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La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis

Les Émirats arabes unis mènent une politique étrangère offensive et sont parvenus à se constituer une sphère d’influence au Moyen-Orient et en Afrique, une stratégie mise en lumière après une rare escalade militaire avec l’Arabie saoudite au Yémen la semaine dernière. Le «rôle» des Émirats suscite interrogations et inquiétudes. (Photo : Fumée s’élevant à la suite d’une frappe aérienne menée par l’Arabie saoudite et qui visait ce qu’elle décrivait comme des séparatistes du sud soutenus par les Émirats arabes unis, dans le port de Mukalla, au sud du Yémen).

Imed Bahri  

Abou Dhabi a eu recours à des alliances avec des États ou des groupes interposés, à des interventions militaires et à un soutien financier, principalement pour contrer ce qu’il perçoit comme la menace déstabilisatrice de l’islam politique, et plus particulièrement des groupes liés aux Frères musulmans.

De hauts responsables émiratis ont présenté cette stratégie comme un moyen de renforcer les États face aux extrémistes mais des experts de l’Onu et des responsables occidentaux affirment que cette approche a parfois exacerbé les conflits et renforcé le pouvoir des dirigeants autoritaires, une allégation que les Émirats démentent.

Reuters a fait un tour d’horizon sur l’implication des Émirats dans des pays clés.  

Yémen

Les Émirats ont annoncé le retrait de leurs forces du Yémen en 2019 mais ils ont conservé leur influence par le biais du Conseil de transition du Sud (CTS), une entité sécessioniste qu’Abou Dhabi a formé et armé.

Les Émirats considèrent le CTS comme un partenaire essentiel pour garantir l’accès maritime et un rempart contre le parti Islah, composante clé du gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite, que les Émirats perçoivent comme une émanation des Frères musulmans.

Égypte

Depuis que les Frères musulmans ont été renversés en 2013, Abou Dhabi est le principal bailleur de fonds du Caire et voit en l’Égypte séculariste un rempart contre le retour des islamistes.

En 2024, le fonds souverain des Émirats, ADQ Holding, a signé un accord de 35 milliards de dollars pour l’aménagement d’une importante portion du littoral méditerranéen égyptien, un apport crucial de devises à un moment où le Caire était confronté à des difficultés financières.

Leur méfiance commune envers les Frères musulmans sous-tend leur alliance politique qui les a vus coordonner leur boycott du Qatar en 2017 et leur opposition à l’influence turque en Libye, sachant que le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie, entretient des liens étroits avec les Frères musulmans.

Soudan

Le comité des sanctions de l’Onu a décrit les allégations selon lesquelles les Émirats ont fourni un soutien militaire aux Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan comme crédibles. 

Selon des analystes, les Émirats se méfient du commandant des forces armées soudanaises (armée régulière), le général Abdel Fattah Al-Burhan, en raison de la présence, dans ses rangs, d’islamistes issus du régime de l’ancien homme fort soudanais Omar El-Béchir. Les Émirats considèrent Hemedti Degalo comme un contrepoids à Burhan.

Des protagonistes, dont les États-Unis et des organisations de défense des droits humains, ont accusé les FSR de crimes contre l’humanité et de massacres à caractère ethnique dans la région du Darfour.

Les Émirats ont nié catégoriquement avoir fourni des armes aux FSR, déclarant dans des lettres adressées à l’Onu que ces accusations manquaient de preuves et affirmant que leur rôle était purement humanitaire.

Tchad

Les Émirats ont renforcé leurs liens sécuritaires et économiques avec le président tchadien Mahamat Idriss Déby en signant un accord de coopération militaire en 2023 et en fournissant des véhicules blindés à cet État du Sahel qu’ils considèrent comme un rempart contre les insurgés islamistes.

L’attention s’est portée sur l’aéroport isolé d’Amdjarass, près de la frontière soudanaise, où Reuters a signalé une forte augmentation du trafic de vols cargo.

Alors que les Émirats affirment y gérer un hôpital de campagne et acheminer de l’aide aux réfugiés soudanais, le comité des sanctions de l’Onu et des responsables occidentaux allèguent que la piste d’atterrissage sert de plaque tournante logistique essentielle pour l’approvisionnement en armes des FSR.

Bien entendu, les Émirats démentent ces accusations, affirmant que leurs opérations sont purement humanitaires.

Libye

Selon des experts de l’Onu, les Émirats ont été le principal soutien étranger du commandant de l’est libyen, Khalifa Haftar, en fournissant un appui aérien et du matériel à l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée lors de son offensive de 2019 sur Tripoli.

L’objectif était de renverser le Gouvernement d’union nationale (GNA), internationalement reconnu et basé à Tripoli, qui comprenait des factions liées aux Frères musulmans et bénéficiait du soutien militaire de la Turquie.

Alors que la guerre civile demeure dans une impasse fragile, les Émirats continuent de jouer un rôle de médiation clé en maintenant des liens étroits avec les factions de l’est et la famille Haftar et en poursuivant des efforts diplomatiques pour former un gouvernement exempt de ce qu’ils qualifient de «milices extrémistes». Cependant, l’alliance de Haftar comprend des groupes salafistes radicaux.

Israël

En 2020, les Émirats ont rompu avec des décennies de consensus arabe en normalisant leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham négociés par les États-Unis, une démarche que l’Arabie saoudite a jusqu’à présent refusée sans une perspective d’État palestinien.

L’accord a officialisé une alliance stratégique contre des adversaires communs, notamment l’Iran et les groupes islamistes comme le Mouvement de résistance islamique palestinien (Hamas).

Bien que la guerre de Gaza ait entraîné une baisse du soutien populaire, les responsables émiratis ont critiqué à plusieurs reprises la conduite militaire israélienne mais ont maintenu leurs relations diplomatiques avec Israël, considérant cette relation comme un outil important d’influence régionale et un canal privilégié vers Washington.

