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La démocratie doit-elle se protéger du peuple ?

Des vagues de populisme traversent aujourd’hui le monde avec une puissance inédite. Aucun continent n’est épargné, aucun régime démocratique n’est à l’abri. De l’Amérique à l’Europe, de l’Inde à l’Amérique latine, le discours politique se simplifie, se durcit, se radicalise. Les slogans remplacent les programmes, l’émotion supplante l’argumentation, et la colère devient une ressource électorale. C’est le triomphe inquiétant du nombre et la défaite de la raison. Plaidoyer pour une démocratie entre élites à l’ère du populisme.

Zouhaïr Ben Amor *

Le populisme se nourrit d’un paradoxe fondamental : il prétend incarner le peuple tout en détruisant les conditions mêmes d’un jugement politique éclairé. Il érige l’opinion immédiate en vérité, la majorité numérique en légitimité morale, et transforme toute complexité en suspicion. Dans ce climat, l’intellectuel devient un ennemi, l’expert un traître, le scientifique un manipulateur.

Face à cette dérive, une question longtemps jugée indécente mérite aujourd’hui d’être posée sans faux-semblants : la démocratie peut-elle survivre lorsqu’elle abdique toute exigence intellectuelle ? Et plus encore : une démocratie fondée sur des élites instruites, responsables et contrôlées serait-elle plus démocratique que le règne aveugle du nombre ?

Le populisme : une pathologie interne de la démocratie

Contrairement à une idée répandue, le populisme n’est pas l’ennemi extérieur de la démocratie. Il en est une dérive interne, un excès logique. Il surgit lorsque la souveraineté populaire est réduite à sa forme la plus brute : le comptage des voix, indépendamment de la qualité du jugement qui les fonde.

Déjà, Platon voyait dans la démocratie athénienne un régime instable, vulnérable à la démagogie. Dans La République, il compare la cité démocratique à un navire confié à une foule ignorante, sourde à la compétence du pilote. Ce n’est pas le peuple en tant que tel que Platon critique, mais l’abandon de toute hiérarchie du savoir.

Plus près de nous, le politicien français Alexis de Tocqueville (1805-1859) identifie un danger majeur des sociétés démocratiques modernes : la tyrannie de la majorité. Celle-ci n’opprime pas par la force, mais par la norme, étouffant toute pensée dissidente sous le poids du consensus numérique (De la démocratie en Amérique).

Le populisme contemporain pousse cette logique à son extrême : il confond volonté générale et opinion majoritaire instantanée, souvent façonnée par les réseaux sociaux, les algorithmes et les émotions collectives. La démocratie devient alors un réflexe, non un processus de délibération.

L’égalité politique et le mythe dangereux de l’égalité cognitive

L’un des dogmes les plus intouchables de la modernité démocratique est l’idée que toutes les opinions se valent. Or cette affirmation, si elle est moralement séduisante, est intellectuellement intenable.

Être citoyen confère des droits égaux, mais ne produit pas automatiquement une compétence égale. Confondre égalité juridique et égalité cognitive revient à nier l’expérience, l’éducation, la formation, l’effort intellectuel. Cette confusion est au cœur du triomphe populiste.

Le philosophe et économiste britannique John Stuart Mill (1806-1873) l’avait parfaitement compris. Dans Considerations on Representative Government (1861), il propose un suffrage plural, où le vote des citoyens les plus instruits aurait un poids supérieur. Non par mépris social, mais par souci d’efficacité politique. Mill pose une question dérangeante mais rationnelle : pourquoi refuser à la politique ce que l’on exige de la médecine, de l’ingénierie ou du droit ?

On ne choisit pas un chirurgien par acclamation populaire. On ne confie pas un pont à un vote majoritaire. Pourquoi alors accepter que le destin d’une nation soit décidé sans exigence minimale de compétence ?

La révolte des masses et la fin du jugement

Le populisme est aussi un phénomène culturel profond. Le philosophe espagnol José Ortega y Gasset (1883-1955) dans La révolte des masses (1930), décrit l’avènement de l’«homme-masse» : un individu convaincu de son droit à décider de tout, sans effort préalable de compréhension.

L’homme-masse ne rejette pas seulement l’élite ; il rejette l’idée même d’excellence. Toute distinction est perçue comme une offense. Toute compétence devient arrogance. Cette mentalité trouve aujourd’hui un terrain idéal dans les réseaux sociaux, où la visibilité remplace la légitimité, et où la viralité tient lieu de vérité.

Dans ce contexte, la démocratie cesse d’être un régime de responsabilité pour devenir un théâtre d’indignations successives. Le jugement politique, qui exige lenteur, mémoire et complexité, est sacrifié au profit de réactions immédiates.

Effondrement du sens politique et banalisation de l’irresponsabilité

La germano-américaine Hannah Arendt (1906- 1975) a montré, notamment dans La crise de la culture, que le mal politique moderne ne procède pas toujours de la monstruosité, mais de la banalité, c’est-à-dire de l’absence de pensée.

Le populisme prospère précisément sur cette absence. Il ne demande pas aux citoyens de comprendre, mais de réagir. Il ne sollicite pas la raison, mais l’affect. Le vote devient un geste cathartique, non un acte réfléchi.

La démocratie, ainsi vidée de son exigence intellectuelle, devient vulnérable à toutes les manipulations. Elle se transforme en machine à légitimer l’irresponsabilité collective.

Faut-il alors confier la démocratie aux élites ?

Le mot «élite» est aujourd’hui presque imprononçable. Il évoque immédiatement l’arrogance, la domination, l’entre-soi. Pourtant, refuser toute forme d’élite revient à accepter implicitement le règne de l’incompétence.

Il faut ici être clair : il ne s’agit ni d’une élite de naissance, ni d’une élite de richesse. Il s’agit d’une élite de savoir, de responsabilité et d’éthique. Une élite sans privilèges héréditaires, soumise au contrôle, révocable, évaluée.

Dans toute société complexe, des élites existent de fait : scientifiques, ingénieurs, médecins, enseignants, juristes. La question n’est donc pas leur existence, mais leur place dans la décision politique.

Refuser leur rôle au nom d’un égalitarisme abstrait, c’est livrer la démocratie à ceux qui crient le plus fort, non à ceux qui comprennent le mieux.

Modèles possibles d’une démocratie protégée du populisme

Imaginer une démocratie entre élites ne signifie pas abolir le peuple, mais réintroduire des filtres rationnels.

Plusieurs modèles sont envisageables :

1. Un bicaméralisme renforcé : une chambre élue au suffrage universel, et une chambre de compétence (scientifiques, juristes, philosophes, économistes), avec droit de veto argumenté.

2. Un suffrage pondéré par le niveau d’instruction ou la formation civique.

3. Des conseils citoyens qualifiés, tirés au sort mais formés longuement avant toute décision.

4. Une démocratie délibérative, où le vote n’intervient qu’après un processus obligatoire d’information et de débat.

Ces modèles ne sont pas antidémocratiques ; ils sont antipopulistes.

Le danger inverse : technocratie et déshumanisation

Toute réflexion honnête doit reconnaître les risques d’une démocratie des élites. L’expertise peut devenir froide, déconnectée du vécu. Les élites peuvent se fossiliser, se reproduire, perdre tout contact avec le réel social.

Le théoricien de la politique, l’allemand Carl Schmitt (1888, 1985) rappelle que la politique ne peut jamais être réduite à une simple gestion technique. Elle implique des choix existentiels, des valeurs, des conflits irréductibles.

C’est pourquoi une démocratie entre élites ne peut être viable que si elle reste ouverte, pluraliste, contrôlée, et si le peuple conserve un droit de regard et de sanction.

Penser contre la foule pour sauver la démocratie

Il est temps d’oser une vérité inconfortable : la démocratie n’est pas sacrée par nature. Elle n’est qu’un outil fragile, qui ne fonctionne que si les citoyens sont capables de discernement.

Lorsque l’ignorance devient majoritaire, lorsque l’émotion remplace la raison, lorsque la compétence est méprisée, la démocratie se suicide lentement sous les applaudissements.

Peut-être faut-il alors accepter cette idée provocante : le salut de la démocratie viendra parfois d’une minorité lucide, et non de la majorité aveugle. Penser contre la foule n’est pas trahir la démocratie. C’est peut-être aujourd’hui la seule façon de la préserver.

* Universitaire.

Références bibliographiques (indicatives) :

Platon, La République.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique.

John Stuart Mill, Considerations on Representative Government.

José Ortega y Gasset, La révolte des masses.

Hannah Arendt, La crise de la culture ; Eichmann à Jérusalem.

Carl Schmitt, La notion de politique.

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    Maroc | Les retombées économiques de la CAN 2025  

    Les chiffres officiels communiqués par le gouvernement marocain à l’issue de l’organisation de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football mettent en lumière des retombées financières dépassant le milliard d’euros, ravivant le débat sur l’importance des retombées économiques attendues de la Coupe du monde Fifa 2030, que le Royaume coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. 

    Habib Glenza

    Selon Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, l’accueil de la CAN au Maroc a généré des revenus directs supérieurs à 1,5 milliard d’euros soit environ 4,8 milliards de dinars tunisiens. Ce chiffre représente un peu moins que la totalité des recettes touristiques de l’exercice 2025 en Tunisie.

    Dans une déclaration accordée à l’agence espagnole Efe, le responsable marocain a souligné que l’événement a attiré plusieurs centaines de milliers de visiteurs étrangers, dynamisant de manière significative des secteurs clés tels que l’hôtellerie, le transport, le tourisme, et les services de manière générale, tout en favorisant la création de dizaines de milliers d’emplois.

