Lese-Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.

Le torchon brûle entre Alger et Abou Dhabi

Alger vient de dénoncer un accord portant sur les services aériens signé avec Abou Dhabi. Mais derrière cette décision se cache une crise qui couvait depuis quelque temps avec la monarchie pétrolière. Laquelle est accusée d’ingérence dans les affaires intérieures algériennes. Ainsi que de chercher à déstabiliser la région du Sahel.

 

Nouveau rebondissement dans les relations tumultueuses entre l’Algérie et les Emirats arabes unis. Alger vient de dénoncer une convention aérienne liant les deux pays depuis 2013. Ce qui ouvre la voie dans un premier temps à la fin de la liaison aérienne entre les deux pays. Et, si la situation empirait davantage, à une regrettable rupture des relations diplomatiques.

Concrètement, les compagnies Air Algérie et Emirates ne pourront bientôt plus desservir les vols entre Alger et Dubaï. Ce qui aura des impacts importants sur le trafic aérien et sur le droit de survol des territoires des deux pays.

L’arbre qui cache la forêt

Pour rappel, il s’agit d’un texte qui encadre les services aériens signé avec les Émirats arabes unis en mai 2013 et ratifié par décret présidentiel en décembre 2014. La convention prévoit que les deux pays s’accordent mutuellement des « droits spécifiques » en matière de navigation aérienne et des exonérations réciproques pour leurs compagnies aériennes.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions diplomatiques. Les Émirats arabes unis ont été plusieurs fois accusés, sans être nommés, par des responsables algériens, de mener des actions contraires aux intérêts de l’Algérie. En cause notamment  l’implication croissante du pays du Golfe dans des dossiers régionaux vue d’un mauvais œil par les autorités algériennes. Jusqu’à nouvel ordre, aucune réaction immédiate d’Abou Dhabi n’a été enregistrée.

Ingérence et déstabilisation

C’est que la crise qui couve depuis quelque temps entre les deux capitales arabes est montée d’un cran.

Ainsi, dans entrevue avec des médias algériens diffusée samedi  7  février 2026 par la télévision et la radio algériennes, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a de nouveau tenu des propos virulents vis-à-vis de l’émirat du Golfe, un « mini-Etat » qu’il n’a pas daigné citer nommément et qu’il accuse d’« ingérence » dans les affaires intérieures de l’Algérie. Tout en pointant du doigt son « action déstabilisatrice » et « son implication croissante dans de nombreux pays de la région afin d’alimenter l’insécurité régionale. »

Et ce, contrairement à d’autres pays arabes, en l’occurrence l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar, sur lesquels le chef de l’Etat algérien n’a pas tari d’éloges en qualifiant ces relations de « plus que fraternelles ».

« Ce qui touche l’Arabie saoudite nous touche. Nous avons d’excellentes relations avec la famille Al Jabir (du Koweït). Ce sont des gens de parole. Avec le Qatar, vous voyez où nous sommes arrivés ensemble. Quant à l’Égypte, les deux pays partagent 70 ans d’histoire », a-t-il rappelé.

Ce « mini-Etat » qui sème la zizanie

Et qu’en est-il des Emirats ? « Il reste un État, pour ne pas dire un mini-État, qui gesticule », a-t-il assuré sur un ton corrosif en révélant qu’Abou Dhabi aurait tenté de s’ingérer dans des élections en Algérie. « Ils s’immiscent dans nos élections, dans la première puis la deuxième élection. Ils se sont mêlés de telle et telle autre affaire », a-t-il dénoncé sans plus d’explications.

« Partout où il y a des conflits, l’argent de cet État est présent, au Mali, en Libye, au Soudan ». En octobre 2025, il avait déjà accusé ce pays d’ingérence dans les affaires intérieures algériennes : « Nous avons des problèmes avec celui qui vient chercher à semer le désordre dans notre maison. Et pour des raisons suspectes ! Il s’ingère dans des choses pour lesquelles on a empêché même les grandes puissances ! Comment vais-je te laisser t’ingérer dans mes affaires intérieures ? Respectez-vous et on restera des frères ».

Rivalité géopolitique

La vérité c’est que l’origine de discorde se niche dans la rivalité géopolitique entre l’Algérie et les EAU.

