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Kairouan : 43.792 touristes ont visité la Cité aghlabide en 2024

Capitale historique de l’Occident musulman (Grand Maghreb et Andalousie lors de sa conquête), du Maghreb et de la Tunisie,  Kairouan et toutes ses délégations regorgent de trésors naturels et culturels et peuvent devenir un grand pôle du tourisme alternatif d’autant plus qu’elles se trouvent à 60 km de l’aéroport international Enfidha-Hammamet.

D’ailleurs, la richesse de ses beaux monuments est un concentré des différentes civilisations qui se sont relayées en Tunisie.

Des produits du terroir fort appréciés

Notons que la ville de Kairouan est connue pour ses spécialité culinaires très appréciées pour leur raffinement, dont le célèbre kafteji, les différentes variétés de pain aux odeurs spécifiques, les fameux beignets (ftira adi, ftira bil adhma servie avec un peu de persil et d’oignon, les sfenjas, moins épais que les deux premiers) et enfin les fameux makroudhs. Et bien que les gâteaux modernes aient fait leur apparition depuis très longtemps, le makroudh est toujours sollicité et fait l’unanimité des clients et des visiteurs étrangers. D’ailleurs, la plupart des boutiques situées en plein cœur de la médina ne désemplissent jamais car les apprentis sont très habiles dans le secteur qu’ils ont, en général, appris de leurs pères lesquels l’ont appris de leurs aïeux.

La contemplation des makroudhs mielleux aux dattes, aux grains de sésame, aux amandes et aux pistaches, est toujours un plaisir… Mieux, une joie…

Le tapis, un pilier du développement socioéconomique

Le gouvernorat de Kairouan occupe la première place à l’échelle nationale en matière de fabrication de tapis et de mergoums, une activité qui emploie 7.000 artisanes sur un total de 15.000 professionnels dans le tissage et 13.000 artisans dans différentes spécialités dont le cuivre, la menuiserie, la pâtisserie, la broderie, le cuir, la bijouterie et l’ébénisterie. Entre la «Alloucha» (tapis de haute laine d’agneau aux coloris discrets et naturels), les polychromes aux couleurs plus variées et le mergoum, les touristes n’ont que l’embarras du choix face à la multitude de toutes les varitétés dont la qualité finale s’évalue à la densité des points au mètre carré, au serrage des lignes transversales et à la perfection géométrique des motifs décoratifs. 

Notons, par ailleurs, que la médina de Kairouan, entourée de ses remparts, occupe un quadrilatère de presque 1 km de longueur et 500 mètres de largeur. C’est là que se trouvent les souks très animés le matin, qui occupent le centre de l’espace urbain et la rue qui relie les deux portes principales, à savoir la porte de Tunis et la porte des Martyrs. La médina regroupe également des quartiers populaires aux maisons cubiques.

Ces souks traditionnels, dans leur aspect actuel, datent des XVIIe et XVIIIe siècles et sont spécialisés par branches d’activité : souk de la laine, souk du cuir, des tisserands, des ciseleurs de tapis où se déroulent des ventes aux enchères au cours desquelles les grossistes viennent acheter leur production aux artisanes, etc.

Entre mythes et légendes

Plusieurs mythes et légendes se sont greffés à l’histoire de Kairouan et demeurent ancrés dans les esprits. En fait, la capitale aghlabide, où le moderne et le traditionnel cohabitent dans une merveilleuse harmonie, n’est ni légende, ni réalité : elle est les deux à la fois ou plutôt entre les deux. A cet effet, la tradition dit que sept visites à Kairouan équivalent à un pèlerinage à La Mecque.

La mosquée Okba, une des plus anciennes du Maghreb

Plusieurs monuments historiques continuent de séduire les touristes venant du monde entier pour apprécier notamment une référence de l’architecture musulmane aghlabide… Et parmi ces monuments figure la grande mosquée Okba, observable du ciel par son superbe minaret et qui est considérée comme le plus ancien et le plus prestigieux sanctuaire de l’Occident musulman.

Commencée en 669 sous le règne de Okba Ibn Nefaâ, le fondateur de la ville, elle doit sa morphologie et ses dimensions actuelles au prince aghlabide Ziyadat Allah I qui, en 836, démolit l’édifice et le reconstruit complètement. Le porche, surmonté d’une superbe coupole à canneliers et orné de décors en stuc, fut érigé par l’imam de la grande mosquée en 1316. Les autres portes datent des époques mouradite et huysseinite. Ainsi, tous les visiteurs et un grand nombre de chefs d’Etat ont été éblouis par cette superbe mosquée qui constitue le plus grand musée de chapiteaux romains et byzantins jamais réunis dans un monument musulman.

