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Impérialisme américain | Chassez le naturel, il revient au galop !

L’enlèvement de Nicolás Maduro par les forces américaines, survenue le 3 janvier 2026 lors de l’opération dite «Absolute Resolve» (Détermination absolue), a provoqué une onde de choc mondiale, probablement en raison de son caractère spectaculaire et aventureux. Car il s’agit bien d’une extraction forcée d’un dirigeant en exercice par une puissance étrangère, en dehors de tout cadre légal international classique.

Ridha Ben Slama *

Cet évènement est entouré de fortes suspicions de trahisons internes au sein de l’élite dirigeante et militaire vénézuélienne. Le fils du président enlevé, Nicolás Maduro Guerra, a ouvertement dénoncé une trahison au sein du cercle rapproché de son père. Des rapports suggèrent que la localisation précise de Maduro dans une maison sécurisée a pu être livrée par des membres de sa propre garde ou de son entourage direct.

Pourtant, avant sa chute, Maduro avait multiplié les mesures (en vain) pour prévenir toute défection, notamment en renforçant la surveillance des généraux par des agents de contre-espionnage cubains. Malgré cela, l’efficacité de l’opération américaine laisse supposer un effondrement ou une passivité suspecte d’une partie de la hiérarchie militaire au moment de l’assaut.

Retour de la politique de la canonnière

L’histoire et la géopolitique contemporaine, particulièrement au regard de ce qui se manifeste actuellement, confirment que la cohésion nationale d’un pays demeure le facteur déterminant de la souveraineté d’un État. Lorsqu’un «front intérieur» se fissure, à cause des erreurs et des abus du pouvoir en place, il cesse d’être un bouclier, ce qui favorise toutes sortes d’interventions extérieures.

Néanmoins, cette approche néo-colonialiste, parfois appelée «politique de la canonnière», a suscité une condamnation internationale quasi générale. Les arguments avancés pour justifier cet enlèvement font effectivement l’objet de vives critiques, de nombreux observateurs les qualifiant de prétextes juridiques fragiles ou de motivations cachées. Des points de contestation majeurs sont soulevés par les commentateurs et les juristes. Les griefs avancés de «narcoterrorisme» ne sont pasprouvés. Le président Trump a affirmé que Maduro utilisait des gangs criminels (comme le Tren de Aragua) pour terroriser les communautés américaines. Or, des rapports de renseignement américains d’avril 2025 indiquaient que le régime de Maduro ne dirigeait pas ces opérations vers les États-Unis.Des élus américains ont souligné que si la lutte contre le narcotrafic était le seul motif, des actions similaires auraient dû être menées contre les cartels mexicains, ce qui n’est pas le cas.

Les États-Unis invoquent l’auto-défense contre le trafic de drogue, mais le droit international (malmené sans cesse) ne reconnaît ce droit que face à une attaque armée cinétique. Sans mandat du Conseil de sécurité de l’Onu, l’opération est largement considérée comme une violation de la souveraineté vénézuélienne.

Par ailleurs, bien que Maduro soit contesté dans son pays, il restait le chef d’État de facto et sa destitution concerne les Vénézuéliens seuls. L’idée que cet enlèvement restaurerait la démocratie est fallacieuse, ce qui risque de se passer c’est une fragmentation du pays et une perte de souveraineté. 

En fait, l’argument du narcotrafic masque l’objectif réel : reprendre le contrôle des plus grandes réserves pétrolières au monde. Alors que les administrations précédentes cherchaient souvent un consensus (même minimal) avec le Congrès ou les alliés régionaux, l’opération de 2026 a été menée dans le secret total. Le Secrétaire d’État Marco Rubio (dont la famille est d’origine cubaine) a d’ailleurs justifié l’absence d’information préalable du Congrès par le caractère de «maintien de l’ordre» (law enforcement) plutôt que d’acte de guerre. 

Ce mode d’intervention directe pour enlever un dirigeant étranger sur son propre sol n’est pas une action inédite, elle s’inscrit dans une lignée historique d’actions américaines. Le cas de Nicolás Maduro présente des similitudes frappantes, tout au moins, avec des cas précédents.

Au cours de l’opération «Just Cause», 26 000 soldats américains ont envahi le Panama (1989). Les États-Unis avaient inculpé aussi le général Manuel Noriega pour «narcoterrorisme», il a été jugé et condamné par un tribunal de Miami à 40 ans de prison.

Les prédécesseurs de Trump (comme Bush ou Obama) avaient utilisé des méthodes similaires par l’usage d’opérations extralégales ou secrètes (assassinats ciblés/opérations secrètes) face à des cibles. L’opération en Irak sous la présidence de George W. Bush visait à renverser le régime de Saddam Hussein dans son ensemble, pas seulement à l’éliminer par une frappe ciblée ponctuelle.

L’invasion a débuté en mars 2003 dans le but déclaré de désarmer l’Irak de ses prétendues armes de destruction massive, qui se sont avérées inexistantes. La détention de Saddam Hussein a eu lieu plus tard, lors d’une opération terrestre, suite à une trahison.

