Iran : le pouvoir coupe Internet, la rue résiste
Les manifestations antigouvernementales se sont poursuivies dans la soirée du vendredi 9 janvier à Téhéran et dans d’autres villes d’Iran, où des milliers d’habitants sont descendus dans la rue, selon des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, alors même que l’accès à Internet n’a pas été rétabli dans le pays.
Treize jours après le début du mouvement de protestation qui prend de l’ampleur en Iran, des milliers de citoyens sont descendus dans la rue en tapant sur des casseroles et en scandant des slogans hostiles aux dirigeants du pays, tels que « mort à Khamenei », le guide suprême de la République islamique.
Dans le quartier de Sadatabad, dans la partie nord-ouest de Téhéran, des conducteurs ont klaxonné pour exprimer leur soutien aux manifestants, selon une vidéo dont l’authenticité a été vérifiée par l’Agence France Presse (AFP).
D’autres vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des manifestations similaires dans plusieurs quartiers de la capitale iranienne. En plus de celles organisées dans les villes de Mashhad (est), Tabriz (nord) et Qom (centre).
Au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, auraient été tués et des centaines d’autres blessés en Iran depuis le début des manifestations le 28 décembre, selon l’ONG iranienne de défense des droits de l’homme basée en Norvège.
Dans un reportage de la télévision iranienne sur l’ampleur des destructions causées lors des manifestations, le maire de Téhéran a déclaré qu’au moins 42 bus, ambulances et 10 bâtiments gouvernementaux avaient été incendiés.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé que la République islamique « ne reculera pas » face à la vague de protestations. S’adressant à ses partisans qui scandaient des slogans tels que « Mort à l’Amérique », Khamenei a adopté un ton ferme : « La République islamique ne reculera pas face aux saboteurs », dénonçant le vandalisme perpétré jeudi contre un bâtiment à Téhéran.
Les Gardiens de la révolution, corps d’élite des forces armées iraniennes, ont qualifié la situation d’« inacceptable » et ont juré de défendre la révolution islamique.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a accusé les États-Unis et Israël d’être impliqués dans les manifestations, excluant tout scénario d’intervention militaire étrangère.
« J’ai l’impression que la population est prête à prendre le contrôle de certaines villes, chose que personne n’aurait cru possible il y a quelques semaines », a commenté pour sa part le président américain Donald Trump, ajoutant que l’Iran était confronté à de « gros problèmes ».
D’ailleurs, Reza Pahlavi, fils de l’ancien Shah d’Iran et l’une des figures les plus médiatisées de l’opposition en exil, a appelé Donald Trump à intervenir sans délai en Iran.
Trois dirigeants européens – le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chancelier allemand Friedrich Merz – ont condamné vendredi les « meurtres de manifestants » et la violente répression des manifestations en Iran, appelant les autorités du pays à faire preuve de « retenue ».
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