    Mezzour a également insisté sur la dimension stratégique des investissements réalisés dans les infrastructures sportives et logistiques, estimant qu’ils s’inscrivent dans une vision de long terme dépassant largement le cadre ponctuel de la compétition panafricaine.

    Développement des services touristiques

    Pour l’économiste marocain Khalid Hams, l’intérêt de tels événements mondiaux ne se limite pas à des gains financiers immédiats. Il considère que l’organisation de grandes manifestations sportives contribue avant tout à renforcer l’image du Maroc sur la scène internationale. C’est un facteur déterminant dans l’attractivité du pays auprès des investisseurs et des touristes, a-t-il expliqué, ajoutant que la visibilité offerte par ces compétitions stimule l’investissement dans les infrastructures structurantes, notamment les réseaux routiers, les aéroports et les capacités hôtelières.

    Ces événements internationaux contribuent au développement des services touristiques et à la montée en compétence des ressources humaines dans les métiers de l’hôtellerie et du tourisme. L’expert anticipe des retombées durables, à moyen et long terme, dans les secteurs du transport et du tourisme, mais aussi dans l’artisanat, un domaine qui fait vivre près de cinq millions de Marocains. Cette dynamique devrait, selon lui, renforcer la croissance économique et générer une activité soutenue dans l’ensemble des secteurs connexes.

    Concernant les infrastructures sportives, Hams plaide pour une gestion durable des stades et des équipements, en encourageant leur exploitation tout au long de l’année à travers la diversification des disciplines et des événements, afin de garantir leur rentabilité et de limiter les coûts d’entretien.

    Il faut également mettre en exergue non seulement les superbes stades mis à la disposition des équipes participantes à cette CAN, mais surtout à la praticabilité des pelouses qui ont absorbé des quantités exceptionnelles d’eau, grâce à un système de drainage très efficace, rarement constaté sur des pelouses européennes        

    Une vision économique à l’horizon 2035

    De son côté, l’économiste Mohamed Jadri estime que le Maroc aborde l’organisation la Coupe du monde comme un instrument stratégique au service d’un projet économique global, et non comme une finalité sportive. Il explique que cette approche s’inscrit dans une ambition de transformation économique à l’horizon 2035, visant notamment à doubler le produit intérieur brut (PIB) pour dépasser les 260 milliards de dollars, contre environ 130 milliards actuellement. Cette vision prévoit également l’augmentation du taux d’activité des femmes à 45 %, la réduction des disparités territoriales et l’amélioration du revenu moyen des ménages, avec un objectif de croissance annuelle pouvant atteindre 8 %. 

    Parmi les autres objectifs figurent l’accueil de 26 millions de touristes par an, le développement de l’industrie automobile avec une production cible de 2 millions de véhicules, ainsi que le renforcement de la souveraineté alimentaire, énergétique et pharmaceutique du pays.                                                                                  Selon Jadri, l’organisation de la CAN a généré des centaines de milliers d’emplois dans les secteurs de la communication, de l’événementiel et des infrastructures. L’activité intense observée dans l’hôtellerie, la restauration et le transport aérien durant la compétition illustre, à ses yeux, le rôle de catalyseur économique joué par ce genre d’événements.

    L’économiste conclut en soulignant que les retombées économiques positives du Mondial 2023 dépasseront largement la période de la tenue de la compétition, grâce au renforcement de la visibilité du Maroc dans plus de 180 pays, attirant de nouveaux investissements étrangers. Les principaux bénéficiaires resteront, selon lui, les citoyens marocains, à travers les projets structurants tels que le train à grande vitesse, les autoroutes et les infrastructures génératrices de richesse et d’emplois.

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    Tunisie | Un ministère des antiquités pour quoi faire ?

    La protection du patrimoine tunisien est une urgence réelle. Personne ne conteste l’état de vulnérabilité des sites archéologiques, ni l’ampleur des pertes causées par le pillage, l’abandon et l’improvisation institutionnelle. Pourtant, l’appel récent à la création d’un ministère des Antiquités et du Patrimoine, malgré son lyrisme mobilisateur, pose plus de problèmes qu’il n’en résout. (Photo : Les citernes d’Oudhna).

    Abdelhamid Larguèche *

    Derrière l’évidence de la cause se cache une vision idéologiquement clivante de la mémoire et politiquement risquée de l’action publique.

    Le texte repose sur une représentation quasi sacrée de la Tunisie comme «musée universel enfoui», faisant de l’archéologie le cœur exclusif de la souveraineté mémorielle. Or la mémoire nationale ne se réduit ni aux vestiges antiques ni aux sites monumentaux. Elle est aussi sociale, conflictuelle, coloniale, ouvrière, contemporaine… En hiérarchisant les mémoires et en sacralisant le passé lointain, on dépolitise l’histoire au lieu de la rendre vivante et partagée.

    Une inflation ministérielle dysfonctionnelle

    Plus problématique encore est la croyance implicite dans la solution institutionnelle miracle. Dans un État fragilisé, la création d’un ministère supplémentaire relève davantage du symbole que de l’efficacité. Les dysfonctionnements actuels — centralisation excessive, faiblesse des moyens, précarité des métiers du patrimoine, éloignement des territoires — ne seront pas corrigés par un changement d’organigramme. L’inflation ministérielle ne remplace ni une vision démocratique ni une réforme structurelle.

    Cet appel révèle aussi une posture familière : celle d’un entre-soi élitaire parlant au nom de la mémoire collective sans intégrer pleinement les habitants des régions concernées, les ouvriers du patrimoine, les jeunes chercheurs précaires ou les collectivités locales. La mémoire devient alors un domaine réservé, confisqué symboliquement par ceux qui en maîtrisent le langage, mais non nécessairement les usages sociaux.

    Surtout, dans le contexte tunisien actuel, marqué par les dérives bureaucratiques, la verticalité des décisions et la défiance envers les élites, l’appel à un «acte souverain» sans garde-fous démocratiques est risqué. La culture, lorsqu’elle est administrée verticalement, peut devenir un instrument de domination symbolique plutôt qu’un espace d’émancipation.

    Une autre voie est pourtant possible. Plutôt qu’un ministère de plus, la Tunisie pourrait se doter d’un Conseil supérieur de la culture et du patrimoine, instance indépendante, pluraliste et dotée de prérogatives propositionnelles. Placé sous contrôle parlementaire, ce Conseil garantirait à la fois l’autonomie vis-à-vis de l’exécutif et la redevabilité publique. Sa composition : chercheurs, professionnels de la culture et du patrimoine, collectivités locales, acteurs de la société civile et métiers souvent invisibilisés du secteur, permettrait de rompre avec la centralisation verticale et l’entre-soi décisionnel.

    La mémoire est un bien commun

    Chargé de définir des orientations stratégiques, d’évaluer les politiques publiques et de rendre des avis publics sur les projets de lois et de réformes touchant à la culture, à la mémoire et au patrimoine, ce Conseil constituerait un véritable levier de bonne gouvernance. Il favoriserait la transparence, la coordination institutionnelle et l’ancrage territorial des politiques culturelles, tout en reconnaissant la pluralité des mémoires, y compris locales, sociales et contemporaines.

    La question n’est donc pas de savoir comment administrer la mémoire, mais comment la démocratiser.

    La décentralisation réelle des politiques patrimoniales, la sécurisation des métiers, l’intégration des universités et la reconnaissance des mémoires locales et contemporaines constitueraient des leviers bien plus efficaces que la sacralisation institutionnelle du passé.

    La question n’est donc pas de savoir comment administrer la mémoire, mais comment la démocratiser.

    Car la mémoire n’est ni un décor ni un capital symbolique : elle est un bien commun, traversé de conflits, de récits multiples et d’enjeux sociaux.

    La protéger exige moins de solennité et plus de politique.

    * Historien.

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    Tunisie | Appel à la création d’un ministère des Antiquités

    Un groupe d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes ont publié, le 27 janvier 2026, une «Déclaration de souveraineté sur la mémoire», dont nous reproduisons ci-dessous, la traduction, où ils appellent à la création d’un «ministère des Antiquités et du Patrimoine» pour mieux préserver la mémoire nationale des pillages et des destructions. (Photo: site archéologique de Carthage).

    Nous, soussignés, intellectuels, créateurs et gardiens de l’histoire, lançons cet appel urgent et souverain, fort de notre profonde conviction que la Tunisie, ce territoire géographique héritier d’une longue histoire, est en réalité un musée universel enfoui.

    Car dans chaque ville, dans chaque village, dans chacune de nos cités, des civilisations gisent enfouies sous le sol, attendant qu’un État leur rende leur dignité.

    La grandeur de la Tunisie réside dans la diversité, la richesse et l’étendue de son patrimoine, qui gît sous nos pieds à chaque coin de rue. Ici, l’histoire ne se limite pas aux sites de Carthage, El Jem, Sbeitla, Chemtou, Bulla Regia ou Kerkouane… ou d’autres sites connus ou découverts, elle coule dans les veines de la terre, depuis le quai du port punique englouti de Ras Salakta, jusqu’aux ruines de Kairouan révélées par les inondations, et depuis les côtes de Mahdia, Nabeul et Monastir qui recèlent des trésors révélés à chaque tempête, jusqu’aux forteresses du nord et aux plaines du sud. Car la Tunisie dans son ensemble représente un réservoir de mémoire humaine, et cette «exception civilisationnelle» – si l’on peut dire – ne peut rester otage d’une dépendance administrative déficiente vis-à-vis du ministère des Affaires culturelles.

