C’est un pari courageux et qui vient à temps. Les régions doivent rallier la dynamique numérique. Sous cette perspective le road show collectif à l’intérieur du pays, initié par ce trident de choc entre la CDC, la Banque Mondiale et le Pool des Fonds d’investissement, est hautement prometteur. L’opération cible les PME innovantes et les Start ups. Joli tir groupé !
La CDC passe à la vitesse supérieure. Elle entend conforter l’écosystème de l’innovation et étendre ses représentations à l’intérieur du pays. Et de fait, elle est allée à la rencontre des PME innovantes et des Start Ups dans quatre régions et ceci n’ est que le premier jet d’un plan ambitieux. Elle a associé la Banque Mondiale ainsi que le pool des Fonds d’Investissement à son initiative.
Une action, trois objectifs
Une première hautement prometteuse, laissent entendre les trois partenaires. L’idée de fonds qui sous-tend le projet est de booster les flux de partenariat de B2B, ce qui est de nature à animer le business, principalement pour les PME innovantes. Et, portées au partenariat avec les Start Ups
L’opération a concerné les quatre métropoles régionales de Bizerte, Kairouan, Gabès et enfin Sfax, compte tenu de leur potentiel. Il s’agit sans doute d’une expérimentation à valeur de test avant qu’elle soit généralisée à l’ensemble du territoire. Au concret c’est une équipe composée d’experts qui se déplace en bus dans les régions et qui tient des séminaires avec la population concernée. Les organisateurs ont choisi trois composantes importantes.
«L’innovation ne peut pas rester cantonnée à la capitale. Si nous voulons bâtir une Tunisie compétitive, il faut irriguer les régions de financement, de compétences et d’opportunités.»
La première concerne l’accès au financement. Et l’offre groupée tant de la part de la Banque Mondiale que des institutions de coopération internationale à l’instar de KFW sont variées et offrent de multiples facilités. Naturellement les participations des fonds de Private Equity, sont tout aussi précieuses. Ajouter à cela que ces derniers apportent l’ingénierie pour le montage des schémas de financement outre que leur encadrement en accompagnement est fort utile.
La deuxième composante a trait au partenariat sachant que la finalité est de promouvoir le B2B. La troisième et non des moindres appuie les efforts à l’exportation. Et l’on sait, d’expérience, que la friction avec la concurrence internationale est une épreuve de ‘Body building qui nécessite un entourage blindé.
Le mode d’accompagnement
Comment dès lors s’opère la prise en charge des entreprises ? Il faut bien admettre que l’implantation physique, c’est-à-dire leur présence sur terrain, dans les régions est nécessaire. Il faudra, le moment venu envisager un plan d’implantation pour les opérateurs essentiels. La constitution d’un réseau, est une priorité. Et dans cette perspective de décentralisation, il a été envisagé, entr’autres réalisations phares du Road show, de travailler à la mise en place d’une ‘’Market place’’.
«Trop de projets échouent faute de financement ; trop de financements dorment faute de projets. Il est temps de construire des ponts durables entre les deux mondes.»
Les entreprises qui sont déjà opérationnelles ont besoin de faire un travail de Branding pour se faire connaitre en vue de parvenir à conclure des contrats. Bien entendu la dissémination des ‘’Child Funds’’, destinés aux projets en phase Early Stage, c’est-à-dire à leur démarrage, est en cours de maturation.
Fatalement la question de la réactivation et de la promotion de Technoparks a été au centre des débats. De notre point de vue, une jonction avec le plan décennal 2025- 2035 serait souhaitable. Ces opérations réussissent mieux quand elles sont menées de concert.
Un nouveau paysage numérique national
L’initiative s’oriente vers un profil de plan régional ‘Start Up Friendly’’. Mais ce n’est pas une solution de tout repos. Dans ce sillage il y a d’abord à satisfaire à l’exigence du ‘’Start Up Act’’ pour mériter du label dédié. Sachant qu’en cas d’échec un projet peut de représenter à cet examen six mois plus tard.
Et last but not least, les points de financement doivent être réactifs. Et les organisateurs avec beaucoup d’objectivité ont résumé la situation. Les candidats au financement soutiennent ‘’qu’il n’y a pas assez de fonds’’. Et les responsables de Fonds disent ‘’qu’il n’y a pas assez de projets’’.
«À chaque région son lot de talents. Avec les bons leviers et une vision décentralisée, nous pouvons faire émerger une nouvelle carte de l’innovation tunisienne.»
Le succès de l’opération réside dans l’art de matcher les propositions de valeurs pour faire décoller des projets. Un peu plus de deux cents projets ont été injaectés dans le pipe, un record !Les financiers, légitimement proches de leurs sous, soutiennent avec une certaine rigueur qu’à ce jours les retombées en retour, lors du Cash- Out restent modestes.
Soyons clairs les financiers de Private Equity, prennent des participations dans les Start Ups, tout motivés qu’ils sont par la plus-value à réaliser lors de leurs sortie. Le pays compte à ce jour une seule licorne, c’est à dire un projet qui a été valorisé à un milliard de dollars au bout d’une année d’activité. Il s’agit de ‘’InstaDeep’’ rachetée par le laboratoire multinational ‘’BionTech’’. Ainsi qu’une demi licorne ‘’Expensya’’.
Ne désespérons pas. Avec cet essaimage national le meilleur est à venir.
Ali DRISS
EN BREF
L’essentiel du Road Show CDC – Innovation en régions
- Objectif : Soutenir les PME innovantes et startups régionales.
- Tournée : Bizerte, Kairouan, Gabès, Sfax.
- Partenaires : CDC, Banque Mondiale, Fonds d’investissement.
- Citation : « Trop peu de fonds ? Ou trop peu de projets ? »
- Impact : +200 projets injectés dans le pipeline.
- Focus : Financement, B2B, export, branding, technoparks, marketplace.
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