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Un médecin, une conscience, un combat : adieu Slim Ben Salah !

 La disparition de Docteur  Slim Ben Salah, ancien président du Conseil national de l’Ordre des médecins et éminent spécialiste en chirurgie pédiatrique, survenue le 9 janvier 2026, a bouleversé bien au-delà du monde médical. Elle a ému les milieux humanitaires et les défenseurs des droits de l’homme, tant l’homme incarnait une vision engagée, éthique et profondément humaine de la médecine.

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a annoncé son décès dans un communiqué saluant « un confrère qui a profondément marqué la profession par son engagement et son parcours ». La nouvelle a aussitôt suscité une vive émotion dans les cercles médicaux, académiques et institutionnels.

Médecin reconnu, Slim Ben Salah incarnait une pratique exigeante, responsable et tournée vers l’avenir. Il s’opposait aux dérives de la communication médicale, à la marchandisation de la santé et à l’usage superficiel des technologies. Pour lui, la télémédecine et la e-santé devaient demeurer des outils au service du patient et de la qualité des soins, jamais des vitrines ni des gadgets.

Homme de dialogue et de convictions, il était aussi un homme de causes. Son engagement humanitaire, constant et discret, trouvait une expression particulière dans son soutien à la cause palestinienne. À plusieurs reprises, il s’était rendu en Cisjordanie dans le cadre de missions médicales, mettant son expertise au service de populations privées d’un accès normal aux soins. Cet engagement, loin de toute posture médiatique, révélait une rare cohérence entre ses valeurs, sa pratique et sa conception du rôle du médecin dans le monde contemporain.

Slim Ben Salah laisse l’image d’un grand médecin humaniste, d’un militant des droits de l’homme et d’un bâtisseur d’institutions, dont l’héritage continuera d’inspirer la profession.

 

 

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Article 30 du Code du travail : une protection sociale au prix d’un étouffement financier des PME ?

L’amendement de l’article 30 du Code du travail revient sur le devant de la scène économique en ce début d’année 2026, dans une conjoncture marquée par un manque de liquidité des PME et par des difficultés persistantes d’accès au financement. Retour sur les spécificités de cette disposition.

L’arrêté ministériel du 23 septembre 2025 relatif à l’application de l’article 30/4 de la loi n° 9/2025 du 21 mai 2025 prévoit désormais qu’à chaque signature de contrat de prestation de services ou de réalisation de travaux, l’entreprise prestataire est tenue de déposer, auprès d’une institution bancaire ou financière, dans un délai maximum de trois jours, une garantie équivalente à un cinquième de la valeur contractuelle totale.

Cette caution a pour finalité exclusive de sécuriser le paiement des salaires ainsi que le règlement des cotisations à la CNSS des employés du prestataire en cas de défaillance ou de retard excédant sept jours. Le mécanisme est clair : si l’entreprise prestataire ne règle pas ses salariés dans les délais impartis, le donneur d’ordres doit intervenir directement pour honorer ces rémunérations. Il exerce ensuite une opposition bancaire afin d’être remboursé via la garantie constituée.

À l’examen de cet article, il apparaît clairement que le législateur a choisi de renforcer les mécanismes de protection des droits des travailleurs en cas de défaut de paiement. C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé le ministère de l’Économie et de la Planification dans l’une de ses réponses à une question parlementaire, en précisant que « la durée de cette garantie devra correspondre à celle du contrat et servira à couvrir le paiement des dettes et des droits des travailleurs en cas de défaut ou de retard de paiement ».

Deux dimensions se dégagent ainsi : d’une part, le droit fondamental des employés à percevoir leur dû conformément à la législation en vigueur; d’autre part, une problématique économique majeure, dans la mesure où cette caution bancaire, bien que récupérable en cas de paiement régulier des salariés, constitue une nouvelle charge financière à intégrer pour chaque contrat signé par le prestataire de services.

Dans les colonnes de L’Économiste Maghrébin, nous avons déjà évoqué ce sujet en rappelant ses conséquences en matière de liquidité pour les PME. Dans une déclaration accordée au journal, Kaïs Allani, directeur général de Forvia Informatique Tunisie (FIT), estime que la caution devrait être fournie non pas par l’entreprise prestataire — souvent fragilisée par des tensions de trésorerie — mais par l’entreprise bénéficiaire. De son côté, Slim Rekik, expert en droit du travail et en gestion des ressources humaines, considère que cette disposition risque « d’étouffer les PME ».

Pour schématiser, pour un contrat d’un montant de 100 000 dinars, le prestataire de services doit constituer une caution bancaire de 20 000 dinars, mobilisable en cas de défaut de paiement des salariés. Si une telle exigence ne pose pas de difficulté majeure pour les entreprises disposant d’une trésorerie suffisante, il n’en va pas de même pour celles qui sont déficitaires et/ou surendettées.

Le département ministériel reconnaît, pour sa part, qu’il s’agit d’une mesure récente dont l’évaluation objective demeure délicate. Tout en rappelant que le diagnostic actuel met déjà en évidence les difficultés pratiques liées à l’application de cet article.

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Du 12 au 14 janvier, Mahdia écrit collectivement son avenir urbain

Le projet urbain Sabkhet Ben Ghayadha franchit une étape décisive avec une grande journée de concertation citoyenne le 14 janvier 2026. Une conférence de presse et des ateliers participatifs réuniront habitants, élus, professionnels et institutions publiques au siège de Nechaa Mahdia et au Complexe des jeunes, marquant l’entrée dans la phase opérationnelle de ce projet d’envergure de 142 hectares, intégrant plus de 30 hectares de plans d’eau.

Porté par le groupement international MAP, ARLYNK et PwC en partenariat avec l’État ce projet de requalification urbaine vise à transformer une zone aujourd’hui marginalisée en un nouveau quartier conjuguant habitat, activités économiques, tourisme, services et espaces naturels. L’ambition est de stimuler l’attractivité économique, favoriser la création d’emplois et améliorer la qualité de vie des habitants. Et ce, tout en respectant l’identité culturelle méditerranéenne et fatimide de Mahdia et en intégrant les enjeux environnementaux contemporains.

En effet, la convention structurante signée en novembre 2025 entre le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, l’Instance Générale de Partenariat Public-Privé et le groupement privé établit le cadre de cette collaboration. L’objectif immédiat consiste à sélectionner un partenaire stratégique chargé de la mise en œuvre concrète, dans une démarche garantissant rigueur, transparence et cohérence avec les priorités de développement régional et national.

La journée du 14 janvier s’annonce particulièrement dense. Dès le matin, une mini-conférence explorera les liens entre art et identité territoriale, avant une réunion d’information ouverte au grand public permettant aux habitants d’échanger directement avec les porteurs du projet. Un atelier préparera simultanément les documents de consultation destinés à recueillir les contributions citoyennes. La conférence de presse officielle, à 11h30, constituera le moment central de cette mobilisation.

L’après-midi prolongera cette dynamique avec une mini-conférence situant Sabkhet Ben Ghayadha dans une vision territoriale nationale de développement régional. Une rencontre officielle au Complexe des jeunes réunira autorités locales, députés et représentants institutionnels pour réaffirmer leur engagement. La journée s’achèvera par un atelier consolidant les contributions des citoyens et professionnels, posant ainsi les bases du récit collectif du projet.

