La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter le procès de l’ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), Sihem Bensedrine et l’avocat Khaled Krichi, ancien vice-président de l’IVD, qui sont libres, ainsi que de l’ancien ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières, Mabrouk Korchid, qui est en fuite, à une audience fixée au 19 février 2026.
Le report a été décidé dans l’attente de l’issue de l’appel interjeté contre la décision de la chambre d’accusation de renvoyer les trois prévenus devant ladite chambre criminelle pour les affaires de corruption financière.
Les poursuites entrent dans le cadre de deux affaires liées à des décisions de règlement conclues par l’IVD (2013-2019), qui était en charge de la justice transitionnelle, avec deux hommes d’affaires : Abdelmajid Bouden (en fuite) et Slim Chiboub (incarcéré).
Rappelons que Bensedrine a été remise en liberté le 19 février 2025, après avoir été placée en détention provisoire le 1er août 2024.
La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter les audiences dans les affaires intentées contre les journalistes Borhen Bssais et Mourad Zeghidi, et a ordonné leur maintien en détention dans l’attente de l’examen de leurs demandes de mise en liberté.
Bssais et Zeghidi, qui ont comparu ce lundi 5 janvier 2026 en état d’arrestation, sont poursuivis en justice pour des faits liés à la fraude fiscale.
Selon Mosaïque FM, les avocats de Zeghidi ont présenté des éléments de preuve attestant que leur client avait entamé des démarches de régularisation auprès des autorités fiscales et ont sollicité un report d’audience afin de finaliser cet accord. Ils ont présenté une demande de mise en liberté pour leur client ainsi que pour Bssais.
Le tribunal a décidé d’examiner les demandes de mise en liberté après l’audience et de fixer également la date de la prochaine audience.
Les deux journalistes sont incarcérés depuis mai 2024. Ils ont été condamnés, en janvier 2025, à 8 mois de prison ferme sur la base du très controversé décret-loi 54 pour des délits d’expression. Ils ont terminé leur peine, mais un nouveau procès pour fraude fiscale a été intenté contre eux et ils ont été maintenus en détention, alors que le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et plusieurs autres organisations de défense des libertés et des droits n’ont cessé d’exiger leur libération.
La ville de Menzel Bourguiba, dans le gouvernorat de Bizerte, a été secoué par un drame : un homme a tué une femme avec une arme à feu avant de se suicider avec la même arme, laissant un message expliquant les raisons de son crime, a rapporté Mosaïque FM, ce lundi 5 janvier 2025, en citant une «source bien informée».
Le parquet de Bizerte a autorisé l’ouverture d’une enquête sur le crime, et l’unité de police judiciaire s’en est chargée pour déterminer les véritables causes et les circonstances exactes du double drame.
Raki Aouani, l’ailier droit de l’Etoile sportive du Sahel (21 ans, 1,79 m), a signé un contrat de trois ans et demi avec Riga FC, le club phare de Lettonie, pour un montant de 300 000 euros. La valeur du joueur selon Transfert Market est de 700 000 euros.
À noter que Raki Aouani se trouve actuellement à Dubaï pour préparer la saison à venir avec sa nouvelle équipe. Il disputera les qualifications pour la Ligue des champions la saison prochaine avec son nouveau club, champion en titre.
Au cours de la saison 2025-2026, Aouani a joué 13 matchs sur 15 possibles et marqué 4 buts.
Les employés de la Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) à Mdhilla se sont mis en grève aujourd’hui, lundi 5 janvier 2025, pour protester contre la détérioration de leurs conditions de travail, suite au décès d’un de leurs collègues la nuit dernière, électrocuté dans l’exercice de ses fonctions.
Fawzi Akrimi, membre du Syndicat général des mines, cité par Diwan FM, a confirmé qu’il s’agissait du deuxième incident de ce type en trois semaines, précisant que les deux décès étaient dus aux mêmes conditions de travail dangereuses, selon ses termes.
Akrimi a expliqué que la grève était une initiative spontanée des employés, exprimant leur colère et leur protestation contre le manque de conditions de sécurité au travail.
Il a notamment souligné que le mauvais état de l’ambulance de la région de Mdhilla, appartenant à l’entreprise et qui serait hors service, avait empêché leur collègue de recevoir une assistance médicale en temps voulu après un accident du travail.
Le responsable syndical a ajouté que la durée de la grève n’a pas encore été déterminée, dans l’attente de la réponse de la direction de l’entreprise et des autorités compétentes aux revendications des employés et à la répartition des responsabilités.
En 2003, Georges W. Bush a chassé du pouvoir Saddam Husseïn et croyait de facto dominer l’Irak. C’est l’Iran qui l’a dominé et l’Irak était devenu le tombeau des Américains. 23 ans plus tard, lors de la conférence de presse qu’il a donné dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride, l’actuel président américain Donald Trump est apparu enivré par l’opération éclair Absolute Resolve qui s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 et s’est soldée par la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Un cocorico très prématuré !(Ph. Delcy Rodríguez devant un portrait de Hugo Chavez).
Imed Bahri
Lors de sa conférence de presse, tenue dans sa résidence de Floride le 3 janvier, Trump s’est présenté comme le nouveau maître du pays et a parlé comme si tout ce qu’il souhaitait aller être exécuté. Il serait très prématuré et simpliste de croire que le Venezuela est désormais une colonie trumpienne comme le claironne urbi et orbi le président américain. La réalité est bien plus complexe. Il y a une grande différence entre déloger manu milatari un chef d’État par la Delta Force et mettre tout un pays à sa botte et s’emparer de ses richesses.
Le magazine britannique The Economist a publié un analyse sur les derniers développements au Venezuela, notamment l’arrestation du président Nicolas Maduro et de son épouse et leur transfert sur le territoire américain mais aussi sur les coulisses du pouvoir vénézuélien.
The Economist rappelle que Maduro a tenté pendant des mois de donner l’impression que rien ne l’inquiétait. Sa dernière apparition à la télévision d’État a été une interprétation dans un mauvais anglais de la chanson ‘‘Imagine’’ de John Lennon. Il a aussi promis la paix, non la guerre et a affirmé que son unique appel téléphonique avec le président Donald Trump en novembre avait été «cordial».
Jusque-là, Maduro dormait comme un bébé
Le journal britannique indique que Maduro répétait sans cesse à ses proches qu’il dormait comme un bébé. Ce fut une erreur de jugement monumentale. Après son arrestation par les forces spéciales américaines à Caracas lors d’un raid nocturne exceptionnel aux premières heures du 3 janvier, il ne dormira peut-être plus jamais dans le pays qu’il dirige depuis plus de dix ans. À la fin de cette journée, Maduro était conduit devant les médias dans les bureaux de la DEA (Drug Enforcement Administration) à New York. Il encourt une peine de 20 ans de prison à la perpétuité.
