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Ligne maritime Tunisie–Sénégal : transformer un déficit logistique en avantage compétitif africain

Par Ali Khribi, président de la CTSCI

Malgré une complémentarité sectorielle évidente, les échanges commerciaux entre la Tunisie et le Sénégal restent largement en dessous de leur potentiel. La principale contrainte n’est ni productive ni commerciale et ni de la volonté de faire de l’Afrique un axe prioritaire de croissance, d’exportation et de projection entrepreneuriale, mais logistique. L’absence d’une ligne maritime directe oblige les opérateurs à recourir à des transbordements européens ou régionaux, allongeant les délais, augmentant les coûts et affaiblissant la compétitivité, notamment pour les produits sensibles et à forte valeur ajoutée.

La ligne maritime directe : un accélérateur immédiat de compétitivité

La création d’une liaison maritime directe Tunisie–Sénégal constitue un levier structurant à fort impact. Elle permettrait de réduire les délais d’acheminement de 30 % à 50 %, d’abaisser les coûts logistiques de 10 % à 25 % et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement. Les bénéfices seraient immédiats pour des secteurs clés tels que l’agroalimentaire, les matériaux de construction, le textile, la mécanique, la cosmétique, la pharmacie et les services industriels.

S’inscrire pleinement dans la dynamique africaine et la ZLECAf

Cette initiative s’inscrit dans la logique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et du renforcement des flux Sud–Sud. Elle favorise la constitution de chaînes de valeur africaine intégrées, réduit la dépendance aux hubs extra-africains et renforce la souveraineté économique des deux pays, dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.

L’État tunisien au cœur du dispositif stratégique

La réussite du projet nécessite une implication directe de l’État tunisien, notamment à travers la Compagnie Tunisienne de Navigation (CTN) ou toute autre entité publique concernée. Un appui institutionnel au lancement, sous forme de pilote, d’incitations ciblées et d’accords portuaires et douaniers adaptés, est indispensable. Cette ligne doit être considérée comme un investissement stratégique et non comme une charge budgétaire.

La Chambre Tuniso-Sénégalaise de Commerce et d’Industrie (CTSCI) : moteur de structuration économique

La CTSCI se positionne comme catalyseur du projet. Elle mobilise les exportateurs tunisiens, structure un
business case collectif (volumes, produits prioritaires, calendrier) et sécurise la rentabilité de la ligne dès sa phase pilote, en coordination avec les acteurs publics et privés.

Rentabilité garantie par un flux retour structuré depuis le Sénégal

Une ligne maritime durable repose sur l’équilibre des flux. La Chambre s’engage à mobiliser les exportateurs sénégalais, à identifier les produits à fort potentiel pour le marché tunisien et à organiser des actions de promotion ciblées (B2B, missions, catalogues). L’objectif est d’assurer une rentabilité bilatérale dès le démarrage.

Un tremplin pour l’investissement tunisien en Afrique de l’Ouest

Au-delà du commerce, la ligne maritime réduit la barrière logistique et le coût d’entrée pour les entrepreneurs tunisiens souhaitant investir au Sénégal et dans l’espace UEMOA–CEDEAO, un marché de plus de 110 millions de consommateurs. La Chambre se positionne comme plateforme d’accompagnement et de facilitation.

Conclusion : un corridor maritime au service de l’influence économique africaine

La ligne maritime directe Tunisie–Sénégal est bien plus qu’un projet logistique. C’est un outil de souveraineté économique, d’intégration africaine et de projection régionale. Portée par une alliance public-privé structurée, elle ambitionne de créer un corridor maritime durable, rentable et stratégique entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest.

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