Lese-Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.

Wassim Turki : “Les mesures fiscales ne suffisent pas, il faut anticiper les ressources futures”

L’investissement public s’impose comme un levier stratégique pour l’État. Il génère non seulement emplois et croissance économique, mais exerce aussi un effet multiplicateur décisif sur l’économie du pays.

Pour la loi de finances 2026, le taux d’investissement public atteint 8 % du budget de l’État. Passant de 5,4 milliards de dinars en 2025 à 6,3 milliards en 2026, soit une hausse de 0,9 milliard. De ce fait, ce niveau reste toutefois modeste au regard des besoins du pays. Que peut-on en déduire?

Wassim Turki, expert-comptable et consultant émérite, l’a déclaré en exclusivité à leconomistemaghrébin.com à l’issue de l’événement organisé par la CONECT sur la loi de finances 2026 : « Sans engagement ferme de l’État dans les investissements, le secteur privé hésite à suivre, freinant l’élan économique global. »

Il rappelle en l’occurrence que la masse salariale absorbe 90 % des recettes fiscales, rendant ardu le financement des investissements. Cela dit, maintenir 8% dans ce contexte représente un effort louable et un premier pas vers une restructuration budgétaire viable. Pourtant, le vrai défi, selon M. Turki, réside dans l’exécution : une nouvelle route budgétisée en 2022 reste irréaliste après des années, prouvant que les 6 milliards de dinars pèsent moins que la capacité réelle de l’État à les dépenser.

La loi de finances 2026 contient des avancées notables, comme la stabilisation budgétaire et le rééquilibrage de la dette au profit d’une dette intérieure malgré ses risques inflationnistes. Mais six ans pour l’équilibre budgétaire ont paralysé la croissance. « Si l’on reste dans une logique comptable d’équilibre budgétaire, aucune solution n’émerge. Il faut en sortir, s’aventurer, prendre des risques pour créer de la croissance », insiste M. Turki. Tout en ajoutant : « Les mesures fiscales seules n’y suffisent pas; il faut anticiper les ressources futures et investir davantage. »

Par ailleurs, la stabilité fiscale est cruciale. Car un investisseur confronté à des schémas fiscaux changeants d’une année à l’autre voit son risque croître et peine à se développer. Ainsi, l’expert-comptable Wassim Turki suggère de réduire la pression fiscale pour garantir plus de prévisibilité. Il convient de cesser de boucler le budget par la fiscalité seule et de chercher ailleurs.

Partenariats public-privé comme solution

Les partenariats public-privé (PPP) s’imposent comme une réponse idoine pour bâtir des infrastructures structurantes (aéroports comme Tunis-Carthage, ports, stades ou hôpitaux) sans épuiser les finances publiques. Ils mobilisent le privé pour un impact global et progressif sur l’économie.

Une vision à long terme

M. Turki conclut : « C’est vrai que nous ne sommes pas à un équilibre budgétaire parfait, mais il faut d’ores et déjà réfléchir à l’après-équilibre. Car sans création de richesse, cet équilibre générera des manques. Il est urgent de nous projeter dans une logique de croissance et de développement pour les 15 à 20 prochaines années, sans nous limiter à court terme. Cette vision à moyen terme sur 15 ans doit intégrer une perspective bien plus lointaine. Qu’allons-nous faire dans les cinq prochaines années ? Pourquoi ? Quels objectifs atteindre ? C’est une construction progressive, année après année. Mais l’ultime horizon compte : comment voyons-nous le pays, comment doit-il être ? Le plan quinquennal s’inscrit dans cette vision globale, tout comme le budget annuel s’y intègre. Ainsi, nous nous positionnons et nous projetons dans cette croissance, en créant de l’espoir. »

L’article Wassim Turki : “Les mesures fiscales ne suffisent pas, il faut anticiper les ressources futures” est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La Conect décortique la facturation électronique

Depuis l’annonce du communiqué du ministère des Finances, la Conect a lancé le débat sur la facturation électronique imposée par la loi de finances, lors d’une journée organisée le mercredi 14 janvier 2026 à Tunis.

À cet effet, Mehdi Bhouri, membre du bureau national exécutif de la Conect, tire la sonnette d’alarme sur la mise en œuvre imminente de la facturation électronique, issue de la loi de finances.