    La subordination de ce patrimoine à des structures administratives secondaires constitue un lent assassinat de l’identité. La politique d’«urgence culturelle» et les alertes lancés après chaque évènement climatique, un pillage ou une destruction systématique, ne sont que des palliatifs sans effet.

    Aujourd’hui, notre patrimoine oscille entre la fragilité de la protection juridique et des carences structurelles, laissant nos trésors dans chaque village et chaque ville exposés à un pillage silencieux et à une destruction publique, une situation qui n’est plus acceptable dans un pays qui comprend que la réappropriation de l’histoire est le premier pas vers la libération de l’avenir.

    Nous renouvelons notre appel à la création immédiate et sans délai d’un ministère des Antiquités et du Patrimoine, une structure souveraine indépendante dotée d’une autonomie financière et d’une volonté politique claire et inébranlable, disposant d’équipes de terrain permanentes dans tout le pays et d’un budget à la hauteur du patrimoine menacé, œuvrant à la fouille, à la protection et à la valorisation des antiquités.

    Transformer les sites historiques, d’un «fardeau de préservation» en un «levier de développement» et de croissance économique, grâce à la recherche scientifique, la numérisation et le tourisme culturel, est essentiel pour restaurer la dignité historique de la Tunisie et le rayonnement international qu’elle mérite.

    La Tunisie, ensevelie sous les décombres de la négligence, attend un acte de souveraineté qui sauvera son patrimoine de l’oubli.

    Nous appelons le Parlement, le gouvernement et la société civile et politique à assumer leur responsabilité historique avant que la confiance des générations ne soit perdue.

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    Succès historique de MSB | La Tunisie accueille pour la 1ère fois la conférence AACSB Elevate Mena

    La Mediterranean School of Business (MSB) a marqué l’histoire en accueillant pour la première fois en Tunisie la conférence AACSB Elevate Moyen-Orient et Afrique du Nord, réunissant pendant quatre jours plus de 100 doyens, doyens associés et responsables de programmes internationaux issus d’écoles de commerce d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

    Avec une participation record, supérieure aux éditions précédentes organisées à Dubaï et au Caire, l’événement a confirmé la place de la Tunisie comme acteur incontournable dans le paysage mondial de l’enseignement du management.

    «Cet événement reflète qui nous sommes et ce que nous pouvons accomplir ensemble. Je tiens à remercier sincèrement chacun de mes collaborateurs, professeurs et personnel administratif, pour leur confiance et leurs efforts quotidiens afin d’aider notre institution à grandir et à avoir un impact significatif dans notre région», a déclaré Leila Triki, doyenne de la MSB.

    Temps forts de la conférence

    Pendant deux jours de conférences plénières, de tables rondes et de sessions interactives de haut niveau, les participants ont analysé l’évolution du rôle des business schools face aux transformations technologiques rapides, aux mutations géopolitiques et aux enjeux de durabilité.

    Les échanges ont porté notamment sur l’intégration responsable de l’intelligence humaine et artificielle, l’avenir des normes d’accréditation, l’impact de la recherche, la co-création avec les entreprises, l’entrepreneuriat, ainsi que l’équilibre entre diplômes et compétences. Porté par une forte mobilisation d’experts régionaux et internationaux, l’événement a favorisé un dialogue constructif, des collaborations concrètes et des perspectives opérationnelles, confirmant sa place de plateforme de référence pour l’innovation, l’impact et la coopération régionale en matière de formation en management.

    Une vision partagée pour l’avenir

    En réunissant à Tunis des dirigeants de grandes écoles de management, des représentants du monde économique et des organisations internationales, la conférence Elevate Mena 2026 a permis d’examiner comment l’enseignement du management peut contribuer à bâtir des institutions tournées vers l’avenir et à façonner des sociétés plus inclusives au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

    «Elevate Mena s’est affirmé comme un carrefour régional de dialogue et de collaboration, réunissant les acteurs clés de l’enseignement du management. Le choix de la Mediterranean School of Business (MSB) pour accueillir cette conférence s’impose naturellement, puisqu’elle est la première et la seule école de commerce accréditée AACSB en Tunisie et dans toute l’Afrique francophone», a souligné Ihsen Zakri, vice-président Emea Growth and Engagement, AACSB International.

    A propos de AACSB International : fondée en 1916, AACSB International (Association to Advance Collegiate Schools of Business) est l’organisme mondial de référence en matière d’accréditation et d’amélioration continue des écoles de commerce. Présente dans plus de 60 pays, AACSB regroupe un réseau de plus de 1 900 institutions, entreprises et organisations engagées à transformer l’enseignement du management. Son accréditation est reconnue comme le standard le plus exigeant au niveau international, garantissant la qualité académique, l’innovation pédagogique et la pertinence des programmes face aux besoins du marché.

    A propos de la MSB : créée en 2002 à Tunis, la Mediterranean School of Business (MSB) est une école pionnière en Afrique et dans la région Mena, reconnue pour son excellence académique et son ouverture internationale. Membre de l’Université Méditerranéenne (SMU), MSB propose des programmes de licence, master et MBA accrédités et enseignés en anglais, favorisant une pédagogie interactive et centrée sur l’étudiant. Grâce à son corps professoral international, ses partenariats académiques et ses liens étroits avec le monde des affaires, MSB forme des leaders capables de relever les défis d’un environnement global, innovant et en constante évolution. La recherche constitue également un pilier essentiel de sa stratégie globale, renforçant l’innovation pédagogique et l’impact académique de l’école à l’échelle régionale et internationale.

    Communiqué.

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    Maghreb Jazz Days à la Maison de Tunisie à Paris

    La Fondation de la Maison de Tunisie à Paris accueillera, du 6 au 8 février 2026, la 12ᵉ édition du Festival Maghreb Jazz Days, un événement culturel majeur qui s’inscrit pleinement dans la mission de dialogue, d’ouverture et de diversité portée par la Cité internationale universitaire de Paris.

    Depuis plus de dix ans, le Festival Maghreb Jazz Days s’impose comme un espace de création, de transmission et de rencontre, rassemblant un public fidèle et toujours plus nombreux.

    Le succès constant des éditions précédentes témoigne non seulement de la qualité artistique de la programmation, mais aussi de l’ancrage profond du festival dans la vie culturelle de la Maison de Tunisie et de la Cité universitaire de Paris.

    Cette réussite est indissociable de l’engagement et du travail de Kaouthar Errachid, directrice artistique du festival, dont la vision, la persévérance et la sensibilité artistique ont permis de faire de Maghreb Jazz Days un rendez-vous reconnu.

    À travers une programmation exigeante et inclusive, elle œuvre depuis des années à faire dialoguer les cultures du Maghreb avec le jazz contemporain, tout en offrant une scène d’expression aux artistes confirmés comme aux jeunes talents émergents.

    La Fondation de la Maison de Tunisie joue un rôle essentiel dans cette dynamique, en soutenant activement ce projet culturel qui contribue au rayonnement artistique de la Maison et à son rôle de carrefour culturel au sein de la Cité internationale universitaire. Le festival participe pleinement à la vie des résidents, en leur offrant un accès privilégié à des propositions artistiques de haut niveau, favorisant les échanges interculturels, la curiosité et le vivre-ensemble.

    Pour cette 12ᵉ édition, le public aura le plaisir de retrouver de grands noms du jazz maghrébin tels que Karim Ziad, Samira Brahmia et Youcef Boukela, ainsi que de découvrir une nouvelle génération d’artistes portée par Kaïs Siala, Omarhaba, Slim Abida, Zied Fatnassi, Alaa Ben Feguira, Ghassen Fendri et pleins d’autres artistes talentueux.

    Cette diversité artistique reflète l’esprit même du festival : un pont entre les générations, les esthétiques et les cultures.

    Plus qu’un simple événement musical, le Festival Maghreb Jazz Days est aujourd’hui un vecteur de diversité culturelle, un outil de transmission et un symbole fort de l’engagement de la Maison de Tunisie en faveur de la création, de l’ouverture et du dialogue entre les peuples.

    Entrée gratuite, mais réservation obligatoire. 

    Lien de réservation 

    Page Facebook de la Maison de Tunisie. Et sa page Instagram.

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    Boualem Sansal élu à l’Académie française

    Boualem Sansal vient d’entrer dans l’histoire : élu à l’Académie française par 25 voix sur 26, il succède à Jean-Denis Bredin et occupera le fauteuil numéro 3, autrefois celui de Marguerite Yourcenar, Georges Clemenceau ou du cardinal de Bernis. Une élection qui dépasse le simple honneur institutionnel : elle consacre une œuvre marquée par l’audace, la lucidité et la critique sans concession.

    Djamal Guettala 

    Depuis ses premiers romans jusqu’à ses essais les plus récents, Sansal n’a jamais renoncé à questionner l’histoire, la mémoire et les dérives du pouvoir. De ‘‘Le village de l’Allemand’’ à ‘‘2084. La fin du monde’’, il a affronté les silences imposés par la peur et la censure, traçant une écriture où l’engagement intellectuel se mêle à la littérature. Son regard critique sur l’Algérie post-indépendance, mais aussi sur les totalitarismes universels, lui a valu autant d’admiration que de controverses.

    Cette élection survient quelques mois après sa libération d’Algérie, où il avait été condamné pour des propos jugés sensibles par les autorités locales. Sa mise en liberté, obtenue grâce à une médiation internationale et une grâce présidentielle, symbolise la valeur de la parole libre et le combat d’un écrivain contre les pressions politiques et l’intimidation. Dans ce contexte, son accession à l’Académie française prend une dimension morale autant que littéraire : elle affirme que la littérature ne se plie ni à la censure ni au silence.

