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Saïd Mekbel | Un journalisme debout face à la peur

Plonger dans ‘‘Saïd Mekbel – Chroniques d’une vie (1963-1994)’’ (Éditions Chiheb, Alger, 2025), c’est entrer dans un monde où écrire relevait autant de courage que d’engagement. Ce livre, établi par son fils Nazim Mekbel, rassemble près de deux cents billets choisis parmi les quelque 1 500 textes écrits par Saïd Mekbel, sous les pseudonymes El Ghoul puis Mesmar Dj’ha, accompagnés de dessins, photographies et notes manuscrites, offrant une mémoire visuelle et intime de l’homme.

Djamal Guettala 

Pour ma part, j’ai reçu le livre deux jours avant ma rencontre avec Nazim Mekbel à la librairie L’île aux Mots à Marseille. Recevoir un livre édité en Algérie procure toujours une joie particulière, mais celui-ci avait une dimension intime et inédite : il m’a permis de découvrir ce que je ne connaissais pas de l’homme, ses billets écrits avant ma naissance, pendant mon enfance et ma jeunesse. Relire tout cela aujourd’hui, en tant qu’adulte contribuant moi-même comme chroniqueur au Matin d’Algérie, c’est percevoir le journalisme dans un temps où la peur et la violence façonnaient chaque mot.

La plume qui traverse le temps

Saïd Mekbel débute sa carrière à Alger Républicain, critique de cinéma, puis chroniqueur satirique. Avec la création du quotidien Le Matin, il adopte le pseudonyme Mesmar Dj’ha – le « clou qui dérange partout où il est planté ».

Son style, à la fois ironique et incisif, est illustré par la chronique suivante :

Billet choisi “Et mon stylo ?”

« Hier, dans un autobus bondé, je me trouvais debout près d’un jeune homme d’une trentaine d’années, visiblement soucieux d’impressionner une jeune fille. À un moment, il prétend être Mesmar Dj’ha, alias Saïd Mekbel, et assure user d’un pseudonyme pour publier ses billets. Pour appuyer ses dires, il énumère plusieurs titres, récite même un de mes textes. La jeune fille, surprise et admirative, lui dit qu’elle lit Mesmar Dj’ha tous les jours. Comblé, l’homme griffonne un autographe au dos d’une carte :

— « À Saïd Mekbel, fraternellement, Mesmar Dj’ha », me dit-il en me tendant la carte.

Je décline mon identité. L’histoire pourrait s’arrêter là, mais à l’arrêt suivant, le prétendu admirateur accompagne la jeune fille… et emporte le stylo que j’avais posé dans ma pochette.

Le stylo, simple objet, devient symbole : celui d’une plume admirée, imitée, mais que l’on ne peut usurper. Et moi, auteur véritable, je reste spectateur de ma propre légende. »

Les carnets et les dessins

Au-delà de l’humour et de l’observation sociale, Mekbel tenait un carnet manuscrit glaçant en 1994, où il consigne les assassinats, de journalistes, d’ingénieurs, de civils :

« 27 oct 1994 : Benchour Med Salah, journaliste à l’APS, assassiné à Baraki…

18 octobre 1994 : Deux ingénieurs, un Italien et un Français assassinés dans la région de Khenchela… »

Ces listes, mécaniques et précises, racontent la terreur et le poids du quotidien. Le 3 décembre 1994, le GIA revendique son assassinat via un tract faxé à la rédaction du Matin, signé Mohammed Saïd : « Mekbel, mécréant notoire… renégat… propagandiste du pouvoir…

La plume de Saïd Mekbel illustre parfaitement la mort. Il est responsable de la mort de dizaines de milliers d’innocents. »

Dans ces carnets, les dessins prolongent la plume :

«Avril 1991 – schéma d’atome pour illustrer la logique électorale : siège de député au noyau, candidats gravitant autour.

Novembre 1990 – un couple face à la pénurie, mimant l’absurde quotidien.

