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La présidente de le Berd en visite en Tunisie

La présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), Odile Renaud-Basso, est en visite en Tunisie les 15 et 16 janvier 2026 pour rencontrer de hauts responsables gouvernementaux et des clients des secteurs public et privé.

Au programme de la visite, des rencontres avec le président de la république Kaïs Saïed; la Première ministre, Sarra Zaafarani Zenzeri ; et le ministre de l’Économie et du Plan et gouverneur de la Berd, Samir Abdelhafidh.

La présidente Renaud-Basso rencontrera également des institutions financières internationales et des partenaires commerciaux.

Les discussions devraient porter sur les priorités communes, notamment la mobilisation des acteurs économiques grâce au financement du secteur privé, le soutien aux investissements dans les énergies durables et les infrastructures, ainsi que la gouvernance économique des entreprises publiques, indique la Berd dans un communiqué.  

Mme Renaud-Basso devraient aussi signer de nouveaux accords d’investissement et de subvention de la Berd, conclus avec l’Union européenne et d’autres partenaires. Elle a déclaré : «Je suis heureuse de me rendre en Tunisie pour réaffirmer notre partenariat durable. Nous sommes déterminés à soutenir une croissance économique créatrice d’emplois de qualité, notamment pour les jeunes et les populations vulnérables, tout en renforçant le secteur privé comme moteur d’opportunités. Parallèlement, nous sommes prêts à accompagner la Tunisie dans sa transition vers une économie résiliente, durable et verte.»

La présidente de la Berd est accompagnée de Nodira Mansurova, cheffe du bureau de la Berd en Tunisie, et d’une délégation de haut niveau de la Berd.

Depuis le début de ses opérations en Tunisie en 2012, la Berd a investi plus de 3 milliards d’euros dans 89 projets à travers le pays, dont 65 % dans le secteur privé.

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La Tunisie reçoit un nouveau C-130H Hercules des États-Unis

Les États-Unis ont livré, le 13 janvier 2026, un C-130H Hercules à l’armée de l’air tunisienne sur la base aérienne Sidi Ahmed de Bizerte, en présence de hauts responsables militaires, dont le ministre de la Défense, Khaled Sehili, et l’ambassadeur Bill Bazzi.

L’ambassade des États-Unis en Tunisie a annoncé cette livraison, précisant qu’il s’agit du quatrième C-130 livré à la Tunisie par le gouvernement américain depuis 2021.

«La livraison de cet appareil réaffirme l’engagement du gouvernement des États-Unis à renforcer les capacités de transport aérien de l’armée de l’air tunisienne et à promouvoir la prospérité du secteur économique de la défense américain», a déclaré l’ambassade des États-Unis dans un communiqué.

«Cette capacité de transport aérien supplémentaire renforcera la capacité de la Tunisie à mener des exercices conjoints et multinationaux, des missions de transport aérien, des opérations de sécurité et des missions d’intervention rapide dans toute la région. Les États-Unis collaborent avec la Tunisie, partenaire stratégique et allié clé non membre de l’Otan, depuis plus de quarante ans sur les opérations, la formation et le soutien liés aux C-130. Cette livraison marque une nouvelle étape importante dans le développement de la coopération entre les forces armées américaines et tunisiennes», poursuit le communiqué.

«Cet appareil représente un nouveau pas en avant dans le partenariat de longue date et de confiance qui unit les États-Unis et la Tunisie», a déclaré l’ambassadeur Bazzi. Et d’ajouter : «Le renforcement des capacités de transport aérien de la Tunisie consolide notre capacité commune à soutenir la stabilité régionale, les efforts de sécurité conjoints et l’aide humanitaire.»

Lors de la cérémonie de remise, le ministre de la Défense, Khaled Sehili, a souligné la solidité de l’amitié et le haut niveau de coopération bilatérale entre les deux pays, qualifiant cette coopération de partenariat stratégique fondé sur des intérêts communs et le respect mutuel.

Selon un communiqué du ministère de la défense, M. Sehili a salué l’engagement de l’administration américaine à mettre en œuvre les conclusions de la Commission militaire conjointe tuniso-américaine et la feuille de route pour la coopération militaire bilatérale. Il a ensuite mis en avant les principaux axes de collaboration, notamment le renforcement des capacités opérationnelles des forces armées tunisiennes, la fourniture d’équipements spécialisés, l’intensification des programmes d’entraînement conjoints, le partage d’expertise et le soutien technique. M. Sehili a réaffirmé la volonté de la Tunisie d’approfondir davantage ce partenariat, rappelant son rôle de garant de la sécurité régionale et de pilier de stabilité.

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Ksar Hellal | Décès du Dr Kamel Maalel

On vient d’apprendre avec une profonde tristesse, ce jeudi 15 janvier 2026, le décès du Dr Kamel Maalel, spécialiste des maladies respiratoires et allergiques, après son admission à l’unité de soins intensifs de la clinique Les Oliviers à Sousse.

Le docteur Kamel Maalel a été hospitalisé suite à un grave accident de la route survenu dimanche dernier à Ksar Hellal, sa ville natale.

Ses obsèques auront lieu aujourd’hui après la prière d’Al-Âsr au cimetière Al-Qassab, à Ksar Hellal, où le défunt était connu pour son dévouement et sa grande compassion envers les malades et les plus démunis.

Dr Maalel était diplômé en allergologie de la Faculté de Médecine de Necker à Paris et ancien médecin principal et spécialiste du CHU de Sousse. IL avait son cabinet privé à Ksar Hellal.

I. B.

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City Cars lance le EV3 et accélère la mobilité électrique en Tunisie

Kia EV3, portée par une vision avant-gardiste, poursuit activement son offensive vers une mobilité 100 % électrique. Dans cette dynamique, le constructeur sud-coréen s’impose comme un acteur majeur grâce à un plan d’électrification ambitieux, soutenu par une gamme en constante évolution.

Fort du succès du Kia EV6, premier véhicule entièrement électrique de la marque, et de l’arrivée acclamée de son flagship, le Kia EV9, Kia franchit une nouvelle étape stratégique avec l’introduction du Kia EV3, conçu pour démocratiser la conduite électrique.

Positionné sur le segment des SUV urbains compacts, le Kia EV3, petit frère de l’EV9, représente un modèle phare – voire décisif – dans l’écosystème électrique de la marque. Pensé pour une nouvelle génération de conducteurs, il allie design emblématique, performances zéro émission et technologies intelligentes. Il ouvre ainsi la voie à une électromobilité plus accessible et grand public.

City Cars acteur clé de la mobilité électrique

En Tunisie, cette ambition se concrétise avec City Cars. Fidèle à une stratégie visionnaire et innovante, l’entreprise annonce avec fierté l’introduction du Kia EV3 sur le marché tunisien, marquant une étape clé dans le développement local de la mobilité propre.

«Chez City Cars, nous réaffirmons avec force notre engagement à accompagner la vision audacieuse de Kia en matière de mobilité durable. Après le lancement réussi des Kia EV6 et EV9, nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape stratégique en mettant sur le marché tunisien un modèle électrique plus accessible au plus grand nombre. L’arrivée du Kia EV3 constitue un jalon majeur dans la mise en œuvre de notre plan visant à proposer une gamme 100 % électrifiée couvrant l’ensemble des segments et répondant aux attentes de tous nos clients. Les deux dernières années nous ont permis d’accumuler une expérience précieuse à travers l’exploitation des EV6 et EV9 sur nos routes. Ces modèles ont bénéficié d’un suivi rigoureux dans le cadre du programme exclusif “Green Tie Program” (GTP), déployé par City Cars afin d’accompagner, rassurer et guider nos clients dans leur transition vers l’électrique. Grâce à ce programme, ils ont pu profiter d’un service attentionné et d’un soutien personnalisé, qui a favorisé une adoption sereine et convaincue du 100 % électrique. Nous capitalisons aujourd’hui sur ces acquis, en nous appuyant sur notre expertise historique et sur la force d’un réseau de proximité composé d’une vingtaine d’agents agréés à travers tout le pays. Ce réseau est d’ores et déjà équipé de cinq bornes de recharge rapide de 60 kW permettant de récupérer jusqu’à 80 % d’autonomie en environ 30 minutes, installées dans les villes de Tunis, Sousse, Monastir, Sfax et Gabès. Nous irons encore plus loin : deux bornes supplémentaires seront mises en service à Gafsa et Djerba durant le premier semestre 2026, renforçant un maillage stratégique couvrant les principales régions du territoire. Nous sommes extrêmement fiers de ces investissements majeurs, qui témoignent de notre engagement total à accompagner nos clients dans la transition électrique et à leur garantir une expérience de conduite fluide, sereine et pleinement maîtrisée, partout en Tunisie. City Cars restera au rendez-vous pour bâtir, aux côtés de Kia, un futur automobile plus propre, plus moderne et accessible à tous», a déclaré Riadh Annabi, DG de City Cars.