Somaliland

Les Émirats se sont efforcés de tisser des liens économiques et sécuritaires étroits avec la république autoproclamée du Somaliland, Abou Dhabi ayant souvent perçu le gouvernement fédéral somalien de Mogadiscio comme étant étroitement lié au Qatar et à la Turquie.

Un élément central de cette stratégie est l’investissement de 442 millions de dollars de DP World pour développer et exploiter le port de Berbera, créant ainsi une alternative stratégique à Djibouti sur le golfe d’Aden.

En 2017, le parlement du Somaliland a voté en faveur de l’autorisation pour les Émirats de construire une base militaire à Berbera. Bien que la base ait été ultérieurement désignée à des fins civiles, les Émirats continuent d’y former des forces de sécurité tout en maintenant une présence consulaire à Hargeisa.

La semaine dernière, Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement l’indépendance du Somaliland, une avancée diplomatique facilitée par Abou Dhabi, selon Axios, qui cite des responsables israéliens.

Il est également à signer que les Émirats sont le seul État arabe à s’être abstenu concernant la déclaration de la Ligue arabe condamnant l’initiative israélienne de reconnaître le Somaliland.

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Yémen : le Sud à l’épreuve, quand la rupture saoudo-émiratie s’affiche

Les affrontements en cours dans le sud du Yémen marquent une inflexion stratégique majeure. À Hadramout, le conflit dépasse le cadre local et met au jour une fracture régionale longtemps contenue, tandis que le Conseil de transition du Sud avance désormais à visage découvert vers son objectif historique : la séparation.

Hadramout, d’arrière-cour à front stratégique

Longtemps restée en marge des principales lignes de front, la province de Hadramout s’impose aujourd’hui comme le nouveau centre de gravité du conflit yéménite. Frontalière de l’Arabie saoudite, cette région est devenue le théâtre d’affrontements directs entre les forces loyales au gouvernement reconnu et le Southern Transitional Council (STC), qui y a renforcé sa présence militaire ces dernières semaines.

Selon des responsables du STC, au moins sept personnes ont été tuées et plus de vingt blessées lors de frappes aériennes attribuées à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, notamment contre un camp militaire dans la région d’al-Khasah. Ces chiffres n’ont pas été confirmés de manière indépendante. L’opération annoncée par les autorités locales pour reprendre des positions contrôlées par le STC s’est ainsi rapidement transformée en épisode d’escalade ouverte.

Le projet sudiste, désormais assumé

Créé en 2017, le STC n’a jamais renoncé à son ambition de restaurer un État sud-yéménite indépendant, tel qu’il existait avant l’unification de 1990. Jusqu’ici, cette revendication restait contenue par des accords politiques fragiles et par la nécessité de préserver les équilibres régionaux.

Aujourd’hui, le mouvement estime que le moment est favorable. Fort de son contrôle sur Aden et d’autres zones clés, il multiplie les signaux politiques : fermeture annoncée de l’aéroport d’Aden, accusations de blocus aérien, remise en cause ouverte du Conseil présidentiel et de la coalition arabe. Le séparatisme sudiste ne se limite plus à une revendication identitaire ; il s’affirme comme un projet de pouvoir.

Riyad, Abou Dhabi et l’effet Gaza

Abou Dhabi, sans s’exprimer officiellement sur les derniers affrontements, continue de privilégier une approche fondée sur ses relais locaux dans le sud du Yémen, misant sur la stabilité sécuritaire et le contrôle des axes stratégiques plutôt que sur les équilibres institutionnels promus par Arabie saoudite.

Derrière l’affrontement local se dessine une fracture régionale plus large. Riyad accuse implicitement les Émirats arabes unis d’encourager et d’armer le Conseil de transition du Sud, exposant au grand jour une rivalité longtemps contenue au nom de l’unité du Golfe.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte régional profondément bouleversé par la guerre à Gaza, qui a redéfini les perceptions de sécurité et affaibli les cadres collectifs arabes. Dans ce climat de fragmentation, le Sud yéménite apparaît comme l’un des laboratoires les plus visibles des recompositions en cours, faisant planer la perspective d’une partition durable du pays.

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Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats !

C’est du jamais vu ! D’habitude, entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les différends se règlent très discrètement et en sourdine. Cette fois-ci, les Saoudiens, excédés, ont frappé et ont clamé haut et fort leur colère. Ils ont bombardé des cargaisons d’armes au Yémen en provenance des Émirats arabes unis (Photo). Abou Dhabi a aussitôt démenti la présence d’armes dans les cargaisons et dit avoir retiré immédiatement ce qui reste de ses troupes au Yémen. Comme au Soudan où ils nient catégoriquement participer à la guerre en soutenant Hamedti Dagalo, leurs déclarations sont toujours à prendre avec des pincettes. 

Imed Bahri

Dans une enquête parue dans le Washington Post, Claire Parker et Abbie Cheeseman rapportent que cet épisode marque une escalade sans précédent des tensions entre les deux puissances rivales du Golfe. 

L’Arabie saoudite a lancé une frappe aérienne sur la ville portuaire de Mukalla, dans le sud du Yémen, tôt mardi matin, 30 décembre 2025, ciblant ce qu’elle a présenté comme des cargaisons d’armes destinées à une force séparatiste soutenue par les Émirats arabes unis. Cette force séparatiste s’était efforcée ces dernières semaines de consolider son emprise territoriale sur le sud du Yémen.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux puissances du Golfe officiellement opposées aux rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen mais dont les objectifs dans ce pays notamment et dans la région en général divergent de plus en plus.

