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Capture choc de Maduro : Trump dédollarise le chaos mondial, selon Elyes Kasri

Dans une analyse, l’ancien ambassadeur Elyes Kasri décrypte la saisie rocambolesque de Nicolás Maduro et de son épouse par les forces spéciales américaines lors d’un raid pré-dawn le 3 janvier 2026 à Caracas, sous un déluge de frappes aériennes.

Au-delà du prétexte des charges de narcotrafic brandi par l’administration Trump, cette opération « Absolute Resolve » s’apparente à une offensive impitoyable contre la dédollarisation impulsée par les BRICS et la Chine, grand partenaire pétrolier du Venezuela. De Pékin qui lance un ultimatum à Washington, à l’axe Russie-Iran menacé d’escalade, les ondes de choc pourraient embraser le globe et atteindre l’Afrique du Nord. Prélude à une guerre totale ou ultime sursaut hégémonique américain ?

Vous trouverez ci-dessous l’analyse d’Elyes Kasri:

« La capture du président vénézuélien Nicolas Maduro dans des circonstances rocambolesques a l’aube du samedi 3 janvier 2026 en compagnie de son épouse par des unités des forces spéciales américaines sous un bombardement intense et son exfiltration à New York pour jugement par la justice américaine pour trafic de stupéfiants a surpris toutes les chancelleries étrangères et une grande partie de l’opinion et de la classe politique américaines.

Cet événement exceptionnel dans les annales internationales a pourtant été précédé par un long et pénible blocus économique puis côtier américain et une surenchère de sanctions et de menaces directes par l’administration du président Donald Trump qui avait publiquement exigé le départ du président Maduro et l’avait personnellement sommé de quitter le pouvoir.

De nombreuses voix se sont élevées aussi bien aux Etats-Unis d’Amérique décriant cette atteinte au droit international et aux prérogatives du Congrès américain pour autoriser tout acte de guerre qu’à l’étrangers pour condamner encore une fois ce qui a été considéré comme une atteinte grave au droit international et un précèdent d’une rare gravité susceptible de mener à toute sorte de dérives de nature à provoquer la troisième mondiale dont le spectre plane déjà sur le monde depuis l’opération spéciale russe en Ukraine et la série de mesures économiques et militaires adoptées par les membres de l’alliance atlantique à l’encontre de la Russie avec la délimitation d’alliances globales préfigurant une déflagration a l’échelle mondiale avec un potentiel nucléaire dévastateur.

Autre suspect derrière les coulisses, Israël, l’allié des Etats-Unis d’Amérique et de plus en plus considéré comme le maitre du jeu géopolitique à Washington grâce à ses puissants relais américains notamment les plus grandes fortunes et leur emprise sur la finance et les médias de même que l’AIPAC, redoutable lobby pro-israélien prêt à sanctionner et causer la perte de tout politicien américain suspecté de manquer de loyauté envers Israël même face à des exactions à Gaza considéré comme un génocide par la Cour Internationale de Justice (CIJ)et des crimes de guerre par la Cour Pénale Internationale (CPI), juridictions pourtant établies dans l’après deuxième guerre mondiale par les allies et à leur tête les Etats Unis d’Amérique pour sanctionner les crimes commis contre les juifs.

Le droit international a été pratiquement démantelé lorsque les Etats -Unis d’Amérique et Israël ont non seulement ignoré les décisions de la CIJ et de la CPI et sont allés jusqu’à sanctionner ces deux instances internationales et leurs juges avec la connivence de l’ouest pourtant chatouilleux sur tout ce qui concerne le droit international tel qu’établi dans l’après-guerre et les droits de l’homme devenus un instrument de flagellation des pays récalcitrants.

En plus de s’inscrire dans le droit fil de l’érosion des institutions internationales comme l’organisation des Nations Unies et du droit international par les puissances qui les ont forgés à leur image et selon leurs intérêts à la suite de leur victoire après la deuxième guerre mondiale et ultérieurement, la capture du président vénézuélien revêt une double dimension économique et géostratégiques préludant la confrontation entre la puissance impériale américaine et les puissances montantes comme la Russie en quête de reconquête des territoires considérés historiquement appartenant à la grande Russie et d’une nouvelle architecture sécuritaire européenne de nature à corriger les déséquilibres et l’encerclement progressif qui ont suivi depuis 1991 l’éclatement du Pacte de Varsovie et de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques.

Pour sa part, la Chine, puissance montante dans tous les domaines, s’efforçait de se dégager de l’étau énergétique et monétaire que lui imposait le pétrodollar devenu une arme américaine pour affaiblir ses concurrents et mettre à genoux ses adversaires.

Les sanctions américaines depuis 2006 aboutissant en 2019 à un embargo sur le pétrole vénézuélien et ultérieurement en 2022 contre le pétrole russe à la suite l’opération spéciale en Ukraine ont démontré non seulement l’aspect punitif du pétrodollar qui, en plus d’imposer depuis 1974 l’exécution de toutes transactions internationale en Dollar américain créant ainsi une dépendance internationale à la monnaie américaine et finançant ainsi le déficit budgétaire américain et toutes les extravagances monétaires et budgétaires américaines, cherchait à exclure du marché international tout pays considéré hostile aux intérêts des Etats Unis d’Amérique.

Cette militarisation (weaponization) du dollar américain a incité les puissances montantes à s’affranchir de la mainmise américaine et commencer à explorer les opportunités de commerce international et notamment des hydrocarbures en monnaies alternatives ou dans le cadre du troc cour circuitant ainsi le dollar américain.

Si les anciennes tentatives de Saddam Hussein et Mouammar Kadafi ont été étouffées dans le sang, le groupement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud élargi par la suite à six autres pays) a entamé depuis 2009 un processus de dédollarisation pour échapper à l’emprise et aux potentielles sanctions américaines en libellant leurs échanges en monnaies nationales et en évitant les circuits de occidentaux de transferts de fonds et de règlement des transactions monétaires et commerciales avec l’objectif du lancement d’une nouvelle monnaie internationale capable de détrôner le dollar et mettre ainsi fin à l’hégémonie économique et monétaire américaine.

Plus qu’une quelconque lutte contre le trafic de stupéfiants, l’opération américaine contre le Venezuela viserait à casser l’élan de la dédollarisation et à freiner l’avance de la Chine sur le continent américain car Pékin était devenue le principal client et investisseur du Venezuela avec un système intégré destiné a servir de prototype aux exportateurs d’hydrocarbures désireux de s’émanciper de l’emprise américaine.

Ainsi, outre la direction politico-militaire vénézuélienne, Pékin est sur la sellette à Caracas et voit sa crédibilité en tant qu’alternative stratégique à l’hégémonie américaine soumise à un test sérieux d’où l’ultimatum de 72 heures lancé dans un langage se départant des traditions diplomatiques chinoises par le ministère chinois des affaires étrangères à Washington pour libérer le président Maduro et quitter le territoire vénézuélien.

Les risques de la dédollarisation sont amplifiés par un processus très perceptible de désengagement international du marché obligataire américain même par des pays alliés comme le Japon faisant ainsi craindre des pressions supplémentaires sur le financement du déficit budgétaire américain susceptible d’atteindre des niveaux intolérables à l’horizon de 2030 avec déjà des effets inflationnistes qui démentent toute déclaration de préservation du pouvoir d’achat par les mesures tarifaires protectionnistes adoptées par l’administration Trump même au détriment de ses alliés atlantiques.