L’Algérie, héritière d’une politique étrangère fondée sur la non-ingérence et la solidarité anticoloniale, a longtemps considéré le Sahel comme sa zone d’influence naturelle, notamment en matière de sécurité. Or, Alger soupçonne les Émirats – forts de capacités financières considérables et d’une diplomatie active – de mener une stratégie visant à isoler l’Algérie, de miner son influence au Sahel et de semer la discorde dans cette région sensible. Evidemment, dans l’intérêt du grand rival marocain.

L’article Le torchon brûle entre Alger et Abou Dhabi est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Algérie‑Émirats: fin de l’accord sur les vols?

L’Algérie vient de trancher sur ses liaisons aériennes avec les Émirats arabes unis. Ce samedi 7 février 2026, le pays a officiellement lancé la procédure pour rompre leur accord commun. L’agence APS et la radio nationale ont rapidement relayé l’information.

Ce texte encadrait leurs échanges depuis 2013. Pour s’en défaire, Alger a activé l’article 22 de la convention. Les autorités émiraties et l’Organisation de l’aviation civile internationale ont été notifiées par voie diplomatique.

Rien ne change pour les passagers dans l’immédiat. La direction de l’aviation civile émiratie confirme que les vols se poursuivent normalement. Le droit international prévoit en effet un préavis de douze mois avant la fin réelle du contrat. Les avions d’Air Algérie, d’Emirates et d’Etihad garderont donc leurs créneaux actuels pendant cette phase.

Si Alger reste discret sur ses motivations, le contexte politique pèse lourd. Plusieurs sources évoquent des frictions diplomatiques persistantes entre les deux capitales depuis plusieurs mois. Abou Dhabi n’a pas encore commenté ces tensions de manière officielle.

À l’issue de cette année de transition, tout dépendra des négociations. Sans un nouveau compromis, le cadre juridique actuel disparaîtra totalement. Il faudra alors reconstruire de nouvelles règles pour maintenir les lignes entre les deux pays.

L’article Algérie‑Émirats: fin de l’accord sur les vols? est apparu en premier sur Managers.

L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis

La colère saoudienne contre les Émirats arabes unis semble ne pas se limiter à la sphère de la géopolitique régionale mais affecte désormais le monde des affaires. De plus en plus de cadres d’entreprises émiraties ou établies aux Émirats se voient refuser le visa d’entrée en Arabie saoudite, plus grand marché régional. Les autorités saoudiennes accentuent aussi la pression sur les multinationales pour déménager leurs sièges régionaux à Riyad. Les Saoudiens possèdent également un autre levier, ils sont de grands investisseurs dans le secteur immobilier dans les Émirats. Pour le moment, Abou Dhabi courbe l’échine en attendant que la tempête passe. (Ph. Dubaï).

Imed Bahri

Le Financial Times a publié un article d’Ahmed Al Omran, Simeon Kerr et Andrew England indiquant que la crise saoudo-émiratie liée au Yémen et à d’autres questions régionales suscite des inquiétudes quant à son impact sur le commerce et les relations entre les deux pays. 

Le journal britannique ajoute que des dirigeants émiratis craignent que cette crise n’affecte leurs activités, certaines entreprises ayant signalé le rejet de demandes de visa pour leurs employés ces dernières semaines.

Les tensions entre les deux anciens alliés se sont exacerbées en décembre après que Riyad a accusé les Émirats de soutenir une faction séparatiste yéménite ayant lancé une attaque contre des groupes soutenus par l’Arabie saoudite. Dès lors, des employés de banques, de cabinets de conseil en management, de cabinets d’avocats et de sociétés de services pétroliers et gaziers rencontrent des difficultés pour obtenir un visa saoudien depuis les Émirats, selon plusieurs personnes dont les entreprises sont directement concernées.

Pressions sur le monde des affaires

L’Arabie saoudite encourage activement les entreprises à relocaliser leurs activités et leurs employés des Émirats vers le Royaume.

«Bien sûr, nous sommes préoccupés, mais le monde des affaires a fait preuve d’une grande ingéniosité pour trouver des solutions alternatives», a déclaré le dirigeant d’une entreprise de services maritimes dont les employés se sont vu refuser des visas ce mois-ci.

