le droit européen et la Convention de Genève de 1951.

I. B.

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Des règles d’expulsion vers les «pays sûrs» dont la Tunisie

Le Parlement européen a approuvé, hier, mardi 10 février 2026, un ensemble de règles permettant aux États membres de rejeter les demandes d’asile et d’expulser les demandeurs ayant transité ou provenant de pays dits «sûrs», parmi lesquels la Tunisie le Maroc, l’Inde, la Colombie et le Bangladesh.

Ces mesures, soutenues par les blocs de centre-droit et d’extrême droite, entreront en vigueur en juin dans le cadre du Pacte européen plus large sur la migration et l’asile.

Pour les employeurs, l’impact principal pourrait être indirect : un durcissement des règles d’asile pourrait réduire le nombre de réfugiés éligibles au travail, alors que des secteurs comme l’hôtellerie et l’agroalimentaire comptent sur le dispositif d’autorisation de travail mis en place en 2024.

Les organisations de défense des droits humains alertent sur le risque d’expulsion de migrants vulnérables avant qu’ils n’aient pu obtenir un conseil juridique. Certaines d’entre elles mettent en garde contre la désignation de régions entières comme «sûres», qui occulte les persécutions liées au genre et à l’orientation LGBTQ+.

Dans une déclaration commune publiée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), des Ong avaient exigé que la Tunisie, entre autres pays, ne soit pas considérée comme un «lieu sûr» pour le rapatriement des migrants irréguliers arrêtés en Europe. Selon cette déclaration, inclure la Tunisie reviendrait à «nier la protection», permettant des procédures accélérées et des rapatriements, dans un contexte de dégradation des droits et de répression politique. Le PE n’a clairement pas prêté l’oreille à ces avertissements.

I. B.

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Tunisie | Vestiges romains et byzantins mis au jour à Béja

De nouveaux vestiges romains et byzantins ont été découverts dans le gouvernorat de Béja, au nord-ouest de la Tunisie, lors d’une campagne de fouilles tuniso-italiennes menées conjointement par l’Institut national du patrimoine (INP) et l’Université de Sassari sur le site de Henchir El Matria (l’antique Numluli).

Selon l’INP, les travaux se sont concentrés sur la place publique et une basilique byzantine, où des chapiteaux et des colonnes attribués au Capitole, des statues de divinités romaines, des lampes et des mosaïques byzantines ont été mis au jour.

Cette campagne, financée par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, s’inscrit dans un programme lancé en 2022 visant à documenter et à valoriser la cité antique, encore relativement peu explorée.

Le site, connu des archéologues sous le nom antique de Numluli et situé dans la région de Dougga, conserve un plan urbain considéré comme l’un des plus lisibles du nord de la Tunisie, avec un forum, un capitole, des temples et des complexes thermales, ainsi que des structures liées à l’Antiquité tardive et à la période chrétienne.

Les observateurs soulignent que ces nouvelles découvertes contribuent à clarifier la stratification de la ville entre les périodes impériale et byzantine, et à affiner l’interprétation des relations entre espaces civiques et architecture religieuse, dans une zone clé de la Tunisie romaine mais moins connue que les grands pôles touristiques.

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Monastir | Les petites îles, «sentinelles» des changements globaux

Une rencontre internationale sur la biodiversité et le suivi environnemental des micro-écosystèmes insulaires s’est déroulée du 4 au 10 février 2026, à Monastir, dans le cadre du projet Caipim, initiative visant à harmoniser les impacts des changements globaux sur les petites îles de la Méditerranée et de la Macaronésie (Açores, Canaries, Cap-Vert) et à renforcer les capacités des gestionnaires d’aires protégées.

Dans le cadre de cette conférence, organisée à l’hôtel Regency Monastir et dans des centres de formation environnementale locaux, une session technique sur les méthodologies de suivi terrestre et marin s’est tenue mardi 10 février. L’objectif est de produire des données comparables sur les pressions telles que les espèces invasives, les changements climatiques et la dégradation des habitats.