Juin 1990 – critique de l’absurdité politique : « ‘voter contre sans être pour  » ou  »voter pour sans être avec » ».

Chaque croquis est une chronique graphique, un regard acéré sur la société.

L’ultime témoignage

Ironie tragique : le dernier billet, publié le jour de son assassinat, est un témoignage poignant et universel : « Ce voleur qui, dans la nuit, rase les murs pour rentrer chez lui, c’est lui.

Ce père qui recommande à ses enfants de ne pas dire dehors le méchant métier qu’il fait, c’est lui.

Ce mauvais citoyen qui traîne au palais de justice, attendant de passer devant les juges, c’est lui…

Cet individu pris dans une rafle de quartier et qu’un coup de crosse propulse au fond du camion, c’est lui.

C’est lui qui, le matin, quitte sa maison sans être sûr d’arriver à son travail. Et lui qui quitte, le soir, son travail sans être certain d’arriver à sa maison.

Ce vagabond qui ne sait plus chez qui passer la nuit, c’est lui.

C’est lui qu’on menace dans les secrets d’un cabinet officiel, le témoin qui doit ravaler ce qu’il sait, ce citoyen nu et désemparé…

Cet homme qui fait le vœu de ne pas mourir égorgé, c’est lui.

Ce cadavre sur lequel on recoud une tête décapitée, c’est lui.

C’est lui qui ne sait rien faire de ses mains, rien d’autre que ses petits écrits, lui qui espère contre tout, parce que, n’est-ce pas, les roses poussent bien sur les tas de fumier.

Lui qui est tous ceux-là et qui est seulement journaliste. » (Saïd Mekbel, 3 décembre 1994).

Ce texte est un testament, une démonstration de courage et de lucidité, et l’ultime hommage aux victimes dont il parlait chaque jour.

Entre mémoire et présent

Le livre est également un album visuel : Mekbel enfant à l’école Maudet, Béjaïa ; à Alger Républicain avec Henri Alleg et l’équipe de journalistes ; réunions du Matin, soirées, cartes de presse depuis 1963 ; dernière photographie connue, quelques jours avant son assassinat, au restaurant El Bahdja, Alger.

Dans son épilogue, Nazim Mekbel explique sa démarche : « Le tri par thèmes, la contextualisation de chaque chronique… Un tel ouvrage n’est jamais terminé, ainsi va l’écriture de l’histoire. » Il ajoute : « Ses manuscrits du dernier trimestre 1994 apportent un éclairage précieux… Ils lèvent le voile sur son combat et sa survie en tant que citoyen et journaliste libre. »

Recevoir ce livre à Marseille, juste avant notre rencontre à la librairie L’île aux Mots, m’a rappelé que certaines plumes, une fois brisées, ne se remplacent pas. Mais elles demeurent, vivantes dans les mots, dans les billets, dans les dessins et dans le regard des lecteurs.

Relire Mekbel aujourd’hui, c’est entendre sa voix ironique et lucide, traverser l’histoire de l’Algérie contemporaine, sentir l’engagement et le courage qui continuent de nourrir le journalisme.

‘‘Saïd Mekbel – Chroniques d’une vie (1963-1994)’’ est un document vivant, un acte de mémoire et une leçon de résistance, indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à la presse, à l’histoire et à la vérité.

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L’Étoile du Sahel engage des poursuites contre un journaliste

L’Étoile sportive du Sahel (ESS) a annoncé, ce lundi 26 janvier 2026, le lancement de procédures judiciaires à l’encontre du journaliste Sami Akrimi.

Dans son communiqué, le club phare du Sahel  précise qu’il reproche au chroniqueur des propos tenus lors de l’émission TFOOT sur la chaîne Tunisna TV, diffusée le dimanche 25 janvier.

La direction de l’ESS qualifie ces déclarations d’« irresponsables » et considère qu’elles « portent atteinte à la dignité et au prestige du club» .

