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Evitons à la Tunisie une nouvelle révolution inutile !

La Tunisie entame sa seizième année depuis son entrée chaotique et douloureuse dans une nouvelle ère politique, en décembre 2010/janvier 2011, hâtivement mise sous le signe de la liberté de la justice et de la dignité. Elle entame la nouvelle année dans une ambiance confuse, tendue et pleine d’incertitude.

Raouf Chatty

Cette ambiance marquée par le désenchantement et la fatigue se nourrit des frustrations d’un peuple dont les espoirs et les attentes ont été déçus tout au long de ces années et qui lutte dur pour affronter les difficultés de son quotidien. 

Cette atmosphère pourrait se muer, à court terme et sous le poids des contraintes économiques et de la fatigue psychique de la population, en une véritable révolution sociale qui sapera la stabilité du pays, aggravera ses difficultés intérieures, le fragilisera davantage, l’exposera à des dangers réels et hypothéquera son avenir pour des décennies encore.

Il est donc urgent pour le pouvoir politique de prendre aujourd’hui la mesure des menaces intérieures et de prendre les mesures appropriées pour remédier à cette situation explosive, desserrer l’étau politique, décrisper l’ambiance et épargner à la nation des débordements prévisibles.

La situation actuelle est d’autant plus grave que la Tunisie se meut dans un environnement régional précaire et trouble.

Cette ambiance marquée par le désenchantement et la fatigue…
… se nourrit des frustrations d’un peuple dont les attentes ont été déçus.

Des retards dans tous les domaines

Les Tunisiens en veulent aux nombreux gouvernements qui se sont succédé et au microcosme politique, économique, syndical, médiatique et intellectuel qui avait occupé les devants de la scène depuis 2012. Ils leur imputent la responsabilité des déboires, des retards enregistrés dans tous les domaines et de la situation difficile dans laquelle le pays se débat depuis de nombreuses années.

Leurs critiques concernent notamment la décennie dominée par les islamistes et leur gestion calamiteuse des affaires publiques qui a débouché sur une faillite généralisée, laissant le pays pratiquement à genou. Cette faillite a atteint son paroxysme avec le décès de vingt-deux mille Tunisiens de l’épidémie coronavirus.  

Héritiers d’un bilan catastrophique, les six gouvernements qui ont géré le pays au cours des six dernières années sous la conduite du président de la république Kaïs Saïed n’ont pas réussi, eux non plus, à redresser la situation. En l’absence de vision, de stratégie, de planification, ils se sont contentés de parer au plus pressé, naviguant le plus souvent à vue, pour répondre aux revendications d’une population impatiente et désespérée.

Ces six gouvernements n’ont pas réussi non plus à mettre en œuvre les politiques sociales et socialisantes du chef de l’Etat, qui accapare tous les pouvoirs depuis la proclamation de l’état d’exception en juillet 2021. Et c’est vers lui qu’une partie du peuple se tourne naturellement aujourd’hui. Car elle approuve son attachement à la souveraineté nationale, sa volonté proclamée d’améliorer le quotidien des plus démunis et son combat contre la corruption et la mauvaise gestion sanctionné par des poursuites judiciaires contre des hauts responsables et d’hommes d’affaires.

Cependant, les partisans de Saïed attendent de lui des réponses concrètes à leurs attentes en matière de démocratie politique, de justice sociale et de sécurité globale, y compris économique. Ils veulent vivre dans un pays stable, réellement souverain et invulnérable, un pays réaliste, pragmatique et ambitieux, qui rompt avec les idéologies éculées et impose le respect dans son environnement maghrébin, arabe, africain et euroméditerranéen.

Les Tunisiens déplorent l’aggravation de la pauvreté, du chômage, de la bureaucratie, du laxisme, du laisser-aller, de la cupidité et du népotisme, qui sont censés faire partie du passé. Ils réclament l’amélioration de leurs conditions de vie et se plaignent de la dégradation du niveau de l’enseignement, de la vétusté de l’école publique, de la situation calamiteuse dans les hôpitaux, les transports publics, les médias…

Ils déplorent surtout l’hégémonie du tout argent, la prédominance des intérêts privés et du corporatisme, le creusement des disparités sociales, l’effondrement de la classe moyenne, la hausse de la criminalité et de l’insécurité…

Marche de protestation samedi 10 janvier 2026 à Tunis.
Les marches de protestation se poursuivent et se ressemblent.

Vers un Pacte de salut national 

Le pays a aujourd’hui besoin de sérénité et de concorde nationale. Or, l’État est le seul en mesure de favoriser l’adoption d’un Pacte de salut national engageant le pouvoir politique et les forces démocratiques et laïques autour des questions prioritaires impliquant le présent et l’avenir de la nation.

Ce Pacte identifiera les grandes réformes à adopter dans les domaines politique, judiciaire, administratif, économique, financier, fiscal, social, sanitaire, agricole, commercial, éducatif… sur la base d’un diagnostic objectif de la situation globale du pays, tenant compte de son potentiel global tout comme de son environnement régional.

Pour réunir les conditions nécessaires pour son décollage global, la Tunisie doit surtout croire en son potentiel, s’affranchir des démons du «révolutionnisme» paralysant et stérilisant, combattre la culture de l’anarchie et du laisser-aller, réhabiliter l’autorité de la loi et de l’Etat, cultiver les valeurs de l’intégrité, du travail, de la discipline et de la rigueur et engager le peuple sur la voie de la confiance, de la production et de la productivité au travail.

Sans la réhabilitation de ces valeurs, le pays ne pourra pas décoller ni reprendre sa place dans son espace géopolitique.

Ces remèdes exigent cependant organisation, pragmatisme, courage et volonté de la part de toutes les parties pour changer positivement la situation et sauver la Tunisie d’un bond dans le vide qui hypothèquera durablement son avenir et empêchera son décollage pour des décennies.

* Ancien ambassadeur.

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Après les révélations de la Cour des comptes, Saïed sonne l’alerte judiciaire

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, vendredi, au palais de Carthage, la vice-première présidente de la Cour des comptes, Fadhila Gargouri, qui lui a remis le rapport annuel de l’institution au titre de l’année écoulée, ainsi que plusieurs rapports sectoriels.

Selon un communiqué, les travaux de contrôle menés par la Cour ont mis en évidence de nombreux manquements, avec des pertes enregistrées par seulement 11 structures publiques estimées à environ 1 070 millions de dinars, et parmi les institutions concernées figurent notamment la compagnie Tunisair (dont les pertes ont dépassé 316 millions de dinars), ainsi que l’Office de la marine marchande et des ports (OMMP), avec des pertes avoisinant 291 millions de dinars.

Qualifiés de « crimes » dans le communiqué, ces dépassements sont dus au versement de salaires, primes et indemnités sans fondement légal, conjugué à la faiblesse des mécanismes de contrôle et de suivi.

Le chef de l’État a souligné que « ces chiffres alarmants reflètent l’ampleur de la dégradation et du sabotage systématiques qu’a connus le pays », estimant qu’il est impératif d’en tirer les conséquences juridiques face à une corruption qui s’est enracinée dans de nombreux rouages de l’État…

Les rapports sont importants, « mais plus importants encore sont les suites et les résultats qui doivent en découler », insistant sur la nécessité de réviser plusieurs législations et d’éliminer les causes ayant conduit à une situation intenable.

Il a rappelé que « le peuple a le droit d’exiger la reddition des comptes et la redevabilité, car il s’agit de son argent qui a été spolié et de ses droits qui ont été confisqués ». Selon lui, l’objectif n’est pas de créer des tribunaux pour régler des comptes, mais de garantir une Cour des comptes et une justice efficaces et équitables.