Kia EV3 primé World Car of the Year 2025

Élu Voiture mondiale de l’année 2025, le Kia EV3 sera commercialisé en quatre finitions, à partir de 104 980 DT.

Offrant une autonomie pouvant atteindre jusqu’à 605 km, il se décline en versions Air, Earth, Earth Plus et GT-Line, afin de répondre à des usages et attentes variés, le Kia EV3 se distingue par une dotation technologique complète, pensée pour conjuguer confort, sécurité et modernité.

À l’extérieur, son design affirmé est sublimé par des jantes en alliage de 17 ou 19 pouces et par l’éclairage avant à signature lumineuse «Star Map», symbole de la nouvelle identité visuelle électrique de Kia.

À bord, l’éclairage d’ambiance intérieur à LED crée une atmosphère élégante et raffinée, renforçant le bien-être à chaque trajet. Le confort est optimisé grâce à la climatisation automatique bi-zone et à un système de navigation intégrant la cartographie de la Tunisie ainsi que les services connectés.

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K2Rhym, la nostalgie de Ben Ali et nous !

Ceux qui s’apprêtent à regarder le documentaire de Karim Gharbi alias K2Rhym peuvent se contenter de la première demi-heure, le reste est à la gloire de notre Snoop Dogg national qui se voyait déjà au palais de Carthage. Les dix dernières minutes peuvent également s’avérer intéressantes pour ceux qui veulent en savoir un petit peu plus sur les conditions de l’inhumation de l’ancien président de la république Zine El Abidine Ben Ali en Arabie Saoudite.

Mohamed Sadok Lejri

Les témoignages de Habib Ammar (Général d’armée et ancien ministre), Abdelkrim Jilani Ghouma (ancien directeur au ministère de l’Intérieur) et Mohamed Berhouma (ancien chef du protocole à la présidence de la République) sur le coup d’Etat du 7 novembre 1987 sont dignes d’intérêt. Ils relatent les événements au cours desquels ils étaient aux avant-postes et parlent du rapport qu’ils entretenaient avec Ben Ali.

En revanche, on a l’impression que cette première partie est venue se greffer sur le reste du documentaire qui n’est autre chose qu’une hagiographie du rappeur K2Rhym. Ce dernier avait probablement l’intention de s’en servir comme outil de propagande lors de la campagne des dernières élections, mais, manifestement, les choses ne se sont pas déroulées comme il espérait pour les raisons que l’on connaît *.

L’«héritier» autoproclamé d’un dictateur  

Une fois la première demi-heure passée, la vacuité prend le relais et le rappeur se met à nous raconter ses origines, son enfance et adolescence, sa vie et sa success-story, le tout sur un ton sirupeux et avec des invités qui manient bien la brosse à reluire. Bref, ça nous fait une belle jambe ! Les intervenants nous donnent parfois l’impression qu’il s’agit d’une figure christique.

Le protagoniste du documentaire a essayé de nous faire comprendre de façon implicite qu’il entretenait un «rapport filial» avec l’ancien dictateur et qu’ils étaient même familiers ; un peu comme si le digne héritier était venu au chevet du patriarche pour l’assister dans ses dernières heures, et comprenne qui pourra !

Enfin, tous ces Tunisiens qui se réfugient depuis quelque temps dans la nostalgie de Ben Ali et qui sautent à la gorge de celui qui ne partage pas leurs regrets et leur «nostalgie du bon vieux temps» commencent à me taper sur le ciboulot ! Comme si Ben Ali était étranger aux turpitudes qui rongent le pays, telles entre autres les malversations et la corruption ! Comme si le défunt était étranger à cette médiocrité qui est devenue l’alpha et l’Omega de notre existence !


Cet homme louche compte sur la crédulité intéressée de beaucoup de Tunisiens pour accéder au Palais de Carthage.

Un gage de médiocrité intellectuelle

L’homme a hypothéqué l’avenir du pays en le plaçant entre les jambes de sa femme Leïla Trabelsi, et ça geint encore ! Tous ces jeunes cons qui votent invariablement identitaire et réactionnaire ne sont-ils pas le produit du système éducatif de Ben Ali ? Ce dernier pensait lutter contre l’extrémisme religieux, mais il s’est en réalité, et à son insu, mis au service du projet obscurantiste en produisant des générations d’incultes qui votent aujourd’hui sans aucune conscience politique.

La médiocrité intellectuelle et l’esprit rétrograde et réactionnaire dans lesquels nous baignons aujourd’hui sont, en fait, l’héritage que nous a légué Ben Ali. Ce dernier a fait perdre à la Tunisie près d’un quart de siècle et a dilapidé un héritage d’une valeur inestimable et acquis à la suite d’immenses efforts.

Je persiste et signe : durant son règne, on a détruit le système éducatif, on a dévoyé la morale et certaines valeurs à des fins perverses, on a abruti les jeunes générations avec la culture des virages des stades de football et on a livré la société aux émanations populacières, sans parler des vies brisées et des bouches muselées, de la torture, des persécutions et des bouteilles en verre dans le fion, de la paranoïa qui régnait en maître dans le pays à cause des murs qui avaient des oreilles… Et la liste des réalisations historiques de l’«artisan du changement» est encore longue !

Bref, les vingt-trois de règne de Ben Ali ont réduit en cendres des choses difficilement réhabilitables. Ce ne sont pas les larmes nostalgiques de quelques surexcités ou un K2Rhym qui, à travers ce documentaire, apparaît dans les vêtements du «fils» qui pourrait lui succéder qui vont nous faire changer d’avis ou restaurer ce qui semble être définitivement brisé. Y en a marre de Ben Ali, bonne fête et bon 14 janvier à tout le monde !

* Sa candidature à la présidentielle de 2024 a fait pschitt et une procédure judiciaire a été intentée à son encontre.

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Le chef des Druzes syriens appelle à faire sécession !

La grande mode par les temps qui courent est à la sécession. Au Soudan déjà partagé qui a perdu sa partie sud, voilà que les Forces de soutien rapide (FSR) de Hemedti Dagalo veulent créer leur propre État dans le Darfour. La Somalie fait face aux velléités sécessionistes de la province du Somaliland dans le nord du pays qui vient d’être reconnue comme État par Israël. Dans le sud du Yémen, des tentatives de recréer la république du sud du Yémen ont attisé une crise aiguë entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Et voilà maintenant que le chef de la communauté druze syrienne Cheikh Hikmat Salman Al-Hijri (photo) vient d’annoncer la création d’une force armée druze et appelle à l’indépendance de la province de Soueïda affirmant n’avoir plus rien à partager avec le pouvoir central. 

Imed Bahri *

«La Syrie se dirige vers la partition et la création de régions autonomes. C’est la seule voie pour garantir l’avenir des minorités et la stabilité du Moyen-Orient, et Israël est le seul acteur qualifié et garant pour tout accord futur dans la région», c’est ce qu’a déclaré Hikmat Al-Hijri, chef spirituel de la communauté druze syrienne à Soueïda, à la journaliste Einav Halabi qui l’a rencontré pour le compte du site d’information israélien Ynet -affilié au journal de droite Yediot Aharonot– pour aborder la situation politique à Soueïda et de ses relations avec Israël. Concernant cette province où réside un demi-million de Druzes, il va plus loin et appelle à une indépendance totale. 

Al-Hijri a affirmé que le combat de la communauté druze n’est plus seulement un différend politique avec le régime mais une lutte existentielle contre «une approche barbare» ciblant les minorités. Il a décrit les affrontements de juillet 2025 entre les Druzes et tribus bédouines comme une «guerre d’extermination» dont seul Israël a sauvé les Druzes.

