Etats-Unis – Venezuela : une histoire de pétrole lourd
Ce qui s’est produit au Venezuela est, avant tout, une problématique économique. Le pays, qui s’est enfoncé dans le chaos, abrite pourtant 17 % des réserves mondiales de pétrole. L’oncle Sam, qui se focalise depuis quelques temps sur la sécurisation des différentes ressources naturelles pour se développer, ne peut pas rater une telle opportunité.
Un gisement encore peu exploité
Actuellement, le Venezuela possède les plus grandes réserves pétrolières au monde, avec 303 milliards de barils, constituées majoritairement de pétrole extra-lourd non conventionnel provenant de la ceinture pétrolifère de l’Orénoque. Étant donné que les perspectives de croissance de la production du Venezuela sont supérieures à celles de sa demande intérieure, le potentiel d’exportation du pays sera encore plus important à l’avenir.
Les données de production récentes révèlent la volatilité caractérisant les schémas de perturbation de l’approvisionnement en pétrole brut vénézuélien. Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production est tombée au-dessous de 1 million de barils par jour fin 2025.
Du brut extra-lourd à volonté
Tout tourne effectivement autour de ce qui est appelé des ressources pétrolières non conventionnelles qui sont nécessaires pour compléter l’approvisionnement mondial en pétrole au cours des prochaines décennies.
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Sont considérés comme conventionnels les pétroles bruts qui peuvent être produits dans les conditions économiques et technologiques actuelles et dans celles attendues dans un avenir proche. Le pétrole non conventionnel comprend les gisements de densité supérieure à celle de l’eau, ou le pétrole lourd.
Compte tenu des contraintes liées à la production de ces ressources, le Venezuela peut constituer une source fiable de pétrole extra-lourd non conventionnel pour bien longtemps.
Pourquoi les Etats-Unis en ont besoin ?
Les États-Unis ont besoin de pétrole brut lourd car leur infrastructure de raffinage, en particulier le long de la côte du Golfe, a été spécifiquement conçue pour traiter le pétrole dense et à haute teneur en soufre.
Des milliards de dollars ont été investis dans des machines complexes conçues pour traiter les importations en provenance du Canada, du Mexique et du Venezuela. Le remplacement ou la réaffectation de ces installations pour traiter le pétrole brut léger produit par la fracturation hydraulique nationale n’est pas réalisable sur le plan économique, car cela coûterait cher et prendrait des années à se concrétiser.
De plus, le pétrole brut lourd est essentiel pour produire des produits industriels très demandés comme le diesel, le kérosène et l’asphalte, qui ne sont pas aussi facilement dérivés du pétrole léger. Cela garantit que les États-Unis peuvent produire le mélange spécifique de produits raffinés nécessaire à leurs secteurs du transport et de la construction.
Cela crée un équilibre commercial stratégique. Les États-Unis exporteront leur pétrole brut léger de qualité supérieure vers les marchés internationaux à un prix plus élevé tout en important du pétrole brut lourd moins cher pour maximiser les marges bénéficiaires des raffineries et répondre aux besoins nationaux en carburant.
C’est pour cette raison que le Groenland, convoité publiquement par le président américain pour ses importantes ressources minières et son emplacement stratégique, doit sérieusement s’inquiéter.
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