    Sous la Coupole, il recevra l’habit vert et l’épée de l’Immortel, symboles d’une institution qui, avec lui, réaffirme que la langue française continue de se nourrir de voix étrangères, critiques et universelles. L’Académie accueille une plume qui traverse les frontières et les générations, et qui rappelle que la littérature engagée, lucide et courageuse a sa place parmi les plus prestigieuses institutions de la francophonie.

    Boualem Sansal devient un Immortel. Mais au-delà du titre, il demeure un écrivain qui parle aux consciences de son temps, un passeur de vérités parfois dérangeantes, un témoin de l’histoire et de ses dérives. Sa voix, désormais inscrite dans l’histoire de l’Académie, continuera de résonner comme celle d’un homme qui a choisi de dire, coûte que coûte, ce que beaucoup taisent.

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    Ségolène Royal plaide à Alger pour la libération de Christophe Gleizes

    En visite officielle en Algérie depuis le lundi 26 janvier 2026, l’ancienne ministre française Ségolène Royal, présidente de l’Association France‑Algérie, a obtenu l’autorisation de rencontrer le journaliste Christophe Gleizes, incarcéré dans la prison de Tizi‑Ouzou. La rencontre est prévue ce vendredi 30 janvier 2026, après que Royal a reçu une «réponse positive» du ministre de la Justice algérien. Cette démarche s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Paris et Alger, tout en ouvrant une fenêtre de dialogue autour du cas du journaliste.

    Djamal Guettala 

    Christophe Gleizes, collaborateur des magazines français So Foot et Society, avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi‑Ouzou alors qu’il réalisait un reportage sportif sur la Jeunesse Sportive de Kabylie. Condamné en juin 2025 à sept ans de prison ferme pour «apologie du terrorisme» et possession de publications «contre l’intérêt national», sa peine a été confirmée en appel en décembre 2025. Ses soutiens dénoncent une condamnation arbitraire, estimant qu’il n’a fait que son métier de journaliste.

    Un environnement politique sensible

    L’affaire a suscité une vive émotion en France, avec des appels à la mobilisation de Reporters sans frontières (RSF) et de syndicats de journalistes. RSF a dénoncé «une atteinte grave à la liberté de la presse» et a demandé l’intervention des autorités françaises pour obtenir une révision du dossier. La famille de Gleizes a, de son côté, déposé une demande de grâce présidentielle auprès du président algérien Abdelmadjid Tebboune et introduit un pourvoi en cassation pour tenter d’obtenir un nouveau procès.

    Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : près de 250 détenus d’opinion sont actuellement emprisonnés en Algérie. Parmi eux, certains, comme l’économiste Djelloul Slama, ont été arrêtés pour avoir critiqué la politique économique ou sociale du gouvernement. La détention de Gleizes illustre, selon ses soutiens, les risques encourus par les journalistes et les militants dans un environnement politique sensible.

    Ségolène Royal, qui a rencontré mardi le président Tebboune, a souligné que le dirigeant algérien se montre «prêt au dialogue» dès lors que le respect et la considération sont présents du côté français. La discrétion de la famille et de l’avocat de Gleizes, saluée par Royal, a été un facteur déterminant dans l’obtention de cette autorisation exceptionnelle.

    Une diplomatie de prudence et de respect

    En parallèle, une mobilisation se poursuit en France, avec des rassemblements prévus à Paris, Toulouse, Lille, Perpignan et Montpellier. Une soirée de soutien organisée au Bataclan prévoit de reverser 100 % des bénéfices à RSF pour soutenir la campagne de libération de Gleizes.

    Au‑delà de l’enjeu individuel, la visite de Royal a une portée symbolique : elle témoigne de la possibilité d’un dialogue diplomatique et humain, même dans un contexte de tensions, et attire l’attention sur la question de la liberté de la presse et des droits des journalistes étrangers en Algérie. Cette initiative pourrait également influencer les relations franco‑algériennes dans les semaines à venir, en montrant que des avancées sont possibles lorsque la diplomatie est menée avec prudence et respect.

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    Retour sur la CAN Maroc | Un dernier carré qui ne tourne pas rond

    Du rectangle au carré. Du vert du terrain à la brillance des médailles du dernier carré. Les demi-finales correspondent toujours à la distribution des récompenses suprêmes. Avec un podium particulier puisque, contrairement à d’autres disciplines, terminer quatrième d’une compétition en football s’assimile à remporter un succès d’estime auprès de la critique. Puis une finale rythmée ou non, prévisible ou imprévisible, est le summum de l’événementiel. Le deuxième week-end du mois de janvier a rassemblé les supposées quatre meilleures équipes de la CAN Maroc. Pourtant l’animation n’a pas aidé à fournir du très beau spectacle. Peut-on vraiment parler d’élite africaine ? Quel bilan général peut-on tirer de cette Coupe d’Afrique des Nations ?

    Jean-Guillaume Lozato *

    Éliminés respectivement par le Sénégal et le Maroc, l’Égypte et le Nigeria se sont retrouvés pour le match de classement du samedi. Pour un piètre 0-0. Non que la partie fût totalement endormante. Loin de là : en première mi-temps, les Égyptiens ont assuré un semblant de domination.

    Deux derniers matches déconcertants

    Cependant, et au fur et à mesure de la décompression en seconde période, un faux rythme s’est emparé des vingt-deux acteurs disposés sur la pelouse.

    Dans les grandes lignes, les approximations se sont succédées. Le box to box a été le mot d’ordre, comme avec cette action du Nigeria de la douzième minute, envoyant son avant-centre puissant (1,90 m et 92 kg…) Akor Adams faire un tir cadré. Lorsque le rond central ne faisait pas office de ring pour une bataille stérile avec déchets techniques et fautes à retardement. Et l’Égypte, pourtant plus prometteuse aux matches précédents, est retombée dans ses travers anciens alors que son sélectionneur Hossam Hassan était parvenu à insuffler un instinct tactique à sa défense si bénéfique au reste de son onze. Tout ceci pour un 0-0 à la fin du temps réglementaire. Avec le bronze pour les Super Eagles vainqueurs aux tirs aux buts devant les Pharaons dont la star Mohamed Salah a raté son penalty.

    Nous avons donc pu comprendre comment ces deux nations ne sont pas arrivées en finale ! Toutefois, le soulagement ne fut que temporaire, si on se réfère à ce qui allait se passer le lendemain.

    Le dimanche soir a vu se confronter le Maroc et le Sénégal. Le pays hôte demi-finaliste de la dernière Coupe du Monde au Qatar contre le détenteur du titre africain. Ce qui était pressenti comme une fête ne l’a été que partiellement. Une grande partie des 90 premières minutes de cette opposition a été une succession d’actions, avec le stress côté marocain et la tension côté sénégalais. La grande nervosité est intervenue vers les dix dernières minutes du temps réglementaire, pour s’installer durablement dans les prolongations et la confirmation d’un 0-0. Après des scènes de violence et le ridicule atteint à cause des enfantillages incessants des footballeurs sénégalais et de leurs supporters.

    Avec une équipe sénégalaise qui termine première suite à une séance de penalties marqué par la contre-performance de Brahim Diaz, jusque-là excellent depuis le début de cette Coupe.

    Une guerre froide version africaine

    Africanité. Africanisme. Panafricanisme. Afrocentrisme. Panarabisme… Toutes ces théories ne se posent que comme des gadgets masquant et non palliant les incohérences d’un continent qui ressent soit les stigmates d’une post-colonisation, soit un retard structurel intrinsèque. Le Maroc l’a appris à ses dépens à travers certains comportements. Le monde l’a redécouvert.

    Avant, lorsqu’une équipe africaine creusait davantage le canal menant au développement du foot de son continent d’affiliation, la population africaine dans son ensemble regardait ça avec bienveillance.

    À présent, un vent de jalousie souffle avec rage vers les Lions de l’Atlas. Leur patrie est la cible de critiques non constructives, qui fusent comme un ballon dégagé grossièrement en touche sous une pluie battante. Et de la grossièreté nous sommes, hélas, passés à la vulgarité. Le concert de klaxons par des citoyens algériens à Alger en liesse a été lamentable. Comme en France, avec le comportement de supporters «DZ» en parfaite symbiose avec les injonctions formulées par l’influenceuse Sofia Benlemmane. Également les exactions de pseudo supporters et autres influenceurs feignant d’uriner dans des gradins.

    L’ancien international algérien Ali Bencheikh, non content d’avoir relancé le débat quant à un supposé lobby «kabyliste», a accentué l’esprit de discorde. Le footballeur retraité reconverti en consultant télé a critiqué vertement le Maroc en tant que nation organisatrice dès que l’équipe nationale algérienne a été éliminée par son homologue nigériane. Quant aux médias sénégalais…

    La principale chose à retenir de cette CAN c’est l’organisation marocaine. Avec des stades grandioses, des pelouses magnifiques et un accueil excellent vis-à-vis des supporters étrangers.

    Si l’on tient compte de l’ensemble du tournoi, le Maroc méritait de gagner cette Coupe d’Afrique.

    Le bilan que l’on peut tirer de cette CAN est une harmonisation des forces maghrébines et subsahariennes sur le terrain. Avec une Afrique du Nord dont les quatre représentants ont dépassé le premier tour.

    L’Afrique du football a beaucoup démontré, mais il reste encore des choses à parfaire. Parmi ces choses, la gestion des contingences émotionnelles. Nous pourrons parler de réelle élite sur le plan du jeu, mais pas encore sur le plan comportemental. La confrontation maroco-sénégalaise a dépassé le cadre du terrain de jeu. Puis les excès médiatiques, venant notamment de l’Algérie, sont à bannir d’un contexte où doit primer l’esprit sportif exemplaire à destination des plus jeunes. Que ferait-on dans le cas d’une opposition hypothétique algéro-marocaine l’été prochain en Amérique du Nord ou bien à la prochaine CAN ? Sans parler du sélectionneur égyptien qui a présenté un argumentaire chancelant à propos de l’hôtellerie marocaine.

