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Etats-Unis | Avis aux demandeurs de visa

L’ambassade des États-Unis en Tunisie a publiĂ© un communiquĂ© ce mercredi 2 avril 2025, adressĂ© aux demandeurs de visa, leur recommandant d’éviter de recourir Ă  des intermĂ©diaires et de payer des frais supplĂ©mentaires.

Dans le cas oĂč les informations figurant sur la demande de visa s’avĂšrent fausses (comme le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone du demandeur ou son adresse e-mail), l’ambassade se rĂ©serve le droit d’annuler le rendez-vous en question.

Les demandeurs de visas sont responsables de l’exactitude et de la vĂ©racitĂ© des informations figurant dans leur demande, souligne l’ambassade.

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La BCT baisse son taux directeur de 50% | La montagne accouche d’une souris !

L’auteur de cet article, un Ă©conomiste spĂ©cialiste en thĂ©orie monĂ©taire et expert international, considĂšre que la derniĂšre dĂ©cision prise par la Banque centrale de Tunisie (BCT) de rĂ©duire son taux directeur de 50%, va certes dans le bon sens, mais est de loin trop timide pour provoquer une reprise de confiance des investisseurs et une vĂ©ritable bouffĂ©e d’oxygĂšne pour les opĂ©rateurs Ă©conomiques. L’article se termine par la proposition de mesures monĂ©taires choc afin de relancer la croissance Ă©conomique et sortir l’économie du marasme qu’elle connaĂźt depuis plusieurs annĂ©es. Son analyse, objective et basĂ©e sur les enseignements de la science Ă©conomique, ne prĂ©sage rien de bon si un tel Ă©lectrochoc d’ordre monĂ©taire n’est pas dĂ©cidĂ© dans les plus brefs dĂ©lais, y compris s’il le faut par un dĂ©cret prĂ©sidentiel, pour remettre l’économie tunisienne sur les rails de la croissance Ă©conomique et de la crĂ©ation d empois et de richesses.

Dr. Sadok Zerelli

Tous les opĂ©rateurs Ă©conomiques, mĂȘmes des observateurs et experts comme moi-mĂȘme, attendaient avec impatience que la BCT se dĂ©cide enfin Ă  desserrer l’étau qu’elle maintenait sur les opĂ©rateurs Ă©conomiques avec un taux directeur qu’elle a augmentĂ© Ă  huit reprises depuis la promulgation de la loi de 2016 qui lui accorde l’autonomie de dĂ©cision, et l’a portĂ© jusqu’à 8%, niveau auquel il se situe depuis deux ans. Ni la nomination d’un nouveau gouverneur, qui n’a fait que reconduire la politique de son prĂ©dĂ©cesseur, ni les pressions exercĂ©es par le PrĂ©sident de la RĂ©publique lui-mĂȘme qui, bien que juriste de formation, a bien compris le caractĂšre nocif d’un taux directeur aussi Ă©levĂ© et l’inefficacitĂ© de la politique monĂ©taire menĂ©e par la BCT, sous le prĂ©texte de lutter contre l’inflation, n’y ont rien fait

Finalement, la montagne a accouchĂ© d’une souris et la BCT a bien voulu baisser son taux directeur de 50%, le ramenant de 8% Ă  7,5%, comme si cette baisse infime va changer grand-chose dans le comportement des agents Ă©conomiques et permettre de relancer les investissements, la crĂ©ation d’emplois et la croissance Ă©conomique qui stagne depuis plusieurs annĂ©es entre 1% et 2%, justement depuis que la BCT mĂšne cette politique monĂ©taire trĂšs restrictive basĂ©e sur une spirale d’accroissement de son taux directeur, dans l’espoir d’arriver Ă  maĂźtriser l’inflation, objectif qu’elle a lamentablement Ă©chouĂ© Ă  atteindre puisque celle-ci avait plafonnĂ© Ă  11,3% et qu’elle demeure encore aujourd’hui relativement Ă©levĂ©e (7% en 2024, pour un taux de croissance du PIB qui n’a pas dĂ©passĂ© 1,4% pour la mĂȘme annĂ©e, soit une baisse du pouvoir d’achat gĂ©nĂ©ral et du niveau de vie de la population de 5,6% pour cette seule annĂ©e). 

Plus dĂ©cevant encore est le fait que la BCT a baissĂ© par le mĂȘme communiquĂ© le taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne de 50% aussi, le ramenant de 7% Ă  6,5% et annihilant ainsi du mĂȘme coup le peu d’effet que pourrait avoir la baisse de 50% de son taux directeur.

En tant qu’économiste universitaire ayant enseignĂ© pendant des annĂ©es la thĂ©orie monĂ©taire et expert international ayant plus de vingt ans d’expĂ©rience dans une trentaine de pays africains pour le compte de grands bailleurs de fonds (BAD, BEI, Banque Mondiale, UE
), je dĂ©nonce dans le prĂ©sent article la timiditĂ© voire l’inefficacitĂ© de cette dĂ©cision pour relancer les investissements et sortir l’économie nationale de sa torpeur et je propose Ă  la fin de mon analyse les mesures choc d’ordre monĂ©taire qu’il faudrait prendre, Ă  mon avis, pour provoquer un vĂ©ritable soubresaut et remettre notre Ă©conomie sur le chemin de la croissance et de la crĂ©ation d’emplois et de richesses.

En introduction, je voudrais faire remarquer Ă  l’attention de mes fidĂšles lecteurs et lectrices qui ont dĂ©jĂ  lu un ou plusieurs de mes prĂ©cĂ©dents articles sur ce mĂȘme sujet (au moins une bonne quinzaine publiĂ©s depuis trois ou quatre ans dans Kapitalis) que la plupart des idĂ©es et arguments que je prĂ©sente dans le prĂ©sent article ne sont pas vraiment nouveaux, mais quitte Ă  me rĂ©pĂ©ter, j’en reprends un certain nombre pour argumenter le prĂ©sent article et convaincre les plus sceptiques et les plus hauts responsables du pays de l’inefficacitĂ© et de la nuisance de la politique monĂ©taire que la BCT mĂšne depuis 2016, et de la pertinence des mesures que je propose Ă  la place.

Pour la facilité de compréhension de mon analyse, je vais la présenter, dans le langage le plus simple et accessible au grand public, idée par idée ou argument par argument.

Argument 1 / La premiĂšre fonction d’un Institut d’Emission est de financer l’activitĂ© Ă©conomique

Fixer et inscrire dans le statut mĂȘme de la BCT que sa premiĂšre mission est la lutte contre l’inflation comme l’ont fait les dĂ©putĂ©s qui ont Ă©laborĂ© et votĂ© cette loi de 2016 est une preuve de leur ignorance totale des enseignements de la science Ă©conomique et des mĂ©canismes de base de financement d’une Ă©conomie. Je leur rappelle que la thĂ©orie monĂ©taire est une discipline universitaire qui s’enseigne dans toutes les facultĂ©s de sciences Ă©conomiques du monde et dont certains spĂ©cialistes ont obtenu le prix Nobel en Ă©conomie pour leurs travaux de recherche dans ce domaine. Ne s’improvise pas Ă©conomiste qui veut, surtout spĂ©cialiste en Ă©conomie monĂ©taire, une des disciplines parmi les plus complexes et difficiles de la science Ă©conomique, en particulier nos ex-lĂ©gislateurs en herbe.

Ces ex-dĂ©putĂ©s amateurs en politique auraient dĂ» savoir que la premiĂšre responsabilitĂ© de la BCT est d’abord de veiller Ă  la solvabilitĂ© de l’ensemble du systĂšme bancaire (en imposant Ă  chaque banque de dĂ©tenir un minimum de rĂ©serves obligatoires pour faire face Ă  des demandes de retraits de dĂ©pĂŽts), ensuite de mettre Ă  la disposition de l’ensemble des agents Ă©conomiques, y compris l’Etat, assez de liquiditĂ©s pour leur permettre de financer leurs activitĂ©s Ă  travers ce qu’on appelle le processus de refinancement des banques commerciales (achat et vente de titres de crĂ©ance publics et privĂ©s sur le marchĂ© monĂ©taire, ce qu’on appelle des opĂ©rations d’open market). Sa responsabilitĂ© dans la lutte contre l’inflation n’arrive qu’en troisiĂšme position et se limite au contrĂŽle de la masse monĂ©taire en circulation et la fixation du taux directeur qui sert de  base de calcul du taux du marchĂ© monĂ©taire (TMM) qui lui-mĂȘme sert de base de calcul des taux d’intĂ©rĂȘt dĂ©biteurs que les banques appliquent Ă  leurs clients (TMM + une marge bĂ©nĂ©ficiaire de 4 Ă  5 points selon les banques, soir 12 Ă  13% pour un taux directeur de 8%).

En matiĂšre de politique monĂ©taire, ce qui est fondamental de savoir et que les responsables de notre banque centrale semblent ignorer, est que le taux directeur d’une banque centrale est LA variable de base qui dĂ©termine l’équilibre macroĂ©conomique gĂ©nĂ©ral dans une Ă©conomie, en assurant l’équilibre simultanĂ© sur le marchĂ© des biens et services (tel que l’épargne est Ă©gale Ă  l’investissement) et l’équilibre sur le marchĂ© monĂ©taire (tel que l’offre de monnaie est Ă©gale Ă  la demande de monnaie). Selon le niveau du taux directeur de la banque centrale, cet Ă©quilibre gĂ©nĂ©ral peut correspondre Ă  un Ă©quilibre de plein emploi sans chĂŽmage ou un Ă©quilibre de sous-emploi avec chĂŽmage involontaire, comme c’est le cas en Tunisie oĂč la croissance Ă©conomique n’a jamais Ă©tĂ© aussi faible et le chĂŽmage aussi Ă©levĂ© que depuis que la BCT a enclenchĂ© cette spirale infernale et stupide d’accroissement de son taux directeur (Je renvoie Ă  ce sujet les  responsables de notre BCT aux travaux de recherche et au modĂšle du type keynĂ©sien IS/LM dĂ©veloppĂ© par Hicks et pour lesquels il a reçu le Prix Nobel en Ă©conomie).

Argument 2 / L’inflation n’est pas un phĂ©nomĂšne monĂ©taire 

Il n’est pas nĂ©cessaire d’ĂȘtre un Ă©minent Ă©conomiste ni l’un de ces  Â«professeurs des universitĂ©s» en sciences Ă©conomiques qui n’ont que le titre et qui ne publient jamais aucun article, pour savoir qu’il existe quatre causes principales d’inflation, sur trois desquelles le taux directeur de la BCT ne peut avoir aucun effet. Cette rĂ©alitĂ© explique pourquoi, malgrĂ© les huit accroissements successifs auxquels la BCT a procĂ©dĂ© depuis sept Ă  huit ans jusqu’à le porter 8% depuis deux ans, celle-ci n’a jamais rĂ©ussi Ă  la ramener au niveau oĂč elle Ă©tait avant l’adoption de la loi de 2016 (4%) et l’inflation reste Ă©levĂ©e encore aujourd’hui (7% pour 2024, aprĂšs avoir atteint mĂȘme 11,3% en 2022/2023).

Je dois faire remarquer Ă  ce sujet que la baisse relative de l’inflation qu’on enregistre depuis deux ans n’est pas due au succĂšs de la politique monĂ©taire du taux directeur, comme les responsables de la BCT s’en vantent, mais Ă  baisse de la demande intĂ©rieure en raison du blocage des salaires et de la baisse du pouvoir d’achat d’un cĂŽtĂ©, et d’une dĂ©tente des cours du pĂ©trole et des matiĂšres premiĂšres sur le marchĂ© international de l’autre.

La premiĂšre cause de l’inflation en Tunisie est le dĂ©sĂ©quilibre entre l’offre et la demande sur chacun des marchĂ©s de biens ou services. Lorsque l’offre globale (production locale plus importations,) diminue ou reste stable, alors que la demande globale (consommation intĂ©rieure plus exportation) augmente, les prix s’élĂšvent pour ajuster l’offre Ă  la demande.

Ce phĂ©nomĂšne est aggravĂ© par l’opacitĂ© des circuits de distribution et les spĂ©culateurs qui y sĂ©vissent Ă  tous les niveaux.

Compte tenu du stress hydrique en Tunisie, de la baisse de la production agricole et des contraintes d’importations posĂ©es par la BCT pour prĂ©server les rĂ©serves en devises pour pouvoir payer les Ă©chĂ©ances de la dette extĂ©rieure, on peut considĂ©rer que cette premiĂšre cause est responsable d’au moins 30% ou 40% de l’inflation globale, sur laquelle le niveau du taux directeur ne peut avoir aucun effet.

Pire, en rendant le crĂ©dit plus cher pour les entreprises qui veulent investir et accroĂźtre leur production pour satisfaire la demande, on peut accuser cette politique du taux directeur Ă©levĂ© de gĂ©nĂ©rer et alimenter l’inflation au lieu de la combattre.

 La deuxiĂšme cause de l’inflation est celle importĂ©e Ă  travers notre commerce extĂ©rieur et qui est dĂ» Ă  l’accroissement des cours du pĂ©trole et certaines matiĂšres premiĂšres et produits agricoles sur le marchĂ© international, aggravĂ© par la dĂ©prĂ©ciation lente et continue du taux de change du dinar, qui est une rĂ©sultante directe du dĂ©ficit de notre balance des paiements.

Il est Ă©vident que le taux directeur de la BCT est impuissant pour lutter contre cette deuxiĂšme source de l’inflation qui est loin d’ĂȘtre nĂ©gligeable compte de tenu de la grande ouverture de notre Ă©conomie 

La troisiĂšme cause est l’accroissement des coĂ»ts de production des entreprises, salaires, matiĂšres premiĂšres, taxes, etc. LĂ  encore, en augmentant les taux d’intĂ©rĂȘt et les charges de financement des entreprises les obligeant Ă  les rĂ©percuter sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite, on peut accuser la politique du taux directeur Ă©levĂ© de la BCT de contribuer Ă  crĂ©er de l’inflation au lieu de la combattre.

Il ne reste donc plus Ă  mon sens que 10 ou 20% d’inflation qui est d’origine strictement monĂ©taire que la BCT pourrait combattre en augmentant son taux directeur dans l’espoir que cela va rĂ©duire les crĂ©dits accordĂ©s par les banques et donc la masse monĂ©taire en circulation, si les conditions de rĂ©ussite de cette politique sont remplies, ce qui est loin d’ĂȘtre le cas comme je vais l’expliquer par la suite.

Argument 3 / Les conditions de rĂ©ussite d’une politique de type monĂ©tariste ne sont pas rĂ©unies en Tunisie 

L’ex-Gouverneur, qui est Ă  l’origine de la loi d’indĂ©pendance de la BCT et qui l’a dirigĂ©e jusqu’à son remplacement il y moins d’un an, a appliquĂ© sur recommandation du FMI (selon ses dires) et probablement sans le savoir (encore moins pour le nouveau qui n’est mĂȘme pas un Ă©conomiste spĂ©cialiste en Ă©conomie monĂ©taire mais en Ă©conomie de l’énergie) une politique monĂ©taire de type monĂ©tariste basĂ©e sur les enseignements de la thĂ©orie quantitative de la monnaie dont le chef de file est l’AmĂ©ricain Milton Friedmann.

Cette thĂ©orie repose sur une fameuse «Equation de Cambridge» qui stipule que lorsque la masse monĂ©taire en circulation baisse suite Ă  une augmentation du taux directeur (ou des rĂ©serves obligatoires imposĂ©es aux banques, une autre politique monĂ©taire alternative), le niveau gĂ©nĂ©ral des prix baisse automatiquement pour le mĂȘme niveau de la production (PIB) si la vitesse de circulation de la monnaie reste constante Ă  court terme (nombre de fois oĂč un dinar change de mains durant une pĂ©riode de temps donnĂ©e,)

Or, en Tunisie cette condition fondamentale pour la rĂ©ussite d’une politique monĂ©taire de type monĂ©tariste n’est pas remplie Ă  cause de l’importance du secteur informel ou de ce qu’on appelle l’économie souterraine (54% du PIB selon certains experts) oĂč le volume et le nombre de transactions s’accroĂźt Ă  chaque fois que la BCT Ă©lĂšve son taux directeur, obligeant davantage d’opĂ©rateurs Ă©conomiques Ă  recourir Ă  des financements hors des circuits bancaires classiques. Les Ă©conomistes appellent cela les mĂ©canismes de transmission entre l’économie rĂ©elle et l’économie monĂ©taire, qui sont d’autant plus faibles en Tunisie que, selon une Ă©tude de Fich Solutions, seuls 35% des Tunisiens disposent d’un compte courant bancaire ou postal.

Argument 4 | L’inefficacitĂ© de la politique d’«ajouter de l’eau, ajouter de la semoule»

Ce proverbe tunisien illustre bien Ă  mon sens la politique monĂ©taire appliquĂ©e par la BCT depuis qu’elle est indĂ©pendante, qui consiste Ă  lutter contre l’inflation par un accroissement de son taux directeur qui lui-mĂȘme contribue Ă  crĂ©er davantage d’inflation (en rendant plus cher les crĂ©dits pour les entreprises qui veulent investir ou accroĂźtre leur production et en les obligeant Ă  rĂ©percuter l’accroissement de leurs charges de financement sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite), ce qui engendre un autre accroissement du taux directeur
 

Argument 5 | La baisse simultanĂ©e du taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne de 50% annule les effets possibles de la baisse de 50% du taux directeur 

Dans l’un de mes articles, j’avais expliquĂ©, analyse des agrĂ©gats macro-Ă©conomiques Ă  l’appui, que le problĂšme numĂ©ro un de l’économie tunisienne, Ă  l’origine de tous les autres (faiblesse des investissements, de la croissance Ă©conomique, accroissement du chĂŽmage, de l’inflation, dĂ©ficit de la balance des paiements, dĂ©prĂ©ciation du dinar, baisse du niveau de vie, etc.) est la faiblesse de l’épargne nationale qui est passĂ©e de 27% du PIB en 2010 Ă  6% actuellement. Une des causes principales est que depuis que l’inflation s’est emballĂ©e, soit pratiquement depuis 2017, le taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne est restĂ© presque le mĂȘme rĂ©duisant ainsi le taux de rĂ©munĂ©ration rĂ©el de l’épargne.

Or, les mĂ©nages ne sont pas dupes et mĂȘme ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une Ă©cole, comprennent instinctivement qu’ils n’ont pas intĂ©rĂȘt Ă  Ă©pargner parce qu’ils seront perdants en termes de pouvoir d’achat.

Pire, dans un contexte inflationniste comme celui que nous connaissons depuis plusieurs annĂ©es, lorsque les opĂ©rateurs Ă©conomiques n’ont pas confiance dans la capacitĂ© des autoritĂ©s monĂ©taires pour maĂźtriser l’inflation, ils ont tendance Ă  accĂ©lĂ©rer leurs consommations Ă  court terme parce qu’ils anticipent une inflation plus grande dans le futur (d’aprĂšs la thĂ©orie des anticipations rationnelles de Lucas).

C’est exactement ce qui se passe en Tunisie oĂč la consommation intĂ©rieure ne diminue pas malgrĂ© l’augmentation continue du taux directeur de la BCT et en consĂ©quence des taux d’intĂ©rĂȘt dĂ©biteurs appliquĂ©s par les banques commerciales Ă  leurs clients. La seule rĂ©sultante certaine de cette politique monĂ©taire est une baisse de l’épargne et un accroissement de l’endettement des mĂ©nages et des entreprises.

Dans ce sens, je peux affirmer sans que la dĂ©cision de baisser de 50% le taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne va Ă  contre sens et annule les effets possibles sur le comportement des agents Ă©conomiques de sa dĂ©cision de rĂ©duire son taux directeur de 50% aussi.

La seule explication que personnellement je trouve (il y a toujours une explication derriĂšre chaque dĂ©cision, il suffit de bien chercher) est que la BCT tient Ă  garder intacte la marge bĂ©nĂ©ficiaire des banques qui provient de la diffĂ©rence entre le taux de rĂ©munĂ©ration des dĂ©pĂŽts d’épargne qu’elles reçoivent et le taux d’intĂ©rĂȘt dĂ©biteur qu’elles appliquent Ă  leurs clients. A partir du moment oĂč elles seront obligĂ©es de rĂ©percuter la baisse de 50% du taux directeur sur leurs taux d’intĂ©rĂȘts dĂ©biteurs, la baisse de 50% du taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne leur permet de prĂ©server leurs marges bĂ©nĂ©ficiaires. Pour moi, c’est une preuve de plus que notre banque centrale est au service des lobbies bancaires avant d’ĂȘtre au service de l’économie nationale 

Argument 6 | La politique monĂ©taire alternative 

A supposer que l’école de pensĂ©e monĂ©tariste Ă  laquelle semblent adhĂ©rer consciemment ou pas l’ex comme le nouveau gouverneur de notre BCT soit juste (beaucoup d’économistes, comme moi-mĂȘme, n’en sont pas convaincus – voir mon article oĂč je prĂ©sente les diffĂ©rentes Ă©coles de pensĂ©es Ă©conomiques et intitulĂ© «Quel modĂšle de dĂ©veloppement Ă©conomique pour la Tunisie de Kais SaĂŻed ?»), Ă  savoir qu’il suffit de contrĂŽler la masse monĂ©taire en circulation pour contrĂŽler l’inflation, les Ă©conomistes monĂ©taristes eux-mĂȘmes, Friedmann en premier lieu, mentionnent clairement qu’il existe un autre moyen pour arriver Ă  contrĂŽler la masse monĂ©taire en circulation : le taux de rĂ©serves obligatoires que les banques commerciales sont tenues de dĂ©tenir, par des circulaires de la banque centrale

Il faut savoir Ă  ce sujet qu’en Tunisie, environ 80% de la masse monĂ©taire en circulation est sous forme de monnaie scripturale, c’est-Ă -dire de monnaie crĂ©Ă©e par les banques commerciales Ă  l’occasion des crĂ©dits qu’elles accordent Ă  leurs clients. Or, on dĂ©montre mathĂ©matiquement, que le processus de crĂ©ation monĂ©taire par les banques commerciales est une suite algĂ©brique qui converge vers l’inverse du taux de rĂ©serves obligatoires. Cela veut dire qu’augmentant par circulaire le taux moyen des rĂ©serves obligatoires des banques commerciales par exemple de 5% seulement, rĂ©duit automatiquement de 20 fois leur capacitĂ© de crĂ©er de la monnaie scripturale et gonfler ainsi la masse monĂ©taire en circulation.

