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Tunisie | Des inondations parfaitement prévisibles

En quelques heures, j’ai vu des années d’équipements et de matériel partir sous l’eau, engloutis dans mon garage, mon atelier/refuge… pendant que mon jardin se retrouvait sous près de 50 cm d’eau… ou plutôt de vase et d’égouts. Et pourtant, je reste convaincu que ce qu’on vient de vivre ces derniers jours en Tunisie n’a rien d’une catastrophe naturelle. Ce sont des inondations bien pensées, bien autorisées et parfaitement prévisibles.

Slim Medimegh *

Des caniveaux transformés en poubelles, des déchets jetés avec nonchalance, des bennes à ordures qui débordent sans jamais être ramassés, et des camions clandestins qui « évacuent » les gravats en les déposant tranquillement dans les terrains vagues et les espaces verts dans l’impunité la plus totale.

Tout ce beau monde finit par offrir à l’eau un parcours d’obstacles digne d’un chantier abandonné.

Du côté de la Marsa, quand j’étais petit, entre la cité des Juges (ex-« Seniet Bouhajeb ») et Bhar Lazreg, il y avait des terres agricoles et des terrains vagues qu’on appelait « Terranet Wango ». De vraies zones de drainage naturel. On y plantait du persil, des carottes, des gombos et tout ce qui demandait beaucoup d’eau. J’y allais même traire les vaches en compagnie de mon père dans une étable située dans le terrain nu qui est en face de l’actuelle supérette «Ali Baba».

L’eau s’étalait et la terre absorbait à son rythme

Un oued descendait de la cité El-Nasr sur la rue du hammam El-Qod’s, et à la moindre grosse pluie, il se transformait en torrent, amenant naturellement toute l’eau vers ces espaces ouverts. L’eau s’étalait, la terre absorbait tranquillement… à son rythme.

Dans ces énormes flaques d’eau, qui devenaient des étangs pleins de vie… il y avait des grenouilles, les mouettes et les cormorans venaient, et parfois même des canards s’abritaient dans ce refuge temporaire mais naturel, profitant du calme imposé par les inondations.

Et moi, j’y testais les petites maquettes de bateaux que je fabriquais, et j’y ramassais les grenouilles que je vendais au labo du lycée. Oui, c’était ça ; des zones prévues pour recevoir l’eau, vivre avec elle, pas la combattre.

Aujourd’hui, ces zones ont été bétonnées, loties et surélevées. Le point le plus bas de La Marsa, qui était logiquement le point d’acheminement naturel des eaux pluviales, a été déplacé artificiellement.

N’ayant plus d’issue, l’eau s’invite dans les maisons

Résultat : des quartiers comme la cité des Juges, Ettabaq, Lahouech… se retrouvent à jouer ce rôle. L’eau n’a plus d’issue, alors elle s’invite dans les rues et dans les maisons. Les autorités parleront d’événements exceptionnels, les municipalités de moyens limités, et on continuera à s’étonner à chaque pluie, et en facturant tout ça sur le compte de l’habituel

 حاجة ربّي، الله غالب، قضاء و قدر…

Pendant ce temps, la nature, elle, se contente de nous rappeler que l’eau suit toujours son cours !

Je m’adresse ici au ministère de l’Equipement, au ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, à l’Agence foncière d’habitation (AFH), à l’Onas, à ceux qui avaient la charge de l’aménagement du territoire à l’époque, aux responsables techniques et aux municipalités qui ont raccordé le réseau d’évacuation des eaux pluviales à celui des eaux usées, et, à ceux qui ont autorisé, laissé faire ou détourné le regard.

Mais je m’adresse aussi et surtout aux dits « citoyens » qui jettent leurs ordures avec nonchalance, sans penser, sans se rendre compte que ces gestes répétés finiraient par devenir la cause directe de ce désastreux bazar.

L’eau n’est pas responsable. Elle suit simplement les chemins qu’on lui laisse, et revient toujours réclamer sa place.

À l’instant même d’un triste constat…

À l’instant même d’un spectacle de désolation.

* Citoyen de La Marsa.

Page Facebook de l’auteur.

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SONEDE : Un plan colossal de rénovation des réseaux d’eau pour 2026-2030

Face à un réseau vieillissant et des besoins croissants, la SONEDE prépare un programme national de modernisation. Plus de 59.000 km de conduites sont concernés, avec d’importants investissements au Grand Tunis, dans le Sud et les régions intérieures. Objectif : réduire les pertes, sécuriser l’approvisionnement et adapter le pays au stress hydrique.

Un réseau vieillissant qui impose une réponse urgente

Lors d’une conférence organisée par l’IACE à Tunis, le PDG de la SONEDE, Abdelhamid Mnaja, a présenté les grandes lignes d’un programme stratégique de renouvellement et de modernisation du réseau d’eau potable prévu pour la période 2026-2030.

Selon lui, l’état du réseau impose une intervention massive : 14.000 km de conduites ont plus de 50 ans, et plus de la moitié du système dépasse les 30 ans, alors que le maillage national s’étend aujourd’hui sur 59.000 km.

Pour Mnaja, il s’agit d’un “chantier national” nécessitant des financements considérables afin d’améliorer l’efficacité, réduire les pertes et renforcer la résilience du système face à la crise hydrique.

Grand Tunis : 500 MD pour un réseau intelligent

Le chantier le plus lourd concerne le Grand Tunis, où un projet d’amélioration des performances techniques et énergétiques est en cours de montage avec la Banque africaine de développement (BAD). Le coût : 500 millions de dinars, pour un lancement prévu en 2026.

Le programme comprend :

  • L’installation de 130.000 compteurs intelligents pour localiser instantanément les fuites.
  • La création d’une salle d’opération centralisée, permettant un pilotage en temps réel de la consommation et des flux.
  • Une optimisation énergétique afin de réduire les coûts d’exploitation d’un réseau saturé par une forte croissance urbaine.

Sfax, Kébili, Tozeur et Ben Guerdane : un second projet de 330 MD

Un deuxième volet sera déployé fin 2026 dans trois gouvernorats – Sfax, Kébili et Tozeur – avec un système de transfert d’eau jusqu’à Ben Guerdane. Budget : 330 millions de dinars.

Ce projet prévoit également :

  • L’installation de 150.000 compteurs intelligents supplémentaires ;
  • Un renforcement des conduites afin de limiter les pertes et améliorer la continuité du service dans des régions régulièrement touchées par les coupures.

Un troisième axe centré sur les gouvernorats du Sud

Un troisième projet, en phase de préparation, concernera sept gouvernorats du Sud, pour un investissement estimé à 230 millions de dinars.

Il vise à :

  • Renforcer le macro-comptage pour identifier précisément les zones de forte consommation ;
  • Rééquilibrer les débits entre zones hautes et basses ;
  • Améliorer l’efficacité d’un réseau encore très fragile dans le Sud-Ouest.

Le dessalement, entre nécessité et stratégie nationale

Abdelhamid Mnaja a par ailleurs rappelé que le dessalement est désormais une composante incontournable de la sécurité hydrique tunisienne.

Depuis les années 1980, la Tunisie développe la filière via 15 stations de dessalement d’eau souterraine, capables de produire 110.000 m³/jour, réparties entre Gabès, Gafsa, Ben Guerdane, Djerba et Kerkennah.

S’y ajoutent trois stations de dessalement d’eau de mer, totalisant une production de 200.000 m³/jour.

La part du dessalement dans l’approvisionnement national passera ainsi de 6% en 2023 à 35% d’ici 2030, marquant un tournant stratégique dans la gestion de l’eau.

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