    La meilleure réponse du Maroc est à venir. Sur les terrains de la prochaine Coupe du Monde, en cette année 2026. Et sur ses propres terres en 2030.

    * Enseignant universitaire et analyste de football.

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    Hayett Assurances révèle sa nouvelle identité visuelle

    Après quatre décennies d’engagement au service de la protection et de l’épargne des Tunisiens, Hayett Assurances ouvre un nouveau chapitre de son histoire en dévoilant sa nouvelle identité visuelle.

    Fondée en 1986 dans un contexte économique exigeant, Hayett Assurances s’est progressivement imposée comme un acteur de référence de l’assurance-vie en Tunisie, portée par une vision de long terme, une gouvernance solide et une culture d’entreprise fondée sur la responsabilité, la performance et l’exigence professionnelle.

    Ce rebranding marque un tournant stratégique. Il ne s’agit pas d’un simple changement graphique, mais d’un nouvel élan donné à l’identité de la marque, traduisant l’évolution de ses métiers et des attentes de ses clients.

    Plus moderne, plus lisible et plus affirmée, la nouvelle identité de Hayett Assurances exprime une volonté renforcée de proximité avec les assurés, tout en consolidant la solidité, la crédibilité et la capacité d’innovation de la compagnie, dans une dynamique de cohérence et de rapprochement avec le Groupe Comar.

    Dans cette dynamique de modernisation, Hayett Assurances continue de s’appuyer sur une offre produits structurée et évolutive, conçue pour accompagner les assurés à chaque étape de leur vie. Des solutions d’épargne comme Najah, pensées pour la préparation de l’avenir, aux produits de protection tels que Globale Prévoyance, dédiés à la sécurisation des familles et des entreprises, jusqu’à Sanad, qui répond aux besoins de couverture et de sérénité face aux aléas de la vie, la compagnie illustre sa capacité à proposer des réponses concrètes, adaptées et responsables.
     Ces produits traduisent l’engagement constant de Hayett Assurances à conjuguer protection, prévention et accompagnement durable, en cohérence avec les attentes des clients et les évolutions du marché.

    Cette évolution s’inscrit pleinement dans les valeurs fondamentales qui ont toujours guidé Hayett Assurances :

    • Engagement & proximité, au cœur de la relation avec les clients et le réseau,
    • Intégrité et transparence, piliers d’une confiance durable,
    • Innovation & modernité, portées par l’intégration progressive des technologies et l’amélioration continue de l’expérience client,
    • Solidité, gage de sécurité, de pérennité et de fiabilité.

    En cohérence avec les évolutions du marché de l’assurance-vie et les nouvelles exigences des consommateurs, Hayett Assurances confirme, à travers ce rebranding, sa volonté de proposer des solutions toujours plus adaptées, accessibles et porteuses de valeur dans la durée.

    Cette nouvelle identité accompagne ainsi une ambition claire : mieux servir les clients, aujourd’hui et demain, en s’appuyant sur un réseau d’agents engagés, des équipes expertes et une vision résolument tournée vers l’avenir.

    Communiqué.

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    Vénus Khoury-Ghata, «Sitt Fanous» s’éteint  

    Née le 23 décembre 1937 à Bcharré, au Liban et décédée le 28 janvier 2026 à Paris, Vénus Khoury-Ghata est une poétesse franco-libanaise, qui reçut le prix Goncourt de la poésie en 2011 pour son recueil ‘‘Où vont les arbres ?’’ Le poète Tahar Bekri lui rend ici hommage.

    Alger, Istanbul, Sète, Paris, Printemps des poètes, Marché de la poésie, Institut du Monde arabe, chez Dominique de Villepin dans ses différents ministères, Association et revue Confluences, des décennies nous ont réunis dans des lectures, des rencontres, des festivals, des complicités, des célébrations.

    Vénus portait sa terre sur les épaules, son Liban meurtri, depuis le début de la guerre, Passionnée, fougueuse, elle mobilisait sa poésie pour dire sa douleur, sa colère, sa voix d’exilée, de résiliente, cris rentrés, cris criés, lyriques, saccadés, chargés de métaphores et de mots inachevés.

    Malgré cela, ouverture sur le monde littéraire,France Culture, jurys littéraires, sans oublier l’humour :«Tu sais Tahar comment certains Arabes m’appellent Sitt Fanous» (lampadaire)… Elle illuminait tout ce qu’elle touchait. Elle nous quitte, elle manquera à l’appel, à la poésie.

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    Hayett Assurances célèbre 40 ans d’engagement économique et social

    Quarante ans après sa création, Hayett Assurances ne se contente pas de célébrer son parcours. À l’occasion de son 40ᵉ anniversaire et du lancement de sa nouvelle identité visuelle, la compagnie a choisi d’ouvrir le débat sur un enjeu central mais encore sous-estimé en Tunisie : le rôle économique et social de l’assurance-vie. Une conférence-débat, jeudi 29 janvier 2026, à l’hôtel Radisson Blu Tunis, qui a réuni experts, banquiers et acteurs du secteur autour d’une même conviction : l’assurance-vie est bien plus qu’un produit financier, c’est un levier de protection, de solidarité et de développement durable.

    Latif Belhedi

    Bien au-delà de la dimension commémorative, cette rencontre a marqué une étape charnière dans l’histoire de Hayett Assurances, qui célèbre quarante années d’engagement au service des assurés tunisiens. Dans une atmosphère à la fois professionnelle et chaleureuse, la compagnie a tenu à rappeler les fondements de sa mission tout en affirmant ses ambitions pour l’avenir, portées par une identité visuelle renouvelée, aux caractères vert-bleu, sur fond de voiles déployés, symbole de modernité, de dynamisme et d’ouverture.

    Modernité, dynamisme ouverture vers l’avenir

    Ouvrant les travaux, le directeur général de Hayett Assurances, Lotfi Ben Haj Kacem, a souligné la portée symbolique de ce moment dans la trajectoire de l’entreprise. «Nous célébrons aujourd’hui un moment historique dans la vie de notre société. Quarante années d’engagement, de croissance, d’innovation et surtout de fidélité à notre mission», a-t-il déclaré, rappelant que la vocation première de Hayett Assurances demeure la protection et l’accompagnement des individus et des familles, dans un esprit de responsabilité et de professionnalisme.

    Pour le dirigeant, cet anniversaire ne se limite pas à un regard rétrospectif. Il marque aussi l’ouverture d’un nouveau chapitre. «Cet anniversaire n’est pas seulement une célébration du passé. Il marque une nouvelle étape dans notre histoire. Aujourd’hui, nous affirmons notre ambition à travers une nouvelle identité visuelle, symbole de modernité, de dynamisme et d’ouverture vers l’avenir», a-t-il affirmé, inscrivant cette évolution dans une démarche globale de transformation et d’adaptation aux mutations du secteur.

    Le choix du thème de la conférence n’est pas anodin. Selon Lotfi Ben Haj Kacem, l’assurance-vie dépasse largement le cadre des indicateurs financiers. «Au-delà des chiffres et des performances, l’assurance-vie joue un rôle essentiel dans la société», a-t-il insisté. Sur le plan économique, elle contribue au financement de l’économie nationale, à la stabilité du système financier et à la mobilisation de l’épargne au profit de l’investissement et de l communauté nationale. Sur le plan social, elle protège les familles, sécurise l’avenir des enfants et favorise une vision financière de long terme, renforçant ainsi la solidarité entre les générations. «La solidarité n’est pas seulement un concept. C’est une réalité concrète et un engagement durable au service des individus, des familles et de la collectivité», a-t-il résumé.

    Créer de la valeur économique, humaine et sociale

    Dans cette optique, la conférence-débat s’est voulue un espace d’échange et de partage d’expériences, afin de mieux comprendre comment le secteur de l’assurance-vie peut contribuer à créer de la valeur non seulement économique, mais aussi humaine et sociale. «Ensemble, forts de notre héritage et tournés vers l’avenir, nous continuerons à innover, à évoluer et à servir avec excellence», a conclu le directeur général.

    Jamil Rihana, directeur général adjoint de Hayett Assurances, a recentré le débat sur les fondamentaux de l’assurance-vie et sa vocation sociale. «L’assurance-vie, c’est avant tout la protection des individus et des familles», a-t-il rappelé, évoquant la protection des conjoints et des enfants face aux aléas de la vie, à la perte ou à la fluctuation des revenus, à la perte d’autonomie ou encore aux problématiques de transmission du patrimoine.

    Il a mis en exergue une spécificité majeure de l’assurance-vie, souvent ignorée du grand public, notamment en matière de succession. «L’assurance-vie permet, grâce aux mécanismes de désignation de bénéficiaires, de verser un capital hors cadre successoral classique, ce qui facilite la transmission du patrimoine, limite les conflits et permet même de couvrir certains droits liés à la succession», a-t-il expliqué.

    Pour Jamil Rihana, l’assurance-vie constitue ainsi un outil de protection individuelle et familiale qui contribue, par ricochet, à renforcer la protection collective et la résilience de la société face aux chocs externes. Mais il a surtout insisté sur la nécessité de sortir l’assurance-vie de son image élitiste. «Notre mission première est de démocratiser l’assurance-vie, encore trop perçue comme un privilège réservé aux professions libérales ou aux salariés à hauts revenus», a-t-il affirmé.