Conflits des Druzes avec les Bédouins

Il a déclaré que le gouvernement syrien était dirigé par une mentalité identique à celle de l’État islamique (Daech) ou d’Al-Qaïda, l’accusant d’avoir adopté ce qu’il a qualifié d’idéologie de Daech. Il a affirmé, sans preuve, que les Druzes avaient été victimes d’exécutions sommaires, de viols et d’incendies de quartiers résidentiels en juillet. Ce qu’il ne dit pas c’est que des Bédouins ont été menacés par les Druzes d’être exécutés s’ils ne quittaient pas Soueïda. 

Il a également affirmé que ces violences présumées avaient été perpétrées «sur ordre du régime de Damas» et «en coordination» avec des groupes armés, qualifiant les événements de véritable génocide qui a coûté la vie à 2000 membres de sa communauté. 

Il convient de noter que les combats de juillet ont ensuite dégénéré en affrontements ouverts entre les Druzes et l’armée et les forces de sécurité syriennes, qui tentaient de maintenir l’ordre dans la région.

À cette époque, l’armée israélienne a mené des frappes contre des positions de l’armée syrienne dans la ville de Soueïda, en soutien aux factions druzes locales. Les bombardements se sont ensuite étendus au quartier général de l’état-major au cœur de Damas.

Les militants fidèles à Al-Hijri ont également violé l’accord qui a conduit au retrait des forces de sécurité syriennes et de l’armée de Soueïda en juillet, en attaquant des zones tribales bédouines, en les assiégeant et en procédant à des exécutions sommaires et à des massacres, selon Mufleh Sabra, chef de la confédération tribale du sud de la Syrie, qui s’est exprimé auprès d’Al Jazeera.

Al-Hijri n’a pas hésité à louer le rôle d’Israël, déclarant : «Nul n’ignore qu’Israël a été le seul pays au monde à intervenir militairement et à nous sauver du génocide grâce à des frappes aériennes qui ont mis fin au massacre à son apogée».

Il a ajouté que la relation avec Israël est «normale» et fondée sur des liens de sang et des relations familiales élargies, considérant Israël comme un «État de droit fondé sur des institutions», un modèle auquel aspirent les Druzes.

En revanche, Al-Hijri a exprimé sa profonde déception envers le monde arabe, accusant les États arabes de prendre parti pour «le bourreau contre la victime» et critiquant la presse arabe à qui il reproche d’avoir dépeint sa communauté comme «les enfants de Satan».

Al-Hijri estime que la seule solution restante pour les Druzes est «l’indépendance totale». Il a affirmé que les tentatives de construction d’un État civil ont pris fin après l’effondrement des accords en mars 2025, soulignant que l’idéologie dominante à Damas est celle d’Al-Qaïda et les Druzes ne peuvent vivre sous son emprise.

Al-Hijri a révélé la création de la «Garde nationale», une armée druze locale chargée de protéger la province et a confirmé la poursuite de la coordination stratégique avec les Forces démocratiques syriennes (Kurdes) dans le nord de la Syrie.

Il a estimé que les Druzes ne pouvaient plus supporter les souffrances qu’ils enduraient et qu’Israël devait intervenir, soulignant que les Druzes se considèrent comme faisant partie intégrante du système d’existence qu’Israël représente.

Soueïda isolé su reste de la Syrie

La situation à Soueïda est dramatique. Il est impossible d’y entrer ou d’en sortir pour rejoindre le reste de la Syrie. Ceux qui travaillaient hors de la province ne peuvent pas reprendre leur emploi. Les étudiants boudent les universités à travers la Syrie. Les patients se voient refuser des soins dans les hôpitaux situés hors de la province et les malades du cancer en phase terminale sont, de fait, condamnés à mourir faute de service d’oncologie à Soueïda. Selon Ynet, Israël a déjà soigné des centaines de patients et de Druzes blessés dans ses hôpitaux.

Il est à indiquer que Hikmat Al-Hijri, âgé de 60 ans, est né au Venezuela, où son père a émigré avec une importante communauté druze. Aujourd’hui, environ 150 000 Druzes vivent au Venezuela, ce qui en fait la quatrième communauté druze au monde. Il est ensuite retourné en Syrie et a étudié le droit à l’université de Damas.

En 2012, il a succédé à son frère à la tête de la communauté après le décès de ce dernier dans un accident de voiture dont les circonstances n’ont jamais été clairement élucidées et qui a suscité de nombreux soupçons d’implication du régime d’Assad. La direction de la communauté est restée entre les mains de la famille Al-Hijri depuis le XIXe siècle.

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Les événements d’Iran dans les médias français

Les pleurnicheries des chaînes françaises sur les événements en cours en Iran ont quelque chose de pathétique et de risible, car ces mêmes chaînes n’ont pas versé une seule larme, même de crocodile, sur les dizaines de milliers de victimes palestiniennes de Gaza. On est vraiment à saturation face à la duplicité des médias français et lassé par son hypocrisie.

Mohamed Sadok Lejri

On peut dire tout ce que l’on veut sur le soutien que les Etats-Unis et Israël apportent aux centaines de milliers d’Iraniens qui sont dans les rues, car il va sans dire qu’il s’agit d’un soutien fort intéressé, mais un régime politique qui coupe internet sur tout le territoire et qui invoque la souveraineté pour réprimer son peuple dans le sang et tuer des centaines de jeunes et moins jeunes tranquillement ne mérite pas de tenir un jour de plus, même si le Grand Satan et son appendice cancéreux du Proche-Orient suivent ce soulèvement de très près et mettent tout en œuvre pour faire chuter les enturbannés chiites.

Perfidie et servilité

En même temps, les chaînes d’info françaises devraient arrêter d’inviter le journaliste Emmanuel Razavi, le boxeur Mahyar Monshipour et le fils du Chah d’Iran parce que leur discours sied parfaitement au projet conçu par l’axe américano-israélien pour l’Iran post-République islamique; c’est le meilleur moyen de jeter le discrédit sur les revendications légitimes du peuple iranien. Ce dernier n’a pas viré le Chah pour accueillir, quarante-sept ans plus tard, son chaton en fanfare.

Les Iraniens qui apparaissent depuis quelques jours à la télé nourrissent une vieille rancune envers le régime des Mollahs. Cette haine de longue date qu’ils vouent à l’égard de la République islamique est tout à fait compréhensible. Le problème, c’est qu’ils respirent la perfidie et la servilité. Il ne faut pas être une foudre de guerre pour comprendre que ces exilés iraniens, devenus très médiatisés depuis quelques jours, sont tout bonnement des pions d’Israël et des Etats-Unis.

Ces mêmes chaînes d’info, pleurnichardes sélectives, n’ont pas versé une seule larme, même de crocodile, sur les dizaines de milliers de victimes palestiniennes de Gaza. On est vraiment à saturation face à la duplicité de la presse française et lassé par son hypocrisie.

Manipulation et mensonge

Au cours de ces deux dernières années, il y a eu de la part de ces médias une invisibilisation délibérée et une légitimation des massacres des civils palestiniens, lesquels civils se faisaient écrabouillés chez eux, dans les hôpitaux, les écoles, etc., par les bombes américano-israéliennes de tout calibre. Bien pis ! En plein massacres à Gaza, la propagande en faveur d’Israël battait son plein : «Est-ce que vous condamnez le pogrom du 7 octobre ? Le ‘‘Khamas’’ est-elle une organisation terroriste ?» sommaient-ils de répondre à ceux qui refusaient de se soumettre complètement à leur manipulation et à leur version mensongère.

Aujourd’hui, les chaînes traditionnelles françaises, qui par ailleurs sont devenues un repaire de nervis et qui ne sont plus à une crapulerie près, essayent de nous faire croire qu’elles se font du mauvais sang pour l’avenir du peuple iranien et des filles qui défilent dans les rues de Téhéran les cheveux au vent.

