La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis a décidé, ce lundi 26 janvier 2026, de reporter à une date ultérieure l’audience concernant le dossier déposé contre l’homme d’affaires Marouane Mabrouk.
Dans cette même affaire, liée à la levée par l’Union européenne du gel des fonds de l’homme d’affaires Marouane Mabrouk déposés dans les banques européennes, suite à un accord entre Bruxelles et Tunis, sont également cités l’ancien Premier ministre Youssef Chahed (en fuite), l’ancien directeur général d’Al Karama Holding, Adel Grar et l’homme d’affaires Mehdi Ben Gharbia (en détention), ainsi que d’anciens ministres, dont Mabrouk Korchid (en fuite).
Diwan FM a indiqué que le tribunal a rejeté la demande de liberté provisoire déposée par l’avocat de l’ancien PDG d’Al Karama Holding, demandée par ses avocats.
Les résultats d’une enquête de l’Observatoire de l’Automobile viennent d’être dévoilés dans le cadre des Victoires de l’Automobile, référence annuelle du secteur, organisées le 23 janvier 2026, à Tunis. L’enquête, réalisée par le cabinet spécialisé Emrhod Consulting, décrypte les évolutions, tendances et perspectives du marché automobile tunisien. Elle constitue un outil d’analyse stratégique destiné aux professionnels du secteur, aux décideurs publics et aux acteurs économiques de la filière automobile.
« Nous avons commandé cette enquête qui permet d’explorer en profondeur le marché de l’automobile, d’en interpréter les évolutions et d’en extraire des enseignements pertinents pour mieux appréhender les attentes des consommateurs », ont déclaré Hédi Hamdi et Sadri Skander, les organisateurs des Victoires de l’Automobile.
Reposant sur une méthodologie quantitative, l’enquête a été conduite auprès d’un échantillon représentatif de 3 000 personnes, couvrant l’ensemble des 24 gouvernorats, en zones urbaines et rurales. « Cette année, la méthodologie a évolué pour s’appuyer sur un échantillon très large de 3 000 répondants, utilisant la méthode du tirage aléatoire. Cette approche garantit une représentativité de l’ensemble de la population tunisienne avec une marge d’erreur estimée à environ 2 % », précise Nébil Belaam, président d’Emrhod Consulting.
L’enquête a été effectuée durant la première quinzaine de janvier 2026, à travers des entretiens administrés selon la méthode Cati et des dispositifs de prospection structurés.
L’Observatoire dresse un état des lieux des comportements et intentions d’achat des automobilistes tunisiens, en abordant notamment l’intention d’acquisition de véhicules neufs et d’occasion, les critères déterminants du choix automobile, les préférences en matière de motorisation (thermique, hybride, électrique), les freins et leviers liés à l’adoption des véhicules électriques, la perception de la fiscalité et des mesures d’incitation, et la fidélité aux marques et l’importance du pays d’origine.
Enseignements clés pour le marché
Les résultats révèlent un marché encore largement dominé par les véhicules thermiques, tout en mettant en évidence une prise de conscience croissante autour des enjeux liés à l’électromobilité, conditionnée par le développement des infrastructures, le coût d’acquisition et les incitations publiques.
L’étude met également en lumière le poids du prix d’achat, du coût d’entretien et de la fiabilité dans la décision des consommateurs. Comme le souligne Nébil Belaam : « L’enquête met en lumière que le critère financier demeure le facteur déterminant et prioritaire dans le processus d’achat des Tunisiens lorsqu’ils choisissent leur véhicule. »
Un marché attentiste mais actif
L’enquête révèle que 55 % des répondants affichent une faible intention d’achat de véhicule dans les 12 prochains mois, contre 32 % une intention modérée et 13 % une intention forte.
Cette prudence traduit un contexte économique contraint, mais l’existence d’un socle de 45 % de consommateurs potentiellement acheteurs confirme la persistance d’une demande latente.
Par ailleurs, l’arbitrage entre véhicules neufs (52 %) et d’occasion (48 %) souligne un marché relativement équilibré, fortement influencé par le pouvoir d’achat.
Le prix et le coût d’usage en tête
Le prix d’achat demeure le critère dominant (44,7%), suivi par la consommation de carburant (29,5 %) et le design (19,9 %).
Le coût d’entretien constitue également un facteur structurant, pris en compte par 82 % des répondants, un taux qui atteint près de 88 % chez certaines catégories budgétaires.
Ces résultats confirment que la décision d’achat repose avant tout sur une logique de coût global de possession, plus que sur l’innovation technologique seule.
La nette domination du thermique
Les préférences en matière de motorisation restent largement en faveur du véhicule thermique, envisagé par 86,6 % des personnes interrogées.
Les véhicules électriques (2,6 %) et hybrides (environ 7 % cumulés) demeurent marginaux, confirmant que la transition énergétique du parc automobile tunisien reste à un stade précoce, malgré une sensibilité croissante aux enjeux environnementaux.
Intérêt pour l’électrique freiné
Parmi les principaux freins à l’adoption du véhicule électrique figurent le coût d’achat jugé trop élevé (26,2 %), le manque de confiance dans la technologie (23,5 %), l’autonomie des batteries (20 %), et le déficit d’infrastructures de recharge (19,6 %).
Toutefois, 83 % des répondants estiment que le marché des véhicules électriques devrait être davantage développé, révélant un décalage entre l’intérêt théorique et la capacité réelle d’adoption.
« Bien que des obstacles majeurs freinent l’achat d’un véhicule électrique avec principalement un coût d’acquisition jugé trop élevé, un manque de confiance dans la technologie et une autonomie encore insuffisante, les perspectives d’avenir sont surprenantes : 39 % des interrogés sont convaincus que la voiture électrique remplacera complètement le véhicule thermique d’ici les 5 prochaines années, tandis que 25 % prévoient plutôt un équilibre durable entre le thermique et l’électrique », explique Nébil Belaam.
Levier de la fiscalité et des incitations
Seuls 46 % des automobilistes déclarent avoir connaissance de la baisse de la fiscalité sur les véhicules hybrides rechargeables, mais parmi eux, 65 % considèrent cette mesure comme incitative.
Ce constat met en évidence un déficit de communication et de lisibilité des dispositifs publics, alors même que les incitations fiscales constituent un levier décisif pour accélérer la transition.
« Concernant la baisse de la fiscalité sur les voitures hybrides rechargeables introduite par la Loi de finances, le constat est sans appel : seuls 46 % des Tunisiens sont informés de cette mesure, contre 54 % qui l’ignorent totalement. Ces chiffres soulignent la nécessité d’une plus grande vulgarisation de cette disposition légale pour encourager la transition énergétique », commente le président d’Emrhod Consulting.
Repères des marques et pays d’origine
La fidélité à la marque reste élevée, avec 59 % de répondants se déclarant fidèles, principalement pour des raisons de fiabilité (59 %) et de service après-vente (37 %).
Par ailleurs, près de deux tiers des consommateurs estiment que le pays d’origine de la marque joue un rôle important dans leur décision d’achat, confirmant le poids de la réputation et de la confiance dans un marché perçu comme engageant financièrement.
La croissance économique tunisienne en 2026-2027, en termes de croissance réelle du PIB, selon les prévisions de la Banque Mondiale (BM), dans ses «Perspectives économiques mondiales» publiées début janvier 2026, est, à de rares exceptions près, la plus basse d’Afrique et de la région Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena).
Alors que la croissance mondiale devrait ralentir cette année à 2,6 % et que les pays des régions Mena et Afrique subsaharienne devraient connaître une croissance plus soutenue et grimper à 3,6 % en 2026 puis 3,9 % en 2027, la croissance du PIB réel tunisien devrait fléchir, en 2026, à 2,5% après 2,6% attendu pour 2025. Ce ralentissement devrait même se poursuivre pour se situer à 2,2% en 2027. Et ce, en raison de la persistance du chômage, du manque d’opportunités économiques, de l’insuffisance des services publics, de la stagnation économique qui perdure depuis bientôt deux décennies, ainsi que de l’endettement et de l’inflation…
«En Afrique subsaharienne, seulement quatre pays sur 47, feraient moins bien que la Tunisie : Afrique du Sud, Botswana, Lesotho et la Guinée Équatoriale », constate l’économiste Hachemi Alaya dans son bulletin hebdomadaire ‘‘Ecoweek’’ (n° 04-26 du 25 janvier 2026), qui parle d’un modèle économique et social tunisien « en mode crash ».