    Cette démocratisation repose, selon lui, sur trois leviers fondamentaux. Le premier consiste à concevoir des solutions adaptées aux différentes situations et étapes de la vie, qu’il s’agisse d’un chef de famille, d’un indépendant, d’un salarié ou d’un retraité. «Les solutions doivent s’adapter aux moments de vie et apporter des réponses spécifiques à chaque situation», a-t-il souligné, rappelant l’importance d’une gamme de produits diversifiée et cohérente.

    De gauche à droite : Jamil Rihane, Slaheddine Ladjimi, Hakim Ben Yedder, Lotfi Ben Haj Kacem, Habib Karaouli et Ahmed El Karam.

    Le deuxième levier repose sur l’accessibilité, rendue possible par l’implantation régionale du réseau de distribution de Hayett Assurances et par des partenariats stratégiques, notamment dans le domaine de la bancassurance. «La bancassurance est un élément clé de notre développement. Elle nous permet de toucher une large palette de clients, en s’appuyant sur la relation de confiance entre la banque et ses clients», a-t-il expliqué, évoquant également le rôle croissant de la microfinance dans l’inclusion financière des populations fragilisées.

    Finalement et non moins important, le troisième levier concerne la simplicité et la lisibilité des produits. «Les solutions d’assurance doivent être compréhensibles, simples et efficaces», a insisté Jamil Rihana, soulignant l’importance de l’éducation financière et de l’accompagnement des assurés à travers des produits clairs, rapidement déployables et adaptés aux besoins réels.

    Très loin des moyennes internationales…et africaines

    Par ailleurs, le débat s’est élargi à une lecture macroéconomique avec l’intervention de Habib Karaouli, PDG de CAP Bank, qui a dressé un état des lieux sans concession du marché de l’assurance-vie en Tunisie. «L’assurance-vie est restée pendant longtemps marginale, avec une part qui n’a commencé à évoluer à un rythme soutenu que ces dernières années», a-t-il constaté, rappelant que sa part dans l’ensemble du marché de l’assurance ne dépasse pas aujourd’hui 28 à 30 % de l’enveloppe globale de l’assurance, loin des standards internationaux.

    Il a également souligné la faiblesse du taux de pénétration global de l’assurance en Tunisie, estimé à environ 2,5 %, contre près de 7 % dans le reste du monde. «Sur l’assurance-vie, nous sommes encore très loin des moyennes internationales, qui avoisinent les 55 %, et même de la moyenne africaine, qui atteint 65 %», a-t-il précisé. Pour autant, il a relevé des signaux encourageants, notamment un taux de croissance annuel compris entre 19 et 21 %, avec un exercice 2024 clôturé sur une progression de 21 %.

    Selon Habib Karaouli, l’assurance-vie joue un rôle déterminant dans l’amélioration du taux d’épargne, le financement de l’investissement et la couverture de l’endettement domestique. «Les compagnies d’assurance sont des contributeurs majeurs au financement des émissions de l’État», a-t-il affirmé, citant les exemples du Maroc, du Japon et du Vietnam comme modèles de cercles vertueux où l’assurance-vie soutient durablement la souveraineté financière et les projets d’infrastructure de long terme.

    Face à cette situation, le panéliste a plaidé pour un cadre fiscal stable et incitatif, condition indispensable au développement de l’épargne longue, ainsi que pour un renforcement de la culture assurancielle. «Il faut sortir de l’idée que l’assurance est une dépense subie. C’est un projet d’investissement», a-t-il martelé, appelant à une pédagogie accrue auprès des ménages et des générations futures.

    Sur un autre plan, la dimension sociale du débat a été approfondie par Hedi Dahmen, expert auprès des tribunaux en sécurité sociale, qui a interrogé la place de l’assurance-vie dans un système de protection sociale tunisien fragilisé. S’adressant directement aux cadres et aux employés des secteurs bancaire et assurantiel, il a souligné que l’assurance-vie ne saurait constituer une alternative à la réforme structurelle des régimes de sécurité sociale, mais plutôt un complément nécessaire.

    «L’assurance-vie ne peut pas se substituer à la réforme du système de pension, mais elle peut en être un complément, surtout en l’absence d’une politique salariale équitable et motivante», a-t-il expliqué, rappelant les fortes disparités entre les pensions du secteur public et celles du secteur privé. Pour lui, la réforme de la sécurité sociale demeure une urgence nationale, à laquelle doivent s’articuler des dispositifs complémentaires, à l’échelle de l’entreprise comme à celle de l’individu, dans un esprit de dialogue social et de concertation entre partenaires.

    Nous ne pouvons rendre compte de la richesse des contributions de différents panélistes, notamment celles de l’expert financier Ahmed El Karm, de l’économiste universitaire Abdelkader Boudriga, de l’ancien ministre des Affaires sociales Hafedh Laamouri ou autres Jouda Khemiri, présidente du Comité général des assurances, qui a rapporté un scoop dont se sont félicités les présents : l’assurance-vie ne sera pas incluse dans l’assiette de calcul de l’impôt sur la fortune (ISF), ce qui aurait sans doute impacté négativement ce secteur essentiel pour la collecte de l’épargne et l’impulsion de l’investissement.  

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    L’Italie livre des équipements agricoles à la Tunisie

    Dans le cadre du Programme d’assistance à la balance des paiements tunisienne, une cérémonie s’est déroulée à Sfax au cours de laquelle ont été livrés 88 tracteurs et autres équipements d’origine italienne, acquis par l’Office des terres domaniales (OTD) grâce au soutien de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).

    L’ambassade d’Italie en Tunisie l’a annoncé dans un communiqué diffusé sur ses canaux, précisant que la cérémonie a eu lieu à la Ferme d’État de Chaal, la plus grande exploitation agro-combinée d’Afrique du Nord avec plus de 30 000 hectares, en présence du ministre tunisien de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, de l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, et de la directrice de l’AICS Tunis, Isabella Lucaferri.

    «Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme d’assistance à la balance des paiements, par lequel la Coopération italienne soutient les investissements publics en Tunisie, en particulier dans le secteur agricole et l’introduction de technologies à forte valeur ajoutée», conclut le communiqué.

    I. B.

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    Tunisie | La transition énergétique tributaire d’acteurs étrangers

    En Afrique du Nord, la transition vers les énergies renouvelables demeure largement contrôlée par des investisseurs étrangers et des institutions internationales, révèle un récent rapport en arabe de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), intitulé «De la sécurité énergétique à la souveraineté : voies vers une transition énergétique juste en Égypte, au Maroc et en Tunisie». S’agissant de notre pays, ses ambitions déclarées pour dépasser son déficit énergétique structurel sont handicapées par des capacités institutionnelles.

    Bien que l’Égypte, la Tunisie et le Maroc aient entrepris de développer des projets d’énergies renouvelables, le rapport souligne que ces développements privilégient les marchés européens et les recettes d’exportation au détriment des besoins locaux, maintenant ainsi l’énergie, la technologie et les profits en grande partie hors de la région. «Si les progrès technologiques facilitent cette transition, le rapport de force reste inchangé, risquant de perpétuer les inégalités et les dépendances historiques liées aux énergies fossiles», avertit Greenpeace Mena.

    La transition énergétique en Afrique du Nord présente donc un double défi, tant en matière de gouvernance que de technologie. Les infrastructures, les contrats et les réseaux publics doivent apporter des bénéfices concrets aux communautés. La région ne pourra satisfaire ses besoins énergétiques et atteindre ses objectifs climatiques que si la souveraineté énergétique, l’équité et la responsabilité sont au cœur de cette transition.

    Selon le rapport, des mécanismes juridiques et financiers sont également nécessaires pour rendre juridiquement contraignants les engagements en matière de dette climatique, ainsi que pour mettre en œuvre le principe du «pollueur-payeur» et d’autres mécanismes de responsabilisation afin de garantir que les États et les entreprises historiquement responsables des dommages climatiques assument pleinement leurs responsabilités.

    Dans le chapitre consacré à la Tunisie, le rapport de Greenpeace Mena souligne un décalage structurel entre les ambitions déclarées et les capacités institutionnelles, ce qui «représente un défi majeur pour la transition énergétique» dans le pays.

    Malgré des progrès juridiques et politiques significatifs, la mise en œuvre de ces cadres réglementaires se heurte à des obstacles importants liés à la complexité administrative, aux contraintes financières et aux capacités techniques limitées aux niveaux local et national, indique le rapport.

    Dans les trois pays étudiés, Greenpeace Mena souligne la quasi-absence de mécanismes de propriété communautaire et de partage des revenus dans les plans nationaux. Les cadres réglementaires régissant les projets de production d’énergie privilégient souvent les investisseurs au détriment des communautés, ce qui aggrave les inégalités d’accès aux avantages des énergies renouvelables et limite le soutien public à la transition énergétique.

    Le rapport note cependant que la Tunisie bénéficie d’un excellent ensoleillement : la plupart des régions intérieures et méridionales reçoivent entre 2 000 et 2 300 kilowattheures par mètre carré et par an, tandis que les régions du nord et du centre connaissent des vents modérés.

    Le plan solaire tunisien, lancé en 2009 et modifié à plusieurs reprises, vise à atteindre 30 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030. Or, cette part est restée inférieure à 5 % en 2024, témoignant d’une mise en œuvre insuffisante.

    Le rapport de Greenpeace Mena a été publié quelques jours avant la Journée internationale de l’énergie propre, célébrée chaque année le 26 janvier.