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Pour une régularisation exceptionnelle du commerce parallèle en Tunisie

Dans de nombreux pays du Sud, y compris en Tunisie, le commerce parallèle n’est plus une activité marginale : il constitue un système économique à part entière, structuré, ancien et profondément enraciné. Après plusieurs décennies de tolérance implicite, voire de complicité passive, ce secteur a généré des fortunes colossales échappant totalement à l’autorité fiscale, bancaire et réglementaire de l’État. (Ph. Souk de la rue d’Espagne, Tunis).

Zouhaïr Ben Amor *

L’enjeu n’est donc plus moral mais structurel : comment un État peut-il gouverner, investir, redistribuer et planifier, alors qu’une part significative de la richesse nationale circule hors de son champ de vision ?

Plus grave encore, comment préserver la cohésion sociale lorsque les citoyens ordinaires supportent l’impôt pendant que d’autres accumulent en dehors de toute règle ?

Face à cet état de fait, les solutions classiques — répression, contrôles, campagnes moralisatrices — ont montré leurs limites. Je propose au contraire une solution pragmatique, exceptionnelle et souveraine, fondée sur une amnistie financière unique, suivie d’un changement de billets, permettant à la fois à l’État de récupérer des ressources vitales et à l’économie réelle de se réinjecter massivement en liquidités légales.

Une économie née de la défaillance de l’État

Origines historiques : le commerce parallèle n’est pas le produit d’une «culture de l’illégalité», mais bien le symptôme d’un État défaillant. Bureaucratie excessive, fiscalité instable, corruption administrative, accès limité au crédit bancaire : autant de facteurs qui ont poussé des milliers d’acteurs économiques vers l’informel (Schneider & Enste, 2000).

Dans le cas tunisien, les décennies 1980–2000 ont vu l’émergence de véritables réseaux transfrontaliers, reliant ports, zones frontalières et marchés intérieurs, avec une accumulation progressive de liquidités non bancarisées.

Une économie de survie devenue économie de rente : ce qui était au départ une économie de subsistance s’est transformé en économie de rente. L’absence de traçabilité monétaire a permis l’accumulation de cash hors banques ; l’évasion fiscale massive ; l’investissement informel dans l’immobilier, la contrebande et parfois la politique.

Comme l’a montré Hernando de Soto, l’informalité n’est pas seulement un problème économique : elle constitue un verrou institutionnel empêchant la transformation du capital informel en capital productif légal (The Mystery of Capital, 2000).

Les limites des réponses classiques

La répression, coûteuse et inefficace : l’approche répressive repose sur une illusion : croire que l’on peut détruire un système économique sans alternative crédible. Or, les expériences internationales montrent que la répression  déplace l’informel sans le réduire ; alimente la corruption ; fragilise davantage les petits acteurs que les grands détenteurs de capitaux.

Les amnisties fiscales ordinaires : un échec répété : de nombreuses amnisties fiscales ont été tentées, souvent sous l’impulsion d’organisations internationales comme le Fonds monétaire international. Elles ont échoué pour une raison simple : elles ne changent pas les règles du jeu.

Sans mécanisme contraignant ni rupture monétaire, les détenteurs de fortunes parallèles préfèrent attendre, convaincus que l’État reculera encore.

Régularisation massive et changement de billets

Le principe général : ma proposition repose sur une idée forte :

1- assumer le fait accompli, non pour le cautionner, mais pour le neutraliser définitivement.

Le mécanisme serait le suivant : annonce officielle d’une opération exceptionnelle, non renouvelable ; période limitée à une semaine, durant laquelle les détenteurs de liquidités non déclarées déposent leur argent dans les banques, 20 % sont prélevés par l’État à titre de contribution exceptionnelle, 80 % sont légalisés, sans poursuites ;

2- à l’issue de la semaine, changement de billets de banque : toute somme non déposée devient inutilisable. Ce point est crucial : le changement de billets transforme l’amnistie en obligation.

Pourquoi cette solution est économiquement rationnelle

Un gain immédiat pour l’État : contrairement à l’impôt classique, long et incertain, cette opération permet une recette massive immédiate, sans endettement et sans condition extérieure.

Ces ressources peuvent être affectées aux fonds sociaux, à la santé, à l’éducation ou à la réduction de la dette.

Une injection de liquidités légales dans l’économie : les 80 % légalisés ne resteront pas sous les matelas. Bancarisés, ils pourront financer l’investissement productif, soutenir les PME, dynamiser la consommation légale.

On transforme ainsi un capital mort en capital économique actif, conformément aux analyses keynésiennes sur la circulation monétaire (Keynes, 1936).

Une logique de compromis social

L’État gagne en souveraineté : il récupère des ressources, une visibilité monétaire, et une crédibilité politique. Il montre qu’il gouverne par l’intelligence plutôt que par l’impuissance.

Les détenteurs de capitaux gagnent en sécurité : les acteurs de l’informel obtiennent une légalité définitive, une protection juridique, et un accès au crédit et à l’investissement officiel.

C’est un compromis, non une capitulation.

La société gagne en équité : les citoyens ordinaires verront enfin un effort demandé aux plus riches, une redistribution tangible, une réduction du sentiment d’injustice fiscale.

Conditions de réussite

Une crédibilité politique absolue : l’opération doit être unique, irréversible, et constitutionnellement encadrée. Toute ambiguïté ruinerait la confiance.

Un système bancaire prêt et sécurisé : les banques doivent être techniquement prêtes, juridiquement protégées, et numériquement sécurisées.

Le rôle de la Banque Centrale de Tunisie serait ici central.

Une communication nationale claire : il ne s’agit pas d’une mesure punitive mais d’un pacte national de redémarrage économique.

Objections et réponses 

Objection morale : «On récompense les fraudeurs».

L’alternative n’est pas la justice parfaite, mais l’impuissance durable. Mieux vaut récupérer 20 % aujourd’hui que 0 % éternellement (Stiglitz, 2012).

Objection inflationniste : l’injection est déjà existante dans l’économie, mais cachée.

La bancarisation permet au contraire un meilleur contrôle monétaire.

Une rupture nécessaire pour repartir

Ma proposition n’est ni laxiste ni naïve. Elle est réaliste, audacieuse et profondément politique. Elle reconnaît une vérité dérangeante : l’État ne peut pas effacer trente ans d’économie parallèle par décret, mais il peut la transformer en levier de reconstruction nationale.

Dans un contexte de crise budgétaire, de défiance citoyenne et d’urgence sociale, cette mesure exceptionnelle pourrait constituer un nouveau contrat entre l’État et la société, fondé non sur l’illusion morale, mais sur l’efficacité collective.

Bibliographie indicative :

  • De Soto, H. (2000). The Mystery of Capital. Basic Books.
  • Keynes, J. M. (1936). The General Theory of Employment, Interest and Money. Macmillan.
  • Schneider, F., & Enste, D. (2000). “Shadow Economies”. Journal of Economic Literature.
  • Stiglitz, J. (2012). The Price of Inequality. W.W. Norton.
  • Tanzi, V. (1999). “Uses and Abuses of Estimates of the Underground Economy”. The Economic Journal.

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La Tunisie et les prérequis de sa sécurité

La Tunisie n’est pas encore parvenue, malgré plus de quinze ans d’expérimentation, à forger un consensus national sur ses référents historiques les plus pertinents et ses objectifs futurs. De manière à pouvoir naviguer avec le minimum de dégâts dans les eaux troubles de la tempête qui se profile à l’horizon. (Photo : Soldat tunisien à Gafsa, lors de l’attaque d’un commando armé contre la ville en janvier 2080).

Elyes Kasri *

Elle n’y est pas parvenue dans un monde en pleine mutation géostratégique, face à une accélération de l’histoire avec ses aléas et défis sécuritaires et socio-économiques, avec une scène internationale caractérisée par la fluidité, l’opacité et une mutation déconcertante des valeurs internationales, alors que le droit international établi au siècle dernier donne des signes sérieux d’inopérance et d’obsolescence.

Au cœur de la tempête

Fragilisée par une dimension géographique rognée par les vicissitude de l’histoire coloniale et une phase post révolutionnaire que certains qualifient de transe et que les indicateurs macroéconomiques pourraient assimiler à une automutilation, la Tunisie se trouve dans une situation de vulnérabilité qui rend vitale la quête de référents historiques pertinents pour l’édification d’une doctrine sécuritaire susceptible de lui permettre de naviguer avec le minimum de dégâts dans les eaux troubles de la tempête qui se profile à l’horizon.