Cette journée clé s’inscrit dans une séquence de trois jours initiée le 12 janvier par une conférence sur l’histoire de Mahdia, accompagnée du lancement d’un concours d’idées pour définir l’identité visuelle du projet. Le 13 janvier verra se succéder ateliers de storytelling, visites de site, analyse du précédent concours d’idées de 2021 et workshops créatifs, offrant aux différents acteurs l’occasion de s’exprimer sur les orientations urbaines et paysagères.

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La Tunisie, troisième destination préférée des Français

La Tunisie enregistre une progression de 12,4% de ses réservations en décembre 2025 par rapport à décembre 2024, se classant au troisième rang mondial des destinations les plus recherchées par les voyageurs français, selon le baromètre Orchestra.

Dans le top 20 des destinations de décembre 2025, la croissance moyenne mensuelle, toutes destinations confondues, s’établit à 0,1%. Parmi les évolutions observées figurent notamment la forte hausse de l’Égypte avec 63,4%, la progression de l’île Maurice avec 12,7% et celle de la Tunisie avec 12,4%. À l’inverse, plusieurs destinations enregistrent une baisse des réservations, dont la France métropolitaine avec 19%, l’Espagne avec 1,9% et la Grèce avec 3,4%. Ces données positionnent la Tunisie parmi les destinations en progression sur le marché français des voyages de fin d’année en décembre 2025.

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Taux d’intérêt en Tunisie : une baisse nécessaire malgré le risque inflationniste

Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF), s’est exprimé, dans une déclaration à L’Économiste Maghrébin, sur la récente baisse du taux du marché monétaire (TMM) et ses implications potentielles pour les entreprises tunisiennes.

Interrogé sur les attentes des entreprises à la suite de cette réduction, Mohamed Louzir a souligné une apparente contradiction dans la politique monétaire actuelle. « Une baisse du TMM avec une injection de fonds par la Banque centrale, c’est un peu contradictoire », a-t-il déclaré à L’Économiste Maghrébin.

Le secrétaire général de la CCITF a rappelé le contexte inflationniste qui prévaut actuellement. « Le risque inflationniste est là et théoriquement pour lutter contre l’inflation, la Banque centrale a le levier du taux d’intérêt. Donc baisser le taux d’intérêt risque d’avoir un impact sur l’inflation », a-t-il expliqué.

Selon Mohamed Louzir, les taux d’intérêt pratiqués en Tunisie pour l’investissement demeurent excessifs. Il a fait référence aux mesures de bonification des taux mises en place pour certaines activités et destinées notamment aux PME, observées durant les années passées. Toutefois, selon lui, « le mécanisme ne fonctionne pas très bien ».

Malgré ces réserves, le responsable de la CCITF a conclu sur une note optimiste : « Une baisse de taux est un signe positif pour la reprise de l’investissement dont on a fortement besoin ». Il convient de rappeler que le taux moyen du marché monétaire (TMM) s’est stabilisé, en décembre 2025, au niveau de 7,49%, pour le quatrième mois consécutif, d’après les indicateurs monétaires et financiers, publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT). À rappeler que le TMM a régressé significativement, depuis le mois d’août 2024, passant de 7,99%, durant la période août 2024-février 2025, à 7,91% en mars 2025, et 7,50%, durant la période avril-août 2025, pour se stabiliser à 7,49%, durant les quatre derniers mois de 2025.

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Débits et performance : Ooredoo domine le baromètre nPerf 2025

Ooredoo s’impose comme leader de l’Internet fixe en Tunisie pour l’année 2025, selon le baromètre annuel nPerf. Cette édition révèle une forte compétition sur les débits descendants et des progressions comprises entre 8,6 % et 24,2 %.

Ooredoo s’impose en tête avec un score de 69 220 nPoints, devançant Orange de près de 5 000 points. Avec des débits de 27,7 Mbps en download et 21,7 Mbps en upload, l’opérateur affiche une forte progression de 24,2 % en un an. Leader en navigation web (68,4 %) et streaming vidéo (77,1 %), il assure une expérience utilisateur équilibrée sur l’ensemble des usages.

Orange suit de près avec 64 505 nPoints et partage la première place ex-aequo avec Ooredoo sur le débit descendant (27,0 Mbps). Les débits atteignent 19,9 Mbps en upload, en progression de 8,6 %. La latence bien maîtrisée de 42,2 ms garantit une bonne réactivité pour les communications interactives.

TOPNET complète le podium avec 56 802 nPoints et affiche la meilleure latence du marché (37,8 ms), idéale pour les jeux en ligne et les communications en temps réel. L’opérateur progresse de 8,9% sur un an et obtient de solides résultats en navigation web (64,8%, 2ème place).

GlobalNet se classe quatrième avec 55 518 nPoints et enregistre une nette progression de 11,3%. L’opérateur se distingue par sa latence compétitive (41,4 ms, 2ème place), favorable aux communications interactives.

Mesures basées sur 193 362 tests réalisés via le site web nPerf et l’application nPerf sur Android et iOS.

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Pour l’IACE, la ratification des règles PEM est vitale pour le secteur textile tunisien

Dans une étude récente intitulée « Règles d’origine UE–Tunisie : enjeux économiques et portée de la ratification », l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) analyse les répercussions critiques de l’adoption de la convention révisée sur les règles d’origine préférentielles pan-euro-méditerranéennes (PEM).

Cette ratification, qui vient pérenniser les assouplissements appliqués de manière transitoire depuis mars 2025, est présentée comme le rempart indispensable contre le rétablissement de barrières tarifaires qui menaçaient directement la compétitivité du site Tunisie. En sécurisant ce nouveau cadre juridique, la Tunisie modernise son Accord d’association de 1995 et s’aligne sur les standards de ses concurrents régionaux. Evitant ainsi un décrochage économique majeur sur son principal marché d’exportation.

Une flexibilité accrue pour le cumul d’origine

L’analyse de l’IACE met en lumière une transformation profonde des mécanismes de l’origine locale, désormais régis par une souplesse renforcée pour l’obtention de l’exonération des droits de douane. Le pivot de cette réforme réside dans l’élargissement du cumul de l’origine à un vaste réseau de partenaires du processus de Barcelone, incluant notamment le Maroc, l’Égypte, la Jordanie et la Turquie. Cette évolution permet aux industriels tunisiens d’intégrer des matières premières provenant de ces pays tout en conservant le statut de « produit originaire » lors de l’exportation vers l’Union européenne. Pour le secteur textile, les simplifications sont majeures : des opérations de coupe et de confection sont désormais jugées suffisantes pour garantir l’accès en franchise de droits. Levant ainsi des verrous techniques qui pesaient historiquement sur la fluidité des échanges.

Un bouclier tarifaire pour le secteur textile

L’étude souligne l’urgence de cette stabilisation réglementaire au regard de la fragilité des indicateurs sectoriels observés en 2025. Le secteur du textile et de l’habillement, qui emploie 150 000 personnes et génère 3 milliards de dinars de recettes nettes annuelles, a vu sa valeur ajoutée reculer de 2 % sur les neuf premiers mois de 2025.Tandis que les exportations s’inscrivaient en baisse de 1,8 %. Sans la ratification de cette convention avant l’échéance de la période transitoire au 31 décembre 2025, les produits tunisiens auraient subi de plein fouet un droit de douane de 12 % à l’entrée du marché européen dès le 1er janvier 2026. Cette protection tarifaire retrouvée est d’autant plus cruciale que des pays voisins, comme le Maroc, disposaient déjà d’un avantage compétitif grâce à des périodes de transition prolongées.

