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Stéphane Allain: « La Zlecaf, levier clé pour un marché durable »

Au-delà des infrastructures et flux optimisés, la Zone de libre-échange continentale libère ressources, compétences et potentiel démographique des petits marchés. Loin du protectionnisme, elle catalyse partenariats publics-privés, commerce intra-africain fluide et croissance durable via hubs régionaux. Stéphane Allain, Fondateur d’AS Biz Dev, accompagnant les entreprises dans l’optimisation de leur performance commerciale et opérationnelle, en combinant stratégie, outils digitaux et automatisation. Ainsi il  décrypte les dynamiques positives favorisant le commerce  Europe-Afrique. Interview 

Quelle barrière culturelle ou réglementaire priorisez-vous sur les marchés africains via la Tunisie ? Disposez-vous d’études ou de retours terrain pour la quantifier ?

Malgré son positionnement géographique et historique idéal, la Tunisie gagne à renforcer son orientation vers l’Afrique subsaharienne, aux côtés de ses liens traditionnels avec l’Europe et le Golfe. Ce potentiel culturel et identitaire s’appuie sur une meilleure connaissance des réalités locales et une approche relationnelle solide du commerce. La ZLECAf représente une opportunité stratégique majeure pour structurer ces échanges à long terme.

La Tunisie comme plateforme de co-production et d’accès aux marchés africains ?

Pour les PME françaises, l’Afrique offre un espace prometteur de création de valeur durable. La Tunisie brille par ses atouts : savoir-faire industriel reconnu (automobile, aéronautique, électronique), main-d’œuvre qualifiée, proximité culturelle avec l’Europe et insertion aisée dans les chaînes de valeur régionales. Le modèle gagnant évolue vers des chaînes africaines intégrées – production, assemblage, transformation, distribution où la valeur reste en partie sur le continent pour booster investissements, montée en gamme et consommation locale.

Quels sont les vrais leviers logistiques et infrastructurels ?

Dotée d’infrastructures adaptées, la ZLECAf atteindra pleinement son opérationnalité. Déjà, des flux intra-africains optimisés par des hubs directs diminuent délais et coûts. Le développement régional repose sur des ports performants, des lignes maritimes et aériennes directes, ainsi que des investissements publics via des PPP. Les États assurent un rôle pivotal pour garantir des échanges fluides et sécurisés à long terme.

Pour les PME françaises : quelle stratégie progressive ?

L’Afrique offre un marché accessible aux PME européennes, à condition d’adopter une méthode structurée. Visez 10-30% de votre CA export via une implantation progressive : adaptation des produits, respect des normes locales et construction de réseaux de confiance. L’objectif ? Une présence durable, ancrée dans des partenariats locaux et une croissance mesurée.
La souveraineté africaine s’épanouit par l’intégration régionale et mondiale, loin du protectionnisme. Les petits marchés atteignent une masse critique grâce à la ZLECAf, libérant ressources, compétences et potentiel démographique.

Concrètement, quelle contribution peut renforcer ces liens, notamment avec l’Afrique de l’Ouest ?

La ZLECAf crée un marché intégré durable, inspiré de l’expérience européenne : standardisation progressive, confiance et chaînes de valeur solides. Elle atténue les barrières non tarifaires (normes, marquages, douanes, logistique), facilitant les flux – y compris pour les produits africains vers les voisins, comme pour les européens.

Quels secteurs diversifier aujourd’hui pour réussir ?

Privilégiez les secteurs intensifs en main-d’œuvre, intégrables à des chaînes longues avec consommation locale. La mobilité (automobile, équipements, services) excelle : d’ici 2050, 60% des Africains auront moins de 25 ans, offrant un vivier mondial de croissance industrielle.

Dans votre portefeuille, quel pourcentage ciblez-vous pour l’Afrique francophone via des hubs comme la Tunisie, face à l’Europe, les USA et l’Asie ?

Face aux marchés matures (300 millions aux USA, milliard en Chine), l’Afrique francophone via la Tunisie est un hub stratégique attractif, générant croissance durable et attirant les grands acteurs économiques

Quels axes stratégiques pour l’intégration via la ZLECAf ? Kebour Ghenna (PACCI) plaide pour un dialogue public-privé solidaire. Partagez-vous cette vision ?

Absolument. Une vision tripartite optimise les retombées : des PPP publics maritimes pour un cabotage fluide, des initiatives privées dynamiques, et une confiance accrue pour lever les barrières.

Le mot de la fin

La souveraineté économique africaine rayonne par l’intégration et les chaînes régionales, surpassant le protectionnisme. La ZLECAf , levier clé pour un marché durable. Plus encore, la Zlecaf libère un potentiel immense en ressources, compétences  avec des opportunités culturelles, logistiques et politiques à portée de main.

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L’Afrique du Sud rejoint Afreximbank : 8 milliards de dollars pour l’industrie africaine

L’Afrique du Sud a officiellement adhéré à l’Accord d’établissement de l’Afreximbank le 4 février 2026, devenant le 54e membre et intégrant ainsi la plus grande économie africaine (19,1% du commerce intra-africain en 2024) à cette banque multilatérale panafricaine.

Cette adhésion, approuvée par le Parlement sud-africain en 2025, s’inscrit dans un contexte de fragmentation des échanges mondiaux. Afreximbank lancera un programme pays de 8 milliards de dollars US aligné sur le plan national sud-africain à l’horizon 2030, visant à booster le développement industriel, les chaînes d’approvisionnement régionales et les flux commerciaux intra-africains. Le portefeuille de projets existants dépasse déjà 6 milliards de dollars dans des secteurs comme la santé, les finances, l’industrie, l’énergie et les mines.

