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Mohamed Louzir : « Le financement doit-il créer de la richesse ou supporter le déficit ? »

Loi de finances 2026La loi de finances pour 2026 bat tous les records avec 110 articles, dont la moitié proposés par les députés eux-mêmes. Un phénomène inédit dans l’histoire du pays qui témoigne d’une approche pour le moins atypique de la gouvernance budgétaire.

Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre du commerce et de l’industrie tuniso-française (CCITF), a livré une analyse sans concession de ce texte, lors d’une journée d’information consacrée au sujet, jeudi 8 janvier 2026 à Tunis.

L’intervenant qualifie cette loi de finances d’innovante… ironiquement, bien entendu. En effet, parmi les mesures les plus surprenantes, figure l’instauration d’augmentations salariales directement par voie législative, court-circuitant ainsi les mécanismes traditionnels de négociation entre partenaires sociaux. Une intrusion du législateur dans un domaine qui relève habituellement du dialogue social.

 

Mohamed Louzir qualifie cette loi de finances d’innovante… ironiquement, bien entendu. En effet, parmi les mesures les plus surprenantes, figure l’instauration d’augmentations salariales directement par voie législative, court-circuitant ainsi les mécanismes traditionnels de négociation entre partenaires sociaux.

 

Autre nouveauté de taille : la Banque centrale financera directement l’État à hauteur de 11 milliards sur quinze ans, avec trois années de grâce et sans intérêt. Cette mesure, conjuguée à l’assouplissement de la réglementation des changes permettant aux particuliers d’ouvrir des comptes en devises, marque une rupture avec les pratiques antérieures.

La loi de finances prévoit également l’instauration d’un régime de franchise en douane pour les voitures des familles tunisiennes résidant à l’étranger, sous conditions de revenus.

Par ailleurs, l’interdiction des opérations en espèces a été levée, et surtout, un impôt sur la fortune fait son apparition dans le paysage fiscal tunisien. Tout en suscitant de vives interrogations sur son rendement réel et ses modalités d’application.

Une croissance en berne

Par ailleurs, les chiffres de la croissance montrent un tableau préoccupant. Alors que l’année 2025 devait afficher une progression de 3,2 % du PIB, la réalité s’est avérée bien plus modeste. Et ce, avec un taux qui devrait s’établir à 2,4 %; après un blocage inquiétant au troisième trimestre et une croissance nulle. Cette contre-performance fait suite à une année 2024 catastrophique, où la croissance annoncée à 1,2 % n’a finalement atteint que 0,5 %.

La comparaison régionale est cruelle pour la Tunisie. Pendant que le pays peine à atteindre les 2,5 %, l’Algérie affiche entre 4 et 8 % de croissance grâce à une diversification économique ambitieuse. Le Maroc devrait terminer l’année entre 4 et 4,5 %, dépassant largement ses prévisions initiales. Même la Chine, malgré ses difficultés, maintient une croissance de 5 %.

L’inflation sous contrôle, mais à quel prix

Sur le front de l’inflation, les nouvelles sont cependant encourageantes, mais seulement en apparence. Après avoir culminé à 9 % en 2023, elle est retombée à 7 % en 2024 et devrait s’établir à 5,6 % en 2025. Toutefois, ce taux reste largement supérieur aux standards régionaux : 2,4% en Europe et 1,8 % en Algérie. La question de la maîtrise durable de l’inflation tout en relançant la croissance demeure entière.

En outre, la baisse du prix du baril de pétrole a offert une bouffée d’oxygène bienvenue, permettant de réduire le poids des subventions énergétiques. Mais cette embellie conjoncturelle ne doit pas masquer une réalité structurelle alarmante : la dépendance énergétique de la Tunisie est passée de 8,4 % en 2010 à 64,3 % en 2025. Cette vulnérabilité expose le pays aux fluctuations des cours mondiaux et grève durablement les finances publiques.

 

Mais cette embellie conjoncturelle ne doit pas masquer une réalité structurelle alarmante : la dépendance énergétique de la Tunisie est passée de 8,4 % en 2010 à 64,3 % en 2025.

