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ECLAIRAGES – Le dollar et la guerre commerciale de Trump, une stratégie à double tranchant et ses implications pour l’économie tunisienne

La guerre commerciale lancée par l’administration Trump contre le reste du monde a suscité des débats passionnés sur les conséquences d’une telle politique. Le dollar américain, en tant que monnaie de référence mondiale, joue un rôle central dans cette dynamique.

Toutefois, la stratégie adoptée par le président américain pourrait créer des effets boomerangs, nuisant non seulement aux partenaires commerciaux, mais également aux États-Unis eux-mêmes.

Et les implications de cette guerre commerciale sur l’économie tunisienne méritent une attention particulière.

La guerre des changes : un contexte historique

La guerre des changes est une dynamique où les pays s’efforcent de dévaluer leur monnaie pour rendre leurs exportations plus compétitives. Cette pratique, bien que tentante, a souvent des côtés sombres.

Dans les années 1930, des dépréciations successives ont engendré une spirale de récessions économiques, où aucun pays n’est réellement sorti gagnant. En ce sens, la guerre commerciale de Trump pourrait être vue comme un retour à des pratiques économiques désuètes, où l’absence de coopération internationale peut mener à un isolement économique.

Dans le contexte actuel, la Chine a souvent été accusée de manipuler sa monnaie pour favoriser ses exportations. Cela a conduit à des tensions croissantes, où les États-Unis, sous la direction de Trump, semblent vouloir appliquer des mesures de réciprocité, augmentant les droits de douane tout en appelant à une dépréciation significative du dollar.

 

L’idée est claire : en rendant le dollar moins fort, les exportations américaines gagneraient en compétitivité. Cependant, cette approche présente des risques considérables.

 

Le dollar, arme monétaire

Sous l’influence de Stephen Miran, conseiller économique clé, Trump a fait le choix d’utiliser le dollar non seulement comme une monnaie d’échange, mais comme une arme dans la guerre commerciale.

L’idée est claire : en rendant le dollar moins fort, les exportations américaines gagneraient en compétitivité. Cependant, cette approche présente des risques considérables.

La dépréciation du dollar, couplée à des droits de douane élevés, pourrait provoquer une augmentation des prix à la consommation. Les produits importés deviendraient plus coûteux, ce qui générerait une inflation qui pourrait rapidement se transformer en une crise économique.

La crainte d’une inflation galopante pourrait également susciter des tensions sociales croissantes, notamment dans un climat politique déjà polarisé.

En outre, l’anticipation d’une dépréciation du dollar pourrait dissuader les investisseurs étrangers d’acheter des actifs libellés en dollars, mettant ainsi en péril la capacité des États-Unis à financer leurs déficits.

Une stratégie autodestructrice ?

L’approche protectionniste de Trump pourrait donc s’avérer contre-productive, tant sur le plan économique que politique. En effet, la hausse des prix due à l’inflation pourrait nuire à la classe moyenne américaine, réduisant ainsi le pouvoir d’achat et provoquant une montée des tensions sociales.

 

De plus, les déficits jumeaux des États-Unis – le déficit commercial et le déficit budgétaire – posent un défi majeur. Le financement des déficits dépend largement des investissements étrangers.

 

Cette situation pourrait se retourner contre l’administration, surtout à l’approche des élections de mi-mandat de 2026, où l’insatisfaction populaire pourrait se traduire par des pertes électorales.

De plus, les déficits jumeaux des États-Unis – le déficit commercial et le déficit budgétaire – posent un défi majeur. Le financement des déficits dépend largement des investissements étrangers.

Les investisseurs craignent une dépréciation du dollar, ils pourraient choisir de diversifier leurs portefeuilles en se tournant vers d’autres devises, comme l’euro ou le yuan. Cela pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt pour compenser le risque accru, annihilant ainsi les gains de compétitivité escomptés par la dépréciation du dollar.

L’impact sur l’économie tunisienne?

Les répercussions de cette stratégie ne se limitent pas aux frontières américaines. Pour la Tunisie qui dépend fortement des exportations et des investissements étrangers, les implications pourraient être significatives.

Théoriquement, une dépréciation du dollar pourrait offrir une opportunité pour les exportations tunisiennes, rendant les produits tunisiens plus attractifs sur le marché américain. Cependant, la réalité est plus nuancée.

Une inflation accrue aux États-Unis pourrait entraîner une réduction de la demande pour les biens importés, y compris ceux en provenance de Tunisie. Les consommateurs américains, confrontés à des prix en hausse, pourraient réduire leurs dépenses, affectant ainsi les exportations tunisiennes.

De plus, l’incertitude économique liée à la guerre commerciale pourrait rendre les investisseurs étrangers plus prudents, entraînant une baisse des investissements directs étrangers en Tunisie, ce qui pourrait freiner la croissance économique du pays.

En outre, la nécessité de diversifier les marchés d’exportation devient encore plus pressante pour la Tunisie. En réponse à la guerre commerciale américaine, le pays pourrait envisager de renforcer ses liens commerciaux avec d’autres régions, notamment l’Union européenne et les pays d’Afrique, afin de réduire sa dépendance à l’égard du marché américain.