Parmi les événements historiques pertinents a plus d’un titre figure l’attaque terroriste de Gafsa en janvier 1980 et ses dessous et péripéties locaux, régionaux et internationaux.

Apprendre de l’attaque de Gafsa

Occulter l’attaque de Gafsa, dans laquelle sont impliqués ses deux voisins immédiats : la Libye et l’Algérie **, et la classer comme un fait divers pourrait priver la Tunisie d’éléments importants de perspicacité et d’appréciation de la menace et des prérequis de la sécurité alors que le monde en général entre dans une phase d’instabilité, de mutation et de reconfiguration géopolitiques, où l’Afrique du nord ne pourra pas faire exception surtout que le facteur énergétique semble jouer le rôle de catalyseur des conflits en cours ou en vue.

Après la Yougoslavie, le Soudan, l’Irak, la Syrie, l’Ukraine, le Venezuela et l’Iran, à qui sera le tour et comment se prémunir de cette déferlante qui prend l’allure d’un tsunami, telle est la question qui gagnerait à être abordée avec sérénité et sagacité en Tunisie loin de tout sentimentalisme et d’illusions motivées par des émotions dont la sincérité et les motifs mériteraient un plus grand recul et une attention particulière.

La sécurité de la Tunisie et même sa survie en dépendent.

* Ancien ambassadeur.  

** Entre le 27 janvier, date de l’attaque de la caserne de Gafsa par un commando armée infiltré d’Algérie, et le 3 février, date de la reprise en main de la situation dans la ville par l’armée tunisienne, on a enregistré 48 morts, dont 24 militaires, 21 civils et 3 assaillants Le nombre de ces derniers est estimé à environ 300.

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Enfin libre, Chadha Haj Mbarek peut se soigner

La cour d’appel a ordonné ce mercredi 14 janvier 2026 la libération de la journaliste Chadha Haj Mbarek, emprisonnée depuis 2023 dans une affaire de complot, après avoir réduit sa peine, a annoncé sa famille. La cour a ramené sa peine de 5 à 2 ans, la rendant libérable immédiatement.

La journaliste avait été condamnée dans l’affaire dite Instalingo, une entreprise de médias proche du parti islamiste Ennahdha, qui impliquait 41 personnalités politiques, journalistes et hommes d’affaires, dont l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple et chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, accusés de complot et de délits financiers, accusations catégoriquement niées par les prévenus y compris Chadha Haj Mbarek.

Le frère de la journaliste a précisé que sa santé s’était gravement détériorée pendant son incarcération. Elle a souffert de graves complications, notamment une perte auditive importante, et un cancer lui a été diagnostiqué en détention, a-t-il ajouté.

Les autorités tunisiennes ont indiqué que l’affaire découlait d’enquêtes judiciaires portant sur des infractions financières et sécuritaires présumées, et ont rejeté les accusations de l’opposition selon lesquelles les poursuites étaient politiquement motivées.

I. B.

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Affaire Instalingo | Peine de 22 ans de prison confirmée pour Ghannouchi

La cour d’appel de Tunis a confirmé, ce mercredi 14 janvier 2026, la peine de 22 ans de prison de Rached Ghannouchi, président du mouvement islamiste Ennahdha et ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). La cour a confirmé les peines de prison de 40 personnes, journalistes, blogueurs et hommes d’affaires, poursuivis dans l’affaire Instalingo. Seule la journaliste Chadha Haj Mbarek a été libérée.

Le 5 février, un tribunal de première instance avait condamné 41 prévenus, dont Ghannouchi, âgé de 84 ans, à des peines de prison allant de 5 à 54 ans. Ghannouchi était détenu depuis le 17 avril 2023, date à laquelle la police avait perquisitionné son domicile. Il a depuis été condamné à plusieurs reprises dans d’autres affaires.

Une source judiciaire anonyme a indiqué à l’agence de presse officielle tunisienne que la cour d’appel avait confirmé toutes les condamnations, à l’exception de celle de Chadha Haj Mbarek. Sa peine a été réduite de 5 à 2 ans, et la cour a ordonné un sursis à exécution.

Les accusés peuvent se pourvoir en cassation, mais ce pourvoi n’empêche pas l’exécution des peines.

Tous les accusés nient les charges retenues contre eux, notamment le complot contre la sûreté de l’État, la tentative de modification de la nature de l’État, l’incitation à la violence armée, les provocations à la violence et au pillage, ainsi que les actes hostiles envers le président.

En droit tunisien, cette accusation désigne toute conduite considérée comme une atteinte grave à la personne ou à l’autorité du chef de l’État, incluant les menaces, les agressions physiques ou les actions perçues comme portant atteinte à l’autorité de l’État.

Instalingo est une entreprise de médias numériques et de communication basée à Kalaa Kebira, dans le gouvernorat de Sousse. Son siège a été perquisitionné le 10 septembre 2021, suite à des allégations d’atteintes à la sûreté de l’État, de blanchiment d’argent et de diffamation en ligne.

Les autorités insistent sur le fait que les accusés sont jugés au pénal et nient toute ingérence politique dans la procédure judiciaire. Des figures de l’opposition affirment cependant que cette affaire s’inscrit dans une campagne plus vaste visant à discréditer les détracteurs des mesures exceptionnelles prises par le président Kaïs Saïed, depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021 : limogeage du gouvernement, dissolution du Parlement, instauration d’un régime par décret, adoption d’une nouvelle constitution par référendum et tenue d’élections législatives anticipées.

L’opposition qualifie ces mesures de coup d’État anticonstitutionnel et de tentative d’instaurer un pouvoir personnel, tandis que ses partisans estiment qu’elles mettent fin à une «décennie noire» (2011-2021) et corrigent le cours de la révolution tunisienne de 2011 qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali.

I. B.

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Taieb Bouaicha | «La direction de l’UGTT doit démissionner»  

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) traverse depuis quelque temps l’une des crises les plus importantes de son histoire avec un secrétaire général démissionnaire, une direction presque paralysée, de fortes pressions extérieures, notamment de la part des autorités politiques, et une grogne intérieure qui n’est pas près de se calmer.

L’un des porte-parole de cette grogne, Taïeb Bouaïcha, qui se réclame d’une opposition syndicale démocratique, a estimé que la situation au sein de la Centrale syndicale, Prix Nobel de la Paix 2015 pour son rôle dans le dialogue national, est devenue inadmissible et inacceptable, accusant la direction actuelle d’être incapable de résoudre la crise interne.

Dans une déclaration à Mosaïque, il a souligné que les divisions profondes au sein de l’organisation empêchent tout consensus, y compris sur la tenue d’un congrès, initialement prévu en mars 2026, avertissant que tout processus organisationnel ou électoral engagé par l’actuelle direction serait contesté.

Celle-ci, qui est fortement contestée, doit assumer ses responsabilités et démissionner, estime Bouaicha, ajoutant que le salut de l’organisation passe par une restructuration à partir des syndicats de base et la mise en place d’une commission composée de syndicalistes indépendants pour mener les réformes nécessaires.

Bouaicha a par ailleurs dénoncé le flou juridique entourant les appels à la tenue d’une commission administrative, mettant en garde contre les répercussions de la poursuite de la crise sur l’UGTT et sur le pays.

I. B.

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Tunisie | Colibris recycle les déchets textiles

Colibris, première start-up tunisienne spécialisée dans la collecte à domicile des déchets ménagers et industriels recyclables, a lancé un projet pilote de valorisation des vêtements usagés de toutes couleurs et de tous types. Devise de la startup : «Dieu bénisse ceux qui nous confient leurs déchets».

Cette initiative est menée en collaboration avec la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH), précise Colibris, ajoutant que la majeure partie des déchets textiles sera recyclée. Les articles encore utilisables seront donnés à des associations caritatives. Colibris assure l’organisation et la logistique.

Le secteur du textile et de l’habillement, pilier de l’économie nationale, a généré 9,5 milliards de dinars tunisiens (environ 3 millions d’euros) de recettes d’exportation en 2025, selon le président de la FTTH, Haïthem Bouajila.