 

Un déficit structurel inquiétant

De plus, les réalisations de l’année 2025 révèlent un paradoxe : moins de revenus, moins de dépenses, mais aussi moins de déficit. Les recettes fiscales devraient atteindre 44 milliards de dinars contre 42 milliards en 2024. Ce qui témoigne d’une pression fiscale soutenue. Les dépenses, quant à elles, ont bénéficié d’une économie d’environ un milliard sur les subventions énergétiques, grâce à la baisse des cours du pétrole.

L’analyse de l’évolution depuis 2010 dresse un constat sévère : le déficit a explosé de 743 %; tandis que les investissements n’ont progressé que de 21 %. Dans le même temps, les recettes ont augmenté de 247 %. Cette scissure révèle une dérive structurelle majeure où l’augmentation du déficit ne finance pas la croissance future mais sert essentiellement à couvrir des charges de fonctionnement.

Une fiscalité à bout de souffle

L’impôt sur les sociétés non pétrolières connaît une progression spectaculaire, passant de 2,8 milliards de dinars en 2022 à 5,9 milliards attendus en 2025. Cette performance s’explique par un durcissement des contrôles fiscaux et l’imposition à des taux élevés de secteurs comme la banque. Cependant, Mohamed Louzir avertit que le système fiscal commence à atteindre ses limites, avec une pression fiscale désormais comparable à celle de nombreux pays de l’OCDE et largement supérieure à celle des pays africains.

 

« Cependant, le système fiscal commence à atteindre ses limites, avec une pression fiscale désormais comparable à celle de nombreux pays de l’OCDE et largement supérieure à celle des pays africains ».

 

Pour 2026, le budget prévoit des recettes fiscales de 47,7 milliards de dinars, contre 44 milliards attendus en 2025. Cette progression repose sur un maintien de la pression fiscale et un nouveau recours à l’amnistie fiscale comme mécanisme d’urgence pour faire rentrer des liquidités.

Le scandale de la TVA non recouvrée

L’intervenant livre un calcul édifiant sur la taxe sur la valeur ajoutée. Avec un PIB marchand estimé à 132 milliards de dinars et un taux moyen de TVA de 15 %, l’État devrait théoriquement encaisser près de 20 milliards de dinars. Or, les recettes réelles de TVA plafonnent entre 11 et 12 milliards. Cette différence de 7 à 8 milliards représente un manque à gagner colossal, directement imputable aux transactions en espèces, à l’économie informelle et aux diverses formes d’évasion fiscale.

Ce chiffre prend tout son relief quand on le compare au déficit budgétaire prévisionnel de 11 milliards de dinars pour 2026. Si l’État parvenait à recouvrer ne serait-ce qu’une partie de cette TVA évadée, la question du financement monétaire direct par la Banque centrale ne se poserait peut-être même pas.

Cette situation pose également un problème d’équité majeur : ceux qui échappent à la TVA bénéficient des services publics sans y contribuer. Pénalisant d’autant les acteurs économiques qui respectent leurs obligations fiscales.

Un budget 2026 sous haute tension

Pour 2026, le déficit budgétaire devrait dépasser les 11 milliards de dinars, représentant plus de 25 % du budget total de 79 milliards de dinars. Un taux exceptionnellement élevé qui sera intégralement couvert par le financement direct de la Banque centrale. Cette solution interroge sur la soutenabilité du modèle économique tunisien : l’argent frais doit-il servir à financer l’investissement créateur de richesse ou à supporter le déficit courant et les charges de fonctionnement ?

Les remboursements de dette restent à un niveau élevé, autour de 23 milliards de dinars, comparable aux années précédentes. Conjugués à une masse salariale de 25 milliards, ces deux postes absorbent l’essentiel des ressources budgétaires, laissant peu de marge pour l’investissement productif.

Des dépenses de gestion non maîtrisées

Malgré des annonces récurrentes de maîtrise des dépenses de gestion, la réalité du terrain raconte une autre histoire. Les infrastructures vieillissantes nécessitent des entretiens coûteux qui ne sont pas correctement budgétisés. Ces dépenses se retrouvent dispersées dans divers comptes, et en cas d’urgence, comme des difficultés de trésorerie à la Pharmacie centrale ou dans les hôpitaux, les crédits initialement prévus pour l’entretien sont détournés pour payer les fournisseurs et éviter la rupture de services essentiels.

Cette gestion au coup par coup témoigne d’une absence de vision stratégique et d’une incapacité à hiérarchiser les priorités dans un cadre budgétaire contraint.