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Plan de développement 2026-2030 : Kaïs Saïed place les priorités citoyennes au cœur de l’action

Après avoir fait l’objet d’un conseil des ministres, le Plan de développement 2026-2030, dans ses grandes orientations, a été présenté au président de la République, Kaïs Saïed, par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, et le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, au palais de Carthage.

Les premières orientations du Plan, issues d’un large processus participatif ayant donné lieu à quelque 3 671 réunions aux niveaux local, régional et des districts, indique un communiqué de la présidence de la République, reflètent les principales préoccupations exprimées par les citoyens. Celles-ci portent notamment sur la simplification des procédures administratives, le développement des établissements éducatifs, l’accélération de la réalisation des projets locaux, la maîtrise de l’expansion urbaine et la lutte contre les constructions anarchiques.

Les priorités qui se dégagent de ces rencontres incluent également la réduction du chômage, le soutien aux porteurs de projets, l’amélioration des infrastructures routières et des pistes rurales, ainsi que le renforcement des services et des équipements de proximité, considérés comme des leviers essentiels du développement équilibré.

Lire aussi: Plan de développement 2026-2030… pour une économie forte, résiliente et équitable

Lors de la réunion, le chef de l’État a appelé à l’élaboration rapide du rapport final de synthèse, estimant que la démarche adoptée a permis au peuple tunisien de définir lui-même le modèle de développement qu’il aspire à voir émerger. Il a souligné que ces attentes, clairement exprimées, doivent désormais être concrétisées, en levant les obstacles qui entravent leur mise en œuvre.

Kaïs Saïed a par ailleurs insisté sur la nécessité d’adapter et de faire évoluer les législations, tout en veillant à ce que les responsables chargés de leur application fassent preuve d’engagement, d’intégrité et de dévouement à leur mission nationale. Il a également mis en avant le rôle central des jeunes dans ce processus de transformation.

Le président de la République a enfin affirmé que la Tunisie se trouve à un « rendez-vous avec l’Histoire », réitérant que les engagements pris seront respectés et que la volonté du peuple demeure, selon lui, le véritable moteur du changement.

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Un plan, 3671 réunions et une promesse : l’État se dit à l’écoute du terrain

La présidence de la République a présenté, mercredi 7 janvier, les premiers éléments du plan de développement 2026-2030, lors d’une réunion au palais de Carthage avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, et le ministre de l’Économie, Samir Abdelhafidh. Le communiqué publié à l’issue de cet entretien affirme que le projet repose sur une large consultation menée dans l’ensemble du pays, avec 3671 réunions tenues aux niveaux local, régional et interrégional.

Selon la présidence, ces rencontres ont permis de faire remonter un ensemble de priorités exprimées par les participants : simplification des procédures administratives, amélioration des établissements scolaires, accélération de l’exécution des projets publics, appui aux jeunes porteurs d’initiatives, lutte contre l’expansion urbaine non réglementée et renforcement des infrastructures, notamment dans les zones rurales.

Méthode ascendante

Le communiqué insiste sur la démarche, qualifiée de participative et « ascendante », consistant à partir des attentes locales avant d’élaborer un cadre national.

Cette approche est présentée comme une alternative aux modèles de planification centralisés adoptés lors des cycles précédents. La présidence y voit un moyen de rapprocher les politiques publiques des besoins exprimés sur le terrain.

Aucun détail n’a toutefois été communiqué concernant les arbitrages financiers, le calendrier d’exécution ou les objectifs chiffrés du futur plan, qui doivent être précisés ultérieurement dans un rapport final.

Positionnement politique

Le chef de l’État estime que ces consultations dessinent un « modèle de développement » qui serait déjà identifié par les citoyens et susceptible de répondre aux attentes sociales prioritaires. Il a appelé à mobiliser les administrations et à garantir que les responsables chargés de la mise en œuvre agissent « avec intégrité » et en tenant compte de l’intérêt général.

Le discours évoque également un rôle accru pour les jeunes générations, décrites comme prêtes à assumer des responsabilités publiques.

Une ambition encore à préciser

En conclusion, la présidence évoque une étape importante dans le parcours institutionnel du pays, avec l’objectif affiché de renforcer la justice sociale, la liberté et la dignité.

La publication du rapport final et la traduction concrète de ces orientations sur le terrain constitueront les prochaines étapes.

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Kaïs Saïed trace les contours d’un nouveau rôle pour les médias publics

Le président de la République a réuni au palais de Carthage les principaux responsables des médias publics et de la presse nationale. Au cœur de la rencontre : l’histoire de la presse tunisienne, la mission du service public de l’information et les enjeux politiques et symboliques du moment. Kaïs Saïed a insisté sur la poursuite du processus de libération nationale et sur la nécessité de repenser en profondeur certains concepts hérités du passé.

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu au palais de Carthage les principaux responsables des institutions médiatiques publiques et de plusieurs groupes de presse nationaux, dans une réunion à forte portée politique et symbolique. Étaient présents les dirigeants de la Télévision tunisienne, de la Radio tunisienne, de l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), de la SNIPE La Presse ainsi que le représentant de Dar Assabah.

Entre mémoire et combat national

Lors de cette rencontre, le chef de l’État est longuement revenu sur les grandes étapes qui ont marqué l’histoire de la presse en Tunisie, depuis les premiers textes fondateurs de la fin du XIXᵉ siècle jusqu’au cadre juridique en vigueur aujourd’hui. Il a évoqué le rôle central joué par les journaux et les figures intellectuelles dans le mouvement de libération nationale.

A travers ce rappel historique, Kaïs Saïed a voulu souligner que la presse n’a jamais été un simple outil d’information, mais un acteur à part entière des grandes batailles politiques et culturelles du pays.

Le président a insisté sur la responsabilité particulière qui incombe aujourd’hui aux médias publics : refléter les préoccupations quotidiennes des citoyens, garantir une information transparente et défendre l’intérêt général. Il a estimé que cette mission est d’autant plus cruciale dans le contexte politique actuel, marqué par ce qu’il a qualifié de « délégation populaire » intervenue récemment.

Selon lui, le média public ne peut se contenter d’un rôle passif ou administratif, mais doit être un espace vivant, en prise directe avec les attentes sociales et les mutations profondes que traverse le pays.

Des concepts à repenser

Kaïs Saïed a également affirmé que de nombreux concepts hérités des périodes précédentes sont désormais dépassés et ne correspondent plus aux réalités actuelles. Il a réitéré que les défis restent considérables pour atteindre les objectifs de la Révolution, tout en assurant que le processus de libération nationale se poursuit conformément à la volonté du peuple.

A travers cette rencontre, le message adressé aux responsables des médias apparaît clair : dans la phase actuelle, la bataille de l’information et du sens est indissociable de la bataille politique elle-même.

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Histoire d’une sordide vraie fake news

Tout a commencé par la soi-disant révélation par une page des réseaux sociaux algériens de la copie d’un document dit « très secret » d’un supposé accord militaire entre la Tunisie et l’Algérie qui autoriserait l’armée algérienne à intervenir jusqu’à 50 km sur le territoire tunisien, au-delà de nos frontières communes, et même plus, quand la présidence tunisienne se trouverait en danger. Ce faux document, une fake news, fût diffusé au même moment ou une rencontre de haut niveau eut lieu entre notre ministre de la défense nationale, et les chefs de l’Etat major de l’armée algérienne, à Alger, ou des vrais accords militaires, relatifs à la coopération et à la sécurité des deux pays, ont été signés.