La même source a fait savoir que les enregistrements ont été authentifiés par ses services juridiques et que la procédure a été officiellement entamée ce matin, tout en réaffirmant sa volonté de « poursuivre systématiquement toute personne portant atteinte à l’image du Étoile sportive du Sahel» .

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Tunisie | Lettre de Mourad Zeghidi de la prison de la Mornaguia

Depuis sa cellule de la prison de la Mornaguia, le journaliste et chroniqueur Mourad Zeghidi a pris la plume pour s’adresser à l’opinion publique.

Dans une lettre émouvante relayée ce vendredi 23 janvier 2026 par ses proche, Mourad Zeghidi livre son ressenti sur sa détention et exprime son indignation tout en réaffirmant son attachement à la liberté d’expression et en renouvelant ses remerciement à tous ceux qui le soutiennent :

Ce qui a été encore plus fort que le choc, la stupéfaction et l’indignation que j’ai ressentis face au jugement injuste et illégal prononcé à mon encontre, c’est l’élan de solidarité et de soutien que j’ai reçu de larges franges de tunisiennes et des tunisiens.

Je salue chacune et chacun d’entre vous, en particulier les collègues journalistes et camarades des médias, en Tunisie comme à l’étranger.

Je défendrai, avec toute l’énergie dont je dispose, ma dignité et mon honneur, et surtout mon droit en tant que citoyen, face à un acharnement procédural continu depuis le 11 mai 2024.

Tout ce que nous avons entrepris depuis le début de l’affaire fiscale aurait dû conduire à ma libération et à l’arrêt de toute poursuite à mon encontre, conformément aux lois en vigueur dans la République tunisienne.

Je rejette avec la plus grande clarté toute accusation fabriquée en lien avec le blanchiment d’argent, et le dossier est à la disposition de quiconque souhaite le consulter afin de comprendre ce qui s’est réellement passé dans cette affaire.

Comme souvent dit : dans cette vie éphémère, seules nos bonnes actions demeurent.
Et votre amour et votre solidarité resteront à jamais gravés dans mon cœur.

Arrêté depuis 2024, Mourad Zeghidi a été condamné hier à trois ans de prison pour blanchiment d’argent et à six mois supplémentaires pour des infractions fiscales, dans un dossier distinct de celui ayant conduit à leur première incarcération.

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Borhen Bsaies & Mourad Zeghidi | Verdict du tribunal de première instance

Le tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict, ce jeudi 22 janvier 2026, dans l’affaire visant les journalistes Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies.

Ces derniers ont été condamnés à trois ans de prison pour blanchiment d’argent et ont également écopé d’une peine de six mois pour des infractions fiscales.

Notons que Borhen Bsaies et Mourad Zeghidi ont comparu ce jour en état de détention devant la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, qui a rendu son verdict ce soir.

Y. N.

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France-Tunisie | « Portail Eco », site interactif d’orientation des acteurs économiques

L’ambassade de France en Tunisie a annoncé le lancement du nouveau site web « Portail Eco », plateforme interactive d’orientation destinée en particulier aux entreprises et aux porteurs de projets.

En quelques clics, ils pourront trouver le bon interlocuteur de l’équipe économique France à Tunis pour accompagner leurs projets et répondre à leurs besoins

Vous cherchez à investir, nouer des relations d’affaires, acquérir des biens ou services, ou recruter localement ? Ce portail éco vous orientera vers le bon service ou opérateur, lit-on dans le communiqué de l’ambassade.

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Cybercriminalité | Plainte contre des réseaux en ligne pour abus sur mineurs

L’Organisation internationale de protection des enfants de la Méditerranée a annoncé, ce samedi 17 janvier 2026, le dépôt d’une plainte visant plusieurs pages et comptes sur les réseaux sociaux, et ce, pour abus sur mineurs.

