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La dette américaine, le bazooka financier de l’Europe face à Donald Trump ?

Détenus massivement par des investisseurs européens, les bons du Trésor américains pourraient servir de levier stratégique face à l’agressivité de l’administration Trump. Mais, c’est une arme à double tranchant.

 

Et si la dette américaine était le levier stratégique dont disposent les Européens face à l’administration Trump qui ne cesse de manier, tel un Etat voyou, menaces de taxes douanières, chantage à la guerre commerciale et velléités expansionnistes avec la volonté affichée de faire main basse sur le Groenland sous prétexte que ce territoire est nécessaire à la sécurité nationale des Etats-Unis ?

« Nous avons besoin du Groenland pour des raisons stratégiques », a déclaré le milliardaire américain, mercredi 21 janvier, au Forum économique mondial de Davos, réfutant à l’occasion la thèse selon laquelle il s’y intéresserait pour ses minerais et terres rares. « Tout ce que je demande, c’est un bout de glace, qui peut jouer un rôle vital dans la paix mondiale et la protection du monde », a-t-il insisté, confondant au passage le Groenland avec l’Islande.

Arme nucléaire financière

De quoi s’agit-il au juste ? D’une montagne de bons du Trésor américain que l’Europe a acquise au fil des ans. Ces obligations sont des reconnaissances de dette émises par la Fed contre de l’argent prêté aux États-Unis par les investisseurs. Ainsi, la dette américaine serait l’arme que l’Europe pourrait dégainer pour remporter le bras de fer engagé avec Washington.

Or, il se trouve que les pays européens membres de l’Otan détiennent ensemble plus de 2 000 milliards de dollars en titres de bons de Trésor et d’autres actifs américains. Le montant grimpe à environ 3 000 milliards en incluant le Canada, autre cible récurrente du président américain. Et si tous ces pays décidaient de vendre massivement Ces titres sur le marché en une seule fois ? Les vendre équivaudrait, pour certains experts, à déclencher une « arme nucléaire financière ».

C’est que la première puissance économique mondiale est lourdement endettée et vit largement à crédit. Si l’Europe décidait de vendre massivement ses titres sur le marché en une seule fois, la panique serait assurée à Wall Street. En pratique, le prix des titres s’effondrerait, les taux d’intérêt américains exploseraient et l’économie de l’Oncle Sam serait sérieusement bousculée.

« L’Amérique est dépendante du reste du monde pour financer le déficit extérieur… et c’est la faiblesse majeure des Américains, exactement comme pour nous », explique un expert économique. Ajoutant que l’Europe « est le premier détenteur d’actifs en dollars ». « Si on vend massivement la dette, les taux américains s’envolent en 48 heures comme des dingos. Là, le pays est pris à la gorge et c’est juste le scénario ultime de crise d’une nation ».

Panique

Panique outre-Atlantique. Donald Trump qui suit de près les marchés américains, y compris le marché obligataire, a aussitôt mis en garde les pays européens qui envisagent de vendre des actifs américains. « Si cela arrivait, nous lancerions de grosses représailles et nous avons toutes les cartes en main », a-t-il prévenu jeudi 22 janvier dans une interview avec la chaîne Fox Business depuis Davos.

Donald Trump a de quoi s’inquiéter en constatant qu’un grand fonds de pension suédois, Alecta, avait vendu la majeure partie de ses bons du Trésor américain, en raison de la fragilité des finances publiques des Etats-Unis.

Il s’agit du deuxième fonds nordique à rendre publique une telle décision, après que le fonds danois Akademiker Pension a annoncé, mardi 20 janvier, son intention de se délester de 100 millions de dollars d’obligations du Trésor américain. Un autre fond danois, Pædagogernes Pensionskasse (PBU), a annoncé à la chaîne de télévision danoise TV2 vendre également des obligations d’État américaines.

