Le commerce Ă©lectronique est en train de transformer le paysage Ă©conomique de lâAfrique, crĂ©ant de nouvelles opportunitĂ©s de croissance rĂ©elle. Ce changement important sâest produit alors que lâaccord sur la Zone de libre-Ă©change continentale africaine (Zlecaf) et ses protocoles ont commencĂ© Ă jouer un rĂŽle crucial dans lâaugmentation du commerce intra-africain, stimulant la croissance Ă©conomique et le dĂ©veloppement Ă travers le continent.
En particulier, le protocole de la Zlecaf sur le e-commerce, le premier du genre dans le monde, et le protocole sur le commerce des services changent la donne en cette pĂ©riode charniĂšre, un point dâinflexion dans le parcours africain. La Zlecaf devrait faire passer le commerce intra-africain de 18% en 2022 Ă 50% dâici Ă 2030, selon les estimations de la BAD. Le e-commerce en est un Ă©lĂ©ment clĂ©, lâĂ©conomie de lâinternet devant contribuer Ă hauteur de 5,2% au PIB de lâAfrique cette annĂ©e, selon la Banque mondiale. Dâores et dĂ©jĂ , le commerce digital et celui des services sont reconnus comme des moteurs essentiels de la transformation Ă©conomique du continent, contribuant Ă la diversification des Ă©conomies, Ă lâaccroissement de la compĂ©titivitĂ© et Ă lâamĂ©lioration de la productivitĂ©. LâĂ©conomie numĂ©rique du continent devrait atteindre 180 milliards de dollars fin 2025, contre 115 milliards de dollars en 2020, crĂ©ant de nouvelles opportunitĂ©s et dĂ©veloppant le commerce rĂ©gional. En termes de crĂ©ation dâemplois, la Banque mondiale estime que les technologies numĂ©riques peuvent crĂ©er plus de 10 millions dâemplois en Afrique Ă la fin de 2025, principalement dans le secteur des services. Pour que le continent y parvienne, la Zlecaf devrait catalyser la crĂ©ation de nouvelles opportunitĂ©s dâemploi dans divers secteurs, notamment les services, lâindustrie manufacturiĂšre et lâagriculture, grĂące Ă lâexpansion du commerce rĂ©gional. En consĂ©quence, la mise en Ćuvre initiale de cet accord a dĂ©montrĂ© quâelle offrait aux PME et aux particuliers de nouvelles possibilitĂ©s de commerce transfrontalier de services et de marchandises, favorisant progressivement un marchĂ© unique de 1,4 milliard de personnes, avec le secteur des services en tĂȘte en termes de contribution au PIB pour la plupart des Ă©conomies africaines. Aujourdâhui, la fintech est lâune des industries de services les plus solides dâAfrique, avec un marchĂ© qui devrait atteindre 3,3 milliards de dollars en 2025. Cette croissance est due Ă lâadoption croissante des paiements mobiles, des services bancaires en ligne et dâautres services financiers numĂ©riques. En outre, lâĂ©conomie crĂ©ative et le commerce Ă©lectronique sont dâimportantes industries de services en Afrique. Lâindustrie musicale du continent devrait Ă elle seule gĂ©nĂ©rer 1,3 milliard de dollars de recettes dâici Ă 2025, selon PwC, grĂące Ă la demande croissante de musique, de films et dâautres contenus crĂ©atifs africains. Le marchĂ© du commerce Ă©lectronique connaĂźt Ă©galement une croissance rapide et devrait atteindre 75 milliards de dollars cette annĂ©e, selon McKinsey.
LâAPPORT DE LA ZLECAF
La finance numĂ©rique, lâe-santĂ© et lâe-learning connaissent Ă©galement une croissance rapide, en raison de lâadoption croissante des nouvelles technologies et de la nĂ©cessitĂ© de trouver des solutions innovantes pour relever les dĂ©fis du dĂ©veloppement du continent. En outre, la montĂ©e en puissance des licornes africaines, telles quâInterswitch, Wave ou MNT-Halan, dĂ©montre le potentiel de lâAfrique Ă crĂ©er des entreprises prospĂšres et Ă©volutives dans des secteurs axĂ©s sur les services. Dans lâensemble, la force dans les industries de services est catalysĂ©e par la croissance de lâĂ©conomie numĂ©rique, alimentĂ©e par un entrepreneuriat innovant et une demande croissante de services numĂ©riques. MalgrĂ© ce potentiel, plusieurs dĂ©fis ont entravĂ© leur dĂ©veloppement. La fragmentation de la rĂ©glementation et lâincohĂ©rence des normes transfrontaliĂšres sont des obstacles majeurs qui empĂȘchent les fournisseurs de services numĂ©riques dâopĂ©rer de maniĂšre transparente dans diffĂ©rents pays. LâaccĂšs limitĂ© au financement pour les fournisseurs de services digitaux, le manque dâinclusion numĂ©rique, les dĂ©ficits dâinfrastructure et de connectivitĂ©, et le dĂ©ficit de compĂ©tences contribuent tous aux dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©s le e-commerce et le commerce des services. En outre, les problĂšmes de cybersĂ©curitĂ©, notamment les menaces croissantes et les violations de donnĂ©es, compromettent lâintĂ©gritĂ© des transactions commerciales numĂ©riques et Ă©rodent la confiance dans les services numĂ©riques. Pour relever ces dĂ©fis, diverses solutions sont mises en Ćuvre. Par exemple, la Zlecaf harmonise actuellement les rĂ©glementations et les normes sur lâensemble du continent, facilitant ainsi la croissance du commerce numĂ©rique. En outre, des initiatives telles que le systĂšme panafricain de paiement et de rĂšglement dâAfreximbank, lâinitiative Digital Africa de la BAD et lâinitiative Digital Economy for Africa de la Banque mondiale sâefforcent dâamĂ©liorer lâinfrastructure, de renforcer les compĂ©tences et de promouvoir lâinclusion numĂ©rique. Des mesures de cybersĂ©curitĂ©, telles que la Convention sur la cybersĂ©curitĂ© de lâUnion africaine, sont mises en Ćuvre pour protĂ©ger les transactions commerciales numĂ©riques et renforcer la confiance dans les services numĂ©riques.
