Conseil de la paix : ces pays qui brillent par leur absence…
Le Conseil de la paix lancé par Donald Trump devrait réunir ce jeudi à Washington les pays alliés et partenaires des États-Unis; mais sans la participation des principales grandes puissances mondiales.
Le Conseil de la paix est une initiative politique qui brouille les lignes et sème la discorde avant même son lancement.
En effet, il est conçu en amont, soi-disant pour œuvrer à la reconstruction de la bande de Gaza et à en faire « la riviera du Moyen-Orient ». Et en aval pour instaurer une « pax americana » à la sauce Trump, avec l’ambition affichée de résoudre des conflits armés dans le monde et de redessiner l’ordre mondial à son avantage, tout en contournant l’ONU.
Ainsi, le Conseil de la paix tiendra ce jeudi 19 février à Washington sa réunion inaugurale, dans les locaux de l’Institut des États-Unis pour la paix. Lequel a été récemment rebaptisé par le département d’État « Institut Donald J. Trump pour la paix ». Bien entendu, le président américain en assure la direction, entouré d’un comité exécutif composé de son gendre Jared Kushner, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.
D’autre part, 27 États qualifiés de « membres fondateurs » feront le déplacement à Washington pour acter la naissance de cet organe controversé. Avec à la clé un ticket payant d’un milliard de dollars que chaque pays membre devra débourser pour avoir « l’honneur » d’y siéger.
A ce propos, Donald Trump, le maître des lieux, a assuré, dimanche 15 février sur son réseau Truth social, avoir rassemblé 5 milliards de dollars de promesses de dons en faveur de reconstruction à Gaza. Sachant que ce projet prévoit un financement massif pour Gaza, avec une première enveloppe de 5 milliards de dollars et l’objectif d’atteindre 70 milliards, afin de reconstruire le territoire et de soutenir une force internationale de stabilisation.
Les copains d’abord
Mais quid des « pays fondateurs » qui assisteront à la réunion inaugurale de ce fameux Conseil ? Evidemment, des dirigeants ouvertement proches de Donald Trump à l’instar du Premier ministre hongrois Viktor Orban, du président argentin Javier Milei ou encore du Premier ministre albanais Edi Rama qui a lui aussi confirmé sa présence, tout en prenant ses distances sur le plan financier. « L’Albanie a le privilège d’être un État fondateur, mais elle ne contribuera pas financièrement pour adhérer ou rester en tant que membre permanent », a-t-il déclaré dimanche dernier.
Plusieurs dirigeants asiatiques sont également attendus, notamment le président indonésien Prabowo Subianto, à la tête du pays musulman le plus peuplé du monde, le président vietnamien To Lam, ainsi que le Premier ministre cambodgien Hun Manet.
Pour ce qui est du Moyen-Orient, tous les pays arabes signataires des accords d’Abraham qui ont permis une normalisation des relations avec Israël en 2020, répondent à l’appel. Notamment l’Egypte qui sera représenté par le Premier ministre Moustafa Madbouli, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Maroc et Bahreïn. Pour sa part, l’Arabie saoudite, un poids lourd politique et financier a décliné l’invitation.
Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne devrait pas faire le déplacement. L’Etat hébreu sera toutefois représenté par son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar.
Pays « observateurs »
Rappelons à cet égard, qu’à défaut d’adhérer au Conseil de la paix, plusieurs pays et organisations ont choisi d’assurer une présence en tant qu’observateurs.
Ainsi, après avoir exclu toute adhésion pour des raisons constitutionnelles, l’Italie sera représentée par son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani. Ce dernier a souligné la volonté de son pays de contribuer à la formation des forces de police à Gaza et dans les Territoires palestiniens.
La Roumanie participera également comme observatrice. La Grèce sera représentée par son vice-ministre des Affaires étrangères Harry Theoharis. La République Tchèque et Chypre feront également partie des observateurs. L’Union européenne sera représentée par la commissaire à la Méditerranée Dubravka Suica, avec pour objectif affiché de porter la position européenne sur la situation à Gaza, sans rejoindre formellement l’instance.
Le camp du niet
Toutefois, sur la soixantaine de pays invités par Donald Trump à rejoindre le Conseil de la paix, une dizaine d’États ont ainsi explicitement refusé d’y adhérer et ne devraient pas participer à la réunion inaugurale, sauf revirement de dernière minute en tant qu’observateurs.
Ainsi, la France a fait savoir dès le 19 janvier qu’elle ne donnerait « pas de suite favorable » à ce stade. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a justifié cette position en soulignant « l’incompatibilité du Conseil avec les engagements de Paris au sein de l’ONU ».
Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la Croatie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont également décliné l’invitation. D’autres États européens ont fait savoir qu’ils n’envisageraient une participation qu’à la condition d’une modification de la charte fondatrice.
Mais c’est le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, qui s’est montré le plus radical dans son refus de se joindre à la troupe en accusant Donald Trump de vouloir se poser en « maître » d’une « nouvelle ONU ». Le président brésilien plaide pour un Conseil strictement limité à Gaza et incluant « un siège pour la Palestine ».
Autre absence remarquée : celle du Canada. Le milliardaire républicain ayant retiré son invitation au Premier ministre Mark Carney après que ce dernier a publiquement répondu aux attaques de Donald Trump, affirmant que le Canada « n’existe pas grâce aux États-Unis ».
Enfin, la Russie a clairement indiqué qu’elle n’a pas l’intention d’assister à cette première réunion le 19 février. Idem pour la Chine qui a décliné l’invitation tout en annonçant son attachement à l’ordre international fondé sur le système onusien.
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