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ZOOM – 2010-2025 — L’écho des occasions manquées, entre Washington, Bruxelles… et Tunis

Il est des décisions qui, loin des tribunes, changent la face du monde. Ainsi, la Réserve fédérale américaine (Fed), dans un geste à la fois audacieux et calculé, vient de rouvrir les vannes du quantitative easing. Quarante milliards de dollars par mois, créés ex nihilo, dissous dans les artères du marché américain comme un sérum vital destiné à empêcher la panne du cœur économique. La Fed n’écrit pas l’histoire, elle la fabrique à coups de milliards, assumant que la monnaie est un outil politique, un levier de puissance, et non un monument sacralisé par les orthodoxies.

Pendant ce temps, l’Europe tremble sur le quai de gare, pétrifiée à l’idée d’enfreindre ses dogmes. La Banque centrale européenne demeure immobile, prisonnière d’une interprétation théologique de ses statuts, comme si la monnaie devait être tenue à distance de la volonté humaine. L’abîme se creuse : à l’Ouest, des dirigeants qui acceptent que le financement de l’économie exige audace et responsabilité ; sur le Vieux Continent, des gouvernants qui voient encore dans la banque centrale un organisme suspect, dont la puissance doit être tenue en laisse.

Ce contraste transatlantique dit plus qu’une divergence technique : il révèle une différence de civilisation économique. Aux États-Unis, l’État et sa banque centrale avancent d’un même pas, convaincus que l’injection de liquidités n’est ni une trahison morale ni un risque existentiel; mais une manière d’assurer la continuité du pacte national. En Europe, l’idée même qu’une Banque centrale puisse soutenir la dépense publique provoque l’urticaire des élites politiques, figées entre une morale fiscale d’un autre âge et une compréhension étroite de la stabilité.

 

En Europe, l’idée même qu’une Banque centrale puisse soutenir la dépense publique provoque l’urticaire des élites politiques, figées entre une morale fiscale d’un autre âge et une compréhension étroite de la stabilité.

 

Vu de la Tunisie, ce débat semble se dérouler dans un autre monde. Pourtant, il nous concerne plus que jamais.

Depuis 2011, notre pays a traversé des crises successives, des gouvernements éphémères et des promesses de réformes continuellement reportées. Pendant que la Fed soutenait la croissance et maintenait l’activité, et que la BCE, malgré ses réticences, ouvrait graduellement la voie à des interventions inédites, notre Banque centrale a dû se battre sur une autre scène : celle de l’inflation importée, des déficits chroniques, du dinar assiégé et d’un système bancaire sous-capitalisé. Là où les grandes économies disposent de marges monétaires souveraines, la Tunisie, à peine sortie d’une décennie de bouleversements, se retrouve enfermée dans une logique défensive, le nez collé à la paroi du réel.

Les années 2010-2025 resteront sans doute comme celles des occasions manquées : ni relance concertée, ni vision stratégique; pas de réforme de la dépense publique et encore moins de refonte du financement de l’économie. Alors que d’autres injectaient des centaines de milliards pour soutenir l’entreprise, l’emploi et l’innovation, notre pays s’enfonçait dans l’austérité tacite, les arbitrages hésitants, le manque d’investissement public et l’émiettement budgétaire.

 

Les années 2010-2025 resteront sans doute comme celles des occasions manquées : ni relance concertée, ni vision stratégique; pas de réforme de la dépense publique et encore moins de refonte du financement de l’économie.

 

Nous observons l’Europe avec fascination, souvent avec envie, parfois avec agacement, mais nous semblons oublier que l’Union, malgré sa prudence excessive, mobilise des instruments dont nous ne disposons même pas. Notre débat national s’enlise dans des alternatives faussées : faut-il serrer le crédit pour préserver le dinar ou le relâcher pour sauver la croissance ? Faut-il réduire les dépenses au risque de casser la demande ou les soutenir en accroissant un déficit déjà insoutenable ?

Pendant que les économies matures s’autorisent à faire usage de leur système monétaire comme d’un bien collectif, nous, faute de vision, avons cédé à la fatalité. Notre dépendance externe nous prive de marges d’action. Mais cette dépendance n’est pas une fatalité. En effet, elle est la conséquence d’une décennie de gouvernance hésitante, de réformes abandonnées et d’une incapacité persistante à articuler politique budgétaire, monétaire et industrielle dans un récit cohérent.

 

Notre débat national s’enlise dans des alternatives faussées : faut-il serrer le crédit pour préserver le dinar ou le relâcher pour sauver la croissance ? Faut-il réduire les dépenses au risque de casser la demande ou les soutenir en accroissant un déficit déjà insoutenable ?

 

Le vrai drame tunisien n’est pas seulement l’absence d’argent, mais l’absence de volonté d’en créer au sens économique du terme : par l’investissement productif, l’innovation, la montée en gamme des secteurs exportateurs, la restructuration de l’État et la mise en confiance des citoyens et des marchés. La Fed agit parce que l’Amérique croit encore en son avenir. L’Europe hésite parce qu’elle doute d’elle-même. Et la Tunisie se fige parce qu’elle ne sait plus où elle va.

Le vrai drame tunisien n’est pas seulement l’absence d’argent, mais l’absence de volonté d’en créer au sens économique du terme : par l’investissement productif, l’innovation, la montée en gamme des secteurs exportateurs, la restructuration de l’État, et la mise en confiance des citoyens et des marchés.

 

Il est encore temps de reprendre la main. Mais le temps n’attendra pas. Dans un monde où les puissances se financent avec audace pour construire demain, rester immobile revient à choisir le déclin.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Tourisme en Tunisie : Recettes record de plus de 8 milliards de dinars en 2025

Le secteur touristique tunisien a dépassé les 8 milliards de dinars de recettes en 2025, grâce à l’accueil de plus de 11 millions de visiteurs, un nouveau record historique. La stratégie de diversification et de montée en gamme de l’offre touristique commence à porter ses fruits.

Selon les indicateurs de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), les recettes touristiques 2025 ont atteint 8096,9 millions de dinars (MD), contre 7599,7 MD en 2024, soit une progression annuelle de 6,5%.