« Les cinq menaces identifiées par le Global Risks Report 2026, qui pèsent sur la Tunisie témoignent de l’incapacité structurelle du modèle économique et social tunisien à générer une croissance durable, créatrice d’emplois. L’aggravation inédite de la dépendance énergétique de la Tunisie interpelle les choix stratégiques du pays en matière de transport et menace l’avenir industriel du pays. La Tunisie n’a jamais été aussi dépendante d’une Chine qui de facto, répugne à l’inscrire dans sa mappemonde. La Tunisie ne cesse d’accumuler les retards dans les technologies à fort potentiel de croissance. Enfin et non des moindres, l’État-social n’a guère réussi à améliorer le ‘‘progrès social’’ du Tunisien si l’on en croit le rapport Social Progress Index 2026 publié cette semaine », écrit le célèbre économiste.
Alors que l’opinion publique tunisienne s’émeut à juste titre de l’érosion subie par la colline de Sidi Bou Saïd en fustigeant les abus et le non-respect des normes d’aménagement et de prévention de l’érosion risquant de compromettre sérieusement un joyau architectural et touristique, la question pourrait être, dans une certaine proportion, extrapolée vers le constat de non-succès, pour ne pas dire les choses plus crûment, de l’Afrique du nord, zone géopolitique dont le bilan sur tous les plans sociaux, économiques, démocratiques, sécuritaires et diplomatiques peut à juste titre être considéré comme une sous-performance et une série d’opportunités perdues, pour le moins que l’on puisse dire.(Ph. Migrants illégaux nord-africains à Lampedusa, Italie).
Elyes Kasri *
De nombreux pays semblent pétrifiés par la nécessité de plus en plus pressante de changement de paradigme socio-économique et de mode de gouvernance en se cachant derrière ou en prenant pour alibi les risques d’instabilité que causerait la perturbation des lignes rouges qui ne sont en fait que des situations de rente calcifiées à force d’intérêts corporatistes ou parasitaires finissant par occulter l’intérêt collectif jusqu’à l’hypothéquer et entraîner tout le système dans une spirale d’inadéquation, de perte de compétitivité avec de sérieux risques de faillite et d’explosion, malgré le potentiel humain, naturel et de positionnement géographique.
Réservoir de migrants face à une forteresse assiégée
L’Afrique du nord semble particulièrement vulnérable et volatile peut être en raison d’une configuration territoriale et politique post-coloniale mal assumée et qui, après plus d’un demi-siècle, a démontré son inaptitude à honorer les promesses et attentes de stabilité, d’autodétermination et de liberté des peuples avec les prérequis de démocratie et de bien-être, faisant de cette région un réservoir de migrants de tout genre de l’économique, au politique et l’humanitaire, forçant ainsi l’Europe à s’ériger en forteresse assiégée par une vague migratoire et la hantise d’un raz-de-marée transformé en leitmotiv par une extrême droite en croissance rapide, exploitant avec succès les inadéquations, rigidités et contradictions de son flanc sud en les présentant comme atteignant des seuils alarmants frisant la perte de contrôle et l’explosion socio-sécuritaire avec les retombées migratoires et identitaires assimilées à un grand remplacement.
Remettre en question les tabous post-coloniaux
Outre des choix économiques et politiques susceptibles d’être considérés à l’origine de cet état des lieux insatisfaisant pour certains et alarmant pour d’autres, il serait judicieux de s’interroger sur les causes profondes qui pourraient émaner d’un tracé colonial des frontières mal assumé ou carrément inassumable et dont les enseignements gagneraient à être tirés d’abord dans la perception des menaces et des obstacles à la stabilité, au développement et à la démocratie, loin des hauts le cœur et des cris effarouchés des tenants du statu quo à tout prix et de la sacralité des frontières héritées de la colonisation, préférant ainsi le confort de l’échec patent sur tous les plans à la nécessité historique d’un bilan serein d’un demi-siècle de déceptions, de soubresauts et d’échecs.
Tant que l’Afrique du nord n’aura pas eu le courage de remettre en question les lignes rouges et tabous post-coloniaux à tous les niveaux y compris territoriaux et frontaliers, la perspective de la perpétuation des échecs et des menaces du demi-siècle écoulé risque d’être exacerbée à la faveur des mutations géostratégiques et des bouleversements qui se profilent à l’horizon et qui semblent destinées à fracasser le statu quo et forcer le changement qui ne laissera aux peuples que l’option de le subir à leurs dépens faute de l’avoir anticipé et assumé.
Les États-Unis ont toujours été fidèles à leur réputation d’opportunistes qui utilisent leurs alliés puis les jettent comme un mouchoir. Les Kurdes de Syrie et spécifiquement les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigés par Mazloum Abdi n’ont pas dérogé à ce traitement humiliant après avoir été les partenaires les plus solides et les plus fiables de Washington dans le Levant pendant plus d’une décennie.
Imed Bahri
On sent que le cœur du président américain Donald Trump bat pour le président syrien Ahmed Al-Charaa sur lequel il est dithyrambique depuis leur première rencontre à Riyad en mai 2025 et lors de laquelle il l’avait notamment qualifié de jeune homme séduisant et de dur à cuire, et depuis l’étoile des Kurdes a commencé à pâlir.
L’envoyé spécial américain pour la Syrie Tom Barrack a déclaré que la meilleure chance des Kurdes en Syrie résidait désormais dans le nouveau gouvernement dirigé par le président Al-Charaa et que la mission des FDS à savoir combattre l’Etat islamique (EI, Daech) n’était plus d’actualité sur le terrain. Un sentiment de trahison et d’aigreur a saisi les Kurdes qui se sentent désormais en danger comme le sont les Alaouites et les Druzes.
Dans l’enquête du Financial Times intitulée «Les Kurdes syriens sur la défensive alors que les États-Unis tournent le dos à leurs anciens alliés», Raya Jalabi rapporte qu’à l’automne 2014, la ville de Kobané, majoritairement kurde, dans le nord de la Syrie, était sur le point de tomber aux mains des combattants de l’État islamique, numériquement et matériellement supérieurs. Les combattants kurdes luttaient pour la défendre lorsque des avions de combat américains ont commencé à leur larguer des munitions.
Une autonomie kurde éphémère
Ce pont aérien a changé le cours de la bataille et a contribué à forger un partenariat avec Washington qui allait façonner le destin des Kurdes du nord-est de la Syrie pour les années à venir. Ces combattants ont donné naissance aux Forces démocratiques syriennes (FDS) qui, grâce à l’armement et à l’entraînement fournis par les États-Unis, ont contribué à la défaite de l’État islamique. Les Kurdes ont ensuite profité de cette victoire pour prendre le contrôle incontesté d’un tiers du territoire syrien.
Toutefois, cette expérience d’autonomie kurde, qui dure depuis dix ans, semble toucher à sa fin cette semaine suite à une offensive rapide de Damas au cours de laquelle les forces gouvernementales ont repris le contrôle de territoires qui étaient sous le contrôle des FDS depuis des années et l’alliance avec Washington a été effectivement rompue.
Selon l’enquête, la position de Washington, fortement appuyée par la Turquie, constitue un soutien sans équivoque au redécoupage radical de la carte du pays opéré par Al-Charaa un peu plus d’un an après la chute du régime de Bachar Al-Assad.
Un tournant dans la transition syrienne
Le journal britannique soutient que cette initiative, un pari risqué qui semble avoir porté ses fruits pour Al-Charaa, représente un tournant dans la transition syrienne. Le président syrien s’est efforcé d’unifier le pays fracturé après 14 années d’une guerre civile sanglante et l’offensive gouvernementale a permis à ses forces de prendre le contrôle de la région riche en pétrole et de consolider leur emprise sur une grande partie du pays.
Toutefois, FT souligne que, pour les Kurdes et leurs soutiens, il s’agit d’une trahison qu’ils redoutaient déjà après le retour de Trump à la Maison-Blanche l’année dernière.
Comme d’autres minorités en Syrie, les Kurdes se méfient du régime d’Al-Charaa et de ses forces indisciplinées et confondent souvent son mouvement avec les combattants de Daech qu’ils ont combattus par le passé.
Le journal cite le responsable politique kurde Hassan Mohammed Ali: « La déclaration de Barrack est on ne peut plus claire. La communauté kurde se sent trahie. Nous avons combattu Daech et perdu plus de 10 000 vies et voilà que ce même Daech est de retour avec les mêmes forces de la coalition. Nous avons le sentiment d’avoir été sacrifiés au profit d’autres ».
Le FT indique que Trump, après s’être entretenu avec Al-Charaa mardi dernier, a déclaré que « bien qu’il apprécie les Kurdes, ces derniers ont reçu d’énormes sommes d’argent, du pétrole et d’autres ressources et agissaient donc davantage pour leur propre intérêt que pour le nôtre mais nous entretenons de bonnes relations avec les Kurdes et nous nous efforçons de les protéger ».
