La colline de Sidi Bou Saïd, l’un des sites les plus emblématiques de la région de Tunis et un haut lieu du patrimoine architectural et paysager tunisien, est de nouveau la proie des intempéries et de l’instabilité du terrain. Suite aux fortes pluies tombées la semaine dernière sur le nord et le centre de la Tunisie, provoquant des inondations et d’importants dégâts matériels, la municipalité du village arabo-andalous a averti les habitants des risques de glissements de terrain et de coulées de boue.
Le colonel Mounir Riabi, directeur régional de la Protection civile, a tiré la sonnette d’alarme quant à la fragilité persistante du terrain et à la menace que représentent les mouvements de terrain pour les habitations et les habitants, d’autant que de nouvelles vagues de fortes pluies attendues au cours des prochains jours pourraient aggraver la situation.
Les interventions ponctuelles ne suffisent plus et une approche globale est nécessaire, s’appuyant sur des études géotechniques approfondies, des solutions robustes et une surveillance continue de la zone, a souligné le colonel Riabi.
Ces derniers jours, plusieurs familles ont dû quitter temporairement leur domicile par mesure de sécurité, tandis que les fortes pluies ont mis en évidence la vulnérabilité du versant et la forte exposition de la zone à l’instabilité hydrogéologique.
La zone la plus à risque semble être le versant de la colline surplombant la mer, où se trouve la célèbre villa de l’ancien baron d’Erlanger, classée monument historique et abritant, depuis 1991, le Centre des musiques arabes et méditerranéenne (Cmam).
Parallèlement, la municipalité de Sidi Bou Saïd a annoncé des fermetures préventives de routes «jusqu’à nouvel ordre», interdisant la circulation des véhicules et des piétons sur certains tronçons jugés les plus vulnérables.
Ces restrictions interviennent dans un contexte météorologique qui, dans la région du Grand Tunis et le nord-est du pays, a provoqué des inondations localisées, des perturbations du trafic et des glissements de terrain, nécessitant le renforcement des équipes de protection civile.
Les intempéries ont été particulièrement violentes et l’Institut météorologique national a émis de multiples alertes, avec des niveaux élevés dans plusieurs régions, signalant des conditions exceptionnelles et un impact important sur les infrastructures de drainage.
Géologiquement, Sidi Bou Saïd repose sur un système de pentes côtières et de falaises sensibles à la saturation en eau : l’eau de pluie, s’infiltrant dans le sous-sol, augmente la pression interstitielle et réduit la friction interne, favorisant les glissements de terrain, en surface ou en profondeur, notamment là où le réseau de drainage est insuffisant ou en présence de charges urbaines et de vibrations liées à la circulation.
Ce n’est pas une situation inédite et le phénomène est connu depuis plusieurs décennies. Les services de protection civile et les autorités locales indiquent qu’il est nécessaire de passer d’une gestion d’urgence à un plan d’action structurel : consolidation ciblée, drainage en profondeur, réduction des facteurs d’instabilité et surveillance continue des déformations du sol, afin de prévenir que de nouvelles pluies ne déclenchent des glissements de terrain plus importants dans cette zone densément urbanisée à forte valeur touristique.
Dans l’attente de décisions opérationnelles et de financements, les autorités continuent d’appeler à la prudence : limiter les déplacements dans les zones réglementées, respecter les consignes municipales et signaler rapidement toute fissure, tout affaissement et toute anomalie du sol pouvant annoncer de nouveaux glissements de terrain.
A en croire certains habitants de Sidi Bou Saïd, et notamment ceux qui y exploitent des commerces touristiques, le célèbre village arabo-andalous a certes été affecté par les récentes intempéries ayant provoqué des glissements de terrain et menacé d’effondrement certains bâtiments, mais la vie s’y poursuit normalement et il n’y a rien à craindre à s’y rendre et à déambuler dans ses ruelles rutilantes et bariolées.
Latif Belhedi
Le secrétaire général de la municipalité de Sidi Bou Saïd a été le premier à réagir pour atténuer l’effet négatif de certaines vidéos et images catastrophistes diffusées sur les réseaux sociaux sur les glissements de terrain survenus sous l’effet des forts écoulements enregistrés cette semaine.
Huit propriétés seulement, identifiées et inspectées par les services de la protection civile, ont fait l’objet d’une évacuation temporaire suite aux recommandations de la Commission régionale de prévention des catastrophes, a-t-il expliqué, dans un communiqué publié samedi 24 janvier 2026.
Le danger du déni
Il a aussi annoncé des mesures prises pour préserver le plateau de Sidi Bou Saïd, notamment l’interdiction de l’accès des bus et camions lourds à l’abri Sidi Azizi à partir de ce dimanche 25 janvier, l’évacuation des habitations dangereuses et la sensibilisation des habitants des propriétés voisines à la prudence, avec obligation de signaler tout signe de fissure à la municipalité.
Cependant, pour les commerçants du village, qui vivent du tourisme, Sidi Bou Saïd n’est pas en danger. Le village est sûr et aucun glissement de terrain ni dommage majeur n’y a été enregistré, affirment-ils, en avertissant contre les images et vidéos « exagérées » (sic !) qui sont diffusées sur les réseaux sociaux, et qui «nuisent au tourisme, source essentielle de revenus pour les habitants».