Les dépenses de fonctionnement représentent 75 % des recettes fiscales. Confirmant ainsi que l’essentiel de l’effort fiscal sert à financer le fonctionnement courant de l’État plutôt que son développement.

 

Cette gestion au coup par coup témoigne d’une absence de vision stratégique et d’une incapacité à hiérarchiser les priorités dans un cadre budgétaire contraint.

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Cameroun : là où les entreprises tunisiennes peuvent décrocher des contrats

Le Cameroun dispose de plus de 5 640 milliards de FCFA de financements extérieurs déjà mobilisables mais encore non utilisés, ouvrant un important gisement d’opportunités pour les investisseurs privés, notamment tunisiens.

C’est ce que révèle le spécialisé Investir-Au-Cameroun qui cite la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Laquelle précise que « ces ressources […] concernent des projets prioritaires en agriculture, infrastructures, eau, énergie et éducation, dans un pays où les besoins restent élevés et structurels ».

L’essentiel de ces montants correspond à des prêts déjà signés mais non décaissés (4 714,7 milliards de FCFA), auxquels s’ajoutent 927,2 milliards de FCFA de financements autorisés mais encore en attente de signature. Ce stock représente près d’une année et demie des besoins d’endettement budgétaire du Cameroun, illustrant un décalage persistant entre disponibilité financière et mise en œuvre effective des projets, explique le site.

Pour des investisseurs tunisiens, ce retard est à même de constituer paradoxalement une fenêtre d’entrée. Les blocages identifiés – lenteurs administratives, difficultés de mobilisation des fonds de contrepartie, contraintes foncières – ouvrent la voie à des partenariats public-privé, à de la sous-traitance spécialisée ou à des prises de participation dans des projets nécessitant expertise technique et capacités d’exécution rapides, domaines où les entreprises tunisiennes disposent d’un savoir-faire reconnu. Des domaines qui peuvent être à la portée des entreprises tunisiennes.

En effet, le secteur agricole est emblématique. La relance de la Cameroon Development Corporation (CDC), via des projets de transformation du caoutchouc et de l’huile de palme, écrit Investir-Au-Cameroun, vise la substitution aux importations et la montée en valeur ajoutée locale.

Des opportunités existent dans l’ingénierie agro-industrielle, la maintenance, la logistique et la transformation, segments accessibles aux opérateurs tunisiens.

D’autres secteurs offrent un fort potentiel : l’eau potable à Yaoundé, les infrastructures routières reliant le sud du pays au port de Kribi, ainsi que l’éducation de base financée par des bailleurs multilatéraux. Ces projets bénéficient de financements sécurisés, limitant le risque de paiement pour les partenaires privés, surtout étrangers.

Dans un contexte où l’État camerounais cherche à améliorer l’absorption de ses financements extérieurs, les investisseurs tunisiens peuvent se positionner comme partenaires opérationnels crédibles, capables d’accélérer l’exécution des projets tout en accédant à un marché d’Afrique centrale à fort potentiel de croissance.

A noter du reste que certaines entreprises tunisiennes ont déjà un pied sur les marchés du Cameroun, et ce par l’entremise de la Chambre de commerce et d’industrie de Sfax. Laquelle a même créé un Salon dénommé « AFRIBAT Cameroun », soit le pendant du Salon MEDIBAT.

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Crédit bancaire : les PME toujours sous pression

Les Petites et moyennes entreprises (PME) font face à des contraintes de crédit totales et partielles légèrement plus élevées que les grandes entreprises en matière de contraintes de crédit, révèle, jeudi, l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) dans son rapport national sur l’Entreprise en Tunisie 2025 (première édition).

S’appuyant sur des enquêtes menées en 2024 par la Banque mondiale, l’Institut indique que près de 9,85 % des PME déclarent faire face à des contraintes de crédit totales, contre 8,7 % pour les grandes entreprises.

S’agissant de l’accès aux prêts bancaires, une proportion plus élevée de grandes entreprises dispose d’un prêt bancaire ou d’une ligne de crédit (47,4 %), contre 43,75 % pour les PME. Ces dernières bénéficient toutefois de délais de réponse plus courts, avec une décision de prêt obtenue en moyenne en 5,45 jours, contre 11,4 jours pour les grandes entreprises. Le taux de rejet des demandes de prêt demeure similaire pour les deux catégories, avoisinant 38 %.