Cette augmentation correspond à près de 500 MD supplémentaires, un signe clair que le secteur retrouve sa dynamique d’avant-pandémie et que la demande touristique pour la Tunisie est robuste.

Plus de 11 millions de touristes accueillis

Jusqu’au 22 décembre 2025, la Tunisie a accueilli plus de 11 millions de touristes, dépassant le précédent record de 2019 qui était de 9,4 millions.

Cette performance illustre une reprise complète après la crise Covid-19 (2020-2022), période pendant laquelle le secteur avait connu un recul sévère, avec des pertes importantes en termes de fréquentation et de revenus.

En moyenne, chaque touriste a dépensé environ 735 dinars en 2025. Ce chiffre reflète une orientation vers un tourisme plus haut de gamme, qui mise sur la qualité de l’expérience, le confort et la diversification des offres régionales.

Si les chiffres de 2025 sont encourageants, le secteur devra continuer à développer les infrastructures pour accueillir un nombre croissant de touristes ; diversifier encore plus l’offre touristique pour attirer des segments premium et internationaux ; renforcer la promotion à l’international pour maintenir la dynamique et dépasser les 11 millions de visiteurs

Le tourisme tunisien semble donc sur la voie d’une reprise solide, mais la consolidation de ces résultats dépendra de la qualité de l’expérience offerte et de la stabilité de l’environnement touristique.

Évolution des recettes depuis 2020

Après une chute brutale liée à la pandémie de Covid-19, les recettes touristiques tunisiennes ont suivi une trajectoire ascendante quasi continue depuis 2020. Passées d’environ 2 milliards de dinars en 2020 (-64% par rapport à 2019), elles ont progressé à près de 3 milliards en 2021, avant d’accélérer nettement à 4,2 milliards en 2022, marquant le retour massif des touristes.

En 2023, la dynamique s’est confirmée avec un rebond soutenu, ouvrant la voie à un record historique en 2024 à près de 7,6 milliards de dinars. Cette tendance culmina enfin en 2025, où les recettes dépassent les 8 milliards de dinars, effaçant les séquelles de la crise sanitaire et plaçant le secteur sur une nouvelle trajectoire de croissance.

Lire aussi :

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Analyse économique des indicateurs monétaires et financiers au 02 janvier 2026

Un contexte international encore défavorable aux économies sous contrainte de financement.

L’année 2026 s’ouvre sur un environnement international qui, malgré certains signaux de détente, demeure structurellement défavorable aux économies émergentes fortement dépendantes des flux de capitaux et des importations stratégiques. Les grandes banques centrales ont certes ralenti le rythme du durcissement monétaire, mais les taux directeurs restent élevés, ancrant durablement des conditions financières restrictives.

Cette configuration prolonge un régime mondial caractérisé par une sélectivité accrue du financement, une volatilité persistante des flux de capitaux et un renchérissement durable du coût de la dette souveraine pour les pays à notation fragile. Dans ce contexte, la Tunisie reste exposée à un double choc latent : celui des taux d’intérêt internationaux et celui du dollar, monnaie dominante dans les échanges énergétiques et le service de la dette extérieure.

En Tunisie – Liquidité bancaire : une tension chronique devenue structurelle

Les indicateurs monétaires du 02 janvier 2026 confirment que la tension de liquidité bancaire n’est plus conjoncturelle mais structurelle. Le volume global du refinancement atteint 11,36 milliards de dinars, un niveau élevé qui illustre la dépendance persistante du système bancaire à l’intervention de la Banque centrale de Tunisie.

Les appels d’offres hebdomadaires (5,3 milliards de dinars) demeurent la principale source d’alimentation du marché, complétés par les opérations de refinancement à plus long terme, notamment celles à six mois (2,22 milliards). Ce schéma traduit une difficulté durable des banques à mobiliser des ressources autonomes, conséquence directe de la faiblesse de l’épargne longue, de la concurrence du Trésor sur le marché domestique et de la prudence accrue dans l’octroi du crédit.

Cette situation limite mécaniquement la capacité du système bancaire à jouer pleinement son rôle de financement de l’investissement productif, renforçant un cercle vicieux de croissance molle et de dépendance monétaire.

Politique monétaire : une pause tactique, non un tournant stratégique

Le maintien du taux directeur à 7,50 % confirme que la BCT a atteint un point d’équilibre délicat. La baisse par rapport au niveau de 8 % observé en 2025 traduit une reconnaissance implicite du ralentissement économique, mais ne constitue en aucun cas un signal d’assouplissement.

Le taux du marché monétaire, à 7,46 %, reste strictement arrimé au taux directeur, preuve d’un pilotage efficace du corridor des taux et d’un contrôle opérationnel du marché interbancaire. Toutefois, cette stabilité est davantage le fruit d’une gestion administrative fine que d’un relâchement spontané des tensions.

En réalité, la politique monétaire tunisienne est désormais enfermée dans un trilemme contraignant : soutenir l’activité, préserver le dinar et contenir l’inflation résiduelle. Dans l’état actuel des équilibres externes, toute détente prématurée des taux exposerait immédiatement la monnaie nationale et les réserves en devises.

Finances publiques : un rééquilibrage de trésorerie sans assainissement structurel

L’amélioration du solde du compte courant du Trésor, qui atteint 1,24 milliard de dinars, traduit une meilleure gestion de trésorerie en fin d’exercice, mais ne saurait masquer les fragilités de fond des finances publiques.

La structure de la dette révèle une inflexion stratégique : la réduction massive des bons du Trésor à court terme au profit des Bons du Trésor assimilables témoigne d’une volonté de réduire le risque de refinancement immédiat. Cependant, cette stratégie alourdit le service de la dette à moyen terme, dans un contexte de taux encore élevés.

Autrement dit, le risque de liquidité est partiellement contenu, mais le risque de soutenabilité budgétaire demeure entier, d’autant plus que les marges fiscales restent limitées et socialement sensibles.

Secteur extérieur : des flux réels solides, mais insuffisants pour desserrer la contrainte en devises

Les performances du tourisme et des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger continuent de jouer un rôle central dans la stabilisation macroéconomique. Avec près de 7,9 milliards de dinars de recettes touristiques et 8,47 milliards de dinars de revenus du travail, ces flux constituent un amortisseur essentiel face au déficit commercial structurel.

