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Conflit au Moyen-Orient: l’heure de vérité a sonné !

La guerre au Moyen-Orient s’éternise. Le fragile cessez le-feu ne doit pas faire illusion, à cause de l’arrogance, la suprématie, la fourberie et le sentiment d’impunité des Américains et des Israéliens. Au mieux, il ne pouvait s’agir que d’une brève accalmie, prélude à une nouvelle vague de bombardements, d’assassinats et de destructions massives de l’Iran. Les Iraniens, qui ne sont pas dupes, ne s’attendent à rien de moins sinon à une paix impossible et à une guerre probable tant que les Israéliens et leur protecteur américain n’auront pas atteint leur but de guerre : l’hégémonie sans partage dans la région.

Le cessez-le-feu ne signifie pas la fin de la guerre. Celle-ci se poursuit avec d’autres armes non moins dissuasives. Les Iraniens ne renoncent pas à leur souveraineté et à leur droit de contrôle du détroit d’Ormuz pour peser sur l’issue de la guerre. Les Américains, pour masquer leur incapacité militaire de l’ouvrir à la libre circulation par leur puissance de feu, répliquent et réagissent à leur manière. Ils pratiquent – ce qu’ils ont coutume de faire – la politique de la terre brûlée en mobilisant leur armada navale pour interdire toute forme de navigation dans le détroit par où s’acheminent pétrole, gaz et engrais chimiques.

 

L’économie nationale n’est pas en reste. Et, à bien des égards, elle est plus exposée au choc pétrolier que les puissances industrielles en raison de sa dépendance énergétique et de ses contraintes financières à la limite de leur point de rupture.

 

Du coup, la tension monte de plusieurs crans, avec le risque d’internationaliser le conflit. Le spectre d’une troisième guerre mondiale se profile à l’horizon. En imposant un blocus naval, au mépris du droit international, les Américains n’en sont pas à leur premier crime contre l’humanité qui s’ajoute à leur bilan funeste et macabre de crimes de guerre.

Cet acte de piraterie internationale, digne d’un empire adepte du droit de la force, a mis de nouveau le feu aux poudres et fait flamber le cours du pétrole, qui s’envole à plus de 100 $ le baril. L’économie nationale n’est pas en reste. Et, à bien des égards, elle est plus exposée au choc pétrolier que les puissances industrielles en raison de sa dépendance énergétique et de ses contraintes financières à la limite de leur point de rupture. Pour nous, c’est la double peine, à l’entrée comme à la sortie des produits. Le coût exorbitant de la facture pétrolière, le renchérissement des matières premières, des intrants de toutes sortes, des céréales, l’envol des charges d’assurance et de transport vont provoquer une véritable saignée dans nos réserves de change. Côté export, les choses ne s’annoncent guère meilleures.

Le mal est encore plus profond. Le risque que l’économie nationale plonge et s’enlise de nouveau dans la récession est réel face au recul acté de la croissance chez nos principaux partenaires européens. Le moteur des exportations, qui connaît déjà de multiples ratés, sera contraint à l’arrêt sinon au ralenti. Le tableau est loin d’être rassurant. Moins d’importations d’intrants destinés à la fabrication, moins d’investissements – y compris les IDE sous le choc du basculement géo politique -, plus d’inflation et de chômage sans espoir de voir renflouer les exportations en perdition en raison de l’atonie de la demande européenne, qui absorbe les 2/3 de nos ventes à l’étranger.

Triste perspective qui ne parvient pourtant pas à ébranler notre indifférence alors qu’elle suscite par ailleurs crainte et inquiétude. Les principaux organismes financiers mondiaux ne s’y trompent pas. Ils ont révisé à la baisse, pour l’année en cours, leur prévision de croissance au sujet de l’économie tunisienne.

Le FMI table sur 2,1 % contre une estimation de 2,5% en début d’année. La Banque mondiale va encore plus loin. Elle a rame né ses estimations de croissance de 2,5 à 2 %. Et il n’est pas dit qu’ils s’en tiendront à ces nouvelles estimations si d’aventure la guerre au M.O. venait à se prolonger. Que dire ? Que faut-il en penser face à l’omerta locale ? Économistes – pas tous -, analystes financiers et géopoliticiens s’en inquiètent mais donnent à peine de la voix et semblent se parler à eux-mêmes.