La question que tout un chacun(e) se pose est : puisque c’est si facile et plus efficace, pourquoi la BCT n’applique-t-elle pas cette politique des rĂ©serves obligatoires? La seule rĂ©ponse que j’ai est que si elle le fait, les banques commerciales vont pouvoir accorder beaucoup moins de crĂ©dit et donc gagner beaucoup moins de bĂ©nĂ©fices alors qu’en augmentant son taux directeur, les banques commerciales vont faire beaucoup plus de bĂ©nĂ©fices, surtout Ă  cause de cet article 25 de la loi de 2016 qui interdit au TrĂ©sor d’emprunter directement auprĂšs de la banque centrale et l’oblige Ă  Ă©mettre des bons du TrĂ©sor dont le taux de rĂ©munĂ©ration est d’autant plus Ă©levĂ© que le taux directeur de la BCT est Ă©levĂ©. C’est aussi simple et aussi choquant que cela. Un Ă©conomiste qui enseigne et vit au Canada, Moktar Lamari pour ne pas le nommer, dont les analyses et conclusions rejoignent totalement les miennes, parle de «vampirisation» de l’économie nationale par le lobby bancaire avec la BCT Ă  sa tĂȘte, un terme que je n’ai jamais entendu ou lu mais que je reprends Ă  mon compte.

Argument 7 | OpacitĂ© des dĂ©cisions de la BCT 

Aujourd’hui, la mode parmi les hauts responsables de l’Etat est de se cacher derriĂšre telle ou telle commission, tel ou tel conseil d’administration ou structure administrative pour Ă©chapper Ă  leurs responsabilitĂ©s et ne pas subir les consĂ©quences de leurs dĂ©cisions. Cela permet aussi de donner l’impression au public que c’était la bonne dĂ©cision Ă  prendre puisqu’elle a Ă©tĂ© dĂ©battue et votĂ©e souvent Ă  l’unanimitĂ© des membres de cette structure administrative ou CA.

Dans le cas de la BCT, aussi bien l’ex que le nouveau gouverneur excellent dans cet art dilatoire de responsabilitĂ© et commencent toujours la moindre dĂ©claration par : le CA a dĂ©cidé  comme s’ils ne sont eux-mĂȘmes que les porte-paroles de leur CA et non pas des Gouverneurs payĂ©s 120 000 dinars par an avec Mercedes, chauffeur, etc., pour tracer et assumer la responsabilitĂ© de la politique monĂ©taire Ă  mener dans le pays.  

A propos de ce mystĂ©rieux CA de la BCT, il faut savoir que la liste, les CV, et l’expĂ©rience de ses membres n’est jamais Ă©tĂ© publiĂ©e. C’est dĂ©jĂ  une entorse de taille Ă  la transparence des dĂ©cisions prises par ce fameux CA. Tout ce qu’on sait est qu’ils sont une vingtaine, souvent des directeurs gĂ©nĂ©raux d’administration nommĂ©s par leur ministre de tutelle pour reprĂ©senter leurs dĂ©partements ministĂ©riels au sein du CA de la BCT, en plus de trois Ă©conomistes universitaires nommĂ©s par le Gouverneur lui-mĂȘme ou sur sa proposition. A ce sujet, deux remarques s’imposent.

La premiĂšre est que les diffĂ©rents directeurs gĂ©nĂ©raux d’administration, membres du CA de la BCT, peuvent ĂȘtre trĂšs compĂ©tents dans leurs domaines respectifs (agriculture, industrie, commerce, transport, etc.) mais n’ont certainement pas une formation en Ă©conomie monĂ©taire suffisante pour savoir quelles sont les fondements thĂ©oriques de la politique monĂ©taire qu’ils ont en train d’appliquer, quelles autres politiques monĂ©taires possibles pour maĂźtriser l’inflation, quel est le rĂŽle et l’impact du taux directeur non seulement sur l’inflation mais aussi sur le niveau auquel s’établit l’équilibre macroĂ©conomique gĂ©nĂ©ral, Ă  quelles conditions l’équation de Cambridge, qu’ils sont en train d’appliquer et dont ils n’ont certainement jamais entendu parler, pourrait-elle rĂ©ussir


La deuxiĂšme remarque est que les trois Ă©conomistes universitaires qui sont censĂ©s Ă©clairer leur collĂšgues non Ă©conomistes sur les enseignements de la thĂ©orie monĂ©taire et les diffĂ©rentes politiques monĂ©taires possibles pour lutter contre l’inflation selon les diffĂ©rentes Ă©coles de pensĂ©e Ă©conomique (monĂ©tariste, keynĂ©sienne, nĂ©olibĂ©rale), sont nommĂ©s d’une façon opaque par le gouverneur sur la base d’affinitĂ©s d’idĂ©es quand ce n’est pas de relations personnelles. Personnellement, cela m’intĂ©resse beaucoup de savoir Ă  travers la lecture de leurs publications scientifiques (au cas oĂč ils en ont, ce qui n’est souvent pas le cas), s’ils appartiennent bien chacun Ă  l’une de ces  trois Ă©coles et procĂšdent bien Ă  des dĂ©bats contradictoires avant de proposer Ă  leurs collĂšgues ou au gouverneur de prendre telle ou telle dĂ©cision. Le philosophe allemand Hegel ne disait-il pas que c’est seulement de la contradiction que naĂźt la vĂ©ritĂ©?

Argument 8 / Benchmark 

Admettons que je ne comprends rien Ă  l’économie monĂ©taire et que Hicks ne mĂ©ritait pas le Prix Nobel en Ă©conomie qui lui a Ă©tĂ© dĂ©cernĂ© pour ses travaux de recherche sur lesquels je me base dans mes analyses, montrant sans Ă©quivoque le lien entre le taux directeur d’une banque centrale et le niveau auquel s’établit le niveau du PIB et donc le taux de croissance Ă©conomique d’un pays, il y a quand mĂȘme des comparaisons internationales (benchmark) qui parlent d’elles-mĂȘmes. 

Je ne vais pas citer des pays dĂ©veloppĂ©s comme la Grande-Bretagne ou le Japon ou les Etats-Unis
 des pays desquels des annĂ©es lumiĂšres nous sĂ©parent tant en termes de transparence de leurs politiques monĂ©taires que de compĂ©tence des gouverneurs de leurs banques centrales et des rĂ©sultats qu’ils arrivent Ă  obtenir, mais de pays proches et de taille et niveau de dĂ©veloppement proches de la Tunisie.

Au Maroc, un pays oĂč l’économie est basĂ©e essentiellement sur les phosphates, l’agriculture et le tourisme, comme la nĂŽtre, le taux directeur de la banque centrale est de 2,25%, le taux d’inflation annuelle pour l’annĂ©e 2024 est de 0,8% (ce n’est pas une erreur de frappe, je dis bien 0,8% par an et non pas par mois comme chez nous) et le taux de croissance Ă©conomique est de 3,5% avec 3,9% attendu pour 2025 selon le FMI (contre, je le rappelle, un taux directeur de 7,5% selon la derniĂšre dĂ©cision de la BCT, un taux d’inflation officiel en 2024 de 7% et un taux de croissance de 1,4% en Tunisie).

Dans les huit pays de l’Union Ă©conomique et monĂ©taire ouest-africaine (UEMOA) qui partagent une monnaie commune, le «franc CFA» et une politique monĂ©taire gĂ©rĂ©e par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO : BĂ©nin, Burkina Faso, CĂŽte d’Ivoire, CĂŽte d’Ivoire, GuinĂ©e-Bissau, Mali, Niger, SĂ©nĂ©gal et Togo), le taux directeur actuel est de 3,5%, le taux d’inflation en glissement annuel s’est Ă©tabli Ă  2,6% en dĂ©cembre 2024 et le taux de croissance du PIB rĂ©el pour la mĂȘme annĂ©e 2024 s’est Ă©tablit Ă  6,2%.

Est-ce que ces dirigeants des banques centrales africaines, auxquels on a tendance Ă  se croire supĂ©rieurs parce qu’on a la peau plus claire, sont plus compĂ©tents que les nĂŽtres? Il y a lieu de le croire. En tout cas, moi je le crois sur la base de leurs performances en matiĂšre de bonne gouvernance Ă©conomique par rapport Ă  celles de nos responsables.

Conclusion 

Pour cet article, j’ai deux conclusions, l’une est sĂ©rieuse et professionnelle et l’autre est humoristique.

Sur le plan professionnel, je considĂšre d’aprĂšs ma formation d’économiste, mon suivi rĂ©gulier de tous les indicateurs et agrĂ©gats macro-Ă©conomiques et mon expĂ©rience internationale, que notre Ă©conomie est non seulement malade mais elle est mĂȘme mourante (je ne lui donne pas plus de trois ou quatre ans de survie, avant la banqueroute de l’Etat, le dĂ©faut de paiement et le passage devant les crĂ©anciers des clubs de Paris pour nĂ©gocier le rĂ©Ă©chelonnement la dette publique et celui de Londres pour la dette privĂ©e, avec Ă  la clĂ© une explosion sociale Ă  cĂŽtĂ© e laquelle la rĂ©voltĂ© du pain de1980 et la rĂ©volution  de 2011 apparaĂźtront comme des incidents mineurs).

Or, quand quelqu’un est mourant, le seul espoir de le sauver est un Ă©lectrochoc. Dans le cas de notre Ă©conomie, cet Ă©lectrochoc doit consister Ă  mon avis en une baisse de 4 points du taux directeur pour le ramener Ă  3,5%, simultanĂ©ment qu’une augmentation de 4 points du taux moyen de rĂ©serves obligatoires des banques pour limiter drastiquement leur capacitĂ© Ă  crĂ©er de la monnaie et une augmentation de 2 points du taux de rĂ©munĂ©ration de l’épargne pour le porter Ă  8,5% et encourager l’épargne, source de l’investissement, de la crĂ©ation d’emplois et de croissance Ă©conomique.  

Je parie publiquement tous mes diplĂŽmes obtenus de trois des meilleurs universitĂ©s du monde (Sorbonne, et Dauphine en France et MIT aux Etats-Unis) et mes vingt ans d’expĂ©rience internationale dans une trentaine de pays, que dans dĂ©lai six mois au maximum, les opĂ©rateurs Ă©conomiques reprendront confiance, les investissements et la croissance Ă©conomique seront relancĂ©s et le sang recommencera Ă  couler dans les veines de notre Ă©conomie. Si le Gouverneur de la BCT et son CA ne veulent pas prendre ces mesures, c’est au prĂ©sident KaĂŻs SaĂŻed, premier responsable du pays et du sort de son Ă©conomie, de le faire par dĂ©cret prĂ©sidentiel s’il le faut.

Ma conclusion d’ordre humoristique est basĂ©e sur un article que j’avais publiĂ© il y a deux ans environ dans cette mĂȘme magazine Kapitalis intitulĂ© «La politique monĂ©taire de la BCT jugĂ©e par l’IA». Dans cet article, j’avais reproduit la rĂ©ponse intĂ©grale de ChatGPT 4 Ă  la question que je lui avais posĂ©e d’évaluer la politique monĂ©taire suivie par notre banque centrale. J’avais Ă©tĂ© frappĂ© et mĂȘme impressionnĂ© par la pertinence de sa rĂ©ponse, la profondeur de son analyse et la perspicacitĂ© de ses conclusions qui rejoignaient totalement les miennes. Il a reconnu que la politique monĂ©taire suivie par la BCT est  d’ordre monĂ©tariste, basĂ©e sur la thĂ©orie quantitative de la monnaie et l’équation de Cambridge dont il a reproduit la formule exacte et expliquĂ© la signification de chacun des paramĂštres ainsi que les hypothĂšses sous-jacentes pour son succĂšs. Il a identifiĂ© que ces hypothĂšses ne se vĂ©rifient pas en Tunisie Ă  cause de l’importance du secteur informel qui affaiblit le mĂ©canisme de transmission entre l’économie rĂ©elle et l’économie monĂ©taire
 Ainsi, sans avoir jamais mis les pieds en Tunisie (puisqu’il n’en a pas !), il semble connaĂźtre la structure de l’économie tunisienne et la sociologie de sa population mieux que les responsables de notre BCT qui y vivent!

D’oĂč m’est venue l’idĂ©e de proposer au PrĂ©sident Kais SaĂŻed de nommer comme Gouverneur de la BCT Monsieur ChatGPT (ou Mme l’IA, pour ne pas ĂȘtre accusĂ© de sexisme). Lui au moins, il n’aurait pas besoin d’un salaire annuel de 120 000 dinars, d’une Mercedes avec chauffeur, d’une autre voiture pour sa femme et ses enfants (puisqu’ il n’en a pas) et de billets en classe affaires pour ses allers et retours Ă  Washington ou Davos. Les opĂ©rateurs Ă©conomiques seront contents puisqu’ ils auront moins d’intĂ©rĂȘt Ă  payer sur leur crĂ©dit, la croissance Ă©conomique reprendra, les chĂŽmeurs trouveront du travail et le budget de l’Etat fera l’économie du salaire et avantages du Gouverneur. Que demande le peuple ?

 PS : Ceux et celles que la morositĂ© de l’actualitĂ© Ă©conomique, politique et culturelle dans notre pays dĂ©prime comme elle me dĂ©prime, peuvent visiter mon blog «PoĂšmes de la vie» pour y lire des poĂšmes d’ordre mĂ©taphysique oĂč je laisse mon esprit voyager dans le temps et l’espace Ă  la recherche de sĂ©rĂ©nitĂ© et de sens de notre passage Ă©phĂ©mĂšre sur cette belle planĂšte qu’on appelle la Terre, un grain de sable dans l’immensitĂ© de l’univers


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Une barque de migrants partie de Tunisie, perdue en mer   

L’organisation Alarm Phone a alertĂ©, mardi 1er avril 2025,  sur une petite embarcation avec Ă  son bord environ 34 migrants, expliquant que les naufragĂ©s ont quittĂ© la Tunisie dimanche soir en direction des cĂŽtes italiennes.

«Nous avons prĂ©venu les autoritĂ©s, nous nous inquiĂ©tons pour elles car les conditions mĂ©tĂ©orologiques sont terribles», a-t-elle Ă©crit sur X. Et d’ajouter : «Les autoritĂ©s tunisiennes affirment ne pas avoir pu les retrouver.»

Lundi, toute la journĂ©e, l’avion de reconnaissance Sea Watch, a Ă©galement recherchĂ© le petit bateau, mais sans succĂšs. «La recherche doit se poursuivre», conclut Alarm Phone.

I. B. (avec Ansamed).

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Tunisie | Les revenus touristiques en hausse de 5%  au 1er trimestre 2025

Les revenus touristiques en Tunisie ont enregistrĂ© une hausse de 5% au premier trimestre 2025 par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode de l’annĂ©e derniĂšre, rĂ©vĂšlent les statistiques publiĂ©es par la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Au 20 mars 2025, les recettes touristiques se sont chiffrĂ©es Ă  environ 1 210,6 millions de dinars (366,84 millions d’euros), contre 1 152,8 millions de dinars (349 33 millions d’euros) Ă  la mĂȘme pĂ©riode de 2024.

Le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, a récemment annoncé que le nombre de touristes attendus pour la saison 2025 devrait dépasser les 11 millions, contre 10,25 millions en 2024.

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Tunisie | La nouvelle loi sur les chÚques perturbe le marché

Avec la nouvelle loi sur les chĂšques, introduite en fĂ©vrier, qui interdit les chĂšques postdatĂ©s pour rĂ©gler les achats en Ă©chelonnant les paiements sur plusieurs mois, les Tunisiens se sentent frustrĂ©s de ne plus pouvoir procĂ©der Ă  des achats avec des paiements fractionnĂ©s, dans ce qui ressemble Ă  une forme de crĂ©dit souvent tolĂ©rĂ©e par les commerçants.  

La rĂ©forme a instaurĂ© un plafond sur le montant des chĂšques, basĂ© sur les revenus et le patrimoine de l’acheteur. Elle permet Ă©galement au commerçant de vĂ©rifier si le payeur dispose de suffisamment de fonds Ă  chaque transaction en scannant un code QR sur son chĂšque. Mais ses effets sur les transactions commerciales sont dĂ©vastateurs et risquent d’aggraver la rĂ©cession que vit le pays depuis 2011.   

Dans un pays en crise, la nouvelle loi censĂ©e «lutter contre les chĂšques sans provision», «rĂ©duire l’endettement des consommateurs» et «amĂ©liorer le climat des affaires», la nouvelle loi a perturbĂ© les budgets de beaucoup de mĂ©nages et portĂ© un coup aux activitĂ©s des petites entreprises, dont beaucoup ont vu leur chiffre d’affaires chuter de moitiĂ©. Ce qui, ne manquera pas de rejaillir nĂ©gativement sur la consommation et la croissance Ă©conomique, qui a Ă©tĂ© de 1,4% en 2024 et qui ne devrait pas dĂ©passer 1,6% en 2025, selon les prĂ©visions du Fonds monĂ©taire international (FMI).

Autre effet prĂ©visible, et qui n’a pas manquĂ© de se confirmer les deux premiers mois de l’entrĂ©e en vigueur de la nouvelle loi : le recours systĂ©matique au cash qui alimente davantage les circuits parallĂšles, assĂšche les liquiditĂ©s et aggrave les pressions inflationnistes. Au grand dam des banques qui sont les plus affectĂ©es par ce changement qui a Ă©tĂ© mal prĂ©parĂ© et mis en Ɠuvre Ă  la hĂąte sans Ă©tudes prĂ©alables. L’objectif y ayant prĂ©sidĂ© Ă©tant surtout d’ordre politique : cette rĂ©forme Ă©tait au programme du prĂ©sident KaĂŻs SaĂŻed depuis la prĂ©sidentielle de 2019.

I. B.

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La coexistence judĂ©o-musulmane au Maghreb en regard du conflit israĂ©lo-palestinien 

Au regard du conflit israĂ©lo-palestinien dominant l’actualitĂ© depuis 76 ans, l’opinion publique israĂ©lienne pourrait tirer une grande inspiration de l’Histoire, en l’occurrence de la cohabitation millĂ©naire entre juifs et musulmans en Afrique du Nord. Ces derniers ont fait preuve de tolĂ©rance envers les juifs alors qu’en Europe, ils n’ont eu de cesse d’ĂȘtre persĂ©cutĂ©s, puis exterminĂ©s par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale. (Ph. PĂšlerinage des juifs Ă  la synagogue de la Ghriba, Ă  Djerba, Tunisie).

Samia Ladgham *

Dans un article du New York Times du 16 mai 2024 intitulĂ© «The view within IsraĂ«l turns bleak», l’auteur, Megan K. Stack, soulignait que l’opinion israĂ©lienne envers les Palestiniens s’était durcie bien avant le 7 octobre 2023.  Ces derniĂšres annĂ©es, l’attitude de nombreux IsraĂ©liens envers leurs voisins, considĂ©rĂ©s comme menaçants, s’est traduite par de l’indiffĂ©rence ou encore par cette conviction : les chasser de leur terre et les soumettre sont la volontĂ© de Dieu. Les Ă©vĂšnements du 7 octobre ont accĂ©lĂ©rĂ© ce sentiment. À l’appui de cette affirmation, Megan K. Stack cite un sondage conduit en janvier 2024 par l’UniversitĂ© de Tel Aviv : 94% des juifs israĂ©liens estiment que l’emploi de l’usage de la force Ă  Gaza est appropriĂ©, sinon insuffisant. Un sondage subsĂ©quent montre que la plupart des juifs israĂ©liens s’opposent Ă  ce que nourriture et mĂ©dicaments entrent Ă  Gaza.

En tant que ressortissante d’un pays du Maghreb qui a recueilli les juifs fuyant la persĂ©cution en Espagne et ailleurs en Europe dĂšs le 14e siĂšcle, j’ai Ă©tĂ© choquĂ©e de lire cela, tout comme d’apprendre les crimes commis par le Hamas envers les civils israĂ©liens (et autres nationalitĂ©s) le 7 octobre 2023. Quant Ă  la rĂ©ponse militaire israĂ©lienne, faisant fi des civils palestiniens, elle m’a atterrĂ©e. Lors d’un rĂ©cent sommet sur la crise humanitaire Ă  Gaza tenu en Jordanie, le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies a dĂ©clarĂ© Ă  ce sujet que le rythme et l’ampleur des tueries Ă  Gaza dĂ©passaient tout ce qu’il a connu depuis qu’il a pris ses fonctions. 

Une présence trÚs ancienne

Mon propos ici est de montrer qu’au regard du conflit israĂ©lo-palestinien dominant l’actualitĂ© depuis 76 ans, l’opinion publique israĂ©lienne pourrait tirer une grande inspiration de l’Histoire, en l’occurrence de la cohabitation millĂ©naire entre juifs et musulmans en Afrique du Nord. Ces derniers ont fait preuve de tolĂ©rance envers les juifs alors qu’en Europe, ils n’ont eu de cesse d’ĂȘtre persĂ©cutĂ©s, puis exterminĂ©s par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

Bien sĂ»r les relations entre juifs et musulmans au Maghreb n’ont pas Ă©tĂ© qu’un long fleuve tranquille. La coexistence  entre les deux communautĂ©s a connu des soubresauts et des pĂ©riodes de tension au fil des siĂšcles et des Ă©vĂšnements. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les Arabes musulmans au Maghreb ont Ă©galement connu l’oppression du colonisateur. 

Un peu d’Histoire s’impose. La prĂ©sence juive est attestĂ©e en Afrique du Nord et sur le pourtour de la MĂ©diterranĂ©e dĂšs l’AntiquitĂ©.  L’Afrique du Nord est Ă  ce moment-lĂ  peuplĂ©e par les BerbĂšres. À l’arrivĂ©e de la religion chrĂ©tienne, Ă  la fin du 2e siĂšcle, la religion juive est donc largement reprĂ©sentĂ©e en Afrique du Nord. Toutefois, les conversions massives au christianisme des tribus berbĂšres indigĂšnes puis l’arrivĂ©e de l’islam au 7e siĂšcle (aprĂšs JĂ©sus Christ) vont diminuer l’influence du judaĂŻsme.