Dans une enquête de terrain menée du 6 au 12 janvier auprès d’une soixantaine d’entreprises des secteurs des services, de l’industrie et du commerce, la Conect a révélé un secteur économique pris au dépourvu. Un calendrier juridique en gestation depuis 2016, mais une préparation défaillante. À cet effet, la Conect a multiplié les analyses pour anticiper cette réforme: une étude du calendrier juridique, une comparaison des expériences de plus de 80 pays, et cette enquête «flash» qui dresse un portrait alarmant. Résultat: 66% des entreprises ne sont pas prêtes et n’ont entamé aucune adaptation, craignant des risques immédiats comme l’arrêt de leur facturation. Pire, 83% jugent leur niveau d’information faible ou moyen, et 67% anticipent un impact critique sur leurs activités, entre sanctions et dysfonctionnements techniques.

Le manque d’information émerge comme l’obstacle numéro un, cité par 74% des répondants. “Ce n’est pas un recensement exhaustif, mais un sondage rapide pour prendre le pouls des entreprises”, précise Mehdi Bhouri. Il appelle à un soutien à la numérisation, mais prône la prudence.

À cet effet, il rappelle que les pays ayant imposé la facturation électronique sans infrastructures solides ni accompagnement ont connu des échecs retentissants.

La Conect propose cinq axes prioritaires pour gérer l’impossibilité immédiate de mise en place des nouvelles obligations fiscales (facturation électronique via Fato), en réponse aux sanctions prévues dès décembre 2025.

  1. Suspension et report immédiat: suspension des obligations, avec une note officielle confirmant un moratoire d’au moins six mois pour permettre une préparation adéquate. Maintien pour les secteurs déjà concernés et phase pilote volontaire avec accompagnement renforcé, comme le souligne Mehdi Bhouri.

  2. Accompagnement massif: campagne d’information en partenariat avec les organisations nationales; guichet unique d’assistance (réponse garantie); formations ciblées; guides sectoriels; ateliers de conformité; et aides financières (subventions, crédits bonifiés, prise en charge des coûts).

  3. Optimisation des infrastructures: révision du monopole de la plateforme Fato pour éviter les risques de panne généralisée; réduction des tarifs (facture et abonnement) adaptée aux PME; amélioration des délais de l’ANCE; garanties de performance (disponibilité ≥99,5%, temps de réponse optimisé).

  4. Équité fiscale et déploiement progressif: calendrier échelonné sur 2-3 ans (grandes entreprises immédiates, moyenne: 1 an, petites: 2 ans, très petites: 3 ans); inclusion des secteurs informels; sanctions proportionnelles et progressives.

  5. Gouvernance partenariale: concertation ouverte inspirée des succès internationaux (ex.: Brésil, -20% de fraude TVA); gouvernance partenariale et évaluations d’impact régulières pour corriger les manques de conformité actuels.

 

 

 

 

 

L’article La Conect décortique la facturation électronique est apparu en premier sur Managers.

Aslan Berjeb : « L’investisseur public, locomotive de l’investissement, peut aspirer à plus »

La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a réuni un public record d’adhérents et de non-adhérents lors de sa journée d’information dédiée à la loi de finances 2026. Objectif : démêler les mesures fiscales sociales et les ambiguïtés persistantes, tout en alertant sur un investissement public trop modeste à 8% du budget de l’État, loin des standards régionaux.

Aslan Berjeb, président de la Conect, a déclaré en exclusivité à L’Économiste Maghrébin que le rôle essentiel de la Confédération est de toujours communiquer sur la loi de finances. Et de souligner : « Nous avons enregistré une présence record, entre adhérents et non-adhérents. Je tiens à les remercier pour cela. L’objectif est de clarifier la loi de finances, en particulier au niveau des mesures fiscales ».

Il est tout aussi important de revenir sur la partie comptable de la loi de finances 2026, même si elle semble ne pas relever directement des opérateurs économiques. Évoquant le taux d’investissement public, qui constitue 8% du budget de l’État, Aslan Berjeb a précisé : « En 2025, il s’élevait à 5,4 milliards de dinars ; en 2026, il passe à 6,3 milliards de dinars, soit une augmentation de 0,9 milliard. Cela représente très peu, seulement 8% du budget de l’État, comparé à d’autres pays qui sont loin devant, avec 15 à 20%. Je pense ici à l’Égypte, au Maroc et à l’Algérie. Ce qui signifie que si l’on veut lancer un message rassurant aux opérateurs économiques et considérer l’investisseur public comme la locomotive de l’investissement, je pense qu’on peut aspirer à plus. J’espère que les équilibres budgétaires le permettront lors des prochaines lois de finances ».

