6 500 détenus tunisiens de l’Etat islamique bientôt transférés de Syrie vers l’Irak
Les États-Unis ont commencé à transférer des détenus de l’État islamique ou Daech de la Syrie vers l’Irak. On estime le nombre de Tunisiennes, Tunisiens et leurs enfants à 6 500 concernés sur un total de prisonniers de 24 000 personnes. Qu’en pense l’Etat tunisien ? Va-t-il accepter d’accueillir ces enfants perdus du djihad ? Comment va-t-il les traiter ? Il n’y a pas encore de réaction officielle à Tunis à ce sujet.
L’agence AFP a rapporté hier, vendredi 23 janvier 2026, que les États-Unis ont commencé à transférer des détenus liés à l’État islamique (EI) du nord-est de la Syrie pour sécuriser les installations en Irak.
Selon la même agence, citant des rapports mercredi du commandement central américain (Centcom) et des sources irakiennes et syriennes, la première phase de l’opération comprenait le transfert de 150 membres présumés de l’EI de la province syrienne de Hasaka vers des centres de détention sous contrôle irakien.
Le plan prévoit le transfert progressif de jusqu’à 7 000 détenus au total, une mesure visant à prévenir les évasions qui pourraient constituer une menace directe pour la sécurité régionale.
On estime le nombre de Tunisiennes, Tunisiens et leurs enfants à 6 500 concernés sur un total de prisonniers de 24 000 personnes.
Le transfert a lieu dans un contexte marqué par le retrait des Forces démocratiques syriennes (FDS) de plusieurs zones du nord-est de la Syrie, à la suite d’un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement de Damas.
Les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle du camp d’Al Hol, qui abrite quelque 24 000 personnes, principalement des femmes et des enfants liés aux combattants de l’EI, et d’une prison à Shaddadeh, où il y avait des évasions et des recaptures ultérieures de détenus.
Un général du renseignement irakien a confirmé à l’Associated Press que l’Irak a reçu le premier groupe de 144 détenus, qui seront transférés par étapes dans les prisons irakiennes, puis interrogés et jugés en justice.
Parmi les personnes transférées figurent des ressortissants de Tunisie, du Tadjikistan, du Kazakhstan, de Syrie et d’Irak, tous considérés comme des commandants de l’EI dangereux, selon cette source.
Au cours des années précédentes, l’Irak avait déjà reçu 3 194 détenus irakiens et 47 détenus français liés au groupe djihadiste.
Les autorités américaines soulignent que le transfert ordonné des prisonniers est essentiel pour empêcher les évasions massives qui pourraient raviver la menace djihadiste. « Faciliter le transfert en toute sécurité des détenus de l’Etat islamique est essentiel pour empêcher une évasion qui constituerait une menace directe pour les États-Unis et la sécurité régionale », a déclaré Brad Cooper, commandant du Centcom.
Malgré la défaite territoriale de l’Etat islamique en Irak en 2017 et en Syrie en 2019, les cellules dormantes du groupe continuent de mener des attaques meurtrières, notamment en Syrie.
I. B.
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