En plus de son apparence impulsive et flamboyante tout à fait dans le caractère du président Trump, la capture du président vénézuélien et la volonté déclarée de mettre la main sur les réserves et la production vénézuéliennes de pétrole, pourrait également être le prélude d’une grande offensive contre l’Iran suite à la pressante insistance du gouvernement Netanyahu et ses relais américains, quitte à anticiper toute perturbation du commerce et du cours internationaux du pétrole en cas de blocage comme précédemment indiqué par les autorités iraniennes du détroit d’Hormuz, passage oblige de 20% du commerce mondial de pétrole et éviter tout pic spéculatif surtout en pleine saison hivernale.

L’objectif déclaré par le gouvernement Netanyahu de changement de régime en Iran, pourrait en fin de compte servir les intérêts stratégiques de l’empire déclinant américain car toute déstabilisation de l’Asie Centrale porterait un coup sérieux à la Chine en hypothéquant la sécurité et la fiabilité de la route de la soie et de la Russie en nourrissant un antagonisme anti russe nationaliste et religieux car cette zone est peuplée de musulmans ayant à une certaine époque subi le joug soviétique et appréhendant une résurgence de l’impérialisme russe.

S’il est incontestable que l’attaque américaine contre le Vénézuela promet une série de représailles et de réactions en chaîne dont l’ampleur et la portée restent difficiles à prévoir, il n’en reste pas moins que l’Afrique du nord en ressentira l’onde de choc que ce soit par des retombées militaires et géostratégiques que sur le commerce du pétrole.

La Libye dans un stade avancé de partition dans une atmosphère de guerre civile et l’Algérie qui semble se rapprocher dangereusement de l’œil du cyclone d’abord avec une crise économique aiguë, et politiquement avec les premiers signes d’un processus de sécession et du point de vue du positionnement géostratégique avec un isolement international dangereux et la perte du leitmotiv international de la cause sahraouie qui a été mise dans le cadre d’une autonomie sous souveraineté marocaine en vertu de la résolution 2797 du conseil de sécurité, faisant ainsi essuyer au régime algérien un échec retentissant susceptible de se traduire en discrédit international et en facteur de délégitimation du pouvoir en place. »

« Quant à la Tunisie qui a déjà vu sa résilience économique et politique érodée depuis ce qui qualifié de révolution de la liberté et de la dignité, devra se préparer sérieusement à surmonter les secousses qui vont ébranler son voisinage aussi bien en procédant à une insularisation vis-à-vis de ses deux voisins menacés par un tourbillon d’instabilité qu’en renforçant son front intérieur et en se rendant à l’évidence que le programme de réformes économiques soumis par ses soins au Fonds Monétaire International et depuis voué aux gémonies est en fait la seule voie réaliste susceptible de sortir la Tunisie de sa crise économique qui risque le débordement social et de faire sombrer le pays dans une situation socio-économique potentiellement inextricable.

Héritière de Carthage, la Tunisie a appris à travers son histoire millénaire à se sortir des crises les plus aiguës grâce au génie du peuple tunisien et son patriotisme face à l’adversité. »

Aujourd’hui, la Tunisie a un autre rendez-vous avec l’histoire. »

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Sami Jallouli : La cyberguerre vénézuélienne ou comment l’Occident abat les régimes du Sud d’un clic

Le politologue Sami Jallouli décortique le tournant radical des événements vénézuéliens récents, qui ont révolutionné la doctrine militaire mondiale. Les superpuissances délaissent les guerres d’usure et les flottes massives pour des conflits hybrides mêlant cyberguerre et raids fulgurants.

Ce modèle d’ »extension d’emprise” pulvérise les régimes à faible coût humain et matériel, en frappant d’abord les centres de commandement numériques via un simple remplacement de leadership. Les victoires se décident avant les tirs, par un clic qui paralyse tout.

Vulnérabilités du Sud

Il précise dans ce contexte : « Les remparts sécuritaires s’effondrent face à une surveillance omnipotente, capable de pister et filmer jusque dans l’intimité des foyers. La géopolitique contemporaine le confirme : la force ne plie que devant une supériorité technologique. »

Appel à la souveraineté

Sans sursaut scientifique, « les nations du Sud, confrontées à des autocraties traitant leurs peuples, des proies faciles.  Seule la maîtrise des avant-postes scientifiques offre un rempart viable contre cette tyrannie technologique, reléguant l’arme à feu au rang d’archaïsme », ajoute-t-il.

Pour l’exemple vénézuélien, Sami Jallouli souligne que cela risque de se répéter avec Cuba et d’autres pays. Il rappelle à cet effet que Cuba a déjà une liste d’accusations toute prête contre elle. Tout en ajoutant : « Tous ces régimes qui trompent leur peuple et jouent sur les émotions viscérales ont un destin connu d’avance. Au final, qu’on l’aime ou non, l’Amérique est puissante et fait ce qu’elle veut. Regardez : ni la Chine ni la Russie n’ont bronché pour ce qui arrive, même à leurs plus proches alliés. Au contraire, la Chine a annoncé qu’elle allait annexer Taïwan. Et ce qui se passe au Venezuela l’arrange ».

Comme dit un vieux proverbe tunisien : « La porte par laquelle le vent entre, ferme-la et repose-toi. »

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Visite de la présidente de la BERD en Cisjordanie et en Jordanie

La présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Odile Renaud-Basso, effectue cette semaine une visite en Cisjordanie et en Jordanie. Au programme : rencontres avec les Premiers ministres Mohammad Mustafa et Jafar Hassan, ministres clés et acteurs économiques, pour renforcer les investissements et la stabilité face aux défis régionaux. Avec 185,5 millions d’euros en Cisjordanie et 2,2 milliards en Jordanie, la Banque réaffirme son engagement concret au service de la croissance privée.

Elle échangera également avec des représentants de banques partenaires locales, d’autres acteurs du secteur privé et des représentants de l’Union européenne.​

Par ailleurs, des tables rondes sont prévues avec des représentants du monde des affaires, des banques partenaires locales, de la communauté internationale et des bailleurs, dont l’Union européenne.​

En amont de sa visite, Odile Renaud-Basso a déclaré être « ravie de se rendre en Cisjordanie et en Jordanie » , où la BERD reste engagée à soutenir le développement du secteur privé et à favoriser la croissance économique via des investissements et un appui en matière de politiques publiques.​

Elle a souligné que le travail étroit avec les autorités locales, les bailleurs et les entreprises permet de produire un impact concret, d’améliorer les conditions de vie et de renforcer la stabilité économique.​

Depuis le début de ses opérations en Cisjordanie en 2017, la BERD a soutenu 36 projets privés pour un montant total de 185,5 millions d’euros.​

En outre, depuis le lancement de ses activités en Jordanie en 2012, la BERD a fourni plus de 2,2 milliards d’euros de financements à travers 82 projets. Et ce, principalement dans l’énergie, les infrastructures essentielles, le secteur bancaire et les entreprises de toutes tailles, dont environ 73 à 74 % destinés au secteur privé.​

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Venezuela – Adnen Limam : « L’intervention US enterre l’ordre mondial post-1945 »

L’intervention américaine au Venezuela en dit long. Pour certains experts en géopolitique, il s’agit de la fin des règles internationales post-1945. Dans ce contexte, Adnen Limam, expert en géopolitique, décortique les enjeux pétroliers majeurs et les menaces pour l’équilibre mondial, avec des répercussions potentielles.

