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Reza Pahlavi, candidat de l’Occident pour diriger un Iran post-mollahs ?

Reza Pahlavi, l’héritier du trône du Chah d’Iran, s’érige aujourd’hui en figure de ralliement dans le mouvement de contestation secouant son pays. Mais il est sévèrement critiqué pour sa proximité avec Israël et surtout son soutien à l’intervention étrangère.

Parfaitement inconnu du grand public, il y a à peine deux semaines, Reza Pahlavi, le prétendant au trône en sa qualité de fils du dernier Chah d’Iran renversé par la révolution islamique en 1979, est-il une alternative crédible ?

Monarque constitutionnel ?

Alors que la République islamique d’Iran fait face à une mobilisation inédite depuis trois ans- les inquiétudes grandissant sur une brutale répression dans le pays coupé du monde par un blocage d’internet, probablement  pour tirer sur la foule à l’abri des regards. Et que de son côté, le président américain Donald Trump a réitéré ses menaces affirmant que l’Iran « aspirait à la liberté » et que les États-Unis « se tenaient prêts à aider »; tout en menaçant de « frapper très fort » l’Iran  en cas de vague de répression meurtrière. Reza Pahlavi, le prince en exil aux Etats-Unis depuis un demi-siècle, se dit prêt à mener une transition démocratique. En tant que monarque constitutionnel ?
« C’est une opportunité qui s’est présentée. Je suis prêt à retourner en Iran dès que possible », a-t-il  déclaré dimanche 11 janvier dans l’émission « Sunday Morning Futures », sur Fox News.

« Mon travail consiste à mener cette transition afin de m’assurer que tout soit mis en œuvre, dans une transparence totale, pour que les citoyens puissent élire librement leurs dirigeants et décider de leur propre avenir », a  encore ajouté le prince qui prône notamment un nouveau système avec comme principes fondamentaux l’intégrité territoriale, les libertés individuelles et la séparation de la religion et de l’Etat. Vaste programme.

Un candidat par défaut

Sauf que cet homme qui se pose en recours pour l’Occident après la chute espérée du régime des mollahs, est loin de faire l’unanimité dans son pays et au sein de la diaspora. Même si aux yeux de nombreux jeunes iraniens des quartiers huppés, qui appellent à la fin du régime des Mollahs et ses pratiques rétrogrades, il incarne une certaine image de la modernité, de la laïcité et la possibilité pour l’Iran de renouer avec « le monde civilisé ».

En effet, Reza Pahlavi, 65 ans, aura quitté l’Iran à l’âge de 18 ans et n’y a depuis plus jamais remis les pieds. Et si beaucoup d’Iraniens aujourd’hui n’ont pas connu l’époque despotique du régime du Chah, marquée notamment par les geôles remplies de prisonniers politiques, les inégalités qui ont poussé à la révolution de 1979 et à l’installation de la république islamique, il est difficile de croire  qu’une telle figure du passé soit en mesure de fédérer le pays. Car il incarne plus une nostalgie qu’un recours, estime Clément Therme, chercheur spécialiste de l’Iran : « Il aura du mal à faire l’unité de l’ensemble des mouvements de protestation, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il existe parce qu’il y a un vide politique et qu’il représente surtout une nostalgie qui est massive pour la période d’avant la révolution islamique en Iran aujourd’hui ». Bref, un candidat par défaut.

Les liaisons dangereuses

D’autant plus, et c’est impardonnable aux yeux de la majorité des Iraniens, que le fis du Roi des Rois déchu et mort en exil dans le déshonneur et l’indifférence totale, s’affiche ostensiblement avec l’extrême droite américaine. De même, sa proximité avec l’entourage de Benyamin Netanyahou – avec lequel il s’affichait en photo sur sa page X en 2023 – fait grincer des dents. D’ailleurs, une enquête menée par le  quotidien israélien de gauche Haaretz démontre qu’une vaste opération d’influence israélienne en langue persane aurait été orchestrée et financée par Israël dès juin dernier. Objectif : présenter le fils du Chah comme la figure légitime d’un futur Iran.

Comble de l’infamie : en juin 2025, alors qu’Israël attaquait l’Iran, en vue de démolir ses programmes nucléaires et balistiques, Reza Pahlavi refusa de condamner ces frappes contre son pays. Etant donné qu’il est un partisan de longue date de renouer des liens et de reconnaître l’Etat hébreu.