Les FDS ont émergé du chaos de la guerre civile syrienne, qui a débuté en 2011, grâce à leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), d’inspiration marxiste-léniniste. Ses combattants étaient perçus comme l’antithèse des combattants loyalistes de l’EI, ce qui en faisait des alliés pragmatiques de Washington, qui les a soutenus en tant que forces terrestres pour la campagne aérienne menée par les États-Unis. Ce partenariat a provoqué la colère d’Ankara car le PKK menait une insurrection contre l’État turc depuis des décennies.
Les FDS ont atteint un effectif de 60 000 hommes et femmes, dont plus de la moitié étaient des combattants arabes et non kurdes, selon des sources officielles. Si leurs efforts contre l’État islamique ont été largement salués, leur gouvernance interne, notamment leur vaste administration civile, a suscité des critiques de la part de certains Arabes syriens en raison de leurs méthodes de plus en plus autoritaires, en particulier dans les zones majoritairement arabes qu’elles contrôlaient. De nombreux rebelles anti-Assad les considéraient également avec méfiance car elles privilégiaient le contrôle territorial à l’opposition au dictateur.
Lorsque Al-Charaa a pris le pouvoir en décembre 2024, le compte à rebours a commencé, le nouveau président ayant clairement indiqué qu’il ne tolérerait pas un État fracturé.
Les États-Unis ont rapidement soutenu Al-Charaa aux côtés de puissants alliés comme la Turquie et l’Arabie saoudite et ont cherché à réconcilier les deux camps. En mars de l’année dernière, Washington a négocié un accord entre Al-Charaa et le commandant des FDS, Mazloum Abdi, visant à intégrer celles-ci et leurs organes affiliés à l’État syrien. Les modalités pratiques devaient être finalisées avant la fin de 2025. Cependant, ces négociations ont piétiné, chaque partie s’accusant mutuellement de mauvaise foi et de refus de compromis.
Dans les semaines précédant l’offensive, Al-Charaa a proposé un accord aux responsables kurdes, à condition qu’ils l’acceptent immédiatement, selon des responsables syriens et kurdes ainsi que des personnes proches des pourparlers. Cet accord stipulait que les FDS pourraient intégrer trois divisions et deux bataillons à l’Armée nationale syrienne et leur commandant Abdi deviendrait vice-ministre de la Défense.
L’envoyé américain Barrack et d’autres ont exhorté les FDS à accepter l’accord, selon un haut responsable syrien et d’autres personnes au fait des négociations.
Selon le FT, les FDS ont tenté de renégocier en exigeant des conditions qui, selon un responsable syrien, rendraient l’intégration pratiquement impossible, une affirmation corroborée par plusieurs autres.
Les responsables kurdes ont pour le part estimé qu’ils attendaient simplement des garanties de sécurité, compte tenu des massacres sectaires perpétrés par les forces gouvernementales et leurs alliés ailleurs en Syrie.
L’échéance a expiré, les FDS rejetant ce qu’elles savaient être la dernière offre de Damas et les deux parties sont restées dans l’impasse quant à l’acceptation par les Kurdes du déploiement des forces gouvernementales syriennes dans le nord-est du pays.
Quelques jours plus tard, le 6 janvier, les forces gouvernementales ont pénétré dans les quartiers kurdes d’Alep, la deuxième ville de Syrie, lors d’une opération planifiée qui, grâce à la médiation américaine, a permis aux Kurdes de se retirer de la ville en deux jours.
De là, les forces gouvernementales ont rapidement conquis les provinces de Raqqa et de Deir ez-Zor, tombées après la défection de combattants tribaux arabes des FDS.
Eviter de nouveaux combats
Selon le journal britannique, Al-Charaa et Abdi ont conclu un accord en 14 points et un cessez-le-feu dimanche 17 janvier au soir. Comme prévu, Damas a imposé un accord plus contraignant : le personnel kurde sera désormais intégré individuellement et non plus en unités collectives, un coup dur pour les FDS qui espéraient conserver leur influence. La proposition de nommer Abdi vice-ministre a été également retirée.
Le FT indique qu’après la perte du soutien de Washington à l’autonomie kurde, l’identité de ceux qui soutiendront désormais les objectifs kurdes, reste incertaine. Des sources proches des négociations ont indiqué que l’intransigeance des Kurdes sur des points clés leur a coûté des alliés essentiels ces derniers jours, tout comme leur décision d’abandonner leurs postes de garde dans certaines prisons et camps de détention abritant des membres de l’EI. La version des responsables kurdes fait état que ce retrait fait suite à des attaques menées depuis Damas.
L’armée américaine a commencé à transférer des prisonniers en Irak par crainte d’une reprise des combats, signe qu’elle craint que le cessez-le-feu ne tienne pas.
« Ils ont maintenant prouvé que nous ne pouvons pas leur faire confiance pour gérer les prisons. Leur volonté de les abandonner et de risquer de libérer des prisonniers endurcis de l’EI a suscité l’indignation générale », a déclaré un diplomate occidental.
Certains combattants kurdes se sont repliés sur leurs positions initiales, se cachant dans la ville lourdement fortifiée de Kobané. Ils affirment se préparer à combattre les forces gouvernementales qu’ils accusent de commettre des atrocités dans un climat de désinformation généralisée.
Les FDS et les habitants de Kobané affirment que la ville est déjà assiégée et accusent le gouvernement d’avoir coupé l’électricité et l’eau.
Dareen Khalifa, conseillère principale à l’International Crisis Group a déclaré : « Tout au long de cette année, les Forces démocratiques syriennes ont mal interprété les signaux et commis des erreurs d’appréciation, ne prenant pas pleinement en compte les conséquences du fait que les États-Unis ne s’appuient pas exclusivement sur elles comme principal partenaire dans la lutte contre le terrorisme ».
Elle estime que malgré le faible niveau de confiance, les deux parties doivent reprendre rapidement les négociations et finaliser l’accord afin d’éviter de nouveaux combats.
La formation professionnelle en Tunisie se trouve aujourd’hui à un moment charnière. Face à un marché du travail en pleine mutation et des besoins économiques croissants, il est crucial de repenser son modèle, son financement et sa gouvernance. Le chômage des jeunes, la digitalisation des métiers et les nouveaux besoins des entreprises exigent un système agile et performant, capable de préparer les compétences de demain.
Ferid Herelli & Taoufik Halila *
La formation professionnelle en Tunisie, se base actuellement sur un réseau d’établissements publics (Epna), supervisé par l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (ATFP) qui est chargée de mettre en œuvre la politique nationale en matière de formation professionnelle, en coordination avec les différents acteurs du secteur. Elle suit et contrôle la gestion de l’ensemble des centres de formation répartis sur l’ensemble des régions dans différentes spécialités.
La mission du Centre national de formation continue et de promotion professionnelle (CNFCPP) consiste à jouer un rôle moteur d’assistance et d’accompagnement dans le diagnostic des besoins en formation ; élaborer les différents plans de formation, et les évaluer ; gérer le dispositif de financement des activités de la formation continue programmée par les entreprises; soutenir le secteur de la consultance et des études dans le domaine de la formation continue et dispenser des cycles de formation diplômante au profit des travailleurs favorisant la promotion professionnelle.
Le Centre national de formation de formateurs et d’ingénierie de formation (Cenafif) est chargé, quant à lui, d’arrêter les méthodologies relatives aux différents domaines de l’ingénierie de la formation et ce en tenant en compte l’évolution technologique dans chaque secteur d’activité économique et assister les établissements de formation dans leurs implantations ; d’élaborer et actualiser les programmes de formation professionnelle et aider à leurs exploitations dans les établissements concernés ; de promouvoir la recherche appliquée à l’ingénierie et à l’innovation et mettre en œuvre les outils et moyens pédagogiques et didactiques nécessaires à leurs implémentations dans les programmes de formation ; et d’élaborer les plans de formation technique, pédagogique et fonctionnelle visant la qualification et le recyclage des personnels de formation relevant des secteurs public et privé, les mettre en œuvre et en évaluer les résultats.
Il y a lieu de mentionner aussi que la loi d’orientation de 1993 a structuré le système en distinguant formation initiale et continue, et encadrant l’offre privée avec une harmonisation des diplômes délivrés. Toutefois, il demeure, à ce jour, quelques lourdeurs procédurales, bureaucratiques qui entravent la bonne marche de la globalité du système.
Formation initiale et continue
La formation initiale délivre trois principaux diplômes : le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP), le Brevet de technicien professionnel (BTP) et le Brevet de technicien supérieur (BTS). Ces parcours visent à préparer les jeunes à un métier précis et à faciliter leurs insertions dans le marché du travail.
Financée par la faxe de formation professionnelle (TFP) et le Programme national de formation continue (Pronafoc), la formation continue met l’accent sur la mise à jour de développement des compétences, notamment dans les métiers en évolution rapide.
Par ailleurs, des formations non diplômantes sont également proposées par des organismes ou grandes entreprises publics et privés, qui disposent de centres de formation intégrés tels que la STEG, la SNCFT, Tunisair, la Stir, la CTFA (assurances), etc.