Pour revenir aux mesures fiscales, il souligne : « Il s’agit d’une loi de finances éminemment sociale. C’est aussi une loi où certains textes restent ambigus en termes d’applicabilité et d’application. J’en cite quelques-uns, de manière non exhaustive : la voiture familiale, le compte en devises et la facture électronique. Ce sont des textes qui nécessitent absolument des notes communes pour, d’une part, les comprendre et, d’autre part, les appliquer de manière très claire. Et d’ailleurs, pour la facture électronique, on attend incessamment un texte officiel ».

Et de conclure :  » Je comprends parfaitement le dernier communiqué du ministère des Finances, qui tranquillise certes les opérateurs économiques, mais qui nécessite une clarification à travers un texte officiel, une source de droit ».

L’article Aslan Berjeb : « L’investisseur public, locomotive de l’investissement, peut aspirer à plus » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Facturation électronique-Conect : 66% des entreprises ne sont pas prêtes

Depuis l’annonce du communiqué du ministère des Finances, la CONECT lance le débat sur la facturation électronique imposée par les lois de finances, lors de la journée du mercredi 14 janvier 2026 à Tunis. 

A cet effet, Mehdi Bhouri, membre du bureau national exécutif de la CONECT, tire la sonnette d’alarme sur la mise en œuvre imminente de la facturation électronique, issue des lois de finances.

Dans une enquête de terrain menée du 6 au 12 janvier auprès d’une soixantaine d’entreprises des secteurs des services, de l’industrie et du commerce, la Conect a révélé un secteur économique pris au dépourvu.

Un calendrier juridique en gestation depuis 2016, mais une préparation défaillante. A cet effet, la CONECT a multiplié les analyses pour anticiper cette réforme : une étude du calendrier juridique lancé, une comparaison des expériences de plus de 80 pays, et cette enquête « flash » qui dresse un portrait alarmant. 

Résultat : 66% des entreprises ne sont pas prêtes et n’ont entamé aucune adaptation, craignant des risques immédiats comme l’arrêt de leur facturation. 

Pire, 83% jugent leur niveau d’information faible ou moyen, et 67% anticipent un impact critique sur leurs activités, entre sanctions et dysfonctionnements techniques.

Le manque d’information émerge comme l’obstacle numéro un, cité par 74% des répondants. « Ce n’est pas un recensement exhaustif, mais un sondage rapide pour prendre le pouls des entreprises », précise Mehdi Bhouri.

Il appelle à un soutien à la numérisation, mais appelle à la prudence. En d’autres termes, si  la CONECT plébiscite la numérisation pour plus de transparence et de justice fiscale, elle met en garde contre une précipitation fatale. 

Les études comparatives l’attestent : les pays ayant imposé la facturation électronique sans infrastructures solides ni accompagnement ont connu des échecs retentissants. 

« Le facteur psychologique est clé : la peur paralyse les acteurs économiques », insiste l’intervenant.Mehdi Bhouri salue la flexibilité actuelle des autorités fiscales, mais il appelle  le ministère des Finances à publier sans tarder une  note explicative.  Enfin, il appelle à  détailler les étapes progressives de l’application, pour apaiser les craintes des entreprises.

L’article Facturation électronique-Conect : 66% des entreprises ne sont pas prêtes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Facture électronique – Mehdi Bhouri : « La CONECT propose le report et la coexistence des formats »

Depuis l’annonce de la présidence de la République et du ministère des Finances, qui a été publié, l’après-midi du mardi 13 janvier 2026, dans un communiqué concernant la facture électronique et les demandes de flexibilité, Mehdi Bhouri, membre du bureau exécutif national de la Conect, a réagi positivement à l’introduction du terme « flexibilité » dans les communiqués officiels, tout en soulignant que son interprétation exacte reste à définir.

Dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com, il lance un appel aux autorités pour une note explicative détaillée précisant les modalités de mise en place. Selon une étude réalisée par la Conect, il propose plusieurs recommandations et solutions de flexibilité, notamment :

  • Un report de l’obligation : un délai de six mois pour permettre aux entreprises de mieux se préparer, assorti d’un moratoire sur les sanctions ou d’une suspension immédiate de leur application.                                                            
  • La coexistence des formats : une période de « concomitance » entre factures papier (ou classiques) et factures électroniques.

Lire aussi — Le ministère des Finances assouplit l’application de la facturation électronique obligatoire

  • Une progressivité selon la taille : une introduction secteur par secteur ou par taille d’entreprise, pour tenir compte des capacités des petites structures face à des coûts jugés significatifs (comme 190 millimes par facture).
  • Une phase pilote : un programme volontaire avec accompagnement renforcé pendant le moratoire, afin que les plateformes publiques absorbent le flux de données et assurent une transition fluide pour le secteur privé.