Alors que la météo annonce de nouvelles intempéries au cours des prochains jours, ces commerçants plaident pour la poursuite des visites du village normalement.
On sait cependant qu’après les dégâts enregistrés ces derniers jours, et pas seulement à Sidi Bou Saïd, les habitants du village ne pourront plus minimiser les dangers d’une surexploitation du site fragile sur lequel il a été construit.
Des sacrifices collectifs
Dans un poste Facebook Aïcha Gorgi, habitant Sidi Bou Saïd où elle dirige une galerie d’art, interpelle ses voisins et tire la sonnette d’alarme : « Continuer à faire l’autruche est une faute grave. Cette attitude nous mènera à des catastrophes annoncées. Protéger notre village exige des décisions difficiles et des sacrifices collectifs. Mais ne rien faire coûtera infiniment plus cher. »
Evoquant les études sérieuses réalisées par des bureaux spécialisés, qui ont fait des diagnostics et proposé des solutions aux menaces auxquelles fait face Sidi Bou Saïd depuis deux ou trois décennies, la galeriste demande à ses voisins de cesser de minimiser ces menaces en parlant d’«un simple arbre tombé sur un mur».
Parce qu’elle ne veut pas avoir un jour à « pleurer » son village, elle lance à tous les riverains : « Parler de tourisme aujourd’hui sans parler de sécurité, d’environnement et de durabilité est une illusion. S’il y a effondrement, il n’y aura plus de tourisme », avertit-elle. Et d’ajouter : « Partout dans le monde, les villages protégés, pensés pour les piétons, respectueux de leur environnement, sont ceux qui attirent. Le touriste d’aujourd’hui est conscient, exigeant, attentif. Un village écoresponsable n’est pas un luxe : c’est une nécessité. »
Une dizaine de morts et de disparus. Des centaines de maisons détruites. Des milliers de familles sinistrées. Des dégâts estimés à plusieurs centaines de millions de dinars. Et la réponse de l’État tunisien aux victimes des inondations de janvier 2026 ? Douze millions de dinars de prêts – pas d’aides, de PRÊTS – pour les agriculteurs. « Allah ghaleb », comme on dit. Dieu est plus fort. Traduction : démerdez-vous…
Moktar Lamari *
« Allah Ghaleb », une expression nationale, devenue philosophie de gouvernance, résume parfaitement vingt-cinq ans d’irresponsabilité étatique face aux catastrophes naturelles. Pendant que les citoyens perdent tout, les politiciens débarquent en convoi dans des voitures blindées et limousines, pour des embrassades télévisées, promettent monts et merveilles, accusent leurs prédécesseurs, puis disparaissent jusqu’à la prochaine catastrophe. Et entre-temps ?
« Allah ghaleb », sous les crépitements des caméras et flashs intrusifs dans des maisons inondées et qui manquent de tout… Il faut le faire, des images qui offensent le respect et le droit à l’anonymat et à la discrétion de la vie privée.
Les miettes insultantes
La Banque tunisienne de solidarité (BTS) a donc « développé un programme spécial » : 12 millions de dinars de prêts pour six gouvernorats dévastés. Faisons le calcul. Nabeul, Monastir, Bizerte, Ariana, Manouba, Ben Arous – des centaines de milliers d’habitants touchés.
Douze millions divisés par, disons, 10 000 victimes potentielles ? Mille deux cents dinars par personne. Maximum 10 000 dinars si vous êtes agriculteur. À rembourser sur trois ans. Avec intérêts, sans période de grâce, ni subvention, évidemment.
Sami, maraîcher de 48 ans à Grombalia, a perdu toute sa production sous deux mètres d’eau : « Mes serres sont détruites. Cinquante mille dinars de dégât minimum. L’État m’offre un prêt de 10 000 dinars que je dois rembourser. C’est une blague ? Je viens de tout perdre et ils veulent m’endetter davantage ? Allah ghaleb, vraiment. »
Leïla, commerçante à Ariana, pleure devant sa boutique ravagée : « Toute ma marchandise est fichue. Cent mille dinars partis. Mon assurance ? Elle ne couvre rien. Les “catastrophes naturelles” sont exclues du contrat. L’État ? Il m’envoie remplir des formulaires pour peut-être obtenir 2 000 dinars d’aide dans six mois. Pendant ce temps, je mange quoi ? »
Le théâtre politique
Mais les victimes peuvent au moins compter sur la visite compassionnelle de leurs élus. Kaïs Saïed a fait une apparition éclair dans une zone sinistrée, entouré de caméras. Son message aux victimes ? « Les gouvernements précédents n’ont rien fait pour moderniser les infrastructures de drainage. C’est le résultat de décennies d’incompétence. » Magnifique. Lui qui est au pouvoir depuis 2019, dont le coup de force date de 2021, trouve encore le moyen d’accuser ses prédécesseurs plutôt que d’annoncer une aide concrète.
Un député local, dont le nom importe peu tant ils sont interchangeables, déclare devant les journalistes : « Je suis venu constater personnellement l’ampleur de la catastrophe. C’est inadmissible que nos concitoyens souffrent ainsi. J’interpellerai le gouvernement ! » Interpeller. Le verbe préféré des politiciens tunisiens. Cela ne coûte rien, ne change rien, mais fait bien dans les médias.