Le choix de la date de la diffusion de ce faux document est en lui-même significatif de la volonté d’une tierce partie de torpiller le rapprochement entre les deux pays. Mais le faux document est tellement mal conçu, que n’importe quel journaliste débutant aurait pris cela pour une farce médiatique, comme il en existe des milliers chaque jour sur les réseaux sociaux. C’était sans compter sur la politisation tous azimuts, de toute information, fausse ou juste, pour tirer sur l’adversaire. Grâce à l’IA, on peut fabriquer des photos, des vidéos et même imiter des voix et fabriquer des discussions fictives. C’est dire combien cette fake news, ne peut être fabriquée que par des amateurs. Or, nous vivons en pleine époque d’amateurisme, non pas seulement dans les médias; mais surtout chez les hommes et les femmes qui se prétendent politiques.

Propagande à la Goebbels

Cette règle est aussi valable pour les médias qui se rangent dans l’opposition au Président de la République, Kaïs Saïed, que pour les médias et chroniqueurs qui lui sont acquis. C’est la conséquence de la bipolarisation extrême de la vie politique et la radicalisation de l’opposition menée et dirigée par le parti Ennahdha et qui est due essentiellement aux condamnations à de lourdes peines de prison qui ont touché ses dirigeants.

La règle en matière de propagande islamiste étant simple, souffler sur le feu, quitte à ce que ce feu incendie le pays. C’est leur façon de faire de la politique, qu’ils ont pratiquée avant et après 2011. D’ailleurs dans cette affaire de fake news c’est le gendre de Ghannouchi lui-même, à travers sa page Facebook, qui s’est chargé « d’authentifier » le faux document et de crier au scandale. Cela aurait dû suffire normalement à nos journalistes pour faire leur travail d’investigation avant de publier quoique ce soit ou de commenter. Surtout que ce même individu, quand il était ministre des Affaires étrangères s’est illustré par sa profonde connaissance de nos frontières maritimes et même des noms des grandes capitales étrangères. Même les journaux qui se sont spécialisés dans la chasse aux fake news se sont abstenus de la faire et même qu’ils ont tenté de valider l’information.

Cette forme de propagande, qu’on doit à Goebbels, se base sur une règle immuable et dont l’efficacité est vérifiée : « Intoxiquez ! Intoxiquez ! Il en restera toujours quelque chose ! ». Avec l’apparition des fake news, et des réseaux sociaux, cette arme devient redoutable. Il y a deux semaines, le Président de la République Française Emmanuel Macron, a reçu un appel téléphonique d’un chef d’Etat africain le félicitant d’avoir échappé à un attentat !!!!! Macron s’est enquis auprès de ses services pour s’informer. Il s’agissait évidement d’une fake news ! Le malheureux chef d’Etat africain cherchait ses infos sur les réseaux sociaux et il n’est malheureusement pas le seul ! Macron a du faire une déclaration pour clarifier la situation et ordonné de prendre des mesures coercitives contre ce genre de sites.

Même les services spéciaux des grands Etats puissants sont souvent victimes de cette désinformation, quant ils ne recourent pas eux-mêmes aux mêmes méthodes d’intox. Goebbels est mort, il y a longtemps, mais sa méthode et sa théorie sont toujours efficaces et d’une actualité brulante, surtout dans les guerres de Gaza et d’Ukraine.

La Tunisie vient à son tour d’en faire les frais, car il est clair qu’un service étranger est derrière cette intox virale. Le problème pour nous est qu’une grande partie de la classe politique, au pouvoir et dans les différentes oppositions, tombe souvent dans ce travers, qui consiste à utiliser le faux pour confondre l’adversaire. Et c’est symptomatique d’une faiblesse structurelle dans la pensée politique. On appelle cela la mauvaise foi politique.

Nous sommes les alliés stratégiques des USA

En 2015, les USA, par la voix de leur Président, Barak Obama déclarait la Tunisie un allié stratégique majeur des USA, hors membres de l’OTAN. La question était discutée dans l’administration américaine depuis 1995. Un nouveau palier fût donc franchi dans la coopération militaire de notre pays avec les Etats-Unis. Il fût depuis honoré par les deux parties via la commission militaire mixte qui se réunit chaque année. Un compte rendu de ces réunions est systématiquement publié par les deux ministères de la Défense.

La Tunisie a profité de ce statut depuis cette date en développant ses capacités militaires pour la lutte contre le terrorisme, la défense de ses frontières, toutes les frontières y compris la frontière ouest. Des armes, dont des avions, des drones et du matériel de surveillance des frontières ont été achetés aux USA et l’on peut conclure que la sécurité de nos frontières et la lutte contre le terrorisme se sont renforcées.

Comment dès lors imaginer qu’un accord qui mettrait en cause ce processus de coopération militaire et sécuritaire puisse être signé avec un autre Etat, fusse-t-il un Etat ami ? Il est vrai, que la partie algérienne à l’époque sous Bouteflika, avait montré son hostilité à cet accord. Comment imaginer aussi, que les USA ne réagissent pas directement ou indirectement à ce supposé accord ? Il n’y a que les esprits faibles ou malfaisants pour avaler une telle couleuvre.

Pourtant, ce qui est incroyable, c’est que d’anciens ministres ou hauts responsables semblent avoir cru à ce qui est clairement un mensonge. Et ce, par dépit souvent vis-à-vis de Kaïs Saïed qui reste, quoi qu’on dise ou qu’on prétende, le représentant de la légitimité politique de l’Etat; même s’il a été élu par 11 % des électeurs. En aucune façon, on ne peut confondre la question démocratique, qui fait partie des questions de politique intérieure, avec les intérêts supérieurs de la Nation. La confusion est beaucoup plus grave, quand il s’agit de l’utilisation d’un vrai document probablement pour déstabiliser le pays et nuire aux relations avec l’Algérie.

Mais l’affaire a pris un tournant quand un magazine français spécialisé dans les affaires africaines et un prestigieux quotidien français, reprennent l’intox, en s’appuyant sur ces mêmes sites algériens qu’ils abhorrent d’habitude. Les deux articles en question évitent de noter tous les signes et erreurs qui démontrent que ce document ne peut être fait par des diplomates chevronnés puisqu’il y a erreur même sur les noms des personnes qui l’auraient signé. En plus d’erreurs de contenu, comme lorsqu’il précise que les frais des soldats algériens seraient payés par l’Etat tunisien, comme s’il s’agit d’un vulgaire contrat commercial. L’argument de poids utilisé par tous ces médias et tous ceux qui les ont relayés, comme s’il s’agit d’une révélation biblique, est l’absence de réponse de la part du ministère tunisien de la réponse ou du gouvernement.

C’est le comble du cynisme politico-médiatique ! Depuis quand un Etat qui se respecte répond aux mensonges et aux calomnies ? Parce que démentir officiellement, c’est tomber dans le piège de celui qui a créé le faux. Il est vrai qu’une vague allusion à ce document a été faite par Kaïs Saïed et qu’ensuite le chef de l’Etat algérien lui-même a répondu devant son parlement indirectement; tout en rappelant la solidité des liens entre les deux pays. Il est vrai que le ton paternaliste des politiciens algériens a suscité des réactions toujours négatives de la part des élites tunisiennes. C’était d’ailleurs aux Algériens de répondre car l’information est partie de sites algériens probablement hostiles au gouvernement. Mais l’intox a fait des ravages chez nous. Ce qui prouve que le système de communication et d’information gouvernemental n’est pas en bonne santé. Les médias comme m’a dit un ami français sont une arme à double tranchant et celui qui vit avec les médias meurt par ces mêmes médias.

Le meilleur moyen pour un pays de se prémunir contre ce danger qui va en s’aggravant est d’avoir un système médiatique crédible et professionnel. Ce qui est loin d’exister chez nous.