L’analyse d’Adnen Limam est sans appel. « Il s’agit tout simplement de l’annulation des règles du jeu héritées du monde d’après la Seconde Guerre mondiale », explique-t-il. Il précise que l’intervention des États-Unis au Venezuela, sans mandat de l’ONU ni « habillage juridique même factice », marque « la fin du système international tel qu’hérité de la Seconde Guerre mondiale » et un « basculement clair vers un monde gouverné par la loi de la jungle, par la loi du plus fort ».

Fin des règles du jeu mondiales 

Tous les États incapables de résister à Washington se sentent désormais menacés. Adnen Limam y voit le premier test de la doctrine Monroe revisitée, inscrite dans la récente stratégie de sécurité nationale américaine. Celle-ci prône une « domination totale de l’hémisphère occidental », incluant le continent américain et le Groenland, pour exclure Chine et Russie et imposer un « protectorat américain ». Implicitement, « tout régime qui n’obtempère pas aux injonctions américaines doit être carrément changé par une intervention militaire ». Un parallèle historique glaçant : cela rappelle « la doctrine nazie de l’espace vital, du Lebensraum, tel qu’il a été adopté et mis en œuvre par l’Allemagne hitlérienne ».

Le pétrole vénézuélien : une arme géopolitique convoitée

Au cœur de la crise, les 20 % des réserves mondiales de pétrole détenues par Caracas. « Le pétrole est aujourd’hui une arme aux mains de ceux qui contrôlent son extraction et sa commercialisation », insiste M. Limam. Si les États-Unis s’en emparent, ils pourraient « peser d’une manière tout à fait importante sur les prix du pétrole » et les approvisionnements, visant Russie et Chine. Et ce, tout en engrangeant « des revenus colossaux ».

Mais prudence : « Il est trop tôt pour conclure que les États-Unis ont réussi leur coup ». Le « kidnapping » du président vénézuélien et de son épouse n’a pas fait tomber le régime. La vice-présidente assure l’intérim, soutenue par la Cour suprême, l’armée et des voisins comme le Brésil. « La confrontation n’a pas pris fin, elle a commencé », résume l’expert.

Impacts économiques : baril et pétrodollar en sursis

Sur les prix du pétrole, Adnan Limam appelle à la patience. « Il est trop tôt pour en tirer des conséquences », dit-il. Car « l’affaire n’est pas encore jouée ». Une mainmise américaine permettrait de faire « baisser ou hausser » le baril comme arme géopolitique. Ce qui impacterait l’économie mondiale et viserait prioritairement Pékin et Moscou.

À plus long terme, le pétrodollar est en jeu : le Venezuela vend déjà son brut en yuans chinois plutôt qu’en dollars. « Le contrôle par les États-Unis du pétrole vénézuélien aura un impact sur le dollar même en tant que monnaie d’échange internationale », prédit-il, appelant des spécialistes monétaires à l’analyse.

Pour la Tunisie, un baril moins cher pourrait soulager les importations, mais dans ce chaos naissant, rien n’est acquis.

Adnen Limam conclut : « Il faut se garder de tirer dès maintenant des conclusions hâtives » et « attendre la suite des événements ».

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Banque mondiale : baisse de 7 % des matières premières en 2026

Pour bien démarrer l’année, il est important de connaitre les signaux économiques. Aux dernières nouvelles, le Groupe de la Banque mondiale prévoit une baisse d’environ 7 % des prix des matières premières en 2026.

Toutefois aux tensions géopolitiques que connaît le monde, l’heure est à la prudence. Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, les prix mondiaux des produits de base entameront leur quatrième année consécutive de baisse en 2025-2026, avec un recul de 7 % par an. Ils atteindront leur plus bas niveau en six ans, sous l’effet combiné d’une croissance économique mondiale atone (prévisions à 2,4 % en 2025), d’un excédent pétrolier massif (+65 % par rapport au pic de 2020) et d’incertitudes politiques persistantes (élections, tensions commerciales).

Toutefois, ces prix restent élevés par rapport à l’ère pré-pandémie : +23 % en 2025 et +14 % en 2026 versus 2019. Pour les pays en développement comme ceux du Maghreb, cela signifie un répit temporaire sur les factures énergétiques et alimentaires, mais une vigilance accrue face à la volatilité.

Quant aux cours énergétiques, ils plongeront de 12 % en 2025 et 10 % en 2026. Cela signifie que le baril de Brent passera de 68 dollars en moyenne en 2025 à 60 dollars en 2026, le plus bas en cinq ans.

La surproduction OPEP+ et non-OPEP, couplée à une demande freinée par l’adoption massive de véhicules électriques (VE) (ventes mondiales +30 % attendues) et la stagnation de la consommation chinoise, creusent cet excédent. Au Maghreb, les exportateurs comme l’Algérie pourraient voir leurs recettes budgétaires chuter de 15-20 %, accentuant les déficits.

Par ailleurs, qui dit une baisse du prix du baril, dit aussi une baisse des prix alimentaires. Ces derniers baisseront de 6,1 % en 2025 et 0,3 % en 2026, rendant riz, blé, soja, café et cacao plus abordables, un boon pour l’Afrique du Nord importatrice nette.

Alors que les engrais bondiront de 21 % en 2025 (coûts d’intrants, restrictions commerciales), avant -5 % en 2026. Cela érode les marges des agriculteurs tunisiens ou marocains, déjà sous pression, et risque de peser sur les rendements futurs.

Contrairement à la tendance, l’or (+42 % en 2025, +5 % en 2026) et l’argent (+34 % en 2025, +8 % en 2026) atteindront des records, dopés par les banques centrales (achats records de Chine, Inde) et l’incertitude économique. Ces « valeurs refuges » offrent une protection contre l’inflation résiduelle.

Impacts positifs : frein à l’inflation et fenêtre réformatrice

Cette trajectoire atténue l’inflation mondiale des prix à la consommation, comme le souligne Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale : « Le recul des cours de l’énergie a permis de faire baisser l’inflation. Ce répit ne durera pas. » Dans les pays en développement, les denrées de base comme le blé deviennent accessibles, stabilisant les budgets ménages.

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Le cri du cœur de Nawar Acheya, en avant-première

Partout autour de nous, les jeunes, qu’ils soient tunisiens, marocains, algériens ou d’ailleurs, cherchent un nouvel Eldorado. L’avant-première du film Nawar Acheya (Les Belles de nuit) s’est penchée sur cette question épineuse, loin d’être spécifique à la Tunisie. La réalisatrice Khedija Lemkecher souligne que ce phénomène est mondial.

En effet, certains pays sont victimes de cette migration clandestine, dite harka. En clair, l’absence de visibilité pour l’avenir, l’incertitude de demain et un climat socioéconomique tendu créent un terrain favorable à la justification du départ des jeunes.

