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Ennahdha, dissoute, la jamaa continuera

Les lourdes condamnations à des dizaines d’années de prison pour les principaux dirigeants du parti Ennahdha et notamment de son leader Rached Ghannouchi, pour « complot contre la sécurité de l’Etat » et d’autres crimes et délits extrêmement graves ne laisse plus aucun doute quant au sort qui sera réservé à cette organisation. Elle sera probablement dissoute, comme structure légale, ce qui serait logique en raison de sa nature, puisqu’elle ne correspondrait, dans ses actions, son mode de fonctionnement et son vrai programme, à ce qu’on a l’habitude d’appeler un parti politique, et pas seulement en Tunisie, mais dans tous les pays du monde, et selon toutes les législations. La dissolution serait, dans ce cas, la fin d’un processus légal, suite à des condamnations définitives, et après de multiples procès, qui ne seront certainement pas les derniers. Les péripéties, juridiques et notamment procédurales, et les protestations qu’elles ont soulevé chez les avocats des accusés et même chez des ong nationales et internationales, de défense des droits de l’homme, toutes relayées par les médias locaux et internationaux, ne font que renforcer l’idée, que le parti Ennahdha, tel qu’il était, ne peut être considéré comme un parti politique. Les accusations prononcées par les tribunaux et jugées le présentent, comme une structure équivalente aux groupements et organisations terroristes, complotistes, insurrectionnelles, et ses chefs comme des conspirateurs, des complotistes, qui visent à changer la nature de l’Etat, par la violence et l’action subversive.

Changer c’est trahir sa foi

En réalité ce n’est pas la première fois que cette mouvance, fondée en avril 1972, et appelée au début, el-jamaa el islamiya est accusée et condamnée pour les mêmes crimes, aussi bien sous Bourguiba que sous Ben Ali, toujours avec le même dirigeant et chef suprême Rached Ghannouchi, même si elle s’est fait changer le nom, successivement, la Tendance Islamique (el ittijeh el islami) et puis Ennahdha (La renaissance).Pourtant, aussi bien les présidents de la République, que les différents gouvernements, depuis les année quatre-vingt, jusqu’à maintenant, ont bien changé ainsi que la société tunisienne et ses élites politiques, mais cette jamaa ne semble pas avoir changé , ni de programme, qui est tout simplement l’instauration d’une théocratie religieuse assez proche du modèle iranien des mollahs , où un guide suprême, en l’occurrence Rached Ghannouchi dirige le mouvement vers un objectif ultime, un gouvernement de l’Islam Politique qui applique strictement la charia, voire un Califat, si les conditions le permettent. C’est le propre même des organisations de l’Islam Politique, que de rester fidèle à ses objectifs stratégiques, quel que soit le prix à payer, car il s’agit d’un article de Foi et non d’un objectif politique, comme pour n’importe quel parti politique. D’ailleurs, le texte fondateur qui résume les fondements et l’action des islamistes tunisiens n’a jamais été renié ou remanié, et constitue une charte, auquel tout adhérent doit obéir.

Par ailleurs, les procès en cours, contre les dirigeants de cette organisation sont traités en fonction des lois que, Ennahdha, comme parti politique participant au parlement et au gouvernement dans la période allant de 2011 à 2021 avait promulgués et entérinés, et il n’y’a pas eu depuis de nouvelles lois significatives, hormis le décret 54, qui criminalise les diffamations et les injures sur les réseaux sociaux. La loi sur le terrorisme est d’ailleurs la principale loi invoquée dans les différents procès visant les chefs de ce parti, ce qui laisse penser qu’il sera dissout, car accusé, de s’être transformé en organisation terroriste. Le procès de l’assassinat du grand militant de gauche Chokri Belaïd, qui va se terminer en première instance, le 6 février 2026, 13 ans jours pour jour après ce meurtre abject, s’il confirme l’implication de la direction de ce parti, serait la preuve ultime que l’existence de tel parti, Ennahdha ou un autre, est contraire à la législation en vigueur. Avant 2011, la loi interdisait la création d’un parti religieux, sauf qu’après, le tournant de 2011, cette loi a été jetée aux oubliettes, prétextant qu’elle est anti démocratique et fût dénoncée par toutes les O.N.G européennes et mondiales, ainsi que tunisiennes œuvrant dans le domaine des droits de l’homme et de la démocratie. Ces mêmes organisations se taisent maintenant, que les américains et de plus en plus d’Etats européens classent les Frères musulmans, comme une organisation terroriste, même si seules certaines sections de certains pays arabes sont concernées. Or Ennahdha est une section de l’organisation mondiale des Frères musulmans, dont un des derniers dirigeants est Al Qardhaoui sous le Label « L’Union des savants musulmans et dont Rached el Ghannouchi est une des principales figures. Les deux poids deux mesures, des défenseurs occidentaux des droits de l’homme, ne concerne pas seulement le génocide de Gaza, ou l’absolution est donnée au criminel Ntanyahu, mais elle concerne aussi les affaires politiques internes des Etats arabes ou musulmans, dont la Tunisie.