Un statut particulier

Les juifs considĂ©rĂ©s comme gens du livre en Islam se voient alors attribuer un statut particulier. En Ă©change de la garantie d’un certain nombre de droits (libertĂ© de culte, droit de propriĂ©tĂ© notamment), ceux que l’on nommera les dhimmis devaient se soumettre Ă  l’autoritĂ© protectrice et payer un impĂŽt.

S’ajoutent Ă  cela une sĂ©rie de dispositions dĂ©finies dans les ouvrages juridiques, dont l’interdiction de monter Ă  cheval ou de porter une arme (par consĂ©quent d’accĂ©der Ă  des fonctions militaires), l’obligation de porter des marques vestimentaires distinctives, l’interdiction de construire de nouveaux Ă©difices religieux, etc. Ces dispositions furent diversement appliquĂ©es selon les Ă©poques et les lieux.  

Quand l’autoritĂ© musulmane censĂ©e protĂ©ger les juifs Ă©tait Ă©clairĂ©e, les juifs vĂ©curent en paix, ce qui fut notamment le cas dans l’Espagne musulmane (7e – 15e siĂšcles). Les communautĂ©s juives et arabes y vĂ©curent en bonne intelligence, sauf lors du rĂšgne des Almoravides, suivi des Almohades venus du Maroc au 12e siĂšcle, dont la conception de l’islam Ă©tait plus rigoureuse.  De nombreux juifs atteignirent une haute position Ă©conomique et sociale, et leur culture, fortement influencĂ©e par la culture arabe, connut un vĂ©ritable Ăąge d’or, plus particuliĂšrement Ă  partir de l’instauration du califat de Cordoue en 929. 

Le refuge maghrébin

À la prise de Grenade en 1492 (qui correspond Ă  la fin de la reconquĂȘte espagnole devant les musulmans), et Ă  la suite d’un dĂ©cret royal du 31 mars 1492, la plupart des juifs quittent l’Espagne, suivis, en 1496, par ceux du Portugal. Fuyant l’inquisition et son lot de persĂ©cutions, bon nombre d’entre eux se dirigent vers l’empire ottoman, qui domine l’Afrique du Nord du 16e  et 17e siĂšcles (Ă  l’exception du Maroc), et le Maroc. En effet, la Turquie est dĂ©jĂ  un pays d’accueil pour les juifs ashkĂ©nazes. Le sultan veille Ă  ce qu’ils soient bien reçus.

Mais bien avant la chute de Grenade, des tensions intercommunautaires entre juifs et chrĂ©tiens d’Espagne avaient provoquĂ© des exodes de juifs d’Espagne dit sĂ©farades, dont une partie s’installa en Afrique du Nord. Selon l’historien français Robert Brunschvig, ces nouveaux venus furent considĂ©rĂ©s d’un Ɠil favorable par les pouvoirs publics et la population musulmane. Leur afflux, prĂ©cise-t-il, loin de passer pour inquiĂ©tant, Ă©tait prometteur de rĂ©alisations Ă©conomiques nouvelles utiles Ă  tous.

Cet afflux se poursuivit avec l’arrivĂ©e des juifs livournais Ă  partir du 17e siĂšcle, notamment en Tunisie. Aux 18e et 19e siĂšcles, Tunis devint une place juive importante. Ce qui frappe, souligne Robert Brunschvig, c’est la continuitĂ© du mouvement migratoire qui s’effectue par vagues successives. Cette constance prouve que les immigrĂ©s, comme le reste de la population juive, jouissaient d’une relative sĂ©curitĂ©. Les juifs, prĂ©cise-t-il, eurent nĂ©anmoins Ă  souffrir de l’occupation espagnole de 1535 Ă  1574, de mĂȘme que des luttes entre le dey d’Alger et le bey de Tunis. Le Pacte fondamental, promulguĂ© en septembre 1857 par le bey de Tunis, marque une Ă©tape importante dans 1’évolution de la condition des Juifs : il va les Ă©manciper.

La colonisation divise pour rĂ©gner  

La colonisation française va venir bouleverser la coexistence entre ces communautĂ©s. Le 24 octobre 1870, le dĂ©cret CrĂ©mieux accorde la nationalitĂ© française Ă  tous les juifs d’AlgĂ©rie. Divisant pour mieux rĂ©gner, la France sĂ©pare ainsi les juifs des musulmans qui, eux, seront soumis au code de l’indigĂ©nat en 1881. Ce code, qui sĂ©vira plus tard dans toutes les colonies françaises, instaure un rĂ©gime juridique d’exception pour les populations autochtones, les privant de leurs droits individuels. Le dĂ©cret CrĂ©mieux conduira Ă  l’assimilation des juifs algĂ©riens Ă  la culture et la langue français et gĂ©nĂšrera du ressentiment avant tout français mais aussi arabe Ă  l’égard des juifs d’AlgĂ©rie. 

Le Maroc et la Tunisie, des protectorats, Ă©chappent au dĂ©cret CrĂ©mieux. Celui-ci est abrogĂ© en 1940 (puis rĂ©tabli en 1943) ramenant les juifs d’AlgĂ©rie au statut d’indigĂšnes.

Sous le rĂ©gime de Vichy (10 juillet 1940-9 aoĂ»t 1944), un statut spĂ©cial pour les juifs de France est Ă©dictĂ©. Il s’appliquera dans les colonies et protectorats français avec des dĂ©calages dans le temps et des diffĂ©rences dans leur rigueur. Un but Ă  cette lĂ©gislation discriminatoire : empĂȘcher les juifs d’exercer toute fonction ou influence dans le domaine Ă©ducatif ou Ă©conomique.

En Tunisie, les lois discriminatoires devaient ĂȘtre soumises au bey pour ratification. Cela a permis Ă  des gouverneurs comme Moncef Bey de ralentir leur mise en application. Le Bey avait toutefois des pouvoirs limitĂ©s sous le protectorat.  Certains Ă©crits affirment que c’est le RĂ©sident General Esteva reprĂ©sentant la France qui ralentit l’application des lois discriminatoires en Tunisie invoquant le fait que le Bey s’opposerait Ă  ce que ses sujets (les juifs Ă©taient sujets du Bey au mĂȘme titre que les musulmans) soient traitĂ©s de cette façon. ArrivĂ© au pouvoir en juin 1942, Moncef Bey Ă©vite aussi aux juifs de Tunis le port de l’étoile. Lorsque les Allemands – ils occupent la Tunisie durant six mois – veulent imposer, Ă  leur profit, un enrĂŽlement gĂ©nĂ©ralisĂ© pour le travail obligatoire, le bey refuse de signer l’ordonnance.

Le roi Mohamed V du Maroc aurait Ă©galement pris fait et cause contre les lois discriminatoires de Vichy. En 1942, en AlgĂ©rie, le dĂ©barquement des alliĂ©s amĂ©ricains arrĂȘte le processus de dĂ©portation des juifs. En Libye, colonie italienne (1911-1943), les juifs sont arrĂȘtĂ©s et dĂ©portĂ©s aprĂšs l’adoption par l’Italie des lois raciales de 1938.

Le conflit israélo-arabe

Ce sont les remous de la dĂ©colonisation et le conflit israĂ©lo-arabe qui vont faire que les juifs d’Afrique du nord Ă©migrent vers IsraĂ«l, la France et les États-Unis. En Tunisie, selon Sophie Bessis, historienne franco-tunisienne, une petite partie de cette population craignant une indĂ©pendance aux consĂ©quences incertaines serait de toute façon partie avec les colons français. Il faut savoir qu’à l’indĂ©pendance, les juifs de Tunisie sont devenus citoyens tunisiens. La crĂ©ation de l’État d’IsraĂ«l en 1948, affirme-t-elle, a transformĂ© en fracture la diffĂ©rence communautaire, car dĂšs sa crĂ©ation, l’ùre de la confusion entre sionistes et juifs a commencĂ©. La crĂ©ation de cet État, la crise de Suez et la guerre des six jours vont engendrer des rĂ©actions hostiles et parfois violentes envers la communautĂ© juive. 

L’agence juive, organisation sioniste originellement chargĂ©e de l’administration de la communautĂ© juive en Palestine sous mandat britannique, va de son cĂŽtĂ© jouer un rĂŽle actif dans l’émigration des juifs en IsraĂ«l. Quoi qu’il en soit, ce dĂ©part volontaire engendre nombre de dĂ©ceptions. En IsraĂ«l, les juifs marocains seront longtemps maltraitĂ©s et feront face Ă  des attitudes hostiles, voire xĂ©nophobes, notamment de la part de juifs issus d’Europe centrale et de l’Est, les juifs ashkĂ©nazes. Selon Myriam Charbit, les juifs sĂ©farades auraient Ă©tĂ© accueillis froidement par un establishment ashkĂ©naze percevant les arabes juifs comme Ă©tant arriĂ©rĂ©s.

En 1948, on estimait le nombre de juifs au Maghreb Ă  plus de 500 000. Ce nombre est passĂ© Ă  5000 aujourd’hui.

Comme on l’a vu, les juifs furent profondĂ©ment enracinĂ©s au Maghreb jusqu’à l’arrivĂ©e du colonialisme. Ils parlaient l’arabe pour la plupart, accĂ©daient pour certains Ă  de hautes fonctions Ă  la cour des Beys ou au lendemain des indĂ©pendances, militaient pour d’autres au sein des mouvements de libĂ©ration nationale, etc. AprĂšs leur dĂ©part, beaucoup continuĂšrent Ă  garder des liens forts avec leur pays d’origine. Pourquoi alors tant d’indiffĂ©rence et d’insensibilitĂ© Ă  l’égard de la tragĂ©die du peuple palestinien, entre autres de la part des juifs sĂ©farades d’IsraĂ«l ?

Je veux croire que les nouvelles gĂ©nĂ©rations ignorent tout de leur passĂ© commun avec les berbĂšres, les maures et les arabes du Maghreb. Elles ignorent que les portes de l’Afrique du Nord et du Maghreb se sont ouvertes Ă  leurs ancĂȘtres alors mĂȘme que toutes les autres, au Moyen Âge, se fermaient pour eux en Europe. 

Je veux croire enfin que, dans un avenir pas si lointain, ces gĂ©nĂ©rations se rĂ©veilleront de ce grand hiver et tendront enfin la main au peuple palestinien. Sinon, qui a-t-il Ă  dĂ©sespĂ©rer de l’humanitĂ©?

* Ancienne fonctionnaire des Nations-Unies.

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Miguel Cardoso | «Nous ne nous rendons pas en Tunisie pour dĂ©fendre» 

 Â«Je tiens Ă  assurer aux supporters des Sundowns que nous ne nous rendons pas en Tunisie pour dĂ©fendre. Nous y allons pour marquer et gagner le match retour», a dĂ©clarĂ© l’entraĂźneur portugais Miguel Cardoso aprĂšs le match gagnĂ© Ă  domicile par l’équipe  sud-africaine, mardi 1er avril 2025, au stade Loftus Versfeld Ă  Pretoria, contre une trĂšs prenable EspĂ©rance de Tunis (1-0).  

C’est l’attaquant namibien Peter Shalulile qui a inscrit l’unique but du match à la 54e minute, trompant le gardien Bechir Ben Said à bout portant de Pretoria.

La rencontre fut Ă  sens unique au profit des locaux qui l’ont outrageusement dominĂ©, les EspĂ©rantistes s’étant contentĂ©s de se dĂ©fendre, se montrant incapables de porter le danger dans les buts  adverses.

Ce fut un match ennuyeux des deux cĂŽtĂ©s et les Tunisiens peuvent se consoler de n’avoir concĂ©dĂ© qu’un seul but, car le score aurait pu ĂȘtre plus lourd au vu de leur sortie catastrophique d’hier. Les «Sang et Or» ont en effet jouĂ© leur plus mauvais match depuis le dĂ©but de la saison sous la fĂ©rule de leur nouveau coach Maher Kanzari, en place depuis seulement deux semaines.

Le coach portugais des Sud-africains, qui Ă©tait trĂšs nerveux durant toute la premiĂšre mi-temps face Ă  l’indigence de ses protĂ©gĂ©s, a repris quelque peu confiance en constatant l’absence de rĂ©pondant de la part des EspĂ©rantistes, qu’il avait connus plus saillants lorsqu’il les entraĂźnait lui-mĂȘme.

«Nous avons perdu le fil aprĂšs avoir menĂ©. Notre but m’a ravi, notamment la façon dont nous avons fait basculer le jeu d’un cĂŽtĂ© Ă  l’autre du terrain», a-t-il dĂ©clarĂ© Ă  l’issue de la rencontre. Et d’admettre : «Il y a beaucoup de travail devant nous», en rĂ©fĂ©rence au match retour Ă  RadĂšs, dans la banlieue de Tunis, le 8 avril ajoutĂ©, oĂč ses adversaires du jour se montreront sans doute moins timorĂ©s et plus conquĂ©rants.

I. B.

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Trois supporters de l’EspĂ©rance de Tunis hospitalisĂ©s Ă  Pretoria

L’ambassade de Tunisie Ă  Pretoria affirme s’ĂȘtre coordonnĂ©e avec les autoritĂ©s sud-africaines pour assurer la sortie sĂ©curisĂ©e des supporters de l’EspĂ©rance sportive de Tunis (EST) aprĂšs le match de leur Ă©quipe contre Mamelodi Sundowns, mardi 1er avril 2025. (Ph.  Phill Magakoe / AFP).

Aucun incident grave n’a Ă©tĂ© signalĂ© et les supporters ont Ă©tĂ© escortĂ©s sous protection sĂ©curitaire, a prĂ©cisĂ© le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, de la Migration et des Tunisiens Ă  l’étranger dans un communiquĂ© publiĂ© mardi soir.

Des ambulances ont Ă©tĂ© mobilisĂ©es pour transporter les supporters blessĂ©s vers l’hĂŽpital, oĂč ils ont reçu les premiers soins nĂ©cessaires et leur Ă©tat de santĂ© est jugĂ© stable, ajoute le communiquĂ©.

Par ailleurs, l’ambassade assure un suivi continu afin de garantir le retour en toute sĂ©curitĂ© des supporters tunisiens. Des laissez-passer seront dĂ©livrĂ©s Ă  ceux dont les passeports ont Ă©tĂ© volĂ©s ou perdus.

Ces «assurances» n’expliquent pas ce qui s’est rĂ©ellement passĂ© : les supporters espĂ©rantistes ne se sont tout de mĂȘme pas blessĂ©s tous seuls! Il y a donc bien eu des violences.

En fait, des affrontements ont eu lieu dans les tribunes entre supporters adverses pendant plusieurs minutes. Les mĂ©decins ont indiquĂ© avoir soignĂ© quelques supporters pour des blessures lĂ©gĂšres. «On m’a rapportĂ© que des supporters adverses se sont jetĂ©s des bouteilles d’eau en plastique et qu’il y a eu des Ă©chauffourĂ©es. Nous avons soignĂ© quelques coupures et contusions, mais rien de grave», a dĂ©clarĂ© un mĂ©decin Ă  l’AFP.

L’EspĂ©rance de Tunis s’est inclinĂ©e 1-0 face Ă  Mamelodi Sundowns lors du match aller des quarts de finale de la Ligue des champions africaine disputĂ© Ă  Pretoria. Le match retour est prĂ©vu pour mardi prochain au stade de RadĂšs.

L’EST a tenu Ă  rassurer via ses rĂ©seaux sociaux que tous ses supporteurs Ă©taient sains et saufs et sont retournĂ©s sans encombre Ă  Johannesburg. Seuls trois blessĂ©s, dans un Ă©tat stable, ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©s.

I. B.

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Le droit du sel | Une tradition sympathique à (re)découvrir

RĂ©cemment, un ami m’a interrogĂ© sur une coutume que j’ignorais totalement : «haq el-melh» ou droit du sel. Curieux, j’ai entrepris quelques recherches et dĂ©couvert que cette tradition, encore vivace au Maghreb, existe Ă©galement en Tunisie. Pourtant, bien que nĂ© dans ce pays, je n’en avais jamais entendu parler avant cette annĂ©e 2025 – ce qui m’a amenĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir sur la transmission et l’évolution des coutumes.

KhemaĂŻs Gharbi *

Le terme «sel» dans cette expression ne fait pas rĂ©fĂ©rence Ă  l’aliment en lui-mĂȘme, mais plutĂŽt Ă  la relation de vie commune entre Ă©poux. Offrir ce prĂ©sent Ă  sa femme le jour de l’AĂŻd El-Fitr est une façon de reconnaĂźtre et de cĂ©lĂ©brer le lien qui unit le couple. D’ailleurs, certains rĂ©cits expliquent que la coutume tire son nom du fait que l’épouse, durant le Ramadan, goĂ»te l’assaisonnement des plats sans avaler, afin de s’assurer de leur Ă©quilibre, malgrĂ© son propre jeĂ»ne.

Un rituel de l’Aïd El-Fitr

Le jour de l’AĂŻd El-Fitr, la femme se pare de ses plus beaux habits, parfume sa maison avec de l’encens et la prĂ©pare pour accueillir son mari au retour de la priĂšre. Elle lui sert alors du cafĂ© accompagnĂ© des traditionnelles pĂątisseries de fĂȘte. Mais la particularitĂ© de cette tradition rĂ©side dans la tasse de cafĂ© : elle ne doit jamais ĂȘtre rendue vide. AprĂšs l’avoir bue, le mari y dĂ©pose un prĂ©sent – en fonction de ses moyens.

Ce geste simple et symbolique rappelle d’autres traditions dans le monde, comme offrir des fleurs à la Saint-Valentin en Europe. Finalement, il s’agit d’un moment de gratitude et d’attention mutuelle au sein du couple, ce qui en fait une coutume plutît charmante.

Tradition, liberté et polémiques inutiles

Libre Ă  chacun de respecter ou non cette tradition. Ce qui est regrettable, c’est que certaines pratiques culturelles deviennent des sujets de discorde. Comme souvent, les extrĂ©mistes des deux camps en profitent pour instrumentaliser ces coutumes, mĂȘlant religion, politique et crispations inutiles. Pourtant, nous avons dĂ©jĂ  bien assez de divergences pour ne pas y ajouter son «grain de sel» supplĂ©mentaire.

Finalement, le droit du sel n’est ni une obligation ni un dogme. C’est juste une belle maniĂšre d’exprimer son affection, un simple geste qui, s’il est pratiquĂ©, ne peut qu’ajouter un peu de douceur dans les foyers. Alors pourquoi pas ?

* Ecrivain et traducteur.

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Une Ong exige la lumiĂšre sur le dĂ©cĂšs en prison de l’homme d’affaires Ali Ghedamsi

Dans un communiquĂ© publiĂ© ce mardi 1er avril 2025, le Centre pour le respect des libertĂ©s et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) «exprime sa profonde consternation face au silence suspect et indĂ©cent des autoritĂ©s carcĂ©rales et du ministĂšre de la Justice, autoritĂ© de tutelle», Ă  la suite du dĂ©cĂšs d’Ali Ghedamsi, homme d’affaires originaire de Sousse, survenu le 30 mars  dans la prison civile de MessaĂądine.

Le dĂ©funt Ă©tait incarcĂ©rĂ© dans le cadre de l’affaire Instalingo et inculpĂ© dans d’autres dossiers judiciaires. Il faisait notamment l’objet de poursuites dans l’affaire n°04/2023 ouverte le 28 octobre 2023, aux cĂŽtĂ©s de Lazhar Loungou, ancien directeur gĂ©nĂ©ral des services spĂ©cialisĂ©s du ministĂšre de l’IntĂ©rieur, et du frĂšre de l’ex-dĂ©putĂ© Lotfi Ali. Tous Ă©taient accusĂ©s de constitution d’une entente criminelle, d’escroquerie et de blanchiment d’argent.

Le 18 mars 2025, la 10e chambre d’accusation de la Cour d’appel de Tunis avait rejetĂ© sa demande de libĂ©ration provisoire, malgrĂ© son Ă©tat de santĂ© fortement dĂ©gradĂ©, indique le CRLDHT dans son communiquĂ©, en condamnant ce qu’il a qualifiĂ© de «nĂ©gligence systĂ©matique des droits des personnes dĂ©tenues, qui caractĂ©rise aujourd’hui les services pĂ©nitentiaires tunisiens», ainsi que «les conditions de dĂ©tention sont fortement dĂ©gradĂ©es dans un contexte de rĂ©pression et de dĂ©mantĂšlement progressif des garanties fondamentales».

Tout en pointant «le comportement inhumain des autoritĂ©s carcĂ©rales et judiciaires face aux conditions de santĂ© des dĂ©tenus», le CRLDHT cite les dĂ©clarations de la famille de Ali Ghedamsi qui «souffrait d’un cancer et n’a pas bĂ©nĂ©ficiĂ© des soins et traitements mĂ©dicaux indispensables Ă  son Ă©tat», ce qui, aux yeux de l’Ong tunisienne basĂ©e en France, serait «une cause directe de sa mort».

Enfin, le CRLDHT «exige que toute la lumiĂšre soit faite sur les causes exactes du dĂ©cĂšs d’Ali Ghedamsi et que les vĂ©ritables responsables soient poursuivis».

I.B.

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Du 4 au 6 avril 2025 Ă  Tunis | Le 14e congrĂšs des Italiens dans le monde

Dans quelques jours, Du 4 au 6 avril 2025, se tiendra, Ă  l’HĂŽtel El Mouradi Gammarth de Tunis, le 14e congrĂšs mondial de la ConfĂ©dĂ©ration des Italiens dans le monde (CIM).

Le choix de la Tunisie pour cette Ă©dition n’est pas dĂ» au hasard, expliquent les organisateurs : «c’est un pays ami, situĂ© dans le bassin mĂ©diterranĂ©en et qui partage avec nous de nombreux traits culturels.» Ils ajoutent : «C’est un pays hospitalier et, ces jours-ci, nous rĂ©itĂ©rerons notre amitiĂ© aux autoritĂ©s tunisiennes, ainsi qu’aux autoritĂ©s italiennes. Ce sera Ă©galement l’occasion de rendre hommage Ă  l’un des derniers hommes d’État italiens, Bettino Craxi, qui a terminĂ© ici la derniĂšre partie de sa vie.»