Comparaison au niveau international
Contrairement à la Tunisie, où l’État finance majoritairement la formation, des pays comme l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche reposent sur un modèle dual où les entreprises sont pleinement impliquées dans le système de formation tutoriel, ou les stagiaires suivent un régime pratique de près de 60% de présence dans les entreprises et ce selon chaque spécialité. En effet, 80 % du financement provient du secteur privé, et les apprentis alternent école et entreprise, garantissant l’adéquation des compétences aux besoins économiques avec un solide partenariat entre entreprises, syndicats et institutions de formation.
Dans ce contexte, il y a lieu de mentionner le fruit du partenariat réussi avec la Chambre de commerce tuniso-allemande (AHK), qui vient de fêter 10 ans d’existence, une unité spécialisée dans l’insertion professionnelle à travers le modèle Corp. et de saluer, d’autre part, l’expérience réussie de la coopération entre la Suisse (à travers l’organisme Swisscontact) et la Tunisie (à travers la Chambre nationale des intégrateurs des réseaux des télécommunications (Cnirt) relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) dans l’élaboration et l’exécution de programmes de formation des techniciens spécialisés dans la technologie de déploiement de la fibre optique répondant aux normes nationales et internationales
Défis et opportunités
Le système actuel tunisien doit relever plusieurs défis/. Il doit, d’abord, renforcer le partenariat avec le secteur privé, en introduisant des incitations fiscales et financières. Il doit, ensuite, favoriser un rapprochement avec les Centres techniques sectoriels à travers des conventions de partenariat avec le secteur privé pour exploiter rationnellement les infrastructures technologiques et donner une nouvelle impulsion au développement des compétences au sein des PME-PMI. Il doit, également, moderniser les infrastructures et les contenus de la formation pour intégrer les métiers émergents (technologies numériques, cyber sécurité, énergies renouvelables, intelligence artificielle…)
Il doit, par ailleurs, développer la formation dans les secteurs à forte croissance et à fort potentiel d’emploi, tels que (composants automobiles, aéronautiques, industrie pharmaceutique, mécatronique, etc.), et assurer une gouvernance transparente, participative et orientée vers des résultats mesurables à travers des Key performance indicators (KPI).
Ces défis représentent des opportunités pour faire de la formation professionnelle un véritable moteur de croissance économique, en préparant des jeunes compétents et bien préparés afin de satisfaire les besoins des entreprises.
Quelques recommandations
Dans cette optique, quelques recommandations doivent être faites, notamment : 1- l’adaptation rapide aux nouveaux métiers, en révisant constamment les programmes pour qu’ils répondent aux exigences des secteurs émergents comme l’IA, les nouvelles technologies et la transition écologique ; 2- le renforcement de la formation tout au long de la vie par l’apprentissage continu, nécessitant des formations de courts durées, agiles et accessibles, aussi bien en présentiel qu’à distance ; 3- la personnalisation des parcours en offrant des formations sur mesure, s’intégrant dans le quotidien, pour fidéliser les jeunes ; 4- l’amélioration de l’insertion professionnelle en assurant une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi, notamment pour réduire l’instabilité professionnelle des jeunes ; 5- le développement des compétences (soft skills) en faisant de l’adaptabilité, la collaboration et l’intelligence émotionnelle des éléments cruciaux au-delà des techniques proprement dites ; 5- la levée des barrières financières en garantissant l’accès de tous à ces formations, souvent coûteuses, pour éviter l’exclusion.
Il s’agit, également, de 1- co-construire les programmes avec les acteurs économiques et les chambres professionnelles pour aligner compétences et besoins du marché ; 2- promouvoir la labellisation et la certification pour introduire une certification tierce partie à travers une mise à niveau systématique avec les labels internationaux. (ISO 9001-21000) etc. ;3- rééquilibrer le financement de la formation professionnelle en augmentant la contribution des entreprises tout en encourageant un soutien public plus vulnérable notamment au niveau de l’infrastructure technologique ; 4- valoriser la formation des formateurs et accorder des motivations substantielles pour le suivi des nouveautés technologiques, notamment auprès des jeunes et des startups, en mettant en avant les perspectives d’emploi et les évolutions de carrière ; 5- renforcer la culture de l’innovationet l’adoption de nouvelles technologies en sensibilisant les jeunes écoliers pour s’intéresser aux nouveaux métiers.
La Tunisie dispose de l’opportunité de transformer son système de formation professionnelle en un levier stratégique pour l’emploi, la compétitivité et l’avenir de sa jeunesse. En s’inspirant des modèles performants de l’Europe centrale, en modernisant les infrastructures, les contenus et la gouvernance, et en engageant activement les entreprises, le pays peut bâtir une formation professionnelle agile et pertinente pour 2030.
Cette réforme permettra non seulement de réduire le chômage, mais aussi de renforcer la compétitivité économique, de garantir un avenir prometteur à la jeune génération tunisienne et de créer une nouvelle richesse pour le pays.
* Conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).
A en croire certains habitants de Sidi Bou Saïd, et notamment ceux qui y exploitent des commerces touristiques, le célèbre village arabo-andalous a certes été affecté par les récentes intempéries ayant provoqué des glissements de terrain et menacé d’effondrement certains bâtiments, mais la vie s’y poursuit normalement et il n’y a rien à craindre à s’y rendre et à déambuler dans ses ruelles rutilantes et bariolées.
Latif Belhedi
Le secrétaire général de la municipalité de Sidi Bou Saïd a été le premier à réagir pour atténuer l’effet négatif de certaines vidéos et images catastrophistes diffusées sur les réseaux sociaux sur les glissements de terrain survenus sous l’effet des forts écoulements enregistrés cette semaine.
Huit propriétés seulement, identifiées et inspectées par les services de la protection civile, ont fait l’objet d’une évacuation temporaire suite aux recommandations de la Commission régionale de prévention des catastrophes, a-t-il expliqué, dans un communiqué publié samedi 24 janvier 2026.
Le danger du déni
Il a aussi annoncé des mesures prises pour préserver le plateau de Sidi Bou Saïd, notamment l’interdiction de l’accès des bus et camions lourds à l’abri Sidi Azizi à partir de ce dimanche 25 janvier, l’évacuation des habitations dangereuses et la sensibilisation des habitants des propriétés voisines à la prudence, avec obligation de signaler tout signe de fissure à la municipalité.
Cependant, pour les commerçants du village, qui vivent du tourisme, Sidi Bou Saïd n’est pas en danger. Le village est sûr et aucun glissement de terrain ni dommage majeur n’y a été enregistré, affirment-ils, en avertissant contre les images et vidéos « exagérées » (sic !) qui sont diffusées sur les réseaux sociaux, et qui «nuisent au tourisme, source essentielle de revenus pour les habitants».
Alors que la météo annonce de nouvelles intempéries au cours des prochains jours, ces commerçants plaident pour la poursuite des visites du village normalement.
On sait cependant qu’après les dégâts enregistrés ces derniers jours, et pas seulement à Sidi Bou Saïd, les habitants du village ne pourront plus minimiser les dangers d’une surexploitation du site fragile sur lequel il a été construit.
Des sacrifices collectifs
Dans un poste Facebook Aïcha Gorgi, habitant Sidi Bou Saïd où elle dirige une galerie d’art, interpelle ses voisins et tire la sonnette d’alarme : « Continuer à faire l’autruche est une faute grave. Cette attitude nous mènera à des catastrophes annoncées. Protéger notre village exige des décisions difficiles et des sacrifices collectifs. Mais ne rien faire coûtera infiniment plus cher. »
Evoquant les études sérieuses réalisées par des bureaux spécialisés, qui ont fait des diagnostics et proposé des solutions aux menaces auxquelles fait face Sidi Bou Saïd depuis deux ou trois décennies, la galeriste demande à ses voisins de cesser de minimiser ces menaces en parlant d’«un simple arbre tombé sur un mur».
Parce qu’elle ne veut pas avoir un jour à « pleurer » son village, elle lance à tous les riverains : « Parler de tourisme aujourd’hui sans parler de sécurité, d’environnement et de durabilité est une illusion. S’il y a effondrement, il n’y aura plus de tourisme », avertit-elle. Et d’ajouter : « Partout dans le monde, les villages protégés, pensés pour les piétons, respectueux de leur environnement, sont ceux qui attirent. Le touriste d’aujourd’hui est conscient, exigeant, attentif. Un village écoresponsable n’est pas un luxe : c’est une nécessité. »
En plus de ses problèmes de santé en lien avec sa pathologie cardiaque, Me Ahmed Souab fait face, à l’intérieur de sa cellule de la prison de Mornaguia, aux problèmes que rencontrent les siens et notamment son épouse pour gérer ses besoins élémentaires de prisonnier et ceux de sa famille, hors des murs de la prison.