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Le député Saïdani n’écarte pas un remake du scénario vénézuélien en Tunisie

Dans une vidéo postée hier, samedi 3 janvier 2026, où il commentait la capture et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro par une unité spéciale américaine, le député Ahmed Saïdani, n’a pas écarté un remake de ce scénario en Tunisie, si on n’arrive pas à régler nos problèmes entre nous. Vidéo.

«Le scénario vénézuélien pourrait se reproduire en Tunisie sous d’autres formes, et la jeunesse doit construire une alternative nationale tunisienne populaire, car nous risquons de nous retrouver face à des alternatives imposées de l’étranger ; les alternatives des ambassades ne seront pas dans l’intérêt du peuple», a-t-il écrit, en critiquant le culte de la personne en Tunisie qui réduit le destin du pays à celui d’un seul homme.

Le député, qui était un fervent partisan du président de la république Kaïs Saïed, avant de se mettre à critiquer certaines de ses politiques, effectue ici une comparaison un peu trop rapide entre deux Etats et deux régimes qui ont peu de choses en commun : le Venezuela, riche pays pétrolier allié des Russes et des Chinois, et la Tunisie, pays sans grandes ressources naturelles, mais qui a toujours appartenu, bon gré mal gré, à l’orbite américaine et occidentale en général. Les deux pays ont certes toujours été gouvernés d’une main de fer par des autocrates imperméables aux principes démocratiques, mais la comparaison s’arrête là.

Cependant, et malgré cette réserve qui devait être exprimée, les dirigeants politiques partout dans le sud global, y compris en Tunisie, doivent se méfier du retour en force de l’impérialisme américain, aujourd’hui incarné par Donald Trump, un président sans foi ni loi et pour qui seul compte les intérêts sonnants et trébuchants, les siens propres avant ceux de son pays.

I. B.

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Tebboune : «La Tunisie n’est pas une cible facile»

Abdelmadjid Tebboune a fermement réfuté les allégations concernant un accord militaire secret avec la Tunisie qui porterait atteinte à la souveraineté tunisienne. Ces accusations proviennent de la diffusion d’un document douteux prétendant révéler les détails d’un tel accord. En réponse, le président algérien a qualifié ces allégations de tentative de déstabilisation de la Tunisie et de l’amitié de longue date entre les deux nations nord-africaines. «Certains acteurs tentent de semer la discorde entre l’Algérie et la Tunisie, pensant ainsi faciliter leurs infiltrations», a-t-il déclaré dans son discours à la nation, 31 décembre 2025.

Latif Belhedi

La controverse a éclaté après la signature, le 7 octobre 2025, à Alger, d’un accord de coopération militaire entre l’Algérie et la Tunisie. Cet accord visait à renforcer l’entraînement militaire conjoint, l’échange d’informations et la coordination face aux menaces transfrontalières. Cependant, le manque de détails officiels concernant cet accord a alimenté rumeurs et inquiétudes.

Le ministre de la Défense, Khaled Sehili, a précisé, à la réponse d’une question de député, que l’accord n’était qu’une mise à jour d’un pacte de coopération de 2001, conçu pour s’adapter à la nouvelle dynamique régionale et en élargir le champ d’application.

Les craintes de l’opposition politique tunisienne

Malgré cela, le 17 décembre, un document en ligne, censé révéler les détails de l’accord, a commencé à circuler, suscitant des craintes quant à une possible «subordination» de la Tunisie à l’Algérie.

Ce document, provenant prétendument d’une source confidentielle, laissait entendre que l’accord autoriserait l’armée algérienne à pénétrer jusqu’à 50 kilomètres en Tunisie pour poursuivre des terroristes ou des groupes armés. Cela impliquait également que l’Algérie pourrait intervenir pour rétablir la «stabilité institutionnelle» en Tunisie en période de troubles.

Cette situation a suscité des craintes, notamment au sein de l’opposition politique tunisienne, déjà confrontée à une forte répression depuis l’accaparement du pouvoir par le président Kaïs Saïed, depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021. Les détracteurs de Saïed perçoivent ce pacte militaire comme une nouvelle atteinte à la souveraineté tunisienne.

Selon le document divulgué, la Tunisie serait responsable du soutien logistique, incluant l’hébergement et les dépenses des troupes algériennes, et fournirait également des ressources naturelles en échange de l’intervention algérienne.

De plus, la Tunisie aurait besoin de l’approbation de l’Algérie avant de conclure tout nouvel accord de sécurité ou militaire avec d’autres pays.

Ce document a soulevé des inquiétudes en Tunisie quant à sa souveraineté et a alimenté des débats sur la transparence des alliances du pays, certains accusant l’Algérie de tenter d’exercer une forme de tutelle sur la Tunisie.

Le document a été largement repris par les médias étrangers, en particulier marocains et français, qui y ont vu la preuve de l’influence croissante de l’Algérie sur la Tunisie. Le Figaro, un quotidien français de droite, a même comparé la situation au protectorat français sur la Tunisie au début du XXe siècle.
L’authenticité du document est toutefois fortement contestée. Certains experts y ont relevé de multiples signes de falsification, notamment des erreurs dans l’en-tête et des références inexactes aux grades militaires et aux textes juridiques. Le contenu contredisait aussi, selon eux, la Constitution algérienne, qui impose des conditions strictes aux interventions militaires à l’étranger et exige l’approbation du Parlement.

Le démenti formel du président algérien

Dans un discours à la nation, Tebboune a mis en garde contre toute tentative de division entre l’Algérie et la Tunisie, insistant sur les liens fraternels étroits qui unissent les deux pays. Il a ajouté que ceux qui cherchent à rompre ces liens sous-estiment la force du patriotisme tunisien : «La Tunisie n’est pas une cible facile, et ceux qui le pensent se trompent.»

Tebboune a également lancé une pique à l’encontre de ceux qui militent pour une normalisation des relations avec l’entité «israélienne», faisant référence aux accords de normalisation conclus entre cette entité et certains pays arabes, comme le Maroc et les Émirats arabes unis. Il a souligné que le président Saïed n’était ni favorable à une normalisation avec l’entité « israélienne», ni pressé de prendre de telles mesures.

Le président algérien a réaffirmé que l’Algérie ne s’est jamais ingérée dans les affaires intérieures de la Tunisie et ne le fera jamais. «La sécurité de l’Algérie est indissociable de celle de la Tunisie», a-t-il déclaré, ajoutant : «Qui nuit à la Tunisie nuit à l’Algérie.»

Le président tunisien Kaïs Saïed avait déjà démenti en termes très généraux les rumeurs concernant l’accord militaire le 18 décembre, les qualifiant de pures inventions destinées à nuire au peuple tunisien.

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Kaïs Saïed trace le cap de 2026 et promet une « guerre de libération sociale »

Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est adressé mercredi 31 décembre 2025 au peuple tunisien à l’occasion de la nouvelle année 2026. Dans une allocution diffusée sur la page officielle de la présidence, le chef de l’État a présenté ses vœux aux Tunisiens, leur souhaitant santé, prospérité et dignité.

Dès l’entame de son discours, Kaïs Saïed a affirmé la volonté de poursuivre « le même chemin, avec la plus grande rapidité, en restant fermes et confiants », afin de répondre aux revendications légitimes du peuple, notamment en matière d’emploi, de liberté et de dignité nationale.

Le président de la République a insisté sur la richesse fondamentale du pays, qu’il ne limite pas aux ressources naturelles. Selon lui, la principale force de la Tunisie réside dans son capital humain, qualifié de richesse inépuisable, composé d’hommes et de femmes de toutes générations, en Tunisie comme à l’étranger.