Bettino Craxi Ă©tait membre du Parti socialiste italien (PSI), il fut le premier socialiste Ă  diriger le gouvernement italien. Il s’était enfui en Tunisie en 1994 pour Ă©viter les 27 ans de prison auxquels il Ă©tait condamnĂ© pour avoir Ă©tĂ© mis en cause dans l’opĂ©ration «Mains propres» pour motifs de corruption et de financement illĂ©gal du PSI.

Bettino Craxi a fini sa vie comme rĂ©fugiĂ© politique Ă  Hammamet oĂč il possĂ©dait une villa et oĂč est mort en 2000 suite Ă  un arrĂȘt cardiaque. Il y est Ă©galement enterrĂ©.

Comme l’a rappelĂ© son prĂ©sident, Angelo Sollazzo : «La CIM a toujours Ă©tĂ© Ă  l’avant-garde dans la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts des Italiens vivant Ă  l’étranger. Je suis fier d’avoir atteint cet objectif avec tous nos reprĂ©sentants prĂ©sents dans le monde. Ce sera un congrĂšs de haut niveau, au cours duquel seront abordĂ©es des questions Ă©mergentes au niveau international : la centralitĂ© du dĂ©veloppement Ă©conomique, l’industrie agroalimentaire, le tourisme traditionnel, les Ă©nergies renouvelables, la valorisation des villages italiens et bien plus encore».

L’HĂŽtel El Mouradi Gammarth de Tunis deviendra pendant quelques jours un morceau d’Italie, avec de nombreuses tables thĂ©matiques, ateliers, interventions d’industriels et de professionnels, mais il y aura aussi des spectacles et des dĂźners de gala et des excursions dans la rĂ©gion. Puis, le dernier jour, aura lieu l’élection des organes statutaires.

Comme l’a rappelĂ© le vice-prĂ©sident Salvo Iavarone, «toutes les personnes qui ont toujours travaillĂ© sur le projet CIM, contribuant chaque jour Ă  consolider son leadership. Je remercie spĂ©cifiquement tous ceux qui se sont dĂ©pensĂ©s, de quelque maniĂšre que ce soit et au-delĂ  de leur rĂŽle, dans l’organisation d’un congrĂšs aussi complexe, qui vise Ă  marquer une ligne de continuitĂ© avec un passĂ© culturellement riche, qui a vu notre pays parmi les premiers au monde. Nos compatriotes, plus de quatre-vingts millions, qui vivent Ă  l’étranger ont Ă©galement contribuĂ© de maniĂšre significative Ă  ce leadership. Cette ligne de continuitĂ© tracĂ©e ne finira jamais, car nous espĂ©rons qu’elle mĂšnera Ă  de nouveaux objectifs.»

I. B. (avec Ansamed).

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L’UE s’inquiĂšte des «disparitions forcĂ©es» en Libye

L’Union europĂ©enne (UE) s’est dit «profondĂ©ment prĂ©occupĂ©e» par les «disparitions forcĂ©es» en Libye, Ă  l’instar de Mohammed El-Gomati, frĂšre de Husam, le militant espionnĂ© en SuĂšde avec le logiciel Paragon.

«Nous partageons la profonde prĂ©occupation de la Manul face aux informations alarmantes faisant Ă©tat de disparitions forcĂ©es, notamment le cas de Mohammed El-Gomati», a Ă©crit, lundi 31 mars 2025, sur X l’ambassadeur de l’Union europĂ©enne (UE) en Libye, Nicola Orlando, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  une dĂ©claration similaire faite la veille par la Mission d’appui des Nations Unies en Libye.

Mohammed El-Gomati est un ingĂ©nieur pĂ©trolier libyen enlevĂ© lundi 24 mars dernier Ă  son domicile de Tajoura, prĂšs de Tripoli, par des hommes armĂ©s qui – selon son frĂšre Husam – sont affiliĂ©s Ă  la Brigade des Lions de Tajoura, un groupe liĂ© aux services de renseignement gĂ©nĂ©raux libyens.

Husam vit en SuĂšde et faisait partie des personnes espionnĂ©es via le logiciel Graphite de Paragon. C’est le mĂȘme activiste qui a rĂ©vĂ©lĂ© sur X la prĂ©sence controversĂ©e Ă  Rome d’Abdul Ghani Al-Kikli, chef de la milice libyenne appelĂ©e Appareil de soutien Ă  la stabilitĂ©.

Le militant politique et blogueur Husam El-Gomati, citĂ© par The Libya Observer, a expliquĂ© que les ravisseurs ont fait irruption chez son frĂšre sous des prĂ©textes fallacieux, devant les voisins. Ils ont fouillĂ© ses appareils Ă©lectroniques, Ă  la recherche de tout Ă©lĂ©ment susceptible de l’incriminer. Il a ajoutĂ© que Mohammed avait Ă©tĂ© enlevĂ© simplement parce qu’il Ă©tait «le frĂšre de Husam», soulignant que Mohammed n’avait aucun lien avec la politique et souffrait d’une grave maladie et suivait un traitement, ce qui «rendait difficile pour ses ravisseurs de fabriquer de toutes piĂšces des accusations contre lui compte tenu de son Ă©tat».

Hussam a soulignĂ© qu’il n’avait pas eu de contact avec son frĂšre depuis un certain temps afin de lui Ă©viter tout ennui, ainsi qu’aux autres membres de sa famille, selon une vidĂ©o publiĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux. Il a ajoutĂ© : «Ce qui se passe vise Ă  intimider les gens, mais cela ne nous intimidera pas. Notre lutte n’a fait que s’intensifier. MĂȘme s’ils tuent mes enfants ou Ă©liminent ma famille, nous ne cĂ©derons pas au chantage.»

Husam El-Gomati est connu pour partager sur ses comptes personnels de rĂ©seaux sociaux des informations critiquant l’élite dirigeante libyenne et les groupes armĂ©s Ă  l’est comme Ă  l’ouest, ainsi que pour dĂ©noncer la corruption au sein des institutions gouvernementales et militaires, selon sa dĂ©claration vidĂ©o.

De son cĂŽtĂ©, Nicola Orlando a dĂ©clarĂ© que «la dĂ©lĂ©gation de l’Union europĂ©enne en Libye se joint Ă  la Manul pour saluer les mesures positives prises par les autoritĂ©s libyennes pour la libĂ©ration des personnes dĂ©tenues».

«Le respect des droits fondamentaux et de l’État de droit est une responsabilitĂ© fondamentale de chaque État. Nous exhortons toutes les institutions compĂ©tentes Ă  enquĂȘter d’urgence sur sa disparition et Ă  prendre toutes les mesures nĂ©cessaires pour assurer sa libĂ©ration immĂ©diate et son retour en toute sĂ©curitĂ© dans sa famille», conclut l’ambassadeur.

I. B.

 

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La lutte contre la migration irrĂ©guliĂšre dĂ©passe les capacitĂ©s d’un seul pays

Le ministre de l’IntĂ©rieur, Khaled Nouri, a plaidĂ©, lundi 31 mars 2025, Ă  Londres, en faveur d’une coopĂ©ration internationale renforcĂ©e pour lutter contre la migration irrĂ©guliĂšre. Parce que ce phĂ©nomĂšne dĂ©passe les capacitĂ©s d’un seul pays, mĂȘme dotĂ© de ressources suffisantes.

Selon un communiquĂ© publiĂ© Ă  l’issue de sa participation au Sommet sur la sĂ©curitĂ© frontaliĂšre consacrĂ© Ă  la criminalitĂ© organisĂ©e liĂ©e Ă  la migration, le ministre a soulignĂ© que ce phĂ©nomĂšne dĂ©passe les capacitĂ©s d’un seul pays, mĂȘme dotĂ© de ressources suffisantes, et qu’une approche fondĂ©e sur le partenariat et le partage des responsabilitĂ©s est indispensable pour y faire face, dans le respect des droits de l’Homme et des conventions internationales.

Selon lui, cette approche doit combiner la rĂ©pression des crimes liĂ©s Ă  la migration irrĂ©guliĂšre – tels que les flux financiers illicites – et la lutte contre ses causes structurelles, notamment les disparitĂ©s de dĂ©veloppement entre pays d’origine et pays de destination.

En marge du sommet, Khaled Nouri s’est entretenu avec les ministres de l’IntĂ©rieur du Royaume-Uni, de l’Italie, de l’Irak, de l’Autriche, de la France et du Nigeria, ainsi qu’avec le secrĂ©taire d’État britannique aux Affaires Ă©trangĂšres.

OrganisĂ© par le Royaume-Uni, ce sommet rĂ©unit 46 pays, ainsi que des organisations rĂ©gionales et internationales, telles que l’Union europĂ©enne, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc), et des reprĂ©sentants des rĂ©seaux sociaux X, Meta et TikTok.

L’évĂ©nement vise Ă  renforcer les mĂ©canismes de coopĂ©ration contre la migration irrĂ©guliĂšre et la criminalitĂ©

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Ligue des Champions | Miguel Cardoso change de banc, mais changerait-il de tactique ?

Miguel Cardoso, l’entraĂźneur principal des Mamelodi Sundowns, espĂšre avoir en face, ce mardi 1er avril 2025, une Ă©quipe de l’EspĂ©rance de Tunis ayant conservĂ© la mĂȘme identitĂ© qu’il a laissĂ©e avant de rejoindre le club sud-africain.

Cardoso s’exprimait depuis le camp d’entraĂźnement de son club Ă  Johannesburg, avant le choc palpitant de mardi aprĂšs-midi au stade Loftus, Ă  Pretoria, en Afrique du Sud, contre son ancienne Ă©quipe en quarts de finale de la Ligue des champions CAF TotalEnergies Ă  Pretoria.

L’entraĂźneur portugais Ă©tait Ă  la tĂȘte du club tunisien lorsqu’il a Ă©liminĂ© son Ă©quipe actuelle, la saison derniĂšre en demi-finale de la mĂȘme compĂ©tition, s’imposant 1-0 sur l’ensemble des deux matchs.

Les EspĂ©rantistes  reprochaient Ă  Cardoso son jeu trop dĂ©fensif, en rupture avec l’identitĂ© du club «Sang et Or», souvent portĂ© sur l’offensive. Avec Sundowns, il semble avoir retenu la leçon en respectant le tempĂ©rament offensif des joueurs sud-africains, qui marquent beaucoup de buts, mais en encaissent aussi souvent, les arriĂšres latĂ©raux ayant tendance Ă  monter souvent en attaque.    

DĂ©sormais chez les champions d’Afrique du Sud, l’ancien patron de l’EspĂ©rance espĂšre aider son Ă©quipe actuelle Ă  obtenir sa revanche, Ă  l’issue des deux manches palpitantes prĂ©vues les 1er et 8 avril 2025.

«L’équipe a changĂ© depuis notre dĂ©part. De nouveaux joueurs sont arrivĂ©s, ce qui la rend diffĂ©rente de celle que Sundowns a affrontĂ©e l’an dernier, tant au niveau des joueurs que du style de jeu», a averti Cardoso.

«Plusieurs mois se sont Ă©coulĂ©s, deux entraĂźneurs sont arrivĂ©s aprĂšs moi Ă  l’EspĂ©rance et ce nouvel entraĂźneur apportera bien sĂ»r une touche de nouveautĂ© Ă  l’équipe, mais nous attendons de l’EspĂ©rance qu’elle reste fidĂšle Ă  son identitĂ©. C’est un club avec une identitĂ© propre, un style de jeu et un systĂšme de jeu bien dĂ©finis. Nous devrons nous prĂ©parer comme pour un quart de finale, en nous positionnant correctement, tout en Ă©tant attentifs Ă  leur capacitĂ© offensive», a dĂ©clarĂ© Cardoso.

Commentant les chances de son club de se qualifier pour le tour suivant, l’entraĂźneur de 52 ans a soulignĂ© que le match de ce mardi devrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une premiĂšre mi-temps, la phase Ă  Ă©limination directe se dĂ©roulant en deux matches aller-retour difficiles.

«Ces matchs ne durent pas 90 minutes. Ce n’est que la premiĂšre mi-temps, et nous devons comprendre que, quoi qu’il arrive demain, il reste encore 90 minutes Ă  jouer et que c’est l’issue de ces deux matchs qui dĂ©terminera la qualification», a conclu l’entraĂźneur.

I. B. (avec CAF Online).

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Ligue des champions | L’EspĂ©rance espĂšre battre de nouveau Sundowns  

L’EspĂ©rance sportive de Tunis (EST) jouera ce mardi 1er avril 2025 Ă  14 heures (heure tunisienne) au stade Loftus, Ă  Pretoria, en Afrique du Sud, le match aller des quarts de finale de la Ligue des champions CAF TotalEnergies contre les Mamelodi Sundowns. Les Tunisois doivent  oublier leur victoire en demi-finale de la saison derniĂšre contre le mĂȘme adversaire, estime leur entraĂźneur Maher Kanzari, appelĂ© rĂ©cemment Ă  la rescousse.

Les EspĂ©rantistes ont dominĂ© leurs adversaires sur l’ensemble des deux matchs la saison derniĂšre. AprĂšs leur avoir concĂ©dĂ© un match nul 0-0 Ă  Tunis, ils sont allĂ©s les surprendre 1-0 lors de la manche retour en Afrique du Sud, validant leur ticket pour la finale, perdue contre Al-Ahly d’Egypte.

RĂ©cemment nommĂ© Ă  la tĂȘte du club tunisois, Kanzari sera sur le banc de l’EspĂ©rance pour la toute premiĂšre fois. Il s’est exprimĂ© en prĂ©lude Ă  ce choc crucial face Ă  des Sundowns dĂ©terminĂ©s Ă  obtenir un deuxiĂšme titre continental qui leur Ă©chappe depuis leur succĂšs de 2016.

«Chaque match et chaque saison sont diffĂ©rents, nous ne pouvons donc pas nous focaliser sur le passĂ©. Nous devons nous concentrer sur le moment prĂ©sent. Certes, nous les avons battus la saison derniĂšre en demi-finale, mais c’est dĂ©sormais du passé», a averti l’entraĂźneur.

Kanzari, qui fait son retour au club aprÚs un précédent passage en 2013, espÚre aider la génération actuelle à écrire sa propre histoire.

«L’accent est mis sur le prĂ©sent et les joueurs actuels. Nous devons nous concentrer sur la situation actuelle et sur les Sundowns actuels. Nous ne nous attardons pas sur le passĂ©, car le football est une affaire du prĂ©sent. Nous Ă©crirons donc notre histoire aujourd’hui», a dĂ©clarĂ© Kanzari, serein.

L’EspĂ©rance, quadruple championne d’Afrique, aborde cette rencontre aller-retour avec un lĂ©ger avantage, puisqu’ils affrontent les Sud-Africains Ă  l’extĂ©rieur avant le match retour une semaine plus tard Ă  Tunis.

Les Tunisiens dĂ©fieront une Ă©quipe entraĂźnĂ©e par leur ancien entraĂźneur, Miguel Cardoso, qui a rejoint les Sundowns aprĂšs avoir offert au gĂ©ant tunisien une mĂ©daille d’argent la saison  derniĂšre en Ligue des champions CAF TotalEnergies.

D’aprùs CAF Online.

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L’AmĂ©rique Ă  l’heure du maccarthysme anti-palestinien

L’Histoire est un Ă©ternel recommencement. Le maccarthysme a Ă©tĂ© une chasse aux sorciĂšres contre tous ceux qui Ă©taient considĂ©rĂ©s Ă  tort ou Ă  raison comme des communistes aux États-Unis. Soixante-quinze ans plus tard, c’est un maccarthysme anti-palestinien qui prĂ©vaut. Les arrestations musclĂ©es d’étudiants et de doctorants qui soutiennent ouvertement la cause palestinienne et spĂ©cifiquement les Gazaouis qui subissent l’interminable gĂ©nocide perpĂ©trĂ© par IsraĂ«l se multiplient et inquiĂštent les milieux intellectuels et la presse libĂ©rale qui estiment Ă  juste titre que ces pratiques ternissent la rĂ©putation de l’AmĂ©rique et impactent sur son influence et son leadership. 

Imed Bahri

Le comitĂ© Ă©ditorial du Washington Post a averti que l’hostilitĂ© du prĂ©sident Donald Trump envers les Ă©trangers notamment les Ă©tudiants et les chercheurs n’est pas bĂ©nĂ©fique pour l’AmĂ©rique et a considĂ©rĂ© que l’administration actuelle affaiblit l’attractivitĂ© du pays pour attirer les meilleurs esprits Ă  Ă©tudier aux États-Unis. 

Le comitĂ© Ă©ditorial du WP a indiquĂ© que Rumeysa Ozturk, doctorante Ă  l’UniversitĂ© Tufts, qui a Ă©tĂ© enlevĂ©e en pleine rue la semaine derniĂšre par des agents fĂ©dĂ©raux masquĂ©s Ă  Boston et transportĂ©e dans un centre de dĂ©tention en Louisiane ne sera pas la derniĂšre Ă©tudiante Ă  ĂȘtre traitĂ©e de la sorte.

Le WP rappelle que le secrĂ©taire d’État Marco Rubio a dĂ©clarĂ© avoir rĂ©voquĂ© plus de 300 visas d’étudiants Ă©trangers simplement en raison de leur implication dans des activitĂ©s pro-palestiniennes pendant leurs Ă©tudes.

L’objectif semble ĂȘtre d’instiller la peur

«Nous vous avons donnĂ© un visa pour Ă©tudier et obtenir un diplĂŽme universitaire pas pour devenir des activistes sociaux qui saccagent nos campus», a dĂ©clarĂ© Rubio jeudi. L’annĂ©e derniĂšre, Ozturk a co-Ă©crit un Ă©ditorial pour un journal Ă©tudiant critiquant l’UniversitĂ© Tufts pour avoir rejetĂ© une rĂ©solution du conseil Ă©tudiant qui dĂ©crivait la situation Ă  Gaza comme un gĂ©nocide.

Trois autres Ă©tudiants ont Ă©crit leur nom sur l’éditorial tandis que 32 Ă©tudiants l’ont approuvĂ©. Cela a incitĂ© le DĂ©partement de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure Ă  justifier l’arrestation d’Ozturk en affirmant qu’elle Ă©tait «impliquĂ©e dans des activitĂ©s de soutien au Hamas» sans fournir aucun dĂ©tail. Apparemment, considĂ©rer que les Gazaouis subissent un gĂ©nocide relĂšve du soutien au Hamas pour l’administration Trump! 

Ozturk a Ă©tĂ© kidnappĂ©e mardi alors qu’elle allait prendre son petit-dĂ©jeuner et les camĂ©ras de surveillance ont capturĂ© ce qui semblait ĂȘtre un moment choquant alors que des agents en civil la poussaient vers une voiture qui l’attendait. Il n’y a aucune preuve qu’elle ait des antĂ©cĂ©dents de violence alors pourquoi le DĂ©partement de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure ne lui a-t-il pas envoyĂ© une lettre lui disant que son visa avait Ă©tĂ© rĂ©voquĂ© et qu’elle avait 30 jours pour quitter le pays? Pour le WP, l’objectif semble ĂȘtre d’instiller la peur. 

Cette mesure de l’administration Trump affaiblit l’attrait de l’AmĂ©rique pour de nombreux jeunes parmi les meilleurs et les plus brillants du monde qui souhaitent visiter ou Ă©tudier aux États-Unis, peut-ĂȘtre pour vivre le rĂȘve amĂ©ricain ou goĂ»ter Ă  la sauce secrĂšte de l’AmĂ©rique avant de rentrer chez eux. Ils peuvent utiliser leur expertise pour s’enrichir ou pour soutenir la sociĂ©tĂ© civile dans leur pays d’origine. En Ă©crasant ces ambitions, Trump affaiblit le leadership mondial de l’AmĂ©rique.

Le comitĂ© Ă©ditorial du WP compare l’arrestation d’Ozturk Ă  la tendance Ă  l’autoritarisme dans sa Turquie natale suite Ă  l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem Ä°mamoğlu et aux manifestations qui ont Ă©clatĂ© pour le soutenir.

Le journal amĂ©ricain a rappelĂ© qu’un correspondant de la BBC a Ă©tĂ© expulsĂ© de Turquie au motif qu’il reprĂ©sentait une «menace pour l’ordre public» mais que les États-Unis ne peuvent donc plus condamner l’expulsion du journaliste britannique car ils ont perdu leur crĂ©dibilitĂ© puisqu’ils harcĂšlent eux-mĂȘmes leurs propres visiteurs.

Ozturk est une boursiĂšre Fulbright qui prĂ©pare un doctorat consacrĂ© Ă  l’enfance et au dĂ©veloppement humain. Elle peut bien Ă©videmment poursuivre ses Ă©tudes dans de nombreux autres pays mais ce qui rend les Ă©tudes en AmĂ©rique attrayants, c’est la possibilitĂ© de s’immerger dans sa riche culture qui comprend une histoire mouvementĂ©e de manifestations sur les campus et sa libertĂ© d’expression.

Le comitĂ© Ă©ditorial du WP estime que les opinions d’Ozturk sur le Moyen-Orient sont peut-ĂȘtre erronĂ©es mais qu’elle a le droit de les exprimer sans craindre de perdre sa chance d’étudier aux États-Unis. Dans ses remarques aux journalistes, Rubio a dĂ©clarĂ© que les États-Unis ne dĂ©livreraient pas de visas aux Ă©tudiants qui voulaient «causer des problĂšmes». Certes, personne ne souhaite que des extrĂ©mistes violents ou des terroristes entrent dans le pays mais il y a une diffĂ©rence entre les paroles et les actes.

Le harcĂšlement de visiteurs Ă©trangers

L’article co-Ă©crit par Ozturk n’incitait pas Ă  la violence. Cependant, son arrestation s’inscrit dans une tendance croissante et dans un nombre croissant de signalements de harcĂšlement de visiteurs Ă©trangers aux points d’entrĂ©e aux États-Unis. Les agents des douanes et de la protection des frontiĂšres exigent que les tĂ©lĂ©phones portables des individus soient vĂ©rifiĂ©s avant de les autoriser Ă  entrer dans le pays. Tous les passagers sont soumis Ă  une inspection. Bien que ce pouvoir n’ait pas toujours Ă©tĂ© utilisĂ© avec une telle frĂ©quence.