Toutefois, cette dynamique positive ne suffit pas à inverser la tendance des avoirs nets en devises, qui reculent à 106 jours d’importation. Cette érosion, bien que graduelle, réduit la marge de manœuvre de la BCT et renforce la dépendance à une politique monétaire restrictive.

La Tunisie reste ainsi dans une situation paradoxale : des entrées de devises dynamiques sur certains segments, mais une incapacité structurelle à transformer ces flux en renforcement durable des réserves.

Taux de change : une stabilité administrée, non auto-entretenue

L’évolution du dinar confirme une stabilité relative mais fragile. L’appréciation face à l’euro reflète en partie la composition géographique des flux, tandis que la dépréciation face au dollar souligne la vulnérabilité persistante aux chocs externes.

Cette stabilité repose moins sur des fondamentaux robustes que sur un différentiel de taux d’intérêt élevé, une gestion active de la liquidité et des arbitrages constants de la BCT. Elle demeure donc conditionnelle et réversible, en particulier en cas de choc externe ou de relâchement budgétaire non maîtrisé.

Perspectives 2026 : une année charnière, entre stabilisation défensive et risque d’enlisement

À court terme, la priorité restera clairement orientée vers la préservation des équilibres monétaires et externes, quitte à accepter une croissance modérée et une reprise de l’investissement différée.

À moyen terme, l’année 2026 constitue un point de bascule. Si la stabilisation monétaire actuelle s’accompagne de réformes crédibles – amélioration du climat des affaires, ciblage plus efficace de la dépense publique, relance de l’investissement productif – une détente graduelle des taux pourrait devenir envisageable.

À défaut, la Tunisie risque de s’installer durablement dans un régime de stabilité sans croissance, où la politique monétaire agit comme un mécanisme de défense plutôt que comme un levier de développement.

 

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (30 déc. 2025), données prix Brent / marché pétrolier (30 déc. 2025), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Les avoirs nets en devises couvrent 106 jours d’importation au 2 janvier 2026 (BCT)

Les avoirs nets en devises ont atteint 25 164,4 millions de dinars (MDT), à la date du 2 janvier 2026, ce qui représente 106 jours d’importation, selon des données provisoires publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT).

En comparaison avec la même période de l’année 2025, les réserves en devises ont toutefois régressé de 2 029,4 MDT, passant de 27 193,8 MDT à la même date de 2025 à 25 164,4 MDT en 2026.

Toujours à la date du 2 janvier 2026, les indicateurs monétaires et financiers ont fait ressortir un recul de 58,4 MDT du total des transactions interbancaires, passant de 3 700,2 MDT au 2 janvier 2025, à 3 641,8 MDT à la même date de 2026.

Au 31 décembre 2025, les billets et monnaies en circulation ont poursuivi  leur tendance haussière, pour atteindre 26 877 MDT, contre 22 595 MDT au 31 décembre 2024, soit un accroissement de 4 282 MDT.

Pour ce qui est des recettes touristiques cumulées, elles ont été de l’ordre de 7 886,8 MDT, à la date du 20 décembre 2025, enregistrant une hausse de 467 MDT par rapport à la même date de 2024, toujours selon les derniers indicateurs publiés par la BCT.

En ce qui concerne les revenus du travail cumulés, ils ont atteint, au 20 décembre 2025, une valeur de 8 466,8 MDT, marquant ainsi une augmentation de 475,9 MDT par rapport à l’année 2024 (à la même date) .

Et à la date du 20 décembre 2025, le service de la dette extérieure cumulé a baissé de 1 925,9 MDT, pour s’établir à 11 998,6 millions de dinars.

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Tunisie : Le TMM se maintient à 7,49% pour le quatrième mois consécutif

Le taux moyen du marché monétaire poursuit sa phase de stabilité. En décembre, l’indicateur clé du coût de la liquidité bancaire est resté inchangé, confirmant l’effet progressif de l’assouplissement monétaire engagé par la Banque centrale de Tunisie.

Le Taux moyen du Marché Monétaire (TMM) s’est établi à 7,49% en décembre 2025, conservant exactement le même niveau pour le quatrième mois d’affilée, selon les dernières données monétaires publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT). Cette évolution confirme une phase d’accalmie sur le marché de la liquidité, après une période prolongée de tensions.

Un reflux amorcé depuis l’été 2024

L’indicateur avait entamé un mouvement baissier marqué à partir d’août 2024, après avoir évolué autour de 7,99% durant plusieurs mois. Ce repli s’est poursuivi progressivement au début de 2025, avec un passage à 7,91% en mars, avant de s’installer à 7,50% entre avril et août. Depuis septembre, le TMM s’est quasi figé, glissant légèrement à 7,49% jusqu’à la fin de l’année.

L’impact direct de la politique monétaire

Cette stabilisation s’inscrit dans le sillage des décisions de politique monétaire de la BCT. Le TMM demeure étroitement corrélé au taux directeur, principal instrument de régulation du marché monétaire. Lors de sa dernière réunion, le Conseil d’administration de la Banque centrale a décidé d’abaisser ce taux de 50 points de base, le ramenant à 7%.

Cette décision, qui entrera en vigueur à partir du 7 janvier, devrait progressivement se répercuter sur les conditions de financement interbancaire et, à terme, sur le coût du crédit dans l’économie. La stabilité actuelle du TMM traduit ainsi une phase de transition, en attendant les premiers effets concrets de cet assouplissement monétaire.

Lire aussi :

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ECLAIRAGES – Taux d’intérêt, taux de change : le dinar tunisien face au tournant monétaire de 2026

La décision prise par le Conseil d’Administration de la Banque centrale de Tunisie le 30 décembre 2025 (2) marque un moment charnière dans la conduite de la politique monétaire. En abaissant le taux directeur de 50 points de base pour le ramener à 7 %, la BCT acte officiellement l’entrée dans une nouvelle phase, celle d’un assouplissement prudent après plusieurs années de rigueur monétaire.