La conférence a rassemblé une cinquantaine de participants venus d’Algérie, d’Italie, de Tunisie, du Monténégro, de Grèce, du Maroc, du Cap-Vert, de France et des îles Baléares.

La coordination est confiée à l’Initiative Pim, une ONG internationale dont l’objectif est de préserver les îles méditerranéennes et macaronésiennes de moins de 1000 hectares, et au Conservatoire du littoral, avec le soutien logistique de l’association tunisienne Notre Grand Bleu et des partenariats techniques qui incluent UNEP/MAP RAC-SPA et l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), ainsi qu’Aix-Marseille Université à travers l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale(Imbe).

Sur le plan financier et institutionnel, le projet bénéficie du soutien de nombreux acteurs européens et français. Le Fonds français pour l’environnement mondial (FFE) finance une intervention pluriannuelle, avec un financement global et des bénéficiaires désignés pour l’Initiative PIM et le Conservatoire du littoral.

Le projet Caipim intervient sur un réseau de dix sites pilotes entre la Méditerranée et la Macaronésie. En Tunisie, le projet pilote se concentre sur l’archipel de La Galite et les îles Kuriat, zones clés pour comprendre l’évolution des habitats fragiles et l’impact des pressions environnementales sur les zones peu influencées. Concernant La Galite, des documents techniques régionaux soulignent la valeur de la zone pour les espèces rares et endémiques ainsi que pour la faune marine, dans un contexte où les menaces incluent les espèces invasives et la pression sur les ressources.

L’atelier de Monastir s’inscrit dans un programme de coopération méditerranéenne visant à articuler science et gestion opérationnelle, grâce à des protocoles partagés et à des formations de terrain, afin de rendre les données comparables entre les différents territoires insulaires.

À terme, l’objectif affiché est de transformer ces données en outils concrets pour orienter les priorités de protection et les interventions de conservation, notamment pour des sites tunisiens comme les îles Kuriat et La Galite.

I. B.

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Tunisie | Abir Moussi à nouveau devant les juges

La présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, comparaît aujourd’hui, mercredi 11 février 2026, devant la 14e Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Tunis, dans une nouvelle composition, pour examiner la plainte déposée contre elle par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). (Ph. Des partisans de Moussi manifestent devant la prison de Bulla regia où elle est incarcérée).

L’avocate, incarcérée depuis le 3 octobre 2023 et poursuivie dans plusieurs affaires, ce qui lui vaut d’incessants aller-retour entre sa cellule et le tribunal, a été déférée dans cette affaire en vertu l’article 24 du décret 54 relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information, et ce suite à des déclarations critiquant le processus des élections de 2022, a indiqué son avocat, Nafaâ Laâribi.

Rappelons qu’un jugement en première instance avait été rendu contre Abir Moussi dans cette affaire, le 5 août 2024, la condamnant à 2 ans d’emprisonnement, peine réduite en appel à 13 mois.

Cependant, le 24 novembre 2025, la Cour de cassation a cassé ce jugement et renvoyé l’affaire devant la Cour d’appel pour qu’elle soit réexaminée par une autre formation de juges.

Les partisans de Mme Moussi ne cessent de dénoncer ce qu’ils considèrent comme un harcèlement judiciaire en raison de ses activités politiques et de ses positions critiques à l’égard du régime.

Ces derniers ne cessent aussi de manifester devant le Palais de Justice à chaque fois que la leader du PDL y comparaît ou devant la prison de Bulla Regia, à Jendouba, où elle est est incarcérée, pour exiger sa libération et la cessation des poursuites judiciaires à son encontre.