Sans entrer dans les détails des graves accusations portées contre l’ancien juge administratif et qui ont pour origine des déclarations médiatiques qu’il avait faites, en sa qualité d’avocat, sur l’affaire dite du complot contre l’Etat où sont poursuivis certains de ses clients, il est tout de même étonnant que les autorités n’aient pas daigné autoriser son épouse à disposer d’une partie de sa pension de retraite pour subvenir à ses propres besoins, ainsi qu’à ceux de son époux en prison et de sa fille, étudiante en Turquie.
C’est ce que vient de nous apprendre Mongi Souab, le frère cadet d’Ahmed, qui ajoute que Mme Souab sollicite cette autorisation depuis des mois et essuie encore un refus. Inexplicablement, car il s’agit d’un droit reconnu par la loi.
Mme Souab sollicite aussi une procuration pour pouvoir vendre la voiture de son époux, comme il le lui a lui-même demandé, afin de réunir un peu d’argent pour subvenir aux besoins de la famille. Et elle n’arrive pas, non plus, à avoir cette procuration, qui est également un droit.
Rappelons qu’Ahmed Souab, qui aura bientôt 70 ans, prend quotidiennement une dizaine de médicaments et qu’il a eu récemment des ennuis de santé, notamment un saignement inexplicable du nez. Il garde malgré tout le moral et aimerait voir fixée bientôt la date de son procès en appel, dans l’espoir de se voir blanchi de l’accusation de « terrorisme » (sic !) portée contre lui et que tous ceux qui le connaissent ont du mal à expliquer et encore moins à admettre.
Le port de pêche de Jarzouna (Bizerte) a vu, samedi 24 janvier 2026, l’inauguration de trois bateaux de pêche modernes, fabriquées localement à partir d’acier de haute qualité et qui prouvent le niveau de développement de l’industrie de la construction navale en Tunisie et sa compétitivité sur les marchés internationaux.
Ces nouveaux bateaux ont entre 21 et 30 mètres de longueur et 7,5 mètres de largeur, tandis que leur capacité de chargement totale atteint entre 80 et 90 tonnes, ce qui leur permet de renforcer la flotte nationale de pêche et de s’orienter vers l’exportation.
Le directeur général des industries manufacturières au ministère de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, Fathi Sahlaoui, a souligné l’expertise tunisienne en matière de fabrication et d’exportation de navires de cette taille, ainsi que la volonté du gouvernement de développer la compétitivité dans ce secteur.
Sahlaoui a déclaré à Diwan FM que le secteur de la construction navale en Tunisie est devenu un pilier économique important, comprenant 50 établissements industriels spécialisés, en plus de 500 ateliers traditionnels, et fournissant plus de 20 000 emplois, dont 12 700 directs dans la conception, la fabrication, la réparation, l’entretien et la logistique.
Le responsable du ministère de l’Industrie a révélé que la production nationale annuelle s’élève actuellement à environ 2 000 navires, pour des exportations évaluées à 500 millions d’euros, soulignant l’ambition de l’État de créer 5 000 emplois supplémentaires et de doubler les exportations dans la période à venir en soutenant les petites et moyennes entreprises du secteur.
Le Conseil central de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap) a appelé les autorités compétentes à intervenir d’urgence et efficacement pour remédier aux dégâts causés par les fortes pluies récentes, exigeant une indemnisation juste et rapide pour les agriculteurs et les pêcheurs ayant subi des pertes importantes ayant directement affecté leurs moyens de subsistance.
Lors de sa huitième réunion ordinaire, tenue samedi 24 janvier 2025 dans la ville de Kairouan et présidée par Moez Ben Zaghdane (au centre de la photo), le conseil a souligné la nécessité de prendre des mesures préventives et proactives pour protéger les vies et les biens, et pour renforcer la résilience des producteurs face aux fortes fluctuations climatiques.
En signe de solidarité, les membres du conseil ont présenté leurs condoléances aux familles des pêcheurs qui se sont noyés lors des récents événements, affirmant le soutien de l’organisation aux familles des victimes et à toutes les personnes touchées.
Au niveau sectoriel, le syndicat a mis en garde contre les graves répercussions négatives de la pénurie importante de nitrate d’ammonium sur les principales cultures, exprimant sa profonde inquiétude quant à la perturbation de l’approvisionnement en cette substance vitale, qui menace la qualité des récoltes et la productivité globale du secteur des grandes cultures.
Le conseil a, également, attiré l’attention sur la situation «critique» du secteur oléicole où la saison est marquée par une baisse continue des prix, qui ne couvrent pas les coûts de production, ainsi que par une grave pénurie de main-d’œuvre ; autant de facteurs qui menacent la continuité de cette activité stratégique et la capacité des agriculteurs à persévérer.
Le président-directeur général du Centre de promotion des exportations (Cepex), Mourad Ben Hassine, a révélé que la Jordanie s’oriente vers l’octroi de licences d’importation pour des quantités supplémentaires d’huile d’olive tunisienne, afin de répondre aux besoins du marché jordanien.
Lors d’un séminaire virtuel organisé par la mission commerciale à Amman, Ben Hassine a confirmé que cette mesure s’inscrit dans le cadre des dispositions exceptionnelles prises par le Royaume hachémite pour compenser la pénurie de récoltes locales due aux conditions climatiques difficiles.
Hichem Neji, directeur du bureau de représentation du Cepex à Amman, a annoncé que des contrats ont été signés pour la fourniture d’environ 3 000 tonnes d’huile d’olive tunisienne à la Jordanie dans une première phase, suite aux visites de terrain effectuées par plus de 40 fournisseurs jordaniens sur les sites de production tunisiens depuis novembre 2025.
Naji a prédit une forte hausse des exportations entre fin janvier et début février 2026, en raison de la demande croissante des Jordaniens pour les produits tunisiens.
Dans ce contexte, l’ambassadrice de Tunisie à Amman, Moufida Zribi, a souligné que cette coopération va stimuler les exportations nationales et renforcer les relations économiques bilatérales, notant que les échanges de visites entre hommes d’affaires ces dernières années ont ouvert la voie à renforcer la présence de l’huile d’olive tunisienne dans les habitudes alimentaires du consommateur jordanien, soutenue par d’importantes campagnes promotionnelles via les médias et les plateformes de médias sociaux.
Par ailleurs, les participants au séminaire, qui réunissait une cinquantaine d’entreprises exportatrices tunisiennes, ont abordé les aspects techniques et juridiques des mécanismes d’exportation. Les procédures réglementaires adoptées par les autorités jordaniennes et les spécificités de la plateforme numérique dédiée aux entreprises autorisées à importer, ont été explicitées.
Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du programme de promotion spécial du secteur oléicole pour 2026, vise à renforcer les échanges commerciaux entre les deux pays.
Mourad Ben Hassine a conclu la réunion en appelant à un renforcement des efforts de promotion et au développement de partenariats avec les acteurs économiques jordaniens.
Il a souligné que la qualité tunisienne s’impose désormais comme un choix de premier ordre sur des marchés prometteurs, ce qui nécessite une participation accrue aux salons internationaux spécialisés afin d’attirer davantage d’investissements et de commandes commerciales, indique un communiqué de presse du Cepex.
Une dizaine de morts et de disparus. Des centaines de maisons détruites. Des milliers de familles sinistrées. Des dégâts estimés à plusieurs centaines de millions de dinars. Et la réponse de l’État tunisien aux victimes des inondations de janvier 2026 ? Douze millions de dinars de prêts – pas d’aides, de PRÊTS – pour les agriculteurs. « Allah ghaleb », comme on dit. Dieu est plus fort. Traduction : démerdez-vous…
Moktar Lamari *
« Allah Ghaleb », une expression nationale, devenue philosophie de gouvernance, résume parfaitement vingt-cinq ans d’irresponsabilité étatique face aux catastrophes naturelles. Pendant que les citoyens perdent tout, les politiciens débarquent en convoi dans des voitures blindées et limousines, pour des embrassades télévisées, promettent monts et merveilles, accusent leurs prédécesseurs, puis disparaissent jusqu’à la prochaine catastrophe. Et entre-temps ?
« Allah ghaleb », sous les crépitements des caméras et flashs intrusifs dans des maisons inondées et qui manquent de tout… Il faut le faire, des images qui offensent le respect et le droit à l’anonymat et à la discrétion de la vie privée.
Les miettes insultantes
La Banque tunisienne de solidarité (BTS) a donc « développé un programme spécial » : 12 millions de dinars de prêts pour six gouvernorats dévastés. Faisons le calcul. Nabeul, Monastir, Bizerte, Ariana, Manouba, Ben Arous – des centaines de milliers d’habitants touchés.