Évoquant les défis actuels, Kaïs Saïed a estimé que la volonté sincère et collective permet de surmonter les difficultés et d’assurer des conditions de vie décentes à l’ensemble des citoyens. Il a souligné que l’avenir se construit par l’action, annonçant l’ouverture prochaine de nouvelles perspectives, en particulier pour la jeunesse, appelée à « porter les flambeaux de la lumière ».

Guerre de libération sur tous les fronts

Le chef de l’État a également évoqué une « guerre de libération sur tous les fronts », plaçant la question sociale au premier rang des priorités. La justice sociale a été présentée comme le socle de la stabilité, de la création de richesse et de l’emploi. Dans ce contexte, il a plaidé pour l’adoption de nouvelles législations, estimant que les textes évoluent avec le temps et ne produisent leurs effets que lorsqu’ils sont appliqués par des responsables animés d’un véritable esprit national et d’un sens élevé de la responsabilité.

Kaïs Saïed a, par ailleurs, critiqué les comportements opportunistes et les pratiques entravant la bonne marche des services publics et des projets, affirmant que la Tunisie n’a pas besoin de ceux qui recherchent uniquement les privilèges ou l’exposition médiatique. Il a appelé, en revanche, à mobiliser les compétences libres et engagées dans tous les secteurs, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Sur le plan international, le président de la République a réaffirmé l’attachement de la Tunisie à ses principes et à ses choix souverains, rejetant toute logique de domination ou de hiérarchie entre les peuples. « Nous resterons maîtres sur notre terre », a-t-il martelé.

Enfin, Kaïs Saïed a rappelé que les revendications de la révolution tunisienne ne relèvent pas de simples promesses, mais doivent se traduire par des réalités concrètes. Il a conclu son allocution en réitérant le soutien indéfectible de la Tunisie au peuple palestinien et à son droit à établir un État indépendant et pleinement souverain, avec Jérusalem pour capitale.

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Culte de la personne et Etat de droit en Tunisie

En Tunisie, comme dans tout le monde arabe, durant des siècles jusqu’à nos jours, la population qui portait les stigmates du tribalisme, a été à la merci de l’arrogance, de l’arbitraire et de la brutalité, cette mère de toutes les lâchetés, à la merci des sauts d’humeur du «Chef». Les notions de «droit», celle de «dignité humaine», de «citoyenneté», de «raison»… restent jusqu’à aujourd’hui étrangères à notre culture.

Salah El Gharbi *

Le soutien inconditionnel qu’une partie de la population continue à manifester, bruyamment, à l’actuel chef de l’Etat semble décontenancer, agacer et surtout frustrer les nostalgiques de la «belle époque», en pensant particulièrement, au leadership du «Combattant suprême».

Comme ces esprits chagrinés n’ont jamais appris à prendre du recul ni à tirer des leçons du passé, ils sont réduits à être, constamment, dans le déni, en train de débiter les mêmes litanies, vantant tantôt les mérites du «libérateur des femmes», tantôt «le promoteur de l’enseignement pour tous»… Et comme si ces zélateurs du «bourguibisme» cherchaient à se donner bonne conscience, ils s’obstinent, désespérément, à laisser entendre que, de toute évidence, Kaïs Saïed ne serait qu’une création in nihilo, un accident de l’Histoire, une sorte d’épiphénomène étrange qui n’a rien à voir avec le plus prestigieux de ses prédécesseurs.  

De fidèles produits du «Système»

Il est vrai que l’actuel Maître du Palais de Carthage offre un profil atypique et a des attitudes et des réactions que certains trouveraient étranges. Il est aussi probant que «la démocratie» est loin d’être le dada du nouveau président. Néanmoins, et malgré les apparences, l’homme reste, fondamentalement, un fidèle produit du «Système», héritier d’une pratique politique mise en place par «le Combattant suprême» en 1957.

En fait, et contrairement aux apparences, le péché originel, c’était Habib Bourguiba qui l’avait commis, quand ce militant, juriste de formation, qui venait de mettre fin à la présence française, au nom du «droit», s’était institué comme un «Bey républicain», en s’octroyant un pouvoir illimité, dans le temps, et ce, au mépris du «droit».

Depuis, étant donné qu’il était à la tête «d’une poussière d’individus, d’un magma de tributs…», autrement dit, d’une population qui n’avait jamais connu que le mépris, les brimades et l’injustice, Bourguiba et les siens étaient en terrain conquis d’avance et avaient le loisir d’imposer leurs volontés. Ainsi, malade et sénile, le vieux président allait se cramponner au pouvoir des années durant, avant d’être délogé honteusement.

D’ailleurs, les soutiens échaudés de l’actuel président, sortis le 17 décembre scandant le nom de leur «idole», nous rappellent, étrangement, les foules surexcités et encadrées par les cellules du «Parti», prêtant allégeance au «Père de la nation». Même fausse ferveur, même culte de la personne, même aveuglement face aux vrais défis que le pays affrontait.

Zine El Abidine Ben Ali, le second président, après avoir usurpé le pouvoir, qu’avait-il fait, sinon marcher sur les traces du «Père de la nation», en faisant fi du droit. Et durant son «règne», c’était en manipulant l’opinion publique, en manœuvrant et en sévissant contre ses adversaires, qu’il avait réussi à se maintenir jusqu’à ce qu’il fût détrôné, à son tour, en 2011, d’une manière humiliante.

Déni du droit, répression des libertés

En fait, comme dans tout le monde arabe, durant des siècles jusqu’à nos jours, la population qui portait les stigmates du tribalisme, a été à la merci de l’arrogance, de l’arbitraire et de la brutalité, cette mère de toutes les lâchetés, à la merci des sauts d’humeur du «Chef». Les notions de «droit», celle de «dignité humaine», de «citoyenneté», de «raison»… restent jusqu’à aujourd’hui étrangères à notre culture.

Chez nous, on a beau multiplier les institutions qui enseignent le droit, dans son approche moderniste qui assure la justice pour tous et qui promeut le triomphe du droit sur l’arbitraire et la tyrannie, quatre-vingts ans après, on ne fait que barboter. La même désinvolture, la même suffisance et les mêmes pratiques indignes résistent et se perpétuent. 

«Le droit est le fondement de la civilisation», disait en substance, Ibn Khaldoun. Par conséquent, l’État de droit n’est pas un luxe, mais une nécessité. Ainsi, mépriser le droit, c’est, en quelque sorte, se priver, de facto, de trois données fondamentales de la civilisation, à savoir, la stabilité, la prospérité et le progrès.

Les révolutions technologiques et les progrès colossaux enregistrés en Occident n’ont été possibles que grâce à l’évolution en matière de droits de l’homme.  Alors que les citoyens occidentaux jouissent de la liberté, des bienfaits de l’État de droit, talonnés par une sorte de fatalité historique d’arabo-musulmans, nous restons, encore, soumis aux mêmes pratiques hégémoniques, gisant sous la menace, celles de l’arbitraire et de l’injustice et de l’anarchie.

Les soubresauts de l’Histoire

Néanmoins, dans ce monde en ébullition permanente, tous ceux qui continuent à s’opposer à l’inéluctable évolution vers la mise place d’un État de droit ne sont aucunement, à l’abri des soubresauts de l’Histoire. Ainsi, en favorisant le «désordre ordonné» aux dépens de l’État de droit, les despotes finissent, toujours, par être les premières victimes de leur arrogance et de leur propre aveuglement.

Même si, en cette fin d’année 2025, le septuagénaire que je suis reste sceptique, ne nourrissant que peu d’espoir d’assister, de mon vivant, au triomphe de l’État de droit contre l’arbitraire, je continue à croire qu’aussi obstinée fut l’attitude de toute force inique, tôt ou tard, le combat pour le triomphe du droit et des libertés individuelles finira, un jour ou l’autre, par triompher.