The Economist rapporte que la chute de Maduro avait apporté la joie à des millions de Vénézuéliens, notamment ceux établis à l’étranger. Des célébrations spontanées ont éclaté dans les rues, de Santiago du Chili à Miami.
Cependant, à l’intérieur du pays, la confusion règne. L’avenir est incertain. Le départ de Maduro signifierait, du moins pour président Trump, la fin du régime. Lors de sa fameuse conférence de presse, Trump a minimisé la possibilité que María Corina Machado –figure emblématique de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix– prenne le pouvoir. Il est même allé jusqu’à affirmer, de façon assez surprenante, qu’elle «ne bénéficie d’aucun soutien ni d’aucun respect dans le pays». Il n’a même pas mentionné Edmundo González, qui avait pourtant remporté la dernière élection présidentielle en 2024 grâce au soutien de Machado dont la candidature a été invalidée.
Les capitalistes américains lorgnent le pétrole du Venezuela
Au lieu de cela, Trump a promis que les États-Unis dirigeraient le Venezuela. Il a déclaré que la vice-présidente de Maduro et ministre du Pétrole, Delcy Rodríguez, était fondamentalement prête à faire ce que les États-Unis jugent bon pour rendre sa grandeur au Venezuela et a faussement affirmé qu’elle avait déjà prêté serment comme présidente. Trump semblait davantage intéressé par les profits tirés du pétrole vénézuélien.
Le plan de Trump –très peu détaillé mais empreint de beaucoup d’optimisme– consistait à déchaîner le capitalisme américain sur les réserves pétrolières du Venezuela, avec l’aide d’un gouvernement vénézuélien docile. Il a déclaré que les compagnies pétrolières investiraient des «milliards et des milliards de dollars» pour relancer les gisements et que le pays serait reconstruit grâce aux revenus générés par le pétrole, jusqu’aux élections.
Cependant, cela dépend de la coopération de Rodríguez. Trump semblait considérer cela comme acquis. Mélangeant le miel et le fiel, il a déclaré: «Je pense qu’elle a été très gentille mais elle n’a pas vraiment le choix», tout en réitérant sa menace de nouvelles frappes si ses exigences n’étaient pas satisfaites.
«Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire»
Cependant, Rodríguez, qui se présente comme une «militante de gauche», n’a pas présenté les faits de la même manière. Peu après les remarques de Trump, elle est apparue à la télévision d’État et a déclaré que Maduro restait le «seul président» du pays malgré son arrestation. «Nous ne serons jamais une colonie d’aucun empire. Ce qui est fait au Venezuela est barbare», a-t-elle ajouté. L’administration Trump a semblé ignorer ces déclarations, les considérant comme des messages internes nécessaires au maintien de l’ordre.
Rodríguez, qui cumule les fonctions de vice-présidente et de ministre du Pétrole, est considérée comme plus compétente en économie que nombre de membres du régime. Elle a fait une partie de ses études en France et, en 2019, elle a contribué à faire adopter des réformes axées sur le marché et une dollarisation non officielle de l’économie, ce qui a apporté une certaine stabilité. Son frère dirige l’Assemblée nationale, institution qui était docile au pouvoir de Maduro. Leur père était un révolutionnaire de gauche torturé et probablement tué par les forces de sécurité vénézuéliennes en 1976. Dans les milieux d’affaires de Caracas, elle est décrite comme pragmatique mais on dit aussi qu’elle et son frère mènent une «mission de vengeance» contre l’ancienne élite, notamment Machado.
Même au cas où ses déclarations télévisées ne seraient qu’une simple manœuvre et qu’elle collabore secrètement avec Trump, elle doit immédiatement s’assurer le soutien d’autres personnalités influentes. Dès le 3 janvier, le ministre de l’Intérieur et homme fort imprévisible, Diosdado Cabello, appelait au calme, déclarant: «Nous avons appris à survivre à toutes ces circonstances».
Quant au ministre de la Défense, Vladimir Padrino, il a juré que les forces vénézuéliennes allaient résister à l’attaque américaine. La question principale demeure: l’armée vénézuélienne soutiendra-t-elle Rodríguez et, par conséquent, le plan de Trump? Déjà soumise à la puissance militaire américaine, elle craint peut-être de mettre à l’épreuve la détermination de Trump.
Nombre de généraux ont amassé des fortunes considérables grâce au trafic de drogue et à la corruption sous le régime de Maduro. Si Rodríguez leur offre l’opportunité de détourner encore plus d’argent, ou du moins de conserver ce qu’ils ont volé, ils pourraient bien se rallier à sa cause. Jusqu’à présent, les hauts gradés de l’armée sont restés relativement discrets.
Toutefois, le risque de scission est bien réel. Certaines factions pourraient soutenir Rodríguez, tandis que d’autres pourraient chercher à s’emparer du pouvoir, pour elles-mêmes ou pour Padrino. Quelques-unes -peut-être en coordination avec des militaires ayant fait défection et réfugiés dans les pays voisins- pourraient faire pression pour le retour de Machado. Une armée divisée viendrait aggraver le déséquilibre déjà dangereux des groupes armés au Venezuela et pourrait déstabiliser davantage le régime.
Le lendemain de l’opération américaine, des «colectivos», milices armées pro-régime, ont été aperçus patrouillant dans les rues de Caracas.
L’Armée de libération nationale colombienne (ELN) qui est un groupe rebelle marxiste-léniniste et des cartels de la drogue comme le Tren de Aragua sont également actifs au Venezuela.
Trump semble croire que la menace de nouvelles frappes dissuadera tous ces groupes. Mais si un conflit éclate, il pourrait être nécessaire d’envoyer des troupes américaines au sol pour rétablir l’ordre. Trump a déclaré qu’il n’avait pas peur d’envoyer des soldats.
Machado se retrouve en marge, alors même que son rêve d’un Venezuela sans Maduro est en train de se réaliser. Elle tentera probablement de faire pression sur l’administration Trump pour qu’elle change de cap, même si des mois de politique d’apaisement n’ont rien donné jusqu’à présent. Si cela échoue, elle pourrait essayer d’encourager des manifestations à l’intérieur du Venezuela pour exiger une transition rapide.
Toutefois, organiser un soulèvement populaire sera extrêmement difficile. Le pays est épuisé après des décennies de répression et de baisse des revenus. Quelque 8 millions de personnes ont émigré depuis 2015, réduisant encore le nombre de personnes en âge de manifester. La répression qui a suivi l’élection volée de 2024 –durant laquelle Maduro s’est vanté d’avoir emprisonné des milliers de personnes– a dissuadé la plupart des Vénézuéliens d’exprimer leur colère. Après les frappes aériennes américaines, nombre d’entre eux semblaient davantage préoccupés par leur survie que par les manifestations.