Les Saoudiens excédés par les Emiratis

Dans un communiqué publié mardi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a fermement condamné son ancien allié, affirmant que le Royaume «considère toute menace à sa sécurité nationale comme une ligne rouge et n’hésitera pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour contrer une telle menace»

Le général de brigade Turki Al-Maliki, porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenant le gouvernement yéménite internationalement reconnu, a déclaré que la frappe avait eu lieu après l’arrivée, durant le week-end, à Mukalla de deux navires partis du port émirati de Fujairah sans autorisation et dont les transpondeurs avaient été désactivés.

Al-Maliki a ajouté : «Le port a été fermé et tout le personnel local a été évacué. Les équipages des deux navires ont ensuite déchargé une importante quantité d’armes et de véhicules blindés.» Il a précisé que ces armes étaient destinées au Conseil de transition du Sud, mouvement séparatiste implanté dans les provinces orientales d’Hadramaout et d’Al-Mahra, et que les autorités saoudiennes avaient mis en garde de hauts responsables des Émirats arabes unis contre la poursuite de ce transfert.

Face à leur refus d’obtempérer, Al-Maliki a déclaré : «Les forces aériennes de la coalition ont mené une opération militaire limitée ciblant des armes et des véhicules de combat déchargés des deux navires au port de Mukalla». Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, et authentifiées par Storyful, montrent de la fumée s’échappant des châssis noirs de plusieurs véhicules militaires au port.

Dans un communiqué publié mardi, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a réagi en contestant la version des faits donnée par l’Arabie saoudite concernant le rôle des Émirats au Yémen et a rejeté les allégations selon lesquelles il aurait fait pression sur une quelconque partie yéménite pour mener des opérations militaires menaçant l’Arabie saoudite ou ses frontières.

Retrait des troupes émiratis du Yémen

Le communiqué exprime sa surprise face à la frappe et dément que la cargaison à destination du Yémen contienne des armes. Il précise que les véhicules à bord des navires n’étaient pas destinés à une quelconque partie yéménite mais aux forces émiraties déjà présentes au Yémen.

Par la suite, le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a annoncé son intention de retirer ses dernières équipes antiterroristes présentes au Yémen. Les Émirats ont retiré la majeure partie de leurs forces du Yémen en 2019.

Le porte-parole adjoint du département d’État américain, Tommy Pigott, a déclaré mardi dans un communiqué que le secrétaire d’État Marco Rubio s’était entretenu avec son homologue saoudien au sujet de la situation au Yémen.

Washington appelle à la retenue

L’administration Trump est restée largement silencieuse face à l’escalade des tensions entre ses alliés du Golfe ces dernières semaines. M. Rubio a déclaré que les États-Unis étaient «préoccupés par les récents événements dans le sud-est du Yémen». Il a ajouté : «Nous appelons à la retenue et à la poursuite des efforts diplomatiques dans le but de parvenir à une solution durable».

Cette escalade intervient après l’offensive menée, au début du mois, par les forces loyales au Conseil de transition du Sud (CTS), qui ont conquis les gouvernorats d’Hadramaout et d’Al-Mahra, chassant les forces soutenues par l’Arabie saoudite lors d’une opération visant à s’emparer de vastes portions du Yémen frontalières de l’Arabie saoudite et d’Oman. Le CTS, créé en 2017, fait partie du Conseil de direction présidentiel, une alliance fragile de personnalités politiques du sud du Yémen qui, ensemble, forment le pouvoir exécutif du gouvernement internationalement reconnu.

Les membres du CTS et leurs alliés du Golfe partagent l’objectif de contrer les Houthis, le mouvement rebelle soutenu par l’Iran qui s’est emparé de la capitale, Sanaa, en 2014, déclenchant une guerre civile. L’Arabie saoudite soutient un Yémen unifié, tandis que le CTS, soutenu par les Émirats, cherche à rétablir un État indépendant dans le sud du Yémen, qui a existé pendant près de vingt ans avant l’unification en 1990.

L’offensive éclair du CTS ce mois-ci semble avoir pris l’Arabie saoudite par surprise et les tensions n’ont cessé de s’exacerber tandis que Riyad évaluait sa riposte.

En fin de semaine dernière, l’Arabie saoudite a ciblé une zone de la province de Hadramaout où les forces du CTS tentaient de progresser, lors d’une frappe qualifiée d’avertissement par les médias pro-saoudiens. Samedi, Maliki a menacé d’une intervention de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite si le CTS ne se retirait pas du territoire qu’il avait conquis.

Ahmed Naji, analyste principal pour le Yémen au sein de l’International Crisis Group, a déclaré lors d’un entretien téléphonique, après sa rencontre avec des responsables saoudiens et yéménites à Riyad la semaine dernière, que les récents efforts diplomatiques pour contenir la crise avaient échoué.

Il a ajouté que la déclaration saoudienne de mardi, dans laquelle Riyad accusait directement le gouvernement des Émirats arabes unis d’être à l’origine de l’attaque du Conseil de transition du Sud, constituait l’avertissement le plus ferme jamais adressé aux Émirats arabes unis par le Royaume.

Deux pays puissants et arrogants

La déclaration indiquait : «Les mesures prises par les Émirats arabes unis sont extrêmement dangereuses et contraires aux principes fondateurs de la Coalition pour le soutien à la légitimité au Yémen. Elles ne servent pas l’objectif de la Coalition, qui est d’assurer la sécurité et la stabilité du Yémen», faisant référence à la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a également appuyé mardi l’appel du gouvernement yéménite, reconnu internationalement, exigeant le retrait des forces émiraties du pays dans les 24 heures et a demandé aux Émirats arabes unis de cesser tout soutien militaire et financier à toute partie présente au Yémen.

Le président Rashad Al-Alimi, chef du Conseil de direction présidentiel soutenu par Riyad, a annulé un accord de défense conjoint avec les Émirats arabes unis, décrété l’état d’urgence pour 90 jours au Yémen et imposé un blocus aérien, maritime et terrestre de 72 heures sur tous les ports et points de passage frontaliers. Il a également ordonné le retrait de toutes les forces stationnées à Hadramaout et à al-Mahra et leur remise de leurs positions à une force soutenue par l’Arabie saoudite.