 

Pour la Tunisie, ces développements soulignent la nécessité d’une stratégie économique adaptative et résiliente. Face à une instabilité mondiale croissante, les décideurs tunisiens doivent naviguer avec précaution, en cherchant à diversifier les partenariats commerciaux et en renforçant la position du pays dans un environnement économique incertain.

 

En définitive, la guerre commerciale menée par l’administration Trump, centrée sur une dépréciation stratégique du dollar, soulève des questions sur la viabilité de cette approche à court et à long terme.

Tandis que les États-Unis tentent de protéger leur marché intérieur, ils s’exposent à des conséquences économiques indésirables qui pourraient nuire à leur position sur la scène mondiale.

Pour la Tunisie, ces développements soulignent la nécessité d’une stratégie économique adaptative et résiliente. Face à une instabilité mondiale croissante, les décideurs tunisiens doivent naviguer avec précaution, en cherchant à diversifier les partenariats commerciaux et en renforçant la position du pays dans un environnement économique incertain.

La coopération internationale et la planification stratégique seront essentielles pour atténuer les impacts négatifs de la guerre commerciale sur l’économie du pays.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Le dollar s’affaiblit, contrairement aux attentes

Au début de l’année, tous les analystes s’attendaient à un dollar fort. Mais à la fin du premier trimestre, le billet vert traverse une mauvaise passe. Les politiques agressives de Donald Trump, basées sur des barrières douanières, risquent d’impacter négativement la croissance américaine. La réponse européenne, forte et basée sur des dépenses plus importantes, a changé la donne. La confiance des consommateurs américains est à son plus bas depuis 4 ans.

Au début, les attentes évoquaient un impact positif des droits de douane. Mais ce sont les données économiques américaines qui inquiètent. Les actions actuelles vont conduire à l’augmentation du taux de chômage à la suite du licenciement des agents publics. En même temps, la guerre contre l’immigration clandestine va réduire la disponibilité de la main-d’œuvre, donc les prix à terme. Les économistes tentent de suivre la réalisation des promesses électorales de Trump qui n’a pas de calendrier précis pour ses réformes. Il mène les actions sur tous les fronts, ce qui perturbe toute analyse des effets des chantiers ouverts.

Pour le dinar, nous avons vu une appréciation de 0,7% vis-à-vis du billet vert sur une année glissante. Il est encore tôt d’évaluer les retombées de ces dynamiques sur la balance des paiements tunisienne. Toutefois, un euro fort signifie des recettes d’exportations plus importantes et des importations de matières premières et de base moins coûteuses. Tous les contrats sont négociés en dollar américain, ce qui fait nos affaires en tant que pays importateur net de ces produits. Mais au total, une mauvaise croissance américaine signifie un ralentissement mondial, ce qui n’est pas une bonne nouvelle. 

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Les BRICS+ vont miser sur la blockchain pour réduire leur dépendance au dollar

Cette initiative risque de ne pas plaire à Donald Trump. A défaut d’une monnaie commune, les BRICS, sous l’impulsion du Brésil, comptent utiliser la technologie blockchain pour fluidifier leurs échanges et se passer du dollar.

Selon plusieurs sources, le Brésil, dans le cadre de sa présidence du groupe BRICS+ en 2025, proposerait d’« utiliser la technologie blockchain pour simplifier les transactions commerciales entre les pays du groupe, au lieu de créer une nouvelle monnaie commune ».

Objectif : améliorer l’efficacité des paiements transfrontaliers et réduire les coûts des échanges commerciaux entre les membres du groupe, qui incluent désormais des pays comme l’Arabie saoudite, l’Égypte et l’Indonésie, en plus des cinq membres fondateurs (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Cependant, « ce projet ne vise pas à remplacer le dollar dans les échanges internationaux, comme cela avait été envisagé par l’ex-présidente Dilma Rousseff; mais plutôt à développer un système plus rapide, sécurisé et moins coûteux pour les paiements ».

Toujours selon le gouvernement brésilien, il ne s’agit pas de défier le dollar ou de provoquer les États-Unis. Sans doute histoire de temporiser les menaces de Donald Trump, qui a averti que des tarifs douaniers pourraient être imposés si les membres des BRICS+ décidaient de s’éloigner du dollar.

Lire aussi : « Les BRICS sont morts » s’ils s’attaquent au dollar, selon Trump

Dans le même ordre d’idées, le gouvernement brésilien serait également en train de travailler avec sa Banque centrale pour tester des solutions comme le Drex, une version numérique du réal, dans le but de faciliter les paiements transfrontaliers.

« Ce projet s’inscrit dans une volonté de réformer le système financier mondial pour mieux répondre aux besoins des pays en développement ».

Les discussions sur ce sujet pourraient aboutir à un consensus lors du sommet des BRICS en juillet 2025 à Rio, où l’objectif sera de trouver une solution « acceptable » pour les États-Unis.

A suivre.

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