Abir Moussi, toujours prompte à surfer sur les tragédies, tweete ou fait twitter : « Sous Ben Ali, les infrastructures étaient entretenues. Les gens ne mouraient pas noyés dans leurs rues. #TunisieAvant#Nostalgie. » Oubliant opportunément que sous Ben Ali aussi, les égouts étaient bouchés et les crues dévastatrices. Mais pourquoi laisser les faits gâcher un bon tweet nostalgique ?
Un ministre, en visite protocolaire avec bottines cirées et parapluie présidentiel, déclare solennellement : « L’État est aux côtés de ses citoyens dans cette épreuve. » Traduction concrète : une équipe filmera votre détresse, un communiqué sera publié… puis plus personne ne répondra à vos appels pendant des mois.
Les médias surfent sur les émotions, les larmes, les pleurs… et la détresse des victimes ayant tout perdu. On demande de l’aide, mais on ne fait plus confiance et personne ne veut débourser pour aider et surtout en passant par ces médias devenus incrédibles et indignes de confiance. L’UGTT garde le silence, et aucune compassion. Idem pour le syndicat des patrons, l’Utica.
L’arnaque des assurances
Le vrai scandale reste invisible aux caméras : le système d’assurance tunisien, cette arnaque institutionnalisée. Les citoyens paient religieusement leurs primes. Puis quand survient le sinistre, ils découvrent les clauses en petits caractères. « Catastrophes naturelles : non couvert. » « Actes de Dieu : exclus. » « Inondations exceptionnelles : hors garantie. »
Ahmed, cadre bancaire, a une assurance multirisque habitation qui lui coûte 800 dinars par an : « Ma maison a pris l’eau. Cent vingt mille dinars de dégâts. L’assurance refuse de payer. Selon eux, des précipitations de 206 mm constituent une “catastrophe naturelle exceptionnelle” non couverte. J’ai payé cette assurance pendant quinze ans. Douze mille dinars de primes. Pour rien. C’est du vol légalisé. »
Les compagnies d’assurance tunisiennes ont perfectionné l’art de collecter les primes sans jamais indemniser. Inondation ? Catastrophe naturelle. Sécheresse ? Force majeure. Grêle ? Événement exceptionnel.
Incendie ? Ah non, celui-là ils le couvrent, à condition que vous prouviez que ce n’est pas vous qui l’avez allumé, que vous aviez trois extincteurs conformes, et que la lune était pleine un mardi.
Le résultat ? Un taux de couverture catastrophique. Selon les estimations, moins de 30% des biens sinistrés lors de catastrophes naturelles sont réellement indemnisés en Tunisie. Les 70% restants ? « Allah ghaleb. »
Le vrai coût de l’abandon
Pendant que l’État distribue des prêts ridicules et que les politiciens font leur tournée médiatique, les victimes se débrouillent. Elles empruntent à des usuriers à 20% d’intérêt. Elles vendent leurs bijoux. Elles sacrifient l’éducation de leurs enfants pour reconstruire. Elles s’endettent pour des décennies.
Fatma, enseignante à Bizerte, calcule : « Entre les réparations de ma maison, le remplacement de mes meubles, et la voiture détruite, j’en ai pour deux cent mille dinars. Mes économies ? Trente mille. L’assurance ? Rien. L’État ? Peut-être cinq mille si j’ai de la chance et que je connais quelqu’un. Je vais m’endetter jusqu’à ma retraite. »
Youssef, agriculteur à Manouba, est amer : « Ils m’offrent 10 000 dinars de prêt. Mes pertes dépassent cent mille. Et je dois rembourser en trois ans pendant que je reconstruis mon exploitation. C’est mathématiquement impossible. Dans six mois, je serai en défaut de paiement et la banque saisira mes terres. Merci l’État. »
Le programme de la BTS prévoit « l’acceptation des demandes et la détermination des procédures d’inspection, à partir du lundi 26 janvier 2026, jusqu’à la fin du mois de mars 2026. » Traduction : remplissez des formulaires pendant deux mois, attendez l’inspection, puis attendez encore six mois l’approbation, pour peut-être obtenir un prêt dérisoire qui vous enfoncera davantage.
« Allah Ghaleb », comme doctrine d’État
Rappelons les faits brutaux. Plus de mille morts et deux milliards de dinars de dégâts lors de catastrophes naturelles depuis 2000. Des infrastructures de drainage en ruine malgré des centaines de millions théoriquement alloués. Un système d’assurance qui ne protège personne. Et maintenant, face à une nouvelle tragédie, la réponse de l’État : douze millions de prêts à rembourser.
Comparez avec n’importe quel pays développé. En France, le système CatNat (Catastrophes Naturelles) garantit l’indemnisation systématique et rapide. En Allemagne, des fonds d’urgence sont débloqués dans les 48 heures. Aux États-Unis, la Fema intervient immédiatement avec des aides massives.
En Tunisie ? « Allah ghaleb. » Dieu est plus fort que nous. Nous ne pouvons rien faire. Sauf, bien sûr, organiser des visites médiatiques, tweeter notre compassion, accuser nos prédécesseurs, et offrir des prêts misérables aux victimes.
