L’intelligence artificielle générative ouvre un champ inédit de gains de productivité dans les entreprises. En libérant du temps de travail, elle offre aux dirigeants une opportunité stratégique : engager un nouveau pacte social fondé sur le partage de ces gains, notamment à travers une réduction du temps de travail, sans perte de performance économique. C’est en quelques mots ce que révèle une tribune libre publiée récemment par Capital’.
On commence par un rappel des faits. Fin 2022, on a vu l’irruption de ChatGPT, et à partir de là, « l’usage de l’IA s’est largement diffusé dans le monde professionnel », indique-t-on. Tout ou presque y passe, de la prise de notes à l’aide à la décision, en passant l’analyse de données, la génération de contenus, « ces outils automatisent les tâches répétitives et accélèrent les processus ». Ce que confirme du reste le Baromètre européen de l’IA 2025 d’EY, selon lequel pas « près d’un Européen sur deux utilise déjà l’IA dans son activité professionnelle ».
Toutefois, au niveau mondial, on est loin du compte, car on estime que la majorité des entreprises en sont encore à des phases d’expérimentation. S’il en est ainsi, c’est parce que, comme l’indique une étude McKinsey publiée en novembre 2025, l’impact financier (de l’usage professionnel de l’IA) demeure limité au niveau des groupes (grands et moyens), et ce «… même si les ambitions sont fortes : innovation, satisfaction client et avantage concurrentiel », rapporte Capital.
Un autre facteur limite également la portée de l’utilisation de l’IA dans les entreprises : le manque de confiance. « Dans cette course à l’IA, les salariés sont souvent peu associés, alors même que la rapidité de la transformation alimente inquiétudes et perte de repères. Or, sans dialogue ni confiance, le changement peine à s’ancrer ».
Mais les 23 signataires de la tribune pensent que, bien déployée, l’IA peut générer des gains de temps considérables. C’est d’ailleurs ce que souligne un rapport de l’ONU qui évoque des tâches réalisées 12 à 56 % plus rapidement dans des domaines comme l’écriture, la programmation ou le service client. « Ces chiffres restent toutefois à nuancer : une IA mal intégrée peut produire des contenus à faible valeur ajoutée et désorganiser le travail », met en garde la Harvard Business Review. Autrement dit, le potentiel est réel, mais dépend étroitement des usages.
Face à ces gains, les entreprises disposent de plusieurs options : réduire les effectifs, réallouer le temps à de nouvelles missions, ou — plus rarement — en restituer une partie aux salariés. « C’est cette troisième voie qui apparaît aujourd’hui comme la plus porteuse, tant pour la performance durable que pour l’engagement des équipes ». Suivez notre regard… chers chefs d’entreprise tunisiens.
Dans cet ordre d’idées, la tribune publiée par Capital fait état d’« une crise profonde de l’engagement au travail » en France mais aussi en Europe. Ainsi, « en 2024, seuls 8 % des salariés se déclaraient pleinement engagés », révèle Gallup. « Dans ce contexte, le bouleversement des métiers par l’IA risque d’accentuer la perte de sens. Ouvrir un dialogue sur le partage des gains de productivité devient alors un levier majeur : mécénat de compétences, temps dédié à la formation, ou encore réduction du temps de travail ».
Toujours dans cet ordre d’idées, on considère qu’en Allemagne, 94 % des participants à des projets de réduction du temps de travail auraient constaté une amélioration significative de leur bien-être, sans impact négatif sur l’activité. Idem au Royaume-Uni, où 71 % des salariés ont observé une baisse de l’épuisement professionnel, et 90 % souhaitent conserver une organisation du travail allégée. « En France, une vingtaine d’entreprises expérimentent actuellement, avec le collectif 4jours.work, des formes de temps de travail réduites ».
Et Capital’ de conclure : « À l’heure où les entreprises définissent leurs stratégies d’IA, une certitude s’impose : la technologie ne peut produire ses effets positifs sans le collectif qui la met en œuvre. Associer les salariés au partage des gains de temps peut transformer la transition IA en un projet commun, porteur de sens, d’engagement et de bien-être ».
Voilà qui devrait être entendu, compris et appliqué par les chefs d’entreprise en Tunisie. Mais ne rêvons pas !
Un accroissement des billets et monnaies en circulation a été enregistrée s’élevant désormais à 27,3 milliards de dinars, au 3 février 2026, contre 22,8 milliards de dinars à la même date de l’année 2025, selon les indicateurs monétaires et financiers, publiés le 4 courant par la Banque centrale de la Tunisie (BCT).