Le spectre du chaos

Un timing anodin ? « Ce sont des montants bien trop faibles pour déstabiliser le marché financier nord-américain, mais cela prouve que dans le contexte actuel, les investisseurs européens ne sont pas fermés à l’idée de se débarrasser de leurs obligations du Trésor », assure un expert financier. D’autant plus que dans ce scénario catastrophe, « Washington devrait aussi payer plus cher pour rembourser tout l’argent emprunté et, ainsi, creuser encore un peu plus son déficit. La perspective de devoir payer encore plus pour financer ces mesures risquerait de froisser l’aile fiscalement conservatrice de la droite américaine. Donald Trump n’a pas besoin de nouvelles frictions au sein de sa majorité, surtout à l’approche des élections de mi-mandat, qui se tiendront en novembre prochain », a-t-il encore ajouté.

Toujours est-il que ce scénario est tout de même à double tranchant. La confiance dans le dollar s’écroulerait, tout comme la Bourse de New York, ce qui aurait des répercussions mondiales. Or, déstabiliser l’économie américaine, équivaudrait in fine à un chambardement au sein de l’ordre économique mondial dont nul ne sortirait indemne.

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Le Canada a-t-il raison de s’inquiéter de la gourmandise de l’Amérique de Trump?

Que faire en cas d’agression du voisin américain ? Après le Venezuela et le Groenland, les Canadiens se demandent s’ils seront les prochains sur la liste des visées expansionnistes du président américain. Au point que l’armée canadienne envisage le scénario de tactiques de guérilla contre une hypothétique invasion américaine.

 

« Quand vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu ». Dans un discours choc prononcé mardi 20 janvier devant un parterre de gotha politique et économique mondial réuni lors du 56e forum à Davos, le Premier ministre canadien, Mark Carney, constate non sans amertume que le monde a basculé dans une nouvelle ère, marquée par la rivalité des grandes puissances, l’usage coercitif du commerce et la fin de ce qu’il appelle une « fiction confortable » : celle d’un ordre international fondé sur des règles communes. Tout en appelant les puissances intermédiaires « à se préparer au retour du rapport de force et à construire une autonomie stratégique ; sans renoncer à leurs valeurs fondamentales, qu’il s’agisse de la souveraineté ou de l’intégrité territoriale ».

Le message du responsable canadien est simple : de nombreux pays ne peuvent plus se contenter de compter sur leurs alliances et leur géographie. « Un pays qui ne peut pas se nourrir, se fournir en énergie ou se défendre a très peu d’options lorsque les règles cessent de vous protéger ».

Réponse hautaine de Donald Trump qui rétorque que « le Canada vit grâce aux Etats-Unis », avant de reprocher à Ottawa de ne pas reconnaître suffisamment les avantages tirés de cette relation. « Souviens-t-en, Mark, la prochaine fois que tu fais des déclarations », a-t-il lancé, dans une mise en garde à peine voilée adressée au Premier ministre canadien.

Inquiétudes justifiées

Ce discours longuement ovationné à Davos, est partagé notamment au Canada où depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, la relation bilatérale longtemps perçue à Ottawa comme stable et prévisible, est marquée par les menaces répétées sur les droits de douane, les remises en cause publiques des accords commerciaux. D’autant plus que Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises l’idée que son voisin du nord puisse devenir le 51e État des Etats-Unis. Le milliardaire républicain s’est récemment montré de plus préoccupé par la vulnérabilité du Canada face aux adversaires des États-Unis dans l’Arctique, notamment la Russie et la Chine, critiquant en privé le faible niveau de dépenses de défense d’Ottawa.

Provocation  

Plus inquiétant encore. Dans la nuit de lundi à mardi 20 janvier, alors que les ambitions américaines sur le Groenland inquiètent les alliés de Washington, le président américain a posté sur son réseau, Truth Social, une série de photos générées par l’intelligence artificielle où on le voit dans le Bureau ovale avec les dirigeants européens, assis comme des élèves sages et obéissants, devant une carte où le drapeau américain recouvre les Etats-Unis mais aussi le Canada, le Groenland et le Venezuela ! De la science fiction, une provocation délibérée ?

Simulations en cas d’invasion américaine

Plutôt un scénario, jugé impensable auparavant, qu’Ottawa prend très au sérieux maintenant. En effet, The Globe and Mail, quotidien de référence au Canada, révèle que l’état-major militaire canadien a récemment planché sur des scénarios de crise impliquant une invasion militaire américaine.