Ce choix ne relève ni d’un geste conjoncturel isolé ni d’un changement doctrinal brutal. Il s’inscrit dans une lecture fine des dynamiques inflationnistes, des conditions financières internationales et des fragilités persistantes de l’économie nationale. La Banque centrale cherche à desserrer l’étau monétaire sans compromettre la stabilité du dinar, dans un contexte où la crédibilité reste un actif rare et précieux.

 

Lire aussi: La BCT assouplit sa politique : taux directeur à 7% dès janvier 2026 !

Un environnement international moins contraignant, mais toujours incertain

L’année 2025 a été marquée par une résilience inattendue de l’économie mondiale. Malgré les tensions géopolitiques persistantes et le durcissement des politiques protectionnistes, le reflux des prix internationaux des matières premières, notamment énergétiques, et l’assouplissement progressif des conditions financières globales ont contribué à apaiser les pressions inflationnistes.

Cette normalisation relative a redonné de l’oxygène aux banques centrales des pays émergents, longtemps contraintes de maintenir des taux élevés pour contenir l’inflation importée et préserver leurs monnaies. Pour la Tunisie, cet environnement international moins hostile a créé une fenêtre d’opportunité, certes étroite, mais réelle, pour réajuster l’orientation monétaire sans provoquer de choc sur le marché des changes.

Une croissance en perte de vitesse, révélatrice de tensions structurelles

Sur le plan national, les indicateurs de croissance témoignent d’un essoufflement progressif. Le ralentissement observé au troisième trimestre 2025, avec une croissance limitée à 2,4 %, et surtout à 1,5 % hors agriculture, met en lumière la fragilité du tissu productif. La contreperformance de secteurs clés comme l’énergie, le textile et le cuir souligne les limites d’un modèle encore peu diversifié et fortement exposé aux chocs externes.

Dans ce contexte, le maintien prolongé de taux d’intérêt élevés aurait continué de peser lourdement sur l’investissement, l’accès au crédit et la capacité de reprise de l’activité. La baisse du taux directeur apparaît ainsi comme une tentative de rééquilibrage, visant à soutenir la dynamique économique sans céder à une logique de relance non maîtrisée.

Inflation : un reflux réel, mais inégal et encore fragile

Le processus désinflationniste engagé en 2024 s’est confirmé en 2025, avec une inflation moyenne ramenée à 5,4 %, contre 7 % l’année précédente. En novembre 2025, le taux s’établissait à 4,9 % (3), un niveau inédit depuis plusieurs années. Cette détente résulte principalement du ralentissement marqué des prix administrés, dans un contexte de gel prolongé, et d’un tassement relatif des prix alimentaires frais.

Cependant, la progression continue de l’inflation sous-jacente, désormais à 4,7 %, rappelle que les tensions fondamentales ne sont pas totalement résorbées. Cette composante, plus sensible aux coûts domestiques et aux anticipations, constitue un signal d’alerte pour la Banque centrale. Elle justifie le caractère graduel et conditionnel de l’assouplissement monétaire engagé.

Le dinar tunisien : une résilience sous surveillance

Dans ce paysage contrasté, le dinar tunisien a fait preuve d’une résilience notable. L’appréciation face au dollar et l’ajustement modéré vis-à-vis de l’euro traduisent une combinaison de facteurs favorables : bonne tenue des recettes touristiques, solidité des transferts des Tunisiens à l’étranger et gestion prudente du marché des changes.

Néanmoins, cette stabilité reste fragile. L’aggravation du déficit commercial (4) à plus de 20 milliards de dinars sur onze mois, tirée par la hausse des importations, rappelle la vulnérabilité structurelle de la balance des paiements. Si le déficit courant a pu être contenu à 2,4 % du PIB, c’est davantage grâce à des flux exceptionnels qu’à une amélioration durable de la compétitivité externe.

 

Lire également : Tunisie : le déficit courant contenu à 1,6 % du PIB

 

Les réserves en devises, couvrant 108 jours d’importations, offrent un coussin de sécurité relatif, mais en léger recul par rapport à l’année précédente. Elles imposent une vigilance constante, d’autant plus que toute détente monétaire excessive pourrait rapidement se traduire par une pression accrue sur le taux de change.

Taux d’intérêt et taux de change : un équilibre délicat

La baisse du taux directeur à 7 % modifie subtilement l’équation monétaire. Elle réduit le différentiel de rendement en faveur du dinar, sans toutefois l’annuler. La BCT cherche ainsi à préserver l’attractivité relative de la monnaie nationale tout en allégeant le coût du crédit pour l’économie réelle.

Ce choix illustre la relation ambivalente entre taux d’intérêt et taux de change. Des taux élevés soutiennent le dinar, mais au prix d’un ralentissement économique. Des taux plus bas favorisent l’activité, mais fragilisent la monnaie si les fondamentaux externes ne suivent pas. En 2026, la Tunisie évoluera dans cette zone grise, où chaque ajustement devra être finement calibré pour éviter un déséquilibre cumulatif.

Le risque de l’inflation importée, toujours latent

Dans une économie fortement dépendante des importations, le taux de change demeure un canal majeur de transmission de l’inflation. Un dinar stable permet de contenir les prix de l’énergie, des biens intermédiaires et des produits alimentaires. À l’inverse, une dépréciation, même modérée, pourrait rapidement annuler les gains obtenus sur le front de la désinflation.

La décision de la BCT traduit ainsi une volonté claire : accompagner la baisse de l’inflation sans compromettre la stabilité du change. Cette stratégie suppose une coordination implicite entre politique monétaire, politique budgétaire et gestion du commerce extérieur, faute de quoi l’effort monétaire resterait insuffisant.

2026 : trois trajectoires possibles pour le dinar

L’année 2026 pourrait s’inscrire dans une trajectoire de stabilisation maîtrisée, si la désinflation se poursuit, si les flux de devises se maintiennent et si l’assouplissement monétaire reste graduel. Dans ce scénario, le dinar évoluerait dans une relative stabilité, renforçant la confiance et réduisant l’incertitude pour les agents économiques.

Un scénario plus défavorable émergerait en cas de choc externe, de dérapage budgétaire ou de pression accrue sur les réserves. La Banque centrale serait alors contrainte de suspendre, voire d’inverser, l’assouplissement engagé, au prix d’un nouveau durcissement des conditions financières.