Au niveau des grands commis de l’État, silence radio, comme si de rien n’était. Aucune indication concernant une quelconque révision à la baisse de la croissance estimée à 3,2 %, selon la loi de finances 2026, bien avant le déclenchement de la guerre au M.O. À croire que l’anticipation est loin d’être notre principale marque de fabrique.

 

Il n’y a pas mieux que de relancer la demande intérieure et l’investissement en mobilisant les ressources financières pour financer des mégaprojets structurants dans l’énergie propre, le transport, la logistique, l’industrie 4.0, l’agriculture de pointe, la recherche et l’enseignement supérieur.

 

Le feu se propage dans la maison qui brûle et plutôt que d’éteindre l’incendie, on continue de regarder le jardin avec un brin d’assurance. Partout dans le monde, chez les pays érigés en empire, les PIA et ceux en émergence rapide, branle-bas de combat pour échafauder des plans de guerre économique au motif de parer au choc pétrolier, aux déficits de denrées agricoles à la suite de pénuries d’engrais, de désorganisation des échanges mondiaux, de recomposition des chaînes d’approvisionnement, à la montée des frais d’assurance et des coûts de transport. Partout, états-majors et stratèges sont à pied d’œuvre pour envisager les voies et les mécanismes de relance des économies et les issues de sortie de crise : réarmement industriel, relocalisation, redéploiement des chaînes de valeur et d’approvisionnement. Objectif : faire émerger et développer de nouveaux foyers de croissance, respectueuse de l’environnement, révélés par le nouvel ordre économique qui se dessine à grands traits et dont la guerre au M.O. n’en est que l’avatar et le symptôme.

L e potentiel de développement de la Tunisie, son positionnement géographique éminemment stratégique, aux confins de l’UE, de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie, la prédispose et doit l’inciter à s’inscrire dans cette dynamique de développement. Il y a en effet besoin et nécessité d’activer, en dépit de nos contraintes financières, de nouveaux leviers et vecteurs de croissance pour éloigner le spectre de la récession. Il n’y a pas mieux que de relancer la demande intérieure et l’investissement en mobilisant les ressources financières pour financer des mégaprojets structurants dans l’énergie propre, le transport, la logistique, l’industrie 4.0, l’agriculture de pointe, la recherche et l’enseignement supérieur. Il est possible de faire émerger, à un horizon raison nable, des technopoles de dernière génération, des clusters, des startups revisitées par l’IA. La face immergée des crises est qu’elle révèle de nouvelles opportunités, de nouvelles avancées technologiques et d’espoir et donc de possibles conquêtes du futur.

 

Rien ne semble troubler notre sérénité alors qu’il faut se préparer à des lendemains très difficiles. Nous allons devoir puiser dans nos ultimes réserves pour éviter que le pays ne soit à court de carburant.

 

Où en sommes-nous de cette nouvelle vision d’un monde en devenir, de ces technologies de rupture et de ce tourbillon géopolitique ? Le monde est en train de vaciller autour de nous sans que l’on manifeste le moindre signe d’inquiétude, alors que nous sommes dans l’œil du cyclone.

Rien ne semble troubler notre sérénité alors qu’il faut se préparer à des lendemains très difficiles. Nous allons devoir puiser dans nos ultimes réserves pour éviter que le pays ne soit à court de carburant. Les estimations les moins pessimistes et les moins alarmantes évaluent à plus de 2 milliards de dollars le surplus de la facture pétrolière qui pèsera lourd sur le déséquilibre extérieur et le déficit budgétaire via les dépenses de subvention. C’est à peu de chose près l’équivalent des recettes touristiques qui vont partir en fumée.