Le secteur regroupe près de 1 500 entreprises industrielles employant environ 155 000 personnes et présente un fort potentiel de croissance si des réformes structurelles sont mises en œuvre, notamment une réforme législative, une attractivité accrue pour les entreprises et un soutien à la transition durable du secteur.

En octobre 2025, le Centre technique du textile (Cettex), rattaché au ministère de l’Industrie, a franchi une étape importante dans son engagement en faveur du développement durable en lançant un programme de formation à l’économie circulaire du textile dans le cadre du programme Gtex Menatex.

Ce programme quinquennal est financé par le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) de la Confédération suisse et l’Agence suédoise de coopération internationale au développement. Il vise à encourager les exportations de textiles et de vêtements des pays en développement, dont la Tunisie, afin de promouvoir la création d’emplois et de revenus tout au long de la chaîne de valeur. Ce programme de formation, animé par les experts du centre en économie circulaire du textile, est axé sur la sélection de matériaux durables, de procédés, de technologies innovantes et d’opportunités d’investissement, ainsi que sur les pratiques de collecte, de tri et de réutilisation des déchets.
L’industrie textile tunisienne s’est fixé un objectif de recyclage de 50 % d’ici 2030. Selon certaines études, elle génère chaque année environ 31 000 tonnes de déchets textiles pré-consommation, dont la majeure partie est recyclable.

Cependant, cette conversion est quasi inexistante en Tunisie en raison du manque d’infrastructures adéquates.

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Quels enjeux pour Mama Africa en 2026 ?

Avec des conflits armés très meurtriers comme celui du Soudan qui a donné lieu à la plus grave crise humanitaire dans le monde, des luttes fratricides pour le pouvoir et des scrutins électoraux à l’issue incertaine mais aussi la région du Sahel toujours en proie à l’instabilité, les défis sont légion pour le continent africain en cette nouvelle année. 

Imed Bahri

Le revue américaine Foreign Policy a publié une analyse de Nosmot Gbadamosi présentant les principaux enjeux qui devraient façonner le paysage africain en 2026 dans un contexte de crises politiques, sécuritaires et électorales susceptibles de redéfinir l’équilibre des pouvoirs sur le continent.

Plusieurs pays africains organiseront des élections cruciales mais les experts prévoient qu’elles seront largement symboliques, avec des résultats prédéterminés, ce qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle vague de protestations de jeunes, semblables à celles observées sur le continent en 2025. Les élections prévues pour 2026 sont les suivantes :

Élections générales en Ouganda, le 15 janvier ; élections présidentielles au Bénin, le 12 avril ; élections générales en Éthiopie, le 1er juin ; élections générales en Zambie, le 13 août ; élections présidentielles en Gambie, le 5 décembre ; et élections générales au Soudan du Sud, le 22 décembre.

Soudan du Sud

Ces élections au Soudan du Sud sont les premières depuis l’indépendance du pays en 2011. Reportées à plusieurs reprises, elles suscitent aujourd’hui de nombreux doutes, tant au niveau international que national, quant à leur faisabilité et leur équité, compte tenu de l’instabilité politique qui règne dans le pays.

Le Soudan du Sud est entré dans une phase critique depuis l’effondrement du fragile accord de partage du pouvoir entre le président Salva Kiir Mayardit et son ancien vice-président et opposant, Riek Machar.

En mars 2025, Machar a été assigné à résidence. En septembre, le gouvernement l’a inculpé de meurtre, de trahison et de crimes contre l’humanité, et l’a démis de ses fonctions de premier vice-président au sein du gouvernement d’union nationale.

Ce poste faisait partie de l’accord de 2018 conclu entre les deux hommes, qui avait mis fin à une guerre civile de cinq ans ayant coûté la vie à environ 400 000 personnes.

Ces récents développements ont permis à Salva Kiir de consolider son pouvoir sans véritable opposition et le pays est à nouveau au bord d’une guerre civile généralisée.

Foreign Policy met également en garde contre le risque de débordement du conflit au Soudan, d’autant plus que l’armée soudanaise accuse Salva Kiir de soutenir les Forces de soutien rapide, ce qui pourrait entraîner le Soudan du Sud directement impliqué dans la guerre au Soudan.

Éthiopie

Concernant l’Éthiopie, FP note que les élections générales à venir se déroulent dans un contexte de crise sécuritaire et économique croissante. Les tensions persistent dans les régions d’Amhara et d’Oromia, où des affrontements se poursuivent entre les forces fédérales et les groupes armés locaux, risquant de perturber le processus électoral dans une grande partie du pays.

Ces élections pourraient consolider le pouvoir du gouvernement, au moment même où le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), parti au pouvoir au Tigré, accuse le gouvernement de violer l’accord de paix de 2022, exacerbant ainsi la méfiance entre les deux parties.

Ce climat fragile, selon la revue américaine, pourrait engendrer une instabilité accrue et alimenter les accusations d’illégitimité des élections et de manque de transparence quant à leurs résultats.

Somalie

Concernant les élections somaliennes, elles pourraient ne pas se dérouler comme prévu en raison de la controverse persistante entourant leur déroulement. Des réformes électorales sont en cours, visant à passer du système actuel, où les chefs de clan désignent les membres du parlement qui élisent ensuite le président, à un système de vote direct fondé sur le principe une personne, une voix. 

Cette évolution représente un changement radical dans la structure du pouvoir et a suscité de vives protestations, notamment de la part des régions semi-autonomes du Puntland et du Jubaland, qui estiment que les réformes renforcent le pouvoir central à Mogadiscio et affaiblissent l’influence des régions.

Conflits ouverts

Au Sahel et en Afrique de l’Ouest, la revue américaine met en garde contre la propagation de ce qui est décrit comme un «virus des coups d’État militaires», compte tenu de l’influence croissante des juntes militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger (Alliance sahélienne), et de la multiplication des attaques perpétrées par des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.

En République démocratique du Congo, FP indique que l’accord négocié par l’administration du président américain Donald Trump n’a pas permis d’endiguer les combats dans l’est du pays où des affrontements avec le mouvement M23 soutenu par le Rwanda se poursuivent.

Au Soudan, la poursuite du conflit qui dure depuis près de trois ans, notamment avec l’intensification des combats dans la région du Kordofan. Les initiatives internationales, y compris celles menées par Washington en coopération avec les pays de la région, n’ont guère progressé, les deux camps, l’armée et les Forces de soutien rapide, privilégiant les options militaires.

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Oran | Mémoire populaire et héritage méditerranéen

À Paris, dans son modeste appartement du Passage Briare, Nathalie prépare un voyage qui, sur le papier, pourrait sembler ordinaire : un billet d’avion, un visa, un hôtel. Pourtant, en août 2019, ce départ pour Oran n’a rien d’anodin. Il s’agit d’un retour différé, longtemps repoussé, vers une ville quittée dans le fracas de l’histoire. Nathalie est journaliste, juive algérienne née en France, héritière d’un exil qui ne dit pas toujours son nom. À travers elle, ‘‘Oranaise sang pour sang’’ de Valérie Rodrigue, Éditions L’Harmattan – Collection Graveurs de Mémoire, Pais 14 octobre 2025) interroge la mémoire, la filiation et la persistance du lien avec une terre quittée mais jamais effacée.

Djamal Guettala

Les tantes de Nathalie, dispersées entre la France et Israël, la missionnent à distance. Retrouver les anciens appartements familiaux, photographier les portes, les balcons, localiser la tombe de Raoul, jeune oncle mort en 1958 sur la route d’Alger à Oran. Elles voyagent par procuration. La mère, elle, reste muette. Elle a tiré un trait sur l’Algérie. «La famille peut-elle faire le deuil d’un fils, d’un pays ?» Cette question traverse le livre comme une cicatrice ouverte.

Fragilité affective, mémoire collective et abandon personnel

Au fond, Nathalie s’offre aussi ce pèlerinage pour panser une blessure intime : oublier Ilyas, l’amant kabyle qui l’a quittée. Pour l’oublier, ou pour s’en rapprocher autrement. Le récit avance ainsi sur deux lignes parallèles : l’histoire familiale et la fragilité affective, la mémoire collective et l’abandon personnel.