Enfin, un scénario de transformation plus profonde supposerait des réformes structurelles crédibles, une amélioration du climat des affaires et un regain d’investissement productif. Dans cette hypothèse, le dinar cesserait d’être défendu principalement par les taux d’intérêt pour être soutenu par la performance économique et la confiance durable.

Le dinar comme test de crédibilité économique

En 2026, le dinar tunisien ne sera pas seulement une variable monétaire. Il sera le reflet de la cohérence des politiques économiques, de la crédibilité des institutions et de la capacité du pays à sortir d’une gestion défensive pour entrer dans une logique de stabilisation durable.

La baisse du taux directeur à 7 % constitue un signal fort, mais non suffisant. Elle ouvre une séquence nouvelle, où chaque décision future sera scrutée à l’aune de son impact sur l’inflation, la croissance et le taux de change. Dans cette équation complexe, la stabilité du dinar restera conditionnelle, fragile, mais encore maîtrisable, à condition que l’assouplissement monétaire s’accompagne d’une vision économique plus large et plus cohérente.

 

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (30 déc. 2025), données prix Brent / marché pétrolier (30 déc. 2025), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/actualites.jsp?id=1227

(3) https://www.ins.tn/publication/indice-des-prix-la-consommation-novembre-2025

(4) https://www.ins.tn/publication/commerce-exterieur-aux-prix-courants-novembre-2025

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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La BCT assouplit sa politique : taux directeur à 7% dès janvier 2026 !

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), réuni le 30 décembre 2025, a examiné la conjoncture économique mondiale et nationale ainsi que les perspectives inflationnistes. Il a décidé d’abaisser le taux directeur de 50 points de base à 7%, effectif le 7 janvier 2026, tout en ajustant les facilités de prêt à 8% et de dépôt à 6% sur 24 heures pour assurer un corridor des taux cohérent. Par ailleurs, le taux minimum de rémunération de l’épargne a été ramené à 6%. Le Conseil demeure vigilant face aux risques inflationnistes et à la stabilité macroéconomique, prêt à recalibrer sa politique monétaire si nécessaire.

Contexte international et national

À l’échelle mondiale, l’économie a tenu bon en 2025 malgré les chocs protectionnistes et géopolitiques, grâce à un reflux des prix des matières premières – surtout l’énergie – et un assouplissement des conditions financières.

Au plan national, la croissance a décéléré à 2,4% au T3 2025 (contre 3,2% au T2), et à 1,5% hors agriculture (contre 2,6%). Les secteurs phares comme l’énergie, le textile, l’habillement et le cuir pèsent sur cette performance.

Le déficit commercial (FOB-CAF) s’alourdit à 20 168 MDT sur onze mois (contre 16 758 MDT un an avant), tiré par des importations en hausse. Les transferts des Tunisiens à l’étranger et le tourisme contiennent le déficit courant à 4 188 MDT (2,4% du PIB), contre 1 841 MDT (1,2%). Les réserves de change s’établissent à 25,5 milliards de dinars (108 jours d’importations au 29 décembre), contre 25,8 milliards (116 jours) l’an passé. Le dinar reste solide, s’appréciant face au dollar et se stabilisant face à l’euro.

Inflation en baisse progressive

La désinflation avance, avec un taux à 4,9% en novembre 2025, dopée par le gel des prix administrés et un repli de l’inflation alimentaire fraîche à 11,1% (contre 12% en octobre). L’inflation sous-jacente (hors frais et administrés) monte néanmoins à 4,7% (contre 4,5%). Prévision annuelle : 5,4% en 2025, contre 7% en 2024.

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Tunisie : La BCT réduit son taux directeur à 7%

La Banque centrale de Tunisie a décidé d’assouplir sa politique monétaire en abaissant son taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 7%. Cette mesure, qui entrera en vigueur début janvier, s’accompagne d’un ajustement des taux du corridor monétaire et de la rémunération minimale de l’épargne.

Un signal d’assouplissement monétaire

Réuni en fin d’année, le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie a tranché en faveur d’une baisse du taux directeur, désormais fixé à 7% à compter du 7 janvier 2026. Il s’agit d’une réduction de 50 points de base, traduisant une volonté d’adapter l’orientation monétaire aux évolutions économiques et financières récentes.

Dans le même mouvement, la BCT a procédé à un réajustement des taux des facilités permanentes afin de préserver la cohérence du corridor monétaire. Le taux de la facilité de prêt à 24 heures est ainsi porté à 8%, tandis que celui de la facilité de dépôt à 24 heures est fixé à 6%. Ces ajustements visent à garantir une transmission efficace des décisions de politique monétaire vers le marché interbancaire.

Révision du rendement de l’épargne

Outre les taux directeurs et interbancaires, la Banque centrale a également revu à la baisse le taux minimum de rémunération de l’épargne. Celui-ci est désormais établi à 6%, une décision qui s’inscrit dans la logique globale de détente monétaire et qui aura un impact direct sur les produits d’épargne réglementés.

Cette mesure pourrait contribuer à réduire le coût de financement pour les banques et, à terme, soutenir l’investissement et la consommation, tout en modifiant l’attractivité relative de l’épargne bancaire.

Réactions attendues du secteur financier

La décision de la BCT est scrutée de près par les acteurs économiques et financiers. Les établissements bancaires devront ajuster leurs grilles de taux, tandis que les entreprises et les ménages pourraient bénéficier progressivement de conditions de financement plus favorables.

Les analystes s’attendent à ce que cette inflexion monétaire ouvre un nouveau cycle, à condition que les équilibres macroéconomiques et l’évolution de l’inflation le permettent.

Cette baisse intervient dans un contexte marqué par la nécessité de soutenir l’activité économique tout en préservant la stabilité financière. Après une période prolongée de resserrement monétaire destinée à contenir les pressions inflationnistes, la Banque centrale semble amorcer une phase plus accommodante, tout en maintenant une vigilance accrue sur les indicateurs macroéconomiques.

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Tunisie | La BCT baisse son taux directeur à 7%

Réuni le 30 décembre 2025, le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a décidé d’abaisser le taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 7%, à compter du 7 janvier 2026.