Douze millions divisés par, disons, 10 000 victimes potentielles ? Mille deux cents dinars par personne. Maximum 10 000 dinars si vous êtes agriculteur. À rembourser sur trois ans. Avec intérêts, sans période de grâce, ni subvention, évidemment.
Sami, maraîcher de 48 ans à Grombalia, a perdu toute sa production sous deux mètres d’eau : « Mes serres sont détruites. Cinquante mille dinars de dégât minimum. L’État m’offre un prêt de 10 000 dinars que je dois rembourser. C’est une blague ? Je viens de tout perdre et ils veulent m’endetter davantage ? Allah ghaleb, vraiment. »
Leïla, commerçante à Ariana, pleure devant sa boutique ravagée : « Toute ma marchandise est fichue. Cent mille dinars partis. Mon assurance ? Elle ne couvre rien. Les “catastrophes naturelles” sont exclues du contrat. L’État ? Il m’envoie remplir des formulaires pour peut-être obtenir 2 000 dinars d’aide dans six mois. Pendant ce temps, je mange quoi ? »
Le théâtre politique
Mais les victimes peuvent au moins compter sur la visite compassionnelle de leurs élus. Kaïs Saïed a fait une apparition éclair dans une zone sinistrée, entouré de caméras. Son message aux victimes ? « Les gouvernements précédents n’ont rien fait pour moderniser les infrastructures de drainage. C’est le résultat de décennies d’incompétence. » Magnifique. Lui qui est au pouvoir depuis 2019, dont le coup de force date de 2021, trouve encore le moyen d’accuser ses prédécesseurs plutôt que d’annoncer une aide concrète.
Un député local, dont le nom importe peu tant ils sont interchangeables, déclare devant les journalistes : « Je suis venu constater personnellement l’ampleur de la catastrophe. C’est inadmissible que nos concitoyens souffrent ainsi. J’interpellerai le gouvernement ! » Interpeller. Le verbe préféré des politiciens tunisiens. Cela ne coûte rien, ne change rien, mais fait bien dans les médias.
Abir Moussi, toujours prompte à surfer sur les tragédies, tweete ou fait twitter : « Sous Ben Ali, les infrastructures étaient entretenues. Les gens ne mouraient pas noyés dans leurs rues. #TunisieAvant#Nostalgie. » Oubliant opportunément que sous Ben Ali aussi, les égouts étaient bouchés et les crues dévastatrices. Mais pourquoi laisser les faits gâcher un bon tweet nostalgique ?
Un ministre, en visite protocolaire avec bottines cirées et parapluie présidentiel, déclare solennellement : « L’État est aux côtés de ses citoyens dans cette épreuve. » Traduction concrète : une équipe filmera votre détresse, un communiqué sera publié… puis plus personne ne répondra à vos appels pendant des mois.
Les médias surfent sur les émotions, les larmes, les pleurs… et la détresse des victimes ayant tout perdu. On demande de l’aide, mais on ne fait plus confiance et personne ne veut débourser pour aider et surtout en passant par ces médias devenus incrédibles et indignes de confiance. L’UGTT garde le silence, et aucune compassion. Idem pour le syndicat des patrons, l’Utica.
L’arnaque des assurances
Le vrai scandale reste invisible aux caméras : le système d’assurance tunisien, cette arnaque institutionnalisée. Les citoyens paient religieusement leurs primes. Puis quand survient le sinistre, ils découvrent les clauses en petits caractères. « Catastrophes naturelles : non couvert. » « Actes de Dieu : exclus. » « Inondations exceptionnelles : hors garantie. »
Ahmed, cadre bancaire, a une assurance multirisque habitation qui lui coûte 800 dinars par an : « Ma maison a pris l’eau. Cent vingt mille dinars de dégâts. L’assurance refuse de payer. Selon eux, des précipitations de 206 mm constituent une “catastrophe naturelle exceptionnelle” non couverte. J’ai payé cette assurance pendant quinze ans. Douze mille dinars de primes. Pour rien. C’est du vol légalisé. »
Les compagnies d’assurance tunisiennes ont perfectionné l’art de collecter les primes sans jamais indemniser. Inondation ? Catastrophe naturelle. Sécheresse ? Force majeure. Grêle ? Événement exceptionnel.
Incendie ? Ah non, celui-là ils le couvrent, à condition que vous prouviez que ce n’est pas vous qui l’avez allumé, que vous aviez trois extincteurs conformes, et que la lune était pleine un mardi.
Le résultat ? Un taux de couverture catastrophique. Selon les estimations, moins de 30% des biens sinistrés lors de catastrophes naturelles sont réellement indemnisés en Tunisie. Les 70% restants ? « Allah ghaleb. »
Le vrai coût de l’abandon
Pendant que l’État distribue des prêts ridicules et que les politiciens font leur tournée médiatique, les victimes se débrouillent. Elles empruntent à des usuriers à 20% d’intérêt. Elles vendent leurs bijoux. Elles sacrifient l’éducation de leurs enfants pour reconstruire. Elles s’endettent pour des décennies.
Fatma, enseignante à Bizerte, calcule : « Entre les réparations de ma maison, le remplacement de mes meubles, et la voiture détruite, j’en ai pour deux cent mille dinars. Mes économies ? Trente mille. L’assurance ? Rien. L’État ? Peut-être cinq mille si j’ai de la chance et que je connais quelqu’un. Je vais m’endetter jusqu’à ma retraite. »
Youssef, agriculteur à Manouba, est amer : « Ils m’offrent 10 000 dinars de prêt. Mes pertes dépassent cent mille. Et je dois rembourser en trois ans pendant que je reconstruis mon exploitation. C’est mathématiquement impossible. Dans six mois, je serai en défaut de paiement et la banque saisira mes terres. Merci l’État. »
Le programme de la BTS prévoit « l’acceptation des demandes et la détermination des procédures d’inspection, à partir du lundi 26 janvier 2026, jusqu’à la fin du mois de mars 2026. » Traduction : remplissez des formulaires pendant deux mois, attendez l’inspection, puis attendez encore six mois l’approbation, pour peut-être obtenir un prêt dérisoire qui vous enfoncera davantage.
« Allah Ghaleb », comme doctrine d’État
Rappelons les faits brutaux. Plus de mille morts et deux milliards de dinars de dégâts lors de catastrophes naturelles depuis 2000. Des infrastructures de drainage en ruine malgré des centaines de millions théoriquement alloués. Un système d’assurance qui ne protège personne. Et maintenant, face à une nouvelle tragédie, la réponse de l’État : douze millions de prêts à rembourser.
Comparez avec n’importe quel pays développé. En France, le système CatNat (Catastrophes Naturelles) garantit l’indemnisation systématique et rapide. En Allemagne, des fonds d’urgence sont débloqués dans les 48 heures. Aux États-Unis, la Fema intervient immédiatement avec des aides massives.
En Tunisie ? « Allah ghaleb. » Dieu est plus fort que nous. Nous ne pouvons rien faire. Sauf, bien sûr, organiser des visites médiatiques, tweeter notre compassion, accuser nos prédécesseurs, et offrir des prêts misérables aux victimes.
Cette expression n’est pas de la résignation fataliste. C’est devenu la doctrine officielle d’un État qui a abandonné ses citoyens. Quand l’eau monte, quand les morts s’accumulent, quand les familles perdent tout, l’État tunisien hausse les épaules : « Allah ghaleb. »
Traduction honnête ? « On s’en fout. Démerdez-vous. Et pendant que vous reconstruisez avec vos propres moyens, on viendra poser pour les photos et vous promettre notre soutien indéfectible. »
Les victimes de janvier 2026 l’ont compris. Comme celles de 2018, de 2012, de 2003. En Tunisie, face aux catastrophes, vous êtes seuls. L’État vous abandonne. Les assurances aussi. Les politiciens vous instrumentalisent.
« Allah ghaleb », pour nous. Et eux, ils marquent des points.
Né en 1955 à Tozeur, l’auteur est romancier, nouvelliste et traducteur. A publié une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles. Certains de ses ouvrages sont traduits en français et en italien. Son œuvre est couronnée de nombreux prix littéraires. Nous publions ci-dessous la traduction de l’une de ses nouvelles extraite de son recueil ‘‘An-noujoum al-lati inkadarat’’ (Des étoiles qui se sont éteintes), édité au Caire, en 2018, par Al-Hay’a al-‘amma lil-kitab.
Nouvelle de Brahim Darghouthi (Traduite de l’arabe par Tahar Bekri)
Le cimetière est tout proche du petit chemin que venait de creuser un bulldozer, il y a peu de jours. Des restes de vieilles tombes apparurent remplis de morts emportés par une épidémie qui avait envahi le village lors de la seconde guerre mondiale. Les ossements se sont dispersés tout le long de la piste qui mène vers la palmeraie pendant que la lame de la machine repoussait la terre, le gravier, les palmes et les tas de sable vers la pente, juste à côté de la vallée, quand brusquement une voix derrière le conducteur fusa criant le plus fort, arrête, toi qui ne respectes pas la sacralité des morts, la terre n’a pas encore subi son tremblement ultime ni le dernier jugement n’est arrivé !