Cette expression n’est pas de la résignation fataliste. C’est devenu la doctrine officielle d’un État qui a abandonné ses citoyens. Quand l’eau monte, quand les morts s’accumulent, quand les familles perdent tout, l’État tunisien hausse les épaules : « Allah ghaleb. »
Traduction honnête ? « On s’en fout. Démerdez-vous. Et pendant que vous reconstruisez avec vos propres moyens, on viendra poser pour les photos et vous promettre notre soutien indéfectible. »
Les victimes de janvier 2026 l’ont compris. Comme celles de 2018, de 2012, de 2003. En Tunisie, face aux catastrophes, vous êtes seuls. L’État vous abandonne. Les assurances aussi. Les politiciens vous instrumentalisent.
« Allah ghaleb », pour nous. Et eux, ils marquent des points.
En quelques heures, j’ai vu des années d’équipements et de matériel partir sous l’eau, engloutis dans mon garage, mon atelier/refuge… pendant que mon jardin se retrouvait sous près de 50 cm d’eau… ou plutôt de vase et d’égouts. Et pourtant, je reste convaincu que ce qu’on vient de vivre ces derniers jours en Tunisie n’a rien d’une catastrophe naturelle. Ce sont des inondations bien pensées, bien autorisées et parfaitement prévisibles.
Slim Medimegh *
Des caniveaux transformés en poubelles, des déchets jetés avec nonchalance, des bennes à ordures qui débordent sans jamais être ramassés, et des camions clandestins qui « évacuent » les gravats en les déposant tranquillement dans les terrains vagues et les espaces verts dans l’impunité la plus totale.
Tout ce beau monde finit par offrir à l’eau un parcours d’obstacles digne d’un chantier abandonné.
Du côté de la Marsa, quand j’étais petit, entre la cité des Juges (ex-« Seniet Bouhajeb ») et Bhar Lazreg, il y avait des terres agricoles et des terrains vagues qu’on appelait « Terranet Wango ». De vraies zones de drainage naturel. On y plantait du persil, des carottes, des gombos et tout ce qui demandait beaucoup d’eau. J’y allais même traire les vaches en compagnie de mon père dans une étable située dans le terrain nu qui est en face de l’actuelle supérette «Ali Baba».
L’eau s’étalait et la terre absorbait à son rythme
Un oued descendait de la cité El-Nasr sur la rue du hammam El-Qod’s, et à la moindre grosse pluie, il se transformait en torrent, amenant naturellement toute l’eau vers ces espaces ouverts. L’eau s’étalait, la terre absorbait tranquillement… à son rythme.
Dans ces énormes flaques d’eau, qui devenaient des étangs pleins de vie… il y avait des grenouilles, les mouettes et les cormorans venaient, et parfois même des canards s’abritaient dans ce refuge temporaire mais naturel, profitant du calme imposé par les inondations.
Et moi, j’y testais les petites maquettes de bateaux que je fabriquais, et j’y ramassais les grenouilles que je vendais au labo du lycée. Oui, c’était ça ; des zones prévues pour recevoir l’eau, vivre avec elle, pas la combattre.
Aujourd’hui, ces zones ont été bétonnées, loties et surélevées. Le point le plus bas de La Marsa, qui était logiquement le point d’acheminement naturel des eaux pluviales, a été déplacé artificiellement.
N’ayant plus d’issue, l’eau s’invite dans les maisons
Résultat : des quartiers comme la cité des Juges, Ettabaq, Lahouech… se retrouvent à jouer ce rôle. L’eau n’a plus d’issue, alors elle s’invite dans les rues et dans les maisons. Les autorités parleront d’événements exceptionnels, les municipalités de moyens limités, et on continuera à s’étonner à chaque pluie, et en facturant tout ça sur le compte de l’habituel
حاجة ربّي، الله غالب، قضاء و قدر…
Pendant ce temps, la nature, elle, se contente de nous rappeler que l’eau suit toujours son cours !
Mais je m’adresse aussi et surtout aux dits « citoyens » qui jettent leurs ordures avec nonchalance, sans penser, sans se rendre compte que ces gestes répétés finiraient par devenir la cause directe de ce désastreux bazar.
L’eau n’est pas responsable. Elle suit simplement les chemins qu’on lui laisse, et revient toujours réclamer sa place.
A la suite des pluies diluviennes qui se sont abattues cette semaine en Tunisie, provoquant des inondations et des pertes humaines et dégâts matériels importants, le Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a, dans un communiqué publié jeudi 22 janvier 2026, appelé les pays industrialisés, les plus grands pollueurs de la planète et principaux responsables des bouleversements climatiques en cours, à assumer leur responsabilité face à la récurrence des phénomènes climatiques extrêmes.(Ph. Le président Saïed constate les dégâts ou l’impuissance de l’Etat face au déchaînement de la nature).
Tout en soulignant « la responsabilité directe et historique des grands pays industrialisés dans la crise climatique mondiale, en tant que principaux émetteurs de gaz à effet de serre », le forum a affirmé que les pays du Sud, dont la Tunisie, paient aujourd’hui le prix fort de ces politiques et doivent exiger de la communauté internationale l’adoption de mécanismes contraignants pour indemniser les pertes climatiques, financer l’adaptation et la transition écologique juste et durable, et soutenir la résilience des pays touchés.