I. B.

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Etats-Unis | Trump veut modifier les règles des élections

Personne n’a oublié la prise d’assaut par les nervis de Donald Trump du Congrès des États-Unis à Capitole Hill dans la capitale fédérale Washington, le 6 janvier 2021, quand le président sortant avait refusé de reconnaître sa défaite face au président élu Joe Biden et a affirmé que les élections étaient truquées. Aujourd’hui, Trump fait craindre de nouveau le pire en affirmant que les élections de mi-mandat pourraient être truquées et en remettant en cause la compétence des États fédérés démocrates dans l’organisation du scrutin. En réalité, il a peur de perdre la majorité au Congrès et ainsi de faire face à une procédure d’impeachment (destitution). (Ph. L’attaque du Capitole par les nervis de Trump est encore dans toutes les mémoires).

Imed Bahri

Selon Politico, de hauts responsables chargés des scrutins électoraux au sein des partis démocrate et républicain ont exprimé une inquiétude croissante face à ce qu’ils qualifient d’efforts sans précédent du président Trump pour interférer dans les élections de mi-mandat de cette année. 

Une série de mesures récentes prises par l’administration Trump ont renforcé les craintes de ces responsables quant à des tentatives systématiques de saper les résultats des élections et ce, plusieurs mois avant leur tenue.

Les efforts de Trump découlent de sa crainte d’une défaite républicaine significative lors des élections prévues en novembre prochain. Trump a averti les Républicains que la perte de leur courte majorité à la Chambre des représentants pourrait entraîner sa destitution, d’autant plus qu’une prise de contrôle du Sénat par les Démocrates provoquerait un véritable séisme politique.

Je suis un dictateur, et alors ?

Pour la première fois, des stratèges républicains affirment que la perte du Sénat, où leur parti détient actuellement une majorité de 53 sièges contre 47, est une possibilité réelle.

Trump continue de parler de fraude électorale et est récemment allé jusqu’à déclarer que «l’Amérique est devenue la risée du monde».

Le mois dernier, il a déclaré : «On dit souvent que je suis une sorte de terrible dictateur, et je suis un dictateur. Mais parfois, on a besoin d’un dictateur!» 

Au cours du mois écoulé, Trump a suggéré à au moins deux reprises que les élections de mi-mandat de 2026 devraient être annulées.

Politico a détaillé les tentatives de l’administration Trump pour contrôler le processus électoral, dont notamment des demandes officielles d’accès aux listes électorales des États et une descente surprise du FBI dans un bureau de vote du comté de Fulton, en Géorgie, à la recherche de bulletins de vote de 2020.

La secrétaire d’État* du Michigan, Jocelyn Benson, a qualifié ces pressions d’«extraordinaires et effrayantes», affirmant qu’elles s’inscrivent dans la continuité des efforts déployés il y a des années pour démanteler la démocratie américaine.

Politico a noté que l’ingérence de l’administration Trump dans les procédures électorales des États était particulièrement flagrante lors de la récente réunion des secrétaires d’État à Washington, un événement qui, initialement axé sur les aspects techniques et la coordination, s’est transformé en champ de bataille politique.

Le journal américain indique que le FBI a invité de hauts responsables électoraux à discuter des préparatifs des élections de 2026, en présence des ministères de la Justice, de la Sécurité intérieure et du Renseignement national. Cette initiative a suscité la méfiance et la crainte de plusieurs responsables. 

La secrétaire d’État du Maine, Sheena Pelose, s’est inquiétée du fait que la Maison-Blanche cherche le moindre prétexte pour centraliser le contrôle d’aspects clés du processus électoral, traditionnellement et juridiquement géré par les États fédérés.

Des inquiétudes très partagées

Les inquiétudes ne sont pas uniquement l’apanage des Démocrates mais concernent également des responsables républicains comme la lieutenante-gouverneure* de l’Utah, Deidre Henderson, qui a vivement critiqué les déclarations du ministère de la Justice accusant les responsables étatiques de manquer à leurs obligations en matière d’inscription sur les listes électorales.

À l’inverse, la Maison-Blanche et le ministère de la Justice ont défendu ces mesures, les jugeant indispensables à l’intégrité et à la transparence des élections.

