Rached Bouaziz: « L’augmentation du cash, un mal nécessaire »
L’explosion des billets en circulation alarme-t-elle à juste titre, ou traduit-elle un dynamisme économique vital face au fiasco des chèques ? Rached Bouaziz, professeur à la FSEG Nabeul, nous livre son analyse sur son utilisation et son impact dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com
A propos du cash et de ceux qui s’alarment de son utilisation dans l’économie tunisienne, Rached Bouaziz estime que les 27 milliards de dinars de monnaie et billets de banque en circulation ne sont pas alarmants. Beaucoup de voix s’élèvent en effet face au niveau atteint par les billets et monnaies en circulation dans l’économie, et à son dépassement de la barre psychologique des 27 milliards de dinars. Mais la grande question est de savoir si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
A cette interrogation, il répond: « Pour moi au contraire, c’est une bonne chose et cela traduit le dynamisme de l’activité économique qui nécessite des moyens de paiements sûrs et jouissant de la confiance de l’ensemble des opérateurs économiques C’est un signe de bonne santé dans le contexte actuel de la réforme « catastrophique » de la loi sur l’utilisation du chèque.
Selon lui, « la monnaie a des effets pervers lorsqu’elle est en excès dans une économie et peut-être ainsi la principale cause de l’inflation. Mais, elle peut aussi avoir des effets encore plus graves lorsqu’elle est en quantité insuffisante, car elle ralentie l’activité économique et ne permet pas aux échanges de se réaliser. Elle cause des crises économiques et aggrave le niveau du chômage. »
Et de poursuivre: « La loi sur les chèques a privé l’économie tunisienne d’un moyen de paiement très performant car le chèque permettait les paiements immédiats et différés. La confiance dans ce moyen de paiement était basée sur la sévérité de la pénalité en cas de non-respect des termes de la transaction entre les opérateurs. »
Et de conclure: « Bien sûr l’utilisation du cash va faciliter les transactions occultes et aura aussi des répercussions négatives sur les déclarations fiscales et encouragera de la sorte le secteur informel. Il faut s’attendre dans les mois à venir à une augmentation supplémentaire des billets et monnaies en circulation dans l’économie tunisienne et, dans le cas contraire, s’attendre à un ralentissement de la croissance économique. »
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