Khedija Lemkecher : « La Méditerranée magnétise et tue »

Rencontrée après l’avant-première, la réalisatrice de ce film, Khedija Lemkecher, livre ses impressions et met en garde contre nos rêves obsessionnels, qui peuvent être mortels. Elle précise : « On est obsédé par cette Méditerranée qui nous attire, qui nous magnétise à travers ces champs de la mort. Malheureusement, on ne regarde plus la mer de la même façon. Moi-même, quand je me baigne en Méditerranée, surtout à Zarzis, je n’ai plus le même plaisir ni la même impression. Ça me fait chaud au cœur que ce ressenti soit là. C’est un film difficile, un film qui donne un malaise, un coup de poing. Je suis très contente de cette audience et de ce ressenti ».

Interrogée sur la durée de production, elle nous déclare : « Ce film m’a pris pas mal d’années. C’était un défi à relever. Il n’est pas bankable pour les distributeurs qui préfèrent le commercial ».

Et la noirceur du film ? « Comment s’en remettre ? Difficilement parce qu’à chaque fois que je le regarde, j’ai beaucoup d’émotions. Je suis fatiguée, beaucoup de choses remontent. J’ai très mal. Je suis à la place de ces champions. On veut qu’ils vivent, on veut que nos jeunes vivent. On ne veut plus de ces rêves de mort ».

Younes Megri incarne Djo, une figure de père spirituel qu’on voit, vit et ressent à l’écran. Ce coach, originaire d’un quartier où des enfants perdus manquent d’éducation, adopte Yahya comme son enfant pour le sortir de la masse. Au-delà de l’amitié, naît une parenté profonde.

Un aîné et un jeune s’entendent dans la boxe. Mais la jeunesse rêve d’ailleurs, cherchant mieux. Younes Megri souligne : « Des jeunes partis il y a 10 ou 15 ans ont souffert et souffrent toujours. Mais quand ils reviennent, ils disent à leur famille qu’ils vont très bien, qu’ils ont une voiture. Ce n’est pas vrai, c’est totalement autre chose. Moi aussi, j’ai vécu en Europe une dizaine d’années pour mes études de musique. Pour moi, l’Afrique du Nord est merveilleuse, on ne trouvera ça nulle part ailleurs ».

Ce film laisse des traces psychologiques : « On a été choqués par ce qui se passe en Méditerranée. Ces jeunes perdent la vie bêtement. Et même quand ils survivent, ils sont maltraités de l’autre côté. En Europe, ce n’est pas beau à voir ; désormais, les Européens affluent chez nous. Dommage pour nos partants ! Tout le monde vante l’ailleurs, trompé par les retours mensongers des émigrés qui cachent leur souffrance ».

Younes Megri célèbre le cinéma tunisien : « Vive la Tunisie, vive le cinéma et vive la jeunesse avec qui j’ai travaillé ! Le cinéma tunisien a une particularité unique, il est toujours présent dans les festivals internationaux. Il porte un message au monde entier. J’aimerais revenir travailler ici. Les sujets ? Aux scénaristes et réalisateurs de s’adapter à la conjoncture mondiale changeante ».

Quant à Elyes Kadri, acteur, ce n’est pas sa première expérience au cinéma : six ans de métier, vingt projets, mais une première en Tunisie hors de France. Le scénario universel sur la jeunesse l’a séduit, avec Khedija Lemkecher.

La harka touche tout le monde, même un champion tunisien choisissant l’exil malgré la misère là-bas. Courageux, mais son rêve français est illusoire : péril en Méditerranée, puis reconstruction linguistique et culturelle. Double lutte des plus vaillants.

Elyes Kadri conclut : « Espoir : construire localement, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Ne lâchez rien, il y a de la lumière au bout du tunnel via la patience et la persévérance ».

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Ridha Chkoundali : une économie en sursis, fragilisée par des signaux contradictoires

Alors que 2025 s’achève, l’économie tunisienne affiche un bilan en demi-teinte : une croissance anémique, un chômage record chez les jeunes, un déficit commercial abyssal, mais quelques lueurs d’espoir sur le front monétaire et des notations internationales.  C’est ce qu’a annoncé Ridha Chkoundali, l’expert en économie.

Selon les projections du FMI, Ridha Chkoundali a fait savoir que le PIB n’a progressé que de 2,5%, le plus faible taux arabe, loin des 3,2% espérés dans le projet de loi de finances. Il poursuit: « Ce rythme mollusque menace les recettes fiscales et sape la rhétorique officielle de l' »autonomie ».

Il ajoute que « la croissance est dopée par la consommation, portée par des secteurs vulnérables, les exportations et l’investissement privé restant au ralenti. L’agriculture et le tourisme ont compensé, mais ces piliers restent fragiles, tributaires du climat et des aléas géopolitiques mondiaux. Point encourageant : la reprise de la production de phosphates. En revanche, le secteur textile, habillement et cuir, pilier exportateur, plonge en territoire négatif ».

Chômage : alerte rouge chez les jeunes femmes

Le taux de chômage grimpe à 15,4% (+0,1 point), un niveau alarmant. Chez les jeunes femmes, l’hémorragie est spectaculaire : +5 points, de 37,8 à 42,7%. Un signal d’alarme social majeur.

Déficit commercial explosif, l’énergie en tête de file

Sur les 11 premiers mois, l’écart atteint un vertigineux 20,2 milliards de dinars, dopé par un déficit énergétique record de 10,3 milliards. Les exportations stagnent à 57 milliards de dinars, tandis que les importations bondissent de 5,8%. Chutes brutales : énergie (-29,6%) et huile d’olive (-10 milliards, de 44,5 à 34,7 milliards). Seuls les phosphates et dérivés (+12%) et les industries mécaniques/électriques sauvent la mise.

Inflation en baisse : mirage pour les ménages

Il rappelle : « La tendance déflationniste flatte les bailleurs de fonds et agences de notation, facilitant les politiques macro. Mais sur le terrain, l’inflation alimentaire triple ce taux officiel, creusant l’écart avec le quotidien des Tunisiens ».

Banque centrale : virage vers la souplesse

Il revient sur les deux baisses de taux directeur de 50 points de base (mars et décembre), ce qui amène un bol d’air pour l’économie réelle.

Notations internationales : progrès timides dans un contexte d’endettement abyssal

La Tunisie trône au 10e rang africain des pays les plus endettés à l’extérieur, un paradoxe face au mantra de l’autonomie. Pourtant, des avancées : Fitch upgrade la note long terme en devises de CCC+ à B- (17e à 16e place mondiale, grâce aux réserves stables) ; Moody’s passe de Caa2 à Caa1 (perspective stable). Reste une catégorie « spéculative » à haut risque. Côté liberté économique, c’est la dégringolade : 124e/165 (Fraser, « peu libre », 27e africain) ; 149e/184 (Heritage, « répressive »).

En somme, Ridha Chkoundali conclut : « 2025 aura été une année de résilience précaire, où les acquis monétaires peinent à masquer les faiblesses structurelles. Sans réformes profondes pour relancer investissements et exportations, 2026 risque de prolonger cette trajectoire incertaine ».

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Les événements marquants de l’année 2025

Nous sommes dans une décennie où le monde se trouve confronté à une série de défis et d’opportunités, de haute tension et d’incertitude croissante.

