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L’UE durcit la lutte contre l’immigration clandestine

L’Union européenne (UE) renforce sa lutte contre l’immigration clandestine, en concentrant ses efforts pour les cinq prochaines années sur une augmentation drastique des rapatriements, un recours sans précédent à la politique des visas comme outil diplomatique, ainsi qu’aux plateformes multifonctionnelles le long des routes migratoires et à l’intelligence artificielle (IA). Tout en intensifiant les partenariats avec des pays tiers, tels que la Tunisie, l’Égypte et la Mauritanie. (Photo : Centre de rétention des migrants en Italie).

«La priorité est claire : réduire et contenir le nombre d’arrivées illégales», a souligné Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures.

Cette priorité s’inscrit dans une tendance déjà visible : selon les données de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), les entrées irrégulières dans l’UE ont diminué de 26 % l’an dernier, soit le niveau le plus bas enregistré depuis 2021, avec des baisses significatives le long des routes des Balkans et d’Afrique de l’Ouest, tandis que la Méditerranée centrale demeure la voie d’accès la plus fréquentée à l’UE.

Avec sa nouvelle stratégie migratoire, la Commission s’est fixé un double objectif : consolider les tendances actuelles et expulser du Vieux continent les personnes n’ayant pas le droit d’y séjourner.

Des plateformes de rapatriement dans des pays tiers

Le plan s’articule autour de l’accélération des rapatriements. Dans le système actuel, moins de 30 % des personnes faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion quittent effectivement l’UE. Pour inverser cette tendance, Bruxelles privilégie désormais les plateformes de rapatriement, souvent situées dans des pays tiers, pour accueillir les demandeurs d’asile déboutés.

La stratégie consolide également la «diplomatie migratoire» en intensifiant les partenariats avec des pays tiers, tels que la Tunisie, l’Égypte et la Mauritanie, et ouvre la voie à la création de «centres polyvalents le long des routes migratoires», structures regroupant diverses fonctions opérationnelles pour gérer le cycle migratoire hors du territoire de l’UE en collaboration avec les pays partenaires. «Nous devons être fermes et défendre nos intérêts», a souligné Brunner, «sans pour autant nous dérober aux situations politiquement complexes.»

Parmi les nouveautés figure le recours à la numérisation et à l’IA dans la gestion de l’asile et des migrations.

La nouvelle stratégie en matière de visas complète le dispositif, visant à en faire un levier diplomatique stratégique. Autrement dit, si un pays tiers ne coopère pas au retour de ses citoyens expulsés, Bruxelles réagira en rendant plus difficile la délivrance de visas aux citoyens de ce pays.

Les nouvelles restrictions ont été immédiatement saluées par les partisans de Meloni au Parlement européen. Pour Nicola Procaccini et Carlo Fidanza, la feuille de route de la Commission «accepte les recommandations du gouvernement italien : gérer la migration, et non la subir».

I. B. (avec Ansamed).

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Contrôle des migrations | Bruxelles satisfaite du partenariat avec Tunis

De nouveaux équipements destinés à renforcer la surveillance des frontières terrestres et maritimes de la Tunisie ont été livrés par l’Union européenne (UE) dans le cadre du Programme de gestion des frontières (PGF), une initiative que Bruxelles présente comme un «partenariat solide et durable» avec Tunis, mise en œuvre en collaboration avec la Garde nationale tunisienne et le Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD). (Photo d’archive : livraison d’équipements européens aux garde-côtes tunisiens).

La délégation de l’UE en Tunisie a annoncé que l’aide européenne globale à la gestion des frontières tunisiennes s’élève à 130 millions d’euros (446 millions de dinars), affectés aux activités liées à la sécurité, à la recherche et au sauvetage, ainsi qu’à la lutte contre la traite des êtres humains et les réseaux de passeurs.

Lors de son évaluation à l’occasion de la réunion au quartier général de la Garde nationale de Tunis à El Aouina, l’UE a salué les résultats «significatifs» du programme lancé en 2018. Elle a souligné que cette initiative a contribué au renforcement des capacités opérationnelles de la Garde nationale et des garde-côtes, notamment en matière de recherche et de sauvetage et de protection des migrants en situation irrégulière.

Bruxelles a également noté que, depuis le lancement du projet, des équipements modernes d’une valeur de plus de 21 millions d’euros (72 millions de dinars) ont été fournis, ainsi que plus de 60 sessions de formation ayant impliqué 550 officiers et cadres. Des milliers de pièces et d’équipements destinés aux opérations sur le terrain ont également été acquis.

La délégation de l’UE a enfin insisté sur le fait que ces mesures ont contribué, «dès 2024», à une réduction des traversées irrégulières et du nombre de personnes disparues et de victimes en mer, grâce à l’intensification des opérations de sauvetage.

Le programme, ajoute l’UE, est désormais entré dans sa troisième phase, qui s’étendra jusqu’en 2028. Cette phase vise à développer une infrastructure de surveillance radar avancée afin de consolider progressivement les capacités de recherche et de sauvetage et de protection côtière de la Tunisie.

Dans le cadre de cette coopération, l’UE réaffirme que le partenariat repose sur la coopération, le respect des droits humains et la stabilité en Méditerranée.

Toutefois, la coopération UE-Tunisie en matière de gestion des migrations a également fait l’objet de débats publics en Europe ces dernières années, notamment concernant le modèle d’«externalisation» des politiques frontalières et l’équilibre entre contrôle, sauvetage et protection des droits humains.

I. B. (avec Ansamed).

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