Les revenus du travail cumulés ont en outre augmenté de 6,3%, se stabilisant au niveau de 810,9 millions de dinars (MDT), à fin janvier 2026, contre 762,8 MDT, en janvier 2025.
De même, les recettes touristiques ont évolué de 4,3%, à 546 MDT, à la fin du premier mois de l’année 2026, en comparaison avec la même période de l’année écoulée.
Pour ce qui est des avoirs nets en devises, ils ont dépassé les 25,5 milliards de dinars (l’équivalent de 107 jours d’importation), à la date du 3 février 2026, ce qui représente une hausse considérable, en comparaison avec la même période de l’année dernière (23,2 milliards de dinars, soit 102 jours d’importation).
Contrairement aux récits dominants, le marché du travail ne s’est pas rétracté sous l’effet de l’intelligence artificielle (IA). En réalité, le monde assiste à une évolution vers une nouvelle ère du travail. C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport de LinkedIn sur le marché mondial de l’emploi. Il révèle un ralentissement global des embauches, principalement en raison des incertitudes économiques et des changements de politique monétaire.
Cette morosité persistante crée une dynamique de marché caractérisée par une main-d’œuvre mondiale agitée et sous-utilisée. La pression est concentrée dans les économies avancées, où les embauches restent inférieures de 20 à 35% aux niveaux d’avant la pandémie, tandis que les marchés émergents comme l’Inde (+40%) et les Émirats arabes unis (+37%) maintiennent leur dynamique. De plus, 52% des personnes déclarent chercher un emploi en 2026, tandis que près de 80% se sentent mal préparées pour en trouver un nouveau.
Les résultats indiquent que la croissance du marché du travail pivote vers la vague actuelle d’investissements dans l’IA. Certes, cette dernière a affecté certains emplois de façon localisée, mais elle crée aussi une demande à grande échelle dans des centres de données et 1,3 million de nouveaux rôles tels qu’ingénieurs en IA, ingénieurs de déploiement et annotateurs de données. L’IA s’intègre à presque toutes les fonctions et le paysage des compétences se transforme rapidement, entraînant une augmentation des offres d’emploi exigeant sa maîtrise.
Conséquence: les employeurs accordent encore plus de valeur aux capacités humaines comme l’empathie et la connexion personnelle. Le véritable avantage provient d’une main-d’œuvre qui allie aisance avec l’IA et forces typiquement humaines. Pour réussir sur le marché actuel, les dirigeants doivent faire du perfectionnement des compétences un pilier de leur stratégie de talents, afin d’aider les employés à développer les compétences nécessaires pour s’épanouir dans un monde du travail transformé par l’IA.
Ce changement du marché du travail se reflète également dans le comportement des travailleurs. Dans les grandes économies, plus de la moitié des professionnels préfèrent désormais les métiers spécialisés aux emplois de bureau. Parmi la Génération Z, cette préférence est encore plus marquée, près de 60% considérant les métiers techniques comme des options de carrière plus valorisantes. Ensemble, ces données montrent une main-d’œuvre qui se tourne vers un travail pratique et basé sur les compétences, tandis que l’IA continue de redéfinir la création et le choix des emplois.
La formation professionnelle en Tunisie se trouve aujourd’hui à un moment charnière. Face à un marché du travail en pleine mutation et des besoins économiques croissants, il est crucial de repenser son modèle, son financement et sa gouvernance. Le chômage des jeunes, la digitalisation des métiers et les nouveaux besoins des entreprises exigent un système agile et performant, capable de préparer les compétences de demain.
Ferid Herelli & Taoufik Halila *
La formation professionnelle en Tunisie, se base actuellement sur un réseau d’établissements publics (Epna), supervisé par l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (ATFP) qui est chargée de mettre en œuvre la politique nationale en matière de formation professionnelle, en coordination avec les différents acteurs du secteur. Elle suit et contrôle la gestion de l’ensemble des centres de formation répartis sur l’ensemble des régions dans différentes spécialités.
La mission du Centre national de formation continue et de promotion professionnelle (CNFCPP) consiste à jouer un rôle moteur d’assistance et d’accompagnement dans le diagnostic des besoins en formation ; élaborer les différents plans de formation, et les évaluer ; gérer le dispositif de financement des activités de la formation continue programmée par les entreprises; soutenir le secteur de la consultance et des études dans le domaine de la formation continue et dispenser des cycles de formation diplômante au profit des travailleurs favorisant la promotion professionnelle.