Ainsi il est important de revenir aux événements marquants de l’année 2025. A l’échelle internationale, on note le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, un cessez-le-feu à Gaza, des avancées explosives en IA et des tensions commerciales mondiales. Ces développements ont redessiné la géopolitique, l’économie et la technologie, avec des conflits persistants en Ukraine et des phénomènes climatiques extrêmes.​

Donald Trump a repris le pouvoir le 20 janvier 2025 imposant des tarifs douaniers massifs. Ses efforts diplomatiques, comme un sommet avec Poutine en Alaska et un plan de paix à Gaza, ont eu des résultats mitigés; tandis que des sanctions ont visé la Russie.​

Conflits mondiaux

Un cessez-le-feu à Gaza en octobre, négocié sous pression américaine, a permis l’échange d’otages contre des prisonniers palestiniens, bien que le désarmement du Hamas reste en suspens. La guerre en Ukraine s’est poursuivie avec des avancées russes lentes et coûteuses; malgré des négociations imposées par Trump.

Technologie et économie

L’IA a connu un boom avec des investissements atteignant 1,5 billion de dollars, propulsant Nvidia au-delà de 5 billions de valorisation, mais suscitant des craintes de bulle spéculative et de pertes d’emplois.

La Chine est en situation de monopole. Ainsi en 2025 elle a produit 85 % des terres rares légères purifiées utilisées au niveau mondial, et 100 % des terres rares lourdes en réponse aux tarifs de Trump. Forçant ainsi des reculs américains et ébranlant les chaînes d’approvisionnement mondiales.​

Autres faits saillants

L’élection du pape Léon XIV, premier Américain à la tête de l’Église catholique en mai, a marqué un tournant conservateur. Des soulèvements de la Gen Z en Asie, Afrique et Amérique latine contre la corruption, un vol spectaculaire au musée du Louvre et des catastrophes climatiques record (ouragans, inondations, feux) ont complété l’année tumultueuse.​

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Abdelmajid Tebboune: « l’Algérie n’interfère jamais dans les affaires internes tunisiennes »

Malgré la signature récente d’un accord de sécurité entre la Tunisie et l’Algérie, évoqué par seulement quelques médias, c’est le président algérien Abdelmadjid Tebboune qui a réagi.Lors de son discours devant les deux chambres du Parlement algérien, il a dénoncé via les médias algériens, des tentatives de semer la discorde entre les deux pays, affirmant que ces manœuvres échoueront face à la solidité de leurs relations historiques.

 

Abdelmajid Tebboune a souligné l’interdépendance sécuritaire entre l’Algérie et la Tunisie, qualifiant leur stabilité commune de priorité absolue, leurs destins étant étroitement liés.

Il a réitéré que « l’Algérie n’interfère jamais dans les affaires internes tunisiennes et s’interdit  même la moindre intervention, fût-ce du poids d’un grain de poussière « , par respect pour la souveraineté et les choix du peuple tunisien.

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Hichem Yahya présente l’histoire plurielle de l’astronomie mondiale

Depuis l’Antiquité, toutes les grandes civilisations, Egyptiens, Grecs, Arabes musulmans, peuples africains, Chinois, Indiens ont scruté les étoiles pour les observer et les comprendre.

Imaginez un univers brodé de constellations planétaires, un cosmos aux secrets architecturaux encore voilés. Les données scientifiques l’affirment : tout débute il y a 13,8 milliards d’années. Pour explorer ce domaine merveilleux, nous avons interrogé Hichem Yahya, encadrant à la Cité des Sciences. Il nous immerge dans l’astronomie moderne. Qui pourrait y rester insensible ?

Civilisations et astronomies multiples

Dès l’Antiquité, Egyptiens, Grecs, Arabes musulmans, peuples africains, Chinois et Indiens ont sondé les étoiles. Pas une astronomie unique, mais plusieurs systèmes, entérinés par consensus mondial. La Chine vit toujours à l’ère de l’année du Dragon ou du Serpent. Tandis que la Grèce hellénistique forge nos repères; l’arabo-islamisme règne, 99 % des noms stellaires étant arabes.

Des astres au cœur de la vie quotidienne

Les humains ont dompté les cieux pour naviguer, guerroyer, bâtir et rythmer l’existence. Avant les cartes terrestres, naquit la plus ancienne carte mondiale : celle des 6 000 étoiles visibles, ourlées en 88 constellations nord-sud. Loin d’une fantaisie : des traits lient les points en silhouettes – humains, bêtes réelles ou fabuleuses. Le nord antique domine (Orion, Grande Ourse), le sud émerge au XVIe siècle avec Vasco de Gama (Apus, Pavo…).

Sous des étiquettes « latines » se cachent des origines arabes : Algol (le Dévoreur), Mirfak (le coude) dans la Grande Ourse ; Betelgeuse (maison des Jumeaux), Denebola (queue du Lion).

Illusions anciennes face aux défis actuels

L’héritage ptolémaïque persiste : terre centrale, sphère céleste en rotation. Réalité : la Terre tourne, causant le ballet est-ouest du Soleil. L’Étoile polaire oriente, structure maisons et calendriers agricoles – grégorien solaire, fruit de la Révolution française, fusionnant climats et saisons pour guider semailles et moissons.

La pollution lumineuse noie tout : zéro étoile à New York, 60 sur 6 000 à Tunis. Une fuite à 200 km s’impose, mais vaine en Tunisie (fréquences radio à 60 km nord vers Ksar Ghilane, sud…). Des 88 constellations, 12 zodiacales balisent le Soleil (Bélier et consorts).

Astronomie et astrologie se sont scindées vers 50 av. J.-C., mais leur confusion perdure ici. Hichem Yahya lance un appel aux ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur : propagez l’astronomie ! Elle émancipe la jeunesse, à l’image de la NASA. L’Algérie et la Libye l’enseignent; nos talents tunisiens attendent. Sans agence spatiale ni observatoire, nous boitons; malgré les consultations que d’autres nous adressent.

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Les robots ont des yeux, mais pas de cerveau… pour l’instant !

Les robots de tous les jours, entre aspirateurs, drones ou industriels, manquent cruellement de capteurs pour “voir” leur environnement. Les unités centrales ne les rendant autonomes qu’à des tâches simples et pré-programmées. C’est ce qu’a révélé une étude scientifique du chercheur en robotique de l’Université de Haute-Alsace (UHA, Stéphane Bazeille, Enseignant, dans un article publié dans The Conversation.

Des humanoïdes avancés comme l’Atlas de Boston Dynamics ou l’Optimus de Tesla, marquent un tournant avec des capteurs multiples inertiels pour l’équilibre, LIDAR pour les distances, caméras pour la vision. Traiter ces données en temps réel reste un défi majeur : c’est comme apprendre à un bébé à attraper un ballon sans le laisser tomber après l’avoir pris.

Par ailleurs, les caméras « intelligentes » révolutionnent le jeu : elles fournissent directement des infos exploitables (« objet blanc à 10 cm »), permettant aux bras robotiques d’attraper n’importe quoi sans programmation minutieuse. Pour la navigation en 3D (éviter les obstacles dans une foule), les caméras light-field un œil unique suffisent, captant profondeur et direction lumineuse pour des cartes précises, un boulot en cours au labo IRIMAS.

Cependant, les robots du quotidien (aspirateurs, drones) ou industriels manquent cruellement de capteurs pour « voir » leur environnement, limitant leur autonomie à des tâches simples et préprogrammées.

En bref, de la vision basique aux yeux 3D, les robots apprennent enfin à « percevoir » comme nous, pavant la voie à une autonomie spectaculaire.