Rappelons dans ce contexte que le Président de la République, Kaïs Saïed, a choisi la mosquée Okba pour présenter ses vœux de l’Aïd Essghir au peuple tunisien, et ce, le soir du 30 mars 2025. Tout un symbole significatif à l’égard de Kairouan qui figure depuis 1988 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Et c’est dans ce contexte que le commissariat régional au tourisme déploie constamment des efforts, afin de mieux valoriser la Cité aghlabide sur le plan national et international et de mieux promouvoir les spécificités architecturales qui ont gardé les empreintes des siècles révolus. D’ailleurs, tout au long de l’année 2024, les arrivées globales de touristes s’élèvent à 43.792 et les nuitées à 66.734, et ce, au sein des 6 unités hôtelières, dont la capacité d’accueil est de 961 lits, sans compter les arrivées dans les superbes maisons d’hôtes, Dar Hassine Allani et Dar El Alouini.

En outre, on compte ouvrir, en 2025, six nouvelles maisons d’hôtes, ce qui pourra resorber les milliers de visiteurs, surtout pendant les fêtes religieuses, dont le Mouled.

L’Aïd Esseghir à Kairouan : Ambiance festive et réconciliation

Les derniers jours du mois de Ramadan ont été vécus, à Kairouan, dans une grande effervescence, notamment dans les souks, dans les mosquées et surtout à Sidi Sahbi qui ont reçu la visite d’un grand nombre de citoyens venus d’autres gouvernorats et ayant pris l’habitude de passer la Nuit du Destin à Kairouan.

La Presse — Olfa Ammari, originaire de Mahdia, est venue avec tous les membres de sa famille, et ce, pour circoncire son garçon Samir au mausolée du Barbier,  porté en triomphe au son d’une musique traditionnelle.

Voici son témoignage: «Nous aimons énormément l’ambiance magique de la Cité Aghlabide pendant les veillées ramadanesques, d’une part pour son côté spirituel et religieux, d’autre part pour la beauté de ses monuments historiques. De la majestueuse mosquée Okba-Ibn Nafaâ avec ses magnifiques colonnes de marbre et ses admirables sculptures, de la couleur ocre de ses remparts, de l’élégante mosquée du Barbier, de  l’impressionnant site des Bassins des Aghlabides avec les moellons arrondis, du patrimoine architectural des anciens souks et du charme des ruelles de la médina avec ses vieilles portes à clous, la ville d’Okba n’en finit pas de se raconter et de se révéler à tous les  visiteurs».

Par ailleurs, durant les trois jours précédant l’Aïd Esseghir, beaucoup de  mères  de famille ont préparé des pâtisseries traditionnelles dont le makroudh, le bachkoutou, la ghraïba et la zouza qui demeurent accessibles aux couches populaires…

Quant aux familles aisées, elles préparent les baklawas, les cornes de gazelles, les petits fours, etc.

Et juste la veille de  l’Aïd, au soir, la plupart des femmes commencent à préparer la mloukhia à feu très doux, qui sera prête pour le lendemain pour être servie au déjeuner, car elle est considérée comme porte-bonheur de par sa couleur verte.

Le soir, on se contente d’un plat léger, à savoir les hlalems, avec de la viande d’agneau.

A côté de cela, le jour de l’Aïd, on commence par aller dans les différentes mosquée pour la prière de l’Aïd, puis par la visite du cimetière pour se recueillir auprès des défunts, suivi ensuite par la visite des parents et des proches pour présenter ses vœux de bonne fête et pour échanger les pâtisseries.

Il va sans dire que ces rencontres favorisent les réconciliations et les retours d’affection dans une époque où les gens n’ont plus le temps de se rencontrer.

Ainsi, à l’occasion de l’Aïd, on est étonné puis ravi de la visite inattendue ou le coup de fil d’un parent demeuré longtemps sans nouvelles…

Les jouets des uns et les tablettes des autres

Toujours à l’occasion de l’Aïd, les parents prennent d’assaut les étalages de jouets bon marché, à savoir les poupées, les pistolets, les ballons, les toupies, les dominos, les jeux éducatifs, etc. Mais dans les quartiers résidentiels, les adolescents ne fêtent l’Aïd qu’avec les tablettes et les smartphones, comme nous le confie Wael A. 17 ans : «Comme c’est l’Aïd et que c’est les vacances, j’aime bien jouer avec mes amis sur ma tablette : Free Fire, Roblox, Fortnite, Mine Craft. J’apprécie également les jeux de cartes Potreman ou les hand spinners…».