Ces simulations, qualifiées d’hypothétiques par les autorités, montrent la fragilité structurelle du Canada face à son voisin du sud, en particulier sur le flanc arctique et dans les grandes infrastructures stratégiques. Pis : selon les projections, l’ensemble des sites stratégiques du pays pourraient tomber en moins d’une semaine.

Tactiques de guérilla urbaine ?

Toujours est-il que le modèle conceptuel et théorique développé par l’armée canadienne, s’il ne constitue pas un plan militaire opérationnel, permet plutôt d’évaluer les risques et d’explorer les stratégies.

Selon le quotidien canadien, les responsables militaires envisagent ainsi une attaque venant du sud, avec des forces américaines capables de surmonter rapidement les positions stratégiques canadiennes sur terre et en mer, en l’espace d’une semaine, voire en deux jours seulement. Alors même que le Canada ne possède pas les effectifs ni l’équipement nécessaires pour repousser une invasion classique. Le modèle prévoit par conséquent une guerre non conventionnelle, où des groupes armés irréguliers ou des civils organisés utiliseraient embuscades, sabotages, frappes de drones et attaques éclair.

« Le modèle inclut les tactiques utilisées par les moudjahidines afghans dans leurs attaques éclair contre les soldats russes durant la guerre soviéto-afghane », assure un haut fonctionnaire canadien qui s’exprime anonymement dans les pages du quotidien. Des tactiques qui ont déjà été reprises par les Talibans contre les forces américaines et alliées, y compris les Canadiens, en Afghanistan. L’objectif : infliger de lourdes pertes aux forces occupantes américaines.

Au final, cette réorientation signifie-t-elle une rupture totale avec Washington ? Selon les observateurs, le Canada, membre fondateur de l’OTAN et partenaire des États-Unis pour la défense aérienne continentale, cherche plutôt à réduire une dépendance jugée désormais à haut risque. En attendant le départ tant espéré d’un président américain déroutant, peu fiable et imprévisible à volonté.

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Le Conseil de la Paix proposé par Donald Trump, un pied de nez à l’ONU ?

Officiellement créé par Donald Trump pour gérer la reconstruction de la bande de Gaza, le « Conseil de la paix » est en réalité une machine de guerre qui a pour but d’offrir une alternative à l’ONU pour régler les conflits dans le monde. A la hache.

Créée en 1945 suite aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU serait morte cliniquement. Place donc à une nouvelle organisation, le Conseil de paix, un club version Maga et business, présidé par Donald Trump en personne et dont le but consisterait à « œuvrer à la résolution des conflits dans le monde ». Avec, tenez-vous bien, un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent.

Folie des grandeurs ? Une nouvelle initiative loufoque d’un homme qui n’a de cesse depuis un an, jour après jour de sa réélection à la tête des Etats-Unis, de saturer l’espace médiatique par ses interventions quotidiennes à l’interne et à l’international ?

Toujours est-il que le projet de « charte » que le président américain veut vendre au monde, révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.

Le dit Conseil est  « une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits ». C’est ce qu’il ressort du préambule de ce texte de huit pages envoyé aux États invités à y siéger.

L’ONU dans le viseur de Trump

D’emblée, le texte de la charte lance la couleur : puisque les « approches et institutions ont trop souvent échoué », une allusion à peine voilée à l’ONU, il est nécessaire d’avoir « le courage » de s’en « écarter » en faveur d’ « une organisation de paix internationale plus agile et efficace ». Ainsi, le président américain, de longue date un critique virulent de l’institution onusienne, veut se créer un cadre sur mesure pour instaurer sa loi, celle de la jungle, au niveau international.

N’a-t-il pas signé le 7 janvier en cours un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales qui « ne servent plus les intérêts américains » selon la Maison Blanche ?

N’avait-il pas, comme lors de son premier mandat, décidé de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’UNESCO que les Etats-Unis avaient réintégrés sous la présidence de Joe Biden ?

N’avait-il pas également claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé et largement coupé l’aide américaine à l’étranger? Amputant ainsi les budgets de nombreuses organisations comme le Haut commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.