Le Centre national de formation de formateurs et d’ingénierie de formation (Cenafif) est chargé, quant à lui, d’arrêter les méthodologies relatives aux différents domaines de l’ingénierie de la formation et ce en tenant en compte l’évolution technologique dans chaque secteur d’activité économique et assister les établissements de formation dans leurs implantations ; d’élaborer et actualiser les programmes de formation professionnelle et aider à leurs exploitations dans les établissements concernés ; de promouvoir la recherche appliquée à l’ingénierie et à l’innovation et mettre en œuvre les outils et moyens pédagogiques et didactiques nécessaires à leurs implémentations dans les programmes de formation ; et d’élaborer les plans de formation technique, pédagogique et fonctionnelle visant la qualification et le recyclage des personnels de formation relevant des secteurs public et privé, les mettre en œuvre et en évaluer les résultats.
Il y a lieu de mentionner aussi que la loi d’orientation de 1993 a structuré le système en distinguant formation initiale et continue, et encadrant l’offre privée avec une harmonisation des diplômes délivrés. Toutefois, il demeure, à ce jour, quelques lourdeurs procédurales, bureaucratiques qui entravent la bonne marche de la globalité du système.
Formation initiale et continue
La formation initiale délivre trois principaux diplômes : le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP), le Brevet de technicien professionnel (BTP) et le Brevet de technicien supérieur (BTS). Ces parcours visent à préparer les jeunes à un métier précis et à faciliter leurs insertions dans le marché du travail.
Financée par la faxe de formation professionnelle (TFP) et le Programme national de formation continue (Pronafoc), la formation continue met l’accent sur la mise à jour de développement des compétences, notamment dans les métiers en évolution rapide.
Par ailleurs, des formations non diplômantes sont également proposées par des organismes ou grandes entreprises publics et privés, qui disposent de centres de formation intégrés tels que la STEG, la SNCFT, Tunisair, la Stir, la CTFA (assurances), etc.
Comparaison au niveau international
Contrairement à la Tunisie, où l’État finance majoritairement la formation, des pays comme l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche reposent sur un modèle dual où les entreprises sont pleinement impliquées dans le système de formation tutoriel, ou les stagiaires suivent un régime pratique de près de 60% de présence dans les entreprises et ce selon chaque spécialité. En effet, 80 % du financement provient du secteur privé, et les apprentis alternent école et entreprise, garantissant l’adéquation des compétences aux besoins économiques avec un solide partenariat entre entreprises, syndicats et institutions de formation.
Dans ce contexte, il y a lieu de mentionner le fruit du partenariat réussi avec la Chambre de commerce tuniso-allemande (AHK), qui vient de fêter 10 ans d’existence, une unité spécialisée dans l’insertion professionnelle à travers le modèle Corp. et de saluer, d’autre part, l’expérience réussie de la coopération entre la Suisse (à travers l’organisme Swisscontact) et la Tunisie (à travers la Chambre nationale des intégrateurs des réseaux des télécommunications (Cnirt) relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) dans l’élaboration et l’exécution de programmes de formation des techniciens spécialisés dans la technologie de déploiement de la fibre optique répondant aux normes nationales et internationales
Défis et opportunités
Le système actuel tunisien doit relever plusieurs défis/. Il doit, d’abord, renforcer le partenariat avec le secteur privé, en introduisant des incitations fiscales et financières. Il doit, ensuite, favoriser un rapprochement avec les Centres techniques sectoriels à travers des conventions de partenariat avec le secteur privé pour exploiter rationnellement les infrastructures technologiques et donner une nouvelle impulsion au développement des compétences au sein des PME-PMI. Il doit, également, moderniser les infrastructures et les contenus de la formation pour intégrer les métiers émergents (technologies numériques, cyber sécurité, énergies renouvelables, intelligence artificielle…)
Il doit, par ailleurs, développer la formation dans les secteurs à forte croissance et à fort potentiel d’emploi, tels que (composants automobiles, aéronautiques, industrie pharmaceutique, mécatronique, etc.), et assurer une gouvernance transparente, participative et orientée vers des résultats mesurables à travers des Key performance indicators (KPI).
Ces défis représentent des opportunités pour faire de la formation professionnelle un véritable moteur de croissance économique, en préparant des jeunes compétents et bien préparés afin de satisfaire les besoins des entreprises.