Les alliés traditionnels dans l’expectative
Le régime est également confronté à des crises existentielles. Ses alliés lui ont apporté un soutien limité. Les services de renseignement cubains, qui ont longtemps protégé Maduro et purgé l’armée des dissidents, n’ont pas réussi à protéger leur allié. Les autorités de La Havane, dépendantes du pétrole vénézuélien, pourraient désormais soutenir n’importe quel successeur au sein du régime. De plus, Cuba qui est un allié très faible lutte lui aussi pour sa survie.
Trump a promis de couper les approvisionnements en pétrole et a menacé d’une action directe contre l’île. Les relations des Cubains avec Rodríguez semblent également tendues. «Elle est agacée par les Cubains», confie un diplomate occidental à Caracas, soulignant que les autorités cubaines semblent ingrates face au pétrole bon marché.
La Chine, principal acheteur de pétrole vénézuélien, et la Russie, qui a fourni à plusieurs reprises des armes au régime, soutiennent Maduro depuis longtemps. Ils ont fermement condamné le raid, sans toutefois indiquer un quelconque soutien concret.
Maduro compte peu d’amis dans la région. Ses alliés les plus cléments ont été des dirigeants de gauche au Brésil, en Colombie et au Mexique mais même ces liens semblent désormais fragiles. Les trois gouvernements ont exprimé leur indignation face à l’attaque américaine et condamné la violation de la souveraineté vénézuélienne mais il est peu probable qu’ils soutiennent une quelconque résistance contre les États-Unis. Leurs préoccupations sont plus ciblées: ils craignent le chaos et un afflux potentiel de réfugiés vénézuéliens dans la région.
Le Mexique et la Colombie redoutent également des attaques américaines sur leur propre sol. Lors de sa conférence de presse, Trump a menacé le Mexique et a déclaré que le président colombien Gustavo Petro «devrait faire attention à ses fesses».
Face à un manque d’alliés extérieurs, à la position ambiguë de l’armée et aux menaces explicites de Trump, Rodriguez a peut-être déjà choisi –ou choisira bientôt– de conclure un accord. Le régime pour lequel elle travaille possède une remarquable capacité de survie et d’adaptation. Il a survécu à la mort de son fondateur Hugo Chávez. Un accord avec son prétendu «ennemi» pourrait lui offrir une nouvelle chance de survie.
On pensait que Trump bluffait dans l’affaire du Venezuela et que les Etats-Unis n’iraient pas jusqu’à intervenir militairement en dehors de l’embargo sur les exportations de pétrole et de quelques bateaux de pêcheurs ou de trafiquants de temps à autre bombardés et coulés pour les besoins de la cause. On se trompait.
Dr Mounir Hanablia *
Le moindre des paradoxes n’est pas de voir le président américain réduire son homologue venezuélien à affronter la même justice avec laquelle à la fin de son mandat il aura maille à partir. Ce qui importe c’est que la justice américaine dispose depuis quelques décennies et avec la complicité du Congrès Américain de l’arsenal législatif (Foreign Corrupt Practice Act) nécessaire pour juger, condamner, et détenir, tous ceux à travers le monde que l’administration américaine, ou les grands intérêts privés américains, considèrent comme étant susceptibles de leur nuire.
L’un des exemples les plus célèbres à ce sujet est la manière avec laquelle Général Electric s’était assuré le contrôle de la division ‘Energie’ du groupe français Alstom. Les Européens qui avaient les premiers le devoir de réagir contre cela se sont tus. Or depuis la mise en accusation d’Israël et de Benjamin Netanyahu par la Cour pénale internationale, le droit international a cessé d’être l’outil commode que la superpuissance américaine parfois soucieuse de s’assurer une caution universelle, utilise pour donner l’illusion d’un monde civilisé usant des rigueurs de la Loi contre les Etats ou les gouvernements parias.
Le passé explique le présent et éclaire l’avenir
Trujillo avait certes été assassiné en République Dominicaine en 1961. Diem l’a été au Sud Vietnam. Allende au Chili est mort lors d’un coup d’État militaire organisé par la CIA et cela s’est révélé politiquement coûteux. Saddam Hussein a été pris et livré à ses ennemis chiites. Kadhafi a été lynché de la manière que l’on sait par les milices islamistes soutenues par Sarkozy et Bernard-Henry Lévy. Bachar El Assad s’est enfui à Moscou pour échapper au sort semblable que Daech lui destinait.
Le précédent significatif par sa ressemblance avec l’enlèvement de Maduro est, cependant, celui de Noriega du Panama, un agent de la CIA qui avait fait assassiner son prédécesseur Torrijos avant de devenir président et d’être accusé d’être un trafiquant de drogue. Capturé à la fin des années 80 par l’armée américaine lors de l’invasion du Panama, il avait été jugé, condamné, et détenu aux Etats Unis.
L’administration américaine n’a pas agi différemment en s’emparant du président Maduro afin de s’assurer le contrôle de ce pays riche en pétrole. Le prétexte, le trafic de drogue et le terrorisme, importent peu; au Mexique, pays limitrophe par où transite la majeure partie de la drogue à destination des Etats-Unis et où les trafiquants circulent au grand jour et disposent d’une puissance de feu supérieure à la police qu’ils affrontent régulièrement dans des batailles rangées, Trump n’intervient pas.
En fait, la guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah avait démontré la capacité des Israéliens disposant de la technologie américaine à frapper à la tête de leurs ennemis grâce à une évidente supériorité de ses moyens informatiques.
Trump alimente l’hostilité contre les Etats-Unis
Nous sommes devant deux cas de figures. Le premier est que ce sont donc tous les dirigeants du monde qui peuvent, un jour, après une brève opération de police menée par les unités d’élite de l’armée américaine disposant de moyens d’information en temps réel, se retrouver – quand ils ne sont pas assassinés – devant un procureur américain pour des charges dont ils auront pu jusque-là ignorer l’existence.
Il est douteux sans être impossible que Trump désire inspirer cette crainte qui ne peut à court terme que susciter l’hostilité générale contre les Américains, même auprès de leurs propres alliés.
Le second cas de figure est que ces derniers, les Américains, les Gringos ainsi qu’on les appelle au Mexique, s’estiment chez eux en Amérique Latine au point d’en faire juger les dirigeants récalcitrants par leur propre justice. On aurait en effet pu éliminer Maduro, mais ce qui importait aux yeux de ce qu’il convient d’appeler ses ravisseurs était de démontrer le caractère immanent et transcendant, autrement dit quasiment divin, de la souveraineté américaine au moins en Amérique du Sud par rapport à toutes les autres.
C’est là une autre traduction de la «destinée manifeste de l’Amérique», et de sa traduction politique dans l’hémisphère occidental, dite «doctrine de Monroe». Mais un vieux dicton romain dit bien: «Si tu désires la paix, prépare la guerre !».