L’organisation dénonce un système de « détournement numérique » ciblant les mineurs tunisiens et appelle à la mobilisation des moyens logistiques nécessaires pour identifier les responsables de dizaines de pages, dont les propritéaire vont jusqu’à l’abus sexuel en proposent des services sexuels tarifés impliquant des enfants.

Le communiqué appelle à une intervention de l’État face à ces pratiques, qualifiées de « graves crimes et de menace pour la sécurité nationale» par l’organisation qui exige une action immédiate du ministère des Technologies et les services de sécurité et des unités de lutte contre la cybercriminalité.

La traque de ces réseaux interconnectés doit être intensifiée afin de protéger l’intégrité psychologique des mineurs victimes, souligne encore la même source.

Y. N.

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Décès de Kamel Labidi, grand défenseur de la liberté de presse en Tunisie

Kamel Labidi, journaliste et militant de la liberté de la presse et des droits humains en Tunisie et dans le monde arabe, est décédé ce samedi 17 janvier 2026.

Ancien journaliste à l’Agence Tunis Afrique Presse (Tap) qui a eût maille à partir, dans les années 1990, avec l’ancien président Ben Ali, suite à ses articles sur la dérive autoritaire du régime, notamment dans Le Monde diplomatique, Kamel Labidi s’est exilé et a travaillé avec de nombreux médias internationaux et organisations de défense de la liberté de la presse, notamment le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et l’International Freedom of Expression Exchange (Ifex).

Au lendemain de la révolution du 14 janvier 2011, dont on vient de célébrer le 15e anniversaire, c’est tout naturellement que l’enfant de Bouhjar a été nommé à la tête de l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (Inric), qui mit en place le cadre réglementaire et institutionnel pour garantir la liberté, l’indépendance et l’intégrité des médias en Tunisie. L’Inric a notamment fait promulguer les décrets-lois 115 et 116 de 2011 et créer la Haute autorité indépendante pour la communication audio-visuel (Haica).

Ce dispositif a malheureusement été combattu par les lobbys politiques et d’intérêt avant d’être pratiquement enterré par le régime mis en place par le président Kaïs Saïed au lendemain de la proclamation de l’état d’exception le 25 juillet 2021.

Kamel Labidi, journaliste réputé pour son intégrité, son indépendance et sa grande humilité, était écœuré, ces dernières années, par la détérioration rapide de la situation des journalistes, de la presse et des médias en général en Tunisie et dans le monde arabe.

Il sera inhumé dans quelques jours au cimetière de son village natal à Bouhjar (Monastir). La date sera précisée ultérieurement.

Ridha Kéfi, le directeur de Kapitalis, qui avait connu le défunt et l’a côtoyé de près, témoigne : «J’avais beaucoup d’admiration pour la droiture morale, la rigueur intellectuelle et la rectitude politique de Kamel Labidi, qui était très attaché à son indépendance d’esprit. Aussi lorsqu’il m’a appelé pour le rejoindre au sein l’Inric, je n’ai pas hésité un seul instant. Et c’est ainsi que, pendant trois ans, contre vents et marées, et malgré les fortes résistances et même les attaques frontales dont nous étions alors les cibles, et souvent de la part de nos collègues journalistes, nous avions réussi à mettre en place un cadre réglementaire et institutionnel qui garantissait les conditions d’un exercice libre et responsable de l’information et de la communication en Tunisie. Malheureusement, tout cela a été perdu et la politique a réussi à reprendre la main et à détruire un secteur aujourd’hui sinistré et dans un bien pire état qu’il était dans les derniers jours du règne de Ben Ali. Ce sont ces regrets que Kamel  emportera avec lui dans sa tombe, et la moindre des reconnaissances qu’on lui doit, c’est de sauver son héritage et de réhabiliter la réforme de l’information dont il avait fait le combat de toute sa vie».

I. B.

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SNJT | Réception en l’honneur Chadha Haj Mbarek après sa libération

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a organisé, ce vendredi 16 janvier 2026, une réception en l’honneur de la journaliste Chadha Hadj Mbarek, marquant un moment fort de solidarité professionnelle.