    I. B. (avec Tap).

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    Tunisie | La tempête révèle la vulnérabilité des vestiges archéologiques côtiers

    Le passage du cyclone Harry, au cours de la semaine dernière, s’est accompagné de fortes pluies et d’une mer agitée, qui ont accéléré l’érosion de certaines plages, faisant remonter à la surface des vestiges archéologiques auparavant enfouis à Néapolis (Nabeul) et Kerkouane (Kélibia). Ce qui a poussé l’Institut national du patrimoine (INP) à intervenir d’urgence le long du littoral du gouvernorat de Nabeul.

    Les découvertes les plus importantes concernent la région de Néapolis et la plage de Sidi Mahrsi, ainsi que les zones proches du site punique de Kerkouane, dans la région du Hammam Ghezaz, notamment entre Demna et Oued El Ksab.

    Les opérations de reconnaissance et de documentation ont été menées avec l’appui des forces de sécurité, dans un contexte marqué par un afflux de curieux et des tentatives de vol d’objets, ayant entraîné des arrestations par la Garde nationale.

    Concernant la nature des découvertes, l’INP signale des murs pouvant appartenir à d’anciennes habitations ou à des complexes thermaux à Sidi Mahrsi. À Néapolis, en revanche, des structures compatibles avec des citernes ou des installations de transformation et de salaison du poisson sont en cours d’évaluation, dans une zone déjà connue des archéologues pour ses installations liées au garum. La datation, précisent les mêmes sources, nécessitera des études et des prospections complémentaires une fois les conditions météorologiques et maritimes stabilisées.

    Les investigations ne se limitent pas au Cap Bon : des équipes techniques ont également mené des inspections dans le gouvernorat de Mahdia, sur plusieurs sites côtiers, dont Borj Erras et Salakta, afin d’évaluer l’impact de la tempête et de préparer des mesures de protection.

    Les experts soulignent également la grande vulnérabilité des sites exposés à la mer, soumis à une érosion structurelle que les événements extrêmes ont tendance à exacerber, et insistent sur la nécessité de mesures de protection côtière et d’une surveillance renforcée.

     I. B.

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    Coopération transfrontalière | L’Europe propose et la Tunisie dispose

    En matière de coopération entre la Tunisie et l’Union européenne (UE), ce sont souvent les Européens qui élaborent des programmes au plus près de leurs intérêts, sur les plans sécuritaire, économique et énergétique, et les Tunisiens, souvent à court d’idées et de financements, qui disposent. Ce schéma, qui perdure depuis la signature de l’accord s’association entre les deux parties en 1995, on le retrouve avec le lancement des nouveaux projets Interreg Next Med et Interreg Next Italie-Tunisie.

    Ces projets ont été présentés lors d’un événement organisé mercredi 28 janvier 2026 à Tunis, en collaboration avec le ministère de l’Économie et de la Planification, avec le soutien du projet Interreg Tesim Next.

    Impulser la coopération transfrontalière

    Le vice-président de la Commission européenne, Raffaele Fitto, et des représentants des régions de Sicile et de Sardaigne ont également participé à cet événement qui, selon l’UE, «a permis de faire le point sur la coopération transfrontalière et d’illustrer son impact sur le territoire tunisien, notamment la contribution des projets Interreg Next à la construction d’une Méditerranée plus prospère, plus verte et plus solidaire».

    «L’événement d’aujourd’hui illustre le rôle fructueux de la Tunisie dans la coopération transfrontalière, notamment en matière de création et de développement de partenariats et d’engagement à différents niveaux», a déclaré l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone.

    Pour un développement partagé en Méditerranée

    L’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, a quant à lui souligné que «la coopération entre la Tunisie, l’UE, l’Italie et ses territoires constitue un levier précieux pour promouvoir le développement partagé en Méditerranée, rétablir les relations euro-méditerranéennes sur des bases collaboratives et mutuellement avantageuses, fondées sur les principes de partenariat, d’égalité et de responsabilité partagée qui inspirent le plan Mattei pour l’Afrique du gouvernement italien, et le nouveau Pacte pour la Méditerranée.»

    La dynamique de la coopération transfrontalière entre la Tunisie et l’UE porte aujourd’hui ses fruits. La Tunisie compte 43 partenaires impliqués dans 37 projets Interreg Next Med et 72 partenaires impliqués dans 30 projets Interreg Next Italie-Tunisie, confirmant ainsi son rôle de partenaire clé dans l’espace euro-méditerranéen méditerranéen.

    Ces échanges ont ouvert un débat sur l’avenir de la coopération transfrontalière entre la Tunisie et l’UE, notamment au regard du prochain cycle de programmation européen 2028-2034.

    L’UE alloue 32,3 millions d’euros au programme bilatéral Interreg Next Italie-Tunisie, dont 45 % sont consacrés à la transition écologique dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe.

    Ce programme vise à renforcer la coopération entre la Sicile (neuf provinces) et la Tunisie (seize gouvernorats) autour de priorités communes, notamment la compétitivité, la recherche et l’innovation, la transition écologique et la résilience climatique, l’inclusion sociale, l’accès aux soins de santé et le développement des secteurs du tourisme et de la culture. Il vise également à améliorer la gouvernance locale et l’engagement de la société civile.

    Par ailleurs, l’UE alloue plus de 260 millions d’euros au programme transnational Interreg Next Med, qui réunit quinze pays méditerranéens, dont la Tunisie. Le programme Next Med financera des projets de coopération conjoints visant à faire de la Méditerranée un espace de vie plus vert, plus propre, plus compétitif et plus inclusif.

    I. B.

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    Quelles sont les cibles des États-Unis en Iran?

    Alors que les forces militaires américaines convergent vers le Moyen-Orient, des informations révélées par Israel Hayom -propriété de Miriam Adelson principale mécène de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu- indiquent que l’opération américaine en cours de préparation vise à accomplir simultanément des assassinats ciblés de toutes les personnalités clés au sein du régime afin de créer un état de paralysie les empêchant de toute possibilité de riposte et en même temps de bombarder des installations stratégiques de la République islamique dont certaines au cœur de Téhéran. 

    Imed Bahri

    Israel Hayom, le journal le plus proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rapporte que le président américain Donald Trump a ordonné à son équipe de préparer un «plan militaire décisif» pour frapper l’Iran, tout en maintenant délibérément le flou de ses menaces. Ceci coïncide également avec le renforcement militaire américain au Moyen-Orient.

    Washington a intensifié son activité militaire dans la région, le président Trump annonçant jeudi qu’une force importante se dirige vers l’Iran. Parallèlement, des sources israéliennes évoquent la possibilité d’une attaque iranienne préventive avant une éventuelle frappe militaire américaine contre Téhéran.

    Les dirigeants iraniens en point de mire

    Dans un article signé par son correspondant pour les affaires arabes, Shachar Kleiman, le quotidien israélien affirme que l’administration Trump ne se contente plus de formules telles que «changer de comportement» mais finalise actuellement une «liste de cibles» comprenant l’élite dirigeante iranienne et des installations stratégiques sensibles.

    Israel Hayom indique que cette liste de cibles inclut des personnalités influentes au sommet de l’État, notamment le Guide suprême Ali Khamenei, qui détient l’autorité décisionnelle ultime en matière de programmes d’armement nucléaire et de soutien aux milices dans la région.

    Selon le journal israélien, des informations indiquent qu’assassiner Khamenei provoquerait un séisme susceptible de faire effondrer le régime malgré l’existence de listes secrètes de successeurs potentiels. Face aux informations de plus en plus nombreuses indiquant qu’il est dans des bunkers fortifiés, l’attention se porte sur son successeur probable que les experts estiment être un général des Gardiens de la révolution et non un religieux.

    D’après Israel Hayom, le cercle des cibles s’élargit pour inclure le nouveau commandant des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour et les chefs d’état-major fidèles au Guide suprême. La semaine dernière encore, Pakpour avait averti que son organisation avait le doigt sur la gâchette et mis en garde les États-Unis et Israël contre toute erreur d’appréciation.

    Kleiman estime qu’éliminer ces personnalités militaires vise avant tout à paralyser le régime, l’empêchant ainsi de riposter immédiatement ou de manière organisée. La liste des personnes à éliminer comprend également des noms responsables de la répression intérieure tels que Gholamreza Soleimani, commandant des forces Basidj. Il n’a aucun lien de parenté avec Qassem Soleimani, l’ancien commandant de la Force Qods, tué en Irak en janvier 2020. Gholamreza Soleimani est néanmoins lui aussi visé par des sanctions occidentales. Depuis 2019, il dirige cette milice dont les membres en tenue civile sont présents partout en Iran et dans toutes les franges de la société. Ils sont principalement utilisés pour réprimer brutalement les manifestations. Gholamreza Soleimani s’est vanté par le passé que sa milice opérait depuis longtemps bien au-delà des frontières iraniennes, ses membres étant déployés au Liban, au Yémen, en Irak et en Syrie.

    Esmail Qaani, commandant de la Force Qods et Ali Shamkhani, l’un des plus proches conseillers du Guide suprême et responsable du programme nucléaire sont sur la liste des assassinats ciblés.

    Le journal souligne que le plan américain ne se limite pas aux assassinats ciblés mais inclut également une liste de « cibles stratégiques » comprenant des sites souverains à Téhéran, la capitale, tels que les sièges du Conseil suprême de sécurité nationale, de la milice Bassidj, de la police, des services de renseignement et de la Compagnie nationale iranienne du pétrole ainsi que les réserves pétrolières de la province du Khouzestan. Des frappes contre ces sites pourraient aggraver la crise économique iranienne.