Le président d’Afreximbank, Dr George Elombi, qualifie cette étape de « décisive » pour unifier les intérêts économiques africains, en collaboration avec le ministère sud-africain du Commerce (DTIC) dirigé par Parks Tau. Le président Cyril Ramaphosa souligne l’engagement pour l’intégration continentale, le développement industriel et le soutien aux entreprises via le Fonds de transformation, saluant la résilience d’Afreximbank.

Des programmes conjoints suivront, incluant le SATIPP (promotion du commerce et investissements), des garanties, financements de parcs industriels, zones économiques spéciales, exportateurs, projets, industries créatives et services de conseil.

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Ahmed Ounaïes : « La Libye n’est plus dans le chaos grâce à la redistribution pétrolière »

Le 3 février 2026, la Libye est secouée par l’assassinat de Seif el-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi. Que révèle cette tragédie ? Quelle en est la lecture géopolitique ? Ahmed Ounaïes, ancien diplomate, livre son analyse dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com

Il estime que la Libye n’est plus dans le chaos grâce à la redistribution pétrolière qui maintient une prospérité de base, mais sa fragilité persiste en phase de transition. Ahmed Ounaïes insiste sur l’urgence d’élections nationales pour renouveler les élites, gérer la rente pétrolière et surmonter le déficit culturel de légitimité politique, malgré l’assassinat de Seif el-Islam Kadhafi.

Il précise dans ce contexte : « Non, il ne s’agit plus de chaos : la Libye en est sortie. Grâce à ses ressources naturelles, une prospérité individuelle persiste à la base de la société, via la redistribution des revenus pétroliers à toutes les factions. Ce compromis, négocié par Dbeibah, assure une répartition des richesses nationales ».

Et de poursuivre : « Sa fragilité se justifie en phase de transition, mais pas pour une stabilisation durable. L’objectif initial était de réussir cette transition, puis d’organiser des élections nationales pour renouveler la classe politique : de nouveaux leaders jeunes et modernes, aptes à gérer la manne pétrolière,  une fortune jaillissant du sable sans effort citoyen. »

Et de conclure : « Il est temps de reconnaître la nécessité d’élections nationales pour relancer l’économie libyenne et restaurer une légitimité politique. Les Libyens peinent à légitimer un gouvernement issu du suffrage. Cette impasse révèle un retard politique profond dans la culture nationale libyenne ».

La suite de l’interview sera disponible dans le prochain numéro de l’Economiste Maghrébin

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Vincent Allain : « La souveraineté économique africaine dépend de l’intégration »

De la ZLECAf comme levier d’intégration aux stratégies de partenariats public-privé (PPP) pour un cabotage fluide, en passant par une vision exécutive en trois niveaux (public, privé, confiance),Vincent Allain, expert en commerce Afrique-Europe, décrypte les barrières culturelles et logistiques freinant le commerce intra-africain via la Tunisie. Interview.

Quelle barrière culturelle ou réglementaire priorisez-vous sur les marchés africains via la Tunisie ? Avez-vous des études ou retours terrain pour la quantifier ?

Sans études précises, mes échanges au Sénégal avec la GIZ et mes observations terrain mettent en lumière une barrière culturelle clé : un sentiment de perte de souveraineté et un désir de réussir seul. Le commerce intra-africain souffre aussi de barrières non tarifaires, normes hétérogènes, marquages variés, douanes complexes et ruptures logistiques. Paradoxalement, un produit européen entre plus facilement sur un marché africain qu’un produit africain sur un marché voisin.

Concrètement, quelle contribution peut lever cette barrière pour renforcer les liens, notamment avec l’Afrique de l’Ouest ?

La ZLECAf est la solution pour créer un marché commun africain, inspiré de l’Europe. Les anciens commerçants tunisiens misent sur des réseaux personnels : « Je ne commerce qu’avec des contacts solides ». Les fondamentaux restent les mêmes : un bon produit, un prix compétitif et une fiabilité logistique.

En France, j’accompagne des entreprises vers l’Afrique. Les « vieux routiers » usent de méthodes archaïques : « Je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un ». Ces débouchés restent sporadiques, sans vision structurée. L’Afrique, instable économiquement et politiquement, exige une stratégie couvrant 3 à 8 pays pour diluer les risques. Les Tunisiens ne maîtrisent pas l’Afrique par simple proximité, pas plus qu’un Européen ne connaît le Mali via un voisin. Les jeunes Tunisiens formés en Europe surestiment souvent leur expertise : l’Europe est un marché unique (monnaie, douanes, TVA harmonisées). La Tunisie, avec son marché exigu (12 millions d’habitants), doit s’interconnecter pour exporter. À l’horizon 2050, son avenir commercial est africain : exporter des produits finis ou intégrer des chaînes de valeur (ex. : produit tunisien assemblé au Maroc ou au Sénégal, revendu en Tunisie).

Quels secteurs diversifier aujourd’hui pour réussir ?

Sans vision macro, les échanges avec la TAA soulignent une mobilité croissante. L’Afrique, plus jeune en 2050 (60% de moins de 25 ans), attirera l’industrie, surtout l’automobile. Mais bâtissez une valeur partagée : en Tunisie, les offshores enrichissent l’Europe sans retenir la richesse. Progressez en salaires, crédit, banque et logistique. Voyez l’Afrique comme un horizon à 30 ans : adaptez produits, prix et qualité ; offrez des marges aux distributeurs pour des partenariats croisés.