Les taux des facilités de prêt et de dépôt à 24 heures seront ajustés en conséquence, à 8% et 6% respectivement afin d’assurer la cohérence du corridor des taux et la bonne transmission de l’orientation monétaire au marché.

Également, le Conseil a décidé d’abaisser à 6% le taux minimum de rémunération de l’épargne.

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a tenu une réunion le 30 décembre 2025, au cours de laquelle il a examiné l’évolution récente de la conjoncture économique et financière, tant à l’échelle internationale que nationale, ainsi que l’évolution et les perspectives de l’inflation.

Sur le plan international, l’économie mondiale a fait preuve, en 2025, d’une résilience notable face à divers chocs, notamment ceux induits par le durcissement des politiques protectionnistes et la persistance des tensions géopolitiques. Cette résilience a été soutenue par un apaisement marqué des pressions sur les prix internationaux des produits de base, en particulier de l’énergie, ainsi que par un assouplissement significatif des conditions financières internationales.

Au niveau national, la croissance économique s’est établie à 2,4% au troisième trimestre 2025 contre 3,2% un trimestre auparavant. Hors agriculture, la croissance s’est limitée à 1,5% contre 2,6% le trimestre précédent. Cette évolution porte la marque de la contreperformance des secteurs clés, notamment l’énergie ainsi que les industries du textile, habillement et cuir.

En ce qui concerne le secteur extérieur, le déficit commercial (FOB-CAF) s’est aggravé pour s’établir à 20.168 MDT au terme des onze premiers mois de 2025, contre 16.758 MDT sur la même période de l’année précédente, sous l’effet de la progression notable des importations. La bonne tenue des revenus du travail et des recettes touristiques a permis de contenir le déficit courant à 4.188 MDT, représentant 2,4 % du PIB à fin novembre 2025, contre 1.841 MDT et 1,2 % du PIB, un an auparavant.

Les avoirs nets en devises se sont établis à 25,5 milliards de dinars, couvrant 108 jours d’importations, au 29 décembre 2025, contre 25,8 milliards de dinars et 116 jours d’importations une année auparavant. Par ailleurs, le dinar continue à faire preuve de résilience sur le marché des changes, se caractérisant par une appréciation vis-à-vis du dollar américain, contre un ajustement modéré face à l’euro.

S’agissant des prix à la consommation, le processus désinflationniste s’est poursuivi au cours des derniers mois, quoiqu’à un rythme relativement lent. Le taux d’inflation s’est maintenu à 4,9% en novembre 2025. Cette évolution résulte, principalement, d’un net ralentissement de l’inflation des produits à prix administrés, dans un contexte marqué par le maintien du gel de la majorité des produits et services concernés, conjuguée à une détente modérée de l’inflation des produits alimentaires frais, laquelle est revenue à 11,1 % en novembre 2025 contre 12 % le mois précédent. En revanche, l’inflation sous-jacente « hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés », a poursuivi sa progression graduelle, atteignant 4,7% en novembre 2025, contre 4,5% un mois auparavant.

Au vu des réalisations, l’inflation devrait s’établir à 5,4%, en moyenne, pour toute l’année 2025 contre 7% en 2024.

Au regard de l’ensemble de ces évolutions, le Conseil d’Administration décide d’abaisser le taux directeur de 50 points de base le ramenant à 7%.

Le Conseil d’Administration indique qu’il continuera de suivre avec attention l’évolution des perspectives d’inflation et des risques entourant la stabilité macroéconomique, et demeure disposé à ajuster, de manière appropriée, l’orientation de la politique monétaire.

Communiqué

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Recettes touristiques en hausse: 7,8 milliards de dinars enregistrés en 2025

Le secteur touristique tunisien continue de confirmer sa reprise. Selon la Banque Centrale de Tunisie (BCT), les recettes touristiques ont atteint 7,8 milliards de dinars à la date du 25 décembre 2025, soit une augmentation de 6,3 % par rapport à la même période en 2024.

La Tunisie, destination touristique phare de la Méditerranée

Cette progression s’accompagne d’un nombre record de visiteurs: plus de 11 millions de touristes ont choisi la Tunisie depuis le début de l’année jusqu’au 22 décembre, a déclaré le ministre du Tourisme, Sofien Tekia, lors d’une cérémonie organisée dans le cadre de la campagne « Tounes Lik », dédiée à la promotion du tourisme intérieur. Comme relayé par l’agence TAP. Cette rencontre a également été l’occasion de présenter le programme « Tunis, capitale du tourisme arabe en 2027 », visant à renforcer l’attractivité de la capitale, selon la même source.

Pour mettre ces chiffres en perspective, ils dépassent largement ceux de 2019, année pré-pandémie, où 9,4 millions de touristes avaient visité le pays. Selon le ministre, cette performance illustre que le secteur a dépassé sa phase de redressement et amorce désormais une stratégie de développement durable, centrée sur un tourisme haut de gamme et une diversification de l’offre touristique.

Cette dynamique, souligne-t-il, démontre la capacité de la Tunisie à attirer davantage de visiteurs et à générer des recettes significatives, malgré les incertitudes économiques et géopolitiques internationales. Le tourisme tunisien s’affirme ainsi comme un moteur de croissance clé, renforçant la réputation du pays comme une destination touristique incontournable en Méditerranée.

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Tourisme tunisien : les recettes atteignent 7,8 milliards de dinars et dépassent les niveaux de 2019

Les recettes touristiques ont atteint 7,8 milliards de dinars, jusqu’au 25 décembre 2025, en hausse de 6,3% par rapport à la même période de 2024, selon les indicateurs de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

Le nombre de touristes ayant visité la Tunisie depuis début 2025 et jusqu’au 22 décembre courant, a franchi le cap de 11 millions de touristes, avait déclaré le ministre du Tourisme, Sofien Tekia, lors d’une cérémonie tenue récemment à l’occasion de la campagne « Tounes Lik » pour la promotion du tourisme intérieur et le lancement de l’élaboration du programme « Tunis, capitale du tourisme arabe en 2027 ».

D’après lui, ce chiffre a dépassé celui enregistré en 2019, avant la pandémie de Covid-19, qui était de l’ordre de 9,4 millions de touristes.

Selon lui, le tourisme tunisien a dépassé « la phase de redressement et progresse sur la voie de la consécration d’un tourisme haut de gamme et de la diversification de l’offre touristique.