    Les sites nucléaires et de missiles balistiques

    Parallèlement, les sites nucléaires –notamment la base militaire de Parchin où l’imagerie satellite révèle des activités de construction suspectes– demeurent la cible prioritaire dans les calculs du Pentagone présentés à Trump, laissant présager une frappe qui pourrait être la plus vaste et la plus complète de l’histoire de la confrontation entre les deux pays.

    Sur le plan militaire, le journal israélien note que l’Iran s’est employé ces derniers mois à développer son système de missiles balistiques et à remettre en état ses sites nucléaires.

    Kleiman a ajouté que l’Institut pour la science et la sécurité internationale (Institute for Science and International Security), basé à Washington, D.C., a publié des images satellites montrant des travaux d’ingénierie sur la base militaire de Parchin, à environ 32 kilomètres au sud-est de Téhéran, un site historiquement associé au développement d’un détonateur de bombe nucléaire.

    L’institut a indiqué que Téhéran a entrepris des travaux de maintenance et de réparation d’ampleur variable mais rencontre des difficultés pour rétablir ses capacités. Le New York Times a rapporté que le département américain de la Guerre (le Pentagone) a présenté à Trump l’option d’une frappe d’envergure contre les sites nucléaires et de missiles balistiques iraniens.

    Les Israéliens restent vigilants quant à la possibilité d’une attaque iranienne préventive avant une éventuelle frappe militaire américaine contre Téhéran tandis que les inquiétudes grandissent dans la région face à l’escalade des tensions notamment avec le renforcement de la présence militaire américaine dans la région.

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    Tunis accueille une session du Gitex Africa Roadshow

    Dans le cadre de sa nouvelle édition et de son roadshow en Afrique du Nord, l’équipe de Gitex Africa, qui se tiendra du 7 au 9 avril 2026, à Marrakech, au Maroc, organise son événement de networking à Tunis pour une session de rencontres et d’échanges rassemblant leaders du secteur technologique, startups, investisseurs et décideurs publics.

    L’objectif est de renforcer les liens professionnels, explorer des opportunités de partenariat et stimuler la croissance de l’écosystème numérique en Afrique du Nord et au-delà.

    L’évènement se déroulera le lundi 2 février 2026 de 14h à 17h à l’espace The Dot (Cité les pins, Rue de la fleur d’érable, Lac 2, Tunis) sous le thème «S’unir pour innover et accélérer – Vers un avenir mondial pour l’Afrique numérique».

    Au programme, deux panels : le premier est intitulé «Startups tunisiennes à l’international : innover localement, scaler vers l’Afrique» et le second porte sur le thème «Go to Market, financement et valorisation de l’écosystème tunisien – les stratégies pour capitaliser sur l’édition 2026 de Gitex Africa», ainsi que les pitchs des 6 startups en compétition et des séances de networking.

    Le programme sera clôturé par la proclamation des résultats et la remise des prix aux vainqueurs.

    I. B.

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    Le summum du fascisme israélien | La pendaison pour «les terroristes palestiniens»

    Le ministre israélien de la Sûreté, le fasciste Itamar Ben Gvir, condamné jadis pour racisme, ne faisait pas mystère de ses intentions : LA MORT AUX PALESTINIENS et il arborait, au revers de sa veste, un pin en forme de nœud coulant en or ! La Knesset a exaucé son vœu en votant la mort par pendaison pour «les terroristes palestiniens.» (Photo : La vie d’un prisonnier palestinien ne pèse rien devant la loi ségrégationniste israélienne).

    Mohamed Larbi Bouguerra *

    Comme si Israël avait besoin d’une loi pour exécuter des Palestiniens alors que l’armée d’occupation exécute quotidiennement, à bout portant, femmes, enfants et personnel soignant à Gaza et en Cisjordanie !

    La proposition de loi a été présentée par le député Limor Son Har Melech du parti de Ben Gvir, Otzma Yehudit (Force Juive) :  les «terroristes palestiniens» de Cisjordanie doivent être condamnés à mort par pendaison. Depuis le 7 Octobre, des milliers de Palestiniens tombent sous le coup de ce texte immonde. Ce sont ces Palestiniens que l’on a vus dénudés, les yeux bandés, menottés parfois violés comme cela a été le cas au centre de détention de Sde Teiman où des soldats se sont permis des actes affreux sur ces Palestiniens…. et qui ont été soutenus par des députés alors que l’armée tentait de les arrêtait ! Y compris à l’Université Bir Zeit à Ramallah mardi dernier !

    Une loi scélérate approuvée en première lecture

    L’exécution, d’après le texte voté, se fera par un agent du service pénitentiaire désigné par le directeur de ce service. Lors de l’exécution, doivent être présents : le directeur de la prison, un représentant judiciaire, un auditeur officiel et un membre de la famille du condamné. La loi autorise l’exécution de la sentence même si une quelconque de ces personnes est absente, pour éviter tout délai. 

    Le personnel pénitentiaire et l’Etat auront une totale immunité civile et criminelle pour avoir procédé à l’exécution. Les détails de cette exécution seront publiés sur le site électronique de la prison mais la loi sur la Liberté de l’Information ne s’appliquera pas aux détails de l’exécution. Les identités des personnes ayant procédé à l’exécution du condamné demeureront confidentielles. La loi votée en première lecture par le Parlement sioniste interdit toute réduction, commutation ou révocation de la sentence prononcée.

    Les prisonniers condamnés à mort seront à l’isolement total, les visites étant limitées au personnel autorisé tout comme les consultations légales qui se feront uniquement visuellement, par vidéo.

    La loi dispose que la sentence de mort pourra être imposée même en absence de demande de la part du procureur. Le verdict ne nécessitera que la majorité simple et non l’unanimité. Les procès seront conduits par des juges militaires du grade de lieutenant-colonel au minimum. Les exécutions devront se faire dans les 90 jours suivant le verdict final, en vertu d’un ordre d’exécution signé par un juge et sous la supervision du service des prisons.

    La Knesset a approuvé cette loi scélérate en première lecture (il en faut 3) en novembre avec 39 voix pour et 16 contre.

    Le quotidienHaaretz écrit qu’Itamar Ben-Gvir a célébré ce vote en distribuant des bonbons, en compagnie d’autres membres de son parti Otzma Yehudit (article de Noa Shpigel, 13 janvier 2026). Le ministre a révélé, au cours des discussions, que L’Association Médicale Israélienne a déclaré que la participation des médecins à des exécutions était éthiquement inacceptable.

    Les conseillers juridiques de la commission parlementaire du Comité de Sécurité Nationale de la Knesset ont averti que le projet de loi soulevait de sérieuses inquiétudes constitutionnelles comme de rendre obligatoire la peine de mort et d’enlever aux juges leur liberté de décision dans la formulation de la sentence. Pour ces conseillers, comme la loi ne s’applique qu’aux Palestiniens de Cisjordanie jugés par des cours martiales, on crée ainsi un régime légal distinct qui peut être en contradiction avec les traités internationaux signés par Israël. On cite des cas où des gens ont été reconnus coupables et acquittés plus tard. On souligne «la difficulté inhérente» à la peine capitale qui ne laisse aucune possibilité de correction possible en cas de verdict de culpabilité erroné.

    Les conseillers mettent en garde contre le fait que les principales dispositions sont formulées de manière vague…. et notent que la loi ne s’appliquerait que lorsque la victime est un citoyen israélien, à l’exclusion des cas impliquant des résidents permanents ou des ressortissants étrangers.

    De plus, aucune loi israélienne existante n’impose la peine de mort – y compris la loi sur les Nazis et les collaborateurs nazis – et appliquer une telle mesure en Cisjordanie marquerait une rupture significative avec la politique législative de longue date d’Israël.

    Plusieurs organisations de défense des droits humains ont condamné le projet de loi. L’Association pour les droits civiques a écrit que l’institution de la peine de mort «donnerait à l’État le pouvoir d’imposer la forme de punition la plus sévère et la plus brutale qui existe – la prise intentionnelle d’une vie humaine».

    L’association des droits civiques en Israël considère ce texte comme une autre étape vers la mise en place d’un «système juridique raciste conçu pour faire progresser une application sélective, oppressive et biaisée contre les Arabes palestiniens, par des moyens violents et antidémocratiques».

    La corde du pendu pour un supplice dégradant

    En arborant son nœud coulant, Itamar Ben-Gvir, d’après Haaretz, écarte d’autres options comme «la chaise électrique» ou «l’injection létale» à l’américaine, justice sommaire et définitive de l’Ouest. Il sait que la Bible de Jérusalem (Deutéronome, 21, 23) et les Grecs comme Euripide (Hélène) tiennent la corde du pendu pour un supplice dégradant avec le corps exposé. Ben-Gvir marche dans les pas de ses émules nazis qui pendaient leurs victimes dans les camps de la mort. Seule la pendaison est en mesure d’étancher sa haine viscérale du Palestinien.

    Dans ‘‘Etat de siège’’, Mahmoud Darwich, s’adressant à l’assassin, déclame en stratège de l’humanisation, si étrangère au ministre sioniste :

    «Si tu avais contemplé le visage de ta victime

    et réfléchi, tu te serais souvenu de ta mère dans la chambre à gaz

    tu te serais délivré de la sagesse du fusil

    et tu aurais changé d’avis : ce n’est pas ainsi que l’on recouvre son identité !

    Je ne t’aime pas ; je ne te hais pas.»**

    * Professeur honoraire à la Faculté des Sciences de Tunis, et ancien directeur de recherche associé au CNRS (Université Paris 6).

    ** Mahmoud Darwich, ‘‘Etat de siège’’, traduit de l’arabe par Elias Sanbar, Actes Sud, Arles, 2004, p.27.

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