Quatre membres du Conseil de direction présidentiel ont condamné les mesures prises par Al-Alimi, notamment l’annulation de l’accord de défense et l’expulsion des forces émiraties du pays. Hisham al-Jabri, chef de cabinet de l’un des membres du Conseil, Faraj Salmeen Al-Bahsani, a déclaré par SMS s’attendre à ce que la frappe de mardi accélère les efforts du Conseil de transition du Sud pour proclamer un État indépendant dans le sud du Yémen.

Selon Farea al-Muslimi, chercheuse à Chatham House à Londres, la rupture naissante entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis aura des répercussions importantes pour la région. Elle a déclaré: «Ce sont des pays puissants. Ils possèdent des armes. Ils n’ont pas de parlement. Il est impossible de les tenir responsables et ils sont très arrogants. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ne se sont jamais attaqués de la sorte auparavant. C’est très dangereux»

Adam Baron, chercheur associé à la New America Foundation à Washington, a déclaré que l’Arabie saoudite et les Émirats partagent une étroite affinité stratégique avec les États-Unis mais que leurs stratégies régionales respectives s’opposent de plus en plus. «Nous l’avons constaté au Yémen, au Soudan et en Somalie. Nous l’avons constaté en mer Rouge et nous constatons maintenant –bien qu’inévitablement et encore relativement limité pour l’instant– une escalade de ces tensions», a-t-il ajouté.

Divergence des stratégies régionales

M. Baron a indiqué que la divergence des stratégies régionales est apparue publiquement sur plusieurs fronts ces dernières semaines, citant notamment les développements au Soudan et en Somalie. Il a noté que le président Donald Trump avait déclaré le mois dernier que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait demandé à Washington de travailler à une solution au conflit au Soudan où Riyad et les Émirats soutiennent des camps opposés.

M. Baron a également affirmé que la reconnaissance officielle, la semaine dernière, par Israël du Somaliland, région sécessioniste du nord de la Somalie, pourrait avoir incité Riyad à réajuster ses rapports de force. Les Émirats maintiennent une présence militaire au Yémen et se sont abstenus de participer à la déclaration de la Ligue arabe condamnant l’initiative israélienne.

Al-Muslimi a déclaré que les États arabes, ainsi que la communauté internationale dans son ensemble, devraient se ranger du côté de l’Arabie saoudite au Yémen. Il a souligné les premiers signes de soutien, notamment une déclaration publiée mardi par le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, qui a exprimé sa vive inquiétude face à l’escalade rapide et dangereuse de la situation, notamment l’incapacité du Conseil de transition du Sud à répondre aux demandes du gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite.

Oman, qui partage une frontière avec la province yéménite d’Al-Mahra, dans le sud-est du pays, a également appelé mardi à la désescalade et au dialogue pour résoudre la crise.

Al-Muslimi rappelle que ce sont les citoyens ordinaires qui en paieront le prix, tandis que les puissances régionales poursuivent leurs propres intérêts. «Les Yéménites resteront pris en étau entre ennemis et, pire encore, entre amis», a-t-il ajouté.

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Coopération tuniso-saoudienne : Une relation à stabiliser ?

Ancienne mais évolutive, la coopération économique entre la Tunisie et l’Arabie saoudite se développe par phases successives. Les annonces récentes faites à Riyad s’inscrivent dans une dynamique de relance plutôt que de rupture.

Les déclarations du ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, lors du Forum d’affaires tuniso-saoudien tenu à Riyad, ont remis en lumière une relation bilatérale souvent évoquée mais rarement replacée dans sa profondeur historique. Avec un stock d’investissements dépassant 375 millions de dollars à fin 2024, Arabie saoudite figure parmi les dix premiers investisseurs étrangers en Tunisie. Un positionnement significatif, qui traduit une présence réelle mais sans rupture nette dans la trajectoire de la coopération.

Une coopération ancienne, structurée par cycles

La coopération tuniso-saoudienne ne relève pas d’une dynamique récente. Le repère le plus ancien et le plus documenté remonte à 1975, date à partir de laquelle le Fonds saoudien pour le développement finance des projets en Tunisie. Depuis cette date, 35 projets et programmes ont été appuyés, pour un montant cumulé dépassant 1,3 milliard de dollars, principalement dans les infrastructures, l’eau, le logement et le développement régional.

Sur le plan institutionnel, la relation s’est formalisée par des commissions mixtes organisées à intervalles réguliers. La 10ᵉ session s’est tenue à Riyad du 27 au 29 avril 2019, la 11ᵉ à Tunis les 26 et 27 décembre 2023, et la 12ᵉ à Riyad les 28 et 29 décembre 2025. Ce rythme illustre une coopération relancée par séquences, plutôt qu’un processus continu et linéaire.

La session de décembre 2025 s’est conclue par la signature de cinq accords et mémorandums d’entente couvrant plusieurs domaines, dont l’eau, l’irrigation, le développement rural, l’environnement, l’industrie, l’agriculture, la santé, l’éducation et certains services. Cette relance apparaît avant tout comme un renforcement du cadre institutionnel, destiné à consolider les bases de la relation plus qu’à annoncer une vague immédiate de nouveaux projets.

Des investissements et projets clés, mais une dynamique graduelle

Côté investissements privés, les chiffres communiqués par les autorités tunisiennes convergent sur un point central : le stock d’investissement saoudien en Tunisie dépasse 375 millions de dollars à fin 2024. En revanche, les estimations sur le nombre d’entreprises à participation saoudienne varient selon les sources et les méthodes de comptabilisation, oscillant entre une cinquantaine d’entreprises directes et plusieurs centaines si l’on inclut les participations indirectes et les holdings.