Volonté d’expansion et d’intervention directe

L’appétence de Donald Trump charrie avec elle des perspectives inquiétantes, marquée par une volonté d’expansion et d’intervention directe à travers des menaces lancées concernant d’autres pays :

1. Intensification des revendications de Trump sur le Groenland, affirmant le 4 janvier 2026 que les États-Unis en ont «absolument besoin» pour leur sécurité nationale et l’accès aux minéraux critiques. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a exigé l’arrêt de ces «fantasmes d’annexion», rappelant que le territoire n’est pas à vendre. 

2. Pressions sur le président colombien Gustavo Petro que Trump a qualifié d’«homme malade» impliqué dans la production de cocaïne. Il a déclaré qu’une opération militaire en Colombie lui «semblait une bonne idée» si le flux de stupéfiants vers les États-Unis ne s’arrêtait pas.

3. Guerre commerciale contre le Canada qui fait face à des menaces principalement économiques, mais la rhétorique de Trump touche également à la souveraineté : il a imposé ou menacé d’imposer des tarifs de 25% (voire plus) sur les produits canadiens pour forcer le Canada à durcir le contrôle de sa frontière contre le fentanyl (un analgésique qui interagit principalement sur les récepteurs du cerveau). Des observateurs s’inquiètent de ses références répétées au Canada comme le «51e État» de l’Amérique, suggérant une remise en cause des normes internationales de souveraineté. 

4. Il a prédit aussi que le gouvernement cubain était «prêt à tomber» suite à l’action au Vénézuéla.

5. Des frappes militaires ciblées contre les cartels de la drogue sur le sol mexicain restent une option sérieusement envisagée par son administration. 

Un goût démesuré pour le spectacle

Le personnage de Trump, homme d’affaires médiatique devenu un homme politique atypique, témoigne d’un goût démesuré pour le spectacle, les rodomontades, une communication grandiloquente et souvent controversée, s’appuyant sur une image d’anti-establishment, tout en cultivant des positions conservatrices qui divergent parfois du parti républicain classique. Son slogan politique populiste «Make América Great Again» prône un retour à un passé idéalisé.

Outre cet aspect, il ne faut pas omettre qu’il y a des plans déjà «programmés», par les administrations précédentes et les services de renseignements, qui reposent sur une part de réalité institutionnelle de longue date, tout en marquant une rupture radicale dans l’exécution. L’administration Biden avait augmenté la prime pour la capture de Maduro à 25 millions de dollars début janvier 2025. Trump a doublé cette mise à 50 millions en août 2025 après avoir désigné le régime comme organisation terroriste. Le refus de reconnaître la légitimité de Maduro après l’élection de 2024 était une position partagée par l’administration Biden.

Certains analystes notent que la chute de Maduro était «conceptualisée» dans les documents de sécurité nationale de la Maison Blanche depuis des années, prévoyant une reprise en main du continent. 

La nature du système américain est donc fondamentalement le même. Malgré les alternances politiques et les crises apparentes, ses fondements restent constants. Cette approche s’appuie sur plusieurs piliers structurels, les agences fédérales et l’appareil militaire (le «Deep State» pour certains, la «bureaucratie permanente» pour d’autres) assurent une continuité dans les dossiers de sécurité nationale et de politique étrangère. Les simulacres ou les changements d’hommes et de styles, le système américain (politique, militaire, économique ou culturel) demeure constant, souvent lié au pragmatisme, à l’action, au capitalisme libéral, même si des tensions et des conflits internes existent.

Ce qu’il ne faut pas négliger aussi, concernant cet évènement et d’autres à venir, c’est que l’action présidentielle est souvent pré-configurée par des cercles d’influence extérieurs au gouvernement. En 2026, le rôle des think tanks (comme l’Heritage Foundation ou le Center for American Progress) reste central pour rédiger les programmes politiques et fournir les cadres administratifs prêts à l’emploi dès l’entrée en fonction d’une administration. Sans oublier le rôle du lobby pro-israélien aux États-Unis qui reste un pilier central de la politique étrangère américaine. Une constellation d’organisations aux sensibilités diverses s’active, dont l’American Israel Public Affairs Committee, les chrétiens évangéliques, et la Zionist Organization of America qui adopte des positions plus radicales et proches de la droite israélienne. 

En résumé, si les motifs juridiques (narcoterrorisme) étaient effectivement prêts et «programmés» par l’État profond américain depuis des années, le passage à l’acte militaire et l’enlèvement physique de Maduro sont des décisions propres à la doctrine de 2026 «Trump Corollary», à travers un recentrage hémisphérique et une Europe reléguée au rang de zone secondaire. 

L’horizon politique aux États-Unis est dominé par la préparation des élections de novembre 2026. Trump utiliserait des dossiers internationaux pour détourner l’attention des affaires intérieures ou des tensions sociales. Les prochains mois de 2026 s’annoncent marqués par une accélération de la «rupture» trumpiste, tant par des actions unilatérales à l’étranger que par une refonte profonde de la bureaucratie américaine.