Comment résister à une domination américaine ?
Il ne faut pas compter sur la bonne volonté des puissances impériales pour se protéger. Que peuvent faire à cette fin les États en faillite ? D’aucuns estiment qu’il n’y a d’autre choix que de s’insérer dans le projet économique et politique dominant, celui de la vente du pays aux intérêts étrangers. D’autres, qu’il faut résister quitte à s’allier avec tous ceux qui le font contre cette domination globale. Encore faudrait-il en avoir les moyens. Toute la question est là.
Il serait illusoire de prétendre se protéger contre un débarquement d’une armée disposant de la panoplie technologique complète du XXIe siècle. Mais il vaut mieux l’astreindre à le faire pour éliminer un dirigeant qui ne leur siérait pas plutôt que le voir enlever d’une manière ignominieuse ou éliminer par un bombardement.
Il demeure donc prioritaire de se fixer des objectifs minimums, et le premier est de protéger ses propres dirigeants.
Depuis l’usage massif des nouvelles technologies de l’information, ceux qui nous observent lisent en nous comme dans un livre ouvert. La nécessité est donc de s’assurer une maîtrise minimale de l’information capable de sauvegarder une partie de nos secrets. Cela suppose une capacité dans le chiffrement informatique qu’une nation dont la population est éduquée peut raisonnablement acquérir, en attendant le développement des ordinateurs quantiques, par définition inviolables.
Avec la dessalaison de l’eau de mer et la maîtrise de l’énergie solaire, cela constituerait plus que le braiement de quelques excités dans les rues régulièrement réunis pour la circonstance ou de quelques politicards maniant la rhétorique anti impérialiste, les bases du respect effectif de la souveraineté.
Certes on en est loin, mais il faudrait déjà commencer par s’y préparer. Toute la question est de savoir si le peuple d’un pays a ou non la volonté de ne pas se laisser réduire en esclavage, sinon exterminer comme l’avaient été il n’y a pas si longtemps les Indiens.
«Il ne faut pas être trop ambitieux , il faut être réaliste et ne pas considérer que le droit international peut et doit triompher partout sur la planète, mais d’abord dans les zones où il rejoint l’intérêt des principales puissances», déclarait Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’Etat des États-Unis. Cette vieille doctrine américaine a encore été confirmée dans l’agression américaine contre le Venezuela, un Etat souverain, samedi 3 janvier 2026, au mépris des règles les plus élémentaires du droit international.
Abderrahmane Cherfouh *
Le viol du droit international par Donald Trump échappe à toute sanction et ne suscite que des réactions timides et mitigées de la part du monde soi-disant libre.
Le viol du même droit international par Israël se poursuit depuis 77 ans et il échappe à toute sanction.
De nos jours, les États-Unis sont économiquement les plus forts et militairement les plus puissants. Ils dictent le droit. Ils imposent leur loi. Mais la dernière agression américaine contre un Etat indépendant et l’enlèvement de son président a mis à nu le monde irrationnel dans lequel nous vivons où règne la loi du plus fort, ouvrant la voie à toutes les dérives et tous les abus. Les pays du monde entier sont désormais avertis : le droit international est une vieille fiction qui a fait son temps. Le droit est désormais au bout des fusils.
Dans sa préparation de l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse et de leur exfiltration, Trump a mis une impressionnante machine de propagande accusant Maduro d’être un narcotrafiquant inondant les Etats-Unis de cocaïne et faisant des milliers de victimes parmi les Américains, ce qui est, bien sûr, loin d’être prouvé.
La démocratie, Trump n’en a que faire
Maduro est, également, accusé d’être un dictateur qui a écrasé et affamé son peuple alors que lui et sa bande menait une vie de luxe. Cela est certes juste et prouvé, mais est-ce la raison pour laquelle on a été le chercher jusque dans sa chambre à coucher ?
Non, bien sûr. La démocratie, Trump n’en a que faire, et la liberté du peuple vénézuélien est le dernier de ses soucis. Seul le pétrole dont regorge le sol de ce pays latino-américain l’intéresse, et lui-même le crie sur tous les toits.
Comment cette propagande américaine savamment orchestrée, utilisant des techniques ultrasophistiquées, ne fascinerait-elle pas le commun des mortels et le citoyen lambda de tous pays ? Les actes d’accusation portées contre Maduro ressemblent à s’y méprendre à ceux qui étaient formulés, il y a presque 23 ans, contre le régime de Saddam Hussein et ses soi-disant armes chimiques de destruction massive constituant une supposée menace pour la paix dans le monde.
Il n’y a aucun doute sur le fait que Maduro a toutes les caractéristiques d’un dictateur détesté par son peuple et qui exerçait un pouvoir absolu qui lui permettait de tenir le pays d’une main de fer, de museler la presse, d’emprisonner ses opposants et de s’enrichir illicitement. Débarrasser le Venezuela de ce dictateur est au cœur de la propagande de Trump pour justifier son intervention dans ce pays.
Pour des centaines de millions d’opprimés de la planète écrasés par des dictatures malveillantes et des régimes autoritaires, cela représente un fort message d’espoir qu’un jour, ils pourront se libérer, eux aussi, du joug de leurs oppresseurs. Et présentement, la question qui est sur toutes les lèvres est la suivante : à qui le tour ? Sauf que, et cela est de notoriété publique, un grand nombre de dictateurs à travers le monde sont des alliés des Etats-Unis qui les protègent, y compris en dans cette Amérique Latine que les Américains considèrent comme leur «espace vital».
Un homme dangereux que rien ne semble pouvoir arrêter
Par ailleurs, après sa rhétorique annexionniste voulant que le Canada devienne le 51e État des États-Unis, Trump a également réitéré sa volonté de conquérir le Groenland. «Nous avons besoin du Groenland absolument», a-t-il lancé, sans ciller. Mais pour le moment, son objectif affiché est clair : diriger le Venezuela, imposer sa mainmise sur ses richesses pétrolières, prélude au remodelage géostratégique de l’ensemble l’Amérique du Sud. Ce qui fait de la Colombie et du Cuba, les deux Etats qui résistent encore à ses élans impérialistes, des probables prochaines cibles.
On voit bien que cet homme est, dans l’incohérence même de sa démarche au regard du reste du monde, est conséquent avec lui même et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ses déboires passés et sa grande amitié avec le pédophile Jeffrey Epstein ne semblent pas l’affecter outre mesure. Pas plus que son soutien indéfectible au criminel de guerre et génocidaire recherché par la Cour pénale international, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Cet homme est un danger pour l’humanité. Ses méthodes brutales révulsent, notamment la manière inhumaine avec laquelle il fait expulser les immigrés et les accusations racistes du genre de celles lancées contre les Haïtiens : «A Springfield, ils mangent les chiens, ils mangent les chats, ils mangent les animaux domestiques des gens qui habitent là. Voilà ce qui se passe dans notre pays et c’est une honte».