Lors de trois régimes différents, sous Bourguiba, Ben Ali, et sous Kaies Saied, les mêmes crimes reprochés à ce parti, colonne vertébrale de l’Islam Politique avec toutes ses variantes, dont ansar al charia de triste renom qui avait assassiné nos soldats, nos policiers et nos citoyens, qui n’est qu’un des bras armés de l’organisation locale des Frères musulmans, en Tunisie. Le dossier d’El Tasfir, en cours, où sont impliqués tous les dirigeants nahdhaouis et qui sont responsables et impliqués dans l’envoi de milliers de nos jeunes combattre en Syrie, dont 300 affiliés à Daech qui sont détenus en Irak maintenant, alors qu’ils étaient il y’a quelques semaines dans une prison kurde en Syrie, et qui risquent de revenir à tout moment, est largement suffisant pour mettre hors la loi, cette formation de l’Isla Politique. Sachant par ailleurs, que plusieurs milliers de ces victimes de la propagande et de l’action d’Ennahdha sont retournés dans le pays. C’est dire combien le danger est réel. N’eussent été la vigilance de nos services de sécurité, qui continuent brillamment à éliminer ces terroristes et en arrêter les éléments les plus dangereux, notre pays aurait été dévasté à nouveau par le péril vert.

La jamaa continuera

Même si le parti en tant que tel, la jamaa islamiste continuera à exister. Rappelons que le nom initial de ce qui est appelé Ennahdha est el jamaa islamiya, littéralement, la communauté islamique, qui suppose que ceux qui se situent en dehors de cette jamaa ne sont nullement musulmans, car ses membres ont prêté allégeance à la vie, à la mort au guide suprême en l’occurrence Rached Ghannouchi, en Tunisie. Quitter la jamaa est un péché mortel qui frappe d’infidélité celui qui ose le déclarer. Alors que le parti Ennahdha n’est que la façade légale et officielle de la jamaa. Cette distinction est fondamentale pour comprendre ce qui se passe au sein de cette mouvance.

Le 5 décembre 1980, les services de sécurité tunisiens ont démantelé, l’appareil secret de la jamaa et c’est seulement en 1981 que cette dernière avait tenu une conférence de presse à Tunis pour annoncer son existence en tant que mouvance, alors qu’elle a été créée en 1972. Les frères musulmans tunisiens ne sont pas les seuls, à user de ce stratagème, il fait partie de l’essence même de la pensée politique islamiste partout dans le monde. D’ailleurs, avant même sa légalisation en 2011, la jamaa, alis Ennahdha avait toujours tenu ses congrès clandestinement, le premier à Mannouba qui avait réuni 60 congressistes, le second à Sousse, en Avril 1981, toujours clandestin, sans parler des réunions clandestines de leurs dirigeants, en Tunisie ou à l’étranger. Le culte du secret est le propre des organisations subversives et tant que la jamaa existe, il continuera à rythmer sa vie. Or la jamaa est l’expression d’un phénomène social politico-religieux et ce n’est pas un simple acte de dissolution qui peut en finir avec la mouvance. Car depuis l’aube de l’Islam, ce genre de mouvances ont existé, car ils reposent sur une lecture orthodoxe et dogmatique du texte révélé, le Coran.

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L’UGTT, le Phoenix qui renaît de ses cendres ?

