L’Iran se tourne vers les cryptomonnaies pour se prémunir contre la crise du rial
La Banque centrale iranienne a acheté pour plus de 500 millions de dollars d’actifs numériques indexés sur le dollar au cours de l’année écoulée. Et ce, afin d’atténuer la crise monétaire et de contourner les sanctions américaines. C’est ce que révèle un rapport de la société d’analyse blockchain Elliptic, publié mercredi 21 janvier.
La Banque centrale d’Indonésie (CBI), qui tente de gérer des défis économiques imbriqués ayant déclenché des manifestations meurtrières ces dernières semaines en Iran, a effectué deux achats de stablecoin USDT, indexé sur le dollar américain, en avril et mai 2025, selon Elliptic, qui cite des documents divulgués et ses propres recherches.
Jusqu’en juin 2025, la plupart des fonds transitaient par une plateforme d’échange de cryptomonnaies iranienne, où les utilisateurs pouvaient détenir des USDT, les échanger contre d’autres cryptomonnaies ou les vendre contre des rials, rapporte encore la même source. Après l’attaque dont la plateforme a été victime en juin de la part d’un groupe pro-israélien, les flux ont changé : les USDT ont été convertis en d’autres actifs et transférés vers différentes blockchains.
L’économie iranienne est largement coupée des marchés financiers et des banques mondiales depuis que Donald Trump a abandonné l’accord nucléaire historique en 2018 et imposé de lourdes sanctions et pénalités au pays.
Les restrictions imposées aux exportations de pétrole iraniennes, principale source de devises étrangères du pays, ont épuisé ses réserves de change, tout comme l’incapacité du pays à rapatrier ses recettes d’exportation et son exclusion du système bancaire SWIFT. Cette situation a limité la capacité de la Banque centrale d’Iran à défendre la valeur du rial et à lutter contre une inflation galopante.
Ainsi, relaie aussi Elliptic, la Banque centrale d’Iran (CBI) semble utiliser le stablecoin pour enrayer l’effondrement du rial et traiter les paiements liés au commerce international. Cette pratique permettrait à l’Iran de développer un mécanisme bancaire résistant aux sanctions et un système financier parallèle capable de détenir des fonds en dollars américains hors de portée des autorités américaines.
Par ailleurs, notons que les autorités iraniennes ont imposé de sévères restrictions sur l’accès à Internet et aux réseaux téléphoniques depuis le 8 janvier. Date à laquelle les manifestations ont pris une ampleur considérable et les forces de sécurité ont lancé une répression meurtrière contre les manifestants.
Dans un rapport publié la semaine dernière, la société d’analyse blockchain Chainalysis a estimé que le secteur des cryptomonnaies en Iran atteindra 7,78 milliards de dollars en 2025. Et ce, alors que de plus en plus d’Iraniens tentent de protéger leurs actifs contre l’inflation galopante et recherchent des alternatives aux dollars et aux euros de plus en plus chers.
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