Dans votre portefeuille, quel pourcentage ciblez-vous pour l’Afrique francophone via des hubs comme la Tunisie, face à l’Europe, aux USA ou à l’Asie ?

Face à des marchés homogènes comme les 300 millions de consommateurs américains ou le milliard de Chinois (avec un export intra-asiatique fluide), l’Afrique n’est pas « naturelle » pour un entrepreneur européen. Engagez-vous sur 25 ans via un « drapeau » prudent, des réseaux de confiance, 10 à 30% du CA à l’export, des adaptations (emballages, marquages comme en Algérie) et un cercle vertueux RSE/circuits courts qui attirera les grands acteurs.

Quels axes stratégiques pour l’intégration via la ZLECAf ? Kebour Ghenna, directeur exécutif de la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie (PACCI), plaide pour un dialogue public-privé solidaire. Partagez-vous cela ?

Pour rentabiliser l’Afrique via une vision exécutive en trois niveaux (PPP publics maritimes, privé commercial, confiance anti-barrières), adoptez une méthode rigoureuse visant 10 à 30% du CA à l’export d’ici à 2050. Adaptez vos produits et tissez des réseaux solides – loin d’un marché « naturel » pour les PME européennes.

Le mot de la fin.

La souveraineté économique africaine dépend de l’intégration, pas du protectionnisme. Les petits marchés manquent de masse critique : intégrez les chaînes régionales et mondiales pour rayonner. L’Afrique regorge de ressources, de compétences et de démographie. La ZLECAf libérera ce potentiel, à condition de lever les freins culturels, logistiques et politiques.

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Assassinat de Seïf al-Islam Kadhafi : Sky News confirme la mort du fils de Kadhafi

Sky News Arabia, citant une source de haut niveau, a annoncé la mort de Seïf al-Islam Kadhafi, tué mardi soir 3 février lors d’une attaque par quatre hommes armés dans le jardin de sa résidence à Hammadah, sud de Zenten (ouest de la Libye). Les assaillants ont désactivé les caméras de surveillance avant d’ouvrir le feu et de fuir.

Son représentant politique, Abdallah Othman, a confirmé le décès via un post officiel. Le procureur général libyen a ouvert une enquête, tandis que la brigade 444 a nié toute implication.

Selon un média français, le motif invoqué par son conseiller serait l’engagement de Seïf al-Islam dans l’élection présidentielle et ses chances réelles d’être élu. Ses soutiens se sont particulièrement manifestés dans les bastions historiques de Kadhafi, tels que Syrte, Bani Walid, Tarhuna, Sebha, et plus largement dans la région sud du Fezzan.

Il convient de rappeler qu’il a été longtemps vu comme le successeur potentiel de son père. Seïf al-Islam, âgé de 53 ans, avait cultivé l’image d’un modéré et d’un réformateur.

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BCT: Les réserves nettes en devises couvrent 107 jours

Au 3 février 2026, les réserves nettes en devises atteignent 25,425 milliards de dinars, couvrant ainsi 107 jours d’importations, d’après les dernières données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Ce niveau confortable équivalent à plus de trois mois de besoins en biens et services importés. Ce qui renforce, pour certains experts, la résilience extérieure du pays face aux fluctuations des changes et aux tensions commerciales mondiales.

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BCT : Taux du marché monétaire recule à 6,99%

À jour au 3 février 2026, le taux du marché monétaire (TMM) se maintient stable à 6,99%, signe d’une liquidité abondante sur le marché interbancaire, selon la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Dans ce contexte, le taux moyen du marché monétaire (TMM) a chuté à 7,08% en janvier 2026, puis à 6.99 % contre 7,49% au T4 2025, son plus bas niveau depuis octobre 2022. Sur un an, il passe de 7,98% (janvier 2024) à 6,99% aujourd’hui, après un sommet à 7,99% en janvier 2025.

Cette dynamique découle de la décision du Conseil d’administration de la BCT, le 30 décembre 2025, de réduire le taux directeur de 50 points de base à 7%, en réaction à l’inflation en net recul : 5,4% prévue en moyenne pour 2025 (contre 7% en 2024).

Ces signaux renforcent la stabilité relative face aux pressions inflationnistes et défis commerciaux, boostant la confiance des acteurs économiques.

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Soft Power 2026 – La Tunisie, 3e au Maghreb et 75ème mondiale

La Tunisie gagne quatre places pour s’installer à la 75e position mondiale dans le rapport Global Soft Power Index 2026, passant de la 79e à un score de 36,7 points. Ce classement met en lumière les atouts uniques du pays et ses perspectives prometteuses en matière d’investissement, d’énergie et d’innovation.

Un cadre constitutionnel pionnier pour l’investissement

Seule au monde, la Tunisie inscrit le Partenariat Public-Privé (PPP) directement dans sa Constitution. Ce choix stratégique positionne la collaboration public-privé comme un pilier essentiel pour booster les investissements et la croissance économique.

Ainsi selon le rapport, la Tunisie rayonne via des projets phares. A savoir, Elmed, interconnexion électrique maritime historique entre la Tunisie et l’Italie (coût : 1 100 milliards de dinars tunisiens), symbole du lien UE-Afrique.
L’objectif étant d’atteint 35% d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030, avec des avancées comme la station solaire de Mtabasta à Kairouan.