L’annĂ©e derniĂšre, moins de 0,01% des passagers internationaux Ă  l’arrivĂ©e ont Ă©tĂ© contrĂŽlĂ©s. Ce pourcentage semble ĂȘtre en hausse aujourd’hui.

Il existe deux types de fouilles qu’un agent des frontiĂšres peut effectuer sur des appareils Ă©lectroniques ou bien lors d’une fouille de base, l’agent scanne manuellement le tĂ©lĂ©phone d’une personne Ă  la recherche d’éventuels signaux d’alarme ou bien lors d’une inspection avancĂ©e, le contenu du tĂ©lĂ©phone est tĂ©lĂ©chargĂ© et placĂ© dans une base de donnĂ©es consultable. Pour justifier le deuxiĂšme type, les agents doivent avoir des motifs raisonnables de soupçonner une violation de la loi et l’approbation de leurs supĂ©rieurs.

Le WP considĂšre que les États-Unis ne devraient pas chercher Ă  faire fuir les visiteurs Ă©trangers et rappelle que leur sĂ©jour sur le sol amĂ©ricain est souvent bĂ©nĂ©fique aussi bien pour eux que pour le pays.

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Rencontre Ă  Paris | «RĂ©formes Ă©conomiques et inclusion sociale en Tunisie»

Le Centre pour le respect des libertĂ©s et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) organisĂ© une confĂ©rence-dĂ©bat sur le thĂšme «Crise budgĂ©taire et dette publique : Quelles alternatives durables et respectueuses des droits humains ?», et ce dans le cadre du cycle Liquaet intitulĂ© «RĂ©formes Ă©conomiques et inclusion sociale en Tunisie».

La rencontre-débat se tiendra le mercredi 9 avril 2025 à 19heures au Maltais Rouge (40, rue de Malte, Paris 11e, métro République).

Deux interventions sont au programme de cette rencontre modĂ©rĂ©e par Khadija Finan : Hamza Meddeb, expert en Ă©conomie politique, et Mikhael Ayari, analyste senior.

Face Ă  l’aggravation de la crise Ă©conomique et sociale en Tunisie, cette confĂ©rence explore des alternatives durables fondĂ©es sur le respect des droits humains et la justice sociale. Elle s’adresse aux acteurs indĂ©pendants, aux citoyennes et citoyens engagĂ©-e-s dans la dĂ©fense des libertĂ©s, pour un changement dĂ©mocratique en rupture avec les approches autoritaires et les politiques nĂ©olibĂ©rales aux consĂ©quences sociales dramatiques.

Liquaet propose une sĂ©rie de rencontres et de dĂ©bats thĂ©matiques pour aborder les dĂ©fis majeurs auxquels la Tunisie fait face dans un contexte de crise Ă©conomique, sociale et institutionnelle. AxĂ© sur des thĂ©matiques stratĂ©giques telles que les rĂ©formes Ă©conomiques, l’équitĂ© sociale et l’impact du populisme, ce cycle a pour objectif de crĂ©er un espace de dialogue constructif fondĂ© sur les droits humains et les principes dĂ©mocratiques.

Il s’git de croiser les perspectives, de formuler des recommandations concrĂštes, de renforcer le dialogue national et de promouvoir des politiques justes, Ă©quitables et durables.

Inscription obligatoire avant le 6 avril 2025 via ce lien.  

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‘‘Marseille 73’’ | Le cri muet d’une ville sous les balles

L’histoire de ‘‘Marseille 73’’ (Ă©d. Les ArĂšnes, France) est un drame insoutenable, une tragĂ©die silencieuse qui hante la mĂ©moire de la ville et de la France. Dominique Manotti, avec sa plume sĂšche et implacable, plonge le lecteur dans l’abĂźme d’un passĂ© douloureux, un passĂ© oĂč les balles de la haine frappaient sans distinction, abattant des hommes, des femmes, des enfants, simplement en raison de leur origine. C’est une histoire vraie. Une histoire qui ne veut pas mourir.

Djamal Guettala

En seulement six mois, plus de cinquante assassinats ciblĂ©s – des meurtres froids et mĂ©thodiques, souvent commis Ă  bout portant, «à vue», comme une chasse macabre – secouent Marseille, vĂ©ritable Ă©picentre du terrorisme raciste des annĂ©es 1970.

La quatriĂšme de couverture du roman rĂ©sume la brutalitĂ© de l’époque avec une prĂ©cision glaçante : «La France connaĂźt une sĂ©rie d’assassinats ciblĂ©s sur des Arabes, surtout des AlgĂ©riens. On les tire Ă  vue, on leur fracasse le crĂąne.» Ces meurtres, perpĂ©trĂ©s dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale, tĂ©moignent de l’impunitĂ© absolue qui rĂ©gnait Ă  Marseille.

Un dĂ©cor d’horreur et de silence complice

À la veille des annĂ©es 70, onze ans aprĂšs la fin de la guerre d’AlgĂ©rie, la France se trouve face Ă  son propre hĂ©ritage colonial : des nervis de l’OAS, amnistiĂ©s et intĂ©grĂ©s dans les rouages de l’État, la police, et la sociĂ©tĂ©, continuent leur croisade raciste, appelant Ă  la destruction des mosquĂ©es, des commerces, des bistrots arabes. La violence est systĂ©matique, implacable, et sa portĂ©e est renforcĂ©e par l’absence de justice.

Dans ce contexte, Dominique Manotti nous entraĂźne dans l’univers de l’ÉvĂȘchĂ©, l’hĂŽtel de police de Marseille, oĂč se noue l’intrigue. Un lieu oĂč tout se sait et rien ne se dit, oĂč le silence complice rĂšgne. C’est lĂ  que le jeune commissaire Daquin, fraĂźchement nommĂ©, va se retrouver au cƓur de la tourmente. À 27 ans, il incarne cette jeunesse française aveugle Ă  la brutalitĂ© du systĂšme, mais prĂȘte Ă  tout pour y faire face, mĂȘme si l’espoir semble dĂ©jĂ  un luxe illusoire.

Un héros perdu dans un monde corrompu

Le commissaire Daquin est un homme marquĂ© par la violence qui l’entoure, mais aussi par ses propres contradictions. «Il n’est ni un hĂ©ros ni un lĂąche», explique Manotti. Il est avant tout un produit de son Ă©poque, un homme pris au piĂšge entre une volontĂ© de justice et un systĂšme corrompu qui le dĂ©passe. La violence est partout, et Daquin, malgrĂ© sa jeunesse et ses idĂ©aux, est contraint d’évoluer dans un monde oĂč l’intĂ©gritĂ© semble une faiblesse.

«Tout est prĂȘt pour la tragĂ©die», dit Manotti. Mais cette tragĂ©die, c’est celle d’une ville, d’une Ă©poque, et d’une sociĂ©tĂ©. C’est l’histoire d’une France qui prĂ©fĂšre oublier pour maintenir son apparence de grandeur, en effaçant les cicatrices du colonialisme et du racisme qui gangrĂšnent ses fondations.

Le roman de Manotti est une invitation poignante Ă  ne pas oublier. À travers les assassinats d’AlgĂ©riens et d’autres MaghrĂ©bins, ‘‘Marseille 73’’ rĂ©veille des fantĂŽmes que l’histoire officielle prĂ©fĂšre enterrer. La France, qui s’autoproclame le pays des droits de l’homme, se soucie peu de ses «crimes coloniaux» et de l’inhumanitĂ© systĂ©mique qui les accompagne. «Le silence sur ces crimes n’est pas un hasard», explique Manotti. «Il est nĂ©cessaire pour protĂ©ger l’image de la France.» C’est ce silence que l’auteure, avec une prĂ©cision presque clinique, dĂ©nonce dans son roman.

Dominique Manotti avec Djamal Guettala.

Le racisme, héritage immuable

La fiction, selon Manotti, a un rĂŽle capital dans la rĂ©conciliation de l’Histoire. Elle permet de rendre accessible ce que les faits historiques seuls ne peuvent transmettre : l’émotion brute, la violence vĂ©cue au quotidien, l’humiliation et la peur. ‘‘Marseille 73’’ est ainsi une passerelle entre le passĂ© et le prĂ©sent, une invitation Ă  ressentir ce que l’histoire a oubliĂ© de nous faire comprendre.

Le roman s’inscrit dans une rĂ©flexion plus large, une mĂ©ditation sur le racisme et ses racines profondes. Ce racisme, ancrĂ© dans l’histoire coloniale de la France, est toujours lĂ , prĂȘt Ă  ressurgir sous de nouvelles formes. Manotti le rappelle avec force : «La sociĂ©tĂ© française reste marquĂ©e par un racisme anti-arabe et anti-africain, un hĂ©ritage direct de la colonisation.» Les meurtres de 1973 rĂ©sonnent encore aujourd’hui, dans une France oĂč la violence policiĂšre, l’exclusion et le rejet des populations issues de l’immigration continuent de diviser.

Ce roman ne se contente pas de relater une Ă©poque rĂ©volue, il dĂ©voile les fractures qui dĂ©chirent encore la sociĂ©tĂ© française d’aujourd’hui. Le Front National, dans les annĂ©es 70 comme aujourd’hui, nourrit sa politique du racisme, de la peur de l’autre et du rejet des diffĂ©rences, et particuliĂšrement de l’Arabe et du Musulman. Ce parti, hĂ©ritier direct des colons et des partisans de l’AlgĂ©rie française, continue de prospĂ©rer sur ces terreaux fertiles.

Une France qui ne veut pas se voir

Dans ‘‘Marseille 73’’, la police n’est pas un agent de protection, mais un instrument de rĂ©pression. C’est une institution corrompue, oĂč la violence d’État se mĂȘle Ă  la violence sociale. Les policiers, anciens membres de l’OAS ou simples hĂ©ritiers de la guerre d’AlgĂ©rie, continuent de semer la terreur sans ĂȘtre inquiĂ©tĂ©s. «Beaucoup de policiers ayant servi durant la guerre d’AlgĂ©rie ont Ă©tĂ© rapatriĂ©s et rĂ©intĂ©grĂ©s dans la police nationale», explique Manotti. Leur prĂ©sence Ă  Marseille n’était pas un hasard, elle a renforcĂ© un systĂšme dĂ©jĂ  gangrenĂ©.

‘‘Marseille 73’’ est aussi une tragĂ©die de la mĂ©moire. Une mĂ©moire qui se refuse Ă  voir, Ă  comprendre, Ă  rĂ©parer. Mais Manotti, dans un dernier souffle d’espoir, lance un appel : «Il est important de ne pas oublier les cicatrices laissĂ©es par cette Ă©poque.»

Ce livre, en apparence une simple enquĂȘte policiĂšre, est en rĂ©alitĂ© un cri silencieux, un hommage aux victimes oubliĂ©es, un appel Ă  affronter les dĂ©mons du passĂ©.

‘‘Marseille 73’’ n’est pas seulement un roman noir, c’est une Ɠuvre nĂ©cessaire, une mise en lumiĂšre d’un pan de l’histoire française longtemps effacĂ© des mĂ©moires collectives. La France a ses cicatrices, et ce roman, avec sa brutalitĂ© et son honnĂȘtetĂ©, les dĂ©voile, sans fard, pour que nous n’oublions jamais.

Dominique Manotti, pseudonyme de Marie-NoĂ«lle Thibault, est nĂ©e le 23 dĂ©cembre 1942 Ă  Paris, oĂč elle a toujours vĂ©cu.

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Amira Ghenim, lauréate du Prix Fragonard de littérature étrangÚre 2025

Le jury du Prix Fragonard de littĂ©rature Ă©trangĂšre a dĂ©voilĂ©, le 31 mars 2025, Ă  Paris, le nom de sa laurĂ©ate pour cette quatriĂšme Ă©dition : l’écrivaine tunisienne Amira Ghenim pour son roman â€˜â€˜Le dĂ©sastre de la maison des notables’’, brillamment traduit en français par Souad Labbize.

Ce prix, qui rĂ©compense chaque annĂ©e un livre Ă©crit par une femme, traduit en français et publiĂ© en France entre aoĂ»t 2024 et fĂ©vrier 2025, a saluĂ© la puissance narrative et la profondeur historique du roman d’Amira Ghenim. SĂ©lectionnĂ©e parmi dix finalistes, l’auteure s’impose par son talent Ă  tisser une fresque Ă©mouvante et engagĂ©e.

La cĂ©rĂ©monie de remise du prix aura lieu le 3 avril 2025 Ă  Paris, en prĂ©sence de la laurĂ©ate et de sa traductrice.

CrĂ©Ă© en 2021, le prix Fragonard de littĂ©rature Ă©trangĂšre rĂ©compense une Ɠuvre de fiction traduite en français et publiĂ©e en France. Il met Ă  l’honneur des auteurs et traducteurs qui enrichissent le paysage littĂ©raire francophone par leurs rĂ©cits et leurs sensibilitĂ©s uniques.

Le prix est assorti d’une rĂ©compense financiĂšre de 5 000 euros pour l’autrice et de 2 000 euros pour la personne ayant rĂ©alisĂ© la traduction. En complĂ©ment, la laurĂ©ate se voit offrir une rĂ©sidence d’écriture de huit jours Ă  Arles, gracieusement mise Ă  disposition par la Maison Fragonard.

Rappelons que le roman de Amira Ghenim a dĂ©jĂ  reçu le Prix de la littĂ©rature arabe 2024 attribuĂ© par la Fondation Jean-Louis LagardĂšre et l’Institut du monde arabe,  

Djamal Guettala

 

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Le dinar tunisien en tĂȘte des 10 monnaies les plus fortes en Afrique

Aussi surprenant que cela puisse paraĂźtre pour une monnaie qui a perdu prĂšs de la moitiĂ© de sa valeur en 10 ans face aux principales devises internationales, le dinar tunisien se positionne en tĂȘte des 10 monnaies africaines les plus fortes en mars 2025, devançant le dinar libyen et le dirham marocain.

C’est en tout cas ce qui ressort du classement reproduit ci-dessous et qui a Ă©tĂ© Ă©tabli par le magazine Business Insider Africa, sur la base de la paritĂ© par rapport au dollar amĂ©ricain.

Une monnaie forte et stable constitue un atout économique précieux pour tout pays, en particulier pour les pays africains qui recherchent une croissance à long terme et une compétitivité mondiale.

En mars 2025, les rĂ©cents dĂ©veloppements dans les pays africains soulignent l’importance de prĂ©server la stabilitĂ© et la vigueur des monnaies pour renforcer la rĂ©silience Ă©conomique, attirer les investissements et soutenir la croissance globale.

Une monnaie stable favorise la stabilité économique en réduisant les pressions inflationnistes et la volatilité des taux de change.

I. B.

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Tunisie-Algérie-Libye | Vers un plan conjoint pour lutter contre la contrebande

Le ministre du Commerce et du DĂ©veloppement des exportations, Samir Abid, a annoncĂ© l’élaboration d’un plan conjoint avec la Libye et l’AlgĂ©rie pour dĂ©velopper les zones frontaliĂšres et Ă©liminer le commerce parallĂšle et la contrebande.

Cette déclaration fait suite à une question parlementaire posée à la Chambre des représentants, le 26 mars 2025, par le député Abdessattar Zarai concernant le commerce parallÚle et la création de zones franches.

Abid a expliquĂ© que les autoritĂ©s tunisiennes Ă©laborent une approche globale et efficace pour lutter contre le commerce parallĂšle et attĂ©nuer son impact nĂ©gatif sur l’économie nationale, tout en soulignant l’importance de renforcer la communication avec les jeunes et de les informer des risques liĂ©s Ă  l’économie informelle et de leur apport potentiel au dĂ©veloppement rĂ©gional.

Le ministre a dĂ©clarĂ© que la rĂ©gion frontaliĂšre de Ben Guerdane avec la Libye constitue un pilier essentiel de cette initiative, le ministĂšre s’efforçant Ă  en faire une zone d’investissement attractive, crĂ©atrice de richesses et d’emplois.

Il a Ă©galement indiquĂ© qu’un plan conjoint est actuellement en cours d’élaboration avec l’AlgĂ©rie et la Libye, visant Ă  dĂ©velopper les zones frontaliĂšres et Ă  les transformer en espaces prospĂšres offrant les Ă©lĂ©ments d’une vie dĂ©cente et des opportunitĂ©s d’emploi, notamment pour les jeunes

I. B.

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Monastir | DĂ©cĂšs de trois frĂšres dans un accident ferroviaire

Trois frĂšres, Yassine, Aymen et Ramzi Ammar, sont dĂ©cĂ©dĂ©s dans un accident tragique dimanche 30 mars 2025. Selon des sources, ils s’étaient rendus au cimetiĂšre pour se recueillir sur la tombe de leur mĂšre rĂ©cemment dĂ©cĂ©dĂ©e. Et c’est sur le chemin du retour que la mort les attendait. (Ph. Ribat de Monastir).

D’aprĂšs une source sĂ©curitaire, l’accident a eu lieu sur le tronçon ferroviaire Kamel El Borjine, Ă  Monastir. Un train est entrĂ© en collision avec le vĂ©hicule privĂ© transportant les trois frĂšres. Deux d’entre eux sont morts sur place, tandis que le troisiĂšme a rendu l’ñme Ă  l’hĂŽpital rĂ©gional de Msaken oĂč ils ont Ă©tĂ© transportĂ©s.

Les corps ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s au service d’autopsie et une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte pour dĂ©terminer les responsabilitĂ©s dans l’accident.

I. B.

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Forum économique tuniso-suédois à Stockholm

Une délégation de 13 acteurs économiques tunisiens prendra part, le 2 avril 2025, au Forum économique tuniso-suédois qui se tiendra au siÚge du ministÚre suédois des Affaires étrangÚres avec la participation de 50 acteurs économiques locaux.

Le directeur exĂ©cutif auprĂšs de la ConfĂ©dĂ©ration des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect International), Bilel Ben Hamida, a indiquĂ©, dimanche dans une dĂ©claration Ă  l’agence Tap, que ce Forum est organisĂ© dans le cadre de la visite du ministre des Affaires Ă©trangĂšres, de la Migration et des Tunisiens Ă  l’étranger, Mohamed Ali Nafti, les 1er et 2 avril en SuĂšde, accompagnĂ© d’une dĂ©lĂ©gation ministĂ©rielle et Ă©conomique, et en coopĂ©ration avec la Conect, l’ambassade de Tunisie en SuĂšde et l’ambassade du SuĂšde en Tunisie.

L’objectif du forum est de dĂ©couvrir de nouvelles opportunitĂ©s d’affaires et d’investissement pour les deux pays Ă  travers des rencontres et des rĂ©unions B2B entre les entreprises tunisiennes et leurs homologues suĂ©doises, en vue de trouver de nouvelles opportunitĂ©s d’investissement et de partenariats commerciaux dans les secteurs stratĂ©giques notamment, le textile, le transport intelligent, les industries agroalimentaires, l’agriculture, les technologies de l’information et les Ă©nergies renouvelables.

«Le programme de la visite comporte plusieurs activitĂ©s Ă  l’instar de la visite de plusieurs entreprises et usines suĂ©doises en plus d’une manifestation de rĂ©seautages entre les plus importants acteurs Ă©conomiques dans le secteur privĂ© suĂ©dois en plus des sĂ©ances de dĂ©gustation de produits tunisiens», a fait savoir Ben Hamida.

Cette manifestation fait suite Ă  la rĂ©ussite du forum d’affaires Tunisie -pays nordiques tenu en novembre 2024 Ă  Tunis. Le forum Ă©conomique tuniso-SuĂ©dois est organisĂ© conjointement par Business Sweden, Conect SuĂšde et la Chambre de commerce tuniso-suĂ©doise.

Il est Ă  noter que les relations entre la Tunisie et la SuĂšde remontent Ă  environ 280 ans, depuis 1736, date de la signature de l’accord de paix et de commerce. Ces relations ont Ă©tĂ© renforcĂ©es avec l’établissement de relations diplomatiques officielles en 1959.

La SuĂšde, avec son Ă©conomie dĂ©veloppĂ©e et son environnement innovant, reprĂ©sente une opportunitĂ© stratĂ©gique pour la Tunisie, notamment dans les secteurs des technologies vertes, de la transition Ă©nergĂ©tique, de la digitalisation et de l’Industrie 4.0.

La ville de Stockholm, pĂŽle technologique majeur, offre un cadre propice aux Ă©changes et aux partenariats.

Un reprĂ©sentant de Conect International a fait Ă©tat d’un potentiel important de dĂ©veloppement des exportations tunisiennes vers la SuĂšde, notamment pour les produits tunisiens phares tels que les dattes et l’huile d’olive.

Tap.

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Tunisie | La baisse du taux d’intĂ©rĂȘt est un coup d’épĂ©e dans l’eau

 Â«La dĂ©cision du Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie d’abaisser son taux directeur de 50 points de base s’apparente, dans le contexte actuel, Ă  un coup d’épĂ©e dans l’eau», estime l’économiste Hachemi Alaya dans sa lettre d’information hebdomadaire EcoWeek du 30 mars 2025.   

Selon lui, cette dĂ©cision ne va pas relancer l’investissement, en berne depuis 2011, comme colportĂ© par certains analystes pour le moins complaisants. Et pour cause : l’inflation n’est pas en train de dĂ©sarmer et rien ne laisse prĂ©sager que l’accĂšs au financement va ĂȘtre facilitĂ©.

En effet, ce n’est pas tant le coĂ»t de l’investissement qui refroidit les ardeurs des investisseurs, mais le climat gĂ©nĂ©ral dans le pays, «qui est loin d’ĂȘtre Business friendly», selon les termes de l’économiste, qui explique : «C’est un fait d’évidence d’observer que l’environnement de l’investissement en Tunisie souffre le manque de stabilitĂ© politique et les changements frĂ©quents de gouvernement, l’inefficacitĂ© des institutions publiques, les incertitudes juridiques pour les investisseurs, la mĂ©diocre qualitĂ© des infrastructures, les risques sociaux portĂ©s par la recrudescence du chĂŽmage des jeunes et des diplĂŽmĂ©s de l’enseignement supĂ©rieur, la productivitĂ© du travailleur tunisien qui s’amenuise, les restrictions importantes sur les investissements directs Ă©trangers (de nombreux secteurs leur restent fermĂ©s), l’administration directe de certains prix, le brigandage syndical dans maints secteurs, etc.»