Vers une intégration économique approfondie

En conclusion de ses travaux, l’IACE insiste sur la portée multidimensionnelle de cette ratification qui dépasse la simple gestion des flux de marchandises. Outre la sécurisation des quotas spécifiques, notamment pour le denim, le nouveau cadre introduit des simplifications administratives renforcées et consolide le partenariat stratégique entre la Tunisie et l’Union européenne. En adaptant ses instruments commerciaux aux réalités des chaînes de valeur globales, la Tunisie renforce sa résilience industrielle et pose les jalons d’une intégration économique plus profonde. Ce passage aux règles PEM révisées constitue, selon l’Institut, un levier fondamental pour préserver l’appareil productif national et soutenir la dynamique d’investissement dans un environnement euro-méditerranéen en pleine mutation.

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Le passeport tunisien confirme sa puissance au niveau régional

Le passeport tunisien occupe la 75e position mondiale sur 199 passeports évalués dans la dernière édition du Henley Passport Index publiée en octobre 2025. Ce classement permet aux détenteurs du passeport tunisien d’accéder à 68 destinations sans visa préalable. Alors que 159 destinations nécessitent un visa pour les voyageurs tunisiens.

Au niveau régional, la Tunisie se positionne à la deuxième place en Afrique du Nord, derrière le Maroc qui détient le passeport le plus puissant de la région. Le royaume chérifien occupe la 70e position mondiale avec un accès à 73 destinations sans visa et 154 destinations nécessitant un visa. Soit cinq destinations de plus que la Tunisie en accès sans visa.

Les autres pays du Maghreb affichent des performances nettement inférieures. La Mauritanie se classe 85e avec 57 destinations accessibles sans visa contre 170 destinations avec visa obligatoire. Tandis que l’Algérie occupe le 86e rang avec 56 destinations sans visa et 171 destinations nécessitant un visa. L’écart entre la Tunisie et ces deux pays s’élève respectivement à 10 et 11 rangs.

La Libye enregistre la performance la plus faible de la région nord-africaine en se positionnant au 99e rang mondial. Le passeport libyen n’offre un accès sans visa qu’à 39 destinations. Cependant que 188 destinations exigent un visa, soit 29 destinations de moins que le passeport tunisien en accès sans visa et 24 rangs derrière l’Algérie.

Le Henley Passport Index constitue la référence mondiale en matière de classement des passeports. Cet indice évalue 199 passeports selon leur accès à 227 destinations de voyage. Offrant ainsi une mesure complète de la mobilité internationale. L’index s’appuie sur vingt ans de données historiques et est régulièrement mis à jour pour refléter les évolutions en matière d’accès mondial et de politiques gouvernementales dans ce domaine.

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Financement sans précédent, fiscalité inédite: les paris risqués du budget tunisien 2026

La loi de finances 2026 est en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Un texte hors norme où les députés ont rédigé la moitié des dispositions, bouleversant les codes de la gouvernance budgétaire. Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre du commerce et de l’industrie tuniso-française, a décrypté ce budget lors d’une session d’information tenue le 8 janvier 2026, révélant un ensemble de mesures inédites dans un contexte économique fragilisé.

Cette loi de finances marque plusieurs tournants. Le plus spectaculaire: la Banque centrale accordera 11 milliards de dinars à l’État sur 15 ans, sans intérêts et avec 3 années de grâce. Ce financement direct couvrira l’intégralité du déficit budgétaire, soulevant des interrogations légitimes sur les risques inflationnistes.

Le texte autorise désormais les particuliers à ouvrir des comptes en devises, assouplissant ainsi la réglementation des changes malgré un contrôle strict maintenu par ailleurs. Les familles tunisiennes de l’étranger bénéficieront d’une franchise douanière pour l’importation de véhicules, sous conditions de revenus. L’interdiction des transactions en espèces disparaît, et un impôt sur la fortune fait son entrée dans le paysage fiscal.

Autre innovation controversée; des augmentations salariales inscrites directement dans la loi, contournant les négociations classiques entre l’UGTT, l’UTICA et les partenaires économiques. Les débats parlementaires ont été vifs sur les taux, finalement non précisés dans le texte final.

Croissance atone et comparaisons régionales défavorables

Les performances économiques déçoivent. Après une année 2024 catastrophique à 0,5% de croissance contre 1,2% annoncé, 2025 ne devrait atteindre que 2,4% au lieu des 3,2% espérés, avec un troisième trimestre à croissance nulle. Pour 2026, le gouvernement table sur 3,3%, un objectif que Louzir juge atteignable uniquement avec des réformes structurelles. 

La comparaison régionale est cinglante. La Chine maintient 5%, la Libye oscille entre 12,3 et 16,1%, l’Algérie affiche 4 à 8% grâce à une diversification ambitieuse au-delà des hydrocarbures. Le Maroc devrait terminer entre 4 et 4,5% après révision. La Tunisie rejoint ainsi le peloton de queue avec les économies européennes stagnantes.

L’inflation recule mais reste préoccupante. Après un pic à 9% en 2023, elle est retombée à 7% en 2024 et devrait s’établir à 5,6% en 2025. Ces taux dépassent largement les standards régionaux: 1% en Chine, 2,4% en Europe, 1,8% en Algérie, 2% en Libye et au Maroc. L’injection monétaire de la Banque centrale pourrait-elle inverser cette tendance baissière? La question reste ouverte.

Dépendance énergétique critique

La vulnérabilité énergétique s’aggrave dangereusement. Le taux de dépendance est passé de 8,4% en 2010 à 41,8% en 2015, puis 64,3% en 2025. Cette situation expose la Tunisie aux fluctuations des cours mondiaux alors que les subventions pèsent lourdement sur les comptes publics.

La baisse du prix du baril a néanmoins permis d’économiser environ un milliard de dinars, expliquant en grande partie la réduction du déficit 2025. Le budget 2026 table sur un baril à 63,3 dollars, une hypothèse jugée optimiste par Louzir compte tenu des tensions géopolitiques. La Tunisie affiche désormais l’un des prix à la pompe les plus bas mondialement, posant la question d’un ajustement progressif.

Dérive structurelle des comptes publics

L’analyse historique depuis 2010 révèle un déséquilibre inquiétant: le déficit a explosé de 743% tandis que l’investissement n’a progressé que de 21%. Les recettes ont augmenté de 247% dans le même temps. Louzir pointe un problème structurel durable nécessitant des réformes profondes, bien au-delà d’un simple accident conjoncturel.

Pour 2026, le déficit dépassera 11 milliards de dinars, représentant plus de 25% du budget total de 79 milliards. Les remboursements de dette atteindront 23,2 milliards, la masse salariale 25 milliards. Ces deux postes absorbent l’essentiel des ressources disponibles. Louzir résume: “Les dépenses sont engagées dès le départ, les recettes restent à aller chercher”. La pression fiscale tunisienne rivalise désormais avec celle des pays de l’OCDE et dépasse de seize points celle des pays africains. Les recettes fiscales représentent 75% des dépenses totales, finançant essentiellement le fonctionnement courant de l’État.