Un président de pacotille

Cette nouvelle organisation sera évidemment présidée par Donald Trump avec des pouvoirs très étendus. Presque président à vie, à l’instar des dictatures du Tiers-Monde, l’actuel locataire de la Maison Blanche pourra se désigner un successeur à tout moment, et ne sera remplacé qu’en cas de « démission volontaire » ou d’« incapacité ». Il est également le seul habilité à inviter d’autres chefs d’État et de gouvernement à intégrer son club fermé et peut révoquer leur participation; sauf en cas de veto par une majorité des deux tiers des États membres.

Si les décisions sont prises à la «majorité des États membres», qui ont chacun «une voix», elles sont aussi «soumises à l’approbation du président ». Ce qui confère de facto un droit de veto à Donald Trump, qui a aussi la main sur l’agenda.

Chaque Etat-membre exercerait un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Mais il introduit aussi un mécanisme permettant d’acheter une place de membre permanent, au prix du versement d’un milliard de dollars.

Déjà, il aura envoyé des invitations depuis le week-end dernier aux alliés traditionnels des Etats-Unis la France, l’Allemagne ou le Canada; mais aussi à la Russie de Vladimir Poutine. Le Kremlin a confirmé, lundi 19 janvier, que le maître du Kremlin Poutine avait été invité à « se joindre à la composition du Conseil de paix ». Sans oublier l’Italie, la Hongrie, l’Albanie, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Égypte, la Jordanie, la Turquie ou encore l’Inde.

Réactions embarrassées

Si les réactions des dirigeants ayant reçu l’invitation étaient plutôt embarrassées- Moscou veut « clarifier toutes les nuances » de cette proposition avec Washington avant de se prononcer; le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se « coordonner » avec ses partenaires; la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen « réserve sa réponse »; le  Premier ministre canadien Mark Carney décide « d’accepter l’invitation », mais « le Canada ne va pas payer pour un siège au Conseil », en référence au milliard de dollars requis pour obtenir un siège permanent au sein de ce « Conseil », le refus de Paris était catégorique et sans appel.

Ainsi, la France « n’entend pas donner de suite favorable » à ce stade à l’invitation reçue pour rejoindre un Conseil de paix voulu par Donald Trump, qui « soulève des questions majeures », a déclaré l’entourage d’Emmanuel Macron.

Car, la charte de cette initiative « dépasse le seul cadre de Gaza et soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause ».

Décidément, le président français qui aura avalé tant de couleuvres de la part des Américains et qui vient d’être publiquement humilié par Donald Trump, se rebiffe. On le serait à moins !

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Crise en Iran : Pékin redoute la chute d’un allié stratégique au Moyen-Orient

La Chine considère l’Iran comme un pays stratégique, notamment sur le plan énergétique. Toutefois, elle réserve au régime des mollahs un soutien plutôt « calculé ».

 

Nouveau coup dur pour Pékin. D’abord, le renversement par les États-Unis de l’homme fort vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié majeur de l’Empire du Milieu en Amérique, qui était en plus le principal acheteur du pétrole vénézuélien dont la Chine importait  des volumes très importants, notamment autour de 400 000 à 660 000 barils par jour fin 2025 ; obligeant le géant chinois à revoir complètement ses ambitions dans une région qui ressemble à nouveau à l’arrière-cour de Washington.

Diktat américain

Ensuite, la décision prise par Donald Trump, le 12 janvier, d’imposer « immédiatement » et « définitivement » des droits de douane de 25% contre tout pays commerçant avec Téhéran. « Tout pays faisant des affaires avec la République islamique d’Iran paiera un droit de douane de 25% sur toute et chaque activité commerciale avec les États-Unis d’Amérique. Cet ordre est définitif et non révisable », a déclaré le président américain.

Il est évident que le milliardaire républicain cible, sans la nommer, la deuxième puissance mondiale, laquelle est également le premier acheteur du pétrole iranien et principal partenaire commercial de ce pays.

Mais, il n’y a pas que la Chine qui est visée par les sanctions américaines. Les partenaires commerciaux de l’Iran sont nombreux, et incluent de grandes économies comme l’Inde et la Turquie. Sans oublier les pays d’Asie centrale qui commercent également avec l’Iran.

Ainsi, en 2024, le volume des échanges commerciaux de l’Iran avec le Kazakhstan s’est élevé à 340 millions de dollars, avec le Kirghizistan à 58,5 millions de dollars, avec le Tadjikistan à 377,7 millions de dollars, avec le Turkménistan à environ 600 millions de dollars, et avec l’Ouzbékistan à près de 500 millions de dollars.