A cette liste Ă  la PrĂ©vert, on pourrait ajouter, de notre part, les procĂšs en cours contre de nombreux hommes d’affaires et le climat de suspicion rĂ©gnant dans le pays notamment Ă  l’égard des opĂ©rateurs Ă©conomiques.

Cette dĂ©cision aura, en revanche, des retombĂ©es nĂ©gatives sur les Ă©quilibres Ă©conomiques du pays, estime Hachemi Alaya, car «elle va entretenir une dynamique de la consommation mise Ă  mal par la mort du chĂšque. Une dynamique qui va amplifier le creusement du dĂ©ficit commercial, aggraver l’érosion des avoirs en devises du pays et condamner Ă  plus ou moins brĂšve Ă©chĂ©ance, le dinar.»

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Le langage politique ou l’ambiguĂŻtĂ© au service de la manipulation

Les mots ont un poids, et leur agencement dans une phrase peut en modifier profondĂ©ment le sens. En politique et en diplomatie, cet art de la nuance linguistique est une arme redoutable, utilisĂ©e pour esquiver des responsabilitĂ©s, orienter l’opinion publique et masquer des positions rĂ©elles derriĂšre des formulations soigneusement calculĂ©es.

Khémaïs Gharbi *

Un responsable politique peut ainsi donner l’illusion d’un engagement fort tout en s’assurant que son message reste assez flou pour ne pas le contraindre Ă  des actions concrĂštes. C’est une stratĂ©gie efficace, qui repose sur la maĂźtrise subtile du langage et qui exploite l’inattention du public face aux dĂ©tails grammaticaux et syntaxiques.

Des formulations qui trompent l’opinion

Prenons un exemple rĂ©cent : la dĂ©claration du prĂ©sident Emmanuel Macron concernant la situation au Proche-Orient. Il affirme : «Tout dĂ©placement forcĂ© ou annexion irait contre la perspective de la solution de deux États.»

Une telle phrase semble anodine, mais une lecture attentive rĂ©vĂšle une stratĂ©gie rhĂ©torique subtile. PlutĂŽt que de condamner explicitement ces actes, le prĂ©sident se contente de constater qu’ils iraient Ă  l’encontre d’une solution politique. Il ne dit pas que la France s’y oppose, ni qu’elle prendra des mesures si ces Ă©vĂ©nements se produisent. Une reformulation plus directe et sincĂšre aurait Ă©tĂ© : «La France s’oppose Ă  tout dĂ©placement forcĂ© ou annexion qui irait contre la perspective de la solution de deux États.»

La diffĂ©rence est majeure. Dans la premiĂšre formulation, il s’agit d’un constat neutre, qui n’implique aucune action ni position ferme. Dans la seconde, l’opposition de la France est affirmĂ©e, ce qui engagerait la responsabilitĂ© politique du pays.

Un autre exemple illustre cette manipulation du langage : «J’ai appelĂ© le Premier ministre israĂ©lien Ă  mettre fin aux frappes sur Gaza et Ă  revenir au cessez-le-feu que le Hamas doit accepter.»

Cette phrase est habilement construite. D’un cĂŽtĂ©, elle donne l’impression d’une prise de position en faveur de la cessation des bombardements, mais de l’autre, elle laisse entendre que le cessez-le-feu dĂ©pend avant tout du Hamas. Or, en rĂ©alitĂ©, ce cessez-le-feu avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© acceptĂ© et signĂ© sous l’égide des mĂ©diateurs internationaux et des États-Unis et il a Ă©tĂ© acceptĂ© par le Hamas qui l’a respectĂ© en procĂ©dant aux Ă©changes de prisonniers avant qu’IsraĂ«l ne rompe unilatĂ©ralement l’accord. Une dĂ©claration plus fidĂšle aux faits aurait Ă©tĂ© : «J’ai appelĂ© le Premier ministre israĂ©lien pour lui dire que la France condamne les frappes sur Gaza et exige un cessez-le-feu que le Hamas a dĂ©jĂ  acceptĂ©.»

Dans la formulation choisie par Macron, le verbe «condamner» est soigneusement Ă©vitĂ©, et l’inversion des responsabilitĂ©s est subtile mais efficace : il n’est pas dit que c’est IsraĂ«l qui doit cesser ses frappes immĂ©diatement, mais que le cessez-le-feu dĂ©pend d’un autre acteur.

L’ambiguĂŻtĂ© stratĂ©gique

Cette utilisation du langage pour entretenir des zones grises ne date pas d’hier. Un cas emblĂ©matique de manipulation linguistique en diplomatie est celui de la rĂ©solution 242 du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’Onu, adoptĂ©e aprĂšs la guerre de juin 1967 entre IsraĂ«l, l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. Cette rĂ©solution, rĂ©digĂ©e en anglais, exigeait : «Withdrawal of Israeli armed forces from occupied territoriese».

Or, en français, cette phrase peut ĂȘtre traduite de deux maniĂšres : 1. «Retrait de territoires occupĂ©s» (interprĂ©tation israĂ©lienne : un retrait partiel, laissant place Ă  une nĂ©gociation sur les territoires Ă  Ă©vacuer).  2. «Retrait des territoires occupĂ©s» (interprĂ©tation arabe et internationale: un retrait total de tous les territoires occupĂ©s en 1967).

Cette diffĂ©rence, qui repose sur l’absence de l’article dĂ©fini «the» en anglais, a donnĂ© lieu Ă  des dĂ©cennies de disputes diplomatiques. IsraĂ«l a dĂ©fendu une lecture minimaliste, considĂ©rant que la rĂ©solution n’imposait pas un retrait total, tandis que les pays arabes et de nombreux juristes ont insistĂ© sur l’obligation de restituer l’ensemble des territoires occupĂ©s.

Cet exemple montre que le langage diplomatique est souvent conçu pour ĂȘtre ambigu, permettant Ă  chaque partie d’y voir ce qui l’arrange. Il illustre aussi comment la langue elle-mĂȘme peut ĂȘtre un outil de pouvoir, oĂč chaque mot, chaque article, chaque tournure grammaticale devient une arme stratĂ©gique.

Pourquoi ces nuances importent-elles ?

Ces formulations ne sont pas qu’un jeu d’experts: elles façonnent la maniĂšre dont nous percevons les Ă©vĂ©nements et influencent directement les dĂ©cisions politiques et diplomatiques. Si des gouvernements, des organisations internationales et des mĂ©dias jouent sur les mots, c’est bien parce qu’ils savent que la maniĂšre dont une idĂ©e est formulĂ©e peut en modifier profondĂ©ment la portĂ©e.

L’usage de phrases au conditionnel ou Ă  la tournure passive est une technique frĂ©quente pour diluer la responsabilitĂ© :

‱ «Des civils ont perdu la vie dans les frappes.» (Qui les a tuĂ©s ? L’agent de l’action disparaĂźt.)

‱ Â«Nous espĂ©rons que la situation s’amĂ©liorera.» (Mais quelles actions concrĂštes sont entreprises ?)

‱ Â«Nous appelons Ă  la retenue de toutes les parties.» (Une Ă©quivalence implicite entre un État surarmĂ© et un peuple sous blocus, l’agresseur et l’agressĂ©.)

Appel Ă  la vigilance citoyenne

Les nuances linguistiques ne sont pas qu’une question acadĂ©mique : elles influencent directement notre perception du monde et notre capacitĂ© Ă  exiger des comptes de nos dirigeants. Lorsqu’un responsable politique utilise des formules vagues, dĂ©tourne subtilement une phrase ou exploite l’ambiguĂŻtĂ© d’un mot, ce n’est jamais anodin.

Dans un monde oĂč l’information circule en continu, oĂč les dĂ©clarations politiques sont souvent reprises sans analyse critique, il est essentiel de ne pas se laisser piĂ©ger par les artifices du langage. Cela ne signifie pas tomber dans la suspicion permanente, mais dĂ©velopper un regard affĂ»tĂ©, une capacitĂ© Ă  dĂ©coder les discours et Ă  en questionner les sous-entendus.

Alors, la prochaine fois que vous entendrez un dirigeant dire  «Nous appelons Ă  la retenue des deux parties», «Nous espĂ©rons que la paix reviendra» ou «Nous condamnons toute forme de violence», demandez-vous : est-ce une vĂ©ritable position ou une maniĂšre d’éviter d’en prendre une?

Parce que les mots ne sont jamais neutres, et que comprendre leurs nuances, c’est refuser d’ĂȘtre manipulĂ©.

* Ecrivain et traducteur.

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Iran – Tunisie | Un Ă©change littĂ©raire inattendu

Sans qu’aucune concertation prĂ©alable n’ait eu lieu, un dialogue littĂ©raire et culturel s’est spontanĂ©ment Ă©tabli entre l’Iran et la Tunisie et un intĂ©rĂȘt rĂ©ciproque est en train de s’installer aussi bien Ă  Tunis qu’à TĂ©hĂ©ran.

Mostafa Khalaji

Juillet 2024. Je me promenais dans les rues du centre-ville de Tunis, une ville qui me rappelle beaucoup mon pays natal. Je suis entrĂ© dans l’une des petites librairies conviviales pour chercher des romans rĂ©cemment publiĂ©s par des Ă©crivains tunisiens francophones.

En explorant les rayons, j’ai Ă©tĂ© Ă  la fois surpris et ravi de dĂ©couvrir deux livres : la traduction en arabe de Le Prince Ehtejab de Houshang Golshiri et une biographie de Forough Farrokhzad Ă©crite par Farzaneh Milani.

Golshiri est l’un des Ă©crivains les plus modernes de la littĂ©rature contemporaine iranienne, et Farrokhzad est aussi la plus grande poĂ©tesse de langue persane. Ma joie venait du fait que ces deux livres sont d’excellents choix pour permettre au lecteur tunisien de dĂ©couvrir une part importante de la riche littĂ©rature iranienne contemporaine.

Le Prince Ehtedjab est le roman le plus important de Golshiri, Ă©crit dans un style de flux de conscience et offrant une critique de l’histoire contemporaine de l’Iran.

Forough Farrokhzad, quant Ă  elle, a introduit des thĂšmes modernes dans la poĂ©sie fĂ©minine iranienne et a abordĂ© la fĂ©minitĂ© d’une maniĂšre nouvelle, brisant ainsi les frontiĂšres prĂ©existantes sur ce sujet :

J’ai pĂ©chĂ©, pĂ©chĂ© dans le plaisir,
Dans des bras chauds et enflammés.
J’ai pĂ©chĂ©, pĂ©chĂ© dans des bras de fer,
Dans des bras brûlants et rancuniers.


J’ai pĂ©chĂ©, pĂ©chĂ© dans le plaisir,
PrĂšs d’un corps tremblant et Ă©vanoui.
Seigneur ! Je ne sais ce que j’ai fait
Dans ce lieu calme, sombre et muet


(Traduit par Nazli et Jalal Alavinia)

Mais ma surprise venait du fait que je ne m’attendais pas Ă  trouver de tels livres dans les rayons d’une librairie tunisienne. Car quatorze ans auparavant, avant la rĂ©volution tunisienne, lorsque j’avais vĂ©cu plusieurs mois dans ce pays, je n’avais pas vu de tels ouvrages de littĂ©rature iranienne dans les librairies de Tunis.

À cette Ă©poque, j’avais senti que les lecteurs tunisiens n’étaient pas trĂšs familiers avec la littĂ©rature contemporaine iranienne, mais cette mĂ©connaissance Ă©tait rĂ©ciproque. En Iran, oĂč j’avais grandi et exercĂ© mon mĂ©tier de journaliste, la littĂ©rature tunisienne n’était pratiquement jamais abordĂ©e dans les mĂ©dias et les cercles littĂ©raires.

En 2007, lors de mon entretien avec Reza Amiri Ă  TĂ©hĂ©ran, un traducteur Ă©minent de la littĂ©rature arabe en persan, il avait affirmĂ© que les Iraniens n’avaient pas une vĂ©ritable connaissance de la littĂ©rature arabe moderne.

Ce traducteur, qui avait notamment traduit les Ɠuvres de Naguib Mahfouz, m’avait dit : «En rĂ©alitĂ©, on peut dire que nous ne connaissons ni le roman arabe des 30 derniĂšres annĂ©es, ni la poĂ©sie arabe rĂ©cente. La raison de cette mĂ©connaissance est le manque d’intĂ©rĂȘt des lecteurs et des Ă©diteurs iraniens pour la littĂ©rature arabe.» Il avait ajoutĂ© : «Nous ne devons pas seulement blĂąmer les traducteurs. La littĂ©rature contemporaine repose sur le dialogue, et nous n’avons aucun dialogue crĂ©atif avec la littĂ©rature arabe.»

Cette faible connaissance mutuelle Ă©tait d’autant plus surprenante que, par le passĂ©, Iraniens et Arabes se connaissaient trĂšs bien. Historiquement et culturellement, ils partageaient de nombreux points communs. Il suffit de lire les poĂšmes des grands maĂźtres de la littĂ©rature persane, comme Saadi et Hafez, pour constater leur parfaite maĂźtrise de la littĂ©rature arabe. Ou encore, de lire les Ɠuvres d’Ibn Khaldoun, le grand penseur tunisien, pour comprendre Ă  quel point il Ă©tait familier de la culture iranienne.

Le tournant culturel de la révolution du jasmin

La révolution tunisienne de 2011 a contribué à faire connaßtre davantage ce pays dans le monde, y compris en Iran.

Beaucoup ont alors dĂ©couvert que la Tunisie n’était pas seulement une destination touristique en Afrique du Nord, comme les agences de voyages dans les rues de TĂ©hĂ©ran en faisaient la publicitĂ©, mais aussi un pays pionnier dans de nombreux domaines, aussi bien dans le monde arabe que dans le monde islamique.

Le choix d’un poĂšme d’Abou El Kacem Chebbi, le cĂ©lĂšbre poĂšte tunisien, comme slogan lors des manifestations de la rĂ©volution a mis en Ă©vidence la richesse de la culture et de la littĂ©rature tunisienne :

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,
force est pour le destin de répondre,
Force est pour les ténÚbres de se dissiper,
force est pour les chaĂźnes de se briser.

Chebbi était un fervent défenseur de la liberté et de la volonté humaine. Son humanisme, intimement lié à son engagement social et politique, résonne avec le lecteur iranien, car on retrouve des thÚmes similaires dans la poésie persane contemporaine.

Par exemple, Ahmad Shamlou, l’un des poĂštes les plus importants de la langue persane, a dĂ©crit dans ses poĂšmes un ĂȘtre humain combatif, contestataire et Ă©pris de libertĂ©.

D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, depuis l’époque de la RĂ©volution constitutionnelle persane jusqu’à nos jours, l’humanisme s’est manifestĂ© sous diffĂ©rentes formes dans l’art et la littĂ©rature persane. C’est pourquoi le cĂ©lĂšbre poĂšme de Chebbi est particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© par les Iraniens.

Au cours des annĂ©es ayant suivi la rĂ©volution tunisienne, les traducteurs iraniens, notamment ceux spĂ©cialisĂ©s en littĂ©rature arabe, ont montrĂ© un intĂ©rĂȘt grandissant pour la traduction d’Ɠuvres littĂ©raires tunisiennes vers le persan.

Le roman L’Italien de Chokri Mabkhout, des poĂšmes de Fathi Sassi, ainsi que des nouvelles de Nizar Chakroun et Fatma Ben Mahmoud, font partie des Ɠuvres tunisiennes qui ont rĂ©cemment Ă©tĂ© traduites et publiĂ©es en Iran.

Un dialogue littéraire

L’Italien est un roman fascinant et profond qui explore avec acuitĂ© les dimensions sociales, politiques et culturelles de la sociĂ©tĂ© tunisienne. À travers une langue expressive et un style Ă©vocateur, Mabkhout dĂ©peint avec justesse l’ambiance de la Tunisie des annĂ©es 1990. En mettant en lumiĂšre les contradictions et les dĂ©fis de cette sociĂ©tĂ©, il entraĂźne le lecteur dans son univers littĂ©raire, tout comme le fait Golshiri. Ce dernier, dans son roman Le Prince Ehtejab, offre Ă©galement au lecteur tunisien une fenĂȘtre sur la sociĂ©tĂ© iranienne contemporaine.

En rĂ©alitĂ©, sans qu’aucune concertation prĂ©alable n’ait eu lieu, un dialogue littĂ©raire et culturel s’est spontanĂ©ment Ă©tabli entre les deux pays, concrĂ©tisant ainsi le souhait exprimĂ© il y a plusieurs annĂ©es par Reza Amari lors d’un Ă©change avec moi.

Mais dans la prĂ©face de son livre destinĂ© aux lecteurs iraniens, Fatma Ben Mahmoud a exprimĂ© sa «surprise» de voir une partie de ses Ă©crits traduite en persan. Elle a Ă©galement mentionnĂ© que sa perception de l’Iran s’était principalement construite Ă  travers le cinĂ©ma iranien et a reconnu, de maniĂšre implicite, sa mĂ©connaissance de la littĂ©rature persane contemporaine.

Ces réflexions illustrent que, malgré les avancées notables, le chemin reste encore long pour renforcer véritablement les échanges littéraires entre les deux pays.

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Tunisie | Le secteur du cuir et de la chaussure se meurt

A l’instar de nombreux autres secteurs jadis florissants, celui du cuir et chaussures se porte mal en Tunisie et les professionnels se plaignent de la concurrence dĂ©loyale du marchĂ© informel et de celui des souliers usagĂ©s.   

Les achats de chaussures Ă  l’occasion de l’AĂŻd Al-Fitr sont qualifiĂ©s de «faibles» par le prĂ©sident de la Chambre nationale des artisans cordonniers, Wajdi Dhouib, imputant cette situation Ă  la crise que traverse depuis plusieurs annĂ©es le secteur du cuir et de la chaussure.

Dans une dĂ©claration accordĂ©e Ă  MosaĂŻque FM, le responsable syndical a expliquĂ© que le secteur traverse une pĂ©riode de stagnation totale, malgrĂ© une lĂ©gĂšre reprise d’activitĂ© observĂ©e lors de la quatriĂšme semaine du mois de Ramadan, mais qui reste bien en deçà des attentes des professionnels.

Wajdi Dhouib attribue cette baisse de la demande Ă  plusieurs facteurs, principalement l’inondation du marchĂ© par des produits importĂ©s et des chaussures usagĂ©es, ainsi que la dĂ©tĂ©rioration du pouvoir d’achat des consommateurs. Il estime que les promotions saisonniĂšres ne constituent pas une solution viable, surtout aprĂšs les rĂ©sultats catastrophiques enregistrĂ©s lors de la derniĂšre saison des soldes.

La vĂ©ritable solution rĂ©side dans une surveillance accrue et l’application rigoureuse des lois pour lutter contre la contrebande et rĂ©guler le marchĂ©, a indiquĂ© Dhouib, qui a pointĂ© le marchĂ© informel florissant dans la plupart des villes tunisiennes et aggravant la crise du marchĂ©. La majoritĂ© des produits proposĂ©s sur ce marchĂ© n’ont pas Ă©tĂ© soumis Ă  des analyses de laboratoire, mettant ainsi en danger leur qualitĂ©.

Le responsable syndical a en outre dénoncé les pratiques des grandes marques étrangÚres présentes en Tunisie, qui, selon lui, induisent le consommateur en erreur.

Tout en appelant les autoritĂ©s compĂ©tentes et toutes les parties concernĂ©es Ă  intervenir d’urgence pour sauver ce qui reste du secteur, Wajdi Dhouib a rappelĂ© les statistiques alarmantes du secteur du cuir et des chaussures. En 2010, prĂšs de 6 000 artisans fournissaient environ 80 000 emplois. Il n’en reste plus que 1 500, aujourd’hui. Le nombre d’entreprises est passĂ©, quant Ă  lui, de 520 en 2010, Ă  seulement 193 actuellement, dont 120 exportatrices qui connaissent, elles aussi, plusieurs difficultĂ©s. De plus, 4 tanneries, sur un total de 12, ont Ă©tĂ© fermĂ©es, juste avant le mois de Ramadan.

I. B

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Etude | La crise climatique rend Tunisie plus dĂ©pendante de l’AlgĂ©rie  

Dans une Ă©tude intitulĂ©e “Tunisia’s Climate Crisis, Economic Downturn, and Growing Dependency on Algeria”, publiĂ©e sur le site web de Carnegie Endowment, Hamza Meddeb affirme que la crise climatique, conjuguĂ©e au ralentissement Ă©conomique depuis 2011, a accru la dĂ©pendance croissante de la Tunisie Ă  l’égard de l’AlgĂ©rie.

«Depuis 2017, la Tunisie subit les effets du changement climatique de plus en plus marquĂ©s, notamment une grave sĂ©cheresse. Les Ă©checs de gouvernance du prĂ©sident KaĂŻs SaĂŻed n’ont fait qu’exacerber les vulnĂ©rabilitĂ©s persistantes du pays», Ă©crit le chercheur tunisien, membre du Malcolm H. Kerr Carnegie Middle East Center (Etats-Unis). Il ajoute : «Au cours des quatorze derniĂšres annĂ©es, la Tunisie a connu d’importants bouleversements politiques, notamment le processus de dĂ©mocratisation qui a suivi le Printemps arabe de 2010-2011, l’effondrement dĂ©mocratique consĂ©cutif Ă  la prise de pouvoir du prĂ©sident KaĂŻs SaĂŻed en 2021 et, plus rĂ©cemment, le dĂ©ploiement d’un processus chaotique de restauration autoritaire. Cependant, une dynamique critique a suscitĂ© moins d’attention : la crise climatique, qui a aggravĂ© la trajectoire politique tumultueuse du pays. Depuis 2017, la Tunisie subit les effets du changement climatique de plus en plus marquĂ©s, notamment une grave sĂ©cheresse, une forte baisse du niveau des fleuves transfrontaliers qui coulent de l’AlgĂ©rie vers la Tunisie et une rĂ©duction spectaculaire des rĂ©serves d’eau des barrages du pays. Ces facteurs ont conduit Ă  des insĂ©curitĂ©s hydriques et alimentaires gĂ©nĂ©ralisĂ©es, provoquant une dĂ©gradation importante de l’agriculture et de l’élevage, notamment dans les rĂ©gions frontaliĂšres avec l’AlgĂ©rie.»