L’impôt sur les sociétés non pétrolières a bondi de 113% en trois ans, passant de 2,8 milliards en 2022 à 5,9 milliards attendus en 2025. Cette performance s’explique par un durcissement des contrôles et l’imposition de secteurs comme la banque à des taux élevés.

Pour 2026, les recettes fiscales sont prévues à 47,7 milliards de dinars. Hormis la contribution exceptionnelle de 4% et l’impôt sur la fortune, le texte n’alourdit pas véritablement la fiscalité.

La TVA non recouvrée

Louzir livre un calcul édifiant. Avec un PIB de 187-188 milliards et un PIB marchand estimé à 70%, soit 132 milliards, l’application d’un taux moyen de TVA de 15% devrait théoriquement générer près de 20 milliards. Or, les recettes réelles oscillent entre 11 et 12 milliards: 10,4 en 2023, 11,8 en 2024, 12,8 prévus en 2026.

Cette différence de 7 à 8 milliards constitue un manque à gagner colossal, imputable aux transactions en espèces, à l’économie informelle et à l’évasion fiscale. Un problème d’équité majeur: ceux qui échappent à la TVA profitent des services publics sans y contribuer, pénalisant les acteurs respectueux de leurs obligations.

Interrogations sur l’impôt sur la fortune

Le rendement réel de ce nouvel impôt reste une énigme, les statistiques n’étant pas disponibles. Les montants évoqués lors des débats parlementaires semblaient dérisoires. Louzir estime toutefois que la réalité pourrait différer une fois le dispositif appliqué. Le montant risque d’être plus important que prévu, potentiellement pénalisant pour les entreprises si cet impôt s’applique aux actions, au détriment de l’investissement, seul moteur de croissance.

Les recettes non fiscales bénéficient des dividendes de la Banque centrale: un milliard de dinars en 2025 et 2026, témoignant de sa rentabilité actuelle. Les dépenses de gestion, prévues à 2,9 milliards pour 2026, restent problématiques face à la vétusté des équipements et aux besoins d’entretien sous-budgétisés.

L’hypothèse de stabilité du dinar semble plausible au vu de son comportement récent. Reste à voir si ces multiples innovations permettront d’atteindre les objectifs annoncés dans un contexte marqué par des fragilités structurelles persistantes.

 

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Maher Ketari alerte sur les risques d’un financement social fondé sur l’endettement

Le député Maher Ketari, membre actif de la commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, a livré un diagnostic sans concession sur la situation économique et sociale de la Tunisie lors d’une journée d’information consacrée à la loi de finances 2026. La Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Française a organisé cette rencontre le 8 janvier 2026.

Face aux inquiétudes croissantes des citoyens concernant leur quotidien, l’élu a insisté sur l’importance capitale des travaux législatifs que mène actuellement sa commission pour débloquer la situation. Il estime que l’intégration de la dimension sociale dans la réflexion budgétaire constitue une avancée nécessaire, mais il affirme qu’elle ne doit en aucun cas compromettre la viabilité financière de l’État à long terme.

Le député a exprimé une préoccupation majeure concernant le mode de financement des dépenses publiques, en particulier le recours systématique aux emprunts. Maher Ketari rejette fermement l’idée de financer le volet social par des crédits, considérant que cette stratégie fait peser un lourd endettement sur les générations futures afin de répondre à des besoins immédiats. Il plaide pour une gestion plus rigoureuse qui éviterait de soumettre le pays à une pression financière insoutenable et privilégie une approche fondée sur la création de richesse réelle.

Zoom sur les réformes structurelles

Concernant les réformes structurelles, le membre de la commission des finances critique les lenteurs liées au nouveau code des changes et aux mécanismes d’amnistie fiscale. Il rappelle que de nombreux citoyens et acteurs économiques attendent la finalisation de ces dossiers pour clarifier leur situation et relancer leurs activités. Les autorités visent, selon lui, une relance de la croissance permettant d’atteindre des taux compris entre 4 % et 5 %, un niveau jugé indispensable pour inverser la tendance actuelle, même si les prévisions imposent pour l’instant une certaine prudence à l’horizon 2026.

Enfin, Maher Ketari alerte sur la pérennité des caisses sociales et met en garde contre la dégradation rapide de leur équilibre financier à moyen terme. Il avertit que l’absence de mesures correctives rapides pourrait conduire ces fonds à la cessation de paiement d’ici une dizaine d’années, entraînant un blocage total du système de protection sociale. Il appelle ainsi le parlement à agir d’urgence afin de mettre en place des solutions durables garantissant la disponibilité des ressources pour les futurs bénéficiaires, sans dépendre exclusivement de l’endettement extérieur.

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Fiscalité tunisienne 2026 : moins d’impôt, mais sur une base plus large

La loi de finances pour 2026 marque une inflexion notable de la politique fiscale, avec une dominante claire en faveur de la baisse de la pression fiscale. Mais aussi une montée en puissance de la fiscalité indirecte et une prolifération de mesures non fiscales. C’est le constat posé par Faez Choyakh, associé chez EY en charge de la fiscalité, qui a analysé, dans le cadre d’une journée d’information organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Française (CCITF) le 8 janvier 2026, les principales dispositions du texte à partir de ses équilibres globaux jusqu’à ses mesures les plus techniques.

Sur les 47 mesures recensées, plus de la moitié vont dans le sens d’une diminution de la fiscalité. Dix-sept mesures prévoient toutefois une hausse. Tandis que la fiscalité indirecte s’impose nettement avec dix-neuf mesures, contre seulement sept relevant de la fiscalité directe. À cela s’ajoutent près de quarante-cinq mesures non fiscales, illustrant selon l’intervenant une multiplication des fonds spéciaux et des lignes de financement, sans que ces aspects ne soient détaillés.

Première mesure emblématique : l’exonération totale de l’avantage en nature lié au transport du personnel. Jusqu’ici, l’administration fiscale considérait ce transport comme imposable; sauf pour les entreprises implantées dans les zones de développement régional. À compter de 2026, le transport fourni par l’employeur ne sera plus intégré à l’assiette de l’impôt sur le revenu, ni soumis à retenue à la source, quelle que soit l’activité de l’entreprise ou sa localisation.

L’exonération couvre aussi bien le transport assuré par les moyens propres de l’employeur que le recours à des prestataires de transport collectif; ainsi que le financement d’abonnements nominatifs aux transports publics. En revanche, les primes versées en numéraire devraient rester exclues du dispositif, le texte visant explicitement des services et non des versements en espèces. Des incertitudes demeurent toutefois sur la portée exacte du terme utilisé dans la version arabe de la loi, notamment quant à l’inclusion ou non des cadres.

Cette avancée fiscale risque néanmoins de créer une distorsion avec le régime social. La législation en matière de cotisations sociales demeurant très restrictive sur l’exonération du transport du personnel. À partir de 2026, de nombreuses entreprises pourraient ainsi appliquer un traitement fiscal et social différent à un même avantage.

Dons et subventions : une ouverture aux particuliers sans comptabilité

Autre évolution notable, l’élargissement de la déductibilité des dons aux personnes physiques ne tenant pas de comptabilité, comme les salariés, les retraités ou les titulaires de revenus de capitaux mobiliers. Jusqu’à présent, seules les personnes physiques soumises au régime réel pouvaient déduire certains dons, intégralement ou dans la limite de 2 % du chiffre d’affaires brut.