Concernant le financement des investissements, une part comparable de PME (46,45 %) et de grandes entreprises (45,6 %) recourt aux banques. Néanmoins, les PME dépendent davantage de leurs financements internes pour soutenir leurs investissements.

Pour le financement du fonds de roulement, le recours aux banques est quasiment identique entre les deux groupes (14,6 % pour les PME et 14,3 % pour les grandes entreprises).

Toutefois, les PME financent une part plus importante de leur fonds de roulement par des crédits bancaires (48,15 %), contre 40,2 % pour les grandes entreprises.

Il ressort de ces données que, si les grandes entreprises bénéficient d’un accès légèrement supérieur aux prêts bancaires, les PME obtiennent des réponses plus rapides et s’appuient davantage sur le financement bancaire pour leur fonds de roulement, traduisant des stratégies de financement distinctes selon la taille des entreprises.

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Taxes de circulation en Tunisie : paiement possible en ligne ou auprès de la recette des finances dès 2026

Les taxes de circulation peuvent être payées auprès de la recette des finances ou en ligne, selon un arrêté conjoint de la ministre des finances, du ministre de l’intérieur, du ministre des transports et du ministre des technologies de la communication en date du 19 décembre 2025.

Publié au JORT N° 151, le texte précise que les taxes de circulation appliquées aux voitures particulières, motos et véhicules utilitaires sont payées directement auprès de la recette des finances ou par les moyens électroniques fiables, dans les délais fixés par la législation en vigueur.

Un récépissé en format papier est délivré en cas de paiement direct auprès de la recette des finances et un récépissé électronique en cas de paiement électronique.

Pour ce faire, le ministère des finances met à la disposition des structures de contrôle, les interfaces de programmation numérique leur permettant de vérifier, en temps réel, le paiement des taxes de circulation exigibles.

Le présent arrêté entre en vigueur à compter du 1er janvier 2026.

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Tunisie – PLF 2026 : L’Etat sollicitera de nouveau un financement direct auprès de la BCT

Le projet de budget de l’État pour l’exercice 2026 révèle que la Tunisie envisage de recourir à nouveau au financement direct de la Banque centrale afin de couvrir une partie de ses besoins financiers, estimés à environ 27 milliards de dinars pour l’année à venir, un montant similaire à celui de 2025.

Selon l’article 12 du projet de loi, la Banque centrale de Tunisie (BCT) serait autorisée à accorder des facilités de trésorerie à l’État dans la limite de 11 milliards de dinars. Ces fonds seraient octroyés sans intérêts, remboursables sur 15 ans, dont 3 années de grâce, et destinés à soutenir la trésorerie générale du pays.

Cette mesure, exceptionnelle dans la politique monétaire tunisienne, intervient dans un contexte de forte contrainte budgétaire et de difficultés d’accès aux financements extérieurs.

Emissions de sukuk

Parallèlement, l’article 11 du projet de budget prévoit la possibilité pour le ministre des Finances d’émettre ou de garantir jusqu’à 7 milliards de dinars en sukuk (obligations islamiques), conformément à la législation en vigueur.

Ces instruments financiers visent à diversifier les sources de financement et à attirer de nouveaux investisseurs, notamment des fonds issus des marchés islamiques.

Un recours croissant au soutien monétaire

C’est en février 2024, que l’Assemblée des Représentants du Peuple a adopté une loi autorisant le financement direct du budget de l’État par la BCT à hauteur de 7 milliards de dinars. Cette mesure a été qualifiée d’« exceptionnelle », pour faire face aux urgences de trésorerie et rembourser un emprunt extérieur.

Au cours de l’année 2024, le Trésor a puisé dans cette enveloppe, et à fin 2024 l’encours des facilités directes et avances de la BCT s’élevait à environ 6,7 milliards de dinars sur un total autorisé de 7 milliards autorisée)

Pour 2025, une nouvelle enveloppe similaire de 7 milliards de dinars a été inscrite dans la loi de finances, prolongeant ainsi ce mécanisme exceptionnel.

Selon les données publiées à août 2025, l’encours total des facilités directes de la BCT accordées à l’État aurait dépassé 11,65 milliards de dinars, ce qui confirme l’intensification du recours au financement monétaire pour combler le déficit budgétaire.

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