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Tunisie | Art et sport pour lutter contre la violence en milieu scolaire

Une enquête récente menée par le bureau de l’Unicef à Tunis pour le ministère de l’Éducation a révélé que 28,4 % des élèves sont exposés à des violences physiques. Parmi eux, 12,5 % n’ont subi des violences qu’une seule fois et 15,9 % à plusieurs reprises. Les garçons sont plus touchés que les filles. Ces résultats ont été présentés en marge de la conférence nationale visant à élaborer un plan national de protection des établissements scolaires contre la violence, qui s’est tenue le 3 février 2026 à l’Académie diplomatique de Tunis.

Le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, plusieurs hauts fonctionnaires du ministère, des représentants des ministères concernés et de l’Unicef, ainsi qu’un groupe d’éducateurs, d’experts et de représentants de la société civile ont participé à la conférence.

L’étude révèle qu’environ 40 % des cas de violence physique envers les élèves sont perpétrés par les élèves eux-mêmes, filles et garçons confondus, et que 57 % des violences se produisent au sein même de l’établissement scolaire : 25,8 % dans les cours de récréation et 19,7 % dans les salles de classe, avec une augmentation significative pendant les temps libres (16,8 %). 19,6 % des violences ont lieu sur le trajet domicile-école, tandis que 61,4 % des élèves interrogés déclarent avoir été victimes de moqueries ou d’insultes. Les filles sont davantage exposées à la violence en milieu scolaire (76,8 %) que les garçons (58,5 %).

L’enquête, précise Rim Maaroufi, directrice générale de l’enseignement secondaire au ministère de l’Éducation, a débuté en 2023 et s’achèvera en 2025. Elle s’inscrit dans le cadre de l’élaboration d’un plan national visant à définir les rôles et les responsabilités dans la lutte contre la violence scolaire, avec la participation de toutes les parties prenantes, directement ou indirectement concernées, sous le slogan «Nous sommes tous responsables».

Des disparités régionales

L’étude repose sur trois enquêtes complémentaires et une enquête qualitative, impliquant divers acteurs et disciplines, tant au sein qu’à l’extérieur du système éducatif. La première enquête a été menée dans 11 gouvernorats, 18 municipalités et 40 établissements scolaires, avec la participation de 3 098 élèves âgés de 12 à 18 ans (57,4 % de garçons et 42,6 % de filles) issus d’établissements publics et de quelques établissements privés. La deuxième enquête a interrogé 487 adolescents ayant abandonné leurs études à travers le pays, afin d’observer le lien entre décrochage scolaire et violence. La troisième enquête a interrogé 751 personnes travaillant dans le secteur de l’éducation, notamment des enseignants, des chefs d’établissement, des inspecteurs d’académie et d’autres professionnels, afin d’évaluer le niveau de préparation des établissements scolaires face aux cas de violence.

Les résultats de l’enquête ont montré des disparités régionales dans la fréquence de la violence scolaire, avec plus d’un élève sur trois subissant des violences dans les gouvernorats d’Ariana, de Kasserine, de Kef et de Gabès, comparativement à des taux plus faibles dans les gouvernorats de Tozeur, de Gafsa et de Tunis, où moins d’un élève sur quatre a subi des violences physiques.

Adopter une approche globale

L’importance de revoir certains règlements intérieurs et d’encourager les élèves à mieux s’exprimer et à développer leurs talents au sein de l’établissement scolaire afin de prévenir la violence a été soulignée à lors de la conférence.

Les intervenants ont expliqué que la violence scolaire revêt de nombreuses formes : physique, verbale, psychologique, sociale et numérique, sans oublier les actes d’automutilation (tentatives de suicide).

Il est donc nécessaire d’adopter une approche globale pour appréhender ce phénomène au sein des établissements scolaires, en mettant en place des mécanismes d’intervention progressifs. Ces mécanismes doivent commencer par l’écoute, le dialogue et la médiation éducative dans les cas mineurs, en privilégiant la réparation à la punition. En cas de récidive, des mesures disciplinaires temporaires peuvent être appliquées, et des sanctions plus sévères peuvent être instaurées dans les cas graves, avec la participation des familles, des conseils d’établissement et des autorités compétentes si nécessaire.

Plusieurs intervenants ont également souligné l’importance d’une évaluation juste des comportements violents, prenant en compte la gravité de l’acte, ses motivations et l’âge de l’élève.

Les participants ont plaidé pour un renforcement du soutien psychologique, une révision des sanctions privant les élèves de leur droit à l’éducation et la promotion d’une culture du dialogue et d’une discipline positive afin de créer un climat scolaire sûr et propice à l’apprentissage. Les animateurs des ateliers de la conférence ont insisté sur la nécessité de mettre en œuvre la loi révisée de 2012 régissant la vie scolaire, soulignant l’importance de la création de clubs culturels, de l’encouragement de la pratique artistique sous toutes ses formes, du développement des talents émergents et des aptitudes exceptionnelles des élèves, de l’allocation de budgets suffisants aux activités culturelles et de la transformation des écoles en lieux d’apprentissage tout au long de la vie et d’acquisition de compétences pratiques.

Les intervenants ont également insisté sur l’importance d’intégrer pleinement l’éducation physique et sportive, de promouvoir les activités sportives au sein des écoles et d’organiser des compétitions et des matchs encadrés par des élèves délégués et soutenus par les enseignants, soulignant que le sport est un outil fondamental pour garantir le bien-être physique et mental.

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