Mais la voix chargée de colère, suivie d’insultes, s’est perdue au milieu du grondement du moteur de la machine qui rugissait comme un animal sauvage mythologique sorti tout droit d’entre les tombes.
Finalement et après grande peine, le conducteur s’arrêta, descendit de la cabine de la gigantesque balayeuse des routes, se rendit compte de la catastrophe qui s’est produite. La place, près du vieux cimetière, était couverte d’ossements humains, de différentes tailles et formes. Il fut cloué à sa place, se mit à regarder toutes les choses qu’il a sorties du remblai, atterré et pétrifié. Le bâton du vieil homme à la longue barbe et à la djebba * courte, qui lui avait intimé d’arrêter tout à l’heure, s’abattit sur lui, faillit lui fracasser la tête, mais il l’évita, s’enfuit vers sa machine et s’y protégea des jets de pierres, lancés dans sa direction de tous côtés, par en-dessous, de la terre, d’en haut, du ciel. Il ne sut comment il quitta le lieu au milieu de l‘énorme halo de poussière et de vacarme.
Le vieil homme, à la jebba courte et à la barbe longue, qui avait grondé l’homme au bulldozer et lui avait proféré un torrent d’insultes, passa la journée jusqu’au crépuscule, à rassembler les os cariés, dispersés par la lame de la machine aveugle, dans un coin de la place, mitoyenne au cimetière. Il ne cessa de chercher et d’examiner la terre que lorsqu’il la passa entre les doigts comme à travers d’une passoire, poignée par poignée, puis s’isola, devant ses yeux, le tas mortuaire, repassant avec une grande précision, les parties supérieures et postérieures, les os du thorax, du bassin, du cou, de la colonne vertébrale, du crâne, ensuite il rangea chaque catégorie, à part, les petits avec les petits, les grands avec les grands, se secoua les mains de la terre et de la poussière, de la mort qui leur collaient
Dès qu’il a fini, il sursauta comme un diable sorti à l’instant d’un bocal resté longtemps prisonnier des fonds des mers puis se mit à applaudir des deux mains et des pieds dans un rythme cadencé, fredonnant, sifflant comme les diables habitant les périlleuses cavernes lointaines. Les vieux os qu’il posa dans un tas, tout près des murs du cimetière, se secouèrent et se mirent à marcher au milieu de crissements et de froissements, chaque os est allé là où il devait être, dans son premier corps, lorsqu’il avait été enterré par le fossoyeur, à son décès.
Aucun os, petit ou grand, ne s’est trompé d’endroit, Les squelettes se levèrent, droits, de la plus belle manière, se remplirent de chair et de graisse, jusqu’à être présentables, debout dans une longue rangée mixte, marmonnant, se poussant du coude puis se dirigèrent vers la porte du cimetière.
Mais à la dernière minute, celui qui avait la barbe longue et la jebba courte, changea d’idée, il indiqua de sa main le village endormi dans l’obscurité de minuit et se mit devant la rangée, de pas sûrs, en frappant la terre de ses pieds comme un officier allemand.
Quand il arrivait avec ses soldats devant un porte fermée, il la frappait violemment avec son bâton, puis il la frappait de nouveau jusqu’à ce qu’elle s’ouvrît. Là, il poussait l’un des êtres dans la rangée à l’intérieur de la maison puis il fermait la porte derrière lui, habilement. On entendait un petit cri de frayeur mais il n’y faisait pas attention et poursuivait son action jusqu’au bout.
Ce matin-là, les symptômes de la typhoïde se répandirent chez tous les habitants du village, petits et grands. Les corps furent saisis de tremblements, de maux de tête, de raideur aux muscles et à la poitrine. Les vieux furent immobilisés dans leurs foyers et ne purent plus les quitter, Les élèves, eux, se firent violence pour sortir et remplir les bus qui les conduisirent vers la ville avec leurs histoires étranges sur les êtres qui leur rendirent visite aux heures tardives de la nuit.
Une semaine à peine, la contagion toucha toute la ville que fréquentaient les élèves venus étudier. De là, la maladie se déplaça à l’est et à l’ouest, jusqu’à atteindre la capitale du pays. Les gens accoururent vers les médecins qui constatèrent les symptômes de la maladie mais leurs ordonnances n’étaient pas en mesure de les guérir.
La foule commença à s’entasser dans les hôpitaux puis remplit les rues et les places de cadavres, les villes se transformèrent en cimetières collectifs diffusant l’odeur de la mort.
Ceux qui restaient vivants parmi les employés municipaux se mirent à creuser de larges fosses afin d’enterrer les dépouilles putrides, à l’odeur nauséabonde, mais leurs efforts étaient vains. Ils étaient impuissants d’affronter cette peste qui toucha le pays et l’un après l’autre, tomba comme un tronc de palmier creux
Dans l’extrême lointain, le bruit d’un bulldozer tonnait en l’air, pendant que sa lame géante creusait, près des murs de cimetières débordant de morts, dont la jeunesse fut dévorée par la peste, devenant incapables de contenir toutes les tombes qui remplissaient la vastitude. L’homme, à la barbe longue jusqu’au nombril et à la chemise courte, remettait de l’ordre dans les ossements des morts et les envoyait frapper aux portes des villes. L’aboiement de chiens enragés peuplant l’univers, s’élevait sous les regards d’un soleil froid qui s’éteignait peu à peu jusqu’à ce que l’obscurité couvrît les quatre coins de la planète.
La 17ᵉ édition du salon Tanit Artisanat se tiendra du 14 au 16 février 2026 aux Salons Hoche (9 avenue Hoche, Paris 8ᵉ), offrant aux visiteurs une véritable plongée dans l’artisanat, la culture et les traditions tunisiennes.
Cet événement annuel, devenu un rendez-vous incontournable pour la diaspora tunisienne et les amateurs de savoir-faire artisanal, propose une immersion dans une ambiance 100 % tunisienne. Les visiteurs pourront y préparer leurs achats pour le mois saint, découvrir des créations uniques et partager des moments de convivialité et de nostalgie.
Le salon est ouvert de 10h à 20h, avec entrée gratuite. Une occasion de célébrer l’identité et le patrimoine tunisien au cœur de la capitale française.
Née en 1938 à Sakiet Sidi Youssef, Zoubeida Bechir est poète, nouvelliste et animatrice à la Radio nationale tunisienne.
Autodidacte, elle se fait connaître par son recueil Hanîn (Nostalgie), paru en 1968. Poésie d’amour affranchi, affirmation de la femme aimante, écriture entre métrique et vers libre, sensibilité et élégance dans les thèmes, font d’elle une voix dont on n’a pas mesuré alors l’importance dans la poésie tunisienne et arabe.
Cependant, elle quitte vite la scène littéraire et se fait oublier. Il faudra attendre 2002 ! pour voir paraître un second recueil Ala‘ (Grâces), publié par les soins du Credif. Aujourd’hui un Prix porte son nom.
Elle décède en 2011, date à laquelle paraît son recueil posthume, Tâir al-finiq (Le Phénix). Est-ce parce qu’elle renaissait tardivement de ses cendres ?
Œuvres complètes, Ed Med Ali El-Hammi, 2014.
Tahar Bekri
Si les calomnieux viennent te dire
C’est pour un autre qu’elle a chanté
Et avant toi elle en aima un autre
N’accorde pas d’oreille à ce qu’ils prétendent
Pouvais-je aimer ?
Pouvais-je aimer dans l’existence un autre que toi ?
Mon sauveur de ma terrible perte
Ma vie exale ses plus chères fragrances
Ses parfums se répandent
Pour bénir mon grand amour… Le grand
Pour tes yeux mon cœur languit et bat
Sur tes souvenirs je me réveille et sommeille
J’oublie la souffrance… J’oublie la peine
Je rêve extasiée du jour de la rencontre
Dans ton monde je suis sereine mon âme soeur
J’ai réalisé les rêves de ma vie
Dis à celui qui prétend autre que cela :
Je suis né le jour où je l’ai aimée
Tu brillas ô sourire vigoureux
Pour inonder mon âme de tendresse
Et le printemps de prodiguer ses meilleurs vœux
Je t’aime jusqu’à ce que l’amour en devienne jaloux
Celui qui se désaltère à l’amour peut-il avoir soif ?