Le procureur général adjoint chargé des droits civiques Harmit Dillon a affirmé que la radiation des électeurs des listes électorales est une obligation légale visant à garantir la confiance du public dans les résultats.

La Maison-Blanche a également justifié le déploiement d’agents de l’Immigration et des Douanes (ICE) à proximité des bureaux de vote en affirmant vouloir empêcher les personnes non citoyennes de voter illégalement.

Malgré ces tensions accrues, Politico rapporte que la plupart des responsables des États fédérés se sont dits confiants dans la solidité du système électoral américain mais ont commencé à prendre des mesures proactives pour contrer ce qu’ils ont qualifié de potentielle ingérence fédérale.

Le secrétaire d’État de l’Arizona Adrian Fuentes a comparé ces préparatifs à ceux mis en place en prévision d’une catastrophe naturelle, avertissant que les menaces actuelles proviennent de l’intérieur même du gouvernement fédéral, ce qui exige une vigilance accrue sur les plans juridique et procédural afin de protéger les bulletins de vote et l’indépendance des décisions des États.

*Le secrétaire d’État dans un État fédéré a pour mission l’organisation du processus électoral et la conservation des documents officiels. À ne pas confondre avec le secrétaire d’État des États-Unis à l’échelle fédérale qui est le chef de la diplomatie.

**Le lieutenant-gouverneur est le titre dévolu à la personne qui seconde le gouverneur d’un État fédéré.

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Chronique d’un monde en perte d’humanité

Lorsqu’on porte la réflexion sur notre époque, on ne peut que constater une recrudescence dans la perte des qualités essentielles qui définissent l’humanité. Il y a en effet un écroulement des stratégies d’inhibition des pulsions par l’éducation et l’humanisme. Et quand le masque tombe, on découvre que l’homme est un loup pour l’homme, pour emprunter la célèbre phrase de Thomas Hobbes, mais avec une technologie de destruction massive.

Ridha Ben Slama *

La «perte de l’humain», à travers les guerres, les catastrophes et les manipulations diverses répandues, a mené à une rupture avec la normalité et à une remise en question de la nature humaine.

Le génocide de Gaza, les conflits armés au Soudan, au Yémen, en Ukraine, en Birmanie (Myanmar)… témoignent de l’horreur et de la déshumanisation qui marquent la mémoire collective. Le «mal du siècle» est souvent lié aux intérêts financiers, à l’armement de plus en plus sophistiqué et dévastateur ; il reflète aussi une aversion de la vie, une forme de perte d’essence humaine face au monde dit «moderne»

Même la technologie, censée être un élément de progrès, risque de devenir un facteur potentiel de «perte de l’humain» en raison de l’utilisation excessive des smartphones, des réseaux sociaux et des jeux en ligne qui entrainent une dépendance, altèrent la communication naturelle et affectent les relations interpersonnelles.

Technologie et perte de l’humain

L’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le chômage, à titre d’exemple, est une réalité en pleine accélération. Les données récentes confirment des vagues de licenciements ciblées et une transformation structurelle profonde du marché du travail.

La progression de l’automatisation et de l’IA soulève des questions sur la place de l’humain dans le marché du travail et la société, et sur la nécessité de trouver un équilibre pour que ces outils aident l’humain sans le remplacer. Aucun progrès technologique (IA, biotechnologies) ne devrait être imposé sans un débat démocratique sur son utilité sociale et son impact humain, ce n’est pas une fatalité subie. L’abus démesuré et dévié de technologie risque aussi de saturer la cognition par un excès d’informations comme par la désinformation, impactant potentiellement l’attention, le raisonnement et la mémorisation.

La société dite «moderne» façonne de plus en plus nos comportements à travers des normes et ses attentes, mais elle contribue aussi à la «perte de l’humain» lorsque les structures sociales s’opposent à la nature et créent des tensions entre les exigences sociales et l’essence naturelle de l’être humain. Dans un monde complexe, l’indifférence envahissante face aux enjeux éthiques et politiques entraine à une chute de l’humain vers la bestialité. 

