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Entreprises publiques : 45.000 dinars par salarié par an et une efficacité économique en question

Les derniers rapports du ministère des Finances mettent en lumière plusieurs fragilités structurelles des entreprises publiques tunisiennes, notamment en matière de gestion des ressources humaines, de productivité et de contribution à la création de richesse nationale.

Ces constats sont issus du Rapport national sur l’Entreprise en Tunisie 2025, élaboré par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) sur la base des données du ministère des Finances, portant sur l’analyse de 50 entreprises publiques, y compris les caisses de sécurité sociale et les institutions financières.

Ces données révèlent un paradoxe persistant : une rémunération moyenne élevée par salarié, mais des performances économiques souvent en deçà des attentes.

Une rémunération annuelle moyenne de plus de 45.000 dinars

Selon l’analyse portant sur 50 entreprises publiques, y compris les caisses de sécurité sociale et les institutions financières, le coût annuel moyen par travailleur atteint 45.217 dinars, soit environ 3768 dinars par mois. Un niveau de rémunération supérieur à celui observé dans une grande partie du secteur privé.

Cette donnée, prise isolément, pourrait suggérer une productivité individuelle élevée. Mais elle contraste avec la réalité financière de nombreuses entreprises publiques, souvent marquées par des déficits chroniques et une dépendance accrue au soutien budgétaire de l’État.

Des effectifs importants et une structure jugée lourde

En moyenne, chaque entreprise publique emploie 2017 agents, un chiffre révélateur d’une organisation fortement chargée en personnel. Ce surdimensionnement s’explique en partie par des considérations sociales et politiques, notamment la lutte contre le chômage et la préservation de la stabilité sociale.

Toutefois, cette logique pose des défis majeurs en termes d’efficacité opérationnelle, de maîtrise de la masse salariale et de gestion des compétences, dans un contexte économique de plus en plus contraint.

Une productivité qui interroge

Dans le secteur privé, la productivité demeure un levier central de compétitivité et de survie économique. À l’inverse, dans le secteur public, les priorités semblent davantage orientées vers la continuité du service, la sécurité de l’emploi et les équilibres sociaux, parfois au détriment de la performance économique.

Cette différence de logique contribue à expliquer pourquoi une rémunération relativement élevée dans le secteur public ne se traduit pas nécessairement par une rentabilité ou une efficacité accrue.

La répartition des entreprises publiques par ministère de tutelle révèle également une forte hétérogénéité. Les effectifs et les charges salariales se concentrent notamment dans les ministères du Transport, de l’Industrie, des Finances et de l’Agriculture, qui regroupent à eux seuls une part significative des agents publics.

Cette diversité de situations complique toute approche uniforme de réforme et renforce la nécessité de politiques différenciées, adaptées aux spécificités sectorielles.

Ces constats relancent le débat sur l’avenir des entreprises publiques en Tunisie, au moment où les autorités sont appelées à concilier équilibre financier, efficacité économique et impératifs sociaux. La question de la productivité, de la rationalisation des effectifs et de la gouvernance apparaît désormais comme un enjeu central des réformes structurelles à venir.

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Entreprises publiques : Un « lourd fardeau » pour l’État, selon le ministre de l’Économie

Lors de la séance plénière consacrée au budget de l’État et au budget économique pour 2026, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des entreprises publiques, jugeant leur réforme « urgente et incontournable », rapporte l’agence TAP.

Un appel à la réforme des géants publics

Le ministre a estimé que plusieurs entreprises nationales, autrefois symboles de réussite, sont aujourd’hui devenues « un lourd fardeau pour l’État ». Parmi elles, la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et l’Office des céréales, toutes confrontées à des difficultés structurelles et à une productivité en déclin.

Selon Samir Abdelhafidh, la situation de ces établissements ne peut plus être ignorée : « Leur poids sur les finances publiques est devenu insoutenable. Leur redressement exige une refonte complète des modes de gestion, fondée sur la transparence, la performance et la responsabilité ».