Tout indique désormais que Trump et la clique de ses conseillers restent inébranlables dans leur détermination à dominer le monde sur terre, sur mer et dans l’air. De grosses tempêtes pointent à l’horizon.
Une exposition collective ‘‘Illumination tunisienne’’, s’est tenue du 16 au 24 décembre 2025, réunissant un ensemble de dix-sept artistes tunisiens. Ce collectif diversifié comprenait non seulement des plasticiens, mais aussi des poètes et des romanciers, chacun représentant des disciplines variées des arts visuels et littéraires.
Cette manifestation artistique a eu lieu à l’International Art Gallery, un espace prestigieux situé dans le quartier suisse à Paris. Ce lieu est reconnu pour son engagement dans la promotion de l’art contemporain ainsi que pour ses initiatives visant à favoriser les échanges culturels à l’échelle internationale.
L’exposition a offert aux artistes l’opportunité de partager leurs créations et d’explorer une variété de thématiques ainsi que de techniques artistiques. Parmi celles-ci, on retrouvait des formes d’art aussi diversifiées que la photographie, la peinture, la céramique et la mosaïque, chaque artiste apportant sa propre vision et sa maîtrise unique de ces médiums.
Ce mélange de styles et de techniques a enrichi l’exposition, offrant ainsi une expérience visuelle et intellectuelle dynamique et variée.
Le cadre de l’International Art Gallery, un lieu renommé pour sa capacité à mettre en lumière aussi bien les talents émergents que les artistes établis, s’est avéré être l’environnement idéal pour cette rencontre artistique. Il a permis à cette exposition de toucher un large public, créant ainsi un espace d’échange fertile et stimulant pour tous les participants.
«À travers cette exposition, les artistes participants ont présenté des œuvres reflétant la richesse, la diversité et la singularité de la scène artistique tunisienne, tout en mettant en lumière les dialogues entre traditions locales et expressions contemporaines. «Notre participation à cet événement nous a permis de contribuer à la diffusion de l’art tunisien à l’échelle internationale, d’échanger avec des artistes et des professionnels du milieu artistique, et de renforcer notre présence dans un contexte culturel et artistique international», a déclaré Douha Alaya, qui a participé à l’exposition.
«Durant cette période de recherche et de création, nous nous consacrons à l’expérimentation de plusieurs techniques artistiques étroitement liées à la pratique photographique et aux nouvelles technologies de l’intelligence artificielle. Cette exploration ne se limite pas à un usage technique des outils, mais s’inscrit dans une réflexion approfondie sur leur potentiel expressif et symbolique. En mariant ces différentes techniques, nous cherchons à dépasser leurs fonctions premières afin de produire une image singulière, personnelle et authentique, porteuse de sens et d’émotion», a-t-elle ajouté
Dans une vidéo postée hier, samedi 3 janvier 2026, où il commentait la capture et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro par une unité spéciale américaine, le député Ahmed Saïdani, n’a pas écarté un remake de ce scénario en Tunisie, si on n’arrive pas à régler nos problèmes entre nous.Vidéo.
«Le scénario vénézuélien pourrait se reproduire en Tunisie sous d’autres formes, et la jeunesse doit construire une alternative nationale tunisienne populaire, car nous risquons de nous retrouver face à des alternatives imposées de l’étranger ; les alternatives des ambassades ne seront pas dans l’intérêt du peuple», a-t-il écrit, en critiquant le culte de la personne en Tunisie qui réduit le destin du pays à celui d’un seul homme.
Le député, qui était un fervent partisan du président de la république Kaïs Saïed, avant de se mettre à critiquer certaines de ses politiques, effectue ici une comparaison un peu trop rapide entre deux Etats et deux régimes qui ont peu de choses en commun : le Venezuela, riche pays pétrolier allié des Russes et des Chinois, et la Tunisie, pays sans grandes ressources naturelles, mais qui a toujours appartenu, bon gré mal gré, à l’orbite américaine et occidentale en général. Les deux pays ont certes toujours été gouvernés d’une main de fer par des autocrates imperméables aux principes démocratiques, mais la comparaison s’arrête là.
Cependant, et malgré cette réserve qui devait être exprimée, les dirigeants politiques partout dans le sud global, y compris en Tunisie, doivent se méfier du retour en force de l’impérialisme américain, aujourd’hui incarné par Donald Trump, un président sans foi ni loi et pour qui seul compte les intérêts sonnants et trébuchants, les siens propres avant ceux de son pays.
Commentant «l’intervention criminelle» des Etats-Unis au Venezuela, hier, samedi 3 janvier 2025, l’ancien ministre français et ancien président de la commission des affaires étrangères, Jack Lang, a titré son post Facebook que nous reproduisons ci-dessous «Trump et Poutine, même combat !», «jumeaux sanguinaires contre la liberté des peuples».
Cette intervention américaine marque le retour à la politique américaine du Big stick et de l’impérialisme en Amérique latine.
Quoiqu’on pense du président vénézuélien, cette agression honteuse et répugnante est un nouveau crime contre le droit international.
L’agrégé de droit international et ancien président de la commission des affaires étrangères que je suis ressent douloureusement cette nouvelle agression contre la souveraineté d’un peuple.
La vérité est que Trump se contrefout de la démocratie au Venezuela et de la liberté de ses citoyens. Sa seule ambition est de s’emparer du pétrole et des richesses de ce pays, preuve d’un cynisme barbare.
Le comique s’ajoute au tragique lorsqu’on découvre la déclaration de Poutine, autre grand spécialiste en violation du droit, s’ériger contre le non-respect de la souveraineté vénézuélienne.
Trump et Poutine, jumeaux sanguinaires contre la liberté des peuples.
La déclaration faite par Hannibal Mejbri à l’issue du match perdu contre le Mali en 8e de finales de la Coupe d’Afrique des Nations, hier soir, samedi 3 janvier 2026, à Casablanca, doit donner à réfléchir, et pas seulement aux acteurs du football dans notre pays.Vidéo.
Le meilleur joueur sur le terrain, hier soir, comme lors des trois précédents matchs de la compétition, inexplicablement sorti au milieu de la seconde mi-temps, n’y est pas allé par quatre chemins pour dire les choses crûment. «Désolé, peut-être que ça va faire le tour de la Tunisie. On rêve trop et on ne travaille pas assez. Et ça c’est le cas de tous les Tunisiens. On ne se forme pas. Ce n’est pas la honte d’apprendre tous les jours. Nous tous. Vous les premiers en tant que médias. Et moi le premier. Tout le monde doit apprendre. On doit vraiment se poser des questions, parce qu’on est en retard. En tant que pays, on est vraiment en retard. Il faut qu’on se repose des questions, que ce soit dans le football ou en tout.»