Rappelant que la Tunisie a connu, ces derniers jours, des inondations à grande échelle qui ont touché plusieurs gouvernorats du nord-est et du littoral, faisant 5 décès et entraînant un effondrement partiel des réseaux de drainage et des infrastructures dans plusieurs régions, telles que le Grand Tunis, Nabeul et Monastir, le FTDES a souligné qu’« aucun bilan officiel des dégâts matériels subis n’a été publié jusqu’à présent », laissant entendre que celui-ci risque d’être élevé, alors que le pays ne dispose pas des moyens nécessaires pour effectuer les réparations nécessaires dans les importantes infrastructures partiellement détruites.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, vendredi 23 janvier, au Palais de Carthage, une réunion à laquelle ont pris part la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, les ministres de la Défense nationale, Khaled Shili, de l’Intérieur, Khaled Nouri, des Affaires sociales, Issam Lahmar. D’autres responsables y étaient également présents, à savoir : le secrétaire d’État à la Sécurité nationale, Sofiène Belsadok, les membres du Conseil supérieur des armées, les directeurs généraux de la sûreté nationale et de la Garde nationale, le directeur général de l’Office national de la protection civile (ONPC), le directeur général de l’Institut national de la météorologie (INM), Ahmed Hammem, et le chef des scouts tunisiens, Mohamed Ali Khiari.
Le chef de l’État a souligné que l’objectif de cette réunion est d’examiner les lacunes et les insuffisances qui se sont accumulées au fil des décennies, indique un communiqué de Carthage, appelant à ce propos à la nécessité de les remédier en urgence et d’œuvrer à trouver des solutions immédiates, notamment à travers le curage des canaux d’assainissement et des oueds.
Il a également mis l’accent sur l’importance majeure de l’anticipation et de l’étroite coordination entre les différentes parties intervenantes, saluant dans ce contexte les efforts incommensurables déployés par les parties concernées ainsi que l’élan de solidarité et d’entraide exprimé par les citoyens tunisiens en cette rude épreuve nationale.
Tout en exprimant ses vives et sincères condoléances aux familles des victimes des récentes inondations, Kaïs Saïed a mis l’accent sur l’impératif d’engager une action immédiate et concrète pour venir en aide aux personnes touchées par cette catastrophe naturelle dans les différentes régions du pays.
Il a également rendu hommage au peuple tunisien pour sa conscience élevée et l’élan de solidarité dont il a fait preuve lorsque les citoyens se sont mobilisés de leur propre volonté pour nettoyer les traces de boue et repeindre les murs, offrant ainsi un exemple de solidarité « historique » entre les différentes franges de la société tunisienne.
Au terme de la réunion, le président Saïed a souligné que le devoir incombe de ne pas se contenter de publier des communiqués mais plutôt d’œuvrer en urgence à décréter des mesures concrètes et effectives permettant d’aller de l’avant sur la voie de la libération nationale, promettant à ce titre de démanteler les réseaux de désinformation et de corruption, de demander des comptes aux fauteurs du peuple tunisien et d’œuvrer à concrétiser les revendications légitimes longtemps prônées par le peuple tunisien depuis le 17 décembre 2010.
Suite à l’amélioration des conditions météorologiques et après une évaluation rigoureuse de la situation sur le terrain, le gouvernorat d’Ariana a annoncé la reprise des cours pour le jeudi 22 janvier 2026.
Cette décision a été prise en concertation avec la Commission régionale de lutte contre les catastrophes et d’organisation des secours, après plusieurs interventions effectuées dans les établissements scolaires et sur le réseau routier pour garantir la sécurité de tous.
La reprise concerne la majorité des structures éducatives de la région à l’exceptions des établissements des délégations de la Soukra et de Raoued, le Collège 18 Janvier à la cité Ettadhamen, Lycée cité Errafaha à Mnihla et le Lycée Kheireddine à l’Ariana.
Le maintien pour les établissements précités a été décidé afin de préserver la sécurité des élèves et du corps éducatif, indique le gouvernorat dans son communiqué.
Quant à la reprise partielle, elle vise à assurer un retour à la normale dans les meilleures conditions de sécurité possibles, lit-on encore dans le communiqué qui appelle les parents et les élèves des zones concernées par l’exception à rester attentifs aux prochaines mises à jour officielles.
Suite aux fortes précipitations enregistrées entre le 20 et le 21 janvier 2026, les unités de secours ont été fortement sollicitées sur l’ensemble du territoire .
La Direction générale de la protection civile a affirmé que suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur plusieurs régions du pays, les services de secours ont travaillé sans relâche
La même source a rendu public le bilan détaillé des opérations menées pour porter assistance aux citoyens et sécuriser les zones sinistrées :
Priorité au pompage : L’activité principale a concerné l’évacuation des eaux stagnantes avec 360 interventions.
Sécurité des personnes : Un effort important a été déployé pour la mise en sécurité avec plus de 260 évacuations et 81 assistances directes aux citoyens bloqués.
Mobilité : Les équipes ont procédé à 162 opérations de dégagement pour rétablir la circulation ou libérer des passages obstrués.
On notera que la Tunisie a fait face à des pluies intenses qui ont provoqué des inondations, la fermeture des routes, la suspension des cours et l’arrêt du transport en commun.