Un indicateur revient toutefois de manière constante : sept entreprises à participation saoudienne ont procédé à des extensions d’activité au cours des neuf premiers mois de 2025, suggérant une dynamique progressive, fondée sur la consolidation plutôt que sur des investissements massifs et rapides.

Des projets chiffrés qui donnent de la visibilité

La coopération apparaît plus lisible lorsqu’elle est observée à travers des projets datés et chiffrés. Le 23 février 2024, le Fonds saoudien pour le développement a annoncé un prêt de 55 millions de dollars destiné au renouvellement et au développement du réseau ferroviaire de transport du phosphate, portant sur environ 190 kilomètres de voies. Dans le secteur du logement, un financement dépassant 150 millions de dollars a été accordé pour un programme de 4 715 unités, dont une première phase de 270 logements a été inaugurée à Zaghouan.

Le 28 juin 2025, un accord de prêt de 143,3 millions de riyals saoudiens, soit environ 38 millions de dollars, a été signé à Tunis pour la réalisation d’un projet de pôle oasien dans le sud du pays. Dans le secteur de la santé, l’hôpital universitaire Roi Salman à Kairouan constitue l’un des projets les plus emblématiques, avec une donation initiale annoncée de 85 millions de dollars. Longtemps suspendu, ce projet a été relancé en décembre 2025, avec un délai de réalisation annoncé de 36 mois.

Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays ont également progressé de manière graduelle. Ils sont estimés à environ 1,12 milliard de riyals saoudiens en 2024, contre près de 820 millions de riyals en 2020, confirmant une hausse régulière mais sans changement d’échelle.

Au fil des décennies, la coopération tuniso-saoudienne s’est ainsi construite par vagues successives, alternant projets structurants, phases de ralentissement et relances institutionnelles. La question soulevée par le titre ne renvoie pas à une absence de coopération, mais à sa visibilité et à sa régularité. L’enjeu, désormais, réside dans la capacité des deux pays à transformer ces cycles de relance en une dynamique plus continue, adossée à des projets durables et mieux intégrés au tissu économique tunisien.

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L’Arabie saoudite dans le Top 10 des investisseurs en Tunisie

Avec 375 millions de dollars, le Royaume d’Arabie saoudite figure parmi les dix premiers pays investisseurs en Tunisie, à fin 2024. C’est ce qu’indique le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, depuis Riyadh où il participe au Forum d’affaires tuniso-saoudien.

Tout en saluant donc la croissance des investissements de l’Arabie saoudite en Tunisie, le ministre s’est déclaré satisfait de la présence d’environ 500 entreprises saoudiennes à cette rencontre ou à participation saoudienne en Tunisie. Sachant que sept ont réalisé des opérations d’extension au cours des neuf premiers mois de l’année 2025.

 

Lire aussi — Tunisie : un cadre d’investissement bâti sur la protection des investisseurs

 

Selon le ministre, ce sont des indicateurs positifs qui reflètent la confiance des partenaires saoudiens dans le climat d’investissement en Tunisie et ses atouts compétitifs.

Par ailleurs, Samir Abdelhafidh a exprimé l’espoir que ce forum constitue une nouvelle étape et une occasion d’échanger sur les moyens de développer le volume et le rythme des investissements et des échanges commerciaux entre les deux pays.

Le Forum d’affaires saoudo-tunisien, s’inscrit dans le cadre des travaux de la 12ème session de la commission mixte tuniso-saoudienne. Ce forum réunit un grand nombre d’hommes d’affaires des deux pays, dans des secteurs variés dont l’industrie, les mines, l’agriculture, la santé, la technologie ainsi que le secteur financier.

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Tunisie – Arabie saoudite : « Nos mémorandums créent de vraies opportunités d’investissement » (al-Khorayef)

Le ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales, Bandar bin Ibrahim al-Khorayef, a affirmé que les accords et mémorandums ne sont pas de simples documents. Mais ils sont des engagements gouvernementaux liant l’Arabie saoudite et visant à surmonter les obstacles, faciliter les procédures, fournir l’information et offrir les opportunités d’investissement, pour que le secteur privé puisse avancer avec confiance et efficacité.

Lors de l’ouverture, lundi 29 décembre 2025, des travaux du Forum d’affaires saoudo-tunisien organisé à Riyad (Arabie saoudite), le ministre a indiqué que ces accords de qualité, signés dimanche dans le cadre des travaux de la commission mixte tuniso-saoudienne, sont le fruit des efforts déployés par les deux pays.

Il a, à ce propos, dit : « Nous misons aujourd’hui sur les investisseurs, les hommes d’affaires et les dirigeants du secteur privé des deux pays. Et ce, pour réaliser la croissance dans des secteurs porteurs, dont les industries de pointe, le tourisme, les énergies renouvelables et les ressources minières. »

Le ministre saoudien a également rappelé que le rôle des gouvernements consiste à donner les moyens, encourager et faciliter les procédures. Tandis que le rôle des investisseurs est de construire, d’innover et de transformer ces potentiels en projets productifs, en opportunités d’emploi et en succès partagés, reflétant la solidité et la pertinence du partenariat.

Il a, à cette occasion, appelé les participants tunisiens à saisir cette opportunité offerte et à tirer profit du climat d’investissement incitatif offert par le Royaume. Et ce, afin de mettre en place des partenariats fructueux qui répondent aux ambitions des dirigeants et servent les intérêts des deux peuples frères.

Le Forum d’affaires saoudo-tunisien s’inscrit dans le cadre des travaux de la 12ᵉ session de la commission mixte tuniso-saoudienne, qui a abouti à la signature de cinq accords et de mémorandums d’entente dans divers domaines.

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Tunisie : un cadre d’investissement bâti sur la protection des investisseurs

« La politique d’investissement en Tunisie repose sur la concrétisation de la liberté d’investissement et la protection des droits des investisseurs nationaux et étrangers, ainsi que sur le développement  des services offerts aux investisseurs », a indiqué le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh.