Par ailleurs, le pays se positionne comme hub des technologies émergentes :
Intelligence Artificielle (IA) : Clé pour booster la visibilité et la croissance des entreprises, y compris dans les secteurs traditionnels.

Mobilité électrique : Lancement de la BYD Dolphin, soutenu par des incitations fiscales, accélère la transition verte.

Il en va de même des alliances diplomatiques qui demeurent solides. A l’instar du soft power tunisien s’appuie sur des partenariats stratégiques, comme avec l’Inde : programmes ITEC pour le renforcement des capacités et investissements miniers conjoints (production d’acide phosphorique).
Les défis à relever pour un rayonnement maximal, comme celui de simplifier les codes fiscaux pour alléger les PME.
Développer le crowdfunding et transformer la Poste en banque pour financer startups et jeunes entrepreneurs. Et enfin
capitaliser sur une confiance domestique forte, encore sous-exploitée à l’international, pour une « réputation dormante » à conquérir.

En somme, la Tunisie dispose d’un potentiel immense pour convertir ses atouts en influence globale.

Classement du Maghreb

Maroc : 50e mondial, dominateur incontesté.
Tunisie : 75e, en progression de 4 places.
Algérie : 74e, en léger recul.
Libye : 127e-133e.
Mauritanie : 150e.

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Afrique de l’Ouest : le nouveau cœur de fer mondial conquis par Pékin

L’Afrique de l’Ouest devient un bastion du minerai de fer mondial, avec Simandou en tête.

L’Afrique de l’Ouest s’impose comme un pilier mondial du minerai de fer, emmenée par Simandou. Focus sur les acteurs clés et projets phares, triés par capacité de production (prévue ou actuelle) données GlobalData, EITI et rapports relayés par Ecofin.

  • Simandou (Guinée) : 120 Mt/an à pleine capacité (dès 2026 : 35,4 Mt). Investissement : 20 Md$. Leaders : Baowu (Chine, 51 %), Rio Tinto et Chinalco. Export vers la Chine ; études pour aciérie locale en cours.

 

  • ArcelorMittal (Liberia) passera de 5 Mt actuels à 20-30 Mt/an d’ici 2026-2030, avec 1,8 Md$ investis. Mais aussi un accord ratifié jusqu’en 2050 (90 % des exportations libériennes) et une extension ferroviaire vers Buchanan.

 

  • China Kingho (Sierra Leone) cible 10 Mt/an initialement jusqu’à 30 Mt, via 1 Md$ d’investissement pour la plus grande mine du pays, avec export vers la Chine.

 

  • Ivanhoe Atlantic (Guinée, Kon Kweni) prévoit 2-5 Mt/an initialement, jusqu’à 30 Mt, avec concession ferroviaire approuvée.

 

  • SNIM (Mauritanie) assure une production historique stable, exploitée par une entreprise publique.

Ainsi la Chine domine via Baowu, Chinalco, Kingho et Union pour exporter le minerai de fer brut vers ses aciéries (54 % de la production mondiale d’acier). Tandis qu’ArcelorMittal cible l’Europe.

Enfin, notons que l’Afrique ne représente que 4 % de la production mondiale de minerai de fer; contre un maigre 1,2% de l’acier. Et ce, malgré un impact PIB massif (comme +26% en Guinée d’ici 2030 grâce à Simandou, selon le FMI); la transformation locale restant largement négligée.

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Tech africaine rebond de la dette, maturité en equity

Après deux ans de réflexion, les investissements tech en Afrique remontent à 4,1 milliards de dollars en 2025 (+25%), selon le rapport Partech publié par l’agence Ecofin. Mais ce regain cache une mutation profonde : plus de dette, moins d’illusions, et un marché qui durcit ses critères.

Les investissements tech africains atteignent 4,1 milliards de dollars levés, soit en hausse de 25% par rapport à 2024. Le rapport Partech, relayé par l’agence Ecofin, acte ce rebond et marque la fin du coup d’arrêt de 2023-2024, que le resserrement monétaire mondial avait provoqué.

La dette truste désormais 41% des financements (1,6 milliard de dollars, +63 %), avec 107 opérations. Il s’agit d’ un record absolu, contre 31 % en 2024. Ce basculement révèle des start-up matures tout en imposant une discipline accrue. A savoir que des revenus, marges et modèles solides deviennent obligatoires. Les investisseurs, prudents, limitent les risques equity pour privilégier la croissance mesurée.

Par ailleurs, l’equity, qui s’élève à 2,4 milliards de dollars sur 462 deals (+8 %), se recentre sur les séries A et B, avec des tickets plus gros mais un seed sous tension. Fini les paris hasardeux : traction commerciale et finances saines sont les nouveaux passeports pour capter les capitaux.

En outre, il convient de noter que quatre hubs dominent : Kenya (1,04 milliard, boosté par la dette); Afrique du Sud (leader en equity pour la première fois depuis 2017); Nigeria et Égypte captent 72 % des flux. Seuls le Sénégal, le Maroc et le Ghana dépassent 50 millions en equity ailleurs, soulignant des inégalités criantes.

La fintech cède du terrain (769 millions, 25 % de l’equity), éclipsée par le cleantech (550 millions, +186 %), la healthtech (215 millions, +232 %) et les solutions B2B (238 millions, +55 %). L’écosystème s’adulte, avec plusieurs secteurs non fintech franchissant les 200 millions pour la première fois depuis 2021.