Il a souligné que cette reprise constitue la preuve de la capacité du secteur à booster le rythme des flux touristiques et des recettes, malgré les défis internationaux.

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Tunisie : révision de la loi sur le change pour harmoniser amnistie, code des changes et lutte contre le blanchiment

La proposition de loi relative à la régularisation des infractions de change doit être amendée pour identifier les infractions de change qui peuvent être régularisées et définir avec précision les bénéficiaires, ont souligné lundi à Tunis, les représentants de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et de la Douane tunisienne, lors d’une journée d’étude dédiée à cette proposition de loi.

«La Banque centrale de Tunisie soutient la proposition de loi relative à la régularisation des infractions de change, présentée par l’Assemblée des représentants du peuple, étant donné qu’elle permettra d’améliorer l’intégration des ressources en devises dans le circuit économique organisé, d’impacter positivement la stabilité monétaire et de rétablir les grands équilibres financiers du pays», a indiqué la Directrice générale des opérations de change à la Banque centrale de Tunisie (BCT), Raoudha Boukadida.

«Toutefois, l’Institut d’émission appelle à réunir les conditions permettant de faire réussir cette proposition de loi. Il s’agit, ainsi, d’harmoniser cette proposition de loi avec le projet de code des changes qui sera soumis à la commission des Finances, outre le parachèvement du processus d’adhésion de la Tunisie à l’accord sur l’échange automatique de renseignements en matière fiscale”.

A cet égard, la Directrice générale a rappelé que le projet de code des changes vise à moderniser et à simplifier les opérations de change et à renforcer la confiance entre l’Etat et les citoyens. Il s’agit, également, de l’obligation de prendre en compte les exigences des structures internationales dans le domaine de lutte contre le blanchiment d’argent.

Ainsi, la législation relative à l’amnistie d’infractions de change ou ses textes d’application doivent contenir les quatre principes de base définis par le Groupe d’action financière (GAFI), pour garantir que cette législation ne soit pas exploitée à des fins de blanchiment d’argent .

Ces principes consistent en l’application effective des mesures de diligence raisonnable pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, l’interdiction de l’exemption de l’application de ces mesures, la coordination et la coopération au niveau local pendant toute la durée d’application de ces dispositions, et la coopération internationale permettant à la Tunisie d’échanger des informations avec les pays où se trouvent les fonds et les biens.

La Tunisie a connu une période d’amnistie de change en 2007, laquelle a permis au pays de récupérer près de 12 millions d’euros, durant douze mois, soit l’équivalent de 21,02 millions de dinars ( sur la base de 1euro= 1,7519 dinar, ce qui représente 0,05 % du Produit intérieur brut (PIB), a-t-elle rappelé

De son côté, le Colonel Anouar Sebii, Directeur des contentieux et des poursuites à la Direction générale des douanes au ministère des finances, a mis l’accent sur l’importance de cette proposition de régularisation des infractions de change, notamment avec l’accroissement des infractions de change à cause de la pluralité des textes juridiques et réglementaires, en lien avec la législation des changes.

Il a également appelé à adapter cette proposition avec la loi organique relative à la lutte contre le terrorisme et la répression du blanchiment d’argent, dans son article 92 et de faire bénéficier, de cette amnistie, les personnes sous le coup de poursuites judiciaires pour cause d’infractions de change, et de clarifier son domaine d’application.

De son côté, Maher Ketari, membre de la Commission des finances à l’ARP, a indiqué que cette proposition de loi prévoit toutes les garanties nécessaires pour que les personnes concernées par cette amnistie puissent adhérer à ce processus, et ce en arrêtant toutes les poursuites judiciaires à leur encontre, de la part de la douane, des recettes des finances et du ministère de la Justice.

Pour sa part, le Président de la commission de Finances, Abdel jalil El Heni a souligné que cette proposition de loi fera l’objet d’un examen plus approfondi pour prendre en compte les remarques de la Douane tunisienne et de la BCT, notamment en termes d’élargissement du champ d’application de cette amnistie de change (résident et non résident, personnes physiques et morales). Dans l’actuelle proposition de loi, les bénéficiaires de la régularisation des infractions de change sont seulement les personnes physiques résidentes.

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Nouvelle circulaire de la BCT sur la lutte contre le blanchiment d’argent

La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient de publier, ce 22 décembre, la circulaire n°2025-17 qui renforce et élargit les règles de contrôle interne imposées aux banques et aux établissements financiers en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et, désormais de manière explicite, le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Le texte introduit une approche plus structurée et plus exigeante de l’évaluation des risques. Les établissements assujettis sont désormais tenus de mettre en place un dispositif formel d’identification, d’évaluation et d’atténuation des risques liés au blanchiment d’argent, au financement du terrorisme et au financement de la prolifération des armes de destruction massive. Cette évaluation doit prendre en compte le profil de la clientèle, les produits et services proposés, les technologies utilisées, ainsi que les zones géographiques concernées par les opérations.

Autre point clé : ces évaluations doivent être documentées dans un rapport actualisé au minimum tous les trois ans, ou plus fréquemment en cas de changement réglementaire ou de nouveaux risques identifiés au niveau national ou international. Les établissements devront être capables de justifier, à tout moment, la pertinence de leurs analyses et l’efficacité des mesures mises en place face à la Banque centrale.

La circulaire apporte également une définition claire du risque de financement de la prolifération des armes de destruction massive. Celui-ci couvre tout manquement ou contournement des sanctions financières ciblées décidées par les Nations Unies, notamment l’obligation de gel immédiat des avoirs des personnes ou entités désignées.

Sur le plan opérationnel, la BCT renforce les obligations de déclaration. Les transactions suspectes devront être signalées immédiatement via la plateforme goAML, conformément aux procédures définies par la Commission Tunisienne des Analyses Financières (CTAF). Les établissements sont aussi tenus de transmettre à la Banque Centrale, chaque trimestre, un état détaillé des avoirs gelés, qu’ils relèvent de sanctions onusiennes ou de décisions nationales liées à la lutte contre le terrorisme.