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Affaire Abir Moussi : le tribunal renvoie en délibéré malgré son état de santé

La deuxième affaire intentée par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) contre Abir Moussi s’est tenue aujourd’hui au tribunal. Ce dernier a constaté l’impossibilité de faire comparaître l’accusée, en raison de son état de santé. Lequel a été confirmé par une correspondance de la prison.

Ainsi le comité de la défense de Abir Moussi a fait savoir que le tribunal a finalement renvoyé l’affaire en délibéré pour prononcé du jugement. Ce qui signifie un verdict imminent sans ajournement probable, malgré les espoirs des défenseurs.

Le comité de défense dénonce l’absence de preuves d’incrimination claires. Tout en soulignant que le dossier repose sur la liberté d’expression, des propos courants chez les politiques mondiaux. « Nous restons mobilisés pour la vérité et le droit, sans lésiner sur les efforts », a affirmé Nafaâ Laribi.

Par ailleurs, Nafaa Laribi, membre du comité de défense d’Abir Moussi, a révélé que le président de la chambre qui doit juger l’affaire est le même qui siège au sein de la sous-commission de l’Instance électorale. C’est-à-dire la partie plaignante dans ce dossier. Abir Moussi a donc formé une récusation contre lui, pour éviter qu’il soit juge et partie.

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Abir Moussi dénonce ses conditions de détention et son impossibilité à comparaître en appel

Le comité de défense de la présidente du PDL détenue depuis le 3 octobre 2023, a publié mardi 30 décembre 2025 un message transmis par Abir Moussi elle-même lors d’une visite effectuée la veille.

Abir Moussi indique que son état de santé l’empêche de se déplacer à Tunis pour l’audience prévue ce mardi devant la Cour d’appel dans l’affaire de l’ISIE (dossier 2). Le médecin de son unité de détention étant en congé, elle ignore si un certificat médical sera fourni ou si l’audience est ajournée.

Elle qualifie cette procédure d’un maillon supplémentaire dans une série de harcèlements et de violences subis en raison de ses convictions et activités politiques. Elle alerte sur des conditions de détention incompatibles avec sa santé et sa sécurité, évoquant un climat rappelant les tensions parlementaires d’avril 2021. Elle tient « les autorités pour responsables de son épuisement physique et de tout incident potentiel lié à son exposition aux risques ».

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Déficit fourrager et effondrement du cheptel : l’UTAP alerte sur une crise majeure et appelle à l’action

Quelle est la situation de notre cheptel (ovins, bovins, caprins) ? Ou encore celle des éleveurs de bovins de boucherie ? On sait que c’est difficile, mais est-ce une amélioration est possible, après des années de sécheresse ?

Il faut bien l’avouer, les producteurs de lait de vache sont confrontés à des hausses des coûts de production. Lesquelles ont conduit partiellement à des répercussions sur le prix de vente au litre, notamment dans les entreprises de transformation. En conséquence, les troupeaux de vaches laitières ont baissé.

Mnawer Sghairi, directeur de la production animale à l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), dresse un état des lieux, dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com.

Il rappelle que la hausse des coûts de production est principalement liée à l’alimentation animale. Il convient de noter à cet égard que  60 à 70% de l’alimentation animale proviennent de l’importation. Toutefois, malgré les aléas liés à la guerre russo-ukrainienne, à la COVID et aux tensions géopolitiques régionales, nous assistons à une pénurie de fourrages et une flambée des prix mondiaux.

Cependant, malgré la résilience des éleveurs, le nombre du cheptel est en chute. Comme l’a annoncé récemment le ministre de l’Agriculture à l’ARP. En effet, il a fait état de la perte de 20 % de bovins et d’ovins. Une réalité qui en dit long. Car d’après Mnawer Sghairi, sans recensement agricole depuis 2004-2005 (comme pour la population tous les 10 ans), on se fie à des estimations ministérielles basées sur des indicateurs. A savoir, la hausse des prix de la viande rouge et la disponibilité réduite du lait, environ 340 000 à 350 000 bovins. Cela s’explique par l’absence de données fiables et des discours contradictoires laissant planer le doute. Or, il estime que seul l’État peut digitaliser un recensement exhaustif, peut-être via l’Institut national de la statistique. Mais cela exige des moyens massifs.

Défis structurels : un déficit fourrager insurmontable

À cet effet, Mnawer Sghairi a fait savoir que le dilemme revient aux ressources fourragères.

Il est à rappeler que la ration de base repose sur des aliments verts (ou conservés : foin) et résidus agricoles (pailles, fanes de tomates, olives) accompagné par un déficit structurel qui varie entre 15  et 25 %  depuis 2005. Tout en soulignant que les zones fourragères se limitent au nord; tandis que 60 % des ovins sont au centre-sud (aride) et 35 % des bovins y pâturent aussi.

Résultat de cette course : une dépendance aux aliments concentrés (maïs 100 % importé en cargaisons de 100 000 tonnes; orge à 300 000 tonnes/an mais consommé en 3-4 mois à 95 000 tonnes/mois; soja pour protéines entièrement importé). Ces concentrés servent aussi aux volailles et monogastriques, saturant le marché.

Au delà d’un état des lieux et les problématiques posées, la question que tout le monde se pose est alors : quelles sont les solutions prioritaires ?A cette interrogation, il insiste sur l’importance de quatre axes.
Le premier axe comprend l’importance d’instaurer d’autres cultures fourragères et alternatives locales, comme celles de promouvoir la luzerne, l’orge fourragère et par dessus tout d’instaurer la culture du colza. Ce qui permettrait, à ses dires, d’enrichir les sols. Cela nous amène à une réduction de 60 % de l’huile végétale et aux alentours de 40-50% de  tourteaux  de soja  possible sur 150 000 ha de colza, soit 14-15 % des surfaces dédiées aux céréales, sans empiéter sur le blé.  D’où la Fin de la monoculture qui épuise les terres !

Le deuxième axe inclut l’achat de machines polyvalentes (moisson, ensilage, emballage en balles transportables vers le centre-Sud).

Le troisième axe tourne autour de la santé et de la génétique. Mnawer Sghairi insiste sur les contrôles renforcés aux frontières ouvertes (500 km ouest, 1 000 km est avec Libye). A l’instar de l’identification massive, des programmes sanitaires avec des vétérinaires et des brochures. Il en va de même de la vaccination face aux maladies climatiques émergentes (comme la dermatose nodulaire en France).

Et enfin, il lance un appel au renforcement  des groupements professionnels adaptés au terrain. Il insiste sur la valorisation locale : le lait de chèvre  et vache laitière au centre-Sud plutôt que tout acheminer vers les laiteries du Nord. De même que sur l’augmentation de la valeur ajoutée sur place.

En somme, il conclut : « Ces mesures exigent une vision globale de l’élevage. Prenons un exemple. Vous savez qu’entre 30-32% du budget de l’UE  finance principalement l’agriculture. Alors que chez nous, les ressources publiques sont diluées ailleurs. Ce qui fait qu’avec des petits exploitants, impossible de concurrencer sans soutien massif. En d’autres termes, l’agriculture fixe les ruraux, évite l’exode vers les villes. Il est grand temps de rendre le cheptel attractif et durable. »

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Pascal Boniface : les grandes tendances géopolitiques de 2025

On assiste de nos jours à une nouvelle reconfiguration du monde. Les événements qui ont secoué la planète, comme le conflit palestino-israélien qui persiste et la guerre en Ukraine contre la Russie, ont complètement changé le cours de l’histoire. Pour mieux comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui, il faut dresser un bilan géopolitique.

