Le “Made in China” ne se contente plus d’être une étiquette familière; il est devenu le moteur silencieux des économies maghrébines. Selon le dernier rapport 2026 de The African Exponent, basé sur les données douanières les plus récentes, le Maroc et l’Algérie s’imposent désormais comme des piliers de la stratégie d’exportation de Pékin sur le continent.
Un duo de tête qui bouscule les chiffres
Si les géants comme l’Afrique du Sud ou le Nigeria conservent la tête du peloton, le Maroc et l’Algérie affichent une vitalité impressionnante dans leurs échanges avec l’Empire du Milieu.
Le Maroc mène la danse avec 2,4 milliards de dollars d’importations chinoises, soit une accélération fulgurante de +21 % en un an. L’Algérie suit de près avec 2,1 milliards de dollars, portée par une croissance solide de 18 %.
Ces chiffres ne sont pas que des statistiques : ils témoignent d’une dépendance mutuelle croissante et d’une intégration logistique de plus en plus fine.
Dans les conteneurs : que reçoit-on vraiment ?
Loin de se limiter aux simples gadgets, l’offre chinoise s’est sophistiquée pour répondre aux besoins structurels de la région. Le panier de marchandises se divise en quatre piliers :
Le numérique et la mobilité : Smartphones et infrastructures de télécommunications indispensables à la connectivité urbaine.
L’industrie lourde : Grues, excavatrices et tracteurs qui construisent les routes et les villes de demain.
Le quotidien : Textile, électroménager et biens de consommation courante.
La maintenance : Pièces détachées pour maintenir à flot les parcs automobiles et agricoles.
Cette diversification montre que la Chine irrigue aussi bien le confort des ménages que les grands chantiers publics, s’inscrivant ainsi durablement dans le paysage économique local via les “Nouvelles Routes de la Soie”.
La Tunisie ?
Si le Maroc et l’Algérie confirment leur position, la Tunisie, bien qu’elle ne figure pas dans ce top 10 continental 2026, connaît une croissance rapide de ses importations chinoises.
En l’espace de sept mois seulement, les exportations chinoises vers la Tunisie ont franchi la barre des 6,5 milliards de dinars (environ 1,92 milliard d’euros). Ce bond spectaculaire a permis à Pékin de réaliser l’impensable : détrôner les partenaires historiques qu’étaient la France et l’Italie.
Pour la Tunisie, ce virage vers l’Est marque une profonde transformation de ses chaînes d’approvisionnement. Qu’il s’agisse de composants électroniques ou de biens manufacturés, le pays semble avoir trouvé en la Chine un fournisseur dont la compétitivité bouscule les vieux schémas européens.
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