Accompagnée de membres de sa famille, Chadha Hadj Mbarek a été reçue au siège du syndicat en présence de nombreux confrères et consœurs pour une rencontre visant à lui exprimer le soutien indéfectible de la famille journalistique.

À cette occasion, le syndicat a également rendu hommage à son avocat, Me Souheil Medimegh, et ce, pour son engagement dans la défense des droits, son combat pour le respect des règles du procès équitable et son plaidoyer constant en faveur de la liberté de la presse.

A l’occasion, le SNJT a réaffirmé son attachement absolu à la liberté de la presse et au libre exercice du métier de journaliste, considérés comme les piliers de l’État de droit et a appelé à un environnement sécurisé permettant aux journalistes d’exercer leurs fonctions sans pressions, menaces ou poursuites, conformément à la Constitution et aux conventions internationales.

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Le Syndicat a conclu en affirmant qu’il ne ménagera aucun effort pour sauvegarder les acquis de la profession et pour protéger la dignité des professionnels du secteur et à défendre tout journaliste faisant l’objet de restrictions.

Y. N.

Crédit photo : Hassene Farhat

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Les événements d’Iran dans les médias français

Les pleurnicheries des chaînes françaises sur les événements en cours en Iran ont quelque chose de pathétique et de risible, car ces mêmes chaînes n’ont pas versé une seule larme, même de crocodile, sur les dizaines de milliers de victimes palestiniennes de Gaza. On est vraiment à saturation face à la duplicité des médias français et lassé par son hypocrisie.

Mohamed Sadok Lejri

On peut dire tout ce que l’on veut sur le soutien que les Etats-Unis et Israël apportent aux centaines de milliers d’Iraniens qui sont dans les rues, car il va sans dire qu’il s’agit d’un soutien fort intéressé, mais un régime politique qui coupe internet sur tout le territoire et qui invoque la souveraineté pour réprimer son peuple dans le sang et tuer des centaines de jeunes et moins jeunes tranquillement ne mérite pas de tenir un jour de plus, même si le Grand Satan et son appendice cancéreux du Proche-Orient suivent ce soulèvement de très près et mettent tout en œuvre pour faire chuter les enturbannés chiites.

Perfidie et servilité

En même temps, les chaînes d’info françaises devraient arrêter d’inviter le journaliste Emmanuel Razavi, le boxeur Mahyar Monshipour et le fils du Chah d’Iran parce que leur discours sied parfaitement au projet conçu par l’axe américano-israélien pour l’Iran post-République islamique; c’est le meilleur moyen de jeter le discrédit sur les revendications légitimes du peuple iranien. Ce dernier n’a pas viré le Chah pour accueillir, quarante-sept ans plus tard, son chaton en fanfare.

Les Iraniens qui apparaissent depuis quelques jours à la télé nourrissent une vieille rancune envers le régime des Mollahs. Cette haine de longue date qu’ils vouent à l’égard de la République islamique est tout à fait compréhensible. Le problème, c’est qu’ils respirent la perfidie et la servilité. Il ne faut pas être une foudre de guerre pour comprendre que ces exilés iraniens, devenus très médiatisés depuis quelques jours, sont tout bonnement des pions d’Israël et des Etats-Unis.

Ces mêmes chaînes d’info, pleurnichardes sélectives, n’ont pas versé une seule larme, même de crocodile, sur les dizaines de milliers de victimes palestiniennes de Gaza. On est vraiment à saturation face à la duplicité de la presse française et lassé par son hypocrisie.

Manipulation et mensonge

Au cours de ces deux dernières années, il y a eu de la part de ces médias une invisibilisation délibérée et une légitimation des massacres des civils palestiniens, lesquels civils se faisaient écrabouillés chez eux, dans les hôpitaux, les écoles, etc., par les bombes américano-israéliennes de tout calibre. Bien pis ! En plein massacres à Gaza, la propagande en faveur d’Israël battait son plein : «Est-ce que vous condamnez le pogrom du 7 octobre ? Le ‘‘Khamas’’ est-elle une organisation terroriste ?» sommaient-ils de répondre à ceux qui refusaient de se soumettre complètement à leur manipulation et à leur version mensongère.