Les intempéries ont malheureusement coûté la vie à 4 personnes à Moknine (Monastir) et à une 5e à Menzel Temime (Nabeul).
Les inondations et intempéries qui ont commencé le 20 janvier 2026 ne constituent ni les premières, ni les plus graves que la Tunisie ait connues. L’histoire récente du pays garde en mémoire une catastrophe d’une ampleur sans précédent : les inondations de 1969. Un drame national qui a profondément marqué le territoire, les populations et les politiques publiques.
Entre la fin septembre et la fin octobre 1969, une succession exceptionnelle de pluies torrentielles frappe la Tunisie. En l’espace de quelques jours, certaines régions reçoivent l’équivalent de plusieurs années de précipitations. Les oueds débordent, les sols saturés cèdent et les eaux engloutissent des zones entières du pays.
Le Nord-Ouest, le Centre et le Sahel subissent les plus lourds dégâts. À Kairouan, à Sidi Bouzid, dans le bassin de l’Oued Merguellil, mais aussi dans plusieurs régions côtières, les flots font disparaître routes, maisons et terres agricoles. Les crues se succèdent pendant près d’un mois et empêchent toute stabilisation rapide de la situation.
Le désastre entraîne un lourd bilan humain : les estimations les plus couramment citées évoquent plus de 500 morts. Environ 300 000 personnes perdent leur logement. Les eaux détruisent ou rendent inhabitables des dizaines de milliers d’habitations. Les crues ravagent les infrastructures vitales : elles emportent des ponts, coupent des routes sur des centaines de kilomètres, interrompent les voies ferrées et mettent hors service les réseaux d’eau et d’électricité.
Une mobilisation nationale sans précédent
Face à l’ampleur du désastre, l’État tunisien déclare la catastrophe nationale. Il mobilise en urgence les forces armées, la protection civile et l’administration centrale.
Les autorités mènent des opérations d’évacuation dans les zones les plus exposées. Des convois d’aide transportent de l’eau potable, de la nourriture et des couvertures vers des villages isolés. Les services publics installent des abris provisoires pour accueillir les sinistrés. Les responsables poursuivent un double objectif : sauver des vies et rétablir les services essentiels.
Parallèlement, des équipes techniques rouvrent les axes routiers, réparent les ponts et remettent en état les réseaux hydrauliques. La crise s’étend sur plusieurs semaines, bien au-delà de la fin des pluies, tant les dégâts restent profonds.
Une solidarité internationale massive
L’ampleur de la catastrophe déclenche une vague de solidarité internationale. Près de vingt-quatre pays répondent à l’appel de la Tunisie.
Parmi eux figurent notamment le Maroc, la France, les États-Unis, l’Allemagne de l’Ouest, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, la Suisse, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Union soviétique. Les partenaires apportent une aide variée : hélicoptères de secours, ingénieurs, matériel de pompage, tentes, médicaments, nourriture et contributions financières.
Les Pays-Bas envoient une brigade spécialisée dans les situations de catastrophe afin de rétablir les réseaux d’eau et de sauver les puits. Les États-Unis déploient des moyens aériens et accordent une aide financière importante. Des équipes européennes participent à la reconstruction des infrastructures et à l’approvisionnement en eau potable. L’ONU coordonne une partie de cette assistance.
Cette mobilisation internationale renforce la capacité de réponse du pays et accélère la phase de relèvement.
Un tournant dans la politique hydraulique
Les inondations de 1969 ne représentent pas seulement une tragédie humaine. Elles imposent un tournant stratégique. Dans les années suivantes, l’État engage une refonte profonde de la gestion des risques hydrologiques.
Les autorités lancent des études sur les bassins versants. Elles planifient et construisent des barrages, des digues et des ouvrages de régulation, notamment dans les régions centrales. La catastrophe s’impose comme une référence majeure dans la politique d’aménagement du territoire et dans la conception des infrastructures hydrauliques.
Le ministère de l’Équipement et de l’Habitat alerte sur des interruptions de circulation sur de nombreuses routes nationales et régionales. Elles sont causées par des pluies torrentielles et des inondations dans plusieurs gouvernorats.
Les usagers de la route sont invités à la plus grande prudence et au respect des consignes de la Commission de lutte contre les catastrophes. Détail des interruptions dues aux inondations par gouvernorat.
Gouvernorat de Tunis
Inondation de la RN 9 (les deux sens) due au débordement du bassin de collecte près de l’ambassade des États-Unis : circulation possible avec prudence.
Fermeture de la RR 33 M2 (inondation identique) : déviation par le quartier Salammé.
Eaux montantes sur la RR 23 au niveau de la caserne Qamart : circulation possible avec prudence.
Gouvernorat de Ben Arous
Circulation totalement interrompue sur :
Route locale 559 (mosquée Ach-Chifa à la mairie de Ben Arous).
RN 1 (Hammam Lif – Borj Essedria).
RN 3 ancien (entrée Fouchana, PK 3+500 à 4+400).
RN 559 (Les Aveugles, à l’intersection Sogetex).
RN 557 (Rades Plage).
RN 573 (Mornag).
Gouvernorat de Nabeul
RN 1 (PK 41+500 à 41+900, zone Belli) : niveau élevé de l’oued Jedida depuis le barrage Al-Masri, circulation difficile.