En somme, ces mesures ont pour objectif de lever les ambiguïtés ainsi que l’intérêt de favoriser une adoption progressive de la facture électronique.

L’article Facture électronique – Mehdi Bhouri : « La CONECT propose le report et la coexistence des formats » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Rapport BM – Abdelkader Boudrigua : « Optimisme pour la résilience tunisienne, un potentiel à saisir »

Le rapport de la Banque mondiale (BM) anticipe une inflation mondiale en baisse à 2,6 % en 2026. Quelle lecture en tirer au regard des tensions géopolitiques persistantes ?

Rencontré lors de l’événement organisé par la CONECT sur la loi de finances 2026 et les questions macroéconomiques, Abdelkader Boudrigua, académicien et enseignant universitaire, a accordé une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin.

Ainsi, il analyse le rapport de la Banque mondiale, qui prévoit une inflation mondiale à 2,6 % en 2026 malgré les tensions géopolitiques. Il déclare : « On le sait depuis avril, avec les mesures américaines en matière de politique tarifaire et commerciale sous forme de tensions géopolitiques. Nous craignions un impact sur la croissance mondiale et les prix internationaux. Mais depuis octobre, il apparaît que la résilience mondiale est bien plus forte car la croissance s’est maintenue et l’inflation également. »

Lire aussi — BM : l’inflation mondiale devrait baisser à 2,6 % en 2026

Et de poursuivre : « On va continuer à avoir ce cycle de tendance baissière, au moins de stabilité des prix à l’international. Ce qui nous intéresse, ce sont les prix des matières premières, métaux précieux et produits énergétiques. Ce sera dans la maîtrise, avec un impact favorable sur les prix importés, l’inflation importée. Cela peut être consolidé par une reprise de l’investissement local, si on met en place un climat de confiance. »

Et de conclure : « Des signes de stabilisation émergent aujourd’hui, avec une rotation vers l’entreprise et l’efficacité. La prise de conscience politique de l’intérêt de ces économies est réelle. Nous espérons que cela perdure en 2026 pour sortir enfin du tunnel. Cela nécessite un environnement qui inspire confiance et incite les entreprises à investir. Car sans confiance, il n’y aurait pas d’investissement. Ainsi naîtra un cercle vertueux nous permettant de nous en sortir progressivement. Cela fait cinq à six ans, voire 12 ans depuis la phase 2011-2018. Mais je reste optimiste, parce que les opérateurs tunisiens sont résilients. Et nous avons un potentiel à ne pas manquer plus longtemps, sous peine qu’il ne soit trop tard.« 

L’article Rapport BM – Abdelkader Boudrigua : « Optimisme pour la résilience tunisienne, un potentiel à saisir » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Crise des dattes : sécheresse et stress hydrique menacent la production

Le secteur des dattes représente un pilier économique majeur, avec une production qui devrait atteindre à 404 000 tonnes pour la saison 2025-2026. Sauf qu’à l’heure actuelle la production n’a atteint que 300 000 mille tonnes, au dessous de la production estimée. 

Malgré ce secteur mondialement connu en exportations, la filière des dattes fait face à des défis climatiques persistants. Avec une baisse récente des exportations et des problèmes structurels de stockage et de commercialisation. 

Les producteurs subissent des impacts climatiques (sécheresse, faible pluviométrie) aggravant la qualité et les pertes post-récolte. Les prix fluctuent et on assiste à une incapacité à couvrir les coûts depuis quelques années; et ce, en raison du stress hydrique. 

Joint par téléphone, Ibrahim Khalifa, président du bureau régional de la CONECT, dresse un état des lieux de la crise que connaît le secteur. 

Entre les tensions sur la ressource en eau et les failles logistiques, les difficultés d’exportations ont fait plonger la production sous les prévisions. Ainsi, elles sont passées de 400 000 tonnes espérées à seulement 300 000-344 000 tonnes réalisées. Notre interlocuteur constate donc que cette baisse pèse lourdement sur les revenus des agriculteurs des oasis. 

Une chose est sûre, le changement climatique y est pour quelque chose, car il a provoqué un déficit hydrique sévère. En effet, les cycles d’irrigation d’un palmier ne devraient pas dépasser sept à huit jours. Or, ils atteignent 10 à 15 jours, avec des débits trop faibles, affaiblissant les palmiers et altérant les fruits. Ce qui a pour conséquence des dattes ternes, déshydratées et bradées à vil prix.