Erosion du droit et impunité

Le constat de l’érosion du droit international et de l’impunité croissante des dirigeants reflète la crise profonde de l’ordre mondial actuel, souvent décrite comme une amplification dans le recours à la «loi du plus fort».

Les mécanismes de justice internationale, bien qu’essentiels, font face à une hostilité accrue de la part des États dominants et de leurs apparentés. Les leçons du passé sont oubliées. Le droit international est fréquemment bafoué lors de conflits armés, entrainant des bilans humains tragiques. La crise de la Cour Pénale Internationale (CPI) en est une illustration. Bien que la CPI ait franchi des étapes historiques en émettant des mandats d’arrêt contre des dirigeants en exercice (comme Benjamin Netanyahou en 2024), son efficacité dépend largement de la coopération des États. Elle est souvent critiquée pour une application perçue comme «à géométrie variable», ménageant parfois les puissances.

Finalement, on peut dire sans exagérer que «les masques sont tombés» au cours des premières décennies de ce siècle. Cette expression résonne aujourd’hui avec une amertume particulière. Elle marque la fin des faux-semblants diplomatiques et l’entrée dans une ère de réalisme brutal et infernal. Quand les institutions internationales sont paralysées et que les discours sur les «droits de l’homme» ne correspondent plus aux actions sur le terrain, on assiste à plusieurs ruptures majeures. La fin de l’hypocrisie civilisationnelle s’impose désormais à notre esprit.

Double standard et indignation sélective

Après la seconde guerre mondiale, l’ordre international s’était appuyé, approximativement, sur un langage universel de paix et de droit. Aujourd’hui, le masque des «droits de l’Homme» ou de la «défense de la démocratie» tombe pour révéler le double standard, l’indignation sélective selon l’identité des victimes ou des agresseurs. Le pur rapport de force commande à travers la reconnaissance que, pour certaines puissances, le droit n’est qu’un outil rhétorique qu’on utilise contre ses ennemis et qu’on ignore pour soi-même.

Ce véritable retour à l’état de nature révèle une forme de déshumanisation décomplexée. Les dirigeants ne cherchent même plus à nier les crimes ou à s’excuser, ils les justifient par la «nécessité sécuritaire» ou la «survie nationale». L’impunité devient une stratégie de communication : montrer qu’on peut enfreindre la loi internationale sans conséquences est une démonstration de puissance. La contamination a touché les systèmes politiques nationaux avec le brutal envahissement du populisme, des autoritarismes, des dictatures…

On a longtemps cru que le commerce mondial et les traités techniques suffiraient à «civiliser» les rapports entre États. Le voile de la raison économique s’est défait face au retour des idéologies radicales, de la vengeance et du mépris de la vie humaine. Cette situation crée un sentiment de vertige, celui de vivre dans un monde où les garde-fous n’étaient pas plus que du papier. La question qui se pose alors est de savoir ce qui reste. Est-ce le chaos total, ou la possibilité de reconstruire quelque chose de vrai, d’humain, débarrassé des truquages ?

Pour sortir de la logique du «gain par tous les moyens» et restaurer une dignité humaine bafouée, il ne suffit plus d’ajuster le système international, il faut en réviser les axiomes fondamentaux. Cette refondation repose sur trois piliers : la primauté du vivant sur le profit, une démocratie reconstituée et une éthique de la responsabilité globale. Il s’agit d’une révision systémique basée sur des principes humanistes en inversant la hiérarchie des normes : le vivant avant le chiffre. 

Le monde actuel est régi en principe par le «droit commercial» et surtout par la finance. Nous sommes passés d’une économie de production à une économie de marchés financiers, où la valeur d’une entreprise dépend souvent plus de ses algorithmes et de sa capitalisation boursière que de sa main-d’œuvre réelle. Une révision humaniste placerait la dignité humaine et la préservation de la biosphère au-dessus de la liberté débridée dans les échanges commerciaux au profit de plus puissants.