Toutefois, les start-up féminines progressent timidement : 10 % des montants, 19 % des opérations. Un pas en avant, mais les angles morts persistent dans cet écosystème en pleine maturation.

Ce paysage tech africain, plus dur mais plus solide, annonce un cycle adulte où la promesse seule ne suffit plus.

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DXC Technology vise à étendre ses activités en Tunisie

La société américaine DXC Technology prévoit d’élargir ses opérations en Tunisie. Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, s’est entretenu lundi 2 février 2026 avec plusieurs responsables du groupe DXC Technology américain.

Implantée dans le pôle technologique d’El Ghazala, l’entreprise se spécialise dans les services informatiques, les technologies de l’information, le conseil, le développement de logiciels et emploie environ 350 ingénieurs et cadres techniques.

La rencontre, à laquelle participait le directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur et chargé de la gestion de l’Agence tunisienne de l’investissement,  Jalel Tebib, a permis de présenter un aperçu des activités de l’entreprise depuis son lancement en Tunisie, de ses réalisations et de ses programmes futurs.

Les responsables de la société ont exprimé leur satisfaction quant aux conditions de travail en Tunisie, notamment la compétence des ressources humaines et la position géographique stratégique. Ce qui motive leur volonté de développer et d’étendre leurs activités dans les mois à venir.

Les représentants de l’entreprise américaine ont souligné l’importance d’établir des partenariats avec les universités tunisiennes spécialisées dans la recherche, l’innovation technologique et les médias, afin de répondre à leurs besoins en compétences.

De son côté, Samir Abdelhafidh a réaffirmé l’engagement du ministère et de ses structures liées à l’investissement, en coordination avec les autres entités concernées, à fournir le soutien et l’assistance nécessaires pour permettre à l’entreprise de réaliser ses programmes de développement dans les meilleures conditions. Il a mis en exergue l’importance accordée par l’État au secteur des technologies de l’information, grâce à la valeur ajoutée élevée qu’il génère et aux opportunités d’emploi qu’il offre, particulièrement aux diplômés de l’enseignement supérieur et aux compétences dans ce domaine porteur.

Il est à noter que le groupe DXC Technology américain est un leader mondial dans les services informatiques, les technologies de l’information et l’intelligence artificielle. Le groupe emploie environ 130 000 ingénieurs et cadres dans ses implantations présentes dans 70 pays.

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Inondations et sécheresse : 1,9% du PIB menacé, selon Michket Slama Khaldi

Les catastrophes naturelles pourraient coûter à la Tunisie 1,9% du PIB. Ce qui entraîne en l’occurrence  60% des pertes économiques. La sécheresse, qui représente plus de la moitié des sinistres, frappe durement l’agriculture, les infrastructures et le tourisme. Les plus vulnérables en subissent les premiers chocs. C’est ce qu’a révélé la ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, lors de la  18e édition du Forum de Carthage sur l’assurance et la réassurance.

 

Ainsi pour faire face à cette menace, la ministre préconise  la gestion des risques climatiques et renforce sa résilience via une stratégie globale de prévention et d’adaptation.

Des mesures concrètes ont été adoptées : renforcement des systèmes de gestion des risques, outils innovants de financement et d’assurance, ainsi qu’une coordination accrue entre institutions publiques, secteur privé et partenaires internationaux.

L’objectif ? Une réponse rapide et efficace aux crises.

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Riadh Chaoued booste l’emploi : 70% d’insertion et 1 000 embauches !

« 70 % est le taux d’insertion professionnelle des diplômés de la formation professionnelle », a affirmé le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, soulignant que la formation professionnelle constitue le principal levier actif de l’emploi. 

1 800 titulaires du baccalauréat ont rejoint, au cours de l’année écoulée, le parcours de la formation professionnelle, qui compte actuellement plus de 60 000 apprenants, ce qui traduit un intérêt croissant pour ce secteur. Le ministre a insisté sur la nécessité de développer, d’actualiser ou d’adapter les programmes afin de les aligner sur les besoins du marché du travail.

« 0 option n’a été laissée au hasard en matière de digitalisation »,  que Riadh Chaoued a présentée comme une orientation stratégique du gouvernement pour lutter contre la corruption et les dysfonctionnements, tout en contribuant à une meilleure gouvernance dans la répartition des ressources humaines et à l’amélioration de l’efficacité du système.

1 priorité centrale a été mise en avant dans la réforme de la formation professionnelle, à savoir placer l’apprenant au cœur du processus, avec un accent particulier sur l’amélioration des conditions de vie et des services au sein du système, ainsi que sur l’intégration des outils de l’intelligence artificielle dans le développement des parcours de formation.

1 000 diplômés de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique dans le domaine des technologies de l’information et de la communication feront l’objet d’un recrutement à la suite de la signature, annoncée pour demain, d’une convention entre l’Agence tunisienne pour l’emploi et le travail indépendant et une entreprise privée.

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S&P table sur la résilience bancaire tunisienne malgré une croissance molle

S&P Global Ratings anticipe une croissance modeste des prêts bancaires tunisiens, plafonnée à 3 % par an en 2026, en phase avec une expansion économique timide (PIB à +1,7 %, hors chocs majeurs). L’absence de réformes structurelles clés continue de brider les investissements publics et privés, pesant sur les rentabilités des banques.