Pascal Boniface, géopolitologue français, fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), l’a rappelé sur sa chaîne YouTube : l’année 2025 a été particulièrement marquée par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche (prise de fonction le 20 janvier 2025 ) un événement qui pour les Européens a bouleversé l’ordre international.

Une rupture géopolitique profonde

Son élection constitue une véritable rupture : Donald Trump s’attaque au système international issu de la Seconde Guerre mondiale, remet en cause le concept de monde occidental et l’Alliance transatlantique. Il prône ainsi un monde où « les puissants font ce qu’ils veulent et les faibles subissent ce qu’on leur impose », évoquant même l’annexion du Canada ou du Groenland, ou encore des frappes au Venezuela sans mandat.

Quant à l’Inde, la Turquie et l’Arabie saoudite, ces puissances intermédiaires multiplient les partenariats. Dans le même temps, les conflits persistent sur le continent africain. Tandis que l’ASEAN parvient à préserver son dynamisme économique; malgré les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge.

En quelques mois, Donald Trump a bouleversé les relations internationales en démontant deux piliers historiques : le multilatéralisme, remplacé par une realpolitik unilatérale, et l’alliance transatlantique, née après 1945 pour contrer l’URSS et élargie après la Guerre froide via l’OTAN.

La Chine résiste et s’impose

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine persiste malgré les postures anti-chinoises de Trump, qui voit en Pékin son rival numéro un. De son côté, l’Empire du Milieu résiste aux pressions et gagne du terrain. Le retrait américain des institutions internationales laisse la Chine dominer le Sud global.

En Amérique latine, le « corollaire trumpien à la doctrine Monroe » (contrôle du Venezuela, du Panama) échoue face à l’emprise chinoise, renforçant l’image de Pékin comme partenaire fiable.

Europe : contradictions morales et fossé avec le Sud

Toujours selon l’analyse de Pascal Boniface, les Européens hésitent à condamner Trump sur le multilatéralisme (ONU, droit international), de peur de le froisser et en raison de leurs propres incohérences : fermes sur l’Ukraine, laxistes sur Gaza. Cela creuse le fossé avec le Sud global et les empêche de nouer de nouveaux liens après ce “divorce” atlantique.

Afrique : conflits et recul démocratique

En Afrique, les guerres persistent en RDC avec l’implication du Rwanda et du M23* créé le 6 mai 2012 par des officiers des forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), entrés en rébellion contre le gouvernement congolais) ainsi qu’au Soudan. L’Éthiopie quant à elle reste fragile, tandis que le recul démocratique s’y accentue.

Le triomphe du multi-alignement

Le multi-alignement triomphe avec l’Inde, la Turquie et l’Arabie saoudite, qui multiplient les partenariats avec la Chine et la Russie, échappant ainsi à une allégeance exclusive aux États-Unis. En Asie du Sud-Est, le dynamisme économique et politique reste discret, évitant habilement le duel sino-américain.

En somme, Pascal Boniface conclut : « 2025 est dominée par les mauvaises nouvelles. Pour 2026, la lucidité prime sur l’optimisme en géopolitique, mais l’espoir persiste. »

Voir le monde tel qu’il est, c’est aussi mesurer le poids de la géopolitique, fondamentale pour l’équilibre futur des puissances mondiales. Une mondialisation sauvage sévit depuis la dernière décennie. Peut-on espérer une mondialisation plus humanisée ? Une chose est sûre : ce ne sera pas pour demain.

*M23 : Le Mouvement du 23 mars, également appelé M23, est un groupe armé, actif dans le Nord et le Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC).

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La chute des prix des carburants en Italie impactera-t-elle la Tunisie?

Aux dernières nouvelles, l’Italie annonce une baisse spectaculaire des prix des carburants, au plus bas depuis octobre 2021, malgré les fêtes de Noël.

C’est ce qu’ont révélé l’agence de presse ANSA et les données de Staffetta relayées ce 29 décembre 2025. A savoir que : l’essence self-service s’affiche à 1,684 €/litre en moyenne nationale; le diesel affichant 1,636 €/litre. C’est ce qu’il ressort des relevés de 20 000 stations-service effectués par l’Observatoire des prix du ministère italien des Entreprises et du Made in Italy.

Conjoncture mondiale favorable

Cette tendance baissière reflète une conjoncture mondiale favorable. En effet, les barils de Brent sont passés sous les  70 dollars (autour de 68 $).Tandis que le dollar est affaibli et que les stocks européens sont bien remplis. En comparaison avec la Tunisie, le prix subventionné de l’essence sans-plomb est à 2,53 TND/litre (environ 0,74 € au taux de 1 € = 3,38 TND). Il paraît bien dérisoire face aux standards européens.

Au final, la question essentielle est de savoir si cette baisse italienne pourrait alléger les coûts d’importation pour le cas de la Tunisie. Et ce, après une facture énergétique de déficit commercial énergétique pour l’année 2024 qui s’élève à 10.8 milliards dinars en 2024.

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Mehrez Boussayene réélu à la tête du CNOT pour 2025-2028

La réélection Mehrez Boussayene en tant que président du CNOT pour un quatrième mandat consécutif (2025-2028), lors d’une assemblée générale élective à Tunis impliquant 31 fédérations sportives, est actée

Il convient de noter qu’il s’agissait d’un scrutin à un candidat unique depuis 2013.

Il est à rappeler  que le nouveau bureau exécutif compte 18 membres des fédérations olympiques, 4 des non-olympiques, une représentante des athlètes d’élite (Marwa Amri), et un Conseil d’arbitrage sportif de 5 membres.
Selon les informations fournies, Mehrez Boussayene met en avant un bilan positif. A savoir, 40% des médailles olympiques tunisiennes historiques remportées sous ses trois mandats précédents, grâce à une synergie avec le ministère de la Jeunesse et des Sports.

Cette réélection en dit long.  Elle constitue un message fort adressé par les présidents et représentants des fédérations sportives nationales à l’occasion de leur réélection unanime en tant que président du Comité National Olympique Tunisien, et à leur adhésion totale à son appel clair à l’impérative unité des rangs et à la convergence des efforts de toutes les parties prenantes du domaine sportif, institutions étatiques, structures fédérales et associatives, partenaires économiques et sociaux, experts et sportifs. L’objectif est de tracer une vision claire et un plan stratégique futuriste menant à un nouveau système et une restructuration de la sport tunisien en phase avec les exigences de l’étape actuelle sur le plan national et les profondes mutations que connaît le sport sur le plan international, dans le contexte de la situation géopolitique mondiale complexe.

Son slogan est clair: “Prêts pour l’avenir, ensemble”. Telle est la devise de l’étape à venir.

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Samia Kassab Charfi: « La littérature nous aide à construire un esprit critique »

“Chaque livre est une porte. Il suffit d’ouvrir. Et parfois, une porte mène à un monde entier. Un monde que vous n’auriez jamais imaginé, peuplé de gens que vous ne rencontrerez jamais, vivant des vies que vous n’oseriez pas rêver. Et pourtant, vous êtes là. Vous êtes eux. Et eux, c’est vous”. Tels sont les mots de l’écrivaine américaine Nora Roberts, qui nous transporte à travers ses livres et ses best-sellers vers un voyage où les personnages vivent des aventures et découvrent des vérités sur eux-mêmes, transformant le lecteur en personnage principal de sa propre histoire.