La commission administrative de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) vient de décider l’organisation du congrès de la centrale ouvrière, électif cette fois-ci, avec la majorité de ses membres. Bien que suffisamment médiatisé, l’événement n’a pas pris la dimension politique à laquelle on s’attendait, car la réunion était dominée par les clivages et conflits qui avaient provoqué une des plus graves crises de l’histoire de ce qui est considéré comme un des piliers de la société et de l’Etat. Or, cette décision n’a pas seulement des conséquences politiques, sur l’avenir de l’organisation syndicale, mais surtout des conséquences politiques éminemment importantes, sur la stabilité de la société et même de l’Etat, sans parler des gouvernements futurs.

Un monument en ruines, à reconstruire

La décision de tenir le congrès en mars prochain (2026), et de rejeter aux calendes grecques la grève générale est, à notre avis un acte salutaire qui va stopper, du moins pour une période, la déchéance progressive de la centrale syndicale en particulier, et l’action syndicale en général. Pour cela seulement, il peut être considéré pour un acte salutaire. Certes le débat interne au sein de l’UGTT, comme partout dans le pays, ne brille pas par sa qualité, car, il tourne souvent autour de questions organisationnelles, voire juridiques, question qui cachent souvent les véritables enjeux. Sous le prétexte de sauvegarder l’unité syndicale, on a fini de vider tous les débats de leur contenu.

Ce qui est curieux, c’est qu’il s’est avéré à travers cette réunion de la C.A, que la majorité en son sein n’est pas la majorité au bureau exécutif, ce qui est en soi assez significatif du délabrement de la situation interne et qui signifie que le bureau partant avait perdu sa légitimité organisationnelle, en plus de sa légitimité légale, puisque tout simplement le règlement intérieur n’autorisait pas une grande partie de ses membres à être réélus à la tête de la centrale. Ce qui a été fait au mépris de la loi.

D’ailleurs, le tribunal avait annulé en première instance ce congrès avant de le valider ensuite. D’où la division du rang syndical. La volte-face du secrétaire général et le feuilleton à rebondissement de sa démission et de son retrait, ont paradoxalement sauvé l’UGTT d’une mort certaine. On peut affirmer sans hésiter que l’acte de démission de Tabboubi était tombé à point, pour annuler de facto la grève générale, annoncée bien avant avec fracas, et comme un défi aux autorités, et qui aurait certainement provoqué une crise majeure entre le gouvernement et les syndicalistes, et par conséquent une crise extrêmement grave à caractère politique pour le pays tout entier.

Tabboubi avait donc raison même s’il a eu tort. On peut dire qu’il a désamorcé la bombe juste à temps. Bien sûr cela s’est fait aux dépens de la majorité du bureau exécutif partant, mais comme il est justement partant, cela n’aurait pas grande conséquence sur le déroulement des faits et surtout sur les résultats du prochain congrès qui élira un nouveau bureau exécutif, donc une nouvelle tête de la centrale ouvrière.

 

Lire aussi : Crise à l’UGTT : Taboubi revient sur sa démission

 

Pour une UGTT refondée

La crise actuelle a quelque chose de bon. Elle présente une occasion pour une réflexion profonde sur le rôle du syndicalisme tunisien face aux grands défis qui se posent à la nation, dans des environnements, mondial, régional et surtout social, changeants, à une allure exceptionnelle. On n’est plus à l’époque de Hached, de Ahmed Ben Salah, de Habib Achour ou même de Sahbani, Abbassi, Tabboubi.

Le syndicalisme, s’il n’évolue pas au rythme des évolutions économiques, risque de devenir archaïque. Ce qui est le cas aujourd’hui du syndicalisme tunisien. La nature même de la classe ouvrière, comme la définissent les marxistes, a radicalement changé, ainsi d’ailleurs que les catégories du salariat. La nature même des entreprises tunisiennes a changé, celles du service public et du privé. Mais à notre connaissance, la conception qui dirige le syndicalisme tunisien n’a pas suivi ces évolutions.

Ce qui est sûr, tout en restant profondément nationaliste, les idéologies qui traversent le corps syndical sont, elles-mêmes, archaïques, telles la vision communiste du syndicalisme, la vision gauchiste, la vision nationaliste arabe, la vision islamiste, et la vision crypto-destourienne. Or, nous savons que les grands clivages sont déterminants dans les élections des structures dirigeantes et surtout du bureau exécutif. Ceci malgré le pragmatisme qui a toujours caractérisé le syndicalisme tunisien.