Aujourd’hui, les chaînes traditionnelles françaises, qui par ailleurs sont devenues un repaire de nervis et qui ne sont plus à une crapulerie près, essayent de nous faire croire qu’elles se font du mauvais sang pour l’avenir du peuple iranien et des filles qui défilent dans les rues de Téhéran les cheveux au vent.

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Enfin libre, Chadha Haj Mbarek peut se soigner

La cour d’appel a ordonné ce mercredi 14 janvier 2026 la libération de la journaliste Chadha Haj Mbarek, emprisonnée depuis 2023 dans une affaire de complot, après avoir réduit sa peine, a annoncé sa famille. La cour a ramené sa peine de 5 à 2 ans, la rendant libérable immédiatement.

La journaliste avait été condamnée dans l’affaire dite Instalingo, une entreprise de médias proche du parti islamiste Ennahdha, qui impliquait 41 personnalités politiques, journalistes et hommes d’affaires, dont l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple et chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, accusés de complot et de délits financiers, accusations catégoriquement niées par les prévenus y compris Chadha Haj Mbarek.

Le frère de la journaliste a précisé que sa santé s’était gravement détériorée pendant son incarcération. Elle a souffert de graves complications, notamment une perte auditive importante, et un cancer lui a été diagnostiqué en détention, a-t-il ajouté.

Les autorités tunisiennes ont indiqué que l’affaire découlait d’enquêtes judiciaires portant sur des infractions financières et sécuritaires présumées, et ont rejeté les accusations de l’opposition selon lesquelles les poursuites étaient politiquement motivées.

I. B.

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Affaire Instalingo | Peine de 22 ans de prison confirmée pour Ghannouchi

La cour d’appel de Tunis a confirmé, ce mercredi 14 janvier 2026, la peine de 22 ans de prison de Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahdha et ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). La cour a confirmé les peines de prison de 40 personnes, journalistes, blogueurs et hommes d’affaires, poursuivis dans l’affaire Instalingo. Seule la journaliste Chadha Haj Mbarek a été libérée.

Le 5 février, un tribunal de première instance avait condamné 41 prévenus, dont Ghannouchi, âgé de 84 ans, à des peines de prison allant de 5 à 54 ans. Ghannouchi était détenu depuis le 17 avril 2023, date à laquelle la police avait perquisitionné son domicile. Il a depuis été condamné à plusieurs reprises dans d’autres affaires.

Une source judiciaire anonyme a indiqué à l’agence de presse officielle tunisienne que la cour d’appel avait confirmé toutes les condamnations, à l’exception de celle de Chadha Haj Mbarek. Sa peine a été réduite de 5 à 2 ans, et la cour a ordonné un sursis à exécution.

Les accusés peuvent se pourvoir en cassation, mais ce pourvoi n’empêche pas l’exécution des peines.

Tous les accusés nient les charges retenues contre eux, notamment le complot contre la sûreté de l’État, la tentative de modification de la nature de l’État, l’incitation à la violence armée, les provocations à la violence et au pillage, ainsi que les actes hostiles envers le président.

En droit tunisien, cette accusation désigne toute conduite considérée comme une atteinte grave à la personne ou à l’autorité du chef de l’État, incluant les menaces, les agressions physiques ou les actions perçues comme portant atteinte à l’autorité de l’État.

Instalingo est une entreprise de médias numériques et de communication basée à Kalaa Kebira, dans le gouvernorat de Sousse. Son siège a été perquisitionné le 10 septembre 2021, suite à des allégations d’atteintes à la sûreté de l’État, de blanchiment d’argent et de diffamation en ligne.