En outre, un autre élément important réside dans les pannes récurrentes des puits. Ils sont entretenus par des associations démunies, qui coupent l’eau en pleine canicule pendant un à deux mois, compromettant ainsi toute la récolte. Cela s’explique par cinq années de sécheresse qui placent la région en zone critique. A cet égard, notons que l’agriculture absorbe 80 % de l’eau disponible.

Par ailleurs, Ibrahim Khelifa insiste sur le  manque de liquidités bloquant les ventes sur pied et un stockage défaillant. Il milite pour des pompages solaires subventionnés, allégeant les factures énergétiques exorbitantes et libérant les forages individuels, prohibés à ce jour. Il précise dans ce contexte : « En tant qu’agriculteurs, nous avons soumis en mars 2025 au ministère de l’Agriculture des solutions pouvant relancer la production des dattes via l’utilisation des pompages solaires. Il faut dire que cela a suscité de l’intérêt, mais il n’y a eu aucun suivi. Alors qu’une telle solution aura un impact potentiel non seulement sur la qualité, mais aussi sur les volumes. »

Un autre frein : les difficultés d’exportation

Les envois vers le Maroc, principal client (17 à 29 % du total), sont bloqués par des quotas et licences imposés dès décembre. Résultat : 25 000 à 35 000 tonnes sont immobilisées avant le Ramadan. Des rumeurs de mesures de rétorsion tunisiennes et des tensions entre les deux pays font grossir les stocks invendus.

De plus, l’Union européenne (44% des exportations), l’Afrique et l’Asie concurrencent l’Algérie, l’Égypte et l’Arabie saoudite. Les expéditions de la saison 2024-2025 ont baissé de 6 %; malgré une légère hausse des prix (6,55 à 6,62 DT/kg). Enfin, notre interlocuteur lance un appel au corps diplomatique et au CEPEX afin de débloquer la situation via une diplomatie plus réactionnelle.

En somme, sans action immédiate, ces stocks invendus risquent de faire plonger les prix et de menacer des milliers d’emplois dans le secteur des dattes. D’où l’urgence à réagir!

L’article Crise des dattes : sécheresse et stress hydrique menacent la production est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Café en Tunisie : La filière se structure pour rompre avec les pénuries et le marché parallèle

La filière du café en Tunisie se dote enfin d’une organisation représentative. La Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) a annoncé la création du Groupement des Torréfacteurs de Café, présidé par Jasser Lahmar, afin de donner une voix unifiée aux acteurs du secteur et de relancer une filière en crise.

Une filière sous tension depuis des années

“Le café a désormais sa voix à la CONECT”, a déclaré avec satisfaction Aslan Ben Rejeb, président de la confédération, dans un message publié sur Facebook. Il a rappelé les nombreuses difficultés traversées par la filière : monopole de l’importation par l’État, prix administrés, pénuries récurrentes, et essor du marché parallèle qui “déstabilise la concurrence loyale et expose le consommateur à des produits non contrôlés”.

Le café vert, matière première des torréfacteurs, reste aujourd’hui importé exclusivement par l’Office du Commerce de Tunisie (OCT), un monopole qui engendre, selon la CONECT, des ruptures d’approvisionnement à répétition, accentuées par les hausses de prix mondiaux et les difficultés logistiques de l’office public.

Ouvrir l’import et tracer la filière

Pour sortir de cette impasse, Aslan Ben Rejeb plaide pour une ouverture contrôlée du marché : permettre à davantage d’acteurs privés agréés d’importer du café vert, à condition de respecter des critères stricts de traçabilité, de qualité et de contrôle sanitaire.

Il propose également d’autoriser les échanges de café vert entre torréfacteurs, afin de donner plus de flexibilité au marché et d’alléger la dépendance à l’importation. Autre piste : créer une plateforme numérique nationale pour tracer les flux de café, réduire la contrebande et garantir la transparence des circuits.

Vers une gouvernance « par la data »

La CONECT appelle à passer d’une “logique de gestion de pénurie” à une gouvernance basée sur les données : publication des volumes importés, calendrier prévisionnel, mécanismes anti-spéculation et instance de concertation entre l’État et les professionnels.

“Libéraliser la filière, ce n’est pas déréguler, c’est responsabiliser les acteurs, renforcer les contrôles et couper l’oxygène au marché parallèle”, résume Ben Rejeb, qui voit dans cette réforme un moyen de soutenir les PME torréfactrices et de redonner de la visibilité aux cafetiers tunisiens.

Lire aussi

L’article Café en Tunisie : La filière se structure pour rompre avec les pénuries et le marché parallèle est apparu en premier sur webdo.

❌