Il est vital de réhabiliter le concept d’économie sociale et solidaire à l’échelle globale. Le succès d’un État ou d’une entreprise ne devrait plus être mesuré par le PIB ou le bénéfice, mais par des indicateurs de bien-être, de santé mentale et d’empreinte écologique. Il conviendrait de déclarer l’eau, l’air, la santé et l’éducation comme «biens communs de l’humanité», les rendant inaccessibles à la spéculation et au profit privé.

La démocratie représentative actuelle est en pleine crise, car elle est souvent captée par des lobbies économiques et par une manipulation corruptive des élections vidées de leurs principes. La remettre à niveau nécessite un droit de regard sur la nature du progrès, Concernant les dirigeants, il est impératif de créer une réelle responsabilité pénale et politique pour ceux d’entre eux dont les choix bafouent délibérément les droits fondamentaux ou l’avenir des générations futures.

Pour que les masques ne tombent pas sur un vide juridique, le droit international doit évoluer en réformant le Conseil de Sécurité de l’Onu, en supprimant le droit de veto en cas de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Aucun État ne devrait être juge et partie. Aussi, faudrait-il renforcer la compétence universelle des tribunaux pour que les crimes financiers et environnementaux majeurs (écocides) soient poursuivis avec la même rigueur que les génocides et les crimes de guerre.

L’éducation des jeunes générations doit servir comme «Éveil à l’Altérité», une remise à niveau qui doit être culturelle avant d’être législative. Le système éducatif actuel forme des «producteurs», hypothétiquement performants. Une réforme appropriée éduquerait des «citoyens» capables de pensée critique, d’empathie et de coopération. La philosophie et l’éthique seraient enseignées dès le plus jeune âge comme des outils de navigation essentiels, pour que la science sans conscience ne soit plus la norme.

Dans un monde lancé à toute vitesse vers l’inconnu, la sagesse consiste à savoir faire escale. Marquer un temps d’arrêt. Le gain par tous les moyens a créé un monde riche en objets mais pauvre en sens. Une approche réfléchie et apaisée propose de choisir la tempérance et le respect non comme des contraintes, mais comme les conditions de notre survie.

Pour une économie de la mesure

Pourquoi ne pas établir une Charte des Principes pour une Gouvernance Humaniste et Durable à travers la primauté de la Dignité sur la Rentabilité ? Aucune décision économique ou politique ne peut être justifiée si elle entraine la déshumanisation d’un individu ou d’un groupe (esclavage moderne, conditions de travail dégradantes, sacrifice de populations au nom de la croissance). L’accès aux besoins fondamentaux (eau, nourriture, logement, santé) est un droit inaliénable qui doit être garanti hors des lois du marché. Le PIB serait remplacé par des indicateurs mesurant le niveau de santé mentale, l’accès à la culture, la qualité du lien social et la régénération de la biodiversité comme Indicateurs de Progrès Humain.

Il s’agit, par ailleurs, de concevoir une Démocratie de la Conscience et de la Transparence, pour tout grand projet technologique ou industriel, une «Convention Citoyenne» disposant d’un droit de blocage ou de refus si l’impact humain ou environnemental est jugé irréversible. Tout outil d’intelligence artificielle ou algorithme influençant l’opinion publique ou les choix de vie devrait être auditable, neutre et soumis au contrôle éthique citoyen.

Il est primordial de réfléchir ensemble à l’établissement d’une économie de la mesure et de la transmission, plafonnant l’accumulation, par la mise en place d’un écart maximal de revenus au sein d’une même organisation afin de restaurer le sentiment de destin commun. La spéculation financière à haute fréquence serait remplacée par un soutien massif aux investissements de «transmission» (éducation, infrastructures durables, recherche fondamentale non-orientée). Le droit international doit s’appliquer de manière universelle. Aucun État, quelle que soit sa puissance militaire ou financière, ne peut s’extraire des traités de protection des droits humains.