Les autorités insistent sur le fait que les accusés sont jugés au pénal et nient toute ingérence politique dans la procédure judiciaire. Des figures de l’opposition affirment cependant que cette affaire s’inscrit dans une campagne plus vaste visant à discréditer les détracteurs des mesures exceptionnelles prises par le président Kaïs Saïed, depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021 : limogeage du gouvernement, dissolution du Parlement, instauration d’un régime par décret, adoption d’une nouvelle constitution par référendum et tenue d’élections législatives anticipées.

L’opposition qualifie ces mesures de coup d’État anticonstitutionnel et de tentative d’instaurer un pouvoir personnel, tandis que ses partisans estiment qu’elles mettent fin à une «décennie noire» (2011-2021) et corrigent le cours de la révolution tunisienne de 2011 qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali.

I. B.

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Le Tunisien Zoubeir Jlassi remporte le prix du film d’IA à Dubaï

Le réalisateur tunisien Zoubeir Jlassi a remporté le premier prix du AI Film Award à Dubaï avec son court-métrage ‘‘Lily’’, entièrement généré par intelligence artificielle. Le prix d’un montant de million de dollars a été remis lors du Billion Followers Summit, qui s’est tenu aux Émirats arabes unis du 9 au 11 janvier 2026.

‘‘Lily’’ a émergé du groupe final des cinq nominés ‘‘Portrait N° 72’’, ‘‘Cats Like Warmth’’, ‘‘Heal’’ et ‘‘The Translator’’.

Selon Arab News, ‘‘Lily’’ est un court-métrage en français d’une durée d’environ neuf minutes. Il raconte l’histoire d’une archiviste solitaire rongée par la culpabilité après un délit de fuite, un élément narratif lié à une poupée restée accrochée à la voiture. Le film, inspiré par la fille du réalisateur, a été créé à l’aide des outils d’intelligence artificielle générative de Google, notamment Gemini, Veo 3, Imagen et Flow.

Cette victoire, au-delà du parcours individuel, est perçue par de nombreux observateurs comme un signal du positionnement de la Tunisie dans les industries culturelles et numériques, un segment en pleine croissance où l’accès aux outils génératifs réduit les coûts et les barrières à l’entrée, mais relance également le débat sur la transparence, les critères éthiques et la définition de la paternité intellectuelle.

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Tunisie | Pétition pour la libération de la journaliste Chadha Haj Mbarek

Détenue depuis juillet 2023, la journaliste Chadha Haj Mbarek se bat aujourd’hui contre deux cancers. Pointant du doigt des soins inadaptés en prison, ses proches, sa famille et des activistes ont lancé une pétition pour appeler à sa libération.

Tout en déplorant une dégradation critique de la santé de Chadha Haj Mbarek et en alertant sur une urgence vitale, les signataires affirment que cette pétition demandant sa libération est d’abord lancée pour des raisons humanitaires.

« Détenue depuis le 20 juillet 2023, Chadha Haj Mbarek a été victime d’agressions en milieu carcéral et privée de soins médicaux adéquats pendant de longs mois, malgré des alertes répétées sur la dégradation de son état de santé. L’inaction persistante de l’administration pénitentiaire a conduit à des conséquences dramatiques », lit-on dans la pétition.

Les signataires dénoncent ainsi un diagnostic tardif d’un cancer malin à l’abdomen, puis la découverte d’un second cancer au niveau de la poitrine, en affirmant que l’état de santé de la journaliste est critique et que des interventions chirurgicales urgentes sont indispensables, sans qu’aucun calendrier médical clair ne soit fixé.

Et d’ajouter : « Le maintien en détention de Chadha Haj Mbarek dans ces conditions constitue une violation grave de ses droits fondamentaux, un traitement inhumain et dégradant, assimilable à une forme de torture par privation de soins, au regard du droit national et des conventions internationales ratifiées par la Tunisie ».