Rappelons que le même Mejbri avait, il y a quelques semaines, déploré l’état de la pelouse du Stade de Radès, le seul homologué par la Confédération africaine de football (CAF) pour accueillir les matchs internationaux, en expliquant qu’on ne peut pas jouer au football et sortir de bons matchs si on s’entraîne et on joue dans des conditions aussi déplorables. En débarquant au Maroc, il a d’abord loué l’excellent état des stades qui donnent envie de jouer au football : suivez mon regard !
Ce langage de vérité, direct et crû, tenu par un jeune footballeur doit interpeller tous les Tunisiens à quelque niveau qu’ils soient pour se remettre en question, retrousser les manches et travailler pour améliorer la situation dans le pays qui se dégrade dans tous les domaines. Et ce ne sont pas les discours soporifiques et menteurs des responsables qui vont y changer quoi que ce soit. Ils parlent trop, disent souvent des stupidités et ne font rien pour améliorer le vécu quotidien des gens.
A cet égard, le football, sport populaire par excellence, fonctionne comme un miroir grossissant: il nous renvoie notre image. Nous sommes médiocres, fainéants et, pour ne rien arranger, arrogants… en attendant la prochaine gifle. Et, hier, la gifle était retentissante et douloureuse pour tous les Tunisiens qui l’ont reçue comme telle. Vont-ils pour autant se réveiller enfin ?
Ce qu’ont fait les Etats-Unis au Venezuela, hier, samedi 3 janvier 2026, en enlevant et en exfiltrant le président Nicolas Maduro, ils n’oseront jamais le faire à la Corée du Nord qui possède une arme nucléaire qui pourrait raser Los Angeles et Chicago. Cela s’appelle la dissuasion. Il y a aujourd’hui neuf pays possédant l’arme nucléaire, et il est à craindre que dans vingt ans, il y en aura 30, dont le Venezuela.
Lahouari Addi *
L’homme entretient un rapport avec la réalité qu’il veut modifier pour qu’elle soit conforme à ses intérêts. Cela est vrai pour les individus, mais aussi pour les Etats. Même si nous avons un pouvoir, direct ou indirect, sur la réalité comme l’atteste l’histoire, elle échappe le plus souvent à notre volonté pour prendre une direction souvent imprévue.
La sociologie nous apprend que nous ne sommes pas des acteurs omniscients et omnipuissants. Nous sommes des agents de structures dont les configurations se dessinent à travers les actions antagoniques de tous les agents. Ceci est vrai au niveau microsociologique, mais aussi au niveau macrosociologique de la scène mondiale où les Etats croient être des acteurs alors qu’ils ne sont que des agents. A terme, la structure limitera la puissance des plus puissants.
Volonté de puissance et besoin de sécurité
La théorie réaliste des relations Internationales, qui remonte à Hans Morgenthau, et aujourd’hui représentée par John Mearsheimer, enseigne que les rapports entre Etats sont alimentés par une dynamique contradictoire opposant la volonté de puissance des uns et le désir de sécurité des autres.
Les théoriciens du courant réaliste expliquent que la scène mondiale est anarchique et est régulée par le rapport de force. Ceci est encore attesté par le rocambolesque kidnapping du président vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats-Unis.
Cet événement, rare dans l’histoire des relations internationales, est l’expression de tendances hégémoniques d’un voisin puissant qui veut soumettre un pays qui possède l’une des plus grandes réserves de pétrole du monde. Pour les théoriciens du courant réaliste, cette politique agressive relève de la stratégie à court terme, car elle aura des conséquences.
Reposant sur un pessimisme anthropologique foncier, qui remonte à Thomas Hobbes, la théorie réaliste suggère de tenir compte des besoins respectifs de sécurité de tous les Etats pour éviter les conflits militaires. Contrairement aux apparences, elle est contre la guerre qui ne se justifie que par la légitime défense. Morgenthau n’a-t-il pas été un fervent opposant à la guerre du Vietnam que son étudiant, un certain Henry Kissinger, devenu Secrétaire d’Etat de l’administration Nixon, justifiait ?
Le réalisme encourage la mise en place d’un droit international dont la vocation est de prévenir les guerres en tenant compte des intérêts nationaux de chacun.
La militarisation de la scène mondiale
Le droit international, qui a interdit la guerre entre Etats depuis la création de l’Onu, est l’expression même du refus de la militarisation de la scène mondiale. Mais les Etats militairement forts, notamment les Etats-Unis, considèrent le droit international comme une entrave à leur puissance, et ils le violent régulièrement : outre les guerres coloniales menées par la France et la Grande Bretagne, il y a eu la Corée, le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak, sans oublier les multiples interventions des Etats-Unis en Amérique latine dont le destin a été décidé par la doctrine Monroe.
Les dirigeants américains croient pouvoir faire correspondre la réalité à leurs intérêts, mais celle-ci évoluera vers une situation imprévisible. L’histoire étant un enchaînement de causes, certains pays militairement faibles, qui se sentent menacés, vont arriver à la conclusion que s’ils possédaient l’arme nucléaire, ils ne seront pas attaqués par un Etat militairement plus fort. Ce qu’ont fait, en effet, les Etats-Unis au Vénézuéla, ils n’oseront jamais le faire à la Corée du Nord qui possède une arme qui pourrait raser Los Angeles et Chicago. Cela s’appelle la dissuasion.
La sécurité est un besoin aussi fort que l’alimentation. Pour exister, tout en ayant le sentiment d’être en sécurité, les Etats chercheront un moyen pour se protéger, et ce moyen sera l’arme nucléaire.
Hegel disait que la réalité est rationnelle, et c’est en effet vers la rationalité de la dissuasion que la réalité de la scène mondiale se dirige, c’est-à-dire celle de la prolifération nucléaire.
Il y a aujourd’hui neuf pays possédant l’arme nucléaire, et il est à craindre que dans vingt ans, il y en aura 30, dont le Vénézuéla.
* Chercheur à l’Institut d’études politiques de Lyon.
Hier matin, samedi 3 janvier 2026, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a été capturé avec son épouse à Caracas et exfiltré par des unités spéciales américaines. Ces événements sont intervenus 36 ans, jour pour jour, après la capitulation de l’ancien président du Panama, Manuel Noriega, qui s’est rendu, le 3 janvier 1990, aux troupes américaines ayant envahi son pays deux semaines auparavant. Aussi répréhensibles moralement et du point de vue du droit international qu’ils puissent paraître, ces événements ne font que refléter la réalité brute et sans fard de notre monde et des véritables rapports de force sur la scène internationale.