LE NIGERIA, DU POTENTIEL AU LEADERSHIP
Les pays du continent pourront sâinspirer des leaders africains du commerce numĂ©rique qui travaillent sur le protocole sur le commerce numĂ©rique de lâaccord Zlecaf. Ils doivent sâefforcer de renforcer lâharmonisation des politiques en alignant les rĂ©glementations nationales sur les cadres de lâaccord, en amĂ©liorant la facilitation du commerce grĂące Ă des processus douaniers numĂ©riques et Ă des politiques de commerce Ă©lectronique, et en dĂ©veloppant lâinfrastructure numĂ©rique en augmentant la pĂ©nĂ©tration du haut dĂ©bit et en encourageant les investissements public-privĂ© dans la connectivitĂ©. Lâapproche de la facilitation numĂ©rique du commerce est cruciale. LâĂ©largissement de lâaccĂšs au haut dĂ©bit, la modernisation des procĂ©dures douaniĂšres pour le commerce Ă©lectronique et la garantie de lâinteropĂ©rabilitĂ© des systĂšmes de paiement seront essentiels pour stimuler la croissance inclusive. Le pays qui renforce son engagement dans les cadres commerciaux rĂ©gionaux et harmonise ses rĂ©glementations numĂ©riques se positionnera comme la plaque tournante continentale pour les exportations de services numĂ©riques, facilitant les transactions transfrontaliĂšres, encourageant lâinnovation et attirant les investissements mondiaux. Pour le moment, câest le Nigeria qui joue ce rĂŽle, et ce nâest pas tout. Avec la taille de son marchĂ©, son esprit dâentreprise et son infrastructure en pleine expansion, ce pays possĂšde tous les ingrĂ©dients nĂ©cessaires pour ĂȘtre Ă lâavant-garde de la transformation de lâAfrique. Il a rĂ©alisĂ© des progrĂšs significatifs dans la libĂ©ralisation des secteurs prioritaires de la Zlecaf, comme lâindustrie agroalimentaire, les produits pharmaceutiques, le transport et la logistique, ainsi que lâautomobile, en sâalignant sur les efforts dâintĂ©gration commerciale rĂ©gionale. Avec un secteur des services contribuant pour plus de 50% au PIB, le Nigeria est dĂ©jĂ un leader rĂ©gional en matiĂšre de technologies financiĂšres, dâindustries crĂ©atives, de services professionnels et de plateformes numĂ©riques. La rĂ©volution fintech du pays, qui abrite 5 des 9 licornes africaines, dont Flutterwave, Interswitch, Moniepoint et OPay, a favorisĂ© les paiements transfrontaliers, lâadoption de lâargent mobile et lâinclusion financiĂšre, en alimentant les transactions numĂ©riques sur tout le continent. ParallĂšlement, lâĂ©conomie crĂ©ative florissante du Nigeria dĂ©montre comment les plateformes numĂ©riques peuvent transformer les biens culturels en services exportables Ă lâĂ©chelle mondiale, façonnant et redĂ©finissant les perceptions prĂ©conçues sur le continent. Les entreprises dâexternalisation des technologies de lâinformation se dĂ©veloppent sur de nouveaux marchĂ©s, renforçant ainsi la position du pays dans lâĂ©conomie de la connaissance en Afrique. Des initiatives telles que le National Talent Export Program et lâOutsource to Nigeria Initiative favorisent cette croissance et ouvrent des possibilitĂ©s dâaccĂšs Ă des talents nigĂ©rians de grande qualitĂ© Ă lâĂ©chelle mondiale. Dans le domaine des services professionnels, les services juridiques, de conseil et de comptabilitĂ© ainsi que lâessor des solutions de santĂ© et dâapprentissage en ligne soulignent le rĂŽle du pays dans la fourniture de services axĂ©s sur la technologie qui comblent les lacunes continentales dans les domaines de la santĂ© et de lâĂ©ducation. La voie Ă suivre exige une action dĂ©libĂ©rĂ©e, des stratĂ©gies audacieuses et tournĂ©es vers lâavenir qui remĂ©dient aux carences et transforment les dĂ©fis en opportunitĂ©s. Le Nigeria dispose du marchĂ©, des talents et de la dynamique numĂ©rique nĂ©cessaires pour mener la rĂ©volution du commerce numĂ©rique. Le leadership nâest pas seulement une question de potentiel, câest une action dĂ©libĂ©rĂ©e et stratĂ©gique. En alignant les politiques, les infrastructures et les efforts de collaboration, Abuja peut passer du statut dâacteur clĂ© Ă celui de leader incontestĂ© du commerce numĂ©rique en Afrique et pour lâAfrique.
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