La même source, qui affirme que toute aggravation de l’état de santé de Chadha Haj Mbarek engage la responsabilité directe de l’État tunisien, exige ainsi la libération immédiate de la journaliste, son transfert hors du milieu carcéral et sa prise en charge médicale urgente, complète et indépendante.

« Le silence face à cette situation est une complicité. La vie de Chadha Haj Mbarek est en danger », alerte la même source.

Notons que Chadha Haj Mbarek devra, à nouveau, comparaître demain devant la Cour d’appel de Tunis dans le cadre de l’audience du 9 janvier et qui a été reportée pour mardi.

Y. N.

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Quand la fille de Marzouki s’invite dans le débat politique tunisien depuis l’étranger


L’intervention récente de Myriam Marzouki sur la chaîne européenne ARTE n’est pas passée inaperçue. Invitée de l’émission 28 minutes, la metteuse en scène franco-tunisienne a livré une lecture sévère de la situation politique et des libertés en Tunisie, à l’occasion d’un débat consacré à l’héritage de la révolution de 2011. Une prise de parole qui soulève des interrogations sur la frontière entre engagement artistique et ingérence politique.

Connue avant tout pour son travail théâtral, Myriam Marzouki s’exprimait officiellement en tant qu’artiste, venue présenter une création inspirée de l’histoire récente de la Tunisie. Toutefois, son discours a largement dépassé le cadre culturel. Elle a évoqué un rétrécissement des libertés publiques, affirmé que l’opposition politique était aujourd’hui muselée et dressé un tableau sombre du climat politique tunisien, devant un public européen. « On est revenu aux années Ben Ali », a-t-elle meme dénoncé.

Cette posture interroge d’autant plus que Myriam Marzouki n’est pas une intervenante neutre dans le débat tunisien. Elle est la fille de Moncef Marzouki, ancien président de la République et figure centrale de la transition post-2011, aujourd’hui opposant au pouvoir en place. Dès lors, sa prise de position sur une chaîne étrangère peut difficilement être dissociée de cet héritage politique, même si elle s’en défend implicitement.

Internationaliser un débat politique sensible ?

La question n’est pas tant celle du droit à la critique, légitime dans toute démocratie, que celle du lieu et du cadre de cette critique. S’exprimer sur un plateau européen, face à un public peu familier des complexités internes tunisiennes, contribue à internationaliser un débat politique sensible. Cela pose la question du regard porté de l’extérieur sur la Tunisie, souvent résumé à travers le prisme des libertés et des reculs démocratiques, au détriment d’analyses plus nuancées.

Certains observateurs estiment que ce type de discours participe à une forme de surplomb moral, où la Tunisie est constamment jugée depuis l’étranger, sans prise en compte suffisante de ses contraintes économiques, sociales et institutionnelles. D’autres y voient une continuité entre engagement artistique et militantisme politique, assumée mais rarement interrogée dans l’espace médiatique européen.

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Le site « Nawaat » suspendu un mois

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a réagi avec une profonde inquiétude à la suspension d’un mois du site « Nawaat », y voyant « un nouvel épisode dans la politique d’étouffement de la société civile et des médias indépendants ».

Dans un communiqué publié ce vendredi, le SNJT estime que « la décision de geler l’activité de l’association s’inscrit dans une stratégie délibérée de restriction de la liberté d’organisation ».

Il rappelle que « Nawaat » a subi plus d’un an de vérification financière approfondie et a fourni toutes les pièces justificatives demandées par les autorités, conformément à la loi 88 de 2011 régissant les associations.

La SNJT considère que « la suspension de « Nawaat » représente une tentative de faire taire l’un des principaux médias d’investigation indépendants en Tunisie, et un attentat direct contre le droit des journalistes à exercer librement ».

Le SNJT conclut en exprimant sa pleine solidarité avec les journalistes de « Nawaat », et annonce qu’il engagera toutes les actions légales et de terrain nécessaires pour défendre leur droit à travailler librement et protéger la pluralité médiatique.

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