En 2025, les pays de la région se sont mis d’accord avec l’Iran pour porter leurs échanges commerciaux à 2-3 milliards de dollars dans un avenir proche. En particulier, à l’issue du Forum d’affaires ouzbéko-iranien de mai, les représentants des deux pays ont conclu des accords pour un montant d’un milliard de dollars.

Cela étant, la Chine est le plus grand acheteur mondial de pétrole iranien et son principal partenaire commercial. Pékin achète 90% du pétrole exporté par l’Iran, en moyenne 1,38 million de barils par jour en 2025. Un pétrole d’abord de bonne qualité et surtout moins cher, ce qui permet à Pékin de faire, chaque année, des milliards d’euros d’économies.

Partenariat stratégique

D’autre part, et sur le plan géostratégique, l’Iran reste une pièce majeure des vieilles routes maritimes et terrestres de la soie et des épices. Avec des villes comme Nishapur, Rey (Téhéran), Hamadan et Tabriz, l’ancienne Perse a toujours été un point central reliant l’Asie centrale à l’Irak, la Turquie et l’Europe.

Ainsi, la République islamique s’impose comme un maillon stratégique du vaste projet lancé par Xi Jinping pour relier la Chine à l’Europe, à l’Afrique et au Moyen-Orient.

La raison première tient à la géographie. Situé à la croisée de l’Asie centrale, du Caucase, du Golfe et de l’Asie du Sud, l’Iran constitue un passage naturel entre l’Est et l’Ouest. Pour Pékin, ce positionnement permet de développer des corridors terrestres alternatifs aux routes maritimes traditionnelles, souvent longues, coûteuses et exposées aux tensions géopolitiques, notamment au niveau du canal de Suez ou du détroit de Malacca.

L’Iran est également un nœud logistique clé. Il s’insère dans plusieurs axes de transport majeurs reliant la Chine à l’Europe et à la Russie, ainsi qu’au sous-continent indien. Le développement de liaisons ferroviaires et routières à travers le territoire iranien réduit les délais de transit et renforce la résilience du commerce eurasiatique voulu par Pékin.

Enfin, l’Iran offre à la Chine un levier géopolitique au Moyen-Orient. En approfondissant son partenariat avec Téhéran, Pékin étend son influence dans une région stratégique, tout en affichant une alternative diplomatique aux puissances occidentales.

Au final, il n’est pas question pour l’Empire du Milieu de renoncer à ses relations stratégiques avec l’Iran en dépit de possibles droits de douane américains. D’ailleurs, les menaces commerciales de Donald Trump ne font plus vraiment peur en Chine. En 2025, après des mois de bras de fer, Donald Trump avait finalement fait profil bas en acceptant un accord commercial avec la Chine.

Pour autant, même si l’Iran demeure au cœur de leurs intérêts nationaux, il est peu probable que les dirigeants chinois, connus pour leur pragmatisme et leur sens de la mesure, aillent au conflit avec les États-Unis rien que pour les beaux yeux des mollahs.

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USA – Iran : bruits de bottes au Proche-Orient

Des frappes ciblées à une offensive d’envergure en Iran, en passant par l’assassinat du Guide suprême iranien, plusieurs scénarios sont examinés à Washington. Mais la voie diplomatique n’est pas non plus écartée.

La question n’est plus de savoir si Donald Trump va donner le feu vert pour frapper l’Iran, mais quand. Le président américain a affirmé, dans la nuit du mercredi 14 janvier lors d’un événement ouvert à la presse à la Maison Blanche, que « les tueries en Iran ont pris fin » après la répression de manifestations par les autorités. Tout en entretenant le flou sur la perspective d’une intervention militaire américaine, affirmant que Washington suivrait de près la situation.

Pause en trompe-l’œil ?

S’agit-il pour Washington d’un faux-semblant de « pause » savamment calculé pour mieux se préparer à une éventuelle attaque contre l’Iran? Aucun porte-avion américain ne se trouvant actuellement dans la région. Alors que Trump a assuré auparavant, le mardi 3 janvier, que les Etats-Unis agiraient « de manière très forte » si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations qui secouent le pays depuis fin décembre et que le soutien aux manifestants était « en route ». Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ayant pour sa part affirmé qu’il n’y aurait « pas de pendaison aujourd’hui (mercredi) ou demain (jeudi) », dans une interview accordée à la chaîne américaine Fox News.