Fin de non-recevoir

Rien que ce vendredi 9 janvier, le fils du Chah a demandé à Donald Trump d’intervenir en Iran. « Monsieur le président, ceci est un appel urgent et immédiat réclamant votre attention, votre soutien et votre action », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. « Veuillez vous tenir prêt à intervenir pour aider le peuple iranien ».

Réaction glaçante du président américain qui a estimé que le prince « semble être une personne sympathique ». Toutefois, « je ne suis pas sûr que ce soit approprié de le rencontrer en tant que président », a-t-il déclaré. En attendant la tournure que prendra le vent.

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L’Iran à la croisée des chemins  

Les protestations, qui ont éclaté le 28 décembre 2025, s’intensifient à travers l’Iran. Le régime des mollahs réprime les manifestants dans le sang, procède à des arrestations massives et coupe l’accès à Internet. La pression internationale sur Téhéran s’accroît également. La république islamique tiendra-t-elle encore longtemps ou réussira-t-elle à «enterrer», au propre et au figuré, cet énième mouvement de protestation ? (Ph. Les Pasdarans ou Gardiens de la révolution, bouclier du régime, viendront-ils à bout des manifestations qui prennent de l’ampleur dans tout l’Iran ?)

Nouredine Ben Mansour *

Ce qui a commencé comme une protestation économique du bazar, habituellement conservateur et favorable au régime, s’est transformé en mouvement de protestation politique générale. Initialement limitées à des commerçants mécontents de Téhéran, les manifestations ont gagné l’ensemble du pays et continué à prendre de l’ampleur, malgré la répression violente et le black-out imposé par les autorités.

L’État iranien réagit avec une grande violence : les organisations de défense des droits humains font état de centaines de morts, dont les corps jonchent les rues des grandes villes et remplissent les morgues des centres médico-légaux. L’expert iranien Ali Fathollah-Nejad craint que le bilan ne se chiffre en milliers.

Un black-out total

Selon Iran Human Rights, basée en Norvège, au moins neuf mineurs figurent parmi les personnes tuées. L’organisation fait également état de milliers de blessés. D’autres estimations, que l’ONG n’a pas pu vérifier auprès des hôpitaux locaux, évoquent un bilan nettement plus élevé, allant jusqu’à plus de 6 000 blessés. Idem pour le chiffre des personnes arrêtées, qui dépasserait 2 000 personnes. Certains d’entre eux ont même déjà été jugés de manière expéditive et condamnés à mort. La coupure d’Internet ne permet plus la communication intérieure et avec l’étranger, ce qui rend difficile la vérification des faits rapportés.

Là où en sont aujourd’hui les choses, bien malin celui qui se risquerait à faire des prévisions. Et rien ne permet d’affirmer que les jours de la République islamique d’Iran sont comptés, comme le font un peu hâtivement certains analystes occidentaux.

A l’extérieur, l’opposition s’agite, mais ne pèse pas encore sur la décision et ne semble pas disposer de véritables relais dans le pays. Même le prince Reza Pahlavi, le fils aîné de Mohammad Reza Pahlavi, dernier chah d’Iran, a du mal à apparaître comme une alternative crédible, y compris aux yeux de ses protecteurs américains.  

Un régime aux aguets

Les Etats-Unis et Israël discutent encore de possibles frappes militaires contre des cibles du régime des mollahs à l’intérieur de l’Iran. Les gouvernements allemand, français et britannique se sont contentés d’appeler les dirigeants iraniens à renoncer à la violence. Ils attendent sans doute d’y voir plus clair dans les capacités du régime à venir à bout de la grogne populaire.

Certes, il s’agit des plus importantes manifestations qu’ait connues l’Iran depuis le mouvement ‘Femmes, Vie, Liberté’ de 2022-2023. Mais même si le régime est économiquement à genou et que le gouvernement semble impuissant face aux difficultés grandissantes de la population, rien ne permet encore d’affirmer que l’actuelle vague de protestation pourrait sonner le glas d’un régime très décrié à l’intérieur et à l’extérieur, mais qui ne recule devant rien pour survivre. Des jours sombres, très sombres, attendent les Iraniens…

* Conseiller en logistique et commerce international.

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