Quelques recommandations
Dans cette optique, quelques recommandations doivent être faites, notamment : 1- l’adaptation rapide aux nouveaux métiers, en révisant constamment les programmes pour qu’ils répondent aux exigences des secteurs émergents comme l’IA, les nouvelles technologies et la transition écologique ; 2- le renforcement de la formation tout au long de la vie par l’apprentissage continu, nécessitant des formations de courts durées, agiles et accessibles, aussi bien en présentiel qu’à distance ; 3- la personnalisation des parcours en offrant des formations sur mesure, s’intégrant dans le quotidien, pour fidéliser les jeunes ; 4- l’amélioration de l’insertion professionnelle en assurant une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi, notamment pour réduire l’instabilité professionnelle des jeunes ; 5- le développement des compétences (soft skills) en faisant de l’adaptabilité, la collaboration et l’intelligence émotionnelle des éléments cruciaux au-delà des techniques proprement dites ; 5- la levée des barrières financières en garantissant l’accès de tous à ces formations, souvent coûteuses, pour éviter l’exclusion.
Il s’agit, également, de 1- co-construire les programmes avec les acteurs économiques et les chambres professionnelles pour aligner compétences et besoins du marché ; 2- promouvoir la labellisation et la certification pour introduire une certification tierce partie à travers une mise à niveau systématique avec les labels internationaux. (ISO 9001-21000) etc. ;3- rééquilibrer le financement de la formation professionnelle en augmentant la contribution des entreprises tout en encourageant un soutien public plus vulnérable notamment au niveau de l’infrastructure technologique ; 4- valoriser la formation des formateurs et accorder des motivations substantielles pour le suivi des nouveautés technologiques, notamment auprès des jeunes et des startups, en mettant en avant les perspectives d’emploi et les évolutions de carrière ; 5- renforcer la culture de l’innovationet l’adoption de nouvelles technologies en sensibilisant les jeunes écoliers pour s’intéresser aux nouveaux métiers.
La Tunisie dispose de l’opportunité de transformer son système de formation professionnelle en un levier stratégique pour l’emploi, la compétitivité et l’avenir de sa jeunesse. En s’inspirant des modèles performants de l’Europe centrale, en modernisant les infrastructures, les contenus et la gouvernance, et en engageant activement les entreprises, le pays peut bâtir une formation professionnelle agile et pertinente pour 2030.
Cette réforme permettra non seulement de réduire le chômage, mais aussi de renforcer la compétitivité économique, de garantir un avenir prometteur à la jeune génération tunisienne et de créer une nouvelle richesse pour le pays.
* Conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).
Les derniers indicateurs publiés par la Banque centrale de Tunisie confirment une dynamique positive des revenus du travail sur les onze premiers mois de 2025. Cette amélioration s’inscrit dans un paysage économique contrasté, marqué à la fois par une reprise soutenue du secteur touristique et un recul notable du service de la dette, mais aussi par une pression croissante sur la masse monétaire fiduciaire. Les chiffres actualisés offrent un aperçu précis des équilibres macroéconomiques à l’approche de la clôture de l’exercice.
La BCT révèle que les revenus du travail cumulés ont progressé de 6,5% en glissement annuel. Ils atteignent désormais près de 8 milliards de dinars, un niveau qui témoigne à la fois de la résilience du marché de l’emploi et de l’amélioration des transferts formels, notamment depuis l’étranger.
Cette évolution confirme une tendance déjà observée depuis le début de l’année, où la croissance des revenus déclarés semble dépasser celle de l’activité globale. Elle pourrait également refléter une meilleure intégration des flux de travail dans les circuits bancaires.
Tourisme : un secteur qui consolide sa reprise
Les recettes touristiques continuent d’afficher une trajectoire ascendante. À fin novembre 2025, elles atteignent 7,5 milliards de dinars, contre 7 milliards un an auparavant, soit une progression de 6,8%.
Cette hausse confirme la vigueur retrouvée de l’activité touristique, soutenue par une fréquentation plus dense sur la haute saison et par une diversification progressive des marchés émetteurs. Le secteur reste ainsi l’un des principaux contributeurs à l’amélioration des revenus extérieurs.
En parallèle, les services de la dette affichent un recul d’environ 14%, passant de 13,3 milliards à 11,5 milliards de dinars. Une telle baisse demeure inhabituelle dans un contexte où les engagements extérieurs restent importants. Cette contraction réduit mécaniquement la pression sur les réserves en devises et offre une légère marge aux finances publiques.