Elyes Kasri *
De nombreux idéalistes et idéologues gauchistes vont crier au scandale et au banditisme international en feignant d’ignorer que ce qui est arrivé à Caracas pourrait bien être répliqué dans d’autres régions, y compris la nôtre, car si l’Amérique du Sud tombe sous le coup de la fameuse doctrine Monroe [qui établit le continent américain comme sphère d’influence des États-Unis, les positionnant comme protecteurs face aux autres puissances, doctrine qui évoluera vers un interventionnisme pour défendre les intérêts de Washington, Ndlr], l’Afrique du Nord fait partie, qu’on le veuille ou non, de la ceinture sécuritaire de l’Alliance Atlantique avec un dénominateur commun pétrolier.
Caracas pourrait n’être en fin de compte que le prélude d’une tragédie qui pourrait frapper bientôt Téhéran et probablement l’Afrique du nord.
On ne nargue pas impunément à l’Amérique
Feu Habib Bourguiba l’avait pressenti, il y a plus d’un demi-siècle, notamment en prodiguant de précieux conseils au bouillonnant colonel libyen Mouammar Kadhafi qui a fini par payer lui-même et son pays au prix cher son inconscience et sa transe révolutionnaire.
L’inoubliable discours de Bourguiba du 15 décembre 1972 au Palmarium [où il lui a expliqué qu’on ne s’attaque pas impunément à l’Amérique, quand on n’a pas les moyens économiques, technologiques et militaires pour lui faire face, Ndlr], reste plus que jamais d’actualité.
Évidemment, n’est pas Bourguiba qui veut.
Par ailleurs, et en dépit de son caractère assez inédit et surprenant, l’opération américaine de neutralisation de la direction politique du Venezuela, pays détenteur des plus grandes réserves mondiales de pétrole et pourtant mal géré et connu plutôt pour les rodomontades pseudo révolutionnaires de ses dirigeants, n’a pas suscité une grande réaction négative chez les Tunisiens car ils ont pendant des décennies entières souffert des effets pernicieux des pétrodollars dans leur voisinage immédiat avec leurs effets inflationnistes et corrupteurs et surtout des pétro-barbouzes, sorte de voyous de quartier dopés aux recettes pétrolières détournées sans vergogne parmi une clique militaire aussi corrompue qu’impopulaire et arrogante.
Les Tunisiens et les pétro-barbouzes
Depuis son indépendance, la Tunisie a payé au prix fort son voisinage plein de pétro-barbouzes et de richesses naturelles détournées et mal utilisées avec tous les effets pervers imaginables sur son économie et sa stabilité.
Si les enseignements de la fin tragique du bouillonnant colonel libyen et de l’enfer que vit son pays depuis son élimination n’ont pas été suffisamment tirés, il reste à espérer que le sort de Nicolas Maduro et de son pays donneront matière à réflexion aux pétro-barbouzes du coin.
Sinon, la 6ème flotte n’est qu’à quelques encablures. Quant à la Russie et la Chine, elles ont visiblement d’autres chats à fouetter pour le moment que de voler au secours de leurs supposés protégés.
Né en 1923 à Fundao, Eugenio de Andrade, a vécu à Lisbonne, à Coimbra, puis s’est installé jusqu’à la fin de sa vie à Porto où il était inspecteur dans les Services de santé.
Il publie à l’âge de seize ans et sa poésie est saluée par la critique. Auteur prolifique, il touche à tous les thèmes, presque. La critique note qu’il a échappé à l’emprise de Fernando Pessoa comme bon nombre de poètes. Son œuvre cherche de nouveaux rythmes et une originalité esthétique. Il est considéré aujourd’hui comme l’un des poètes majeurs de langue portugaise. Il meurt en 2005.
Tahar Bekri
J’écoute le silence : en avril
les jours sont
fragiles, impatients et amers,
les pas
légers de tes seize ans
se perdent dans les rues, reviennent
avec des traces de soleil et de pluie
dans tes souliers,
envahissent mon domaine de sables
effacés,
et tout commence à être oiseau
ou lèvres, et veut voler.
Une rumeur croît lentement,
oh, lentement
ne cesse de croître,
une rumeur de paupières
ou pétales
monte de terrasse en terrasse,
découvre un jour
de cendres avec vertiges de baisers.
Une seule rumeur de sang
Jeune ;
seize lunes
hautes, sauvages, innocentes et joyeuses,
férocement attendries :
seize poulains blancs
dans la colline sur les eaux.
.
Comme un fleuve monte, monte une rumeur,
je veux dire
ainsi croît un corps
ainsi des pruniers sauvages
du jardin,
ainsi les mains,
si pleines de joie,
oh si pleines d’abandon !:
Une rumeur de semence,
de cheveux
ou d’herbes fraîchement coupées,
une irréelle aurore de coqs
grandit avec toi,
dans ma nuit de quatre murs,
sur le seuil de ma bouche
où tu t’attardes pour me dire adieu.
J’écoute une rumeur ; le silence.
(Traduit du portugais par Isabel Meyrelles)
‘‘Osinato rigore’’, Isabel Meyrelles, Anthologie de la poésie portugaise (du XIIe au XXe siècle)’’, Gallimard, 1971.
La Tunisie se prépare à entamer des négociations avec l’Union européenne (UE) concernant le renforcement du cadre juridique bilatéral et un quota d’exportation d’huile d’olive de 100 000 tonnes. Des négociations sont également en cours avec les États-Unis sur les droits de douane fixés par Washington à 20%, et des canaux de distribution ont été ouverts avec le Brésil et l’Indonésie.
C’est le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti qui a fait cette annonce, lors de la séance plénière à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), qui s’est tenue mercredi 31 décembre 2025, au palais du Bardo, et consacrée à l’examen de trois projets de loi importants relatifs à l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE, en particulier les dispositions liées aux règles d’origine.
M. Nafti a indiqué que des négociations étaient également en cours avec l’Indonésie pour faciliter l’accès de l’huile d’olive tunisienne au marché indonésien, ainsi que pour promouvoir ce produit en Inde, au Japon et en Corée du Sud, tout en intensifiant les efforts de prospection de nouveaux marchés.
Le dossier européen s’inscrit dans un contexte réglementaire où l’accès à l’exemption de droits de douane a toujours été lié à un système de quotas : une analyse de l’Observatoire économique tunisien (OET) souligne que le mécanisme de quotas pour le commerce en franchise de droits avec l’UE est établi par le règlement (UE) 2016/1918 de la Commission européenne, avec un plafond annuel de 57 600 tonnes et des quotas mensuels variables.
Suite aux attentats terroristes de 2015, Bruxelles a également approuvé des mesures temporaires supplémentaires pour soutenir l’économie tunisienne durant la période 2016-2017. La Tunisie espère bénéficier encore de ce type de mesures dans un contexte de crise économique et financière et de fortes pressions budgétaires.