Un point lumineux : la reprise de la consommation des ménages. La récente baisse des taux directeurs de la Banque centrale de Tunisie (BCT) allège les coûts d’emprunt pour entreprises et particuliers. Cependant, une inflation persistante et des standards d’octroi de crédit perfectibles maintiennent un coût du crédit élevé. La Tunisie a d’ailleurs récemment remboursé sa dette extérieure commerciale.

Dans un rapport publié ce jour, S&P analyse également les secteurs bancaires de l’Égypte, du Maroc, d’Afrique du Sud et du Nigeria. Les conditions économiques et de financement y resteront globalement favorables en 2026, favorisant une croissance résiliente des crédits et une qualité d’actifs solide. Si les rentabilités varieront par région, la plupart des banques absorberont la baisse des taux grâce à des volumes accrus et des pertes sur crédit réduites. Scénario improbable mais à surveiller : des tensions géopolitiques ou commerciales (comme une flambée des prix du pétrole) pourraient perturber cette trajectoire.

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Ridha Chkoundali décrypte la notation Fitch de la Tunisie

L’universitaire et économiste Ridha Chkoundali décrypte la décision de Fitch Ratings du 28 janvier 2026, qui maintient la notation souveraine à long terme de la Tunisie à B- avec perspective stable. Loin des promesses futures, l’agence scrute les options financières concrètes et alerte sur les fragilités du budget 2026, où équilibres internes, gouvernance et financement extérieur pèsent lourd.

Concernant la décision de l’agence Fitch Ratings en date du 28 janvier 2026, relative au maintien de la notation souveraine de long terme de la République Tunisienne au niveau B-, avec perspective stable, Ridha Chkoundali livre une analyse détaillée de cette note et de son impact.

1. Tout d’abord, la décision de Fitch ne repose pas sur des intentions ou des promesses futures, mais sur une évaluation directe des choix financiers existants et de la capacité de l’État tunisien, dans le cadre du budget 2026, à préserver ses équilibres financiers et extérieurs.
2. Ensuite, la notation B- signifie, en termes simplifiés, que la Tunisie est considérée comme un État présentant un risque de crédit élevé, tout en restant capable d’honorer ses engagements tant que le déficit est maîtrisé, qu’un minimum de financement extérieur est assuré et qu’une relative stabilité des réserves en devises est maintenue.
D’ailleurs, le maintien de cette notation, plutôt qu’une dégradation, reflète l’appréciation de l’agence selon laquelle le budget 2026, malgré les pressions qu’il comporte, n’a pas entraîné de détérioration supplémentaire par rapport à ce que Fitch anticipait.
3. Parmi les nouveaux éléments de cette décision figure l’adoption par Fitch d’une méthodologie intégrant ce que l’on appelle la notation de recouvrement, dans le cadre de laquelle les instruments de dette souveraine tunisienne se sont vu attribuer la note RR4. Cela signifie que l’agence suppose que, si l’État rencontrait de sérieuses difficultés dans le remboursement de sa dette, les créanciers ne perdraient pas l’intégralité de leurs fonds, mais n’en récupéreraient pas non plus la totalité. Ils n’en recouvreraient qu’une partie, à travers des mécanismes tels que le rééchelonnement de la dette ou l’ajustement des échéances et des conditions de remboursement. En d’autres termes, Fitch n’anticipe pas un scénario d’effondrement total, mais considère également que l’État ne dispose pas d’éléments solides garantissant une forte protection des créanciers, tels que des réserves financières importantes, des actifs souverains clairement identifiés ou un cadre institutionnel complet de gestion de la restructuration de la dette.
4. Dans ce contexte, cette évaluation peut également être comprise à la lumière des options alternatives de gestion de la dette extérieure, notamment la conversion d’une partie de la dette en investissements.
Dans ce type de mécanismes, le recouvrement des créanciers ne s’effectue pas par un remboursement monétaire direct, mais par la réaffectation de leurs créances à des projets d’investissement ou à des partenariats de long terme au sein de l’économie tunisienne. Cela leur permet de préserver une part significative de la valeur, tout en allégeant la pression sur les réserves en devises et sur la balance des paiements. Cette orientation est cohérente avec ce que Fitch considère comme un « recouvrement moyen et ordonné ».
5. S’agissant des finances publiques, l’évaluation de Fitch reflète une approche prudente du budget 2026, notamment en ce qui concerne la persistance d’un niveau élevé des besoins de financement et le poids de certaines rubriques de dépenses publiques.
L’agence n’évalue pas uniquement le niveau du déficit annoncé, mais également la capacité de l’État à s’y tenir effectivement tout au long de l’année, sans recourir à des solutions conjoncturelles susceptibles d’aggraver ultérieurement les tensions financières.
6. Fitch accorde également une importance majeure à la question du financement extérieur, estimant que la notation souveraine actuelle de la Tunisie demeure extrêmement sensible à l’évolution des réserves en devises. Plus le financement extérieur est clairement identifié et durable, plus la confiance dans la capacité de l’État à exécuter son budget sans pressions excessives sur le taux de change ou sur les équilibres extérieurs se renforce.
7. Au-delà des indicateurs financiers, Fitch s’appuie de plus en plus sur l’évaluation des facteurs dits ESG, à savoir les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance. L’agence attribue des scores d’impact allant de 1 à 5, la note 5 indiquant que le facteur concerné a une influence directe et déterminante sur la notation souveraine.
8. Dans le cas de la Tunisie, Fitch accorde un niveau d’impact élevé au facteur de gouvernance, c’est-à-dire à la stabilité politique, à l’État de droit, à la qualité des institutions et à la clarté des politiques publiques. Cela signifie que l’agence estime que la faible prévisibilité des politiques et la difficulté à évaluer la capacité de mise en œuvre des réformes affectent directement la crédibilité du budget et la confiance des créanciers; et ce, même lorsque les chiffres financiers paraissent, en apparence, acceptables.
9. Fitch prend aussi en considération le facteur social, estimant que la fragilité sociale et la forte sensibilité de la paix sociale limitent la marge de manœuvre de l’État dans la mise en œuvre de réformes financières profondes, en particulier en matière de subventions ou de dépenses sociales.
Quant aux facteurs environnementaux, tels que la rareté des ressources en eau ou les effets du changement climatique, ils sont pris en compte dans l’évaluation, mais ne constituent pas, à ce stade, un facteur déterminant de la notation.
Il conclut : « La décision de Fitch reflète une situation souveraine délicate. Si le budget 2026 n’a pas entraîné de dégradation supplémentaire de la notation, il n’offre pas non plus une large marge de sécurité. La stabilité de la notation demeure conditionnée à la capacité de l’État à exécuter le budget tel qu’adopté, à gérer ses équilibres financiers et extérieurs et à améliorer la qualité de la gouvernance, dans un contexte régional et international particulièrement sensible. »

