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Ankara veut l’arme nucléaire : et si c’était un coup de bluff ?

La Turquie cherche-t-elle à entrer dans la course à l’armement nucléaire ? En laissant planer un long silence, le ministre des Affaires étrangères turc, Hakan Fidan, cultive l’ambiguïté sur les intentions de son pays d’ouvrir un jour un programme de nucléaire militaire.

Le silence est parfois plus éloquent que les mots. C’est le cas du ministre des Affaires étrangères turc, Hakan Fidan, qui, interrogé par les journalistes mardi 10 février sur le plateau de la chaîne pro gouvernementale CNN Türk sur l’éventualité que son pays se dote de l’arme nucléaire, répondait par un silence lourd de sens, cultivant ainsi l’ambigüité sur les intentions d’Ankara de se lancer un jour dans la course à l’arme fatale.

Un silence menaçant

Un silence inquiétant qui a été largement commenté par la presse israélienne et grecque, et qui interpelle venant de la part d’un ancien chef des renseignements et d’un homme politique de premier plan considéré comme un possible successeur du président islamiste Recep Tayyip Erdogan.

Soulignons à ce propos que ces déclarations font écho à des propos plus anciens du président turc qui avait déjà contesté l’ordre nucléaire mondial; jugeant « inacceptable » que certaines puissances disposent de l’arme atomique; tandis que d’autres en soient exclues.

A noter également que lors de cette entrevue, et après avoir redit son opposition totale à une attaque américaine contre l’Iran et affirmé l’opposition de son pays à ce que l’Iran se dote de la bombe nucléaire, le chef de la diplomatie turque a déclaré que la Turquie « n’a aucun intérêt à déstabiliser l’équilibre stratégique régional » et que son pays « ne souhaite pas déclencher une compétition nucléaire ». Mais, a-t-il ajouté « si des pays du Moyen-Orient s’engageaient dans une véritable course aux armes nucléaires, la Turquie serait contrainte, à terme, d’envisager l’acquisition de l’arme nucléaire ».
Pour le chef de la diplomatie turque, les conséquences de la course à l’arme nucléaire ne se limiteraient pas à l’Iran, mettant en garde contre une réaction en chaîne dans tout le Moyen-Orient. « On ne peut pas s’attendre à ce que les pays restent les bras croisés », a-t-il lancé. Tout en décrivant un scénario dans lequel « les capacités nucléaires de l’Iran pourraient engendrer une course difficile à contenir une fois enclenchée ».

Ryad dans la course ?

A quel pays de la région faisait-il allusion ? A Israël qui ne confirme ni n’infirme officiellement la possession d’armes nucléaires, suivant une politique d’« ambiguïté stratégique ». Et ce, bien que des estimations internationales évaluent son arsenal à environ 90 ogives nucléaires, avec une capacité de matières fissiles permettant potentiellement d’en fabriquer jusqu’à 200 ?

A l’Iran qui est aujourd’hui en pleines négociations avec Washington en vue d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien ?

A moins que ce ne soit l’Arabie saoudite ?
Officiellement, la riche monarchie pétrolière avance concrètement sur un programme nucléaire civil pour diversifier son énergie (Vision 2030), incluant l’extraction d’uranium local et la construction de réacteurs, notamment à Duwaiheen.
Mais bien que Riyad soit signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui interdit la mise au point d’armes nucléaires, des responsables saoudiens ont toutefois déclaré par le passé que si l’Iran obtenait l’arme nucléaire, le royaume chercherait à faire de même. Son intérêt pour l’enrichissement d’uranium sur son territoire suscite bien des préoccupations, car cette technologie peut avoir des usages civils et militaires.

Dilemme

Alors, face à cette course effrénée aux armes nucléaires qui est engagée par ses voisins, Ankara peut-elle rester les bras croisés ?

Sur le plan juridique, la Turquie est liée par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qu’elle a ratifié en tant qu’État non doté de l’arme atomique. Cet engagement lui interdit de développer ou d’acquérir des armes nucléaires. En contrepartie, Ankara peut poursuivre un programme nucléaire civil sous contrôle international.

Par ailleurs, en tant que membre de l’OTAN, la Turquie accueille déjà des armes nucléaires américaines sur la base aérienne d’Incirlik, sans toutefois n’avoir ni le contrôle ni l’autorisation d’utiliser ces armes. Bref, la Turquie bénéficie du parapluie nucléaire de l’Alliance ce qui lui assure une forme de protection stratégique sans posséder son propre arsenal.

Au final, n’est-il pas légitime de penser que les déclarations du chef de la diplomatie turque traduisent un message politique au reste du monde : l’ancien empire ottoman ne veut pas se retrouver en position d’infériorité durable vis-à vis de ses voisins et veut être reconnu comme une puissance majeure, dont les préoccupations sécuritaires doivent être prises au sérieux.

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Santé : La médecine nucléaire devient une spécialité médicale à part entière

La Tunisie franchit un cap stratégique dans le domaine de la santé en érigeant la médecine nucléaire en spécialité médicale indépendante. Cette décision s’inscrit dans un plan national visant à moderniser le diagnostic, renforcer l’offre de soins et réduire les inégalités régionales.

Le gouvernement tunisien a acté un tournant majeur dans l’organisation des soins spécialisés en consacrant la médecine nucléaire comme discipline médicale autonome. L’annonce a été faite à l’issue d’une séance de travail présidée hier par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, consacrée à la structuration et au développement de ce secteur à haute valeur technologique.