* Écrivain et essayiste.   

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Huile d’olive : Le stockage au cœur du message présidentiel

En recevant, lundi 29 décembre au Palais de Carthage, les responsables du secteur agricole, le président Kaïs Saïed a livré un discours à la tonalité plus concrète qu’à l’accoutumée. Si l’agriculture reste, selon lui, un pilier de la sécurité nationale, l’accent a été mis sur une faiblesse précise : l’insuffisance persistante des capacités de stockage de l’huile d’olive, malgré une récolte annoncée comme exceptionnelle après plusieurs années de sécheresse.

Le chef de l’État a estimé que l’augmentation enregistrée entre la saison précédente et la saison en cours demeure « limitée » et ne répond pas aux besoins réels du marché. Une reconnaissance rare, qui déplace le débat du terrain politique vers celui des contraintes logistiques et structurelles, alors que les petits producteurs peinent à écouler leur production dans des conditions jugées équitables.

Un soutien affiché aux petits producteurs

Kaïs Saïed a appelé à lever rapidement les obstacles auxquels font face les petits agriculteurs, depuis la récolte et la trituration jusqu’à la commercialisation, en Tunisie comme à l’export. Il a rappelé le rôle central des offices publics, notamment l’Office national de l’huile, dans la régulation du marché, tout en dénonçant les pratiques spéculatives et les tentatives d’accaparement.

Dans le même esprit, le président a évoqué la nécessité de renouveler le cheptel national et de préserver les semences tunisiennes, afin de limiter toute dépendance extérieure. Une manière d’élargir la notion de souveraineté agricole au-delà de la seule question des volumes produits, pour l’inscrire dans une réflexion plus globale sur les moyens et les choix structurels de l’État.

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Transports : Kaïs Saïed dénonce des dysfonctionnements graves et annonce une reprise en main de l’État

Le président de la République, Kaïs Saïed, a exprimé une vive colère face aux graves perturbations affectant les secteurs du transport aérien, terrestre et maritime. Lors d’un entretien avec le ministre du Transport au palais de Carthage, il a exigé des mesures immédiates, une reddition des comptes et la reconstruction des services publics qu’il estime avoir été délibérément affaiblis.

Le président Kaïs Saïed a reçu au palais de Carthage le ministre du Transport, Rachid Amri, pour un entretien consacré à la situation critique des transports publics.

Il a dénoncé des dysfonctionnements jugés inacceptables, notamment dans le transport aérien, où des retards massifs ont été enregistrés. Le chef de l’État a appelé à des décisions urgentes et à une responsabilisation claire des parties fautives, selon un communiqué de la Présidence de la République.

Transport aérien : des retards jugés intolérables

Kaïs Saïed a affirmé que les retards répétés des vols, aussi bien dans les aéroports tunisiens qu’à l’étranger, ne peuvent être justifiés par aucun critère opérationnel ou technique. Il a évoqué des situations extrêmes où des passagers auraient attendu plusieurs jours avant de pouvoir embarquer, qualifiant ces pratiques d’atteinte directe aux droits des citoyens.

Le président a insisté sur la nécessité de mettre fin immédiatement à ces dérives et de sanctionner les responsables.

Tunisair : une institution affaiblie volontairement

Le chef de l’État a rappelé que la compagnie nationale Tunisair fut longtemps un symbole de performance et de souveraineté économique.

Selon lui, la dégradation actuelle de l’entreprise n’est pas le fruit du hasard mais résulte de choix et de manœuvres destinés à justifier son abandon ou sa cession. Il a réaffirmé son refus catégorique de toute forme de renoncement aux entreprises publiques stratégiques.

Transport terrestre : 136 nouveaux bus attendus

La réunion a également porté sur la situation du transport terrestre et les solutions envisagées pour alléger les difficultés quotidiennes des usagers. Une première tranche de 136 bus doit être réceptionnée prochainement, avant l’arrivée de nouvelles livraisons.

Kaïs Saïed a souligné l’importance de leur maintenance, de leur bonne gestion et de leur répartition équitable entre les régions, selon des critères transparents. Il a également insisté sur l’urgence de renforcer le parc du métro léger par de nouvelles rames.

Transport maritime : actes de sabotage sans précédent

Abordant le secteur maritime, le président a dénoncé des actes d’endommagement volontaires observés récemment, qualifiés d’inédits. Il a rappelé que toute embarcation devait obligatoirement subir des contrôles techniques rigoureux avant de prendre la mer, estimant que ces défaillances ne peuvent être considérées comme accidentelles.

Kaïs Saïed a réaffirmé que l’État est engagé dans un processus de reconstruction des services publics essentiels, après des années de dégradation et de corruption. Il a souligné que le droit à un transport fiable et digne ne relève pas uniquement de textes juridiques, mais constitue un droit humain fondamental.

Le président a conclu en affirmant que les responsables de la détérioration des infrastructures publiques devront rendre des comptes, estimant qu’ils ont porté atteinte non seulement aux finances publiques, mais aussi à la dignité et aux droits du peuple tunisien.

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Cession des entreprises publiques : le veto irrévocable de Kaïs Saïed

Recevant le ministre du Transport, Rachid Amri, lundi 29 décembre 2025, le président de la République, Kais Saïed, a fait état des dysfonctionnements observés dans le secteur du transport aérien qu’il juge « totalement inadmissibles ». Il a cité l’exemple d’un vol qui a cumulé un retard de cinq jours dans un pays étranger, indique un communiqué de la présidence de la République.

Et ce n’est pas tout, parce qu’il a également déploré les retards récurrents accusés par plusieurs vols desservis par la compagnie Tunisair, en partance des aéroports tunisiens ou ou en provenance de l’étranger, estimant que ces retards ne doivent plus être tolérés.

Il a, à ce propos, appelé à mettre immédiatement fin à ces différentes irrégularités. Tout en mettant l’accent sur l’impératif de demander des comptes aux fauteurs.

Tunisair, victime de manœuvres sciemment orchestrées

Face à ces retards à répétition et aux dysfonctionnements entachant le secteur du transport aérien, le chef de l’État a souligné qu’il n’y a pas lieu de procéder à la cession des établissements et entreprises publics de l’Etat tunisien. A cet égard, il a rappelé que la compagnie aérienne Tunisair a été par le passé le « fleuron » des entreprises publiques et que le sort qu’elle endure aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard mais plutôt le corollaire logique d’une série de manœuvres sciemment orchestrées dans le dessein de mener droit à sa cession inévitable.

Lors de cette réunion, le chef de l’Etat a aussi évoqué le dossier du transport terrestre et la date de livraison du prochain lot de bus. Sachant un premier contingent de 136 bus sera acheminé vers la Tunisie en attendant la livraison d’un deuxième lot.

Ces livraisons de bus, a expliqué le président Saïed, s’inscrivent dans le cadre des efforts de l’Etat visant à mettre fin au calvaire insoutenable qu’endure les citoyens tunisiens lors de leur déplacement entre les différentes villes du pays. A ce propos, le chef de l’Etat demande à ce que soit garanti l’entretien et la maintenance de ces bus et à veiller à ce qu’ils soient répartis de manière équitable entre les différentes régions du pays, selon des critères clairs.

Il a en outre souligné la nécessité de renforcer la flotte du métro léger à travers l’acquisition de nouvelles rames de métros dans les plus brefs délais.

Irrégularités dans le transport maritime

Revenant sur la situation du secteur du transport maritime, le chef de l’Etat a pointé des « irrégularités sans précédent ». Et ce, en prenant pour exemple, notamment, l’appareillage de certains navires sans se soumettre aux contrôles techniques nécessaires.