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Voltalia renforce sa présence en Tunisie avec le projet solaire Wadi à Gabès

Voltalia annonce d’avoir été sélectionnée par l’État tunisien pour développer le projet Wadi, situé dans la région de Gabès. C’est ce qu’a révélé le site easybourse.com

Il convient de noter qu’il ne s’agit pas de son premier projet mais du troisième, après les remportés  à Sagdoud en mai 2024, et à Menzel Habib en décembre 2024.

Il s’agit d’un nouveau parc porte à près de 400 mégawatts la capacité totale des projets de Voltalia appelés à entrer en phase de construction dans le pays. Le producteur d’énergies renouvelables souligne que la proximité géographique de Wadi, Menzel Habib et Sagdoud permettra de générer des synergies, en mutualisant certains coûts de construction, de transport et de maintenance.

La construction de la centrale Wadi devrait démarrer en 2027, pour une mise en service en 2028. Elle produira une quantité d’électricité équivalente à la consommation d’environ 200 000 habitants et permettra d’éviter près de 120 000 tonnes de CO22 par an.

En somme, ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale visant à porter la part des énergies renouvelables à 30% de la production électrique nationale d’ici 2030, contre seulement 6% à fin avril 2025, selon l’Observatoire de la conjoncture énergétique.

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Sami Jallouli appelle à simplifier la fiscalité

Face à une fiscalité asphyxiant le citoyen et nourrissant contrebande et économie parallèle, le politologue Sami Jallouli appelle à un big bang : TVA à 2,6% sur l’essentiel comme en Suisse, impôt sur les sociétés à 12%, et adieu aux subventions des entreprises publiques déficitaires. Un virage audacieux pour transformer la Tunisie en puissance productive.

Ainsi Sami Jallouli propose un virage radical pour transformer la Tunisie en État productif vivant de la création de richesse plutôt que des prélèvements sur la consommation.

Selon lui, la première mesure consiste à alléger la TVA sur l’essentiel. A savoir le café, cacao, huiles végétales et produits alimentaires de 19% à 8% (puis 2,6% comme en Suisse), tout en l’augmentant sur tabac et alcool. Cela absorberait l’inflation mondiale et protégerait le pouvoir d’achat sans toucher aux subventions de base.

Quant à la deuxième mesure, simplifier l’impôt sur les bénéfices. Ce qui veut dire fixer l’impôt sur les sociétés à 12% et sur les revenus des particuliers à 16%. La complexité actuelle et les taux élevés favorisent évasion fiscale, économie parallèle, contrebande et contrefaçon. Une fiscalité unifiée et modérée réduirait la corruption administrative et encouragerait l’adhésion volontaire des investisseurs.

D’où la question est de comment compenser la perte de recettes TVA ? Il répond: « Au lieu d’augmenter les taux, élargir l’assiette fiscale. Les premières années comporteront un choc budgétaire, mais l’investissement et la production stimuleront les recettes fiscales. Parallèlement, stopper les subventions aux entreprises publiques déficitaires. »

Changer de philosophie

Il conclut: “Passer d’une logique de « prélever sur le citoyen » à « aider le citoyen à produire pour que l’État prospère avec lui ». Sans ces réformes, contrebande, inflation et pauvreté s’aggraveront, livrant le pays à la mafia plutôt qu’aux institutions.”

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Les PPP, un levier clé pour une transition énergétique accélérée

Les partenariats public-privé (PPP) s’imposent comme un outil essentiel pour relancer le développement économique. Et ce, particulièrement dans le secteur stratégique de l’énergie.

Issam Chouchene, député à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), plaide pour un recours massif aux PPP. Tout en soulignant que l’article 17 de la Constitution de 2022 les consacre explicitement comme un moyen de mobiliser le secteur privé pour impulser les investissements et la croissance.

Il cite l’exemple de  la centrale solaire de Kairouan, entrée en phase de mise en œuvre via PPP sans dépendre des hydrocarbures, et insiste sur le fait qu’un projet d’envergure comme la liaison électrique sous-marine ELMED – approuvée par l’ARP avec cinq prêts et une correction budgétaire en février 2025 – ne peut être porté seul par l’État ou la STEG. Ce câble de 1 100 milliards de dinars est financé par plusieurs institutions dont la BERD, la Banque mondiale et bien d’autres…. et partagé avec l’Italie. Ce qui permettra des échanges d’énergie bidirectionnels et privilégiera les entreprises tunisiennes, écartant les câblages étrangers.