Déploiement des technologies de pointe

Cette orientation vise à doter la médecine nucléaire d’un socle scientifique et institutionnel clair. Un comité technique spécialisé sera mis en place afin d’assurer la coordination, la planification et l’encadrement du développement de la discipline, en concertation avec les structures concernées et les professionnels du secteur.

Le plan prévoit la généralisation progressive des techniques modernes de médecine nucléaire sur l’ensemble du territoire. L’extension du réseau national de tomographie par émission de positons (TEP – PET Scan) figure parmi les priorités, avec pour objectif de réduire significativement les délais d’attente et d’améliorer l’accès au diagnostic de précision.

Vers l’autosuffisance en radiopharmaceutiques

Les autorités sanitaires entendent également renforcer la production nationale de radiopharmaceutiques afin d’atteindre l’autosuffisance et de sécuriser l’approvisionnement des structures hospitalières. Cette démarche s’inscrit dans une logique de souveraineté sanitaire et de réduction de la dépendance extérieure.

La création de services spécialisés dans les régions de l’intérieur constitue un autre axe central du plan. L’objectif est de corriger les disparités régionales et de garantir un accès équitable aux examens et traitements relevant de la médecine nucléaire.

Numérisation et suivi des patients

Un système d’information radiologique (RIS), intégrant des solutions de téléradiologie, sera déployé pour optimiser le parcours du patient. Ce dispositif vise à améliorer la coordination des soins, assurer un suivi continu et renforcer la qualité et la rapidité des prestations médicales.

Le ministère de la Santé a réaffirmé son engagement total en faveur de ce chantier, soulignant le rôle central de la médecine nucléaire dans l’amélioration du diagnostic et l’élaboration de stratégies thérapeutiques avancées. Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du système de santé et de consolidation de la souveraineté médicale nationale.

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Trump relance la guerre de l’atome : du deal Westinghouse aux essais nucléaires

En quelques jours, Donald Trump a replacé le nucléaire au centre du pouvoir américain — civil et militaire à la fois.
D’un côté, un accord à 80 milliards de dollars entre Washington et Westinghouse Electric, soutenu par les Canadiens Cameco et Brookfield, pour financer et accélérer la construction de nouveaux réacteurs civils.
De l’autre, la possibilité d’une reprise des essais nucléaires souterrains, interrompus depuis 33 ans.

Le message est clair : dans l’ère de l’intelligence artificielle et de la rivalité mondiale, la puissance se mesure désormais en mégawatts et en ogives.

Un “New Deal” atomique à 80 milliards de dollars

Selon les termes de l’accord, l’État américain facilitera le financement et les autorisations de réacteurs Westinghouse pour un montant global de 80 milliards de dollars, en échange d’une participation de 20 % dans les bénéfices futurs et d’une prise de participation potentielle dans l’entreprise si sa valeur dépasse 30 milliards d’ici 2029.
Une structure inédite qui fait du gouvernement un acteur financier direct du nucléaire, brouillant la frontière entre régulateur et bénéficiaire.

Ce partenariat incarne la stratégie de Trump : maximiser la production énergétique pour répondre à la soif électrique des data centers et de l’IA, tout en réaffirmant la suprématie industrielle américaine face à la Chine et à la Russie.

Les experts alertent sur les risques d’une dérégulation sous pression. “Les catastrophes de Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima ont toutes une cause commune : le manque d’indépendance du régulateur”, avertit Greg Jaczko, ex-président de la Nuclear Regulatory Commission.

Westinghouse, dont le dernier chantier à Vogtle (Géorgie) a provoqué une faillite en 2017 après sept ans de retard et un coût final de 35 milliards de dollars, veut désormais tourner la page avec ses nouveaux réacteurs AP1000.
Mais les défenseurs de l’environnement rappellent que la crise climatique — sécheresses, réchauffement des eaux — pourrait rendre la production nucléaire encore plus instable.

“You’ll find out very soon” : le retour du nucléaire militaire

Interrogé vendredi à bord d’Air Force One sur la reprise possible des essais nucléaires, Trump a simplement répondu : “You’ll find out very soon.”

Selon Reuters, cette déclaration vise autant à rassurer les partisans d’une Amérique forte qu’à envoyer un signal à Pékin et Moscou, accusés de moderniser leurs arsenaux.
Trump a ordonné au Pentagone de “reprendre immédiatement le processus de tests”, une annonce qui met fin à trois décennies de moratoire et réveille les réflexes de la Guerre froide.

Les experts restent prudents. “Ni la Chine ni la Russie n’ont effectué de tests explosifs”, rappelle l’amiral Richard Correll, chef du Strategic Command.
Mais le discours présidentiel, lui, relance la spirale symbolique de la dissuasion.

Une guerre de puissance totale

En mariant le nucléaire civil de profit et le nucléaire militaire de menace, Donald Trump redéfinit la doctrine américaine :
l’atome redevient un outil de souveraineté absolue, un levier économique autant qu’un instrument psychologique.
Les analystes parlent déjà d’un “New Atomic Age”, où la conquête énergétique et la stratégie militaire avancent main dans la main.

“Nous sommes revenus à la dynamique de la Guerre froide”, note Jon Wolfsthal, ancien conseiller de Barack Obama.

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