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Tunisie – UE | «Souveraineté supposée et flagrante subordination»

Dans la déclaration traduite ci-dessous, intitulée «Souveraineté supposée et flagrante subordination», publiée le mercredi 31 décembre 2025, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) aborde la question de la présentation urgente, qu’il qualifie de «suspecte», de trois projets de loi fondamentales relatifs aux relations entre la Tunisie et l’Union européenne.

«Le mercredi 31 décembre 2025, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) examinera trois projets de loi fondamentale selon une procédure d’urgence suspecte, qui ne reflète pas la gravité de leur contenu.

Le premier concerne l’approbation d’un amendement au protocole B de l’accord de libre-échange entre la République tunisienne et l’Union européenne.

«Le deuxième projet consiste en l’approbation de l’amendement à l’Accord euro-méditerranéen établissant un partenariat entre la République tunisienne d’une part et la Communauté européenne et ses États membres d’autre part.

«Le troisième concerne l’approbation des amendements apportés à la Convention pan- euro-méditerranéenne sur les règles d’origine.

«Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux exprime sa profonde préoccupation face à la précipitation avec laquelle sont élaborées les lois ayant de profondes implications structurelles, économiques et sociales, présentées sans débat national approfondi et sans la participation effective des représentants des organisations professionnelles, syndicales et civiles, ni des laboratoires de recherche des universités tunisiennes.

«Le gouvernement tunisien présente ces projets comme des modifications techniques, alors qu’en réalité ils perpétuent un modèle de sous-traitance, d’assemblage et d’exportation à faible valeur ajoutée au lieu d’une industrie nationale intégrée, et transforment progressivement la Tunisie en un prestataire de services au lieu de construire une économie nationale indépendante capable de créer une forte valeur ajoutée.
«Le forum affirme que la ratification de l’accord concernant les règles d’origine euro-méditerranéennes constituait une condition technique non déclarée pour le succès du processus de l’accord Aleca, condition rejetée par les forces civiles, syndicales et de jeunesse, ouvrant ainsi la voie à un nouveau processus avec des appellations différentes.

«Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux :

• appelle au rejet des projets de loi proposés, ou à suspendre leur examen, dans l’attente d’une évaluation de leurs impacts économiques, sociaux et sur le développement, notamment sur l’économie nationale, la justice sociale et le droit au développement;

• réitère son appel à une évaluation objective et indépendante de l’accord de partenariat avec l’Union européenne (1995) avant d’entamer de nouvelles négociations, afin d’assurer le développement de politiques économiques et sociales alternatives qui rompent avec la dépendance et soient fondées sur l’intérêt national et sur le droit des Tunisiens à un modèle de développement juste et indépendant et à une coopération équitable et juste avec les partenaires extérieurs.»

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Kairouan | Les circonstances exactes de la mort de Naïm Briki seront-elles un jour connues ?

Des manifestations antigouvernementales ont éclaté à Kairouan le 14 décembre 2025 et ont duré plusieurs jours, suite à la mort, deux jours plus tôt, d’un jeune homme, Naïm Briki, ouvrier journalier de 30 ans, grièvement blessé lors de son arrestation, le 22 novembre, «par la police tunisienne», affirment les manifestants, dont 21 ont été arrêtés par les autorités sécuritaires.

La police a pris en chasse Briki, qui circulait à moto sans papiers, après qu’il aurait refusé de se soumettre à un contrôle. La course-poursuite du jeune homme s’est terminée par une collision entre sa moto et un véhicule de police. Sa famille a également rapporté qu’il avait été brutalement battu par plusieurs policiers par la suite.

La mort de Briki illustre la politique d’impunité des autorités tunisiennes, a dénoncé le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), dans un communiqué publié le 16 décembre, condamnant fermement «toutes les formes de violence policière et l’usage excessif de la force».

«La mort de Naim Briki met en lumière les tragédies récurrentes liées aux violences policières systématiques et illustre, une fois de plus, la politique d’impunité», peut-on lire dans le communiqué.

Le forum a également exigé que «toute personne reconnue coupable d’implication» dans le meurtre de Briki soit tenue pour pleinement responsable. Tout en appelant à une «enquête judiciaire transparente» sur ce crime, garantissant que toute la vérité soit révélée et que les responsables soient traduits en justice «sans discrimination ni protection institutionnelle».

De plus, le FTDES a mis en garde les autorités contre l’impunité dont jouissent les auteurs de torture et de violences policières, et a exigé l’arrêt de la répression et des poursuites judiciaires contre les manifestants.