Lire aussi — Issam Chouchene : les PPP, clé de la transition énergétique

Face au déficit budgétaire et énergétique de 11 milliards de dinars, Issam Chouchene met en avant que les PPP réussissent partout dans le monde, comme en Chine avec BYD. Il appelle doncà étendre leur usage au secteur tertiaire (services, numérique, IA, logistique), ainsi qu’à des projets bloqués comme le port ou la ville sportive de Sfax. Il regrette les résistances idéologiques, confondues entre partenariat et privatisation, et déplore le rejet de sa proposition à l’ARP; malgré un cahier des charges rassurant.

De son côté, Sadok Besbes, président du Groupe des énergies renouvelables à CONECT Tunisie, défend les PPP comme une solution pour financer les infrastructures renouvelables sans alourdir la dette publique, en  répartissant les  risques et les coûts.  Ainsi ils permettraient de gérer la variabilité énergétique malgré les tensions géopolitiques, en diversifiant le mix énergétique, développant le stockage et modernisant les réseaux, tout en atténuant l’impact sur la balance commerciale déficitaire de 21 milliards de dinars.

Lire aussi — Sadok Besbes : « Les PPP transforment les contraintes budgétaires en opportunités d’investissement productif »

Pour garantir l’équité régionale, Sadok Besbes préconise une planification nationale avec des incitations ciblées vers l’intérieur du pays, via des modèles comme BOOT, BOT ou des contrats de performance énergétique intégrant les entreprises tunisiennes pour maximiser la valeur locale. Il identifie les défis persistants, lourdeurs administratives, manque de visibilité réglementaire, coûts de financement élevés. Et pour finir, il appelle à étendre les PPP à d’autres secteurs structurants comme les réseaux électriques, l’eau, le dessalement ou les infrastructures numériques. Et ce, afin de transformer les contraintes budgétaires en opportunités de croissance inclusive.

Toutefois, indépendamment d’un cadre légal en place, les PPP restent sous-exploités. Alors qu’ils pourraient propulser le pays vers une transition énergétique accélérée et une compétitivité renforcée.

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Les Arabes face à leur image contre l’orientalisme

Sous l’égide de l’Organisation arabe pour le dialogue et la coopération internationale, la 74e édition (4e session électronique via Zoom) du salon culturel animé par la Dr Hanane Youssef s’est tenue autour du thème « L’orientalisme et la construction de l’image arabe ». Cette rencontre a rassemblé experts, universitaires et jeunes de plusieurs pays arabes pour débattre des racines de la perception négative et des solutions concrètes.

Lancée fin décembre par l’Organisation arabe pour le dialogue, en partenariat avec l’Union arabe des médias et de la culture à la Ligue arabe, l’initiative vise à analyser ces racines, proposer visions et outils pour une image authentique, et promouvoir ses objectifs au niveau régional et mondial.

Dr Haïder Al-Jabbouri, ministre plénipotentiaire et directeur artistique du Conseil des ministres arabes des Médias, a souligné que l’amélioration de l’image arabe est une priorité absolue de la Ligue arabe. Il a mis en lumière son engagement via la culture et les médias, évoquant la Charte d’honneur des médias arabes et la stratégie contre le terrorisme,  deux piliers de cette ambition internationale. Il a exhorté toutes les parties à agir, saluant les efforts de l’Organisation arabe pour le dialogue qui renforcent la coopération arabe commune.

Dr Hanane Youssef a mis en lumière l’importance d’un front des Lumières pour rectifier et renouveler cette image, tandis que les participants ont plaidé pour un rôle central de la culture et des arts.

Cheikh Abdelaziz Al-Moussa, ex-membre du comité d’orientation des Lieux saints saoudiens, a présenté une étude percutante : « L’image des Arabes et musulmans : entre orientalisme et Vision 2030 saoudienne ». Il a décrypté le discours occidental et ses racines historiques, exposé la réponse saoudienne, et appelé à valoriser la richesse civilisationnelle arabe.

L’écrivain algérien Dr Ahmed Boudaoud a analysé l’impact de l’orientaliste allemande Sigrid Hunke, figure impartiale, sur l’image arabe en Europe, via son ouvrage Le Soleil des Arabes illumine l’Occident.

Les débats ont affiné des stratégies concrètes :

-Coopération accrue entre institutions arabes pour des plateformes de dialogue et contenus positifs.

-Formations pour médias et jeunes sur l’éthique, le dialogue interculturel et la communication internationale.

-Productions communes (films, documentaires, numérique) célébrant les apports arabes à l’humanité, la paix et la tolérance – loin des stéréotypes.

Hanane Youssef a clos l’événement en annonçant un programme de diplomatie culturelle : inviter des orientalistes bienveillants en terre arabe pour témoigner de ces avancées et bâtir des ponts. Appel lancé à tous pour unifier les efforts au service de l’avenir arabe dans la civilisation humaine.

Des penseurs éminents d’Égypte, des Émirats arabes unis, d’Arabie saoudite, d’Irak, d’Algérie, du Soudan, de Tunisie, du Maroc, du Koweït, du Liban et de Palestine ont enrichi les échanges par leurs expertises complémentaires.

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