Intervenant lors du Forum d’affaires tuniso-saoudien qui se tient lundi 29 décembre à Riyad (Arabie saoudite), le ministre a souligné l’attachement à fournir aux investisseurs un climat d’investissement propice, en termes de facilités, d’infrastructures et de formation des ressources humaines, conformément aux besoins du marché du travail.

Le ministre a affirmé, dans son allocution, que la Tunisie a veillé conformément aux directives du Président de la République Kaïs Saïed, à renforcer la solidité de l’économie nationale et à favoriser des taux de croissance élevés et des niveaux de développement plus importants. Et ce, afin de répondre aux aspirations des Tunisiens à un avenir meilleur.

Dans ce même contexte, il a relevé que les structures nationales chargées de l’investissement offrent un ensemble de services de qualité, qui, a-t-il noté, sont en cours d’amélioration, grâce à leur numérisation et à la réduction des délais requis.

Les efforts se sont également concentrés sur l’amélioration du climat des affaires, la création d’une nouvelle dynamique pour l’investissement privé et l’attraction des entreprises étrangères. Et ce, compte tenu des opportunités importantes qu’offre la destination tunisienne, dans divers secteurs économiques, a encore souligné le ministre.

Et d’ajouter que les expériences et les compétences tunisiennes, notamment dans les domaines de l’ingénierie et technique, la diversité du tissu économique du pays et son ouverture aux marchés extérieurs, constituent les principaux atouts de la Tunisie.

M. Abdelhafidh a relevé que la nouvelle dynamique du climat d’investissement, qui sera renforcée davantage, se manifeste par la réalisation de nombreux acquis, dont le plus important est la transition enregistrée en matière d’énergie, grâce à une série d’accords d’investissement, visant à installer des centrales de production d’électricité à partir de l’énergie solaire et éolienne. De même qu’à l’avancement d’un certain nombre de grands projets d’investissement prioritaires, tels que les autoroutes, les stations de dessalement d’eau et le renforcement du réseau des pôles technologiques et des centres de recherche scientifique et d’innovation.

Le ministre a mis en exergue, par la même occasion, la capacité du pays à réaliser des mégaprojets et à créer des pôles de production, notamment dans les secteurs prometteurs et à forte valeur ajoutée.

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Forum d’affaires Arabie saoudite – Tunisie à Riyad

Le Forum d’affaires saoudo-tunisien a débuté aujourd’hui, lundi 29 décembre 2025, dans la capitale saoudienne, Riyad, avec une large participation de représentants du secteur privé des deux pays, afin de renforcer les partenariats commerciaux et d’investissement et d’explorer des opportunités prometteuses entre les deux parties.

Le forum, qui se tient dans le cadre de la 12e session du Comité mixte saoudo-tunisien, a vu la présence d’un nombre important d’hommes d’affaires des deux pays issus de divers secteurs tels que l’industrie, les mines, l’agriculture, la santé, la technologie et les services financiers.

La séance d’ouverture a été marquée par les interventions du ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, du ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales, Bandar Al-Khorayef, du président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Samir Majoul, et d’Omar Al-Ajaji, au nom du président de la Fédération des chambres de commerce saoudiennes.

Le programme du forum comprend deux présentations sur l’environnement d’investissement en Arabie saoudite et en Tunisie et deux présentations sur les secteurs prometteurs et les opportunités d’investissement dans les deux pays.

Le forum prévoit également des rencontres entre des opérateurs privés tunisiens et des représentants de l’agence saoudienne de promotion des investissements.

Il convient de noter que le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Arabie saoudite a atteint 964 millions de dinars fin 2024.

Selon les données du Centre de promotion des exportations, les exportations tunisiennes vers le Royaume représentent 26 % des exportations totales vers la région du Golfe, estimées à environ 117 millions de dinars, assurées par environ 126 entreprises exportatrices tunisiennes.

L’Arabie saoudite est également une importante base d’exportation pour les produits tunisiens, étant le principal partenaire commercial de la Tunisie dans la région du Golfe arabique.

I. B.

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Commission mixte tuniso-saoudienne : Cinq accords signés et un cap stratégique fixé à Riyad

La Tunisie et l’Arabie saoudite ont donné, dimanche, une nouvelle impulsion à leur coopération bilatérale à l’occasion de l’ouverture des travaux de la 12ᵉ session de la Commission mixte tuniso-saoudienne, marquée par la signature de plusieurs accords et par l’affirmation d’une volonté commune de renforcer les partenariats économiques et d’investissement.

Les travaux, organisés dans la capitale saoudienne par le ministère de l’Industrie et des Ressources minérales saoudien, sont coprésidés par le ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et son homologue saoudien, Bandar bin Ibrahim Al-Khorayef, en présence des délégations officielles des deux pays.

Cette session vise à élargir les perspectives de coopération stratégique, dans un contexte régional et international en mutation, et à traduire les relations bilatérales en projets concrets et mesurables.

Cinq accords et mémorandums d’entente signés

Les travaux ont été ponctués par la signature de cinq accords et mémorandums d’entente, couvrant plusieurs secteurs clés. Ils portent notamment sur la coopération et l’assistance mutuelle en matière douanière, ainsi que sur un mémorandum relatif au secteur postal.

Un autre mémorandum a été conclu dans le secteur minier, entre le ministère tunisien de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines et le ministère saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales. La coopération médiatique a également été renforcée à travers un accord entre la Radio et la Télévision tunisiennes et la Saudi Broadcasting Authority (SBA).

Par ailleurs, un programme exécutif de coopération et d’échange d’informations a été signé entre l’Agence Tunis-Afrique-Presse (TAP) et l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Vers de nouveaux accords et un forum d’affaires

Le ministre tunisien de l’Économie a indiqué que d’autres accords devraient être conclus lundi, parallèlement à la tenue d’une rencontre entre les représentants du secteur privé tunisien et saoudien, dans le cadre du Forum d’affaires tuniso-saoudien.