À Oran, Nathalie n’est pas seule. Nassim, jeune Algérien, l’accompagne dans les quartiers d’Eckmühl et de la rue d’Arzew. Les immeubles fatigués, les cages d’escalier sombres, les portes mangées par le temps deviennent des archives à ciel ouvert. Chaque étage est une hésitation, chaque sonnette une possibilité de déception. Mais la ville répond par l’humain. Une voisine, Aïcha, ouvre une porte qui n’est pas la bonne et invite pourtant Nathalie à entrer : «À la place, vous pouvez venir chez moi, tous les appartements se ressemblent.» Café noir et sucré, bonbons pour Nassim, gestes simples. L’hospitalité algérienne, intacte, déplace la nostalgie vers le présent.

Les souvenirs affluent. Les Andalousses, plage aimée de la mère, où l’on bronzait en deux-pièces, où l’on mordillait des poissons grillés, entre sardines et merguez sur réchaud Butagaz. «Elle adorait ce littoral méditerranéen, sa terre natale, kif-kif la Côte d’Azur française.» La joie d’avant l’exil, avant la rupture, affleure dans ces images baignées de soleil.

La ville se donne aussi dans sa vitalité actuelle : les lions de la place du 1er Novembre, les marchés, les merceries, les djellabas, le linge suspendu aux balcons. Nathalie évoque le rayouyou, cette joie juive nord-africaine faite de bruit, de musique arabe, de paillettes, de fêtes et de silence après la fête. Dalida, enfant d’Oran, traverse le récit comme une icône familière, trait d’union entre mémoire populaire et héritage méditerranéen.

Mais Oran est aussi une ville de strates plus profondes. Un message reçu sur le téléphone ouvre une autre porte du passé : celle de Saül Bensoussan, ancêtre assassiné en 1889 lors d’un crime passionnel. Condamné à mort, gracié, déporté au bagne de Cayenne, il y grava sur un mur un seul mot : «maman». Ce détail bouleversant relie l’intime à l’Histoire, la tragédie individuelle à la longue présence juive en Algérie.

Judéité algérienne, exil et transmission

La figure du père traverse le livre avec pudeur. Enfant pauvre de la rue d’Arzew, devenu instituteur par l’école et l’effort, fier de transmettre le savoir républicain. «Nos ancêtres les Gaulois», récitait-il à ses élèves, ironie coloniale et preuve d’une assimilation qui fut aussi une promesse d’élévation. Nathalie observe ce parcours sans jugement, avec tendresse.

Au fil de la promenade, la ville s’ouvre. Le port, les bateaux venus d’Alicante, de Marseille ou de Barcelone, la Vierge de Santa-Cruz dominant Oran. La lumière, le ciel dur, le bleu. Là, quelque chose s’apaise. «C’était beau, Oran.» Cette phrase simple clôt une quête sans la refermer.

‘‘Oranaise sang pour sang’’ parle des identités multiples, de la judéité algérienne, de l’exil et de la transmission. «Passé familial, déracinement, religion, gens d’ici et de nulle part. L’Algérie, c’est l’inconscient collectif de la France. Et l’inconscient, cela ne se commande pas.» Le livre rappelle que l’histoire ne se règle pas, qu’elle se traverse.

Ce récit, à la fois sobre et profondément incarné, dit quelque chose d’universel : la nécessité de regarder d’où l’on vient pour comprendre où l’on se tient. À Oran, Nathalie ne récupère pas un passé intact. Elle rencontre des vivants. Et c’est peut-être là, dans cette humanité partagée, que se joue la vraie fidélité à la mémoire.

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La Grande-Bretagne «trop islamiste» au goût des Emiratis   

Le leader de l’extrême droite britannique Nigel Farage s’est affiché le mois dernier lors du Grand Prix de la Formule 1 à Abou Dhabi mais le Financial Times vient de révéler qu’il n’a pas mentionné le véritable motif de sa présence, c’est qu’il a rencontré des responsables des Émirats et qu’ils lui ont payé son voyage. De plus, ce voyage intervient dans un contexte de tension entre les Émirats arabes unis et le gouvernement travailliste britannique de Keir Starmer. Dernier épisode de cette tension, Abou Dhabi a décidé de ne plus délivrer dans l’avenir de bourses universitaires pour le Royaume-Uni par crainte que leurs citoyens ne soient exposés à la radicalisation islamiste sur les campus britanniques. Décision saluée par le vice-président américain J. D. Vance. (Ph. Nigel Farage, invité à Abou Dhabi, ne refuse pas l’argent des monarchies du Golfe).

Imed Bahri

Dans les colonnes du Financial Times, Anna Gross, Andrew England et David Sheppard ont révélé que les Émirats ont financé un voyage à Abou Dhabi en décembre du député Nigel Farage, chef du Parti de la réforme (Reform UK, extrême droite), afin de rencontrer des responsables émiratis.

Le journal britannique indique que le soutien apporté par les Émirats à la visite d’un leader d’extrême droite confirme leur intérêt pour les mouvements populistes à travers le monde. Les Émirats ont offert à M. Farage un hébergement et l’autorisation d’assister au Grand Prix de Formule 1 qui s’est tenu début décembre.

Le coût du voyage a été estimé à environ 10000 livres sterling pour couvrir les frais de séjour du député britannique.

À l’époque, M. Farage a publié une photo de lui en compagnie de l’homme d’affaires italien et figure de la jet-set internationale Flavio Briatore, accompagnée de la légende «À Abou Dhabi pour la finale de Formule 1», sans que le véritable motif de sa présence à Abou Dhabi ne soit précisé.

M. Farage a rencontré de hauts responsables émiratis lors de ce voyage de deux jours, qui a eu lieu avant la suspension des travaux parlementaires pour les fêtes de fin d’année.

Haro sur les Frères musulmans et l’islam politique

Selon des sources proches du dossier, le trésorier Reform UK, Nick Candy, qui se rend régulièrement dans les pays arabes pour affaires, a organisé ces rencontres.

D’autres sources bien informées ont ajouté que les dirigeants émiratis souhaitaient s’entretenir avec le chef du parti d’extrême-droite en raison de leur opposition commune aux Frères musulmans. Nigel Farage a déclaré qu’il désignerait ce groupe comme organisation terroriste au Royaume-Uni s’il remportait les élections.

L’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats, la Russie, la Jordanie et la Syrie ont officiellement désigné les Frères musulmans comme organisation terroriste.

Le gouvernement du Premier ministre Starmer n’a pas encore pris de décision concernant cette confrérie mais a indiqué l’année dernière que la question était «examinée de près».

Le journal souligne que le financement de ce voyage et ces rencontres confirment l’intérêt des Émirats pour le parti d’extrême droite de Farage, crédité de 30% des intentions de vote, contre 16% pour le Parti travailliste au pouvoir. Les Grands Prix de Formule 1 sont souvent l’occasion de nouer des contacts, attirant des personnalités politiques, des chefs d’entreprise et des vedettes du sport et du divertissement.

Il est inhabituel que des gouvernements invitent des dirigeants de partis d’opposition et prennent en charge leurs frais, compte tenu des implications diplomatiques d’un tel acte.

Depuis son accession à la tête du Parti conservateur et de l’opposition en novembre 2024, Kemi Badenoch n’a reçu aucun don pour couvrir les frais de ses rencontres avec des dirigeants étrangers.

À l’inverse, lorsqu’il était dans l’opposition, le gouvernement qatari avait pris en charge les frais de voyage de Starmer à Doha pour rencontrer l’émir après la COP28 tenue à Dubaï en 2023. Le gouvernement qatari avait financé le vol de M. Starmer de Dubaï à Doha, où il avait rencontré l’émir et déclaré à l’époque qu’ils avaient discuté de la guerre à Gaza et de la coopération essentielle entre les deux pays.

Les dictatures utilisant l’argent pour obtenir des faveurs

Steve Goodrich, directeur de la recherche et des enquêtes chez Transparency International, a fait remarquer que l’hospitalité accordée à M. Farage n’était pas sans précédent mais il a ajouté que le financement et l’accueil de parlementaires britanniques par des gouvernements étrangers donnaient l’impression que ces derniers étaient corruptibles. Il a déclaré : «Nous l’avons constaté à maintes reprises, des dictatures utilisant l’argent pour obtenir des faveurs au Parlement et il est temps d’interdire ces pratiques».