Désormais, ces contribuables pourront déduire du revenu global imposable les dons effectués au profit de l’État, des collectivités locales, des établissements publics, de certaines structures communautaires et d’associations limitativement énumérées par la loi, notamment dans les domaines social, culturel et sportif. Les personnes tenant une comptabilité restent quant à elles soumises au régime antérieur, avec la distinction entre dons intégralement déductibles et dons plafonnés.

Contribution exceptionnelle des grandes entreprises : la pérennisation

La loi de finances 2026 consacre également la pérennisation d’une contribution directe de 4 % à la charge des banques, des compagnies d’assurance, des opérateurs de télécommunications et des concessionnaires automobiles. Jusqu’ici temporaire et reconduite par périodes, cette contribution devient permanente et s’ajoute à l’impôt sur les sociétés ainsi qu’à la contribution sociale de solidarité.

Du côté des personnes physiques, une mesure favorable concerne les retraités et bénéficiaires de rentes viagères. L’abattement applicable à ces revenus, actuellement fixé à 25 % dans la limite d’un plafond, sera relevé progressivement à 30 %, puis 40 %; avant d’atteindre 70 % à l’horizon 2029. Cette évolution se traduira par une augmentation nette des pensions servies, même si elle soulève, selon Faez Choyakh, une interrogation de principe sur la cohérence fiscale. Les cotisations ayant déjà été déduites durant la vie active.

Contribution sociale de solidarité : statu quo en 2026

Les taux réduits de la contribution sociale de solidarité, initialement temporaires, sont prorogés d’une année supplémentaire. Pour 2026, aucun changement n’est à prévoir, tant pour les personnes physiques que pour les personnes morales. Ce qui évite toute adaptation des systèmes de paie ou des logiciels fiscaux.

La loi introduit une version renforcée de l’impôt forfaitaire destiné aux petits commerçants et exploitants. Fixé à un niveau élevé, entre 4 000 et 5 000 dinars, ce forfait s’accompagne en contrepartie d’une exonération du contrôle fiscal pendant six ans. Toutefois, le dispositif est assorti de nombreuses limites, notamment en cas d’accroissement injustifié du patrimoine ou de dépassement d’un plafond de chiffre d’affaires.

L’application pratique de cette mesure apparaît incertaine. Et ce, en raison d’un texte jugé imprécis, notamment sur la définition des zones rurales ouvrant droit à un abattement. Ces zones d’ombre pourraient, selon l’intervenant, compromettre son effectivité.

Impôt sur la fortune : un champ d’application considérablement élargi

Enfin, la réforme la plus structurante concerne l’impôt sur la fortune. Alors qu’il était auparavant limité à l’immobilier au-delà d’un certain seuil; le nouvel impôt s’étend désormais à l’ensemble des biens meubles et immeubles détenus par le contribuable et ses enfants mineurs, qu’il soit résident ou non résident.

Si certaines exonérations sont prévues, comme l’habitation principale avec son mobilier, les biens affectés à l’exploitation professionnelle ou certains véhicules, l’assiette reste très large. Elle inclut notamment les titres financiers, les créances, les liquidités détenues en espèces, les actifs incorporels, les objets de valeur, ainsi que les cryptoactifs. À la lecture stricte du texte, peu d’échappatoires subsistent, ouvrant la voie à d’importantes questions d’interprétation et à de futurs débats d’application.

À travers ces mesures, la loi de finances 2026 dessine un paysage fiscal contrasté. Lequel mêle allègements ciblés, renforcement de certaines contributions et élargissement significatif de l’assiette de l’impôt sur la fortune, au prix d’une complexité accrue.

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Mohamed Louzir : « Le financement doit-il créer de la richesse ou supporter le déficit ? »

Loi de finances 2026La loi de finances pour 2026 bat tous les records avec 110 articles, dont la moitié proposés par les députés eux-mêmes. Un phénomène inédit dans l’histoire du pays qui témoigne d’une approche pour le moins atypique de la gouvernance budgétaire.

Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre du commerce et de l’industrie tuniso-française (CCITF), a livré une analyse sans concession de ce texte, lors d’une journée d’information consacrée au sujet, jeudi 8 janvier 2026 à Tunis.

L’intervenant qualifie cette loi de finances d’innovante… ironiquement, bien entendu. En effet, parmi les mesures les plus surprenantes, figure l’instauration d’augmentations salariales directement par voie législative, court-circuitant ainsi les mécanismes traditionnels de négociation entre partenaires sociaux. Une intrusion du législateur dans un domaine qui relève habituellement du dialogue social.

 

Mohamed Louzir qualifie cette loi de finances d’innovante… ironiquement, bien entendu. En effet, parmi les mesures les plus surprenantes, figure l’instauration d’augmentations salariales directement par voie législative, court-circuitant ainsi les mécanismes traditionnels de négociation entre partenaires sociaux.

 

Autre nouveauté de taille : la Banque centrale financera directement l’État à hauteur de 11 milliards sur quinze ans, avec trois années de grâce et sans intérêt. Cette mesure, conjuguée à l’assouplissement de la réglementation des changes permettant aux particuliers d’ouvrir des comptes en devises, marque une rupture avec les pratiques antérieures.

La loi de finances prévoit également l’instauration d’un régime de franchise en douane pour les voitures des familles tunisiennes résidant à l’étranger, sous conditions de revenus.

Par ailleurs, l’interdiction des opérations en espèces a été levée, et surtout, un impôt sur la fortune fait son apparition dans le paysage fiscal tunisien. Tout en suscitant de vives interrogations sur son rendement réel et ses modalités d’application.

Une croissance en berne

Par ailleurs, les chiffres de la croissance montrent un tableau préoccupant. Alors que l’année 2025 devait afficher une progression de 3,2 % du PIB, la réalité s’est avérée bien plus modeste. Et ce, avec un taux qui devrait s’établir à 2,4 %; après un blocage inquiétant au troisième trimestre et une croissance nulle. Cette contre-performance fait suite à une année 2024 catastrophique, où la croissance annoncée à 1,2 % n’a finalement atteint que 0,5 %.

La comparaison régionale est cruelle pour la Tunisie. Pendant que le pays peine à atteindre les 2,5 %, l’Algérie affiche entre 4 et 8 % de croissance grâce à une diversification économique ambitieuse. Le Maroc devrait terminer l’année entre 4 et 4,5 %, dépassant largement ses prévisions initiales. Même la Chine, malgré ses difficultés, maintient une croissance de 5 %.

L’inflation sous contrôle, mais à quel prix

Sur le front de l’inflation, les nouvelles sont cependant encourageantes, mais seulement en apparence. Après avoir culminé à 9 % en 2023, elle est retombée à 7 % en 2024 et devrait s’établir à 5,6 % en 2025. Toutefois, ce taux reste largement supérieur aux standards régionaux : 2,4% en Europe et 1,8 % en Algérie. La question de la maîtrise durable de l’inflation tout en relançant la croissance demeure entière.

En outre, la baisse du prix du baril de pétrole a offert une bouffée d’oxygène bienvenue, permettant de réduire le poids des subventions énergétiques. Mais cette embellie conjoncturelle ne doit pas masquer une réalité structurelle alarmante : la dépendance énergétique de la Tunisie est passée de 8,4 % en 2010 à 64,3 % en 2025. Cette vulnérabilité expose le pays aux fluctuations des cours mondiaux et grève durablement les finances publiques.