Prévu en marge des travaux de la commission, ce forum est présenté comme une plateforme destinée à favoriser les partenariats entre entreprises et à stimuler les investissements conjoints dans les secteurs porteurs.

Investissements, Vision 2030 et secteurs stratégiques

Samir Abdelhafidh a souligné que cette 12ᵉ session constitue une nouvelle étape dans le renforcement du cadre législatif régissant les relations entre les deux pays. Il a rappelé le rôle de l’Arabie saoudite dans le financement de projets de développement en Tunisie, notamment dans les domaines de l’eau, de l’irrigation, du développement rural et de l’environnement, ainsi que l’importance des investissements saoudiens dans le tourisme, l’industrie, l’agriculture, la santé et l’éducation.

De son côté, le ministre saoudien a insisté sur l’inscription de cette coopération dans la Vision 2030 du Royaume, mettant l’accent sur la dynamisation des échanges commerciaux, de l’investissement et des partenariats industriels.

Bandar Al-Khorayef s’est félicité des résultats enregistrés par le groupe de travail conjoint sur la coopération commerciale, réuni à Tunis en juillet dernier, notamment en matière de reconnaissance mutuelle des certificats de conformité. Ces avancées ont contribué, selon lui, à une hausse de plus de 38 % des échanges commerciaux en 2025, par rapport à l’année précédente.

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Saudi Food Show 2026 : une vitrine stratégique pour l’agroalimentaire tunisien sur le marché saoudien

La Tunisie prendra part, pour la deuxième fois, au “Salon Saudi Food Show 2026”, l’un des plus grands salons internationaux de l’alimentation et des boissons au Moyen-Orient, qui se tiendra à Riyad en Arabie saoudite, du 15 au 17 Juin 2026.

Le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX) organisateur de la 2ème participation nationale à cet évènement a appelé, mercredi, les entreprises tunisiennes opérant dans le secteur agroalimentaire désireuses de prendre part à ce salon à s’inscrire via la plateforme E-CEPEX au plus tard le 30 janvier 2026.

Plateforme majeure réunissant importateurs, distributeurs, grossistes, chaînes de distribution et acteurs HoReCa (Hôtels, Restauration, Cafés) de la région MENA, le salon Saudi Food Show offre aux entreprises participantes un accès privilégié au marché saoudien, l’un des plus dynamiques et importateurs au monde, des opportunités concrètes de partenariats commerciaux, de contrats d’exportation et de représentation locale.

Il leur permettra également une visibilité accrue au sein d’un pavillon tunisien institutionnel unifié et stratégiquement positionné et favorisera la valorisation de l’image du produit agroalimentaire tunisien à l’international.

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Huawei s’associe à VIPKID pour renforcer l’éducation numérique en Arabie saoudite

Riyad, Arabie Saoudite – 22 décembre 2025 – Huawei a annoncé aujourd’hui un partenariat stratégique avec VIPKID, plateforme mondiale d’éducation en ligne, visant à enrichir l’expérience d’apprentissage numérique des élèves en Arabie saoudite. L’alliance combinera l’écosystème d’appareils intelligents de Huawei avec les ressources pédagogiques de haute qualité de VIPKID, pour créer un environnement éducatif plus intelligent et personnalisé pour les jeunes apprenants du royaume.

Un soutien aux objectifs de la Vision 2030
Cette collaboration s’inscrit dans l’engagement de Huawei à soutenir les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, en dotant la prochaine génération de compétences linguistiques renforcées, d’une ouverture internationale et de capacités numériques compétitives à l’échelle mondiale. Grâce à l’intégration de la technologie et de l’éducation, Huawei et VIPKID visent à améliorer les résultats d’apprentissage et à favoriser le développement de talents préparés pour un futur numérique avancé. Les deux partenaires prévoient également de développer des offres de produits et services spécifiquement adaptées aux clients de Huawei et VIPKID.

Des déclarations des dirigeants
William Hu, directeur exécutif des opérations et du développement de l’écosystème chez Huawei Consumer Business Group pour le Moyen-Orient et l’Afrique, a déclaré : « Ce partenariat constitue une étape clé dans la mission de Huawei de soutenir le développement des talents en Arabie saoudite grâce à des technologies innovantes accessibles à tous. En associant l’écosystème intelligent de Huawei au contenu éducatif fiable de VIPKID, nous souhaitons offrir une expérience d’apprentissage plus riche et personnalisée, préparant les enfants à acquérir des compétences mondiales et à réussir dans le futur. »

David Wu, président des opérations mondiales de VIPKID, a ajouté : « Nous sommes fiers de collaborer avec Huawei pour offrir des opportunités d’apprentissage innovantes et personnalisées aux étudiants saoudiens. Ce partenariat reflète notre conviction commune dans le pouvoir de la technologie pour transformer l’éducation et soutenir la prochaine génération d’apprenants à pensée globale. Nous sommes impatients de créer ensemble des expériences éducatives numériques ayant un impact tangible pour les enfants à travers le royaume. »

Vers un apprentissage numérique de pointe
Huawei et VIPKID ambitionnent, à travers cette coopération, de fusionner technologie intelligente et enseignement en ligne de niveau mondial, afin de soutenir le développement de l’apprentissage numérique en Arabie saoudite et de contribuer à former une jeunesse plus innovante et compétitive sur le plan international.

À propos de Huawei Consumer Business Group
Huawei Consumer Business Group est un leader mondial dans le domaine des appareils intelligents, offrant une gamme complète de produits incluant smartphones, wearables, tablettes, ordinateurs personnels, appareils audio et services cloud. Basée sur une stratégie d’intelligence artificielle intégrale, Huawei s’engage à fournir les technologies les plus avancées pour enrichir la vie numérique des consommateurs et soutenir les ambitions de transformation numérique nationale.