Par le passé, M. Farage a critiqué le gouvernement des Émirats. En 2023, il avait exhorté le Premier ministre conservateur de l’époque, Rishi Sunak, à veiller à ce que son ministre des Affaires étrangères, Lord David Cameron, ne joue aucun rôle dans le projet de vente de Telegraph Media à Redbird IMI, une coentreprise entre la société américaine de capital-investissement Redbird et IMI, détenue par Abou Dhabi, en raison des liens de Cameron avec les Emirats. Farage avait alors déclaré : «Il est inconcevable qu’un gouvernement conservateur permette à de tels actifs de tomber entre de mauvaises mains durant son mandat ou qu’il encourage l’importation de tendances contraires à l’un des piliers de notre démocratie».

La connivence de la gauche avec les islamistes

Par ailleurs, Farage a annoncé mercredi que Laila Cunningham, conseillère municipale de Reform UK dans le borough (arrondissement) de Westminster serait la candidate du parti à la mairie de Londres en 2027. La capitale britannique dirigée par le travailliste Sadiq Khan est considérée par l’extrême droite comme le bastion de la connivence de la gauche avec les islamistes. 

Farage a déclaré : «Nous mènerons une campagne d’envergure pour remporter la mairie de Londres. Ce lieu, autrefois considéré avec une incroyable admiration historique et un sentiment d’exception, fait désormais l’objet de discussions désobligeantes à travers le monde».

Cunningham, une mère de famille musulmane de sept enfants, a déclaré qu’elle aimait Londres mais qu’elle n’ignorait pas ce qu’elle est devenue, notant que la criminalité a augmenté dans toute la capitale.

Le FT est également revenu sur le dernier épisode de tensions dans les relations bilatérales entre Abou Dhabi et Londres. Les Émirats ont décidé de ne plus délivrer dans l’avenir de bourses universitaires dans les universités britanniques pour leurs citoyens par crainte qu’ils ne soient exposés à la radicalisation islamiste. La décision a été saluée par le vice-président américain J. D. Vance qui a d’ailleurs déclaré dans un tweet publié sur la plateforme X: «Certains de nos meilleurs alliés musulmans du Golfe considèrent l’endoctrinement islamique dans certaines parties de l’Occident comme extrêmement dangereux».

Le journal britannique a pour sa part estimé cette nouvelle décision est motivée par d’autres raisons et qu’elle serait intervenue en réalité comme une réaction suite à un certain nombre de différends entre les deux pays. D’abord, l’offre de rachat du Daily Telegraph soutenue par Abou Dhabi qui avait avorté mais aussi le soutien présumé des Émirats arabes unis aux forces paramilitaires de Hemedti Dagalo au Soudan (ce que les Émiratis démentent toujours) et la plainte déposée par la Premier League contre le club de football de Manchester City, propriété émiratie, au sujet de ses finances. Toutes ces raisons ont crispé les relations entre les Émirats et le gouvernement travailliste mené par Keir Starmer.

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Musée du Bardo | Exposition «Magna Mater entre Zama et Rome»

Le musée du Bardo à Tunis accueillera du 21 janvier au 21 juillet 2026 l’exposition «Magna Mater entre Zama et Rome», dernier volet d’un projet de coopération archéologique italo-tunisien lancé après l’exposition de l’année dernière au Parc archéologique du Colisée à Rome.

Le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, devrait se rendre en Tunisie à l’occasion de cet événement, organisé en partenariat avec l’Institut national du patrimoine (INP) et placé sous son patronage ainsi que celui de son homologue tunisienne, Amina Srarfi.

L’exposition est consacrée au culte de Cybèle, «Magna Mater», et présente une sélection de 30 objets provenant du site de Zama Regia, dans le gouvernorat de Siliana, actuellement en cours de restauration en Italie, dans les laboratoires du Parc du Colisée.

Cette exposition s’inscrit dans le cadre des initiatives de coopération culturelle prévues par le Plan Mattei, une initiative stratégique lancée par l’Italie en 2024 pour redéfinir ses relations avec l’Afrique.

La réalisation d’un documentaire et d’autres activités conjointes de restauration et d’échange de savoir-faire entre les deux pays ont également été annoncées.

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Le Tunisien Zoubeir Jlassi remporte le prix du film d’IA à Dubaï

Le réalisateur tunisien Zoubeir Jlassi a remporté le premier prix du AI Film Award à Dubaï avec son court-métrage ‘‘Lily’’, entièrement généré par intelligence artificielle. Le prix d’un montant de million de dollars a été remis lors du Billion Followers Summit, qui s’est tenu aux Émirats arabes unis du 9 au 11 janvier 2026.

‘‘Lily’’ a émergé du groupe final des cinq nominés ‘‘Portrait N° 72’’, ‘‘Cats Like Warmth’’, ‘‘Heal’’ et ‘‘The Translator’’.

Selon Arab News, ‘‘Lily’’ est un court-métrage en français d’une durée d’environ neuf minutes. Il raconte l’histoire d’une archiviste solitaire rongée par la culpabilité après un délit de fuite, un élément narratif lié à une poupée restée accrochée à la voiture. Le film, inspiré par la fille du réalisateur, a été créé à l’aide des outils d’intelligence artificielle générative de Google, notamment Gemini, Veo 3, Imagen et Flow.

Cette victoire, au-delà du parcours individuel, est perçue par de nombreux observateurs comme un signal du positionnement de la Tunisie dans les industries culturelles et numériques, un segment en pleine croissance où l’accès aux outils génératifs réduit les coûts et les barrières à l’entrée, mais relance également le débat sur la transparence, les critères éthiques et la définition de la paternité intellectuelle.

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Rencontre à Paris | Jean-Marc Salmon et ‘‘Le soulèvement tunisien’’

Le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) organise une rencontre-débat autour du nouveau livre de Jean-Marc Salmon ‘‘Le soulèvement tunisien’’ (Éditions Dissonance, Tunis, 2025, 340 pages,), le 15 janvier 2026 à 19h au CICP – 21ter Rue Voltaire, 75011 Paris.

Jean‑Marc Salmon, auteur du titre, présentera, au cours de cette rencontre inscrite dans le cadre du cycle Liqaet, les grandes lignes de son ouvrage, qui analyse les nouvelles formes de soulèvements au XXIᵉ siècle. À travers le prisme de la Tunisie contemporaine, il interroge les dynamiques de résistance, les revendications de dignité et de liberté, ainsi que les enjeux sociopolitiques qui traversent le monde aujourd’hui.

Pour cet auteur reconnu et chercheur spécialisé dans les dynamiques de protestation, l’objectif principal du livre est d’offrir une analyse approfondie des formes émergentes de soulèvements au XXIᵉ siècle, en prenant la Tunisie comme point d’ancrage; ce choix permet d’illustrer concrètement comment les mouvements contemporains se structurent dans un contexte à la fois local et global.

Parmi les thèmes centraux, Salmon montre comment les mobilisations se reconfigurent grâce aux réseaux numériques et aux nouveaux modes de communication, qui accélèrent la diffusion d’idées et la coordination d’actions. Il met également en avant les revendications de dignité et de liberté comme piliers universels, en les illustrant par des exemples précis tirés de la réalité tunisienne mais aussi d’autres expériences de soulèvement à travers le monde.

Enfin, le livre explore la relation entre mémoire collective et actions présentes, démontrant comment les souvenirs et les leçons du passé nourrissent les stratégies actuelles des acteurs du changement.

Structuré de façon hybride, ‘‘Le soulèvement tunisien’’ mêle essais théoriques, études de cas détaillées et entretiens avec des acteurs du terrain. Cette combinaison offre au lecteur une vision à la fois académique et vivante des processus de contestation, rendant le texte à la fois rigoureux et immédiatement palpable.

Après la présentation, un dialogue ouvert permettra aux participants de poser leurs questions à M. Salmon, d’approfondir les thématiques abordées et de réfléchir aux perspectives offertes par ces mouvements de contestation.

Cette rencontre sera modérée par Salma Matri, étudiante en master de communication à la Sorbonne Nouvelle. Elle guidera les échanges autour des implications culturelles et médiatiques des soulèvements, tout en mettant en lumière les aspirations de dignité et de liberté qui animent les acteurs de terrain.

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