* Écrivain.

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De la menace militaire au tapis rouge : Trump invite le président colombien à Washington

Washington et Bogota ont basculé en quelques jours d’une tension maximale à une ouverture diplomatique inattendue. Après avoir accusé la Colombie d’être complice du trafic de drogue et évoqué la possibilité d’une intervention militaire, Donald Trump annonce désormais vouloir recevoir le président colombien Gustavo Petro à la Maison-Blanche.

D’escalade verbale à rapprochement express

La semaine dernière, Trump s’en était pris frontalement au gouvernement colombien, affirmant que son homologue serait lié au narcotrafic — des accusations formulées sans preuves. Le président américain avait même évoqué qu’une action militaire pourrait être envisagée si Bogota « ne reprenait pas le contrôle » de certaines zones du pays.

Ces déclarations ont provoqué une onde de choc dans la région, déjà éprouvée par l’opération militaire américaine au Venezuela qui s’est soldée par la capture de Nicolás Maduro. En Colombie, des rassemblements de protestation ont eu lieu, dénonçant un retour aux logiques d’ingérence du passé et mettant en garde contre une escalade régionale.

Mais la tension est soudainement retombée lundi, lorsque Trump a annoncé avoir eu sa première conversation téléphonique avec Gustavo Petro depuis son arrivée au pouvoir. Le président américain a salué sur les réseaux sociaux un échange « respectueux » au cours duquel le dirigeant colombien aurait expliqué « la situation des drogues et d’autres différends ».

À Bogota, Petro a confirmé l’appel devant ses partisans, affirmant avoir demandé la reprise du dialogue bilatéral, suspendu depuis plusieurs mois, tout en rappelant que la souveraineté nationale « n’est pas négociable ».

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Une invitation stratégique dans un contexte régional explosif

À la Maison-Blanche, on affirme désormais que des « arrangements sont en cours » pour organiser une visite officielle du président colombien à Washington. Aucune date n’a encore été annoncée, mais les deux chancelleries ont rouvert les canaux diplomatiques.

Ce retournement de situation illustre à quel point la relation entre les deux pays est devenue instable, oscillant entre confrontation verbale et coopération pragmatique. La Colombie demeure un partenaire clé des États-Unis en Amérique latine, notamment dans la lutte contre les cartels transnationaux et dans la gestion des conséquences de la crise vénézuélienne.

Pour Trump, ce changement de ton pourrait s’inscrire dans une méthode désormais assumée : la pression maximale avant l’ouverture diplomatique — une stratégie qu’il a déjà utilisée avec le Mexique, la Corée du Nord ou l’Europe. Pour Petro, la visite représente l’opportunité de transformer un bras de fer risqué en tête-à-tête politique de haut niveau.

Reste une inconnue : cette détente survivra-t-elle au prochain tweet ?
La relation entre Washington et Bogota reste volatile, mais l’invitation à Washington marque un rare moment d’apaisement dans une région sous tension.

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Après le Venezuela, Trump brandit la menace d’une opération militaire contre la Colombie

Le président américain Donald Trump a tenu des propos particulièrement virulents à l’encontre de la Colombie, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’une intervention militaire américaine. Des déclarations qui s’inscrivent dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions diplomatiques.

S’exprimant dimanche devant des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, Donald Trump a qualifié la Colombie de pays « très malade », affirmant qu’elle était dirigée par « un homme malade ». Sans le nommer explicitement, le président américain semblait viser son homologue colombien Gustavo Petro, qu’il a accusé de fermer les yeux sur la production et l’exportation de cocaïne vers les États-Unis.

Selon Trump, cette situation ne pourrait pas durer, laissant entendre que Washington pourrait durcir sa réponse face à ce qu’il considère comme une menace directe pour la sécurité américaine.

Une option militaire ouvertement évoquée

Interrogé sur l’éventualité d’une opération militaire contre la Colombie, Donald Trump n’a pas écarté cette hypothèse. « Cela me paraît bien », a-t-il répondu, sans fournir davantage de détails sur la nature ou le calendrier d’une telle intervention.

Ces déclarations interviennent au lendemain d’une annonce fracassante de la Maison-Blanche concernant une opération menée à Caracas, au cours de laquelle les États-Unis affirment avoir capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro. Ce dernier est accusé par l’administration Trump d’être impliqué dans un vaste réseau de narcotrafic et aurait été transféré à New York pour être présenté à la justice américaine.

Cuba jugée hors de portée d’une intervention

Dans le même temps, Donald Trump a estimé qu’une intervention militaire américaine à Cuba ne serait probablement pas nécessaire. Selon lui, l’île serait déjà engagée dans un processus d’effondrement interne, rendant toute action militaire superflue.

Ces déclarations, mêlant menaces explicites et jugements abrupts, risquent d’alimenter les tensions diplomatiques en Amérique latine, où plusieurs capitales observent avec inquiétude l’escalade verbale du président américain.

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