À propos de VIPKID
VIPKID est une plateforme mondiale d’éducation en ligne, dédiée à fournir des expériences d’apprentissage interactives et de haute qualité aux étudiants du monde entier. Grâce à son modèle innovant, VIPKID met en relation les apprenants avec des enseignants certifiés et propose un contenu éducatif engageant visant à renforcer les compétences linguistiques, la conscience globale et la réussite académique. Présente dans plusieurs pays et au service de millions d’élèves, VIPKID continue de redéfinir l’avenir de l’éducation en ligne grâce à des solutions personnalisées et soutenues par la technologie.

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Arabie saoudite : un budget 2026 en hausse avec 306 milliards de dollars de recettes

Arabie saoudite : un budget 2026 en hausse avec 306 milliards de dollars de recettes

L’Arabie saoudite prévoit d’atteindre en 2026 des recettes budgétaires de 1,15 billion de riyals saoudiens, soit environ 306 milliards de dollars, confirmant la progression de sa stratégie de diversification économique. Le budget, validé cette semaine par le prince héritier Mohammed ben Salmane, fixe les dépenses à 1,31 trillion de riyals, légèrement en retrait par rapport […]

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F-35, Iran, Israël : les messages géopolitiques derrière la visite de MBS à la Maison-Blanche

La visite de Mohammed ben Salmane à Washington aura offert un condensé de la nouvelle diplomatie américano-saoudienne : spectaculaire dans la forme, stratégique dans le fond, et résolument tournée vers une recomposition régionale où l’argent, la défense et les équilibres de puissance tiennent lieu d’axe central. Accueilli avec un faste inhabituel, le prince héritier saoudien a trouvé à la Maison-Blanche un Donald Trump triomphant, soucieux de consolider un partenariat qu’il présente désormais comme essentiel à sa vision d’un « nouveau Moyen-Orient ».

Un pas prudent vers une possible normalisation avec Israël

Au cœur des échanges, la question de la normalisation entre Riyad et Tel-Aviv reste l’élément le plus chargé en symbolique. Trump et MBS disent avoir eu des « discussions positives », laissant entendre que l’Arabie saoudite pourrait rejoindre, à terme, les Accords d’Abraham.
Mais le prince héritier reste ferme : aucune avancée sans un chemin crédible vers un État palestinien. Ce rappel, destiné autant à l’opinion publique arabe qu’aux partenaires internationaux, souligne que Riyad entend conserver son statut de leader régional tout en s’assurant de ne pas fracturer ses équilibres internes.

Dans un contexte où les États-Unis cherchent à redessiner les blocs régionaux autour d’alliances économiques et sécuritaires, la position saoudienne apparaît comme un levier diplomatique majeur — et un test pour Washington.

Un statut stratégique : Riyad devient “major non-NATO ally”

Donald Trump a annoncé l’octroi à l’Arabie saoudite du statut d’allié majeur hors OTAN, rejoignant un club restreint de 19 pays (dont la Tunisie).
Pour Riyad, c’est un saut qualitatif : accès facilité aux systèmes d’armement les plus avancés, procédures accélérées, coopération renforcée.

Cette reconnaissance est accompagnée d’un accord stratégique de défense, pensé pour sceller un partenariat vieux de 80 ans. Washington assure ainsi vouloir « fortifier la dissuasion au Moyen-Orient », tandis que Riyad cherche à se prémunir contre les incertitudes régionales, du conflit israélo-qatari aux tensions avec l’Iran.

Cette décision survient quelques semaines après que l’Arabie a conclu un pacte militaire avec le Pakistan, signe que MBS entend diversifier les garanties sécuritaires tout en ancrant ses liens avec Washington.

Les F-35, symbole d’un rééquilibrage face à Israël

L’annonce la plus sensible concerne la vente de F-35 à Riyad. Trump assure que les appareils ne seront pas « dégradés » pour préserver l’avantage militaire israélien, rompant avec la doctrine américaine du « qualitative military edge ».
Le signal est fort : MBS ne veut plus être traité comme un partenaire de second rang, et Washington semble prêt à entériner cette évolution.

Ce choix intervient dans un contexte où les États-Unis souhaitent stabiliser leurs alliances au Moyen-Orient, tout en évitant que Riyad ne poursuive des options asiatiques, notamment chinoises.

Iran : de la confrontation à l’ouverture diplomatique

Le dossier iranien a révélé un double langage assumé. Trump célèbre à nouveau les frappes américaines de juin contre les installations nucléaires iraniennes, vantant la supériorité militaire américaine.
Mais il affirme dans le même temps que l’Iran « veut un accord » et qu’il est « totalement ouvert » à un processus diplomatique.

Fait notable, MBS s’aligne publiquement : l’Arabie saoudite soutiendra un potentiel accord américano-iranien.
Un geste qui montre l’évolution de Riyad depuis la réconciliation de 2023, et qui confirme la volonté d’éviter une escalade régionale alors que les équilibres militaires restent fragiles.

Des investissements colossaux : jusqu’à 1 000 milliards de dollars

La dimension économique de la visite est tout aussi déterminante. Trump évoque un engagement d’investir 600 milliards de dollars, MBS parle d’un potentiel montant total de 1 000 milliards.
Ces flux concerneraient l’intelligence artificielle, les technologies émergentes, les matériaux critiques, l’industrie et la finance.

Ce pacte économique scelle une convergence :

  • les États-Unis cherchent de nouveaux financements pour leurs géants technologiques et leurs infrastructures,
  • l’Arabie saoudite veut consolider sa stratégie Vision 2030 et devenir un acteur central des technologies du futur.

MBS répète que les États-Unis sont aujourd’hui le « marché le plus chaud du monde », et qu’il entend participer à ses fondations technologiques.

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