J’embrasse ton image dans ma solitude
Et dans mon cœur grandit une blessure…
Mon cœur meurtri
Un nuage m’arrose d’espoir
Je me moque des conseils et de ceux qui les donnent
Le directeur du Centre régional au développement agricole (CRDA) de Tataouine, Mongi Chniter, a confirmé, dans une déclaration à Mosaïque FM, le succès du processus de réintroduction des animaux du désert dans la réserve naturelle Oued Dekouk, qui avaient disparu ou étaient menacés d’extinction.(Ph. Oryx algazelle au Parc naturel Oued Dekouk).
À l’instar de l’oryx algazelle, du mouflon de Barbarie et de la gazelle Dorcas dans la réserve d’Oued Dekouk et le parc national Senghar-Jabess, où 7 naissances d’oryx algazelles, 21 de mouflons de Barbarie, 3 de gazelles Dorcas, 4 d’oryx d’Arabie et 1 de chameau ont été enregistrées.
Le délégué a également souligné l’attention particulière accordée par les autorités régionales aux parcs et réserves de l’État, où la délégation a commencé des travaux d’entretien et de restauration dans le parc national Senghar-Jabess, notamment l’installation de clôtures et de protections contre le froid et la chaleur pour les oryx du parc.
Le taux d’achèvement des travaux a atteint environ 50 % pour un coût de 146 000 dinars, auquel s’ajoute l’équipement du puits de surface du parc avec un système de pompage et d’énergie solaire, dont les travaux débuteront début février 2026 pour un coût d’environ 90 000 dinars.
Quand on connaît les grosses difficultés que traîne Tunisair (déficit financier chronique, sureffectifs, manque d’appareils, gabegie organisationnelle dont ne cessent de se plaindre les voyageurs), on n’est pas surpris d’apprendre qu’elle a enregistré, en 2025, une diminution de 5% du nombre de passagers transportés, malgré le quasi-monopole dont elle bénéficie sur le ciel national.
Selon ses indicateurs d’activité publiés sur le site web de la Bourse de Tunis, la compagnie nationale a transporté 2 486 888 passagers, en diminution de 5 %, alors que l’offre de sièges disponibles par kilomètre a baissé, elle aussi, de 8 %, par rapport à 2024.
La compagnie aérienne peut cependant se réjouir d’avoir réussi à améliorer de 3 points son coefficient d’occupation, qui est passé 73,1 % en 2024 à 76,1 % en 2025.
Le coefficient d’occupation pour 2025 a également augmenté de 2,4 points pour atteindre 66,3 %, contre 63,9 % en 2024.
Les revenus de la compagnie nationale au cours de l’année écoulée se sont élevés à 1627 millions de dinars tunisiens (MDT), répartis comme suit : 1 563 MDT pour les vols réguliers et supplémentaires, 26 MDT pour les vols irréguliers et le hajj, et 38 MDT pour le fret et le courrier.
Tunisair a vu sa part de marché diminuer à 20 %, contre 22 % un an plus tôt, tandis qu’elle a enregistré une augmentation de 8 % du transport de fret et de courrier (5 500 tonnes) par rapport à 2024.
Rappelons que Tunisair a enregistré un déficit net à 220,8 MDT en 2022 (derniers chiffres disponibles), montrant une fragilité financière persistante avec des capitaux propres négatifs à -1,75 milliard de dinars.
La dette totale du groupe reste élevée, notamment envers l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), dans un contexte de restructuration poussive et incertaine.
Le Conseil du marché financier (CMF) a publié son nouveau règlement relatif aux mesures d’application en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.
Dans un communiqué publié hier, jeudi 23 janvier 2026, sur son site web, le CMF informe le public et l’ensemble des intervenants sur le marché financier de la publication de ce nouveau règlement au Journal Officiel de la République Tunisienne n° 9 du 23 janvier 2026, et ce dans le cadre d’une mise à jour globale et d’un renforcement du cadre réglementaire régissant ce domaine, en conformité avec la législation nationale en vigueur et les meilleures normes internationales applicables.
Ce nouveau règlement a été élaboré à la lumière des amendements substantiels apportés par la loi organique n°2019-9 du 23 janvier 2019 à la loi organique n°2015-26 du 7 août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et la répression du blanchiment d’argent, ainsi que sur la base des recommandations du Groupe d’Action Financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (Gafi Moan – Menafatf F) et des exigences du processus d’évaluation mutuelle.
Le règlement prévoit un ensemble d’amendements et d’ajouts fondamentaux constituant une évolution qualitative par rapport au règlement antérieur du CMF, notamment l’élargissement de son champ d’application au crowdfunding en investissement dans des valeurs mobilières, l’actualisation et la clarification de plusieurs concepts clés, ainsi que l’adoption de l’approche fondée sur les risques comme référence principale pour la détermination des mesures préventives et de contrôle devant être mises en œuvre par les entités soumises au contrôle du CMF.
Le règlement impose également aux institutions concernées l’élaboration périodique d’une cartographie des risques à déposer auprès du CMF, la désignation d’un point de contact permanent auprès de la Commission nationale de lutte contre le terrorisme (CNLCT), la mise en place d’une stratégie institutionnelle claire de gestion et de maîtrise des risques, l’adoption de mesures de diligence renforcée lorsque les risques sont élevés et de mesures de diligence allégée lorsque les risques sont faibles, l’instauration d’un dispositif de contrôle interne efficace, régulièrement évalué et actualisé, ainsi que la fixation de critères précis et harmonisés en matière de compétences professionnelles requises pour les cadres chargés du contrôle et de la conformité.
Ces mesures visent à renforcer la préparation organisationnelle et professionnelle des institutions concernées et à consolider l’intégrité et la transparence du marché financier tunisien. Le règlement est consultable via ce lien.
Les intempéries enregistrées depuis le début de la semaine en Tunisie, et qui ont provoqué d’énormes dégâts dans les infrastructures publiques et les biens privés violentes, ont eu une conséquence inattendue dans le gouvernorat de Nabeul en mettant au jour de vestiges archéologiques jusque-là enfouis sous le sable, notamment aux abords des sites antiques de Néapolis (Nabeul) et de Kerkouane (Kélibia). (Ph. Mosaïque).
Selon des sources de l’Institut national du patrimoine (INP) citées par l’agence Tap, les récentes intempéries, qui ont entraîné l’érosion de plusieurs plages, ont révélé des structures archéologiques sur le littoral à proximité du site antique de Néapolis, sur la plage de Sidi Mahersi, ainsi que dans les zones voisines du site punique de Kerkouane, à Hammam Ghezaz, et plus particulièrement dans les régions de Demna et de Oued El Ksab.
Les découvertes ont suscité un vif intérêt, attirant aussi bien des chercheurs et des passionnés que des individus ayant tenté de s’emparer de pièces archéologiques mises au jour par la mer. Les unités de la Garde nationale sont intervenues pour empêcher ces tentatives et ont procédé à l’arrestation de trois personnes, selon des sources sécuritaires citées par la Tap.
Les opérations de recensement et de documentation des vestiges sur les plages de Néapolis et de Sidi Mahrsi ont nécessité l’appui de la Garde nationale maritime et de la Police de l’environnement, afin de permettre aux agents de l’INP de mener leurs travaux, dans un contexte marqué par l’afflux de nombreux curieux.
Des responsables de l’Inspection régionale du patrimoine du Nord-Est ont par ailleurs démenti, dans une déclaration à l’agence Tap, les informations faisant état du vol de pièces archéologiques au musée du site punique de Kerkouane. Ils ont précisé que les personnes interpellées tentaient de dérober des vestiges dans les zones de Demna et de Oued Ksab, situées à environ un kilomètre du site archéologique.
Selon Ahmed Gadhoum, représentant de l’INP et spécialiste de l’archéologie subaquatique et côtière, les vagues ont révélé sur la plage de Sidi Mahrsi un ensemble de murs susceptibles d’être liés à des habitations ou à des thermes datant de l’Antiquité, précisant que leur datation exacte ne pourra être déterminée qu’après des études et une documentation approfondies.
S’agissant des vestiges découverts sur la plage de Néapolis, l’expert estime qu’il pourrait s’agir de citernes d’eau, probablement utilisées pour alimenter des ateliers de salaison du poisson ou pour approvisionner les habitants de l’ancien tissu urbain de Néapolis. Il n’exclut pas non plus qu’il s’agisse de bassins de salaison similaires à ceux identifiés sur le site archéologique de Néapolis, connu pour sa production de « garum », un condiment prisé dans l’Antiquité.
L’INP a engagé ces derniers jours des opérations d’inventaire des sites côtiers apparus à la suite de la récente agitation marine, notamment dans les gouvernorats de Nabeul et de Mahdia, a fait savoir Gadhoum.
Si plusieurs de ces sites sont déjà connus et répertoriés, d’autres vestiges, jusqu’alors inconnus, ont émergé et feront l’objet d’opérations d’identification et de documentation, a conclu le chercheur.