Il est à rappeler que la justice tunisienne a ordonné la libération de 20 manifestants arrêtés, mais a émis des mandats d’arrêt contre 4 autres pour leur implication présumée dans ces mêmes événements.

Parallèlement, le parquet de Kairouan a annoncé l’ouverture d’une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances de la mort de Briki. Mais il est peu probable que des agents de sécurité soient poursuivis dans le cadre de cette affaire, car la justice tunisienne n’est pas réputée pour sa grande intransigeance à l’égard des abus attribués aux forces de sécurité.

I. B.  

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Tunisie : L’OST révèle une expansion inédite des mouvements sociaux

Les mobilisations sociales ont connu une envolée spectaculaire en Tunisie cette année. Selon les derniers chiffres publiés vendredi par l’Observatoire social tunisien (OST), rattaché au FTDES, les mouvements de protestation ont bondi de 83,4% entre janvier et novembre 2025 par rapport à la même période de 2024.

Entre janvier et fin novembre 2025, 4838 actions collectives ont été enregistrées, contre 2638 durant la même période en 2024, soit une progression de 83,4%. Le seul mois de novembre a compté 589 mobilisations civiles et politiques, un niveau en hausse d’environ 80% d’une année à l’autre.

Natures des mobilisations

Le rapport souligne une multiplication des marches menées par différentes forces politiques et organisations civiles. Les revendications portent principalement sur le droit à l’emploi pour les diplômés au chômage, l’amélioration des conditions de travail, la régularisation de situations administratives, la titularisation et l’application d’accords en suspens.

Les sit-in arrivent en tête des modes d’action, suivis des grèves de la faim, des grèves de travail, du port du brassard rouge et de la diffusion de communiqués.

Carte des protestations

Tunis demeure l’épicentre des mobilisations avec 135 actions recensées sur le mois de novembre. La capitale est suivie par la Manouba (65), Gafsa (50) et Kasserine (35). Bizerte, Tozeur, Sousse et Gabès enregistrent chacun 22 mouvements, tandis que Médenine, Nabeul, Tataouine, Mahdia, Le Kef, Zaghouan, Ariana et Monastir restent actifs à un niveau moindre.

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Tunisie : Après l’ATFD, la suspension du FTDES accentue la pression sur la société civile

Quelques jours après la suspension de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), les autorités ont décidé de geler pour un mois les activités du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES). Cette décision, notifiée récemment aux responsables de l’organisation, a été reçue avec incompréhension par ses membres, qui assurent avoir respecté toutes les obligations légales et administratives.

Selon Romdhane Ben Amor, porte-parole du FTDES, cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une série de contrôles et d’audits engagés depuis plusieurs mois.

« Ce qui se passe aujourd’hui peut se reproduire demain. Rien ne nous fera peur ni n’affaiblira notre détermination. Où que nous soyons, nous resterons fidèles aux opprimés et attachés aux valeurs de justice et de dignité », a-t-il déclaré dans un message rendu public.

Lire aussi:

Tunisie – Suspension de l’ATFD : Une vague de réactions solidaires contre une décision jugée arbitraire

Un acteur historique du débat social

Créé en 2011, dans le sillage de la révolution, le FTDES s’est imposé comme un acteur central de l’analyse sociale en Tunisie, publiant régulièrement des études sur le chômage, les inégalités régionales, la pauvreté ou les migrations. Ses travaux ont souvent alimenté le débat public et contribué à éclairer les politiques sociales.

L’organisation a indiqué qu’elle se conformerait à la décision administrative tout en réaffirmant son engagement “envers les causes sociales et les luttes pour la dignité”.

Un contexte de vigilance accrue

Cette suspension intervient dans un climat de surveillance renforcée du secteur associatif, marqué ces derniers mois par plusieurs vérifications administratives et financières.
Si les autorités affirment agir dans le cadre de la loi, certaines voix au sein de la société civile redoutent un rétrécissement progressif de l’espace d’expression indépendant.

Le décret-loi 88 de 2011, qui garantit la liberté d’association, reste en vigueur. Mais son interprétation et son application suscitent aujourd’hui des débats sur l’équilibre entre contrôle administratif et vitalité du tissu associatif, pilier de la vie démocratique tunisienne depuis plus d’une décennie.

Pour approfondir:

Tunisie : L’État relance la traque des fonds étrangers dans le milieu associatif

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