Face à ces dysfonctionnements administratifs, le président Saïed a réaffirmé l’engagement à aller de l’avant sur la voie de la reconstruction de ces services publics essentiels; malgré le lourd legs de mauvaise gestion et de corruption. Il souligne que le déploiement d’un transport décent est « un droit inhérent à l’individu » et « fait partie intégrante des droits de l’homme » et non un simple droit consacré par la constitution ou les conventions internationales.

Tout en réaffirmant son engagement à procéder à la restructuration des services publics, le président de la République a rappelé qu’il est du droit du peuple de demander des comptes à ceux qui ont dilapidé l’argent public et bafoué ses droits humains.

Cette redevabilité, a conclu le chef de l’Etat, ne saurait être instaurée que dans le cadre d’une « transition » qui rompt net avec les corrompus en Tunisie et à l’étranger et non une transition qu’on tente de qualifier, à tort et par perversité, de « démocratique ».

Tout ceci pour dire que ceux qui misaient sur la privation totale ou partielle des canards boiteux doivent dorénavant revoir leurs plans.

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Amine Mahfoudh dénonce un viol de la constitution tunisienne

Le récent accord militaire signé le 7 octobre 2025 à Alger entre l’Algérie et la Tunisie, dont le contenu n’a pas été rendu public par les autorités des deux pays, continue d’alimenter des articles dans les médias internationaux (notamment Jeune Afrique et Le Figaro) et des débats houleux, notamment en Tunisie, où certains y ont vu une atteinte à la souveraineté tunisienne. (Ph. Le ministre tunisien de la défense Khaled Sehili et le chef d’état major de l’armée algérienne Saïd Chengriha signant le fameux accord militaire).

Le professeur de droit constitutionnel et activiste politique Amine Mahfoudh, qui fut un moment un proche du président Kaïs Saïed avant de rompre avec lui, a publié à ce sujet le poste Facebook que nous traduisons ci-dessous.      

«La Constitution stipule que le Président de la République doit ratifier les traités et autoriser leur publication. Qu’est-ce qui justifie la violation de cet article et le refus d’autoriser la publication de traités ratifiés, notamment ceux relatifs aux relations avec l’État algérien ? Nous sommes, une fois de plus, confrontés à une violation flagrante de la Constitution et à un manquement au respect dû au peuple tunisien, puissance souveraine.»

I. B.

https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/10/a-propos-de-laccord-de-cooperation-militaire-entre-lalgerie-et-la-tunisie/

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Tunesien – Die verratene Revolution

Ein Dokumentarbericht von ARTE TV: Wie der deutsch-französische Sender den Zerfall der tunesischen Demokratie unter Präsident Kais Saied beschreibt. Paris – Was Ende 2010 mit der Jasminrevolution in Tunesien als hoffnungsvoller Aufbruch begann, hat sich unter Präsident Kais Saied in eine neue Form der Autokratie verwandelt. Die Dokumentation zeichnet den beklemmenden Weg eines Mannes nach, […]

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Kaïs Saïed réaffirme l’attachement de la Tunisie à sa souveraineté

Le président de la République, Kais Saïed, a reçu, jeudi, 25 décembre courant, au palais de Carthage, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Ibrahim Bouderbala et le président du Conseil national des régions et des districts (CNRD), Imed Derbali.

Cité dans un communiqué, le chef de l’État a réaffirmé l’attachement de la Tunisie à sa souveraineté et au choix de son peuple, soulignant l’engagement à œuvrer sans relâche, chacun dans le cadre de ses compétences, à relever les défis, notamment, d’ordre social et économique.

Le président Saïed a, en outre, réitéré sa ferme et profonde conviction que la Tunisie est un pays qui regorge d’innombrable potentialités et expertises, ajoutant que sa jeunesse est bien capable de réaliser ses espoirs et attentes non seulement dans les textes mais également dans la pratique.

Ces attentes et aspirations, a-t-il poursuivi, seront concrétisées par des patriotes libres soucieux de faire prévaloir l’intérêt de la patrie et la dignité de son peuple sur toute autre considération et qui sont disposés à faire preuve d’altruisme et d’abnégation pour lutter contre l’injustice, le chômage et l’exclusion.

Le président de la République a, dans ce contexte, appelé à la nécessité de resserrer les rangs et de s’aligner dans un seul front afin d’aller de l’avant sur la voie tracée par le peuple, promettant de relever les défis qui se posent et de barrer la route aux forces rétrogrades qui tentent inlassablement de faire remonter le temps en arrière.

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Pourquoi je soutiens la manifestation du 17 décembre

L’auteur propose une lecture assez originale et inattendue de la manifestation du 17 décembre devant le théâtre municipal de Tunis, qui a regroupé des personnes affichant tapageusement et, parfois, de manière grotesque, leur soutien au président de la république Kaïs Saïed. Ces marginaux qui se tiennent généralement aux côtés des autorités et parfois des groupes politiques influents, servent souvent de carburant au régime en place et peuvent en devenir aussi les fossoyeurs.

Abderrazek Ben Khelifa *

Je soutiens la manifestation du 17 décembre 2025 qui a rassemblé, entre autres, un nombre de marginaux, que certains qualifient de populace ou de racaille… Et qui, en tout cas, s’accordent tous sur le fait qu’ils n’ont rien à perdre. Ils se tiennent généralement aux côtés des autorités et parfois de groupes politiques influents, dans les manifestations exigeant le départ du gouvernement, ou les rassemblements des partis au pouvoir.

En fait, je sais que certains d’entre eux étaient fortement impliqués dans les campagnes électorales d’Ennahda, Nidaa Tounes, Machrouu Tounes, Qalb Tounes et Tahya Tounes, tel cet homme démuni qui se tenait aux côtés de Youssef Chahed et que ce dernier ne voulait même pas regarder.

Sont-ils opportunistes ?! Non… L’opportunisme est une posture calculée, une décision prise par un esprit purement pragmatique qui, comme on dit, «sait où se trouve le pouvoir».

Le carburant au régime

Pour comprendre objectivement cette catégorie, il n’est plus possible de s’appuyer sur les outils analytiques d’Herbert Marcuse, Frantz Fanon, Antonio Gramsci, Michel Foucault et Edward Said, qui ont fait des marginaux une force capable de mener des révolutions. Parce qu’ils ont étudié les populations marginalisées dans les sociétés occidentales, mais pas sérieusement dans les sociétés autoritaires orientales où ces populations servent de carburant au régime… Ils [ces manifestants, Ndlr] sont maintenant avec Saïed… et en Égypte avec Sissi dont ils attendent monts et merveilles… Le réservoir électoral sous Ben Ali se situait à Kasserine et Sidi Bouzid, le berceau même de la révolution [qui a finalement emporté ce dernier, Ndlr], selon un livre de mon ami le Dr Mouldi Lahmar.

Aujourd’hui, presque tous ceux qui se sont rassemblés devant le théâtre municipal pour soutenir Kais Saïed, et même ceux qui sont plus marginalisés qu’eux, c’est-à-dire le groupe des SDF, je me suis gardé de les moquer ou de les condamner… car je les plains sincèrement et peut-être même que je les comprends dans une certaine mesure… mais je suis presque certain qu’ils portent le germe de la chute du système populiste.

Parmi les penseurs les plus éminents qui ont surpassé Marcuse, Fanon et Foucault, et qui ont compris la profondeur de cette catégorie sociale, figure le penseur iranien Asef Bayat, qui a utilisé le concept de «présence politique» au lieu de protestation pour ce groupe qui ne s’exprime pas directement comme les intellectuels et l’élite politique.