RR 27 (PK 3+500 devant la caserne) : coupée.
RR 27 (PK 28, oued Al-Kabir Dar Chaaouban Al-Fahri – Beni Khiar) : circulation déviée sur le nouveau pont adjacent, avec signalisation renforcée.
RR 26 (PK 11, Sidi Saleh) : coupée.
RN 1 (PK 36, entrée Qarna Ballia 14).
RR 26 (PK 3 à 7+500 : Manshet Ouad Soltan – Solimar – Souilama.
La Radio nationale tunisienne a annoncé cet après-midi, mardi 20 janvier 2026, un quatrième décès à Moknine, dans le gouvernorat de Monastir.(Ph. Moknine les pieds dans l’eau).
Ce quatrième décès en moins de 24 heures dans la même ville fait suite aux pluies torrentielles et aux inondations provoquées par le débordement des oueds et des rivières.
Le quatrième corps a été retrouvé flottant dans la rue de la Sebkha, le troisième ayant été découvert au même endroit, selon Raouf Marouani, chef de la Protection civile de Monastir, qui s’est exprimé sur les ondes de Diwan FM.
Une troisième personne a trouvé la mort à Moknine, gouvernorat de Monastir, suite aux fortes précipitations qui s’abattent sur la région depuis hier, a fait savoir le directeur régional de la protection civile à Monastir, Raouf Marouani, précisant que les agents de la protection civile ont repêché, ce matin, mardi 20 janvier 2026, le corps d’un homme qui flottait sur le lac de Moknine.
Deux décès par noyade ont été précédemment confirmés dans cette délégation dans la nuit de lundi à mardi, en raison des crues provoquées par les fortes pluies.
Il s’agit d’une femme dont le corps avait été emporté par les crues et d’une deuxième femme, octogénaire handicapée, qui a trouvé la mort dans le quartier de Kalalat dans la même ville, après que les eaux aient envahi son domicile.
Marouani a ajouté : «La région de Monastir ne figurait pas sur la carte des alertes maximales et nous avons été surpris par l’ampleur des perturbations météorologiques et les pluies torrentielles, bien que les services de la protection civile fussent prêts à intervenir», précisant que les interventions les plus importantes ont été enregistrées à Moknine, Monastir et Ksar Hellal pour assurer le pompage des eaux, dégager les véhicules coincés et sécuriser les axes routiers.
Marouani a confirmé que la commission régionale de prévention des catastrophes, présidée par le gouverneur de la région reste en réunion ouverte, bien que les pics soient passés.
Selon l’INM, les quantités de pluies enregistrées durant les dernières 24 heures dans la délégation de Moknine ont atteint 192 mm. Quelque 230 mm ont été enregistrés à Monastir, 242 mm à Sayada-Lamta-Bouhjar, 92 mm à Jammel et 70 mm à Teboulba.
«Mardi matin, les gouvernorats de Bizerte, Grand Tunis, Nabeul, Zaghouan, Sousse, Monastir, Mahdia et Sfax ont été placés en vigilance orange, en raison des pluies orageuses et parfois intenses et en quantités localement importantes qui s’abattent sur ces régions», a souligné l’agence Tap alors que les autorités continuent de lancer des appels à la vigilance.
Cependant, des pluies parfois abondantes, dues au passage du système cyclonique méditerranéen que plusieurs médias météorologiques ont surnommé «Harry», continueront de s’abattre tout au long de la journée du mardi, notamment sur l’Est du pays, en particulier les gouvernorats du Grand Tunis, de Bizerte, de Nabeul, du Sahel et de Sfax, indique l’Institut National de la Météorologie (INM) dans un bulletin de suivi.
Les cumuls les plus élevés oscilleront entre 40 et 60 mm, pouvant atteindre près de 80 mm par endroits.
Ces précipitations seront accompagnées de chutes de grêle et de vents forts à violents, surtout sur les zones côtières et lors du développement de cellules orageuses.
L’intensité de ces perturbations devrait s’atténuer progressivement à partir de cet après-midi.
Selon les analyses météorologiques, le système de basse pression associé à la perturbation s’est développé en Méditerranée centrale, entre la Tunisie, l’Algérie et la Sardaigne, alimentant des conditions météorologiques extrêmes le long de sa trajectoire vers le nord.
La Société du transport de Tunis a annoncé ce mardi 20 janvier 2026 l’arrêt complet des lignes de métro, du train de la banlieue nord (TGM) et des bus de la banlieue sud, dû aux pluies torrentielles provoquant des inondations sur les routes et les voies ferrées. Plusieurs lignes de bus sont déviées temporairement en attendant la décrue. Avec une vigilance maximale en vigueur, ne bougez pas et restez chez vous : les reprises seront communiquées progressivement.
En raison des fortes pluies et des inondations, deux décès par noyade ont été enregistrés dans la ville de Moknine, dans le gouvernorat de Monastir, dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 janvier 2026.(Ph. Inondations à Moknine).
Le lieutenant-colonel Khalil Mechri, du département des opérations de protection civile de la région, l’a confirmé aux émissions matinales des radios Mosaïque FM et Diwan FM.
Les interventions de la Protection civile ont été réalisées avec «tous les moyens de sauvetage, avec des renforts du sud qui ont été utilisés pour intervenir dans les gouvernorats du nord-est, comme le pompage d’eau dans les maisons, le dégagement des voitures coincées et l’aide à la traversée.»