Aggravation de l’insĂ©curitĂ© alimentaire

Hamza Meddeb estime que «l’aggravation de l’insĂ©curitĂ© alimentaire en Tunisie a amplifiĂ© le dĂ©sĂ©quilibre des pouvoirs entre la Tunisie et l’AlgĂ©rie, renforçant l’influence gĂ©opolitique de cette derniĂšre sur son voisin plus faible et de plus en plus dĂ©pendant. Cette dĂ©pendance a aggravĂ© la marginalisation de la Tunisie, tant au niveau rĂ©gional qu’international, et l’a contrainte Ă  s’aligner Ă©troitement sur Alger».

Il convient de rappeler dans ce contexte que l’AlgĂ©rie a construit ces vingt derniĂšres annĂ©es de nombreux barrages le long des fleuves transfrontaliers avec la Tunisie, ce qui, associĂ© Ă  une consommation d’eau accrue, ont considĂ©rablement rĂ©duit les niveaux d’eau en aval, entraĂźnant de mauvaises rĂ©coltes et aggravant les difficultĂ©s financiĂšres des agriculteurs des rĂ©gions du nord-ouest tunisien, le grenier du pays.

«Depuis 2017, l’AlgĂ©rie met en Ɠuvre une politique de dĂ©veloppement ambitieuse en construisant des barrages le long des fleuves partagĂ©s avec la Tunisie, en Ă©tendant les rĂ©seaux d’irrigation et en dĂ©veloppant les infrastructures de rĂ©tention d’eau telles que les lacs artificiels», rappelle Hamza Meddeb. Qui ajoute qu’«entre 2017 et 2019, l’AlgĂ©rie a rapidement augmentĂ© le nombre de ses barrages, de soixante-cinq Ă  quatre-vingt-un, avec pour objectif d’atteindre 139 d’ici 2030.» En satisfaisant ainsi ses besoins d’irrigation dans les rĂ©gions de l’est, l’AlgĂ©rie rĂ©duit la quantitĂ© d’eau s’écoulant en aval, RĂ©sultat : la construction de barrages par l’AlgĂ©rie sur l’Oued Mellegue et d’autres fleuves partagĂ©s a rĂ©duit les terres irriguĂ©es en Tunisie. «L’Oued Medjerda, le plus important fleuve transfrontalier de Tunisie, a connu une baisse significative de son dĂ©bit suite Ă  la construction d’un barrage en AlgĂ©rie. Ce fleuve alimente en eau plus de la moitiĂ© de la population et constitue une ressource vitale majeure, 13,4% de la population tunisienne vivant dans son bassin», souligne Ă  juste titre le chercheur.

Briser ce cercle vicieux

Pour briser ce cercle vicieux de la crise Ă©conomique et financiĂšre et de la dĂ©pendance vis-Ă -vis de l’AlgĂ©rie, aggravĂ©es selon lui par «la dĂ©tĂ©rioration de ses relations avec les institutions financiĂšres internationales, le manque de soutien financier des pays du Golfe ou de l’Europe et son incapacitĂ© Ă  accĂ©der aux marchĂ©s financiers internationaux», l’auteur estime que «la Tunisie doit donner la prioritĂ© Ă  la lutte contre le changement climatique en mettant en Ɠuvre une stratĂ©gie d’adaptation globale pour relever les dĂ©fis de la sĂ©curitĂ© alimentaire.»

«Cela nĂ©cessitera des financements importants, d’oĂč l’importance pour le pays d’abandonner son isolationnisme et de rechercher activement des soutiens financiers extĂ©rieurs», explique Hamza Meddeb. Il ajoute : «Le renforcement de la rĂ©silience climatique devrait inclure des mesures visant Ă  prĂ©parer les infrastructures, les agriculteurs, les institutions et la sociĂ©tĂ© aux sĂ©cheresses et autres Ă©vĂ©nements climatiques. Il devrait Ă©galement inclure des mesures de protection sociale pour les populations rurales, telles que des programmes de transferts monĂ©taires liĂ©s au climat qui pourraient aider les familles pauvres Ă  faire face Ă  la hausse des coĂ»ts alimentaires et aux mauvaises rĂ©coltes.»

«La Tunisie devrait Ă©galement chercher Ă  conclure un accord formel avec l’AlgĂ©rie pour Ă©tablir un cadre de gestion des ressources en eau partagĂ©es, notamment axĂ© sur la rĂ©gulation du dĂ©bit des riviĂšres transfrontaliĂšres et des sources d’eau souterraine», Ă©crit-il. Et de conclure : «Enfin, la Tunisie doit dĂ©passer le cadre des Ă©changes transfrontaliers informels avec l’AlgĂ©rie en concluant des accords commerciaux formels. La crĂ©ation de zones franches ou d’un accord de libre-Ă©change plus large permettrait aux entreprises tunisiennes d’accĂ©der plus facilement aux marchĂ©s algĂ©riens, de favoriser une intĂ©gration Ă©conomique plus poussĂ©e et de rĂ©duire le dĂ©sĂ©quilibre actuel des relations bilatĂ©rales», sachant que l’AlgĂ©rie reprĂ©sente actuellement l’un des plus importants dĂ©ficits commerciaux de la Tunisie, avec la Chine, la Russie et la Turquie.

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CAN U20 |  La Tunisie veut remplacer la CĂŽte d’Ivoire

La ConfĂ©dĂ©ration africaine de football (CAF) a Ă©tĂ© contactĂ©e par la FĂ©dĂ©ration tunisienne de football (FTF) pour remplacer l’équipe ivoirienne des moins de 20 ans dans le groupe A de la CAN U20.

La CĂŽte d’Ivoire a annoncĂ©, mercredi 26 mars 2025, son retrait de l’organisation du tournoi, en raison de l’absence de son Ă©quipe, qui a Ă©tĂ© Ă©liminĂ©e de la compĂ©tition.

En réaction à cette décision, la FTF a entamé des discussions avec la CAF vendredi 28 mars.

La Tunisie s’était classĂ©e troisiĂšme des Ă©liminatoires de l’UNAF, aprĂšs le Maroc et l’Égypte.

La CAN U20 aura lieu en avril 2025 et les demi-finalistes se qualifieront pour la Coupe du Monde U20 de la Fifa au Chili.

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Entretien avec Hamid Grine | LumiÚre brisée de Jean Sénac

Dans son dernier ouvrage, ‘‘SĂ©nac et son diable’’ (coĂ©ditĂ© par Rives, Alger, AlgĂ©rie, et Gaussen, Marseille, France, en mars 2025), Hamid Grine * revient sur l’assassinat mystĂ©rieux de Jean SĂ©nac, poĂšte engagĂ© et fervent dĂ©fenseur d’une AlgĂ©rie libre et fraternelle, dont la vie et la mort restent entourĂ©es de zones d’ombre.

Entretien réalisé par Djamal Guettala

À travers cette enquĂȘte, l’auteur s’attache Ă  dĂ©construire les rĂ©cits romancĂ©s qui ont longtemps entourĂ© cette affaire pour restituer une vĂ©ritĂ© plus nuancĂ©e. Crime politique ou crime de mƓurs ? Figure mythifiĂ©e ou poĂšte incompris ? SĂ©nac Ă©tait-il un martyr ou un homme en dĂ©calage avec son Ă©poque ? Autant de questions auxquelles l’auteur tente de rĂ©pondre en s’appuyant sur des tĂ©moignages inĂ©dits et des documents d’archives.

Dans cet entretien, Hamid Grine nous plonge au cƓur de son investigation, tout en interrogeant la place de l’intellectuel en AlgĂ©rie et la mĂ©moire parfois sĂ©lective d’une nation en quĂȘte de vĂ©ritĂ©.

Kapitalis : Pourquoi avoir choisi de revenir sur le crime de Jean SĂ©nac plus de 50 ans aprĂšs sa mort ? Qu’est-ce qui vous a poussĂ© Ă  Ă©crire ce livre ?

Hamid Grine : Deux raisons m’ont motivĂ©. La premiĂšre est sentimentale. Jean SĂ©nac a marquĂ© ma jeunesse Ă  travers son Ă©mission ‘‘PoĂ©sie sur tous les fronts’’ (1967-1971), que je suivais assidĂ»ment. Il me faisait rĂȘver, et je fais partie de ceux qui n’oublient jamais les rĂȘves de leur jeunesse. Son assassinat a Ă©tĂ© un choc immense pour le jeune lycĂ©en que j’étais alors. On avait tuĂ© une possibilitĂ© de rĂȘve et d’évasion.

La seconde raison est liĂ©e Ă  mon insatisfaction vis-Ă -vis des diffĂ©rentes versions biographiques sur son assassinat. J’ai vĂ©cu dans l’Alger de SĂ©nac, que j’ai connu furtivement, et la ville qu’il dĂ©crivait ne correspondait pas Ă  celle que je connaissais. J’ai voulu creuser plus profondĂ©ment.

Dans votre enquĂȘte, vous affirmez que l’assassinat de SĂ©nac n’était pas un crime politique mais un crime de mƓurs. Qu’est-ce qui vous permet d’en ĂȘtre certain ?

J’ai eu la chance, juste aprĂšs la mort de SĂ©nac, d’assister Ă  un dĂźner en prĂ©sence d’un officier de police ayant participĂ© Ă  l’enquĂȘte. Il nous a fourni des arguments solides : SĂ©nac n’était pas un opposant politique, bien au contraire, il soutenait le rĂ©gime. S’il avait Ă©tĂ© perçu comme une menace, il aurait Ă©tĂ© expulsĂ© vers la France.

L’officier nous a aussi expliquĂ© que SĂ©nac Ă©tait trĂšs imprudent. Il draguait ouvertement des hommes dans une sociĂ©tĂ© machiste et mettait chez lui des amants de passage qu’il connaissait Ă  peine. Son fils adoptif, Jacques Miel, l’avait averti Ă  plusieurs reprises du danger qu’il courait et lui conseillait de rentrer en France.

Quant Ă  l’hypothĂšse d’un crime islamiste, elle ne tient pas la route : les islamistes n’étaient pas encore une force structurĂ©e en 1973. Ce mouvement n’a Ă©mergĂ© qu’en 1976, lors du dĂ©bat sur la Charte nationale, comme l’a confirmĂ© le gĂ©nĂ©ral-major Benyelles dans ses mĂ©moires.

Quels ont été les éléments les plus marquants ou surprenants que vous avez découverts au cours de votre recherche ?

Deux rencontres ont Ă©tĂ© cruciales. La premiĂšre, avec l’assassin prĂ©sumĂ©, que personne n’avait interrogĂ© auparavant. La seconde, avec Ahmed Taleb-Ibrahimi, ministre de l’Information et de la Culture Ă  l’époque de SĂ©nac, qui m’a apportĂ© un Ă©clairage inĂ©dit sur la perception du poĂšte par le pouvoir.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’enquĂȘte judiciaire qui a eu lieu Ă  l’époque ?

La police algĂ©rienne a menĂ© une enquĂȘte rigoureuse. Aucun suspect n’a Ă©tĂ© ignorĂ©. Certains amants de SĂ©nac, mĂȘme ceux rĂ©sidant Ă  400 km d’Alger, ont Ă©tĂ© interrogĂ©s Ă  plusieurs reprises. Ses proches ont dĂ» fournir des alibis.

Un diplomate, qui avait accompagnĂ© SĂ©nac en chasse de «chair fraĂźche» en Oranie un mois avant le meurtre, tĂ©moigne du sĂ©rieux de l’enquĂȘte. Pourtant, certains continuent de nier la nature crapuleuse du crime sans aucun argument solide.

Comment cette enquĂȘte a-t-elle Ă©tĂ© perçue par les proches de SĂ©nac et par la sociĂ©tĂ© ?

Ses proches, pour la plupart, ont refusĂ© d’admettre la culpabilitĂ© du jeune homme arrĂȘtĂ©. Ils reprennent le narratif de SĂ©nac lui-mĂȘme, qui se voyait mourir en Lorca.

Quant Ă  la sociĂ©tĂ©, SĂ©nac n’était connu et apprĂ©ciĂ© que d’une Ă©lite culturelle. Un poĂšte proche de lui a reconnu dans un quotidien algĂ©rien le caractĂšre homophobe du crime et le sĂ©rieux de l’enquĂȘte.

L’annulation de la condamnation de l’accusĂ© par Houari Boumediene a suscitĂ© des spĂ©culations. Quel impact cette dĂ©cision a-t-elle eu ?

Elle a semĂ© le doute chez les proches et les biographes de SĂ©nac, en raison du manque de communication des autoritĂ©s. Pourtant, il n’y avait rien de mystĂ©rieux : la justice a suivi ses procĂ©dures et l’accusĂ© a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© aprĂšs une rĂ©vision de son procĂšs.

Jean Sénac apparaßt comme un poÚte engagé mais aussi profondément solitaire. Comment son rapport à la société algérienne a-t-il évolué ?

SĂ©nac n’était pas un solitaire. Il Ă©tait toujours entourĂ© d’amis et d’amants. Mais il a connu trois pĂ©riodes distinctes : sous Ahmed Ben Bella, il Ă©tait un acteur culturel central; sous Boumediene, ses relations au pouvoir se sont Ă©tiolĂ©es.

AprĂšs son dĂ©part de la radio en 1971, il a sombrĂ© dans la dĂ©pression et l’excĂšs, se sentant mis Ă  l’écart.

Sa marginalisation, notamment due à son homosexualité, a-t-elle influencé son parcours ?

Hamid Grine : Absolument. Son homosexualitĂ© affichĂ©e et provocatrice lui a portĂ© prĂ©judice dans une sociĂ©tĂ© conservatrice. S’il avait Ă©tĂ© plus discret, son sort aurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© diffĂ©rent.

Quel message espérez-vous transmettre avec ce livre ?

Je voulais raconter un homme tel qu’il Ă©tait, loin des clichĂ©s et des fantasmes. C’est un livre de bonne foi, comme dirait Montaigne.

Pensez-vous que votre livre contribuera à la réhabilitation de la mémoire de Sénac ?

L’avenir nous le dira. Aujourd’hui, en AlgĂ©rie, on parle peu de SĂ©nac, et quand on le fait, c’est davantage pour son assassinat que pour son Ɠuvre.

* Hamid Grine, nĂ© le 20 juin 1954 Ă  Biskra, est un Ă©crivain, romancier et ancien journaliste algĂ©rien. Auteur d’une Ɠuvre riche et variĂ©e, il s’est illustrĂ© aussi bien dans le roman que dans l’essai, explorant des thĂ©matiques allant de l’identitĂ© Ă  la mĂ©moire, en passant par le pouvoir et la sociĂ©tĂ© algĂ©rienne contemporaine.

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Tunisie | Bioheat transforme les dĂ©chets des huileries en biocarburant   

Bioheat est une startup tunisienne crĂ©Ă©e en 2022 par Yassine Khelifi. Elle valorise les dĂ©chets provenant de l’extraction de l’huile d’olive et leur donne une seconde en les transformant en une source d’énergie propre et durable, encourageant ainsi la transition vers des solutions Ă©nergĂ©tiques respectueuses de l’environnement tout en rĂ©duisant la dĂ©pendance aux combustibles fossiles.

Les rĂ©sidus d’olives sont transformĂ©s en une pĂąte Ă©paisse qui est ensuite compactĂ©e en briquettes cylindriques. LaissĂ©es Ă  sĂ©cher pendant un mois au soleil et sous serre, celles-ci sont ensuite emballĂ©es et vendues pour ĂȘtre utilisĂ©es pour cuisiner et se chauffer, ou comme nourriture pour animaux.

Ce biocarburant trouve un marchĂ© auprĂšs des restaurants, des maisons d’hĂŽtes et des Ă©coles des rĂ©gions intĂ©rieures, oĂč les tempĂ©ratures hivernales descendent parfois en dessous de zĂ©ro.

Mais la majeure partie de la production de Bioheat – environ 60% – est destinĂ©e Ă  l’exportation vers la France et le Canada.

Noureddine Nasr, expert en agriculture et dĂ©veloppement rural, estime qu’environ 600 000 tonnes de dĂ©chets d’olives sont produites chaque annĂ©e en Tunisie, qui sera le troisiĂšme producteur mondial d’huile d’olive en 2024-2025, avec un rendement attendu de 340 000 tonnes, selon les estimations du Conseil olĂ©icole international. «La valorisation de ces dĂ©chets peut protĂ©ger l’environnement, crĂ©er des emplois et gĂ©nĂ©rer de la richesse», a-t-il dĂ©clarĂ© Ă  l’agence AFP, ajoutant que la valorisation des dĂ©chets d’olives pourrait Ă©galement contribuer Ă  allĂ©ger la forte dĂ©pendance de la Tunisie aux importations de carburant, dont elle importe prĂšs de 60% de ses besoins, une dĂ©pendance qui creuse son dĂ©ficit commercial et pĂšse sur les subventions publiques, selon un rapport de la Banque mondiale de 2023.

Au-delĂ  du profit qu’il rĂ©alise, Khelifi, ingĂ©nieur issu d’une famille d’agriculteurs, a dĂ©clarĂ© Ă  l’agence AFP qu’il espĂšre que sa startup contribuera Ă  «rĂ©duire l’utilisation du bois de chauffage alors que le pays est confrontĂ© Ă  la dĂ©forestation et au changement climatique».

L’entreprise emploie actuellement 10 personnes et vise une production de 600 tonnes de briquettes d’ici Ă  la fin de cette annĂ©e 2025.

I. B.

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‘‘Underground domination’’ | L’information, architecte et fossoyeur de l’empire global

Il est encore trop tĂŽt pour savoir si le contrĂŽle de l’Etat sur l’Internet sera pĂ©renne, mais une chose est sĂ»re: avec l’avĂšnement des ordinateurs quantiques, qui est loin d’ĂȘtre imminent, les programmes d’encodage deviendront inviolables et l’espionnage sur l’Internet sera impossible, une perspective qui donne des sueurs froides Ă  tous les gouvernements, en particulier amĂ©ricain.

Dr Mounir Hanablia *

La puissance amĂ©ricaine au cours de la seconde guerre mondiale est nĂ©e de sa capacitĂ© Ă  reconvertir en temps de guerre une industrie civile orientĂ©e vers la production sur une grande Ă©chelle de biens de consommation, en une autre, de guerre, construisant des navires et des avions toujours plus nombreux en tenant compte de l’innovation technologique imposĂ©e par les nĂ©cessitĂ©s de la victoire.

AprĂšs la guerre, cette puissance a perdurĂ© grĂące Ă  sa capacitĂ© Ă  financer la reconstruction de ses alliĂ©s dĂ©truits et ruinĂ©s, Ă  les mobiliser face au nouveau danger prĂ©sentĂ© par l’Union SoviĂ©tique, et Ă  imposer sa monnaie en tant que rĂ©fĂ©rence dans les Ă©changes Ă©conomiques et financiers internationaux. Cela lui a Ă©videmment assurĂ© non seulement une capacitĂ© de contrĂŽle sur le commerce mondial, mais aussi celle de faire financer son propre dĂ©ficit budgĂ©taire par le reste du monde.

Abstraction faite de ses capacitĂ©s militaires sans Ă©quivalent et qui lui permettent de projeter ses forces partout dans le monde, la puissance amĂ©ricaine est passĂ©e avec l’effondrement de l’ours soviĂ©tique et l’ascension du dragon chinois de l’ùre de la domination industrielle Ă  celle issue de l’information. GrĂące Ă  l’Internet elle contrĂŽle dĂ©sormais le flux de l’information transitant sur ses cĂąbles sous-marins, et est Ă  mĂȘme de le surveiller en fonction de ses exigences, militaires naturellement, ce que les satellites gravitant dans l’espace garantissent dĂ©jĂ  depuis dĂ©jĂ  la guerre froide, mais aussi Ă©conomiques et commerciales, celles de s’assurer que ses alliĂ©s tout autant que ses adversaires soient toujours en Ă©tat d’infĂ©rioritĂ©, sinon de dĂ©pendance, Ă  commencer dans le domaine dont elle tire sa supĂ©rioritĂ©, celui de l’innovation scientifique.

On ne reviendra pas sur Silicon Valley et l’alliance entre le Pentagone, les capital-venture, les universitĂ©s, et les hackers, d’oĂč ont Ă©mergĂ© les multimĂ©dias actuels qui façonnent le monde, des laptop jusqu’aux iPhones 5G, et surtout les grandes compagnies de l’économie globalisĂ©e incontournables qui tiennent le haut du pavĂ© et qu’on nomme le Gafam.

Un systĂšme international normatif

Il n’y aurait sans doute pas de monde globalisĂ© sans la rĂ©volution informatique dont dĂ©coule l’influence amĂ©ricaine. Il se trouve que l’État amĂ©ricain, s’est constituĂ© dans le domaine juridique les lois lui permettant de sĂ©vir contre n’importe quelle sociĂ©tĂ© ou État dans le monde dont il jugerait l’activitĂ© hostile, et surtout en sanctionnant tous les contrevenants qui en dĂ©pit de cela traiteraient avec les entitĂ©s jugĂ©es hostiles par des amendes importantes, ou le cas Ă©chĂ©ant en les soumettant Ă  de vĂ©ritables embargos.

Le gros bĂąton, c’est un organisme dans l’État amĂ©ricain, l’Ofac (Office of Foreign Assets Control) chargĂ© de faire rĂ©gner la discipline requise dans le monde des affaires. A titre d’exemple les banques servant de couverture financiĂšre Ă  des transactions commerciales impliquant les cibles du courroux de Washington, savent qu’elles encourent l’interdiction de toute opĂ©ration financiĂšre sur le sol  amĂ©ricain, et plus encore de se voir rejetĂ©es par leurs partenaires soucieux d’éviter d’éventuelles sanctions par ricochet. Les armateurs aidant Ă  l’exportation de pĂ©trole indĂ©sirable encourent tout autant des risques considĂ©rables dont celui de se voir saisis leurs navires avec leur cargaison.

Le systĂšme international normatif chargĂ© des transactions bancaires, le cĂ©lĂšbre Swift, d’origine europĂ©enne, peut de mĂȘme ĂȘtre interdit Ă  ceux dont l’activitĂ© est jugĂ©e contraire aux intĂ©rĂȘts de l’État amĂ©ricain, dont les avoirs encourent le risque d’ĂȘtre gelĂ©s, ainsi que la Russie en a fait l’expĂ©rience durant le conflit ukrainien.