Comme d’autres, ce dirigeant a indiqué n’avoir reçu aucune explication quant à ces refus, ajoutant espérer que le problème soit temporaire compte tenu des liens économiques étroits unissant les deux pays.

Un responsable saoudien a insisté sur le fait qu’il n’y avait eu aucun changement dans les procédures de visa. Pour leur part, les Émirats n’ont pas répondu à une demande de commentaires du FT

Les dirigeants émiratis ont perçu le ton conciliant des propos tenus cette semaine par le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères, comme un signe de la volonté de Riyad d’apaiser les tensions. «La relation avec les Émirats arabes unis est, de notre point de vue, extrêmement importante», a déclaré Bin Farhan aux journalistes, avant d’ajouter : «Elle constitue un élément clé de la stabilité régionale et le Royaume est donc toujours soucieux d’entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis».

Un dirigeant d’entreprise émirati a affirmé que la situation concernant les visas a commencé à s’améliorer au cours de la semaine écoulée.

La crise entre les deux voisins s’est intensifiée après que Riyad, considérant l’avancée des séparatistes yéménites comme une menace pour sa sécurité nationale, a bombardé des dépôts d’armes et des véhicules qu’elle accusait Abou Dhabi d’avoir fournis à cette faction. Les Émirats ont fini par retirer leurs forces du pays.

Les deux voisins sont intervenus dans la guerre civile yéménite en 2015 pour combattre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, mais ils ont soutenu des factions différentes et rivales. Le différend concernant le Yémen et d’autres questions régionales a engendré la plus grave crise des relations entre les deux puissances du Golfe depuis des années.

Cependant, les analystes n’anticipent pas une escalade comparable à celle de la dernière crise du Golfe en 2017, lorsque l’Arabie saoudite et les Émirats avaient mené un blocus régional contre le Qatar, l’accusant de soutenir des groupes islamistes.

Le FT a souligné que les échanges commerciaux entre l’Arabie saoudite et les Émirats dépassent les 20 milliards de dollars et que de nombreuses entreprises utilisent Dubaï comme plaque tournante pour desservir le Royaume, qui compte la plus grande population de la région du Golfe.

Restrictions aux demandes de visa

Cependant, ces tensions ont suscité des inquiétudes au sein de la communauté des affaires. Un banquier basé aux Émirats a déclaré que son établissement se préparait à une tournée promotionnelle en Arabie saoudite lorsqu’une demande de visa pour l’un de ses employés a été rejetée. Il a ajouté : «Nous ne sommes pas les seuls. D’autres banques rencontrent le même problème»

Selon deux consultants, ces difficultés sont contournées par l’utilisation de visas ordinaires délivrés à l’arrivée, permettant ainsi aux cadres ou à leurs représentants de rencontrer des clients dans le Royaume.

Une autre source a indiqué que d’autres entreprises s’interrogent sur la légalité du travail de leurs employés avec des visas touristiques, qualifiant la situation d’impasse.

Un autre dirigeant a déclaré que les citoyens d’une demi-douzaine de pays, dont la Jordanie, l’Égypte, le Pakistan et l’Inde, rencontrent des difficultés depuis environ un an pour obtenir des visas de travail à entrées multiples pour l’Arabie saoudite lorsqu’ils font leur demande depuis les Émirats.

Le royaume impose des restrictions aux demandes de visa pour les musulmans pendant le pèlerinage du Hajj afin de contrôler le nombre de visiteurs. Il a été noté que certaines autres nationalités ont commencé à rencontrer des problèmes similaires en octobre. Cependant, en décembre et janvier, avec l’escalade des tensions entre l’Arabie saoudite et les Émirats, le problème s’est aggravé, le nombre de refus augmentant fortement. 

Un responsable régional d’une grande entreprise a indiqué que l’Arabie saoudite a récemment intensifié ses efforts de longue date pour persuader les entreprises émiraties ayant d’importantes activités dans le royaume de transférer leur personnel à Riyad.