Avoirs extérieurs en devises à 104 jours d’importation
Les avoirs nets en devises, eux, connaissent une légère érosion. Au 5 décembre 2025, ils s’établissent à 24,6 milliards de dinars, soit un repli de 1,5% par rapport à la même période l’an dernier.
Converti en jours d’importation, ce niveau correspond à 104 jours, un seuil qui reste supérieur à la ligne de sécurité usuelle mais qui rappelle la nécessité de préserver les flux de financement extérieur et la stabilité des recettes en devises.
La monnaie fiduciaire en circulation poursuit sa hausse spectaculaire. Les billets et pièces totalisent 26,1 milliards de dinars, contre 22 milliards en décembre 2024, soit une progression de 18,2%.
Pris dans leur ensemble, les indicateurs publiés par la BCT dépeignent une économie où certaines composantes – revenus du travail, tourisme, service de la dette – évoluent favorablement, tandis que la liquidité fiduciaire et la contraction légère des réserves extérieures rappellent les fragilités structurelles.
Mise à jour (7 décembre) : L’ambassade des États-Unis en Tunisie a indiqué avoir annulé le communiqué diffusé le 5 décembre 2025 sur la mise en place d’un agenda limité à compter du 8 décembre, à la suite d’une coordination entre les autorités américaines et tunisiennes.
L’ambassade des États-Unis à Tunis a annoncé vendredi qu’elle allait limiter ses opérations à partir du 8 décembre, invoquant « l’impact des changements récents apportés au droit du travail tunisien ». Les services de visas et les prestations consulaires ordinaires seront suspendus jusqu’à nouvel ordre, a indiqué la mission diplomatique dans un communiqué.
Services consulaires suspendus : visas et démarches ordinaires à l’arrêt
Selon l’ambassade, toutes les demandes de visas – qu’il s’agisse de visas d’immigration ou de non-immigration – seront reprogrammées une fois le fonctionnement normal rétabli. Les services destinés aux citoyens américains, comme les renouvellements de passeport ou les actes notariés, seront également affectés.
La mission précise toutefois que les services d’urgence resteront accessibles. Ceux-ci concernent notamment l’assistance en cas de problème médical grave, d’arrestation ou de perte de documents d’identité.
Impact direct de la réforme sociale et limites imposées aux contrats
L’ambassade n’a pas détaillé les dispositions précises du nouveau Code du travail à l’origine de la décision. La réforme adoptée en 2025 encadre plus strictement les contrats à durée déterminée, limite leur renouvellement et prévoit leur transformation automatique en contrat à durée indéterminée au-delà de quatre ans.
Le texte interdit par ailleurs la sous-traitance de main-d’œuvre, une pratique à laquelle ont régulièrement recours les entreprises et certaines représentations diplomatiques pour des services de sécurité, de maintenance ou d’assistance administrative.
Cette évolution pourrait « affecter l’organisation interne et contractuelle de certaines missions étrangères », selon plusieurs observateurs du secteur diplomatique à Tunis.
L’ambassade recommande aux ressortissants américains voyageant en Tunisie de s’inscrire au programme STEP (Smart Traveler Enrollment Program), qui permet de recevoir des alertes consulaires et des informations de sécurité.
Les avoirs nets en devises de la Tunisie se sont établis à 24,6 milliards de dinars, équivalant à 105 jours d’importation, selon les derniers indicateurs publiés mardi par la Banque centrale de Tunisie (BCT). Ce niveau marque une baisse de 0,8% par rapport à la même période de 2024, tout en demeurant jugé rassurant.
Cette relative stabilité résulte principalement de la progression des revenus du travail, en hausse de 7,8% depuis le début de l’année, atteignant 6,7 milliards de dinars au 10 octobre 2025.
Les recettes touristiques ont, elles aussi, contribué à soutenir les réserves, avec une augmentation de 7,9%, pour un total de 6,5 milliards de dinars sur la même période.
Les données de la BCT montrent également un recul des services de la dette extérieure de 11,9%, passant de 12,2 milliards de dinars en octobre 2024 à 10,8 milliards cette année. Cette évolution allège la pression sur la balance des paiements et contribue à la stabilité monétaire.
En revanche, la monnaie fiduciaire poursuit sa progression : les billets et pièces en circulation ont augmenté de 15,2%, atteignant 25,3 milliards de dinars au 13 octobre 2025, contre 22 milliards une année auparavant.