L’espionnage sur l’Internet

Les moyens de rĂ©torsion peuvent ĂȘtre activĂ©s lorsque la supĂ©rioritĂ© technologique amĂ©ricaine se trouve menacĂ©e, ainsi qu’en a fait les frais la sociĂ©tĂ© chinoise Huawei, accusĂ©e d’irrĂ©gularitĂ©s bancaires parce qu’elle menaçait d’occuper une position dominante dans le secteur de l’accĂšs Ă  l’Internet grĂące Ă  la nouvelle technologie 5G. Or ses concurrentes, les firmes amĂ©ricaines Microsoft et Google, collaborent Ă  l’espionnage sur l’Internet avec les agences du renseignement amĂ©ricain. Le gouvernement amĂ©ricain ne pouvait laisser le gĂ©ant chinois prĂ©dominer dans le domaine de l’information et des tĂ©lĂ©communications dont il tire sa puissance.

Pour les mĂȘmes raisons, le marchĂ© mondial des micropuces Ă©lectroniques nĂ©cessaires aux ordinateurs est devenu l’enjeu d’une compĂ©tition fĂ©roce. Les firmes chinoises y sont soumises Ă  de nombreuses restrictions pour Ă©viter tout risque de transfert technologique.

Cependant, il se trouve actuellement que c’est la firme taĂŻwanaise TSMC qui assure la fourniture de prĂšs de 80% des microprocesseurs dans le monde, ce qui Ă©videmment, aux yeux des AmĂ©ricains, soulĂšve la perspective d’un Ă©ventuel conflit avec la Chine qui verrait cette derniĂšre en occupant l’üle, en contrĂŽler le marchĂ© mondial.

Le casse-tĂȘte chinois

Les crypto-monnaies, les monnaies Ă©lectroniques, constituent Ă©galement un autre champ de surveillance exercĂ© par le gouvernement amĂ©ricain sur la toile mondiale. Ainsi qu’on a eu l’occasion de le voir, le dĂ©veloppement de l’informatique et des ordinateurs a Ă©tĂ© influencĂ© par l’idĂ©ologie libertarienne dont l’un des principaux objectifs est de se dĂ©barrasser de la domination de l’État. Pour ce faire des monnaies virtuelles ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es, excluant l’usage du dollar, et thĂ©oriquement Ă©liminant l’un des moyens les plus efficaces du contrĂŽle exercĂ© par le gouvernement amĂ©ricain sur les finances mondiales. Naturellement ce dernier s’y oppose avec d’autant plus  de rĂ©solution que les Chinois, en crĂ©ant leur propre monnaie Ă©lectronique, Ă©chapperaient Ă  tout contrĂŽle. PersĂ©vĂšreront-ils dans une voie qui risque Ă©galement de supprimer le contrĂŽle de leur propre gouvernement? Il serait probablement le dernier Ă  souhaiter.

On avait Ă©voquĂ© la collaboration du gouvernement amĂ©ricain avec des firmes qui comme Microsoft lui fournissent l’accĂšs Ă  leurs donnĂ©es et lui donnent toute la latitude de dĂ©crypter les flux d’information sur leurs rĂ©seaux.

En fait, depuis l’affaire Snowden, quelques firmes autant par souci d’indĂ©pendance que celui de ne pas trahir la confiance de leurs correspondants recourent au cryptage des communications, ce qui Ă©videmment en rend la surveillance beaucoup plus ardue. Les ministĂšres de la Justice, ou des Finances amĂ©ricains n’hĂ©sitent plus le cas Ă©chĂ©ant Ă  demander les mots de passe nĂ©cessaires permettant l’accĂšs aux rĂ©seaux, et Ă  sanctionner ceux qui diffusent des programmes d’encodage libres.

Il est encore trop tĂŽt pour savoir si le contrĂŽle de l’Etat sur l’Internet sera pĂ©renne, mais une chose est sĂ»re: avec l’avĂšnement des ordinateurs quantiques, qui est loin d’ĂȘtre imminent, les programmes d’encodage deviendront inviolables et l’espionnage sur l’Internet sera impossible, une perspective qui donne des sueurs froides Ă  tous les gouvernements, en particulier amĂ©ricain.

Si on ne peut concevoir une sociĂ©tĂ© sans domination dans laquelle chaque individu serait libre, ainsi qu’en rĂȘvent les libertariens, il est nĂ©anmoins fort probable que les formes de l’autoritĂ© changeront avec l’avĂšnement de l’ordinateur quantique impermĂ©able Ă  toute intrusion indĂ©sirable.  

‘‘Underground Empire: How America Weaponized the World Economy’’ de Henry Farrell et Abraham Newman, Ă©ditions Henry Holt and Co., 12 septembre 2023, 281 pages.

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La Tunisie dĂ©ment tout retrait de la Cour africaine des droits de l’homme

La Tunisie dĂ©ment tout retrait du Protocole relatif Ă  la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples portant crĂ©ation de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

Ce dĂ©menti a Ă©tĂ© apportĂ© par le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, de la Migration et des Tunisiens Ă  l’étranger, qui a prĂ©cisĂ© que la Tunisie avait uniquement retirĂ© sa dĂ©claration de 2017 acceptant la compĂ©tence de cette instance pour examiner les requĂȘtes individuelles et celles des organisations non gouvernementales (ONG).

Dans son communiquĂ©, le ministĂšre affirme que sa dĂ©cision intervient face Ă  la multiplication des plaintes «instrumentalisĂ©es Ă  des fins politiques» contre la Tunisie, en rappelant que seuls sept pays africains sur les 34 ayant ratifiĂ© le Protocole reconnaissent encore cette compĂ©tence, cinq autres – dont la Tanzanie, pays hĂŽte du siĂšge de la Cour – ayant dĂ©jĂ  effectuĂ© un retrait similaire.

La Tunisie rĂ©affirme son attachement Ă  la Cour africaine pour le rĂšglement des diffĂ©rends relatifs Ă  la Charte des droits de l’homme, tout en rejetant «toute ingĂ©rence dans ses affaires intĂ©rieures». Elle rĂ©itĂšre son engagement en faveur des droits humains et de la coopĂ©ration africaine.

Commentaire d’un dĂ©fenseur des droits humains : «C’est une nuance sans grande importance, car ce retrait vide l’appartenance de la Tunisie Ă  cette organisation de tout son intĂ©rĂȘt».

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Le poĂšme du dimanche | ‘‘Lettre Ă  Ibn Hazm’’ de Mohammed Bennis

NĂ© en 1948 Ă  FĂšs, Mohammed Bennis est poĂšte, essayiste et ancien professeur d’universitĂ©. L’une des voix importantes de la modernitĂ© poĂ©tique arabe.

AncrĂ©e dans le thourath, le patrimoine culturel arabo-musulman, marquĂ©e par le soufisme, sa poĂ©sie, exigeante, Ă  l’écriture souvent aux Ă©lans intĂ©rieurs profonds, est largement ouverte sur la crĂ©ation contemporaine mondiale.

Dans Le livre de l’amour, il va sur les traces du poĂšte andalou, Ibn Hazm (994 Cordoue-1064 Huelva), l’auteur du grand livre de l’amour, Tawq al-HamĂąma (Le Collier de la Colombe), relie le prĂ©sent au passĂ©, interpelle, Ă©voque, dialogue, invoque, dans une rĂ©sonance intime et collective, l’intertextualitĂ© aidant.

Tahar Bekri

En mon temps Ibn Hazm il n’y a plus d’affinitĂ©

L’homme est enfoui dans le fossĂ© des rendez-vous

Ou par ses pas tient-il à défendre

Des rituels

Au lieu d’ĂȘtre.

Et quand une Ă©toile lui tombe sur l’épaule et rit

Il l’écrase et s’en va.

La femme est perdue entre le gaz

Et le sùche-cheveux qui n’attend pas.

Quand elle ouvre son armoire

Elle oublie un astre qui l’avait percutĂ©e

Et lui avait dit: ton baiser est désirable,

et toi tu es Ă  moi.

Les bus

Et les ascenseurs seuls

Changent la direction des rendez-vous rapides.

Des baisers sur la joue

Des saluts d’au-revoir

Des fragments d’ñmes sur le chemin.

De temps Ă  autre des aveux de sang et de feu.

Ce sont les nouvelles de notre Ă©poque nouvelle

L’époque de notre monde

OĂč des nations tuent des nations

Les entrailles des innocents

Sur les saints écrans de télévision.

Des nouvelles de sang et de feu

Cachent Ă  toi et Ă  moi des amants morts

Ou qui vont mourir

Au nom du droit

Ou de la sécurité

Ou de la civilisation qui se laisse aux soupirs.

Ibn Hazm

Par nous ensemble l’Andalousie est perdue

Cet instant qui n’avoua ni temps ni espace

Mais qui t’a appris l’amour

Et m’a laissĂ© son dĂ©sert.

Grenade tombe chaque soir

Personne ne l’entoure de ses bras

Grenade est laissée à la neige

Devant des visiteurs venant d’une mĂ©moire dĂ©formĂ©e

Et Cordoue

Dans la citadelle de l’oubli rĂ©pĂšte son dĂ©lire.

(Extraits)

(Traduit de l’arabe par Tahar Bekri)

Mohammed Bennis, ‘‘Kitab al-Hobb’’, dessins de Dhia Al-Azzawi, prĂ©face d’Adonis, Ed. Toubkal, 1994.

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La BCT cherche Ă  protĂ©ger l’économie tunisienne des risques inflationnistes

 Â«La dĂ©cision de la Banque centrale de Tunisie de rĂ©duire le taux directeur de la BCT de 50 points de base de 8% Ă  7,5% s’inscrit dans le cadre d’une politique d’ajustement progressive, lui permettant d’ĂȘtre toujours en mesure de maĂźtriser les prix, tout en mettant en place les meilleures conditions pour le bon fonctionnement de l’économie».

C’est ce qu’a indiquĂ©, vendredi 28 mars 2025, l’analyste Ă©conomique et financier, Bassem Ennaifar, dans une interview accordĂ©e Ă  l’agence Tap, estimant que «la BCT a trouvĂ© le juste milieu des solutions intermĂ©diaires entre la concrĂ©tisation des rĂ©sultats et des avancĂ©es rĂ©alisĂ©es au niveau de maĂźtrise de l’inflation, d’une part, et d’autre part, la protection de notre Ă©conomie nationale des risques inflationnistes, qui peuvent rĂ©sulter des Ă©volutions des prix sur le marchĂ© international, ou de la hausse de la demande locale, favorisĂ©e par la hausse salariale, d’autre part».

De mĂȘme, l’Institut d’émission s’est retrouvĂ© dans l’obligation de stimuler la croissance Ă©conomique, Ă  travers, entre autres, la facilitation de l’accĂšs au financement, grĂące surtout Ă  la rĂ©duction de son taux directeur, d’autant plus que l’inflation s’est inscrite, depuis des mois, sur une courbe descendante, a ajoutĂ© Ennaifar.

Pour rappel, le taux directeur de la BCT a Ă©tĂ© rĂ©visĂ© Ă  la hausse pour atteindre 8%, depuis le mois de dĂ©cembre 2022, afin de faire face Ă  une inflation Ă  deux chiffres, engendrĂ©e, notamment, par l’accroissement des prix des produits de base Ă  l’échelle internationale, causĂ© essentiellement par le conflit russo-ukranien.

«Aujourd’hui nous sommes dans une pĂ©riode oĂč l’inflation est relativement maĂźtrisĂ©e, bien qu’elle soit toujours Ă©levĂ©e au niveau de 5,7%, mais elle a significativement baissĂ© par rapport au pic enregistrĂ© en 2022, et donc il est lĂ©gitime que les opĂ©rateurs Ă©conomiques demandent une baisse du taux directeur pour accĂ©der aux financements», a notĂ© l’économiste. Et d’ajouter que «la BCT est consciente que la baisse de 50 points de base du taux directeur ne va pas rĂ©volutionner la demande de financement et relancer l’investissement, mais cela lui permettra de suivre de prĂšs l’évolution des prix».

Si les prix confirment leur tendance baissiĂšre, la BCT pourrait, dans quelques mois, baisser encore davantage son taux directeur. Mais si reviennent en hausse, elle serait contrainte d’adopter des politiques monĂ©taires encore plus strictes n’excluant la rĂ©vision Ă  la hausse du taux directeur, estime Ennaifar.

En ce qui concerne les mĂ©nages, cette lĂ©gĂšre baisse du taux directeur n’aura pas, d’aprĂšs lui, d’importantes rĂ©percussions immĂ©diates sur les crĂ©dits de consommation. Par contre, elle pourrait stimuler les financements destinĂ©s Ă  l’acquisition de logements. A ce propos, les banques pourraient se focaliser sur l’octroi de crĂ©dits Ă  taux variables afin de pouvoir maintenir leur niveau de profit.

Pour rappel, le nouvel article 412 de la Loi du 2 aoĂ»t 2024 (Code de commerce) stipule que toute personne ayant obtenu un prĂȘt dont la durĂ©e est supĂ©rieure Ă  7 ans avec un taux fixe, et ayant remboursĂ© 3 ans, peut bĂ©nĂ©ficier d’une rĂ©duction du taux d’intĂ©rĂȘt sur le capital restant dĂ».

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Tunisie | Mesures pour remédier aux problÚmes de la santé à Gafsa

Des mesures ont été prises et des décisions annoncées pour remédier aux insuffisances et lacunes enregistrées dans les établissements de santé dans le gouvernorat de Gafsa.

Parmi ces mesures, figurent la mise en place de centres de santĂ© de base prĂ©fabriquĂ©s Ă  montage rapide, le renforcement du parc des ambulances, les opĂ©rations de rĂ©animation mĂ©dicale mobile, la crĂ©ation d’unitĂ©s mĂ©dicales et le renforcement des moyens humains.

Ces mesures ont Ă©tĂ© annoncĂ©es lors de la rĂ©union entre le prĂ©sident de la RĂ©publique, Kais SaĂŻed, et le ministre de la SantĂ©, Mustapha Ferjani, vendredi 28 mars 2025, au palais de Carthage, qui a fait suite Ă  une visite de travail du ministre dans cette rĂ©gion du sud-ouest tunisien.  

Au cours de la rĂ©union, le chef de l’Etat a rĂ©itĂ©rĂ© son appel Ă  rĂ©former et Ă  reconstruire le secteur de la santĂ© dans les diffĂ©rents gouvernorats du pays, rappelant que la santĂ© est un des droits de l’homme.

Il a aussi Ă©voquĂ© avec le ministre de la SantĂ© le projet de loi portant adoption d’un nouveau statut rĂ©gissant les corps mĂ©dical et paramĂ©dical et des employĂ©s du secteur de la santĂ©. Ce projet de loi vise Ă  redonner au secteur les moyens matĂ©riels et humains dont il a besoin dans toutes les rĂ©gions du pays.

I. B.

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Tunisie | KaĂŻs SaĂŻed et les empĂȘcheurs de tourner en rond

Le prĂ©sident KaĂŻs SaĂŻed a menacĂ©, une nouvelle fois, les agents de l’Etat qui ne montrent pas d’engouement et de zĂšle dans la mise en Ɠuvre du projet politique et Ă©conomique qu’il mĂšne depuis 2021 sous la double banniĂšre de la lutte de libĂ©ration nationale et de l’éradication des lobbys de la corruption.

Lors d’une rencontre, vendredi 28 mars 2025, au palais de Carthage, avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, le PrĂ©sident de la RĂ©publique, KaĂŻs SaĂŻed, a insistĂ© sur «l’impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ© de franchir rapidement les obstacles pour concilier crĂ©ation de richesses et justice sociale», indique un communiquĂ© de la prĂ©sidence de la rĂ©publique, ajoutant que le chef de l’État a indiquĂ© que chaque responsable doit agir pour «remporter la bataille de la rĂ©volution, en surmontant les obstacles qui empĂȘchent d’avancer».

L’enjeu dĂ©passe l’adoption de lois symboliques qui n’apportent pas de changements tangibles Ă  la rĂ©alitĂ© : il s’agit de «construire une nouvelle histoire», a dĂ©clarĂ© SaĂŻed dont les grandioses ambitions peuvent paraĂźtre en nette dĂ©calage par rapport Ă  la faiblesse des moyens dont dispose aujourd’hui l’Etat.

L’impatience du prĂ©sident

Exprimant la mĂȘme impatience face Ă  une action gouvernementale qui tourne Ă  vide et qui tarde Ă  aboutir Ă  des rĂ©sultats concrets se rĂ©percutant positivement sur le quotidien des citoyens et leur niveau de vie, SaĂŻed a dĂ©clarĂ©, toujours selon le communiquĂ© de la prĂ©sidence repris par l’agence officielle Tap, que «l’objectif est de dĂ©passer les textes sans portĂ©e pratique pour aboutir Ă  des actions concrĂštes rĂ©pondant aux aspirations du peuple tunisien».

«L’État ne tolĂ©rera plus les entraves au fonctionnement des institutions ni aux aspirations du peuple tunisien», a averti le locataire du Palais de Carthage. «Des milliers de diplĂŽmĂ©s patriotes, mĂȘme sans expĂ©rience, pourront remplacer ceux qui se considĂšrent comme une classe privilĂ©giĂ©e et qui bloquent les projets», a-t-il ajoutĂ©, menaçant ainsi, pour la Ă©niĂšme fois, les agents de l’Etat qui ne montrent pas d’engouement et de zĂšle dans la mise en Ɠuvre du projet politique qu’il a entamĂ© avec la proclamation de l’état d’exception le 25 juillet 2021 et dont les Tunisiens attendent toujours de cueillir les dividendes.

«L’ùre des lobbies tapis dans les rouages de l’État doit prendre fin», a encore lancĂ© SaĂŻed, revenant ainsi Ă  son sujet de prĂ©dilection, la corruption, incarnĂ©e, selon lui, par les groupes d’intĂ©rĂȘts qui dĂ©fendraient leurs privilĂšges et empĂȘcheraient l’Etat de mettre en Ɠuvre ses projets et programmes visant Ă  instaurer une meilleure Ă©quitĂ© sociale. «La Tunisie, riche en ressources, garantira la dignitĂ© de ses citoyens une fois la corruption Ă©radiquĂ©e», a-t-il conclu, insistant, une nouvelle fois, sur l’une de ses grandes idĂ©es, celle du «compter sur soi», qu’il ne parvient pas Ă  faire partager par une administration sinon rĂ©calcitrante du moins peu convaincue et ne voyant pas comment la mettre en Ɠuvre dans une situation de crise Ă©conomique et financiĂšre parmi les plus graves que le pays a connues depuis 1986, date de la mise en Ɠuvre du Plan d’ajustement structurel avec le soutien financier du Fonds monĂ©taire international (FMI).

I. B.

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Tunisie | Des conseils ministériels qui se suivent et se ressemblent

Le conseil ministĂ©riel restreint (CMR) qui s’est tenu vendredi 28 mars 2025 au Palais de la Kasbah, Ă©tait consacrĂ© Ă  «l’examen des mesures urgentes pour booster l’économie, crĂ©er des emplois pour les diplĂŽmĂ©s chĂŽmeurs et amĂ©liorer les conditions de vie des citoyens». Sauf qu’aucune mesure concrĂšte n’a Ă©tĂ© annoncĂ©e dans le communiquĂ© rendant compte de la rĂ©union et on s’est contentĂ©, comme souvent dans ce genre de conclave, d’idĂ©es gĂ©nĂ©rales qui ne font pas manger son homme.

Selon le communiquĂ© de la prĂ©sidence du gouvernement, le CMR a Ă©tĂ© prĂ©sidĂ© par la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzeri et «dĂ©battu plusieurs axes stratĂ©giques (sic !), notamment le soutien aux entreprises communautaires, la promotion de l’investissement comme moteur de croissance, la garantie de la souverainetĂ© alimentaire et de la sĂ©curitĂ© hydrique, ainsi que l’accĂ©lĂ©ration de la transition numĂ©rique et Ă©nergĂ©tique».

«Un calendrier prĂ©cis a Ă©tĂ© Ă©tabli pour assurer une mise en Ɠuvre rapide et coordonnĂ©e de ces mesures», ajoute le communiquĂ© de la prĂ©sidence du gouvernement, qui ne prĂ©cise rien sur les dites «mesures» et ledit «calendrier» afin que nous puissions juger, nous autres analystes, citoyens et observateurs, du sĂ©rieux et de la faisabilitĂ©, et des «mesures» et du «calendrier».

Selon le communiquĂ© de la prĂ©sidence du gouvernement, Mme Zaafrani Zenzeri «a soulignĂ© l’importance d’adopter des mesures pratiques pour dynamiser l’économie dans les prochains mois, avec un suivi rigoureux.»

«Elle a aussi plaidĂ© pour une approche intĂ©grĂ©e visant Ă  amĂ©liorer la performance Ă©conomique, prĂ©server le tissu institutionnel et adapter le cadre lĂ©gislatif aux mutations actuelles», tout en rappelant que «la politique sociale doit rester au cƓur des prioritĂ©s, avec une exploitation optimale des ressources disponibles.»

Elle a Ă©galement «appelĂ© Ă  renforcer la coordination entre les diffĂ©rents dĂ©partements ministĂ©riels et structures publiques pour lever les obstacles freinant la mise en Ɠuvre des projets structurants. Et soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de relancer les projets en suspens afin de gĂ©nĂ©rer davantage d’opportunitĂ©s pour les jeunes, encourager l’innovation et instaurer un climat Ă©conomique compĂ©titif rompant avec les modĂšles Ă©conomiques traditionnels basĂ©s sur la rente.»

Cependant, quand on sait que plusieurs CMR du mĂȘme genre ont Ă©tĂ© tenus au cours des  derniĂšres annĂ©es et ont abouti aux mĂȘmes considĂ©rations gĂ©nĂ©rales sur l’investissement, la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat, sans que nous voyons la moindre amĂ©lioration de la situation Ă©conomique dans le pays – l’investissement, la croissance et l’emploi restant dĂ©sespĂ©rĂ©ment en berne –, on est en droit d’ĂȘtre quelque peu perplexe et de ne plus attendre grand-chose de ces rĂ©unions qui se suivent et se ressemblent. Et qui nous donnent la dĂ©sagrĂ©able impression que l’Etat tourne en rond, broie du vent et a du mal Ă  dĂ©bloquer la situation dans le pays.   

I. B.

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