 

Mais cette embellie conjoncturelle ne doit pas masquer une réalité structurelle alarmante : la dépendance énergétique de la Tunisie est passée de 8,4 % en 2010 à 64,3 % en 2025.

 

Un déficit structurel inquiétant

De plus, les réalisations de l’année 2025 révèlent un paradoxe : moins de revenus, moins de dépenses, mais aussi moins de déficit. Les recettes fiscales devraient atteindre 44 milliards de dinars contre 42 milliards en 2024. Ce qui témoigne d’une pression fiscale soutenue. Les dépenses, quant à elles, ont bénéficié d’une économie d’environ un milliard sur les subventions énergétiques, grâce à la baisse des cours du pétrole.

L’analyse de l’évolution depuis 2010 dresse un constat sévère : le déficit a explosé de 743 %; tandis que les investissements n’ont progressé que de 21 %. Dans le même temps, les recettes ont augmenté de 247 %. Cette scissure révèle une dérive structurelle majeure où l’augmentation du déficit ne finance pas la croissance future mais sert essentiellement à couvrir des charges de fonctionnement.

Une fiscalité à bout de souffle

L’impôt sur les sociétés non pétrolières connaît une progression spectaculaire, passant de 2,8 milliards de dinars en 2022 à 5,9 milliards attendus en 2025. Cette performance s’explique par un durcissement des contrôles fiscaux et l’imposition à des taux élevés de secteurs comme la banque. Cependant, Mohamed Louzir avertit que le système fiscal commence à atteindre ses limites, avec une pression fiscale désormais comparable à celle de nombreux pays de l’OCDE et largement supérieure à celle des pays africains.

 

« Cependant, le système fiscal commence à atteindre ses limites, avec une pression fiscale désormais comparable à celle de nombreux pays de l’OCDE et largement supérieure à celle des pays africains ».

 

Pour 2026, le budget prévoit des recettes fiscales de 47,7 milliards de dinars, contre 44 milliards attendus en 2025. Cette progression repose sur un maintien de la pression fiscale et un nouveau recours à l’amnistie fiscale comme mécanisme d’urgence pour faire rentrer des liquidités.

Le scandale de la TVA non recouvrée

L’intervenant livre un calcul édifiant sur la taxe sur la valeur ajoutée. Avec un PIB marchand estimé à 132 milliards de dinars et un taux moyen de TVA de 15 %, l’État devrait théoriquement encaisser près de 20 milliards de dinars. Or, les recettes réelles de TVA plafonnent entre 11 et 12 milliards. Cette différence de 7 à 8 milliards représente un manque à gagner colossal, directement imputable aux transactions en espèces, à l’économie informelle et aux diverses formes d’évasion fiscale.

Ce chiffre prend tout son relief quand on le compare au déficit budgétaire prévisionnel de 11 milliards de dinars pour 2026. Si l’État parvenait à recouvrer ne serait-ce qu’une partie de cette TVA évadée, la question du financement monétaire direct par la Banque centrale ne se poserait peut-être même pas.

Cette situation pose également un problème d’équité majeur : ceux qui échappent à la TVA bénéficient des services publics sans y contribuer. Pénalisant d’autant les acteurs économiques qui respectent leurs obligations fiscales.

Un budget 2026 sous haute tension

Pour 2026, le déficit budgétaire devrait dépasser les 11 milliards de dinars, représentant plus de 25 % du budget total de 79 milliards de dinars. Un taux exceptionnellement élevé qui sera intégralement couvert par le financement direct de la Banque centrale. Cette solution interroge sur la soutenabilité du modèle économique tunisien : l’argent frais doit-il servir à financer l’investissement créateur de richesse ou à supporter le déficit courant et les charges de fonctionnement ?

Les remboursements de dette restent à un niveau élevé, autour de 23 milliards de dinars, comparable aux années précédentes. Conjugués à une masse salariale de 25 milliards, ces deux postes absorbent l’essentiel des ressources budgétaires, laissant peu de marge pour l’investissement productif.

Des dépenses de gestion non maîtrisées

Malgré des annonces récurrentes de maîtrise des dépenses de gestion, la réalité du terrain raconte une autre histoire. Les infrastructures vieillissantes nécessitent des entretiens coûteux qui ne sont pas correctement budgétisés. Ces dépenses se retrouvent dispersées dans divers comptes, et en cas d’urgence, comme des difficultés de trésorerie à la Pharmacie centrale ou dans les hôpitaux, les crédits initialement prévus pour l’entretien sont détournés pour payer les fournisseurs et éviter la rupture de services essentiels.

Cette gestion au coup par coup témoigne d’une absence de vision stratégique et d’une incapacité à hiérarchiser les priorités dans un cadre budgétaire contraint.

Les dépenses de fonctionnement représentent 75 % des recettes fiscales. Confirmant ainsi que l’essentiel de l’effort fiscal sert à financer le fonctionnement courant de l’État plutôt que son développement.

 

Cette gestion au coup par coup témoigne d’une absence de vision stratégique et d’une incapacité à hiérarchiser les priorités dans un cadre budgétaire contraint.

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Pharmacie, téléphonie et emballage : 4,2 millions de dinars de sanctions

Une amende globale de 4,2 millions de dinars a été prononcée à l’encontre de plusieurs entreprises tunisiennes opérant dans les secteurs de la pharmacie, de la téléphonie mobile et de l’emballage. Ces sanctions ont été décidées par le Conseil de la concurrence, suite à l’examen de dossiers relatifs à des pratiques jugées contraires aux règles du marché.

Les décisions ont été adoptées le 31 décembre dans le cadre de l’application de l’article 5 de la loi n°36 du 15 septembre 2015, portant sur la réorganisation de la concurrence et des prix. L’instance indique avoir statué à travers trois décisions distinctes couvrant des domaines d’activité différents.

La sanction la plus élevée concerne le secteur des smartphones. Plusieurs entreprises actives dans ce domaine ont écopé d’amendes cumulées s’élevant à 2,5 millions de dinars pour des pratiques qualifiées d’anticoncurrentielles.

Dans le secteur pharmaceutique, une entreprise a été sanctionnée à hauteur de 1,2 million de dinars pour des faits similaires, selon les termes du communiqué publié par le Conseil.

Le troisième dossier vise des sociétés spécialisées dans l’emballage et le conditionnement. Les amendes prononcées dans ce cadre atteignent un total de 500 mille dinars.

Le Conseil de la concurrence rappelle que ces décisions s’inscrivent dans ses missions de régulation du marché et de préservation des règles de concurrence. Les entreprises concernées disposent, conformément à la législation en vigueur, de la possibilité d’introduire des recours contre ces sanctions.

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Agenda Export 2026 : la Tunisie s’ouvre à l’Afrique et diversifie ses marchés

Plus de 1250 entreprises tunisiennes participeront cette année à un programme promotionnel à l’international, selon les informations dévoilées lors d’une conférence de presse tenue le 7 janvier 2026 au siège du Centre de Promotion des Exportations (CEPEX).

L' »Agenda Export 2026″ comprend 65 activités réparties entre 31 participations à des manifestations commerciales à l’étranger et 34 opérations promotionnelles ciblées. Le dispositif mobilisera 354 entreprises exportatrices qui occuperont 4000 mètres carrés de pavillons nationaux dans les salons internationaux, contre 26 participations en 2025.