La vraie question est de savoir comment financer ces déficits. Serait-ce en rognant sur les dépenses d’équipement, ces nécessaires investissements d’avenir qui ont la fâcheuse réputation de servir de véritables variables d’ajustement à défaut de tailler des coupes sombres dans les dépenses de fonctionne ment de l’État frappées de rigidité légendaire? Doit-on assécher les canaux de financement local au risque de provoquer un effet d’éviction de forte amplitude, au grand désarroi de PME/PMI à la limite du dépôt de bilan ?

L’hypothèse d’un resserrement fiscal de trop sonnera le glas de l’économie formelle. L’idée même d’une loi de finances complémentaire est moins pertinente qu’on le dit. Ce serait même le dernier clou dans le cercueil de la croissance. Elle consistera à couper dans les dépenses productives et aggraver les signes d’austérité qui n’ont jamais disparu de la scène nationale. Avec pour résultat final, plus de mal que de bien. Faire appel à la solidarité internationale? On en connaît les limites et l’étendue de l’hypocrisie de nations frères ou amies. Le mieux pour nous serait de renforcer la coopération avec les grands bailleurs de fonds institutionnels, BM, FMI, BEI, BAD et fonds d’investisse ment arabes, à la recherche d’opportunités d’investissement à horizon lointain. Il nous faut redonner vie au PPP autrement que par le discours, en nous affranchissant de notre frilosité et de nos préjugés.

 

Un État stratège qui, loin d’entretenir le mythe du miroir aux alouettes, tire sa légitimité et sa crédibilité de sa capacité de libérer l’investissement, la créativité, qui améliore le climat des affaires et l’expurge de ses scories et de ses imperfections. Un État stratège qui fédère, qui voit vite, loin et grand…

 

S’ouvrir davantage sur le monde n’est plus une option mais une impérieuse obligation. Celle de mettre en adéquation besoin et nécessité. Les investisseurs étrangers de réputation mondiale ne redoutent rien de plus que la bureaucratie, les contrôles tatillons, l’instabilité fiscale, les hésitations de l’Administration et l’usage excessif du principe de précaution érigé en règle de gouvernement. Osons l’ouverture sans restriction, osons la rupture. Pour en finir avec ce ni-ni. Ni restructuration franche et massive des entreprises publiques sans emprise stratégique et, de surcroit, sous perfusion, ni leur privatisation qui n’enlève rien au statut de l’État et à la souveraineté du pays.

De l’audace encore et toujours. Nous avons besoin d’un État stratège qui ne soit pas très grand pour les petits problèmes insignifiants et trop petit pour les grands problèmes qui conditionnent l’avenir. Un État stratège qui conçoit, régule et fait faire plutôt que de se disperser là où le secteur privé a plus de chances de réussite et un plus grand apport pour le pays. Un État stratège qui, loin d’entretenir le mythe du miroir aux alouettes, tire sa légitimité et sa crédibilité de sa capacité de libérer l’investissement, la créativité, qui améliore le climat des affaires et l’expurge de ses scories et de ses imperfections. Un État stratège qui fédère, qui voit vite, loin et grand, se projette dans le futur et donne une perspective aux jeunes et moins jeunes.

D’un mot, un État qui réenchante et fait rêver. L’ancien monde s’écroule dans un fracas de désordre économique. Le nouveau, en gestation, appartient aux plus entreprenants, aux plus innovants et performants. Malheur aux vaincus.

La guerre au M.O. ne doit pas occulter les grandes manœuvres économiques en cours. L’ennui est qu’on ne voit rien venir, ici et maintenant, qui puisse provoquer un déclic salvateur, rien qui puisse réveiller notre instinct de survie. Doit-on attendre que le ciel nous tombe sur la tête pour sonner l’alerte ? Le monde retient son souffle face à la propagation des guerres et à la montée des périls. Rien ne semble troubler notre sérénité. Ni la récession qui frappe à nos portes, et encore moins le chômage qui explose, l’inflation qui détruit ce qui reste du tissu et de la cohésion sociale, et l’incertitude qui plonge le pays dans le brouillard. Rien, sinon le prix astronomique du mou ton qui sera sacrifié à l’autel de l’Aïd qui fait débat, indigne et scandalise les petites et les moyennes bourses. Voilà où nous en sommes.

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