Le congrès de mars va-t-il offrir cette occasion en or d’engager une réflexion collective sur la question : quel syndicalisme pour la phase à venir de l’économie et de l’Etat tunisiens. On peut l’affirmer, que cette question ne se posera même pas. Comme toujours, le congrès sera le théâtre de tractations, de négociations, de marchandage, visant uniquement l’occupation des postes de direction, préalable pour contrôler les structures syndicales de base et régionales, leurs locaux, leurs budgets, etc. Tout ça avec des surenchères idéologiques et politiques.

Bien sûr, les négociations salariales et le droit de la centrale de participer, côte-à-côte avec le gouvernement et l’UTICA, à fixer le contenu, seront au menu, mais sans vision claire sur la situation réelle et plutôt catastrophique des entreprises notamment publiques, et sans remettre en cause ce dogme de l’étatisme à tout prix. Même quand ces entreprises publiques sont devenues un boulet au pied de l’Etat, qui le tire vers le bas, surtout que cette doctrine, un avatar de l’idéologie communiste, est aussi reprise par l’Etat lui-même. La non-privatisation des entreprises publiques lourdement déficitaires n’était-elle pas le slogan leitmotive de l’UGTT ?

Le congrès devrait aussi adopter des motions qui définissent la ligne générale mais aussi la politique syndicale vis-à-vis de certains secteurs. A quelques semaines du congrès, parions que ces motions ne sont pas encore prêtes, ainsi aussi que le rapport financier qui, disons-le clairement, n’a jamais brillé par sa transparence, lors des précédents congrès. Mais le souci des congressistes serait avant tout de faire élire leurs camarades, dans des combinaisons assez subtiles dont ils sont passés maîtres, il faut l’avouer. Il y aura certainement des contestations, mais une majorité qui se profile déjà risque de se dégager. La question est derrière qui ? Cette question est sur toutes les langues. C’est vrai, qu’il est trop tôt pour connaître les nouveaux chefs de file, mais il n’est pas impossible de voir les groupes, idéologiques ou régionaux, déjà faire leurs calculs pour mettre en avant de nouveaux dirigeants. Mais le plus important évidemment n’est pas de savoir de quelle obédience, idéologique, politique ou tout simplement régionale (c’est devenu une obédience), mais quelle vision il porte sur le syndicalisme tunisien du 21ème siècle.

Le rôle de l’Etat

Nous avons essayé de démontrer dans des articles précédents, que l’UGTT fait partie de l’Etat et que c’est même un des principaux piliers. La réduire à une simple partie de la société civile tunisienne, même si elle est historiquement et objectivement liée à cette dernière, est une erreur d’analyse grossière. L’UGGT n’est pas un simple contre-pouvoir, comme ont tendance à le croire, les mouvances idéologiques, à l’intérieur et à l’extérieur du syndicat. Il s’en suit que l’Etat a un devoir envers l’UGTT, celui de la consolider et non de l’affaiblir. Mais cette dernière ne doit absolument pas se transformer en parti politique, ni de l’opposition ni du pouvoir. Son rôle politique est d’assurer que les grands équilibres socio-économiques soient stables, ce qu’elle a toujours fait, sauf après 2011, où ses différentes directions, encouragées par le vide laissé par l’ancien parti mastodonte, le RCD, avaient tenté de prendre sa place et sont devenues, de facto, des partenaires parmi ceux qui se partageaient le pouvoir de 2011 à 2021.

 

Lire également : Gouvernement – UGTT : vers une crise majeure ?

 

Cette parenthèse a été tournée, définitivement. On est dans une étape où la centrale ouvrière doit récupérer son rôle syndical, comme intermédiaire entre le salariat et le gouvernement quelque soit le gouvernement. Proposer, des ministres, des pdg, des présidents des municipalités. C’est le rôle de l’Etat. En premier, l’Etat doit réhabiliter la centrale dans son rôle de négociateur et principal partenaire social. Mais l’Etat ne doit aucunement interférer dans les affaires internes de l’UGTT, ce que jusqu’à maintenant n’a pas eu lieu et doit même veiller à ce que la santé financière de l’organisation soit très bonne.

Il reste que c’est aussi au nouveau bureau exécutif de tendre la main au gouvernement en vue de reprendre le dialogue. Bien sûr tout dépendra des résultats du congrès et du nouveau bureau exécutif. Espérons que les leçons ont été déjà tirées.

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