Arts plastiques : Fedele Spadafora entre reflets, mémoire et tentation tunisienne
S’il n’est pas né en Tunisie, Fedele Spadafora est fidèle à notre pays dont la lumière l’a saisi depuis une décennie et qu’il retrouve toujours avec un bonheur renouvelé. Américain, époux d’une Tunisienne, cet artiste vit entre New-York et Hammamet et expose régulièrement des œuvres nés de ses séjours tunisiens.
Ainsi, en 2013, Fedele Spadafora a présenté à la galerie Slag Contemporary à New-York, une collection sobrement intitulée » Nouvelles peintures « . Cette série rassemblait des tableaux de paysages, des portraits et des scènes de vie. De plus, en filigrane, Fedele Spadafora dont les origines sont italiennes, rendait un hommage aux artistes de cette tradition : Maurizio Valenzi, Moses Levy ou Antonio Corpora qui sont tous trois des maîtres italiens de la peinture tunisienne.
Fier de s’inscrire dans ce sillage, Fedele Spadafora revendique cette appartenance à un mouvement plus vaste et convoque aussi bien Klee que Roubtzoff et plus largement les peintres inspirés par la Tunisie. Il vient dès lors contribuer à cette continuité créative et cette présence de la Tunisie dans les arts plastiques.
En ce sens, l’année dernière à la galerie Kenneth à New-York, Fedele Spadafora a récidivé avec une nouvelle collection dont le titre est » Carthage « . Avec une trentaine de tableaux, une perspective originale et un regard singulier sont à l’œuvre dans cette série consacrée à la Tunisie. La palette plus vive et lumineuse contraste absolument avec les thèmes new-yorkais et instaure une poésie nouvelle dans le travail de l’artiste.
Cette tentation tunisienne qui traverse les créations de Fedele Spadafora vient de connaître une autre concrétisation qui a pris la forme d’une résidence artistique au Centre culturel international de Hammamet. Ce séjour avait abouti à une nouvelle collection qui a été exposée à Dar Sebastian du 14 au 28 septembre. Intitulée » Reflets « , cette série se compose de tableaux qui restituent la beauté charnue d’un fruit d’été, des visages croisés au hasard du chemin et des paysages imprégnés de la douce lumière de Tunisie. C’est la première fois que Fedele Spadafora exposait en Tunisie, délaissant pour un temps les galeries américaines et allemandes dont il est un habitué.
En anglais, » Reflections « , le titre de l’exposition, veut dire aussi bien » reflets » que » réflexions « . C’est bel et bien l’enjeu pour cette série polyphonique qui incarne des reflets de lumière tout en articulant une réflexion sur l’inspiration d’un peintre étranger qui lui-même se considère redevable à un courant créatif porté par de nombreux artistes voyageurs.
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