Mais, un signe ne trompe pas sur les intentions cachées des Américains. En effet, Washington vient de procéder au retrait d’une partie de son personnel de certaines bases stratégiques dans la région, notamment à Bahreïn, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Et ce, par mesure de précaution, après que Téhéran a menacé hier mercredi de prendre pour cible les bases militaires américaines dans la région, face à la possibilité d’une intervention des Etats-Unis brandie par Donald Trump. Sachant qu’en juin dernier, la base américaine d’al Oudeïd au Qatar a été prise pour cible par Téhéran après les frappes américaines contre ses installations nucléaires, intervenues dans le cadre du conflit de 12 jours entre Israël et l’Iran.

L’évacuation d’une partie du personnel des bases américaines au Moyen-Orient fait suite à la promesse de Donald Trump de venir en aide aux manifestants. « Patriotes iraniens, CONTINUEZ A MANIFESTER – PRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS !!! […] J’ai annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s’arrêtaient pas. L’AIDE EST EN ROUTE. MIGA [Make Iran Great Again]!!! Ainsi a-t-il écrit mardi 13 janvier dans un post sur son réseau Truth Social.

Options

Mais quelle est la nature de cette aide et quelles sont les options envisagées par l’administration américaine ?

Des frappes ciblées à une offensive d’envergure, cyberattaques massives- Donald Trump s’est d’ailleurs vanté d’avoir éteint toutes les lumières de Caracas, le 3 janvier dernier ou s’inspirer des bipeurs et des talkies-walkies que le Mossad avait activés en 2024- en passant par l’assassinat ou le kidnapping du guide suprême Ali Khamenei… Plusieurs scénarios sont sur la table du président américain. Mais son choix devrait surtout dépendre de l’objectif qu’il cherche à atteindre. Toutefois, la voie diplomatique n’est pas non plus totalement écartée.

Cependant, est écartée toute intervention militaire terrestre contre l’Iran, l’ennemi juré des États-Unis depuis la révolution islamique de 1979. Washington ayant retenu notamment les leçons tirées de l’invasion américaine désastreuse de l’Irak en 2003. D’autant plus que cela pourrait paradoxalement faire le jeu du régime des mollahs et renforcer l’unité autour de lui.

Par contre, une frappe symbolique contre des sites nucléaires iraniens, à l’instar des opérations militaires ponctuelles au Venezuela, que Trump peut ensuite revendiquer comme des succès, est envisageable. A moins de cibler les casernes et les  centres de commandements des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique coupable de la répression des manifestations.

Reste l’arme la plus redoutable : frapper le régime des mollahs au portefeuille. En effet, Donald Trump a prévenu le 12 janvier que les partenaires commerciaux de l’Iran s’exposeront à une hausse de 25 % des droits de douane déjà appliqués par les États-Unis. Via son réseau Truth social, le locataire de la Maison-Blanche a déclaré que la mesure prenait effet  immédiatement. Par conséquent, ces surtaxes douanières s’appliqueront sur tous les échanges commerciaux effectués par les pays visés par les États-Unis.

A cet égard, notons que l’Iran, membre du groupe des producteurs de pétrole de l’OPEP, a exporté des produits vers 147 partenaires commerciaux en 2022, indiquent les données les plus récentes de la Banque mondiale. Ses principaux partenaires commerciaux sont la Chine, l’Irak, les Émirats arabes unis, la Turquie, la Russie, l’Irak et l’Allemagne. Selon les données de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), c’est la Chine qui est la plus visée :  plus d’un quart des échanges commerciaux de l’Iran ont été réalisés en 2024 avec Pékin. Et ce, pour 18 milliards de dollars d’importations et 14,5 milliards de dollars d’exportation

Bref, taper sur l’ennemi, là où cela fait mal sans se salir les mains, tel semble être  la tactique de l’actuel locataire de la Maison Blanche et c’est plus conforme à son tempérament de promoteur immobilier.

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