La présence tunisienne aux manifestations internationales ciblera 18 marchés extérieurs avec une concentration sur l’Europe (16 manifestations), le monde arabe (10 événements), l’Afrique (4 manifestations) et les Amériques (une participation). Ces événements couvrent neuf secteurs économiques : industries agroalimentaires et produits agricoles, travaux publics et matériaux de construction, technologies de l’information et de la communication, textile et habillement, industries mécaniques et électriques, produits cosmétiques et équipements médicaux.

Douze nouvelles manifestations au programme

Le programme 2026 intègre 12 nouvelles manifestations, dont six participations exploratoires dans des secteurs à forte valeur ajoutée. L’électronique sera représentée au salon ELECTRONICA en Allemagne. Les technologies de communication bénéficieront de trois nouveaux rendez-vous : VIVA TECH en France, LEAP en Arabie Saoudite et TAQNIAH en Libye.

Le secteur des matériaux de construction s’ouvrira à de nouveaux marchés africains avec SENCON au Sénégal, BIG 5 CONSTRUCT au Nigeria, Expo Béton en République démocratique du Congo et le Salon libyen de la construction. L’agroalimentaire sera présent au Salon Bio Expo en Pologne et au Salon East Africa Halal Expo au Kenya, tandis que la cosmétique participera au salon COSMOPROF en Italie.

Trente-quatre opérations vers de nouvelles destinations

Les opérations promotionnelles comprennent 21 missions d’hommes d’affaires et journées commerciales à l’étranger, 11 invitations de fournisseurs étrangers en Tunisie et une mission itinérante. Le CEPEX prévoit d’organiser fin 2026 la quatrième édition des « Rencontres Professionnelles Tuniso-Africaines », ciblant les marchés d’Afrique subsaharienne. Ces opérations mobiliseront environ 900 entreprises tunisiennes et cibleront 30 marchés au total.

Le programme intègre dix nouvelles destinations commerciales : Biélorussie, Qatar, Irak, Belgique, Gambie, Gabon, Guinée, Burkina Faso, Togo et Bénin. Les secteurs concernés incluent les industries alimentaires, l’emballage, les travaux publics, le textile, la santé et les équipements médicaux, l’enseignement supérieur, les produits naturels et biologiques, les huiles essentielles et les énergies renouvelables.

Un dispositif dédié à l’huile d’olive et aux dattes

Plus de 30 activités sont prévues pour promouvoir l’huile d’olive et les dattes, réparties entre participations aux salons commerciaux internationaux, missions d’exploration, opérations promotionnelles à l’étranger et invitation de délégations commerciales en Tunisie. Le programme cible les marchés traditionnels et de nouvelles destinations comme la Chine, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Nigeria et la Grande-Bretagne.

Le CEPEX lancera des campagnes publicitaires pour renforcer l’image de l’huile d’olive tunisienne et organisera un concours pour le Prix national de la meilleure huile d’olive conditionnée de la saison 2025-2026.

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Classement TTW 2026 : la Tunisie brille parmi les destinations incontournables

La Tunisie se distingue cette année en figurant dans le classement des 50 meilleures destinations touristiques mondiales pour 2026, publié par la plateforme spécialisée Travel and Tour World (TTW). Elle occupe la 50ᵉ place, aux côtés de pays comme l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite.

TTW souligne l’attractivité de la Tunisie grâce à son héritage historique exceptionnel, ses ruines romaines, sa culture méditerranéenne et ses paysages désertiques uniques. Ces richesses contribuent à la reprise progressive du tourisme dans le pays et séduisent des voyageurs en quête d’authenticité et d’expériences mémorables.

Le classement TTW repose sur plusieurs critères : l’engagement des lecteurs, l’analyse éditoriale, les performances des destinations, ainsi que des références internationales en matière de sécurité, comme l’Indice mondial de la paix (GPI). Selon cet indice, la Tunisie se classe 81ᵉ au niveau mondial et 6ᵉ parmi les pays arabes les plus paisibles, ce qui renforce sa position comme destination sûre et attractive.

La Tunisie rejoint ainsi d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique qui progressent dans le secteur touristique, notamment l’Égypte, l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, l’Afrique du Sud, l’île Maurice et la Tanzanie.

À l’échelle mondiale, c’est le Japon qui occupe la première place du classement TTW, suivi du Canada, de l’Irlande et du Mexique, tandis que le Royaume-Uni ferme le Top 5. L’Égypte est le seul autre pays arabe à figurer dans le Top 10, à la 10ᵉ place. L’Europe domine le classement avec cinq destinations, reflet de l’attractivité historique et culturelle du continent.

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SIAME : 1,72 million de dinars de bénéfice net au premier semestre 2025

Au 30 juin 2025, la Société industrielle d’appareillage et de matériels électriques (SIAME) affiche un bénéfice net semestriel de 1,72 million de dinars, pour des revenus cumulés de 22,64 millions de dinars. Des chiffres qui traduisent une activité globalement stable sur les six premiers mois de l’année.

Sur la période, le chiffre d’affaires progresse légèrement par rapport au premier semestre 2024, où il s’élevait à 22,14 millions de dinars. Le total des produits d’exploitation atteint 22,65 millions de dinars, quasiment au même niveau que les revenus générés.

L’activité opérationnelle enregistre une amélioration. Le résultat d’exploitation ressort à 3,09 millions de dinars à fin juin 2025, contre 2,80 millions de dinars un an plus tôt. Cette évolution est partiellement absorbée par des charges financières nettes de 1,14 million de dinars, ramenant le résultat des activités ordinaires avant impôt à 2,12 millions de dinars.

Après comptabilisation d’un impôt sur les bénéfices de 400 654 dinars, le résultat net s’établit à 1,72 million de dinars, un niveau très proche de celui constaté au premier semestre 2024, qui s’élevait à 1,75 million de dinars.

Du côté de la situation financière, le total du bilan de SIAME atteint 58,52 millions de dinars au 30 juin 2025. Les actifs non courants, composés essentiellement d’immobilisations incorporelles et corporelles, s’élèvent à 20,05 millions de dinars. Les actifs courants représentent 38,48 millions de dinars, portés principalement par les stocks nets, évalués à 19,15 millions de dinars, et les créances clients nettes, qui atteignent 14,13 millions de dinars.

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Le Professeur Khaled Mellouli tire sa révérence

Le Professeur Khaled Mellouli tire sa révérence. La communauté universitaire tunisienne déplore la disparition de cet universitaire et chercheur de premier plan, dont les travaux et les responsabilités ont marqué durablement l’enseignement supérieur et la recherche scientifique en Tunisie.

Ancien enseignant à l’Institut Supérieur de Gestion de Tunis, ancien directeur des études de l’ISG et ancien directeur de l’IHEC, Khaled Mellouli a occupé plusieurs fonctions académiques majeures. Il est également le fondateur du laboratoire LARODEC, devenu, sous sa direction, une structure de recherche reconnue aux niveaux national et international.

Spécialiste des systèmes d’aide à la décision et de l’intelligence artificielle, il figure parmi les premiers universitaires tunisiens à avoir structuré l’enseignement et la recherche dans ces domaines émergents. Ses travaux ont contribué à l’ancrage de ces disciplines au sein de l’université tunisienne et à leur développement scientifique sur le long terme.