En Amérique latine, la Tunisie considère le Brésil comme un marché à fort potentiel : en mars 2025, le gouvernement brésilien a approuvé une exemption totale de droits d’importation sur l’huile d’olive extra vierge, auparavant taxée à 9 %. Cette mesure, entrée en vigueur le 14 mars 2025, a été présentée comme une opportunité de consolider la présence tunisienne sur un marché en pleine croissance. Selon les mêmes sources, en 2024, le Brésil aurait importé environ 250 000 tonnes d’huile d’olive, d’une valeur proche de 695 millions de dollars.
Les données les plus récentes disponibles sur le cycle de l’huile d’olive indiquent une tendance favorable en volume, mais plus faible en valeur.
Selon l’Observateur national de l’agriculture (Onagri), au cours des onze premiers mois de la campagne oléicole 2024-2025 (novembre 2024-septembre 2025), les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont atteint 288 600 tonnes, soit une hausse de 41,3 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cependant, à fin septembre 2025, les recettes avaient chuté de 28,4 %, dans un contexte de forte baisse des prix moyens.
L’UE demeure le principal marché de destination, représentant 58 % des exportations, suivie de l’Amérique du Nord (26,3 %). Parmi les principaux importateurs figurent l’Espagne et l’Italie, ainsi que les États-Unis.
Par ailleurs, la question de la valorisation demeure structurelle : la majorité des produits continuent d’être exportés en vrac, surpassant largement les produits conditionnés. Cela limite la création de valeur tout au long de la chaîne d’approvisionnement et facilite les opérations de rebranding sur les marchés de destination.
Dans une perspective d’avenir, cette intensification des négociations intervient alors que la Tunisie ambitionne de tirer profit d’une saison 2025-2026 qui s’annonce prometteuse, avec des retombées positives sur ses recettes en devises et sa balance des paiements. Elle doit toutefois réduire sa vulnérabilité aux fluctuations des prix et accroître la part des exportations à plus forte valeur ajoutée.
Une femme draguait des hommes dans les lieux publics, les invitait chez elle, leur offrait une boisson contenant de la drogue, avant de leur voler argent, montre et téléphone portable, et de prendre la fuite. Elle filmait également certains d’entre eux dans des postures compromettantes, puis menaçait de publier les vidéos sur les réseaux sociaux, en leur soutirant d’importantes sommes d’argent et de cadeaux.
La suspecte, qui a fait l’objet de plusieurs plaintes, a été arrêtée, mercredi 31 décembre 2025, par des agents de sécurité du district de Bab Souika, à Tunis, rapporte Mosaïque FM.
Selon l’enquête de police, ses victimes se compteraient par dizaines.
L’enquête a également révélé que l’accusée était impliquée dans des dizaines d’affaires et qu’elle avait récemment été libérée de prison après avoir purgé une peine pour le meurtre d’un homme âgé.
Condamnée initialement à 20 ans de prison, sa peine a été réduite à 8 ans en appel. Récemment libérée après avoir purgé sa peine, elle a replongé dans le crime.
On observe actuellement en Tunisie une forte tendance au soutien de l’agriculture biologique, et pas seulement dans les filières des olives et des dattes, et ce en raison du potentiel d’exportation important que ce secteur a démontré et des opportunités d’emploi qu’il crée, en particulier pour les jeunes entrepreneurs.
Pour soutenir ce secteur prometteur, l’État a élaboré une stratégie nationale visant à atteindre 2 millions d’hectares de surfaces biologiques dans le pays d’ici 2030, tout en mettant l’accent sur le développement durable et la protection de l’environnement.
D’après les chiffres de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), les exportations tunisiennes de produits agricoles biologiques, entre le 1er janvier et fin mai 2025, ont été estimées à environ 34 152 tonnes, générant des recettes de 420,4 millions de dinars. Ces exportations étaient destinées à 38 pays, témoignant de la diversité des marchés où sont déployés aujourd’hui les produits biologiques tunisiens.
L’huile d’olive et les dattes biologiques occupent les premières places, représentant respectivement 87,8 % et 11,7 % du volume total des exportations nationales dans ce secteur, et figurent parmi les principaux produits biologiques tunisiens avec la figue de barbarie, les plantes médicinales et aromatiques, le miel, les céréales, les légumes et la viande (vaches, moutons, lapins).
La Tunisie a connu une croissance progressive des surfaces cultivées en agriculture biologique, estimées à environ 300 hectares, ainsi qu’une augmentation du nombre d’agriculteurs ayant adopté cette filière, d’autant plus que la demande internationale de produits biologiques est en pleine expansion.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de l’agriculture biologique en Tunisie compte actuellement environ 9 000 acteurs, parmi lesquels des agriculteurs, des producteurs et des négociants. Ces acteurs ont besoin d’un soutien et d’un accompagnement accrus pour renforcer leur compétitivité et se conformer aux nouvelles normes internationales.
D’après un rapport de la Direction générale de l’agriculture biologique de septembre 2025, la superficie consacrée à l’agriculture biologique est estimée entre 235 000 à 400 000 hectares en 2024, soit environ 2 % de la superficie agricole totale. Sa contribution aux exportations est estimée entre 14 % et 17,7 % des exportations agricoles, pour une valeur dépassant 1,13 milliard de dollars en 2024.
Il est à noter que la Tunisie se classe première en Afrique en termes de superficies consacrées à l’agriculture biologique et 23e au niveau mondial. Elle est également devenue l’un des principaux exportateurs mondiaux d’huile biologique.
Cependant, ce secteur est confronté à plusieurs défis, tels que le coût élevé des intrants et des équipements, les difficultés d’obtention des certificats de conformité, de commercialisation et d’accès aux marchés et la forte concurrence sur certains produits. Autres enjeux : la sensibilisation les consommateurs locaux à l’importance d’exiger la certification bio et les autorités publiques à la nécessité d’accorder des exemptions douanières et des subventions aux projets biologiques.
Le président américain, Donald Trump, a annoncé ce samedi 3 janvier 2026 que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une «attaque de grande envergure» contre le pays sud-américain, dont le bilan humain est dans l’immédiat inconnu.
Le numéro deux du Département d’Etat américain, Christopher Landau, a proclamé une «nouvelle ère» pour le Venezuela, dont le gouvernement socialiste est accusé par Washington de jouer un rôle majeur dans le narcotrafic.
La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a déclaré à la télévision ignorer où se trouvait le président Maduro et exigé des Etats-Unis «une preuve de vie» du couple Maduro.
Caracas a dénoncé une «très grave agression militaire» après les frappes en pleine nuit autour de la capitale et sa région, que le président colombien, Gustavo Petro, a attribuées à une attaque «de missiles».
De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l’AFP.
«Le Venezuela rejette et dénonce (…) la très grave agression militaire perpétrée par (…) les Etats-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens, dans les localités civiles et militaires de Caracas et les Etats de Miranda, Aragua et La Guaira autour de Caracas», a indiqué un communiqué du gouvernement.