Son ami Samir H., renchérit : «Moi, je préfère m’isoler pendant de longues heures dans ma chambre afin de jouer sur ma playstation Call of Duty, Apex Legenar (ce sont des jeux de tir à la première personne), Elden Ring, FC 25 (un jeu de football), etc. Ces jeux d’action et d’aventure m’ont appris la patience et m’ont aidé à développer mon intelligence et à savoir prendre les bonnes décisions… Et puis cela me procure beaucoup de suspense et de satisfaction».

Par ailleurs, enfin d’après midi, les cafés sont bondés et les femmes accompagnent leurs enfants aux différents manèges de la ville. Et cette frénésie festive ne s’estompe qu’à la tombée de la nuit, cédant la place à des rues presque vides aux antipodes des veillées ramadanesques si animées.

Fatma ZAGHOUANI

Kairouan – Ramadan : Le minaret de la mosquée Okba illuminé

Ville passerelle entre l’Orient et l’Occident, ville aux multiples facettes, cité de découvertes et de talents créatifs, Kairouan est célèbre par son ambiance ramadanesque très originale où l’hospitalité se mélange aux différentes festivités et cérémonies religieuses.

D’ailleurs, la ville aghlabide vit les derniers jours du mois saint dans une grande effervescence, notamment dans les mosquées où on a multiplié les prières et les introspections.

Évidemment, le point culminant de ce message de spiritualité, d’art et de tractations est célébré, lors de la Nuit du Destin, par l’organisation, à la grande mosquée Okba, d’une cérémonie solennelle ou un grand nombre de fidèles ont assisté à une conférence religieuse et à la distribution de prix aux lauréats du concours de récitation et de mémorisation du Coran.

Autre nouveauté pour cette année, la décision salutaire prise par les responsables régionaux et qui a consisté en l’illumination très spéciale du minaret de la grande mosquée, et ce, du 25 au 27 mars.

Ce qui a été très apprécié aussi bien par les Kairouanais que par les nombreux visiteurs venus d’autres gouvernorats afin d’assister à la Nuit du Destin et en profiter pour circoncire leurs enfants portés en triomphe au son d’une musique traditionnelle et de yoyous.

Par la même occasion, on a organisé un concours réservé aux jeunes artistes non professionnels à qui on a demandé de prendre en photo le minaret illuminé de la grande mosquée. Des prix seront offerts aux meilleurs participants qui ont su mettre en valeur la beauté du minaret haut de 31,5 mètres et qui s’élève en trois corps inégaux et superposés.

A l’exception de quelques ajouts au pavillon supérieur, il a été très bien conservé.

Rappelons que ce minaret est l’œuvre des princes aghlabides du IXe siècle et qu’il est inspiré du phare d’Alexandrie.

En outre, la grande mosquée de Kairouan est un symbole emblématique de la place qu’a occupée la cité des Aghlabides au IXe siècle sur le plan religieux et culturel dans le monde arabe.

Par ailleurs, beaucoup de mères de famille ont offert le «Moussem» (parfums, maquillage, chaussures, sous-vêtements, etc.) aux fiancées de leurs fils.

Et dans les différents quartiers et dans les souks, il y a beaucoup d’animation et les citoyens en profitent pour acheter les vêtements de l’Aïd et les pâtisseries et pour venir en aide aux plus démunis, surtout que le mois saint tire à sa fin et que la générosité joue son rôle pour tous ceux qui veulent faire du bien.

Il va sans dire que l’Aïd Esseghir est toujours célébré avec éclat, marqué notamment par la visite des parents et des proches, le partage de pâtisseries traditionnelles et modernes, l’achat de jouets aux enfants et la visite des cimetières. Outre les rencontres entre amis dans les différents cafés et salons de thé. Et cette frénésie festive ne s’estompe qu’à la tombée du jour, cédant la place à des rues presque vides et à un silence étrange aux antipodes des veillées ramadanesques si animées.

Jamais fête religieuse n’a autant rapproché les gens, soudé les familles, réconcilié, provoqué des retours d’affection… On s’en  étonne, on en parle partout, on est parfois étonné puis ravi de la visite inattendue ou le coup de fil d’un parent ou d’un ami demeuré longtemps sans nouvelles. Et malgré l’évolution des mentalités des générations actuelles, lors des fêtes religieuses notamment, les coutumes restent cependant appréciées à leur juste valeur et solidement ancrées dans les familles kairouanaises traditionnelles;

De telles occasions consolident davantage l’unité de la famille fort heureusement d’ailleurs. Et bonne fête à tous…

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