La gouvernance interne est également concernée. Les règles de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme sont désormais intégrées au code de déontologie des établissements financiers. Par ailleurs, la désignation du correspondant auprès de la CTAF et de son suppléant doit être communiquée à la BCT dans un délai maximum de cinq jours.

Enfin, la circulaire allège certaines données d’identification de la clientèle, avec la suppression de la mention « nombre d’enfants », tout en renforçant le reporting prudentiel et statistique lié aux dispositifs de contrôle interne.
Il convient de noter que la circulaire n°2025-17 entre en vigueur dès sa publication. Elle marque une nouvelle étape dans le renforcement de la transparence et de la conformité du secteur financier tunisien, dans un contexte international où la vigilance face aux flux financiers illicites est devenue un standard non négociable.

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Tunisie : Revenus du travail et recettes touristiques en hausse

Les derniers indicateurs publiés par la Banque centrale de Tunisie confirment une dynamique positive des revenus du travail sur les onze premiers mois de 2025. Cette amélioration s’inscrit dans un paysage économique contrasté, marqué à la fois par une reprise soutenue du secteur touristique et un recul notable du service de la dette, mais aussi par une pression croissante sur la masse monétaire fiduciaire. Les chiffres actualisés offrent un aperçu précis des équilibres macroéconomiques à l’approche de la clôture de l’exercice.

La BCT révèle que les revenus du travail cumulés ont progressé de 6,5% en glissement annuel. Ils atteignent désormais près de 8 milliards de dinars, un niveau qui témoigne à la fois de la résilience du marché de l’emploi et de l’amélioration des transferts formels, notamment depuis l’étranger.

Cette évolution confirme une tendance déjà observée depuis le début de l’année, où la croissance des revenus déclarés semble dépasser celle de l’activité globale. Elle pourrait également refléter une meilleure intégration des flux de travail dans les circuits bancaires.

Tourisme : un secteur qui consolide sa reprise

Les recettes touristiques continuent d’afficher une trajectoire ascendante. À fin novembre 2025, elles atteignent 7,5 milliards de dinars, contre 7 milliards un an auparavant, soit une progression de 6,8%.

Cette hausse confirme la vigueur retrouvée de l’activité touristique, soutenue par une fréquentation plus dense sur la haute saison et par une diversification progressive des marchés émetteurs. Le secteur reste ainsi l’un des principaux contributeurs à l’amélioration des revenus extérieurs.

En parallèle, les services de la dette affichent un recul d’environ 14%, passant de 13,3 milliards à 11,5 milliards de dinars. Une telle baisse demeure inhabituelle dans un contexte où les engagements extérieurs restent importants. Cette contraction réduit mécaniquement la pression sur les réserves en devises et offre une légère marge aux finances publiques.

Avoirs extérieurs en devises à 104 jours d’importation

Les avoirs nets en devises, eux, connaissent une légère érosion. Au 5 décembre 2025, ils s’établissent à 24,6 milliards de dinars, soit un repli de 1,5% par rapport à la même période l’an dernier.

Converti en jours d’importation, ce niveau correspond à 104 jours, un seuil qui reste supérieur à la ligne de sécurité usuelle mais qui rappelle la nécessité de préserver les flux de financement extérieur et la stabilité des recettes en devises.

La monnaie fiduciaire en circulation poursuit sa hausse spectaculaire. Les billets et pièces totalisent 26,1 milliards de dinars, contre 22 milliards en décembre 2024, soit une progression de 18,2%.

Pris dans leur ensemble, les indicateurs publiés par la BCT dépeignent une économie où certaines composantes – revenus du travail, tourisme, service de la dette – évoluent favorablement, tandis que la liquidité fiduciaire et la contraction légère des réserves extérieures rappellent les fragilités structurelles.

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Tunisie : Le déficit courant recule à 1,6% du PIB en 2024, grâce au rebond des services

Un déficit extérieur en nette amélioration

Selon le rapport annuel de la Banque Centrale de Tunisie sur la balance des paiements 2024, le déficit courant s’est nettement allégé pour atteindre -1,6% du PIB, soit -2,6 milliards de dinars, contre -2,3% du PIB en 2023 (-3,5 milliards). Cette contraction marque une amélioration notable de la position extérieure du pays.

Les services dopent les recettes

La performance du secteur des services constitue le principal levier de cette embellie. L’excédent a progressé pour s’établir à +22,7 milliards de dinars, soutenu par une hausse de 9,8% des recettes touristiques et une augmentation de 12,7% des revenus du travail.

Ce dynamisme a permis d’améliorer le taux de couverture du déficit commercial par ces recettes, passé à 57,7% en 2024 contre 56% l’année précédente.

Un commerce extérieur toujours sous pression

En parallèle, le déficit de la balance des biens continue de peser lourdement. Il s’est aggravé pour atteindre -30,4 milliards de dinars, contre -28,1 milliards en 2023. Cette dégradation résulte d’une hausse de 3,6% des importations conjuguée à une baisse de 1% des exportations, confirmant la fragilité structurelle du commerce extérieur tunisien.

Un dinar stable et des réserves protégées

La BCT fait également état d’une quasi-stabilité du taux de change moyen annuel du dinar (-0,2%) face à l’euro et au dollar. Cette évolution reflète, selon elle, la solidité des indicateurs du compte courant et a contribué à maintenir les réserves en devises à un niveau confortable.

La demande intérieure stimule la croissance

Côté économie réelle, la demande intérieure – moteur principal de la croissance en 2024 – s’est renforcée de 4,3% aux prix constants. La consommation nationale progresse de 1,2 %, portée par :

  • la reprise de la consommation publique (+1,4%),
  • l’amélioration de la consommation privée (+1,1%), favorisées par la détente de l’inflation et la hausse des salaires,
  • l’investissement, en remontée, contribue également à cette dynamique.

Un besoin de financement extérieur quasi résorbé

La BCT note par ailleurs une amélioration marquée du compte financier, dont le besoin de financement est passé de 1296 MD en 2023 à seulement 251 MD en 2024.

Cette évolution s’explique par le redressement de la balance des investissements de portefeuille et des autres investissements (+690 MD), malgré :

  • un recul des emprunts extérieurs à long terme (-9,4%),
  • une hausse du remboursement du principal de la dette extérieure (+27,3%).

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