La création d’une instance juridique en tant que tribunal de l’Écocide et des Crimes Économiques pouvant juger les entités (États ou multinationales) dont les activités détruisent les conditions de vie sur terre, ainsi que le bannissement strict de toute technologie de guerre capable de donner la mort.

La mise en œuvre de cet éventail d’options permettrait d’opérer le passage de la conception à la pratique, ce qui nécessite une «bascule de la légitimité». Cela signifie que les citoyens devront cesser de reconnaitre comme légitimes les entités qui violent ces normes.

Souvent, ce que les cyniques qualifient d’ingénuité ou de candeur est en réalité de la lucidité : choisir de croire en une possibilité meilleure, c’est refuser de laisser les chiffres et la fatalité dicter l’horizon. C’est un acte de résistance.

* Ecrivain.

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‘‘Musulmans en Occident’’, loin manipulations et des amalgames  

Initiative louable dans ce climat d’inquisition permanente contre tout ce qui a trait à l’Islam en France et en Europe : hier matin, mardi 10 février 2026, à la Grande Mosquée de Paris, une conférence de presse a été organisée pour la sortie du livre ‘‘Musulmans en Occident’’. Pratique cultuelle immuable, présence adaptée’’ aux éditions Albouraq (Paris, 10 février 2026).

«Face aux manipulations et aux amalgames, face à l’idée qu’on agite d’une incompatibilité  entre l’islam et les valeurs des sociétés occidentales, la Grande Mosquée de Paris prend l’initiative d’un dialogue crucial et inédit : les musulmans, ici réunis, réfléchissent à leur place dans les sociétés pluralistes, fidèles à leurs racines spirituelles et conscients des réalités de leur temps ; avec eu des voix non musulmanes de la société civile exposent leurs questionnements afin de mieux saisir l’universalité des valeurs de l’islam», lit-on dans le quatrième de couverture de cet ouvrage de plus de 900 pages.

Le recteur Chems-eddine Hafiz présentait l’intention et le contenu de cet ouvrage collectif, fruit de trois années de travail du Groupe de réflexion sur l’adaptation du discours religieux musulman, qui aspire à mieux faire connaître la religion musulmane et sa capacité à s’inscrire harmonieusement dans une société plurielle, un cadre républicain et une citoyenneté volontaire et active.

À ses côtés se trouvaient des membres de ce Groupe de réflexion : Cheikh Khaled Bentounès, guide spirituel de la confrérie Alawiyya, Cheikh Abobikrine Diop, recteur de la mosquée Bilal de Marseille, Cheikh Khaled Larbi, imam de la Grande Mosquée de Paris, François Euvé, rédacteur en chef de la revue ‘Études’, et Pr Sadek Beloucif, président du Comité d’éthique et médical de la Grande Mosquée de Paris. D’autres membres, comme la ministre Élisabeth Moreno, Jacques Attali ou le père Jean-François Bour, étaient présents pour assister à ce lancement.

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Tunisie | Fita2026 consacre les chaînes de valeur africaines

La 9ᵉ édition de la Conférence internationale Fita2026, organisé par le Tunisia Africa Business Council (TABC), se tiendra les 28 et 29 avril 2026 au Radisson Blu & Convention Center, Tunis sous le thème: «Chaînes de valeur africaines : développer des leviers stratégiques pour la transformation du continent».

Placée sous le haut patronage du président de la république Kaïs Saïed, Fita2026 rassemblera des décideurs publics et privés, des investisseurs, des institutions financières internationales et des chefs d’entreprises de quelque 70 pays. Ce qui consacre Fita comme l’un des rendez-vous économiques les plus stratégiques du continent africain.

Il s’est imposé au fil des ans comme un véritable catalyseur de projets structurants, renforçant le positionnement de la Tunisie comme hub régional et porte d’entrée privilégiée vers l’Afrique.

Au programme, divers panels stratégiques, side évents, workshops, sessions B2B & B2G, deal rooms…

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