Depuis 2024, l’Arabie saoudite exige des multinationales qu’elles transfèrent leur siège régional à Riyad pour obtenir des contrats gouvernementaux. Cette mesure a suscité des inquiétudes chez certaines entreprises internationales implantées à Dubaï depuis des décennies. Nombre d’entre elles ont restructuré leurs activités pour se conformer à cette décision, compte tenu de l’importance de leurs activités dans le Royaume.

Face aux inquiétudes et à la controverse actuelle, la plupart des chefs d’entreprise estiment que les répercussions négatives sur leurs activités seront de courte durée, compte tenu des liens commerciaux étroits entre l’Arabie saoudite et les Émirats. Les Saoudiens sont également d’importants investisseurs aux Émirats, notamment dans le secteur immobilier de Dubaï.

Alors que les Émirats s’efforcent d’apaiser les tensions, des Émiratis disposant d’une forte présence sur les réseaux sociaux ont reçu des avertissements informels de la part de représentants du gouvernement, les exhortant à ne pas répondre aux critiques saoudiennes de plus en plus nombreuses en ligne. L’un d’eux a déclaré qu’il leur a été conseillé de ne pas se mêler aux problèmes liés à la crise actuelle.

L’article L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis est apparu en premier sur Kapitalis.

Yémen : le Sud à l’épreuve, quand la rupture saoudo-émiratie s’affiche

Les affrontements en cours dans le sud du Yémen marquent une inflexion stratégique majeure. À Hadramout, le conflit dépasse le cadre local et met au jour une fracture régionale longtemps contenue, tandis que le Conseil de transition du Sud avance désormais à visage découvert vers son objectif historique : la séparation.

Hadramout, d’arrière-cour à front stratégique

Longtemps restée en marge des principales lignes de front, la province de Hadramout s’impose aujourd’hui comme le nouveau centre de gravité du conflit yéménite. Frontalière de l’Arabie saoudite, cette région est devenue le théâtre d’affrontements directs entre les forces loyales au gouvernement reconnu et le Southern Transitional Council (STC), qui y a renforcé sa présence militaire ces dernières semaines.

Selon des responsables du STC, au moins sept personnes ont été tuées et plus de vingt blessées lors de frappes aériennes attribuées à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, notamment contre un camp militaire dans la région d’al-Khasah. Ces chiffres n’ont pas été confirmés de manière indépendante. L’opération annoncée par les autorités locales pour reprendre des positions contrôlées par le STC s’est ainsi rapidement transformée en épisode d’escalade ouverte.

Le projet sudiste, désormais assumé

Créé en 2017, le STC n’a jamais renoncé à son ambition de restaurer un État sud-yéménite indépendant, tel qu’il existait avant l’unification de 1990. Jusqu’ici, cette revendication restait contenue par des accords politiques fragiles et par la nécessité de préserver les équilibres régionaux.

Aujourd’hui, le mouvement estime que le moment est favorable. Fort de son contrôle sur Aden et d’autres zones clés, il multiplie les signaux politiques : fermeture annoncée de l’aéroport d’Aden, accusations de blocus aérien, remise en cause ouverte du Conseil présidentiel et de la coalition arabe. Le séparatisme sudiste ne se limite plus à une revendication identitaire ; il s’affirme comme un projet de pouvoir.

Riyad, Abou Dhabi et l’effet Gaza

Abou Dhabi, sans s’exprimer officiellement sur les derniers affrontements, continue de privilégier une approche fondée sur ses relais locaux dans le sud du Yémen, misant sur la stabilité sécuritaire et le contrôle des axes stratégiques plutôt que sur les équilibres institutionnels promus par Arabie saoudite.

Derrière l’affrontement local se dessine une fracture régionale plus large. Riyad accuse implicitement les Émirats arabes unis d’encourager et d’armer le Conseil de transition du Sud, exposant au grand jour une rivalité longtemps contenue au nom de l’unité du Golfe.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte régional profondément bouleversé par la guerre à Gaza, qui a redéfini les perceptions de sécurité et affaibli les cadres collectifs arabes. Dans ce climat de fragmentation, le Sud yéménite apparaît comme l’un des laboratoires les plus visibles des recompositions en cours, faisant planer la perspective d’une partition durable du pays.

L’article Yémen : le Sud à l’épreuve, quand la rupture saoudo-émiratie s’affiche est apparu en premier sur webdo.

❌