Financement national et indépendance souveraine

Tout en défendant la décision du gouvernement de recourir à la Banque centrale de Tunisie pour financer partiellement le budget national, le ministre a expliqué que cette orientation vise à mobiliser les ressources internes et à préserver l’indépendance de la décision souveraine.

« Le choix du financement est avant tout politique : il s’agit de garantir à la Tunisie sa liberté de décision économique », a-t-il insisté.

Samir Abdelhafidh a par ailleurs mis en avant plusieurs signaux positifs, notamment une hausse de plus de 20% des investissements étrangers, la maîtrise du déficit budgétaire et la baisse du taux d’inflation à 4,9%. Autant d’éléments qui, selon lui, traduisent « une amélioration progressive de la situation économique ».

Concernant le marché du travail, le ministre a annoncé des mesures incitatives pour encourager le recrutement de diplômés du supérieur dans le secteur privé. Il a aussi rappelé que plusieurs réformes législatives sont en préparation – notamment les codes des changes, des forêts et de l’investissement – afin d’offrir un cadre juridique plus propice à la relance et à la modernisation de l’économie.

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Interdiction de la sous-traitance : Le député Youssef Tarchoun presse l’État d’appliquer la loi

Le président du bloc parlementaire « Ligne nationale souveraine », Youssef Tarchoun, a appelé vendredi à l’application stricte de la loi n°9 du 21 mai 2025, interdisant la sous-traitance dans les entreprises publiques.

En marge d’une journée d’étude organisée par l’académie parlementaire sur le recrutement des diplômés du supérieur au chômage, Tarchoun a souligné « la nécessité de vérifier la bonne application de la loi relative à l’interdiction de la sous-traitance dans chaque entreprise et administration », rapporte l’agence TAP.

Il a plaidé pour la création d’une commission chargée de contrôler et d’évaluer l’exécution des lois adoptées par l’ARP dans les entreprises et administrations publiques.

Des résistances dans le public et le privé

Selon lui, certaines entreprises publiques et privées, ainsi que des ambassades et organisations internationales, continuent de recourir à la sous-traitance malgré la publication de la loi. Des employés, notamment dans le secteur pétrolier et dans certains ministères, ont exprimé leur mécontentement face au non-respect de leurs droits et à l’absence d’intégration.

La veille, le président de la République Kaïs Saïed avait rappelé, lors d’une rencontre avec le ministre des Affaires sociales Issam Lahmar, que l’État devait faire respecter la loi et protéger les travailleurs. Il a dénoncé les « pressions présentées comme légales » mais qui, en réalité, contournent la législation sur l’interdiction de la sous-traitance.

Une démarche parlementaire convergente

Cet appel de Youssef Tarchoun fait écho à l’initiative de la députée Syrine Mrabet, qui avait, le 23 septembre dernier, adressé une question écrite au ministre des Affaires sociales. Dans sa requête, la parlementaire avait dressé une liste précise d’entreprises et d’institutions publiques et privées accusées de ne pas respecter l’interdiction de la sous-traitance, malgré les plaintes répétées des salariés.

Parmi les entités citées figuraient ETAP, la Poste tunisienne, Tunisair, l’Office des céréales, l’Office des terres domaniales, l’ONAS, mais aussi des groupes du secteur pétrolier et chimique tels que TPS, APO, le Groupe chimique tunisien et la Société chimique de Gabès, ou encore des entreprises de travaux publics comme SOMATRA-GET.

Des structures du secteur privé, notamment Carrefour, le complexe de santé de Jebel el Oust et l’Institut national pour les grandes exploitations agricoles de Bousalem, avaient également été pointées du doigt.

En publiant cette liste, Syrine Mrabet avait voulu exercer une pression directe sur le gouvernement afin d’accélérer la régularisation de ces dossiers et de coordonner les efforts avec les ministères concernés.

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