La Chine change de statut en Afrique
Au cours de la dernière décennie, le rôle de la Chine en tant que premier bailleur de fonds des pays en développement a considérablement évolué. Après des années d’engagements fermes et de généreux financements, Pékin a changé de statut, passant de bailleur de fonds à créancier.
Sur les dernières années, les nouveaux prêts ont diminué alors que les remboursements de la dette ne cessent d’augmenter.
En conséquence, de nombreux pays africains à revenu faible ou intermédiaire se retrouvent dans une situation inédite : ils transfèrent désormais davantage de fonds à la Chine au titre du service de la dette qu’ils n’en reçoivent sous forme de nouveaux financements de la part du géant asiatique.
Ce renversement des flux coïncide avec une forte progression des financements nets provenant des institutions multilatérales. Les financements nets obtenus de ces dernières sont devenus la principale source de financement du développement, représentant désormais 56 % des flux nets, soit 379 milliards de dollars sur la période 2020-2024, selon les chiffres de One Data.
Passage obligatoire par le FMI
De nombreux gouvernements se voient contraints de céder aux exigences du FMI, confrontés à des difficultés croissantes pour financer les services publics et les investissements.
Ce qui met encore de la pression sur ces pays, c’est la baisse des aides allouées par d’autres pays développés, à l’instar des États-Unis, qui a mis fin à l’USAID. Les marchés financiers internes sont un refuge pour couvrir une partie du déficit budgétaire, une solution qui a aussi des inconvénients que nous connaissons d’ailleurs bien en Tunisie.
Lire aussi: L’USAID va suspendre son aide sous l’ordre de Trump
Face à une conjoncture financière extrêmement contraignante, le continent se trouve pris dans une logique de survie à court terme. Avec la raréfaction des options de financement et l’étau de la dette qui se resserre, de nombreux pays n’ont d’autre choix que de monétiser à un rythme accéléré leurs ressources naturelles, notamment les minerais stratégiques et les terres rares. Cette solution hypothèque le potentiel de développement industriel et la résilience future de l’Afrique.
L’article La Chine change de statut en Afrique est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.