Le Grand Tunis et Bizerte sous les eaux : routes coupées, écoles fermées… l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR) appelle à la vigilance et alerte les automobilistes face aux intempéries.
Aux dernières nouvelles, l’institut national de la météorologie a publié sur sa page fb des informations faisant état de pluies orageuses temporaires, parfois abondantes, au nord, au centre-est et localement au sud-est, y compris dans la région de Sfax, accompagnées de chutes de grêle.
Le vent souffle du secteur nord au nord et au centre, et du secteur ouest au sud ; il est fort à très fort près des côtes et lors de l’apparition des nuages orageux, faible à modéré dans les autres régions, et se renforce relativement au sud l’après-midi. La mer est très agitée à forte au nord.
Les températures sont en baisse, avec des maximales variant entre 6 et 10 °C dans les régions ouest du nord et du centre, et entre 11 et 15 °C dans le reste des régions.
Par conséquent, les autorités ont décidé la suspension des cours dans les écoles publiques et privées, les lycées ainsi que pour les facultés pour la journée de mardi 20 janvier 2026.
Par ailleurs, il est important de mettre en place un certain nombre de mesures en vue de vous protéger :
Fermez soigneusement portes, fenêtres et volets.
Débranchez tous les appareils électriques et antennes TV.
Rentrez à l’intérieur les objets exposés au vent, les animaux et le matériel agricole.
Évitez de garer votre véhicule sous les arbres.
Anticipez les pannes d’électricité avec des éclairages de secours.
En raison des fortes averses qui ont causé des inondations dans plusieurs régions et qui se poursuivent ce mardi 20 janvier 2026, il a été décidé de suspendre les cours dans tous les établissements d’enseignement publics et privés, les centres de formation professionnelle et les établissements d’enseignement supérieur dans 11 des 24 gouvernorats que compte la Tunisie.
Les gouvernorats concernés sont Nabeul, Tunis, Bizerte, Ariana, Manouba, Ben Arous, Zaghouan, Sousse, Monastir, Mahdia et Sfax.
Selon l’Institut national de météorologie, les cumuls de précipitations les plus importants enregistrés ces dernières 24 heures l’ont été dans les zones suivantes : Monastir (230 mm), Sidi Bou Saïd (206 mm), Zaghouan (212 mm), Moknine (192 mm), Grombalia (179 mm) et Mornag (171 mm).
Aujourd’hui, la mer sera très agitée à extrêmement agitée dans le nord, et les températures baisseront, avec des maximales comprises entre 6 et 10 degrés Celsius dans l’ouest, le nord et le centre du pays, et entre 11 et 15 degrés Celsius dans le sud.
Face aux récentes inondations meurtrières au Maroc, de nombreuses questions se posent quant aux possibles répercussions sur la Tunisie. Interrogé par Tunisie Numérique, l’expert en climat Adel Hentati a expliqué que ces intempéries sont liées à une masse d’air froid provenant de la chaîne de l’Atlas, responsable de fortes chutes de neige et de pluies […]
Des inondations d’une rare violence ont frappé la ville côtière de Safi, au Maroc, à la suite de pluies torrentielles et concentrées en un laps de temps très court. Les crues soudaines ont surpris les habitants, provoquant un lourd bilan humain et d’importants dégâts matériels. Les autorités locales ont déclenché des opérations de secours d’urgence pour venir en aide aux sinistrés et sécuriser les zones touchées.
Des pluies diluviennes et une montée brutale des eaux
Selon les autorités locales, des précipitations exceptionnelles se sont abattues sur Safi en moins d’une heure, entraînant la montée soudaine des eaux dans plusieurs quartiers urbains. Des rues se sont transformées en torrents, emportant véhicules et piétons, tandis que des habitations et des commerces ont été envahis par les flots, notamment dans des zones densément peuplées proches des oueds.
Les services de protection civile font état d’au moins 21 décès, un bilan encore provisoire, ainsi que de dizaines de blessés pris en charge par les hôpitaux de la région. Des familles entières ont été surprises à leur domicile, certaines personnes ayant été piégées dans leurs véhicules ou dans des locaux en contrebas.
Mobilisation des secours et mesures d’urgence
Les équipes de la protection civile, appuyées par les forces de sécurité et les autorités municipales, ont été déployées toute la nuit pour rechercher d’éventuelles victimes, évacuer les habitants des zones à risque et rétablir la circulation sur les axes coupés. Plusieurs établissements scolaires et infrastructures publiques ont subi des dégâts, tandis que l’électricité et l’eau ont été temporairement interrompues dans certains quartiers.
Les autorités ont appelé les citoyens à la vigilance, les prévisions météorologiques faisant état d’un risque persistant de nouvelles précipitations dans la région.
Ces inondations surviennent dans un contexte marqué par des extrêmes climatiques de plus en plus fréquents au Maroc, alternant entre sécheresse prolongée et épisodes de pluies intenses.
Les spécialistes alertent sur la vulnérabilité accrue des zones urbaines face aux crues soudaines, appelant à un renforcement des dispositifs de prévention, d’aménagement et d’alerte précoce pour limiter l’impact de tels phénomènes à l’avenir.