Rencontrée lors de la 5e édition des prix FABA 2025, Samia Kassab-Charfi, présidente du jury, dresse un bilan d’une édition marquée par une qualité exceptionnelle des soumissions, malgré une quantité moindre. Dans un entretien exclusif accordé à L’Économiste Maghrébin, elle nous rappelle cette transmission culturelle tunisienne.​

Il convient de noter que ces prix FABA, remis le 29 novembre 2025 à Tunis, confirment la vitalité littéraire tunisienne en reliant roman, essai et poésie autour de thèmes comme l’altérité…

Lors de la cérémonie des prix Faba 2025, vous avez dressé un bilan élogieux de cette édition. Pouvez-vous nous en dire plus sur le niveau des soumissions ?

Samia Kassab-Charfi : Le niveau et la qualité des soumissions étaient vraiment au rendez-vous, je parle au nom de toute l’équipe d’évaluateurs. Contrairement à l’année précédente, le nombre d’ouvrages a diminué, privilégiant une quantité moindre au profit d’une qualité accrue. Le pourcentage global de productions remarquables a ainsi progressé, avec des plumes affûtées et des récits dynamiques qui captivent le lecteur jusqu’à la dernière page. Cette excellence se manifeste pleinement chez les lauréats, dont les œuvres retiennent l’attention sans relâche. Ces livres empêchent le lecteur de les lâcher avant la fin, créant une emprise irrésistible dès les premières lignes.

Quel rôle joue le jury dans les critères de sélection ?

Le jury assume un rôle d’intermédiaire essentiel entre l’auteur et son futur public, légitimant des voix méritantes et offrant un coaching indirect précieux. L’écrivain, qui doute souvent de son projet comme d’une bouteille à la mer, voit sa voix porter enfin, couronnée d’une consécration à la fois intellectuelle et commerciale. Dans un marché éditorial où les éditeurs captent la majeure partie des bénéfices, les auteurs ne touchant que des sommes modestes, le prix Faba braque tous les projecteurs sur le créateur, boostant sa visibilité et sa confiance.

Vous avez insisté sur la dimension intime et thérapeutique de ces œuvres. Pouvez-vous développer ?

Beaucoup d’auteurs puisent dans des expériences personnelles, explorant la résilience face à la maladie, le développement personnel ou une catharsis aristotélicienne. L’écriture agit comme un canal idéal pour évacuer les tourments enfouis, transformant les « mauvaises ondes » en une communauté d’expériences partagées. Loin de l’image élitiste de l’écrivain solitaire dans sa tour d’ivoire, il s’agit aujourd’hui d’un artiste qui sublime le quotidien : luttes familiales, remontées spectaculaires après des chutes abyssales, ou même récits jubilatoires puisant dans la vie ordinaire.

Parmi les lauréats, quels exemples illustrent cette richesse ?

La vie en sauce de Héla Msellati illustre magnifiquement cette transgénérationnalité. L’œuvre dépeint deux générations en quête d’un langage commun : une jeune émigrée en France, ignorant les racines, et son aînée en Tunisie, qui transmet le terroir à travers la gastronomie tunisienne – ces ustensiles et saveurs qui font l’âme du pays. Ces témoignages personnels ne se contentent pas de raconter ; ils invitent à l’empathie, faisant écho à des réalités tunisiennes contemporaines, entre exil, santé publique et transmission culturelle. Les essais, eux aussi plébiscités, revisitent l’histoire tunisienne sous un angle hétérogène. J’évoque la « pâte de nos mots », cette culture faite d’altérité plutôt que d’une tunisianité homogène : des ouvrages explorant des figures marquantes du passé, ou des réflexions sur la « matière » linguistique et culturelle comme les mots « alcalins » d’un auteur, ou les expériences de maladie métamorphosées en actes de résistance.

L’année dernière, nous avions terminé par une citation de Marcel Proust. Pour clore cet échange, pourriez-vous nous offrir une autre citation emblématique ?

Le poète Saint-John Perse, prix Nobel de littérature 1960, né en Guadeloupe et français d’origine, répondait à la question « Pourquoi écrivez-vous de la poésie ? Pourquoi écrire ? » par ces mots : « Pour mieux vivre ». La littérature aide ainsi à mieux vivre. Elle nous aide à construire un esprit critique puissant, au sens fort du terme, c’est-à-dire à objectiver l’existence, à prendre conscience que ce que nous vivons est digne d’être raconté. Nous avons besoin de récits : quand nous étions petits, nous en écoutions pour nous évader, pour mettre les choses à distance et les maîtriser en les écrivant. L’écriture est comme la peinture, la sculpture ou la musique : c’est une arme extraordinaire, à la fois une arme et une passerelle, un pont. Elle crée une continuité non seulement entre le lecteur et l’auteur, mais aussi entre plusieurs auteurs qui se retrouvent autour d’un même thème, que ce soit dans un roman, un essai ou un poème. Elle relie les genres, balisant nos souvenirs contre l’oubli et l’uniformisation culturelle.

Comme un chantier abouti, l’œuvre littéraire invite à circuler dans une « maison lumineuse », emplie d’empathie et de découvertes. On y apprend, on interagit, on se reconnaît dans des pensées qu’on n’avait pas su formuler. Cette édition 2025 confirme la vitalité de la scène littéraire tunisienne, entre introspection personnelle et ancrage collectif.

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L’UA finance 3 consortiums pour booster la recherche africaine

L’Union africaine (UA) soutient trois consortiums de think tanks via sa plateforme ATTP, suite à un appel à candidatures lancé en juillet 2025. C’est ce qu’a révélé l’agence Ecofin. Toujours selon Ecofin, il s’agit de renforcer la réflexion stratégique continentale, en cohérence avec l’Agenda 2063. Et ce dans le but d’ influencer les politiques publiques malgré les ressources limitées des centres africains (budgets souvent < 500 000 $ annuels).

Ainsi on note les consortiums sélectionnés :

RAISED Africa : Piloté par l’Economic Research Forum (ERF), focalisé sur les économies du Moyen-Orient et Afrique du Nord.
BRIDGE-Africa : Dirigé par l’African Centre for Economic Transformation (ACET), expert en transformation économique panafricaine.
Troisième consortium : Coordonnées par l’African Population and Health Research Centre (APHRC).

Ces groupements couvrent toutes les sous-régions africaines (Ouest, Est, Nord, Centre, australe) avec des thèmes complémentaires, de la sécurité alimentaire à la numérisation.

Toujours selon Ecofin, chaque consortium devrait recevoir environ 10 millions de dollars sur 2,5 ans, sous réserve d’évaluations institutionnelles et d’accords performants.

Ainsi l’UA vise une couverture des 55 pays, sans doublons, pour maximiser l’adoption des recommandations par les décideurs.

Les think tanks africains dépendent fortement des bailleurs internationaux ; priorités : financements domestiques durables, capacités méthodologiques, accès aux données et gouvernance. Comparé au Moyen-Orient ou à l’Europe, l’écosystème africain est moins mature, mais partage des vulnérabilités comme les pressions politiques.

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