Si l’on examine la «présence» de ces personnes devant le théâtre municipal et la manière dont elles ont exprimé leur soutien à Kais Saïed, on remarque qu’elles concluent leurs slogans et leurs déclarations par «Nous sommes avec Kaisoun», puis formulent une demande personnelle, comme l’amélioration de leurs conditions de vie et l’obtention d’aides sociales. Et c’est là le nœud du problème… Ils «protestent» contre les autorités d’une manière «plus insidieuse» que les politiciens eux-mêmes. Ils mettent ceux-là même qu’ils soutiennent à l’épreuve. Et je ne serais pas surpris de voir ces mêmes personnes à l’avant-garde de la lutte pour renverser le régime à l’avenir.

Je n’ai pas vu dans l’histoire de véritable révolution qui ait réussi sans cette «populace» depuis l’assassinat du calife Othman ibn Affan, qui reçut le dernier coup de couteau fatal de Sudan Ibn Hamran (un soldat des conquêtes venu d’Égypte), et Kinanah Al-Tujaybi, qui figuraient parmi les marginaux que le calife utilisa dans les «conquêtes» sans compensation tout en prodiguant ses largesses aux proches d’Othman.

Ces «voyous» furent les premiers à brûler des pneus lors de la révolution du 17 décembre. Bouazizi n’en faisait-il pas partie ?

Asef Bayat affirme que ces gens ne pratiquent pas la politique comme les politiciens, mais se livrent plutôt à des manifestations pacifiques. Leur but n’est ni la liberté ni la démocratie, mais la simple survie. Nombre d’entre eux travaillent sans doute dans des secteurs précaires et illégaux : commerce informel, construction anarchique, et vol d’électricité.

Une dénonciation de l’État

Leur pitoyable apparition devant le théâtre est une dénonciation de l’État. L’image de cet homme en haillons, se vautrant par terre, hantera à jamais ce régime et l’élite en général. Nul doute que cet homme est rentré les mains vides dans son bidonville, sans le moindre gain pour calmer sa faim. Parce que les autorités sont incapables de le récompenser en raison de leur incapacité manifeste à mettre en œuvre des politiques sociales qui l’intègrent au cycle économique…

Ils sont sortis nus par une journée froide, et leur nudité et leur marginalité ont été exposées avant même qu’ils ne crient leur soutien à l’autorité… Ils ont témoigné de la misère du régime… C’est pourquoi certains des partisans naïfs de ce régime les ont accusés d’avoir été «infiltrés» par l’opposition dans le sit-in devant le théâtre municipal.

La vérité, c’est que la «gifle» qu’ils ont infligée à l’opposition, selon les dires de certains, est en réalité une gifle à l’autorité… par l’affichage de cette nudité que le régime a tenté de dissimuler derrière le discours pompeux sur «l’écriture de l’histoire».

Le chiffon dont le régime tente de se servir pour dissimuler son visage… ils l’ont arraché par leur présence tragique et mélodramatique. Comme l’a dit un jour quelqu’un : «La stupidité est la seule maladie qui n’affecte pas son homme, mais seulement l’entourage de celui-ci.»

Texte traduit de l’arabe.

* Avocat.

Page Facebook de l’auteur.

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Kaïs Saïed resserre les rangs avec le Parlement

Le président de la République a reçu au palais de Carthage les présidents des deux chambres du Parlement. Au cœur des échanges : la souveraineté nationale, la responsabilité institutionnelle et la mobilisation collective pour affronter les défis sociaux et économiques. Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’un front uni pour traduire les attentes populaires en actes concrets.

Le chef de l’État, Kaïs Saïed, a accueilli au palais de Carthage le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Ibrahim Bouderbala, ainsi que le président du Conseil national des régions et des districts, Imed Derbali.

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et économiques. Le président a réaffirmé l’orientation souverainiste de la Tunisie et son engagement à agir, avec les institutions législatives, pour relever les défis majeurs du pays.

Souveraineté et volonté populaire

Selon la présidence de la République, Kaïs Saïed a réitéré l’attachement de la Tunisie à ses choix nationaux et à la volonté exprimée par le peuple. Il a souligné que chaque institution est appelée à assumer pleinement son rôle, dans le respect de ses prérogatives, afin de faire face aux enjeux sociaux et économiques pressants.

Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un engagement continu et coordonné, estimant que les défis actuels exigent une action sans relâche et une cohérence accrue entre les différentes instances du pouvoir.

Rôle central de la jeunesse

Kaïs Saïed a également mis en avant les ressources humaines et les compétences dont dispose la Tunisie. Il a exprimé sa conviction que le pays regorge de potentialités encore sous-exploitées et que la jeunesse tunisienne est en mesure de concrétiser ses aspirations, non seulement à travers des textes et des discours, mais surtout par des réalisations tangibles.

Le président a insisté sur la nécessité de transformer les espoirs en actions concrètes, portées par des citoyens engagés et déterminés à contribuer au redressement national.

Évoquant les attentes populaires, le chef de l’État a affirmé que leur concrétisation repose sur des patriotes plaçant l’intérêt supérieur de la nation et la dignité du peuple au-dessus de toute autre considération. Il a appelé à faire preuve d’altruisme et d’abnégation pour combattre l’injustice, le chômage et les formes d’exclusion qui minent la cohésion sociale.

Appel à l’unité et mise en garde politique

Ces priorités, a-t-il souligné, constituent le socle de toute action politique visant à restaurer la confiance et à répondre aux revendications profondes de la société tunisienne.

Dans ce contexte, Kaïs Saïed a exhorté les différentes forces nationales à resserrer les rangs et à avancer dans un même sens, conformément à la voie tracée par le peuple. Il a affirmé sa détermination à relever les défis à venir et à faire face aux courants qu’il qualifie de rétrogrades, accusés de vouloir freiner ou inverser le processus engagé.

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Après le 17 décembre, Kais Saïed promet des décisions concrètes face aux responsables défaillants

Le président de la République, Kais Saïed, s’est entretenu, mercredi, après-midi, 24 décembre courant, au palais de Carthage, avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri.

Lors de cette réunion, le chef de l’Etat a mis l’accent sur la nécessité de “passer à la vitesse supérieure dans les différents domaines”, notamment, après le plébiscite populaire du 17 décembre courant, à travers lequel les Tunisiens, toutes franges confondues, sont descendus dans la rue pour adresser “un message historique” à l’endroit des conspirateurs qui n’ont de cesse de viser la Tunisie.

Cité dans un communiqué, le président Saïed a souligné qu’il n’est plus question de faire désespérer le peuple tunisien, promettant d’appréhender les préoccupations des citoyens dans le cadre d’une vision globale qui rompt frontalement avec les solutions du cas par cas.

Pour ce faire, le président de la République a tenu à rappeler qu’un bon responsable en poste est celui qui s’évertue à faire prévaloir l’intérêt de la patrie sur toute autre considération et  qui veille scrupuleusement à porter haut sa souveraineté.

C’est aussi, a-t-il poursuivi, le responsable qui n’a de cesse de preuve d’intégrité et de loyauté et qui ne ménage aucun effort  pour aplanir les difficultés auxquelles fait face le simple citoyen.

Face aux responsables défaillants en mal de pouvoir servir loyalement le citoyen, le chef de l’Etat a promis une réplique autre qu’une “allocution” ou un simple “communiqué”.

Une réplique, a-t-il encore expliqué, qui aura nécessairement un écho dans la réalité afin de concrétiser les objectifs de la révolution en matière d’emploi, de liberté et de dignité nationale.

Il a, dans ce contexte, rendu hommage au peuple tunisien pour sa conscience élevée, estimant que la maturité dont il ne cesse de faire preuve constitue un “rempart inexpugnable” face aux manœuvres fusant de tous bords, colportées par des parties ayant convenu à tort de jouer le jeu de la duplicité.

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