À travers le laboratoire LARODEC, il a encadré et formé de nombreux chercheurs, participant activement à l’émergence de nouvelles générations d’universitaires et au rayonnement de la recherche tunisienne à une période clé de son évolution.

Le professeur Khaled Mellouli était également reconnu pour ses qualités humaines et pédagogiques. Son engagement en faveur de la transmission du savoir et de l’accompagnement des étudiants et de ses collègues a marqué les institutions dans lesquelles il a exercé.

Sa disparition constitue une perte importante pour l’université tunisienne et pour la communauté scientifique nationale.

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Mustapha Mezghani : « Imposer la facturation électronique dès janvier 2026, c’est irréaliste »

Dans une interview qu’il nous a accordée dans les locaux de L’Economiste Maghrébin, Mustapha Mezghani, directeur général de la Technopole de Sfax et ancien président-directeur général de Tunisia TradeNet (TTN), alerte sur les difficultés de mise en œuvre de la facturation électronique obligatoire instaurée au premier janvier 2026. 

Si l’intervenant soutient cette réforme pour la transparence qu’elle apporte, il considère que le délai actuel constitue une difficulté majeure de la nouvelle loi de finances. Le problème ne relève pas de la dimension technique, puisque la plateforme nationale opérationnelle depuis 2016 a prouvé sa capacité à gérer dix millions de factures par heure. Mais il réside plutôt dans le parcours administratif complexe imposé aux quatre cent mille opérateurs économiques. Ces derniers doivent en effet signer un contrat avec Tunisia TradeNet, obtenir une signature électronique via la Nomenclature des Entreprises ou TunTrust, puis s’enregistrer auprès du bureau de contrôle fiscal avant d’entamer l’interfaçage technique de leurs logiciels. Ce processus de mise en conformité nécessite un temps de rodage indispensable pour que le système puisse vérifier les mentions légales et générer le cachet électronique sous forme de QR code.

Une nécessaire approche progressive face à la diversité des acteurs

L’expert juge irréaliste d’imposer un tel changement radical en quelques semaines seulement après la publication de la loi de finances à la mi-décembre. Il rappelle que le secteur des services regroupe des profils extrêmement variés, allant des cabinets d’experts-comptables aux artisans comme les tauliers ou les jardiniers qui travaillent encore majoritairement avec des carnets papier.

 

Lire aussi: Skander Sallemi : « La facturation électronique est une évolution logique, mais mal préparée »

Pour éviter des sanctions lourdes telles que le rejet de la TVA récupérable, le refus de déductibilité des charges ou des pénalités de cinq cents dinars par facture non conforme, il préconise une approche progressive par catégorie d’entreprise ou par chiffre d’affaires. Mustapha Mezghani suggère de s’inspirer de la réforme des caisses enregistreuses qui avait été étalée sur quatre ans, permettant ainsi aux structures les moins informatisées de s’adapter sereinement. Une généralisation réussie, similaire aux modèles belge ou français, repose, estime-t-il, sur l’octroi de délais raisonnables permettant à chaque contribuable de se conformer à la nouvelle réglementation sans fragiliser son activité.

Réforme de la TVA et encadrement des délais de paiement

Au-delà de l’aspect numérique, l’intervenant identifie un problème structurel lié au décalage entre le paiement de la TVA à l’État et son encaissement effectif. Il propose d’aligner le secteur privé sur le modèle des marchés publics où la déclaration de TVA ne se fait qu’au moment du règlement effectif par le client. Cette réforme fiscale doit impérativement s’accompagner d’une loi fixant strictement les délais de paiement à trente jours pour les services et soixante jours pour les biens, à l’instar de la législation française qui prévoit des amendes dépassant le million d’euros pour les contrevenants.

En Tunisie, où seule la grande distribution dispose d’un cadre réglementaire – mais souvent bafoué du reste -, une telle mesure améliorerait considérablement le fonds de roulement et la liquidité des entreprises. Toutefois, Mustapha Mezghani précise que l’État n’a pas vocation à servir d’assurance pour les risques commerciaux et que les sociétés doivent assumer les conséquences fiscales de leurs impayés si elles ne mobilisent pas les recours nécessaires pour recouvrer leurs créances.

 

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L’entretien complet est à lire dans le prochain numéro du magazine de L’Economiste Maghrébin.

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Alkimia : Un déficit semestriel de 18,7 millions de dinars

Alkimia traverse une période de turbulences majeures, caractérisée par des pertes persistantes et une structure financière extrêmement fragilisée. Au terme du premier semestre 2025, l’entreprise a enregistré un résultat net déficitaire de 18,75 millions de dinars. Bien que ce chiffre marque une légère réduction par rapport à la perte de 20,17 millions de dinars subie à la même période en 2024, il accentue le déficit total des capitaux propres qui s’élève désormais à 206,55 millions de dinars. Cette situation alarmante a conduit les commissaires aux comptes à souligner une incertitude significative quant à la capacité de la société à poursuivre ses activités de manière autonome.

Le moteur de cette dégradation financière réside principalement dans la baisse d’activité de l’usine de Gabès. La production globale a reculé de plus de 13 %, totalisant 14 482 tonnes au premier semestre 2025 contre 16 787 tonnes un an auparavant. Cette baisse touche ses deux produits phares avec 8 790 tonnes de Tri-polyphosphate de sodium et 5 692 tonnes pour sa nouvelle unité de MAP cristallisé. En conséquence directe de ce ralentissement industriel, le chiffre d’affaires a fondu de près de 20 % pour s’établir à 50,46 millions de dinars.

Une tension extrême sur la trésorerie et les dettes

L’équilibre financier de l’entreprise est aujourd’hui sous une pression constante. Les dettes envers les fournisseurs et les comptes rattachés ont continué de progresser pour atteindre un montant colossal de 220,20 millions de dinars au 30 juin 2025. Parallèlement, les charges financières nettes pèsent lourdement sur la rentabilité, s’élevant à 12,32 millions de dinars pour les six premiers mois de l’année. Malgré une trésorerie de clôture qui s’affiche à 4,55 millions de dinars, les flux provenant de l’exploitation sont restés déficitaires de 5,42 millions de dinars sur la période.

Le dynamisme des Salines de Tataouine comme levier de secours

Dans ce paysage financier complexe, la filiale Les Salines de Tataouine, détenue à 100 %, fait figure d’exception notable. Cette unité de production de sulfate de sodium a confirmé sa montée en puissance avec un bénéfice net de 6,87 millions de dinars réalisé sur l’exercice 2024. La production y a atteint un record de 80 075 tonnes, contre environ 71 900 tonnes l’année précédente. La valorisation de cette filiale est aujourd’hui considérée comme un atout stratégique majeur pour Alkimia, sa valeur réelle étant jugée bien supérieure à son capital initial de 17 millions de dinars.

Pour tenter de renverser la vapeur, Alkimia mise sur son nouveau projet d’engrais soluble, le MAP cristallisé, dans lequel elle a investi environ 35 millions de dinars. Bien que ce projet s’inscrive dans une politique volontariste de diversification décidée par le Conseil d’Administration, sa pleine exploitation reste un enjeu crucial pour le futur. L’avenir immédiat de la société dépendra de la réussite de son plan de restructuration et de sa capacité à stabiliser ses approvisionnements en matières premières pour relancer durablement sa cadence industrielle

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